Chapter 1 of 4 · 3987 words · ~20 min read

Part 1

Union des sentences de Philosophie.

A Paris,

De l’Imprimerie de Leon Cavellat, au mont sainct Hilaire au Griphon d’argent.

M. D. Lxxxiii.

Dixain.

Si tu desire en compagnie honneste, Tenir propos qui soit d’authorité, Ou si tu veux d’une grace modeste Que tu sois veu parler en gravité: Lire te faut ce brief present traicté, Des bons autheurs sentences memorables, Aorné de fleurs de science loüables. Apprens les donc, & les mets en effect: Et cognoistras combien sont profitables, Pour estre en meurs accomply & parfaict.

BREF ADVERTISSEMENT

à tous Amateurs de vertu.

Il n’y a celuy tant soit il peu versé és sciences des bonnes lettres, qui ne puisse facilement juger combien apporte de profit la reduction des sentences & memorables dicts de ceux qui ont surpassé le vulgaire en bonne doctrine & Philosophie Morale. Pour ceste cause considerant, que la multitude & diversité d’icelles (dispersees dedans un grand nombre & infinité d’Autheurs tant anciens que modernes) est telle qu’il seroit impossible à la plus part de les recueillir pour les mettre en usage & en faire leur profit, il m’a semblé bon & utile de faire un abregé et recueil de celles qui sont les plus singulieres & excellentes, & les ordonner selon l’ordre Alphabetique en forme de lieux communs: pour par ce moyen les delivrer d’une grande peine et travail d’esprit. Maintenant donc faictes en vostre profit, tellement qu’on voye d’oresnavant en voz propos, et en voz oeuvres reluire une gravité & modestie, telle que vous sera recommandee par la commodité de ce present livre à la gloire & honneur de Dieu, & l’edification des prochains. Que si ainsi vous le faictes me donnerez suffisant argument & occasion pour m’emploier à vous dedier ce present livre plus parfait et entier en peu de Jours.

Grace avec vous.

UNION DES SENTENCES

de philosophie.

Aage.

Pytha.

L’Aage qui est le temps & l’espace de la vie humaine, depuis la nativité jusques à la mort, Pythagoras le limitoit à quatre-vingts ans, qui est le point ou l’homme doit mourir, & le divisoit selon les saisons de l’annee, comparant l’Enfance au Printemps, l’Adolescence à l’Esté, la Jeunesse à l’Automne, la Vieillesse à l’Hyver.

Platon.

Platon le divisoit de sept ans en sept ans, & estimoit qu’au bout des sept ans, l’homme changeoit tousjours de complection, & se faisoit quelque metamorphose au corps humain, pour ceste cause estimoit le septiesme an estre perilleux, judiciaire, ou fatal.

Patric.

Aucuns Philosophes divisoient l’aage en six, enfance, puerilité, jeunesse, adolescence, virilité, & vieillesse.

Them.

Themistocles aagé de cent sept ans, regretoit finir sa vie lors qu’il commençoit à estre sage.

Theop.

Theophraste accusoit nature, qu’elle avoit donné aage si long aux cerfs & corbeaux, qui sont bestes inutiles, de nul proffit: Et aux hommes avoit donné la vie courte & de peu de duree, lesquels (s’il leur estoit permis par long aage) pourroient estre parfaicts en science, & abondamment puiser de l’eau en la fontaine de sagesse.

Possid.

Possidonius disoit qu’on devoit avoir plus cher, & estimer un seul jour d’un homme docte, que le long espace de l’aage d’un homme ignorant.

Aug.

Il ne me semble jamais tard à l’homme, pour apprendre ce qui est necessaire.

Patric.

Avec l’aage convient changer les moeurs.

La chose en laquelle un jeune enfant s’adonne de son premier aage, le conduit jusques au sepulchre.

Une mesme chose ne convient pas bien à tout aage, car nature se change avec le temps.

Patric.

Pour l’aage de maintenant les jeunes gens s’adonnent à toutes dissolutions, & plaisirs mondains, & quand sont grands ils ont honte d’apprendre, au lieu que plus tost devroyent estre honteux qu’ils n’ont apprins.

Abstinence.

Patric.

Abstinence est de ne rien desirer de superflu, ne passer les limites de moderation, dompter convoitise soubs le joug de raison, celuy est abstinent à qui vice, & volupté desplaist: qui ne se resjouit d’exces, mais soudain retourne à mediocrité.

Patric.

Abstinence doit estre gardee, car superfluité & gourmandise affoiblissent le corps & rompent l’entendement. Ainsi comme abstinence faict la jeunesse longue, & conserve la santé, tient le corps en estat honneste: au contraire gourmandise haste la vieillesse, rend le corps debile, faict la face laide & salle.

Acheter.

Caton.

Caton disoit, qu’il estoit requis de considerer deux choses en achetant une terre: premierement si elle estoit en bel air, & puis fertille, car si elle n’estoit en bel air, tu acheterois maladie, & si elle n’est fertille & feconde, pauvreté & perpetuel travail.

Perian.

Tu dois acheter pour un gain honneste & licite, non pas pour rapine & trop grande convoitise: car la troisiesme generation ne pourroit jouir de tes biens.

Pythag.

Sois songneux de rendre ce qu’on t’aura presté, car qui s’acquitte s’enrichit: sois plus soucieux de rendre, que tu n’as esté de prudence.

Admonitions.

Perian.

Entens, & escoute les admonitions qu’on te fera, & ne desprise le bon conseil de tes amis, tout ce qui est à ton utilité & honneur soit par toy escouté.

Adoration.

S. J. iiii.

L’heure est venue que les vrais Adorateurs adoreront le Pere en esprit, & verité, car Dieu est esprit.

Sstien.

J’ay eu crainte que ne transportasse l’honneur de mon Dieu à l’homme, que je n’adorasse aucun sinon mon Dieu.

Act. x.

Sainct Pierre dit à Corneille qui se jettoit à ses piedz, Lieve toy, je suis aussi moymesme serviteur de Dieu comme toy.

Apoc. ix. & xxii.

L’Ange dit à sainct Jean qui le vouloit adorer, Regarde que tu ne le face: Je suis serviteur de Dieu avec toy, & avec tes freres qui ont le tesmoignage de Jesus Christ.

Adversitez.

Chilo.

Chilo voyant un qui se contristoit en ses adversitez (dit) si tu cognoissois les maux des autres, tu ne porterois les tiens si impatiemment.

Perian.

Tu dois aucunement celer, & ne donne point à cognoistre tes adversitez, à fin que tu ne donne occasion à tes envieux de se resjouir.

Vives.

Les adversitez de ce monde sont communes, & indifferemment peuvent advenir à un chacun.

Perian.

C’est signe d’homme de petit courage, de se contrister beaucoup des adversitez.

Affaires.

Bias.

N’entreprens beaucoup d’affaires temerairement, & si elles sont commencees poursuis les avec diligence & prudence.

Agreable.

Chilo.

Sois agreable à un chacun, & te gouverne si sagement que tu plaise à tous.

Patric.

Sois agreable à un chacun, & fay qu’en toy douceur & humanité abonde.

Agriculture.

Patric.

L’agriculture nous apporte gain honneste, & sans tromperie: qui est necessaire pour la vie humaine.

Agriculture est chose trop plus loüable que la guerre: elle promet vie paisible, & tranquille felicité: l’autre malheur, mort, & misere.

Adultere.

Patric.

Il n’y a rien en ce monde qui cause plus tost un divorce, & separation de la saincte compagnie de mariage qu’adultere.

Patric.

On doit punir griefvement les adulteres, à fin que la saincte compagnie de mariage en soit plus stable.

Affections.

Vives.

Si nous permettons noz affections regner en nous: elles nous apportent grandes calamitez, & souvent desespoir.

Vives.

Le remede en noz affections se trouve en nous mesmes.

Ame.

Patric.

L’Ame est donnee de Dieu à l’homme, laquelle si faict bien son devoir, refrene l’appetit, appaise l’ire, mesprise volupté, pacifie convoitise, dompte soubs les pieds les troubles de l’esprit soubs la conduicte de raison & prudence.

Cicero.

Dieu a engendré l’Ame, & veut qu’elle soit la gouvernante de raison.

Cicero.

Dieu ne nous a donné chose en ce monde plus digne que l’ame.

S. J. viiii.

Le Fils de l’homme n’est pas venu pour damner nostre ame, ains pour la sauver.

Cicero.

Le corps n’est seulement que le vaisseau de l’ame.

Vives.

Le corps ayant en soy l’ame enclose, & souillee de vices & pechez, est comme un somptueux & ellegant sepulchre, dedans lequel gist une charrogne puante & infecte.

Cicero.

L’ame est capable et participante de raison, & rien plus excellent n’a esté creé par le createur.

Cicero.

Les ames des hommes sont immortelles, mais celles des vertueux sont divines.

Pythag.

Il est trop plus honneste mourir, que contaminer son ame d’incontinence & vice.

Platon.

Ceux faillent qui estiment les vices du corps estre plus grands que ceux de l’ame.

Cicero.

Convoitise, vaine gloire, ambition, volupté, & autres telles passions, sont les maladies de l’ame.

Pythag.

L’ame est une compagnie de l’appetit, et de la raison, neantmoins il faut tousjours que la raison domine, avec contemplation des choses hautes, & ardues.

Pythag.

L’appetit doit obeir à l’ame: ou bien ne desirer rien qui ne soit licite & honneste.

Quin.

L’ame a son origine des cieux, ainsi que les oyseaux sont naturellement nays à voler, les chevaux à courir: aussi nous a engendré nature nostre ame à vertu, & humanité.

Cicero.

D’autant que la force de l’ame est plus forte que celle du corps: Aussi les choses conceues en l’ame sont plus grandes & plus hautes que celle du corps.

Cicero.

La volupté de l’ame est plus grande que celle du corps.

Platon.

Par le corps nous ne sentons que les choses presentent, ou prochaines de nous, mais par l’ame nous sentons les passees & futures.

Patric.

Nous pouvons aysement juger nostre ame avoir prins source & origine des Cieux, par ce qu’elle contemple les choses celestes, predit & divine par prudence les futures.

Sap. iii.

Les ames des justes sont en la main de Dieu & le tourment de la mort ne les touchera point.

Amys.

Cicero.

Il n’est rien plus propre à la vie humaine & convenable à bien & honnestement vivre, que d’avoir des amis, & de converser avec ceux qui nous ayment.

Aristo.

Les amys sont estimez estre le refuge en nostre pauvreté & calamité.

Cicero.

Les amys doivent estre liberaux vers leurs amys, à fin d’entretenir, & augmenter l’amitié.

Isocra.

Espreuve tes amis en tes adversitez: car ainsi que l’or s’espreuve au feu & sur la touche, aussi en tes adversitez cognoistras si tes amys te seront fideles.

Cicero.

Nous ne devons demander à noz amys chose qui ne soit honneste: ne faire aussi pour eux rien qui ne soit honneste & licite.

Isocr.

Fais amys avec discretion & prudence: & lors que les auras acquis, sois fidele, & entier vers eux.

Perian.

Ne reçoy aucun pour amy, si tu ne sçais comme il a versé au paravant avec ses amis: car tu dois esperer qu’il sera tel en ton endroit, comme il a esté envers les autres.

Thal.

Le proverbe est veritable qui dit que devant que faire amy, il faut manger un muy de sel avec luy: il faut cognoistre avant qu’aymer, & non pas aymer avant que cognoistre, le vray amy cele le secret, aide au besoing, l’honore en sa presence, & loue en son absence: Il le convient esprouver s’il est secret, ainsi qu’on essaye un vaisseau auquel on met de l’eau pour sçavoir s’il contiendra le vin.

Ne dy jamais avoir amy trouvé, Si paravant tu ne l’as esprouvé.

Pytha.

N’estime celuy ton amy, lequel te flatte: & celuy duquel tu t’es apperceu, qu’il a pourchassé ton dommage, ou deshonneur, par ses fraudes & calomnies, evite le comme tu voudrois fuir la couleuvre cachee dessoubs l’herbe: telle amitié simulee ressemble à l’oyseleur, qui de son siflet deçoit les cailles tant qu’elles se viennent empestrer aux filets.

Pytha.

Pour petite occasion ne te fasche contre ton amy, & supporte ses imperfections.

Chil.

Ne change beaucoup tes amys, ne cherche point leurs tables, & à leurs calamitez sois prompt à les secourir.

Solon.

Sois pareil à tes amis en leurs adversitez, comme tu leur estois en leurs prosperitez.

Isocra.

Tu ne dois seulement ayder & subvenir à tes amys, mais aussi par charité secourir un chacun.

Salom.

Si tu veux entretenir ton amy, dy bien de luy, car ainsi comme loüange est commencement d’amitié: aussi detraction est origine de haine.

Pline.

Celuy est vray amy qui ne fait point de compte de son dommage propre, pour garder celuy de son amy.

Cicero.

L’amy ne doit point prier l’amy en demandant.

Cicero.

L’amy certain est cogneu és adversitez.

Vives.

Pour estre vray amy, il faut que tu ayme la personne, & non les biens.

Il n’est archer de garde plus fort, que le fidele amy.

Horace.

Amitié se doit suivre jusqu’à la mort.

Euseb.

Celuy ne peut estre amy des bons, qui vit si follement qu’il se rend agreable aux meschans.

Cicero.

C’est chose loüable d’estre chery & amy des bons, mais d’estre craint & hay, c’est chose miserable.

Amitié.

Cicero.

Si en amitié on ne demande chose licite, & honneste, il faut que la foy & crainte de Dieu soit preferé à amitié.

Cicero.

Amitié, plaisir & grace sont les biens de paix & concorde.

Cicero.

Amitié est desirer à son amy beaucoup de bien, & prosperité: encor’ que nul proffit ne luy en revienne.

Cicero.

Entre les choses qui sont donnees par la sapience divine, nulle n’est plus grande, ne meilleure que l’amitié.

Quin.

Amitié entre amis esgaux est stable, entre lesquels n’y a jamais eu experience de forces.

Plin.

Amitié est union de parfaicte volonté.

Arist.

Vraye amitié est entre les bons & vertueux.

Cicero.

Preferons amitié à toute chose, car il n’y a rien plus propre pour la conservation de la vie humaine.

Vives.

Celuy qui reprend & rejette l’amitié, faict autant que s’il ostoit le soleil du monde.

Cicero.

On doit honorer amitié: par ce que sans elle on ne peut vivre sans danger ne joyeusement.

Patric.

L’amitié qui est la plus ferme & certaine, est celle qui est conjoincte avec personnes semblables en meurs & conditions.

Vives.

Amitié ne peut estre qu’entre les bons, & vertueux.

Patric.

L’amitié qui est appuyee sur vertu, n’est point mise en oubly par longue diuturnité, ou distance des lieux, elle ne diminue par silence, & ne se resjouit point par soupçon ou nouvelle accointance.

Amour honneste.

Vives.

Les faits de Jesus Christ nous mettent devant les yeux le vray exemple de ce precepte d’amour, afin que nous l’ensuivions.

Pline.

Nulle chose n’est en amour plus digne de louange que constance & perseverance.

S. Au.

Il est meilleur d’aymer avec severité, que decevoir avec douceur.

Senec.

Qui au premier assault d’amour faict resistence, a vaincu.

Terenc.

Les petites choses croissent, & s’augmentent par amour, & les grandes se ruinent par discorde.

Vives.

Amour faict toutes choses esgalles, personne ne cherche estre preferé l’un à l’autre, ne s’efforce de ravir ce qui est à son amy, & rend toute chose commune.

Vives.

Il n’est richesse plus asseuree ne plus certaine, que l’amour qu’on a les uns aux autres.

Amour deshonneste.

Patric.

Amour est un desir insatiable, duquel quand nous en sommes rassasiez, nous tombons en repentance.

Quin.

Les amoureux ont de coustume de juger mal des beautez, par ce que l’amour obfusque le sens des yeux.

Platon.

Si celuy qui ayme est pauvre il est merveilleusement passionné.

Senec.

Parmy les banquets & le vin, amour brusle plus vivement.

Platon.

Platon disoit le coeur d’un amoureux mourir en son propre corps & vivre en celuy d’autruy.

Senec.

Apres que les amoureux ont assouvy leur insatiable desir, s’en repentent incontinent.

Anciens.

Tit. ii.

Les anciens soyent sobres, graves, prudens, charitables & patiens.

i. Tim. iii.

Ne reprens point griefvement celuy qui est ancien: mais admoneste-le comme pere, & les jeunes comme freres.

Porte honneur & reverence aux anciens.

Aux anciens remplis de sapience, Tu dois porter honneur & reverence.

Art.

Patric.

L’art accroist ce qui est utile à la nature.

Lact.

Les arts ont affaire de nature, d’enseignement & exercice.

Patric.

Ainsi qu’un cheval qui n’est duit ne dompté, jaçoit qu’il soit fort bien composé et de belle corpulence, ne peut estre propice ou utile à l’usage de l’homme: aussi celuy qui est sous art et doctrine, jaçoit qu’il soit ingenieux, ne peut acquerir vertu.

Artisans.

Patric.

Les artisans rendent les villes riches, & font qu’elles sont frequentees de peuples.

Argent.

Patric.

Argent est le sang & l’ame de la Republique, & celuy qui n’en a point, chemine comme mort entre les vivans.

Avarice.

Salust.

Avarice est l’estude, & convoitise d’acumuler deniers, que nul sage ne doit desirer.

Tit. li.

Avarice & superfluité sont deux pestes qui sont cause de la destruction de maintes villes.

Virgile.

O maudite avarice, quel mal tant pervers induis-tu dedans le corps des mortels?

Salust.

Avarice faict ruiner la foy & la bonté.

S. Au.

Avarice n’est pas vice de l’or, mais de l’homme usant mal de l’or.

Salom.

Les jours seront longs de celuy qui hait l’avarice.

Eccle.

Qui ayme l’argent, jamais ne s’en rassasiera, & qui ayme l’abondance, est sans fruict.

Lu. xii.

Gardez vous d’avarice: car la vie de l’homme n’est pas aux choses qu’il possede.

Pro. xv.

Celuy qui s’adonne à avarice trouble sa maison: mais celuy qui est liberal, vivra.

Platon.

Le naturel d’un avaricieux est d’estre autant convoiteux d’un petit gain que d’un grand.

Arist.

Il y a des hommes aussi avaricieux comme s’ils devoient tousjours vivre, & les autres sont aussi prodigues, comme s’ils devoient mourir presentement.

Audace.

Isocr.

Audace passe la mesure de force.

Plutar.

Es choses perilleuses, l’audace qui se faict avec raison est à louer: mais l’impetuosité qui se faict sans raison est temerité.

Aumosne.

Vives.

Il n’est aumosne si bien faicte, que celle qui est distribuee aux pauvres: fais aumosne de ce que Dieu t’a donné.

Beauté.

Vives.

Beauté du corps auquel repose un esprit ord & sale, est comme un beau logis, ou habite un hoste laid & deshonneste.

Cicero.

Beauté s’efface ou flestrit par maladie, & s’estaint par vieillesse.

Aristo.

En fait de recommandation, la beauté a plus de valeur que toutes les lettres missives.

Platon.

La beauté a ceste persecution, que sur toute autre chose agree & est amiable.

Senec.

Beauté a esté dommageable à plusieurs.

Beau.

Xenop.

Le feu brusle de pres, mais le beau visage tant soit loin, enflamme & brusle les amoureux.

Plutar.

C’est chose plaisante de contempler les belles personnes: mais de les toucher, fort dangereuse.

Bons.

Euseb.

Celuy qui desire de plaire aux bons est bon: ou au moins à le vouloir de l’estre, les bons ayment les bons, & les meschans ayment les meschans.

Aristo.

En faisant bien aux bons, il me semble que ce n’est donner, mais recevoir.

Cicero.

Nul ne peut estre bon par la volonté d’autruy, mais par la sienne propre.

Aristi.

La chose en ce monde qui est de plus grande admiration, c’est l’homme, pourveu qu’il soit bon.

Charité.

Vives.

La charité que nous devons avoir en Dieu, est que nous preferions son honneur à toutes choses, & que nous l’ayons en plus singuliere recommandation que toutes autres choses.

Vives.

Tes abstinences ne te rendront point tant recommandable envers Dieu, que charité.

Tu dois tenir tous hommes comme propres freres: te resjouir de leurs prosperitez, te contrister de leurs adversitez, & leur ayder par charité.

Chasteté.

Perian.

Chasteté en la femme, est la forteresse de sa beauté.

Cicer.

C’est honte de voir celuy qui doit estre le patron & exemple de chasteté, se trouver surprins de vice.

Vives.

Entre les batailles des Chrestiens, les pires sont les brigues de chasteté: en laquelle est la guerre perpetuelle, & ont bien peu de victoire.

Cité.

Patric.

Nulles richesses ne tributs n’augmentent tant une Cité que quand les citoyens sont bons amis, paisibles, unanimes, & bien affectionnez au bien publicq. Au contraire nulles puissances ne sont assez grandes, quand les Citoyens vacillent, & sont divisez par brigues.

Perian.

A une Cité on doit donner ordre, que peu de gens commandent & plusieurs obeissent.

Citoyen.

Patric.

Le Citoyen qui volontiers se rend subject doit esperer que quelque jour on luy obeira.

Patric.

Il est convenable qu’un Citoyen ne soit ne trop riche ne trop pauvre, le pauvre ne peut rien, & le riche desdaigne ou ne veut ayder.

Clemence.

Senec.

C’est clemence de pardonner au sang d’autruy comme au sien.

Constance.

Patric.

Constance est fidelle garde de noz secrets.

Patric.

Un homme constant est tousjours en un estat, jamais ne se change, il ayme trop mieux estre bon que d’en avoir le renom. Il n’y a point en luy de faux semblant, ne dissimulation: il a tousjours un mesme front & oeil.

Corps.

Vives.

Tant plus le corps est bien traicté & tant plus l’esprit est mal mené.

Vives.

Le corps doit obeir à l’esprit, l’esprit à l’entendement, & l’entendement à Dieu.

Correction.

Vives.

Quand on t’aura corrigé, fay que la correction te profite.

Crainte.

Erasm.

Il faut que celuy qui est craint de tous, luy mesme aussi craigne plusieurs: car celuy ne peut vivre en asseurance, qu’un chacun desire estre mort.

Cruauté.

Cicero.

Cruauté doit estre en horreur, & clemence aymee.

Curiosité.

Arist.

Curiosité des choses nouvelles a de coustume de plustost troubler & perdre un bien publique que le rendre meilleur.

Diformité.

Peria.

Si tu cognois estre difforme & laid, corrige telle imperfection de nature par vertu & sagesse.

Desespoir.

Perian.

Entre les perturbations de l’ame desespoir est la pire: & la plus horrible & espouventable, elle persuade à l’homme de se desfaire, violer nature, rompre la compagnie de l’ame & du corps: ce qui est la chose la plus terrible qu’on pourroit dire.

Deshonneste.

Isocr.

Pense que les choses qui sont deshonnestes à dire sont aussi deshonnestes à faire.

Dieu.

Vives.

Il est un Dieu seul, Prince, Autheur, & Recteur de ceste machine: Et tout ainsi qu’en la maison d’un bon pere de famille, ne se faict rien sans son commandement, aussi ne se faict rien de bien sans la bonne providence de Dieu.

Vives.

L’honnorer aymer, & approuver tout ce qu’il ordonne, est chose saincte, & vertueuse & loüable.

Psal. c.

Tout homme qui aymera Dieu, obeira à ses loix, & fera sa volonté.

Vives.

C’est une chose admirable & impossible à la captivité de l’homme humain de pouvoir comprendre sa grandeur.

Vives.

Il ne faut juger des secrets de Dieu, sinon avec reverence, craincte & honneur.

Euseb.

C’est chose impossible de comprendre la divinité de Dieu: car nous ne sommes point capables, avec ce corps mortel, d’exprimer une chose invisible, & sans corps: une chose eternelle estre cogneue par celle qui est mortelle & prend fin.

S. Je. iiii.

Dieu est charité & qui demeure en charité demeure en Dieu, & Dieu en luy.

i. Jean i.

Dieu est la lumiere, & n’y a point de tenebres en luy.

Cicero.

On doit parler peu de la puissance de Dieu & avec crainte & reverence.

Grif.

On ne peut assez recommander & persuader aux hommes l’adoration & honneur de Dieu, qui de sa grace nous eslargit tous biens, augmente noz vertus, nous illumine & baille vraye intelligence de sa doctrine, verité & parole, & par son sainct Esprit nous donne esperance de salut en la gloire advenir.

Bias.

Tu dois bien juger de Dieu, & de la vraye Religion Chrestienne, fidele assemblee en nostre Seigneur Jesus Christ: ne te mocque point des ceremonies d’icelle: fuy les disputes trop curieuses, garde-toy bien par tes paroles de prophaner le nom de Dieu.

Cami.

Vous trouverrez toutes choses bonnes estre advenues à ceux qui ont craint Dieu, & toutes adversitez à ceux qui l’ont mesprisé.

Tertu.

Dieu Createur de toutes choses ne peut aisement estre entendu: on ne peut parler de luy sinon avec grande difficulté.

Xenop.

Es choses prosperes ne faut oublier Dieu, ains l’avoir tousjours en la memoire.

Platon.

La cognoissance de Dieu est vraye sapience de vertu.

Lacta.

Dieu n’est point cogneu de nous, sinon en noz adversitez.

Silvin.

Pendant que les affaires des mortels sont en danger, lors font grand honneur à Dieu: & quand ils sont en prosperité, on ne voit plus fumer leurs autels.

Cicero.

C’est une chose donnee de nature, & comme engravee aux esprits des hommes qu’il est un Dieu.

Euseb.

Le Ciel, la terre, l’air, la mer, Astres, Planettes, se mouvent par le commandement de Dieu.

Xenop.

Il y a un Dieu lequel n’est point semblable aux hommes ny en la pensee ny quant au corps.

Cicero.