IV.
SAHEL.
=Tribu des Haha.=
Le pays des Ḥaḥa est merveilleux de fertilité et encore assez riche, bien qu’après avoir été pressuré par Ould Bihi (le dernier d’une famille de qaïds héréditaires qui a longtemps été à la tête de la tribu), désolé par Anflous (serviteur d’Ould Bihi qui usurpa le pouvoir après que ce dernier eut été empoisonné par le sultan, et qui fut, lui aussi, pris par trahison et mis à mort), il soit aujourd’hui horriblement opprimé par le makhzen. A chaque pas, on voit des ruines, des maisons détruites, des tours à demi renversées : ce sont les traces qu’a laissées la courte domination d’Anflous. A chaque pas, on entend les plaintes des habitants sur les déprédations des représentants actuels du sultan : un homme a-t-il quelque bien, on le dépouille aussitôt. Aussi beaucoup de Ḥaḥa (on dit Ḥaḥa en arabe, et Iḥaḥan en tamaziṛt) cherchent-ils à obtenir la protection de consuls chrétiens de Mogador. Malgré tant de maux, le pays est assez prospère : demeures nombreuses ; beaux troupeaux ; vastes cultures. Mais le terrain labourable qui reste inculte occupe une immense étendue : on pourrait ensemencer une surface presque double de celle qu’on cultive.
Les Ḥaḥa se divisent en 12 fractions, auxquelles M. El Ḥasen, depuis leur soumission récente (après avoir été longtemps indépendants, ils viennent d’être en révolte durant plusieurs années), a préposé 4 qaïds. Ces qaïds ont sous leurs ordres des chikhs et des ạamels. Les chikhs sont ici les gouverneurs des fractions : il y en a un pour chacune des douze ; les ạamels sont chargés de percevoir les impôts pour le sultan : ils sont en plus grand nombre.
Les 12 fractions sont :
Ida ou Gerṭ, Ikenafen, Ida ou Isaṛen, Ida ou Gelloul, Ida ou Tromma, Aït Ạmer, Ida ou Ạïssi, Ida ou Zenzen, Ida ou Khelf, Ida ou Bou Zia, Ida ou Mada.....[118].
Les quatre premières sont les plus importantes.
Les Ḥaḥa sont serviteurs de plusieurs marabouts : ils paient des redevances aux Geraga et à Sidi Ạbd Allah d Aït Iaḥia : nous avons dit que celui-ci était originaire d’Ez Zaouïa, à Tisint. Quant aux Geraga, c’est une célèbre famille de religieux, originaire du Chiadma, où elle a encore sa principale zaouïa, entre Mogador et Safi.
La tribu des Ḥaḥa est sédentaire ; elle parle le tamaziṛt, mais l’arabe y est assez répandu[119].
Pas de Juifs chez les Ḥaḥa en dehors des deux villes qui sont sur leur territoire sans appartenir à leur tribu, Mogador et Agadir Iṛir.
=District de Tidsi.=
Le district de Tidsi se compose de 3 grands villages : Tidsi (300 fusils), El Qaçba (200 fusils), Oumsedikht (700 fusils) ; ils sont à peu de distance les uns des autres. Le Tidsi est gouverné par un seul chikh, en même temps marabout ; il s’appelle Sidi El Ḥanafi. Le Tidsi reconnaît le sultan, mais n’est point administré par lui : les mkhaznis n’y entrent point, et il n’y a ni qaïd ni ạamel nommé par Moulei El Ḥasen ; mais le chikh héréditaire, tout en ne tenant son autorité que de son sang et de la volonté de ses concitoyens, reconnaît le sultan et va chaque année apporter un tribut à Taroudant.
Pas de Juifs. Un marché, d’une grande importance, le Khemîs Tidsi, se tenant dans le village de Tidsi. Ce village est quelquefois appelé Ez Zaouïa parce que c’est là qu’est la zaouïa, résidence du chikh. Terrain fertile : blé, orge, maïs, lentilles, olives. Pas de rivière ; le pays est arrosé par des sources. Il est en plaine, au pied du versant septentrional du Petit Atlas. Les gens du Tidsi sont Chellaḥa et parlent le tamaziṛt.
Distances : du Tidsi à Taroudant comme d’Aqqa Igiren à Trit.
du Tidsi à Afikourahen comme d’Aqqa Igiren à Tatta.
=Tribu des Ilalen.=
Les Ilalen sont une nombreuse tribu tamaziṛt se divisant en 18 fractions, savoir :
_Ida ou Ska_ (450 fusils ; nous avons traversé leur territoire).
_Aït Touf el Azz_ (300 fusils ; nous avons traversé leur territoire).
_Isendalen_ (1600 fusils ; nous les avons laissés au sud).
_Aït Toufaout_ (1500 fusils ; nous les avons laissés au sud : nous avons passé près de leurs frontières en sortant des Aït Touf el Ạzz).
_Tazalart_ (200 fusils ; leur territoire contient de grandes mines de cuivre. Les ouvriers, s’habillant de vêtements de cuir, descendent l’extraire à 200 ou 300 coudées au-dessous de la surface du sol).
_Aït Ạbd Allah_ (1600 fusils ; nous les avons laissés au sud : ils sont voisins des Aït Tazalaṛt).
_In Timmelt_ (2000 fusils ; nous les avons laissés au sud ; cette fraction habite les bords de l’Ouad In Timmelt, affluent de l’Ouad Oulṛass).
_Amzaourou_ (100 fusils).
_Tasdmit_ (200 fusils ; cette fraction est située, par rapport à Afikourahen, au delà de celle d’Amzaourou et dans la même direction).
_Aït Ouassou_ (600 fusils ; ils habitent les bords de l’Ouad Ikhoullan, immédiatement au-dessus des Ikhoullan).
_Aït Ali_ (1200 fusils ; ils habitent sur l’Ouad Ikhoullan, immédiatement au-dessus des Aït Ouassou).
_Ikhoullan_ (300 fusils. Nous avons traversé leur territoire).
_Mezdaggen_ (320 fusils. Sur l’Ouad Ikhoullan, immédiatement au-dessous des Ikhoullan).
_Ida ou Ska_ (450 fusils. Cette seconde fraction d’Ida ou Ska est sur l’Ouad Ikhoullan, immédiatement au-dessous des Mezdaggen).
_Afra_ (360 fusils. Nous avons traversé ce territoire).
_Tazgelt_ (1100 fusils. Nous avons traversé cette fraction).
_Ida ou Genadif_ (1700 fusils. Ils occupent la vallée de l’Ouad Aït Mezal, immédiatement au-dessus des Aït Mezal).
_Irer_ (300 fusils. Fraction habitant sur l’Ouad Aït Mezal, immédiatement au-dessus des Ida ou Genadif).
Les Ilalen ne reconnaissent point le sultan ; ils sont indépendants. Chacune de leurs 18 fractions a son administration séparée : point de chikhs héréditaires, si ce n’est dans une seule fraction, les Aït Ạbd Allah : ceux-ci ont un chikh, Ḥadj Ḥammou ; mais là même il y a plutôt un titre qu’un pouvoir, Ḥadj Ḥammou ne fait que les volontés de la djemaạa. Chaque fraction est gouvernée par sa djemaạa, qu’on appelle ici anfaliz : cette assemblée se compose de délégués de toutes les familles de la fraction ; chacune en envoie un : l’ensemble de ces chefs de famille forme l’anfaliz, qui règle toutes les affaires du groupe.
Chaque fraction a au moins un agadir ; quelques-unes en ont deux ou trois. L’agadir, village où chaque famille a sa chambre ou sa maison renfermant ses grains, ses provisions de toute sorte, ses objets précieux, est le magasin général de la fraction et son réduit en temps de guerre. C’est aussi là que s’assemble l’anfaliz.
Pas de grande zaouïa chez les Ilalen. Mais chacune des 18 fractions en possède une petite où elle entretient un ṭaleb : il est chargé de faire les écrits dont on a besoin et d’enseigner à lire à ceux qui voudraient apprendre. Il est pourvu aux frais de cette zaouïa de la façon suivante : à l’entrée des grains dans l’agadir, on en prélève la dîme, c’est-à-dire exactement un dixième ; un tiers de cette dîme est donné à la zaouïa, les deux autres sont distribués aux pauvres.
Les cultures se composent de beaucoup d’orge, d’un peu de blé et de lentilles : mais la richesse des Ilalen est surtout dans leurs amandes et leur huile d’argan. Pas de Juifs sur leur territoire. Les marchés de la tribu sont :
Tlâta Aït Toufaout.
Arbạa Aït Ạbd Allah.
Khemîs Aït Ạli.
Tenîn Aït Touf el Ạzz.
Djemạa Ida ou Genadif.
Les rivières qui l’arrosent sont au nombre de trois : l’Ouad Ikhoullan (affluent du Sous), l’Ouad Aït Mezal et l’Ouad In Timmelt.
Comme nous l’avons vu de nos yeux, les diverses fractions des Ilalen sont souvent en guerre entre elles.
Les Ilalen sont Chellaḥa et sédentaires : ils ne parlent que le tamaziṛt ; très peu d’entre eux savent l’arabe.
=Itinéraire d’Afikourahen au Tazeroualt.=
D’Afikourahen on gagne la fraction des Aït Mezal ; on la traverse, et on entre dans celle des Aït Ilougaïm : c’est la première journée. De là on franchit l’Ouad Oulṛass, et on arrive dans la tribu de Zarar Ida Oultit ; on y passe la nuit dans un village, le plus souvent dans celui de Bou el Ḥanna : c’est le deuxième jour. De là on part de grand matin et on parvient le lendemain, de bonne heure, après 3 jours 1/2 de marche, à la qoubba de Sidi Ḥamed ou Mousa, c’est-à-dire à la zaouïa de Sidi El Ḥoseïn. On est au cœur du Tazeroualt.
AIT ILOUGAIM. — Ils forment une fraction des Chtouka : ce sont donc des Chellaḥa sédentaires parlant le tamaziṛt. Comme tous les Chtouka, ils sont soumis au makhzen et sous la juridiction du qaïd Ould Ben Dleïmi. Ils comprennent une centaine de villages. Pas d’agadir (il n’y en a nulle part en blad el makhzen : chacun y enfouit ses grains dans des silos, qu’on appelle ici _maṭmora_). Pas de chikh général ni de djemaạa collective : chaque village a soit son chikh local, soit sa djemaạa. Un marché, le Tenîn Ilougaïm, à Tamaliḥt ; il forme un centre commercial important. Dans le village de Tamaliḥt, il y a 80 familles juives, les seules de la tribu.
Pas de rivière chez les Aït Ilougaïm. Mais non loin de là coule l’Ouad Oulṛass, où ils ont de nombreux ḥeïouan (on donne ce nom aux terres qu’on possède sur le territoire de tribus étrangères). Les Aït Ilougaïm sont riches ; ils ont beaucoup de chevaux. A partir des Aït Mezal, et jusqu’au Tazeroualt, les tribus qu’on rencontre en possèdent un grand nombre : il n’y en a au contraire à peu près point dans la portion du Petit Atlas située à l’est des Chtouka.
Quand on vient des Ilalen, on passe d’habitude la nuit dans le groupe des Aït Ilougaïm portant le nom d’Aït ou Adrim. De chez eux on gagne les
AIT OULRASS. — Ils habitent les bords de l’Ouad Oulṛass. Fraction importante des Chtouka, ils sont soumis au sultan et sous l’autorité d’Ould Ben Dleïmi. Point de chikh ni de djemaạa : ils sont en cela dans les mêmes conditions que les Aït Ilougaïm. Ils ont environ 100 villages.
Pas de marché, ni de Juifs.
La vallée de l’Ouad Oulṛass est très riche : quelques palmiers, mais ne donnant que de mauvaises dattes, arbres fruitiers et céréales en abondance. L’Ouad Oulṛass se jette dans la mer, après avoir, au-dessous des Aït Oulṛass, traversé la tribu de Massa, qu’on appelle aussi Mast.
Des Aït Oulṛass, on entre dans la tribu de
ZARAR IDA OULTIT. — Grande tribu qui habite au sud des Aït Oulṛass, au delà du flanc gauche de la vallée de l’Ouad Oulṛass. Elle est blad el makhzen depuis l’expédition du sultan dans le Sous et le Sahel, et appartient à la juridiction d’Is Oublaṛ, qaïd des Ida ou Garsmouk : pas de chikh héréditaire ; un anfaliz règle les affaires de la tribu. Les Zarar Ida Oultit sont une tribu chleuḥa et sédentaire, parlant le tamaziṛt. Beaucoup de qçars ; le principal est Ouizzân, qui se prononce aussi Ouzzân et Oujjân. Nombreux chevaux. Point de rivière : des sources et des citernes.
Un marché, très fréquenté, le tlâta d’Ouizzân. Un mellaḥ dans la même localité.
De cette tribu, on passe dans celle des
IDA OU BAAQIL. — Grande tribu, autrefois libre comme la précédente, nominalement soumise au sultan depuis l’expédition de 1882. Elle a été placée, avec plusieurs autres, sous le qaïdat de Ḥadj Ṭahar, fils de Sidi El Ḥoseïn, le marabout du Tazeroualt. Tribu riche et puissante. Jadis elle faisait souvent la guerre à Sidi El Ḥoseïn, qui ne l’apaisait qu’à prix d’argent. Les Ida ou Baạqil sont Chellaḥa et sédentaires. Leur langue est le tamaziṛt. Beaucoup de qçars et beaucoup de chevaux.
Point de marché ni de Juifs sur leur territoire. Celui-ci n’est arrosé par aucune rivière.
De là on passe dans le district de
TAZEROUALT. — Le Tazeroualt est un grand district traversé par l’Ouad Tazeroualt.
L’Ouad Tazeroualt vient du territoire des Aït Imejjat : de là il entre dans le Tazeroualt ; il y arrose d’abord Agadir Sidi El Ḥoseïn, puis Zaouïa Sidi Ḥamed ou Mousa (connue aussi sous le nom de Zaouïa Sidi El Ḥoseïn et sous celui de Tallent Sidi Ḥachem), enfin Iliṛ. Du Tazeroualt il passe chez les Aït Bou Ạmran, où il reste jusqu’à son embouchure dans l’Océan. C’est, disent les indigènes, à l’embouchure de cette rivière que des chrétiens sont venus en 1882 vendre des grains et diverses denrées : c’est, ajoutent-ils, en partie pour empêcher qu’ils ne reviennent sur la côte et que pareil fait ne se renouvelle que le sultan est venu aussitôt après dans le pays, qu’il en a obtenu la soumission nominale et qu’il y a investi des qaïds. Il a même laissé chez les Aït Bou Ạmran un camp de 1200 à 2000 soldats qui depuis lors y sont en permanence.
Le Tazeroualt est riche et fait un grand commerce. Là se tient, deux fois par an, l’une en mars et l’autre à la fin d’octobre, la fameuse foire de Sidi Ḥamed ou Mousa, célèbre dans le Sahel, dans le Sahara et dans le Sous, où l’on vient en foule de Mogador et même de Merrâkech. Outre ces foires, les pareilles de celle de Mrimima et de Souq el Mouloud, le Tazeroualt a un marché chaque semaine, le ḥad d’Iliṛ. Il existe à Iliṛ un grand mellaḥ, le seul du district.
Le Tazeroualt est depuis un temps immémorial gouverné par des marabouts qui descendent de Sidi Ḥamed ou Mousa. Le chef de la zaouïa et chikh du pays est en ce moment Sidi El Ḥoseïn ou Ḥachem. Il a trois résidences principales : 1o _Iliṛ_, grand et riche qçar, le plus important du Tazeroualt et l’un des plus peuplés de tout le sud : là est son habitation principale, avec la plupart de ses femmes et de ses négresses ; c’est sa demeure la plus somptueuse et la plus agréable, celle où il vit habituellement ; il y a une garde de 200 cavaliers nègres, ses esclaves. 2o _Ez Zaouïa_ ; ainsi que l’indique ce nom, c’est le sanctuaire religieux de la famille : là sont les qoubbas de Sidi Ḥachem, père de Sidi El Ḥoseïn, de Sidi Ḥamed ou Mousa, son ancêtre, de tous ses aïeux ; là habitent les marabouts de sa race, ses cousins, ses neveux. On appelle aussi Ez Zaouïa de divers autres noms, Tallent Sidi Ḥachem, Zaouïa Sidi Ḥamed ou Mousa, Zaouïa Sidi El Ḥoseïn. 3o _Agadir Sidi El Ḥoseïn_ ; c’est une forteresse bâtie sur le roc au sommet d’un mont escarpé. Sidi El Ḥoseïn y a entassé toutes ses richesses, et a accumulé les défenses de tout genre pour les protéger : l’agadir, situé à la frontière est du territoire, est dans une position telle qu’on ne peut y monter que par un long chemin en escalier, creusé dans le roc et faisant mille lacets ; les murs de la forteresse sont d’une épaisseur extrême ; les tours en sont garnies de canons ; elle est sans cesse gardée par une forte garnison d’esclaves dévoués : c’est là que le marabout s’était enfermé en 1882, à l’approche du sultan.
Ainsi que nous l’avons dit, l’ancêtre des puissants chefs du Tazeroualt est Sidi Ḥamed ou Mousa : sa qoubba s’élève auprès d’Ez Zaouïa. Ce n’était qu’un mendiant à qui Dieu, en récompense de ses mérites, accorda ses grâces, grâces qui de son vivant même se manifestèrent par de nombreux miracles. L’époque à laquelle vivait ce saint est très reculée ; il laissa des descendants à qui il légua la bénédiction divine, qui se perpétua en eux jusqu’à ce jour. Mais s’il fut le fondateur de leur grandeur religieuse, il ne fut point celui de leur puissance temporelle. Celle-ci n’échut à sa maison qu’après plusieurs générations : ce fut l’un de ses successeurs, Sidi Ạli Bou Dmia, qui l’établit, à une époque elle-même très lointaine. Sidi Ạli Bou Dmia, à la fois marabout et guerrier, étendit au loin le pouvoir de la zaouïa de Tazeroualt et acquit une grande célébrité : les ruines imposantes de son palais subsistent encore à peu de distance de la zaouïa actuelle. Depuis sa mort, bien des générations se sont succédé : la puissance de sa dynastie, tout en restant considérable, a subi des phases diverses. Sidi Ḥachem, père du marabout actuel, avait donné un grand éclat à sa maison. Brave et guerrier, il avait marché sur les traces de Sidi Ạli Bou Dmia, et, payant sans cesse de sa personne, n’avait pas tardé à se faire un grand renom de valeur dans les régions environnantes. Grâce à cette réputation, à l’admiration et à la crainte qu’il inspirait, il était parvenu à grouper autour de lui toutes les tribus du voisinage. Pendant sa vie, elles lui restèrent soumises, moitié de gré, moitié de force. Cet édifice s’écroula en partie à sa mort. Sidi El Ḥoseïn, son fils et son successeur, âgé de 70 ans aujourd’hui, fut orphelin de bonne heure ; un certain nombre de tribus en profitèrent pour s’émanciper : il ne montra dans la suite aucune des qualités belliqueuses de son père ; aussi n’est-il plus réellement maître que du Tazeroualt. Mais il est très riche ; ses trésors sont immenses ; l’autorité que ne lui a pas donnée son caractère, son or la lui procure quand il le veut ; il arme à prix d’argent les tribus des environs et peut ainsi réunir à son gré autour de lui tous les fusils du Sahel : c’est ce qu’on lui a vu faire il y a quelques années. Aussi Sidi El Ḥoseïn est-il aujourd’hui encore le plus grand pouvoir qui existe de l’océan Atlantique au pays de Dra. Il peut mettre en armes tout le Sahel, Chtouka compris, et se faire envoyer des contingents de diverses tribus du bassin inférieur du Dra. Son influence religieuse est considérable. Son nom est connu dans tout le Maroc, dont Sidi Ḥamed ou Mousa est un des saints les plus vénérés. Une grande partie des zaouïas du Sahel, du Sous et du Sahara, entre Sous et Dra, appartient à des rameaux de la famille dont il est le chef. Par sa célébrité, son influence religieuse, ses richesses, sa puissance, l’étendue de son autorité, la zaouïa de Sidi Ḥamed ou Mousa peut être comptée comme une des cinq grandes zaouïas du Maroc, allant de pair avec celles d’Ouazzân, de Bou el Djạd, de Tamegrout, du Metṛara (Sidi Moḥammed El Ạrabi el Derkaoui).
Distances : d’Agadir Sidi El Ḥoseïn à Ez Zaouïa comme d’Agadir Tisint à Ạïoun S. Ạbd Allah ou Mḥind.
d’Ez Zaouïa à Iliṛ comme d’Agadir Tisint à Trit.
=Campagne de Moulei El Hasen dans le Sous en 1882.=
Un événement considérable s’est passé récemment dans le bas Sous et dans le Sahel : le sultan y a fait une expédition et a reçu la soumission d’un grand nombre de tribus qui étaient indépendantes depuis un temps immémorial. Ce fait est l’objet de tous les entretiens dans le Sahara, dans le Sous et dans les contrées voisines : voici le résumé de ce que j’ai entendu dire, aussi bien à Tatta et à Mrimima que dans le Sous, le Sahel et chez les Ḥaḥa.
Au commencement de l’été de 1882, Moulei El Ḥasen traversa l’Ouad Sous, auprès de son embouchure, à la tête d’une armée puissante : il avait assemblé tous les contingents de son empire, ceux des tribus de Fâs comme ceux des tribus de Merrâkech : tout ce qu’il avait pu lever, il l’avait emmené : cette armée pouvait être, au début de l’expédition, de 40000 hommes ; une fois en marche, ce chiffre tomba assez vite par suite des nombreuses désertions. Avec ces forces imposantes, le sultan s’avança jusqu’aux limites du Tazeroualt : il s’y arrêta à une localité du nom de Tiznit. Il convoqua alors tous les chikhs ou notables des tribus voisines et en premier lieu les deux principaux personnages du pays, Sidi El Ḥoseïn, chef du Tazeroualt, et El Ḥabib ould Beïrouk, chikh du district d’Ouad Noun. Sidi El Ḥoseïn avait des motifs graves de se défier du sultan : d’une part, il avait toujours témoigné à Moulei El Ḥasen une hostilité extrême ; de l’autre, il passait pour le seigneur le plus riche du Maroc : il était fort probable que s’il se rendait à l’invitation du sultan, celui-ci, le tenant entre ses mains, le mettrait à mort, autant par rancune que par cupidité. Aussi, malgré les mille instances de Moulei El Ḥasen, malgré les protestations d’amitié qu’il lui prodigua, se garda-t-il de se rendre à sa convocation ; mais il se fit représenter auprès de lui, pendant que de sa personne il allait s’enfermer, à l’abri de ses canons, dans son agadir. Quant aux autres chefs mandés, ils vinrent trouver le sultan. Celui-ci leur tint ce langage : « Vous voyez les Chrétiens installés au sud d’Ouad Noun ; d’autres veulent s’établir à Ifni, d’autres ailleurs. Cela vous plaît-il ? Non, je veux le croire. Qui peut l’empêcher ? Est-ce vous ? Vous n’en avez pas la force. Et-ce moi ? A mes observations, ils répondent que le pays n’est point sous mon autorité. Il n’y a qu’un moyen de s’opposer à leurs empiétements : reconnaissez mon pouvoir : je vous promets que non seulement il ne vous sera pas lourd, mais même il vous sera profitable. Que les Chrétiens, quand ils viendront sur ces rivages, ne trouvent que des sujets de Moulei El Ḥasen : il suffit ; vous n’aurez plus rien à craindre de leur côté ; et pour ce qui est de moi, vous ne serez pas longtemps sans éprouver les bienfaits de mon alliance. » Il sortit de là l’arrangement suivant : tous les chikhs présents reconnurent l’autorité du sultan ; celui-ci les nomma qaïds dans leurs tribus ou leurs districts et les renvoya avec des présents : il était sous-entendu que le pouvoir du sultan ne serait que nominal, mais qu’il allait l’affirmer et en donner une preuve visible aux yeux des Chrétiens en construisant une ville au cœur de la région qui venait de se ranger sous ses lois.
La contrée qui fit ainsi, en été 1882, sa soumission à Moulei El Ḥasen, est celle qui est comprise entre l’Ouad Sous au nord, l’Océan à l’ouest, l’Ouad Dra au sud, les Aït ou Mrîbeṭ au sud-est. Cette dernière tribu est restée indépendante : à elle s’arrête le blad el makhzen. Mais il ne faut pas oublier que ce blad el makhzen ne l’est que _bel kedeb_, « d’une façon mensongère », comme disent les indigènes, et de nom seulement : c’est une domination qui coûte beaucoup plus au sultan, en cadeaux pour entretenir l’alliance, qu’elle ne lui rapporte en impôts. Cette domination, Moulei El Ḥasen voulut, avons nous dit, en donner une preuve en élevant une ville dans la contrée : il choisit l’emplacement de Tiznit, où il avait campé, et convint avec les chikhs des environs, désormais qaïds, qu’ils y construiraient pour lui une ville dont il leur donnerait les plans : il paierait leur travail. En effet, peu de jours après le départ de l’armée, arrivèrent plans et architectes : on commença aussitôt : on se mit à construire une cité avec ses mosquées, sa qaçba, son mellaḥ, ses fondoqs ; on fit une vaste enceinte carrée avec des murs de cinq largeurs de main d’épaisseur et avec 36 tours sur chaque côté. La ville n’est pas éloignée de la mer : le sultan veut en faire une sorte d’entrepôt où viennent commercer les Européens.
Des Chrétiens sont récemment venus par mer sur cette côte, cherchant un lieu favorable à l’établissement d’un port. Ils ont visité Aglou, Ifni et d’autres points. Ifni, dans la tribu des Aït Bou Ạmran, a paru leur plaire. On ne sait pas autre chose de leurs entreprises.
C’est la première fois que les contrées qui viennent de reconnaître le sultan font acte de soumission ; mais ce n’est pas la première fois que Moulei El Ḥasen a affaire à elles. Il y a plusieurs années, du vivant de Sidi Moḥammed, Moulei El Ḥasen, son fils aîné, fit une campagne de ce côté. Il s’avança jusqu’à l’Ouad Oulṛass ; mais là il se trouva face à face avec Sidi El Ḥoseïn ould Ḥachem qui lui barrait le passage à la tête d’une armée : le marabout lui envoya un message, lui donnant trois jours pour battre en retraite : au delà de ce délai, il l’y forcerait les armes à la main. Moulei El Ḥasen, ne se trouvant pas en force, se retira ; en partant, il répondit à la lettre de Sidi El Ḥoseïn : « Vous m’avez donné trois jours pour me retirer ; je vous donne trois ans pour vous soumettre. » Peu après, Sidi Moḥammed mourut et Moulei El Ḥasen monta sur le trône : depuis ce temps, on se disait chaque année dans le Tazeroualt et dans l’Ouad Noun : « C’est cette année qu’il va venir. » Enfin il est venu en 1882. Dès que Sidi El Ḥoseïn eut connaissance de son approche, il fit transporter tout ce qu’il avait de plus précieux dans son agadir, y accumula des provisions énormes et s’y enferma avec sa famille et son armée d’esclaves. Puis il envoya au-devant du sultan un messager, chargé de présents et d’une lettre fort humble : il priait Moulei El Ḥasen de lui pardonner, de le ménager ; il n’était qu’un simple religieux, uniquement consacré à Dieu, n’ayant ni le pouvoir ni la volonté de s’opposer à ses desseins. Moulei El Ḥasen lui répondit qu’il suffisait qu’il ait eu peur, qu’il ait déménagé à son approche et qu’il se soit humilié ; à présent qu’il était soumis, il ne voyait plus en lui qu’un marabout, descendant d’un saint, et en conséquence il lui envoyait des cadeaux, hommage à son caractère sacré. En même temps il l’engageait à venir auprès de lui. Nous avons vu comment Sidi El Ḥoseïn eut la sagesse de ne pas se rendre à cette invitation, quelques instances que fît dans la suite le sultan. Mais s’il refusa de se présenter lui-même, il envoya à Moulei El Ḥasen un de ses fils qui fut fort bien reçu.
Telle fut, selon les indigènes, cette campagne dans laquelle le sultan reçut la soumission de la partie du Sahel dont nous avons donné les limites plus haut et en même temps de la vallée de l’Ouad Sous, depuis l’embouchure de ce fleuve jusqu’au haut du Ras el Ouad. L’expédition fut de courte durée : le 6 juin 1882, Moulei El Ḥasen passait avec son armée à proximité de Mogador ; le 2 juillet, il arrivait chez les Massa, tribu habitant le bas cours de l’Ouad Oulṛass et comptant environ 1500 maisons (le plus grand village des Massa est Agoubalou, près de l’embouchure de la rivière dans l’Océan) ; le 26 juillet, le sultan écrivait dans les villes de son empire que la campagne était terminée et avait eu plein succès : on célébra à cette occasion des réjouissances publiques.
Voici, pour un certain nombre de tribus du Sahel, comment le sultan a réparti les qaïds :
Ksima 1 qaïd.
Chtouka 1 qaïd (Ould Ben Dleïmi).
Assaka 1 qaïd.
Ouizzân 1 qaïd.
Aït Jerrar 1 qaïd.
Ida ou Semlal 1 qaïd.
Tazeroualt } } Ifran } réunis sous le qaïdat de Ḥadj Ṭahar ben Sidi } El Ḥoseïn. Tiznit (ville } nouvelle). }
Assa 1 qaïd.
Aït Bou Ạmran 1 qaïd.
Aglou 1 qaïd.
Aït Imejjat 1 qaïd.
El Akhsas 1 qaïd.
Aït Brahim 1 qaïd.
Aït Ạbd Allah 1 qaïd.
Isbouïa 1 qaïd.
Tamanaṛt 1 qaïd.
{ Ida ou Leggan } { } { Aït Ḥerbil } { } { Aït Ouadaï } { } { Aït Illoul } Id Brahim { } réunis sous le qaïdat de Ḥadj { } Ḥamed el Manaṛi. { Aït Mousa ou } { Daoud. } { } { Aït Bou Ạchra } { } { Aït Zkri } { } { Aït Bouhou }
{ Aït Ḥamed } { } { Aït Mesạoud } { } Aït Bella { Aït Azouafid } 1 qaïd. { } { Aït Iasin } { } { Aït Bou } { Hioualat }
{ Aït Mousa ou } { Ạli } { } { Aït Cheggout } { } { Aït El Ḥasen } { } { Aït El Ḥaseïn } { } { Aït Chergouout } Aït { } 1 qaïd. Djemel. { } { Aït Mejjat } { } { Aït Tedrarin } { } { Oulad Bou Ạïṭa } { } { Oulad Izenqad } { } { Oulad Taoubbalt }
Ouad Noun 1 qaïd.
Ainsi qu’on le voit, l’expédition de Moulei El Ḥasen dans le Sous et le Sahel avait sans doute un double objet : l’un d’affirmer aux yeux des Chrétiens sa suprématie sur ces contrées ; l’autre de s’emparer de la personne de Sidi El Ḥoseïn, contre qui il nourrissait une vieille rancune et de qui les trésors lui offraient une riche proie. Les instances sans nombre qu’il fit auprès du marabout pour l’attirer dans son camp prouvent le prix qu’il attachait à sa capture. De ces deux buts, c’était, je crois, le second que le sultan avait le plus à cœur. Il ne put l’atteindre. Le premier au contraire fut rempli sans difficulté. Si l’on s’étonne qu’un si grand nombre de tribus aient aisément consenti à se soumettre, que ni elles ni Sidi El Ḥoseïn n’aient tenté aucune résistance, on trouvera la principale cause de cette conduite dans la famine épouvantable qui régnait alors en ces régions. Le pays était affaibli ; chacun était obligé d’aller chercher des vivres au loin ; on n’avait plus de bestiaux, plus de provisions, on avait dû vendre les chevaux, enfin on était dans de très mauvaises conditions pour faire la guerre. Il parut sage de se soumettre, quitte à se révolter quand, l’abondance revenue, on serait en état de lutter. On m’a assuré que c’était déjà fait. Lors de mon voyage (hiver et printemps 1884), le pays était encore en l’état où l’avait laissé le sultan. Mais il paraît que, 5 ou 6 mois après, la récolte ayant été excellente et la richesse régnant partout, on s’est soulevé de tous les côtés à la fois et que la plus grande partie des tribus du Sahel, du Ras el Ouad et même du bas Sous, les Chtouka entre autres, ont secoué le joug.
=Notes diverses sur le Sahel.=
1o _DAR BEN DLEIMI_ est un grand village situé au bord de la mer, à un jour de marche au sud d’Agadir Iṛir. Il se trouve sur le territoire des Chtouka et est la résidence du qaïd de cette tribu, Ould Ben Dleïmi.
2o _OUAD NOUN_ n’est ni le nom d’une rivière ni celui d’une ville, mais celui d’un petit district formé de la réunion de plusieurs qçars ; ceux-ci s’élèvent au milieu d’une plaine nue et stérile ; autour d’eux, ni palmiers, ni jardins, ni labourages : ils se dressent isolés dans l’areg. L’Ouad Noun a un chikh héréditaire, El Ḥabib ould Beïrouk ; c’est un personnage peu aimé, mais puissant et craint aux environs. Le sultan a nommé son frère, Daḥman, qaïd du district.
3o _REGIBAT, OULAD DELEIM_. — Ce sont deux tribus nomades ayant leurs campements dans le Sahel, au sud du Maroc, entre l’Ouad Noun et l’Adrar. Leurs ṛezous écument le Sahara entre Timbouktou et Tindouf et apparaissent parfois sur le cours inférieur du Dra.
4o _CHQARNA_. — Tribu nomade errant dans le Sahel, au sud du Maroc. Elle comptait, il y a 20 ans, 500 ou 600 combattants montés à chameau ; c’est à peine si elle en possède 200 aujourd’hui. Les Chqarna n’ont point de chevaux, le chameau est leur seule monture.
[Note 118 : On n’a pu me dire le nom de la douzième fraction.]
[Note 119 : Une légende qui a cours dans le pays veut que les Haha soient Arabes d’origine et que ce soit par leur long séjour au milieu d’Imaziren qu’ils aient pris les mœurs et la langue de ces derniers.]
V
BASSIN DE L’OUAD ZIZ.
1o. — OUAD ZIZ.
L’Ouad Ziz prend sa source aux crêtes supérieures du Grand Atlas, dans la grande fraction des Aït Ḥediddou. Il coule pendant quelque temps sur leur territoire ; cette partie de son cours prend le nom de district des Aït Ḥediddou ; des qçars nombreux sont sur ses bords ; sa vallée est dominée par de hautes montagnes. En sortant des Aït Ḥediddou, il reste désert un certain temps ; puis il entre dans le district du Ziz. Le Ziz se compose de 25 à 30 qçars, tous sur les rives du fleuve ; il appartient aux Aït Izdeg. Après avoir arrosé le Ziz, l’ouad traverse un court passage désert et entre dans le Gers. C’est un nouveau district ; il le traverse, en baigne tous les qçars, et de là passe immédiatement dans le Tiallalin. En sortant du Tiallalin, le fleuve se trouve de nouveau, mais pour la dernière fois, dans le désert ; après y avoir coulé pendant quelque temps, il s’engage dans le district d’El Kheneg, où commencent les palmiers : à partir de là, il ne cesse d’en avoir son cours ombragé, et il se déroule jusqu’au Tafilelt entre deux rubans continus de dattiers et de qçars ; ses rives, devenues un des endroits les plus riches du Maroc, s’appellent alors successivement districts de Qçar es Souq, du Metṛara, de Reṭeb, de Tizimi et du Tafilelt.
Nous allons examiner une partie de ces districts.
Nous nous occuperons ensuite des affluents de l’Ouad Ziz.
=I. — District des Aït Hediddou.=
C’est le premier qu’on rencontre sur le haut cours de l’Ouad Ziz. Il se compose d’un certain nombre de qçars appartenant aux Aït Ḥediddou et échelonnés sur les deux rives du fleuve : ces qçars, avec quelques autres situés sur l’Ouad Sidi Ḥamza, sont les seuls que possèdent les Aït Ḥediddou, fraction très nombreuse des Aït Iafelman, mais composée surtout de nomades. En voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant l’ouad :
RIVE DROITE :
Aït Bou Ouzellif (2 qçars). 50 fusils.
Sountat. 100
Toulgdit. 20
Aït Ouazerf. 100
Aqdim. 100
Imtras. 300
Aït Ạmer. 30
Taberracht. 60
Aït Ạli ou Iqqo. 50
Tarribant. 20
Aït Ạmer. 50
Igli. 200
RIVE GAUCHE :
Imelouan 50 fusils.
Aït Ạmer 150
Aït Ạli ou Iqqo 30
Igli, Aït Ạmer, Tarribant forment un groupe distinct, séparé du reste du district par un long kheneg. La réunion de ces trois qçars se nomme Aït Sạïd ou Ḥeddou. Les autres portent le nom collectif de Qçour Asif Melloul : l’Ouad Ziz, au nord du kheneg, s’appelle Asif Melloul.
Plus de qçar sur l’Asif Melloul au-dessus de ceux que nous venons de nommer. Ce sont les plus hauts de l’Ouad Ziz.
Les Aït Ḥediddou, maîtres de ce pays, en sont les seuls habitants. Ils sont indépendants. Point de relations avec le makhzen.
Langue tamaziṛt.
Deux marchés : tenîn et khemîs à Aqdim.
Pas de Juifs.
Distances : de Mezizelt à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.
d’Aït Bou Ouzellif à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar es Souq.
de Tarribant à Aït Ạli ou Iqqo comme de Mellaḥ Tiallalin à Tamerrakecht.
Aït Ạli ou Iqqo (de la rive gauche) est en face de Taberracht.
Imelouan est en face de Toulgdit.
Il y a un espace désert entre Tarribant et Aït Ạli ou Iqqo ; les autres qçars sont les uns près des autres, unis par leurs cultures.
=II. — Ziz.=
Le district du Ziz se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Ziz ; en voici l’énumération, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :
RIVE DROITE :
Mezizelt. 20 fusils.
Zaouïa Sidi Bou Qil (2 qçars) 500
Tabia } } Tabia 300 El Ḥara }
Aït Sạïd.
Aït Zebbour. 20
Aït Ḥammou el Ḥadj. 15
Tirezdet. 80
Aït Mousa ou Ạli. 70
Irezd (cherifs ; 3 qçars). 150
Aït el Ḥadj Sạïd. 10
Aït Kharroub. 4
Ibzazen } } Aït Bou el Khial } Aït Iaḥia ou Khalifa. 150 } Izouṛar }
Rich. 20
RIVE GAUCHE :
Tamagourt. 100 fusils.
Gafaï. 100
Tasiset. 18
Tabarkaït. 25
Ou Allal. 60
Izebban. 15
Izebban. 80
Tagersift. 100
Le pays de Ziz appartient aux Aït Izdeg et n’est habité que par eux. Les Aït Izdeg sont une fraction des Aït Iafelman. Ils sont indépendants.
Langue tamaziṛt.
Deux marchés : tenîn et khemîs à Zaouïa Sidi Bou Qil.
Pas de Juifs.
Distances : de Tiṛilasin à Rich comme de Souq Tiallalin à Mellaḥ Tiallalin.
de Rich à Mezizelt comme de Tamerrakecht à Mellaḥ Tiallalin.
de Tamagourt à Igli (Aït Ḥediddou) comme d’Aït Ọtman à Mellaḥ Tiallalin.
Désert entre Tamagourt et Igli.
Pas de désert entre Rich et Mezizelt, sur les rives de l’ouad.
Tamagourt est en face de Mezizelt.
Tagersift est en face d’Aït Iaḥia ou Khalifa.
=III. — Gers.=
Le district du Gers se compose d’un certain nombre de qçars situés sur les bords de l’Ouad Ziz et tous sur sa rive droite : en face d’eux, la rive gauche est déserte. Voici les noms des qçars du Gers, dans l’ordre où on les trouve en descendant l’Ouad Ziz :
RIVE DROITE :
Tiṛilasin Qedîm } 15 fusils. } Tiṛilasin Aït Tikkert } 40
Kherzouza. 40
Qcîra Aït Ạouda. 25
Amalou. 60
El Ḥaïn. 150
Aït El Feqih. 50
Qcîra Alibou (Alibou est le chikh el ạam de toute la fraction des Aït Izdeg, cette année). 20
Cedouqa. 30
De plus, entre Amalou et El Ḥaïn, on voit les ruines de Douar, grand qçar détruit.
Le district du Gers appartient aux Aït Izdeg. La population y est un mélange d’Aït Izdeg et de Qebala[120].
Langue tamaziṛt.
Point de marché.
Pas de Juifs. Mellaḥ ruiné à Douar.
Distances : Cedouqa est en face d’Aït Khozman, sur la rive opposée de l’ouad.
de Cedouqa à Aït Tikkert comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.
=IV. — Tiallalin.=
Le Tiallalin se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Ziz. En voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant le fleuve :
RIVE DROITE :
Kerrando. 50 fusils.
Qcîra el Ihoud (appelée aussi Mellaḥ Tiallalin).
Iserdan. 30
Bousam. 20
Tadaout. 20
Qcîra Aït Aḥa. 10
Aït ou Alil. 50
Aït Ḥaḥou. 15
Aït Ạmer. 4
Aït Çaleḥ. 30
RIVE GAUCHE :
Aït Khozman. 40 fusils.
Aït Ḥeqqou. 20
Aït ou Isaden. 20
Aït ou Innou. 20
Aït Zaïa. 15
Bou Idiren. 60
Qcîr Cherif. 15
Qcîr Sidi Ọmar. 50
Izabouben. 10
Aït Iaḥia ou Khalifa. 10
Aït Brahim. 10
Aït Attou. 30
El Qçar el Kebir. 20
Tamdafelt. 12
Taouaḥit. 80
Imazan. 60
Tamazount. 15
Izerraḥen. 15
Isaffen. 6
Aït Iaḥia. 50
Timṛirt. 12
Imri. 30
Le Tiallalin appartient aux Aït Izdeg et n’est peuplé que d’eux. Chez les Aït Izdeg, chaque district, pour les sédentaires, chaque campement, pour les nomades, se gouverne à sa fantaisie, sans chikh, ni à l’année, ni autre : quelquefois on en nomme, mais pour quelques mois, pour la durée d’une guerre par exemple. Ces jours-ci, on en a élu ; voici pourquoi : le sultan a prié les Aït Izdeg de lui envoyer leurs chikhs : après délibération, ils y ont consenti, en ont nommé et les lui ont envoyés. Mais ils ne dépendent point de Moulei El Ḥasen ; ils ne lui paient rien et n’ont, disent-ils, que de la poudre à lui donner. S’ils n’ont pas de chikhs permanents dans leurs diverses subdivisions, ils en ont toujours un pour l’ensemble des Aït Izdeg : c’est un chikh el ạam, qui est nommé chaque année par l’assemblée des diverses djemaạas.
Langue tamaziṛt.
Trois marchés à Aït ou Alil, le ḥad, le tlâta, le khemîs.
Un mellaḥ.
Distances : Qcîr Sidi Ọmar est juste en face de Qcîra el Ihoud.
=V. — El Kheneg.=
On appelle de ce nom le district formé par les qçars échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Ziz dans le long défilé qu’il traverse entre Foum Jabel et Foum Ṛiour. Voici les noms de ces qçars, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :
RIVE DROITE :
Asbarou. 20 fusils.
Aït Ọtman. 200
Qcîra el Mehenni. 30
Oul Itgir. 60
Serṛin. 40
Cheba. 20
RIVE GAUCHE :
Tamerrakecht (3 petits qçars). 40 fusils
Ifri (3 petits qçars). 40
Aït Isfa ou Daoud. 30
Amzou. 300
Ingbi. 30
Tingbit. 40
Beni Iffous. 50
Aït Moulei Moḥammed. 100
Timzourin (2 qçars). 40
El Kheneg appartient aux Aït Izdeg et n’est peuplé que d’eux.
Langue tamaziṛt.
Pas de marché.
Pas de Juifs.
=VI. — Qçar es Souq.=
Le district du Qçar es Souq se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les rives de l’Ouad Ziz ; en voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant le fleuve.
RIVE DROITE :
Tazouqa. 200 fusils.
Tagnit. 40
Qçar es Souq (composée de 5 qçars : Mouskellal, Qcîba 300 Aït Moḥa ou Ạli, El Ḥaraṭîn, Agaouz, Azrou ; ils forment un cercle au milieu duquel sont le marché et le mellaḥ).
Tisgedlt. 100
Taṛzout (2 qçars). 100
Azemmour. 150
Targa (2 qçars). 150
RIVE GAUCHE :
Tiṛiourin. 150 fusils.
Beni Ouaṛaïn (3 qçars). 100
Er Raḥba. 60
Qçar Djedid Aït Ḥammou (3 qçars). 60
Le Qçar es Souq est peuplé d’Aït Izdeg et de cherifs. Ceux-ci sont indépendants des premiers. Point de djemaạa ni de chikh pour l’ensemble du district. Chaque qçar a sa djemaạa et son gouvernement à part ; ils ne s’unissent entre eux qu’en cas de guerre.
Langue tamaziṛt.
Un marché, à Qçar es Souq.
Un mellaḥ.
Distances : de Mellaḥ Qçar es Souq à Targa comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.
Qçar Djedid Aït Ḥammou est en face de Taṛzout.
Tiṛiourin est en face de Tazouqa.
=VII. — Metrara.=
Le district se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les bords de l’Ouad Ziz. En voici l’énumération, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le cours du fleuve :
RIVE DROITE :
Tisgedlt. 40 fusils.
Beni Meḥelli. 100
Asrir. 200
Mediouna. 20
El Ḥibous. 400
Qaçba Qedîma. 400
RIVE GAUCHE :
Oulad el Ḥadj. 300 fusils.
Qçar Dekhlani. 150
El Ṛrouch. 40
Qçar Djedid. 100
Zaouïa Moulei Ạbd Allah. 20
Qçar Berrani. 100
Taourirt. 100
Sidi Bou Ạbd Allah. 300
Ṭitaf. 200
Qaçba Djedida. 200
Beni Mousi. 300
Geri Ourgaz. 4
Gaouz. 100
Tazenagt. 400
Le Metṛara n’est habité que par des cherifs et des Qebala : les premiers sont les plus nombreux et ont la prépondérance. Ils sont seuls maîtres du pays. Ils sont libres, n’obéissent pas au sultan et ne sont sous la dépendance d’aucune tribu : ni Berâber ni autres n’ont droit de parler dans le Metṛara. Cherifs et Qebala sont mélangés dans les divers qçars. Point de chikh ni de djemaạa administrant l’ensemble du district. Chaque qçar a son existence isolée, se gouverne au moyen de sa djemaạa et ne s’unit à d’autres qu’en cas de guerre.
On ne parle que l’arabe.
Quatre marchés : tenîn et khemîs à Qaçba Qedîma ; tenîn et khemîs à Sidi Bou Ạbd Allah.
Pas de Juifs.
Un homme est tout-puissant dans le Metṛara et a en sa main tout le district, c’est Chikh Moḥammed El Ạrabi el Derkaoui. Ce chef religieux, qui réside à Gaouz, est extrêmement influent : chaque année, le sultan lui envoie sa part de dîme ; il y a deux ans, il lui a expédié 40 qanṭars (le _qanṭar_ vaut ici 1250 francs). Sidi Moḥammed El Ạrabi avait, à la fin de 1881, appelé les Berâber à la guerre sainte contre les Français ; mais peu après il les contremanda. Son pouvoir est énorme sur tous les Berâber, Aït Atta comme Aït Iafelman. D’un mot, il peut les armer. Par le nombre et la valeur guerrière de ces tribus, tout à sa dévotion, il est un des cinq chefs religieux les plus puissants du Maroc. Il compte au même rang que Moulei Ạbd es Selam el Ouazzâni, Sidi Ben Daoud, Sidi Moḥammed ou Bou Bekr et Sidi El Ḥoseïn.
Distances : point de désert entre le Qçar es Souq et le Metṛara.
d’Oulad el Ḥadj à Tazenagt comme de Mellaḥ Tiallalin à Tamerrakecht.
de Qçar Djedid Aït Ḥammou à Oulad el Ḥadj comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.
de Tisgedlt à Targa comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.
Beni Mousi est en face de Qaçba Qedîma.
=VIII. — Districts inférieurs.=
Les trois districts les plus bas de l’Ouad Ziz se composent chacun, comme les précédents, d’une double ligne de qçars échelonnés sur les deux rives du fleuve.
Le Reṭeb comprend 30 ou 40 qçars : population mélangée, cherifs, marabouts, Qebala. Langue arabe. Un mellaḥ.
Le Tizimi se compose de 30 à 40 qçars. Deux mellaḥs.
Le Tafilelt, d’environ 360 qçars. Cinq mellaḥs.
=IX. — Affluents de l’Ouad Ziz.=
L’Ouad Ziz reçoit divers affluents ; voici quelques-uns d’entre eux :
1o L’Ouad Aït Iaḥia, se jetant sur sa rive gauche à Igli (Aït Ḥediddou).
2o L’Ouad Zaouïa Sidi Ḥamza, se jetant sur sa rive gauche à Tagersift (district du Ziz).
3o L’Ouad Todṛa, se jetant sur sa rive droite au-dessous du Reṭeb, dans un des districts de son cours inférieur.
1o OUAD AIT IAHIA. — Il prend sa source dans le Grand Atlas et se jette sur la rive gauche de l’Ouad Ziz à Igli (Aït Ḥediddou). Voici les qçars que l’on rencontre sur son cours, en le descendant :
RIVE GAUCHE :
Tazarin. 90 fusils.
Izloufa. 20
Tabouạrbit. 50
Anfergal. 150
El Bordj. 10
Ces qçars appartiennent aux Aït Iaḥia, fraction des Aït Iafelman. Les Aït Iahia sont très nombreux, mais presque tous nomades ; ils ne possèdent pas d’autres qçars que les 5 précédents. Ils sont indépendants et passent pour grands pillards. Leurs quelques qçars n’ont point de chikh spécial.
Langue tamaziṛt.
Ni marché, ni Juifs.
Distances : d’El Bordj à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.
d’El Bordj à Tazarin comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.
Point de désert entre ces deux derniers points.
2o OUAD SIDI HAMZA. — Il prend sa source au Djebel El Ạïachi et se jette sur la rive gauche de l’Ouad Ziz à Tagersift (Ziz). Voici les qçars qu’il arrose, dans l’ordre où on les trouve en le descendant :
RIVE DROITE :
Tazrouft (marabouts). 200 fusils
Zaouïa Sidi Ḥamza (marabouts). 300
Aït ou Allou (2 qçars) (Aït Izdeg). 100
Aït Iạqob (Aït Ḥediddou). 600
Tanṛerift (Ait Ḥediddou). 50
Toullist (4 qçars) (Aït Izdeg). 200
Langue tamaziṛt.
Pas de marché.
Deux Juifs à Zaouïa Sidi Ḥamza.
Distances : de Tagersift à Tanṛerift comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar es Souq.
Défilé désert assez long entre ces deux points, appelé Kheneg Tarq.
de Tanṛerift à Aït Iạqob comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.
Désert entre ces deux points.
d’Aït Iạqob à Aït ou Allou comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar es Souq.
Désert entre ces deux points.
d’Aït ou Allou à Zaouïa Sidi Ḥamza comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.
Désert entre ces deux points.
de Zaouïa Sidi Ḥamza à Tazrouft comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.
Désert entre ces deux points.
de Toullist à Tagersift comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.
L’Ouad Zaouïa Sidi Ḥamza reçoit un affluent, l’Ouad Nezala, se jetant sur sa rive gauche à Toullist.
=Ouad Nezala.= — Il prend sa source au Djebel El Ạbbari ; voici les qçars qui se trouvent sur son cours, dans l’ordre où on les trouve en le descendant :
Ibabaḥen rive droite, 6 fusils.
Ạbbari rive gauche, 40
Qcîra ou Ba El Ḥasen rive gauche, 20
Bou Seroual rive droite, 20
Nezala rive droite, 20
Tiffitra rive droite, 8
Semlal rive gauche, 10
Tazalaṛt rive gauche, 30
Tous ces qçars appartiennent aux Aït Izdeg.
Langue tamaziṛt.
Ni marché, ni Juifs.
Distances : de Toullist à Tazalaṛt comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.
Désert entre ces deux points.
de Tazalaṛt à Semlal comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.
Désert entre ces deux points.
de Semlal à Tiffitra comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.
Désert entre ces deux points.
de Tiffitra à Nezala comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.
Désert Taqqat Nezala entre ces deux points.
de Nezala à Ibabaḥen comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.
3o OUAD TODRA. — L’Ouad Todṛa, d’une grande importance, et par lui-même, et par son affluent l’Ouad Ṛeris, fera l’objet d’un article spécial.
2o. — OUAD TODRA.
=I. Ouad Todra.=
L’Ouad Todṛa prend sa source à peu de distance de l’oasis du Todṛa, dans les hauts massifs qu’on en aperçoit vers le nord-ouest. Le mont d’où il sort s’appelle Aqqa Tizgi ; c’est une muraille rocheuse du pied de laquelle jaillissent des sources abondantes qui forment l’Ouad Todṛa. De là il va arroser la longue bande du Todṛa, où il a toujours de l’eau, été et hiver. Au sortir de cette oasis, le lit s’en dessèche et les bords en deviennent déserts jusqu’au Ferkla. Il arrose le Ferkla, puis rentre dans le désert : du point où il sort du Ferkla à celui où il se jette dans le Ziz, on ne trouve plus sur ses rives aucune grande oasis, mais seulement de loin en loin quelque qçar isolé entouré de dattiers, simple tache dans la plaine. Dans la portion inférieure de son cours, il porte souvent le nom d’Ouad Ferkla.
Nous allons étudier successivement le Todṛa, le Ferkla et les qçars au-dessous de Ferkla.
1o _TODRA_. — L’oasis du Todra se compose de deux parties : d’abord le Todṛa proprement dit, formé des qçars appartenant à la tribu chleuḥa des Todṛa, en second lieu une série de qçars appartenant aux Berâber. Tous sont sur le cours même de l’Ouad Todṛa, ceux-ci au-dessous des premiers. Une longue bande de palmiers, courant sans interruption sur les bords de la rivière, enveloppe les uns et les autres ; aucune frontière apparente n’existe entre ceux des Todṛa et ceux des Berâber.
TODRA PROPREMENT DIT. — Voici les noms des qçars qui le composent, dans l’ordre où on les rencontre en descendant l’Ouad Todṛa :
Aït Baḥa } rive 20 fusils. } gauche, } Aït Ousal (Zaouïa Sidi } Tizgi rive 120 Ạbd el Ạli) } droite, } Tabia } rive 30 } gauche,
Aït Ạchcha rive 25 droite,
Aït Sidi ou Brahim rive 100 gauche,
Aït Zakri } rive } } gauche, } } } Aït Segmounni } rive } } gauche, } } } Aït Ismen } rive } } gauche, } } Aït Senan } 300 Aït Çaïb ou Ọtman } rive } } gauche, } } } Iḥedzamen } rive } } gauche, } } } Zaouïa Iḥedzamen } rive } } gauche, }
Aït Ạriṭan rive 100 droite,
Aït Ijjou rive 15 droite,
Aït Barra rive 40 droite,
Aït Ouzana rive 100 droite,
Asfalou rive 50 gauche,
Aït Zilal rive 30 gauche,
Tagounsa rive 35 gauche,
Aït Bou Oujjan rive 120 gauche,
Ismarin rive 40 droite,
Tikoutar rive 100 gauche,
Tiidrin rive 80 gauche,
Taourirt rive 150 droite,
Aït Ourjedal rive 40 droite,
Afanour rive 200 gauche,
Tiṛremt rive 50 droite,
Tinṛir rive 200 droite,
Imousas rive 30 gauche,
Ilougan (Zaouïa Oulad rive 30 Sidi Ḥamed Ben Ạbd eç gauche, Çadoq)
Ḥelloul rive 70 gauche,
Tamasint rive 50 gauche,
Aït b Oulman rive 25 droite,
Azrou rive 25 droite,
Tagoummast sur les 200 deux rives,
Ifri rive 20 gauche,
Aït El Ḥasen ou Ạli rive 30 droite,
Aït El Qaṭi rive 20 droite,
Iạdouan rive 60 droite,
Aït Iaḥia rive 10 droite,
Aït Moḥammed rive 150 gauche,
Aït Iạla rive 50 droite,
Ikhba } } Aït Bou Iaḥia } Amzaourou rive 200 } gauche, } Aït Ḥammi }
Ḥara Imziouan } } El Ḥara rive 600 } droite, Ḥara Mrabṭin (Zaouïa } Sidi el Ḥadj Ạmer) }
Les qçars que nous venons d’énumérer composent toute la tribu des Todṛa. Les Todṛa sont Chellaḥa ; ils se subdivisent en deux fractions, Aït Çaleḥ et Aït Genad : tel qçar appartient à telle fraction ; dans certains, les deux fractions sont mélangées. Chaque qçar a son gouvernement à part et vit isolé des autres, ne s’en rapprochant qu’en cas de guerre ; leur organisation à tous est identique : ils se nomment chacun un chikh el ạam tous les premiers de l’an. En temps ordinaire, aucun lien entre les différents qçars : on ne se concerte, on ne se réunit que s’il y a guerre. Les Todṛa sont indépendants. Ils n’ont de debiḥa sur personne, pas même sur leurs puissants voisins les Berâber. Leur nombre et surtout leur caractère belliqueux ont sauvé leur indépendance.
Les Todṛa ont un qaḍi, Sidi Ḥamed d Aït Sidi Ạïssa, habitant Tinṛir.
Langue tamaziṛt.
Deux marchés, tenîn et khemîs de Tinṛir.
Quatre mellaḥs.
Distances : de Tinṛir à El Ḥara comme de Tinṛir à Tizgi, ou quelques centaines de mètres de plus.
de Taourirt à Asfalou 2 fois 1/2 comme de Taourirt à Tinṛir.
d’Asfalou à Tizgi 4 fois comme de Taourirt à Tinṛir.
De Tizgi à El Ḥara, tout l’ouad n’est que cultures et dattiers (bou feggouç et bou souaïr) ; pas de désert.
QÇARS DES BERABER FAISANT PARTIE DE L’OASIS. — Voici leur énumération, dans l’ordre où on les rencontre en descendant l’ouad ; ils font suite immédiatement aux précédents :
Taria Ilemsan rive 40 fusils droite,
Tiṛremt Aït b ou Iknifen rive 20 droite,
Ignaouen rive 50 droite,
Tiṛremt Aït Iạzza rive 50 gauche,
Aït el Miskin (zaouïa) rive 30 gauche,
Tiṛrematin Aït Aïssa ou Brahim (2 qçars : rive 100 Tiṛremt Fouqania, Tiṛremt Taḥtania) gauche,
Tachbacht Aït Isfoul rive 50 gauche,
Ces qçars, bien que se touchant, sont indépendants les uns des autres ; ils appartiennent, l’un à telle fraction des Berâber, l’autre à telle autre, et suivent le sort de leurs propriétaires.
Distances : de El Ḥara à Taria Ilemsan comme de Taourirt à Asfalou.
de Taria à Tiṛremt Aït b ou Iknifen comme de Taourirt à Asfalou.
de Tiṛremt Aït b ou Iknifen à Ignaouen comme de Taourirt à Asfalou.
de Tiṛremt Aït Iạzza à T. Aït Aïssa ou Brahim comme de Taourirt à Tinṛir.
de T. Aït Aïssa ou Brahim à Tachbacht Aït Isfoul comme de Taourirt à Asfalou.
Ignaouen et Tiṛremt Aït Iạzza se font face.
2o _FERKLA_. — L’oasis du Ferkla se compose d’un certain nombre de qçars, échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Todṛa, au milieu d’une bande de palmiers qui les enveloppe tous. Voici l’énumération de ces qçars, dans l’ordre où on les rencontre en descendant l’ouad :
RIVE DROITE :
El Khorbat (Aït Melṛad). 400 fusils.
Chạt (2 qçars) (Aït Melṛad). 200
Aït Ben Nacer (marabouts). 30
Aït Ạsem (Aït Melṛad). 200
Tirdouin (Ahel Ferkla). 120
Gardmit (Aït Melṛad). 200
RIVE GAUCHE :
Asrir (Ahel Ferkla). 600 fusils.
Cheurfa Taïrza (cherifs). 50
Talalt (Ahel Ferkla). 50
Tiṛfert (Ḥaraṭîn). 200
Aït Sidi El Houari (marabouts). 400
Oulad Mạmmer (Ahel Ferkla). 150
La population du Ferkla est composée partie d’Aït Melṛad, partie d’Ahel Ferkla, partie de Ḥaraṭîn, partie de marabouts. Les uns et les autres sont indépendants. Les Ahel Ferkla sont des Chellaḥa ; les qçars que nous venons de mentionner comme leur appartenant, forment toute leur tribu ; ils sont libres et n’ont de debiḥa sur personne : les Aït Melṛad mêmes, leurs puissants voisins, ne sont pas plus indépendants qu’eux. Les Ḥaraṭîn et les marabouts ont su également conserver leur liberté.
Les divers qçars du Ferkla vivent isolés les uns des autres, chacun avec son gouvernement particulier ; ce gouvernement est le même dans tous : celui d’un chikh el ạam. Aucun lien commun n’unit les qçars entre eux.
Les dattes du Ferkla sont des bou feggouç et des bou souaïr.
Langue tamaziṛt.
Deux marchés, ḥad et khemîs d’Asrir.
Un mellaḥ.
Distances : d’El Khorbat à Oulad Mạmmer comme de Tinṛir (Todṛa) à Aït Moḥammed.
Gardmit est en face d’Oulad Mạmmer.
3o _QÇARS AU-DESSOUS DU FERKLA_. — Il existe un chemin direct du Todṛa au Tafilelt, par le cours de l’Ouad Todṛa. Le voici :
On quitte le Ferkla et l’on s’engage dans le désert en descendant la rive droite de l’Ouad Todṛa. On arrive d’abord à :
_Izelf Aït Melrad_, qçar de 50 fusils, entouré de dattiers ; il est à quelque distance de l’Ouad Todṛa et n’est alimenté que par des sources.
Distance : du Ferkla à Izelf comme d’Imiṭeṛ à Timaṭṛeouin.
De là on gagne :
_Igli Aït Khelifa_, grand qçar de 300 fusils, entouré de dattiers, habité par une population de marabouts (Oulad Sidi El Houari), de Ḥaraṭîn et d’Aït Khelifa (Aït Atta). Il est aussi à quelque distance de la rivière, sur sa rive droite ; il est arrosé par des sources.
Distance : d’Izelf à Igli comme 2 fois de Taourirt (Todṛa) à Asfalou.
Puis on passe à :
_Mellạb Aït Iạzza_, qçar de 100 fusils, entouré de dattiers. Mellạb se trouve sur la rive gauche de l’Ouad Todṛa. Chemin faisant, on a traversé la rivière à mi-route entre Igli et Mellạb.
Distance : d’Igli à Mellạb comme deux fois de Taourirt à Asfalou.
On continue à descendre la rive gauche du cours d’eau et on arrive à :
_Oul Touroug_, qçar de 150 fusils, entouré de dattiers, appartenant aux Aït Iạzza et aux Aït Khelifa. Il est situé sur le bord même de l’ouad (rive gauche).
Distance : de Mellạb à Oul Touroug comme de Taourirt (Todṛa) à Foum el Qous n Tazoult.
De là on continue à descendre l’Ouad Todṛa, qui, peu au-dessous d’Oul Touroug, reçoit sur sa rive gauche l’Ouad Ṛeris. Puis on parvient à :
_Tilouin_, grand qçar, entouré de dattiers, situé sur le bord de la rivière (rive gauche). C’est auprès de Tilouin qu’eut lieu, en 1883, une grande bataille entre les Aït Atta et les Aït Melṛad. Le qçar appartient actuellement aux Aït Melṛad.
Distance : d’Oul Touroug à Tilouin comme de Mellạb à Oul Touroug.
De Tilouin, en descendant toujours l’Ouad Todṛa, on arrive à :
_Fezna_, qçar de 300 fusils, entouré de dattiers, s’élevant au bord du cours d’eau (rive gauche). Il appartient aux Aït Iafelman.
Distance : de Tilouin à Fezna comme de Taourirt (Todṛa) à Imiṭeṛ.
Peu au-dessous de Fezna, l’Ouad Todṛa se jette, dit-on, dans l’Ouad Ziz : ce confluent se trouverait non loin d’El Djerf sur le Ziz.
=II. — Ouad Imiter.=
L’Ouad Todṛa reçoit deux affluents importants : l’Ouad Imiṭeṛ, se jetant sur sa rive droite dans la portion inférieure de l’oasis du Todṛa, au-dessous du qçar d’Aït Iaḥia, en face de celui d’Aït Moḥammed ; l’Ouad Ṛeris, se jetant sur sa rive gauche à quelque distance au-dessous d’Oul Touroug.
Nous allons les étudier l’un après l’autre.
L’Ouad Imiṭeṛ prend sa source dans les massifs qui s’élèvent au nord de la plaine d’Anbed. Il arrose successivement sur son cours :
Imiṭeṛ (groupe de quatre qçars contigus : Aït Brahim, Iṛir, Taouaḥmant, Aït Moḥammed, appartenant tous aux Aït b ou Iknifen). 150 fusils.
Timaṭṛeouin Ignaouen. 50
Qcîba Aït Moulei Ḥamed rive } gauche } } Qcîba Moulei Brahim rive } 50 droite } } Qcîba Imougar rive } gauche }
Les jardins de ces trois derniers qçars se touchent ; ceux-ci ne forment qu’un seul groupe ; deux d’entre eux appartiennent à des cherifs, le dernier à des Aït Atta (les Imougar sont une subdivision des Aït Isfoul).
De là, l’Ouad Imiṭeṛ passe à
Tilouin Aït Isfoul rive droite, 20 fusils.
Puis il va se jeter dans l’Ouad Todṛa, en face d’Aït Moḥammed.
Des trois qcîbas à Tilouin, comme de Tilouin à Aït Moḥammed, il n’y a que le désert.
Distances : de Qcîba Imougar à Tilouin comme de Timaṭṛeouin à Foum el Qous.
de Tilouin à Aït Moḥammed comme de Timaṭṛeouin à Foum el Qous.
=III. — Ouad Reris.=
L’Ouad Ṛeris prend sa source sur le versant méridional du Grand Atlas. Le premier endroit habité qu’il arrose est le district d’Amtrous. Après l’avoir traversé, il rentre dans le désert ; puis on trouve successivement sur son cours, en le descendant : une réunion de 5 qçars appartenant aux Aït Melṛad, un désert, le district de Semgat, un désert, un groupe de 4 qçars des Aït Melṛad, un désert, l’oasis de Taderoucht, un désert, le Ṛeris. Au sortir du Ṛeris, il rentre dans le désert et y demeure jusqu’à son confluent avec l’Ouad Todṛa, à peu de distance d’Oul Touroug.
_AMTROUS_. — Le district d’Amtrous se compose d’un certain nombre de qçars, situés sur l’Ouad Ṛeris ; en voici les noms, dans l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :
Toumlilin rive droite, 30 fusils
Aït Daoud ou Ạzzi rive gauche, 70
Taadadats rive gauche, 50
Timoula rive gauche, 50
Igedman rive droite, 40
Aït Hani rive gauche, 50
Tizeggarin rive gauche, 30
Asing rive gauche, 100
Tiidrin rive gauche, 100
Le district d’Amtrous est habité partie d’Aït Melṛad, partie d’Aït Ḥediddou. Ces deux fractions se partagent les différents qçars.
Ni marché, ni Juifs.
Distance : d’Aroraï à Tiidrin comme de Taourirt à El Ḥara (Todṛa).
_AIT MELRAD_. — Au-dessous de ce district, se trouvent, séparés de lui par un désert assez court, 5 qçars unis en un seul groupe, appartenant aux Aït Melṛad ; ce sont, dans l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :
Aroraï. 100 fusils.
Achoul Sidi Bou Iạqob. 100
Aït Sidi Moḥammed ou Iousef. 20
Aït er Riban. 30
Amougger. 100
Ni marché, ni Juifs.
Distance : d’Imiṭeṛ à Amougger comme de Tinṛir à El Ḥara.
Les cinq qçars se touchent.
_SEMGAT_. — Au-dessous de ces cinq qçars, sur le cours de l’Ouad Ṛeris, se trouve, séparé d’eux par un court désert, le district de Semgat. Il se compose des qçars suivants, échelonnés sur les bords de la rivière ; les voici, dans l’ordre où on les rencontre en la descendant :
Imiṭeṛ (2 qçars : Aït Brahim, El Qçar el rive 100 fusils. Kebir) gauche,
Aït Ouahi rive 30 gauche,
Aït Selîman rive 50 gauche,
Aït Ioub rive 80 gauche,
Aït Bou Izzem rive 30 droite,
Imelouan rive 50 gauche,
Amellagou rive 40 gauche,
Le district de Semgat appartient aux Aït Melṛad et n’est peuplé que d’eux.
Ni marché, ni Juifs.
Distances : de Taḥamdount au Semgat comme de Tizgi à El Ḥara (Todṛa).
d’Amellagou à Imiṭeṛ comme de Taourirt à Tinṛir.
_AIT MELRAD_. — Au-dessous du Semgat, séparé de lui par un désert assez court, se trouve, sur l’Ouad Ṛeris, un groupe de 4 qçars appartenant aux Aït Melṛad. Ce sont, dans l’ordre où on les voit en descendant la rivière :
Taḥamdount rive droite, 30 fusils.
Qçar Kebir Aït Brahim rive droite, 30
Qçar Aït Brahim rive gauche, 30
Timzgit (2 qçars) sur les deux rives, 50
Ces localités sont toutes entourées de dattiers ; ce sont les premières de l’Ouad Ṛeris qui en possèdent ; plus haut, cet arbre ne croît pas : au-dessus de Taḥamdount, les oliviers, les grenadiers, les figuiers sont les seules essences qui poussent sur les bords de la rivière : au-dessous de ce qçar, pas un lieu habité où il n’y ait des palmiers.
Ni Juifs, ni marché.
Distances : de Timzgit au Taderoucht comme d’Asfalou à Aït Moḥammed.
de Timzgit à Aït Brahim comme de Taourirt à Tinṛir.
Qçar Kebir Aït Brahim fait face à Qçar Aït Brahim.
De Qçar Kebir Aït Brahim à Taḥamdount, 400 mètres.
_TADEROUCHT_. — Au-dessous de ces 4 qçars, séparée d’eux par un court désert, se trouve, sur l’Ouad Ṛeris, l’oasis de Taderoucht ; elle se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les deux rives du cours d’eau, au milieu d’une bande continue de palmiers. Voici les noms de ces localités, dans l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :
Moui (Qebala) rive droite, 200 fusils.
Aourir (marabouts) rive gauche, 50
Iṛerm n Cherif (Qebala) rive gauche, 20
El Ḥara (marabouts et Qebala) rive gauche, 60
Qcîrat Sidi Ạbd Allah ou Ạli (marabouts) rive gauche, 10
Taziat (Berâber) rive gauche, 80
Zenba (marabouts) rive gauche, 30
El Bordj (marabouts) rive gauche, 50
Aucun lien n’existe en temps habituel entre les divers qçars du Taderoucht. Chacun vit isolément, administré par son chikh el ạam.
Langue tamaziṛt.
Pas de marché.
Un mellaḥ.
Distances : du Ṛeris au Taderoucht comme de Tinṛir à El Ḥara (Todṛa).
d’El Bordj à Moui comme de Taourirt à Tinṛir.
_RERIS_. — Au-dessous du Taderoucht, séparée de lui par un court désert, se trouve, sur le cours de la même rivière, la grande oasis du Ṛeris. C’est une longue ligne de qçars échelonnés sur les bords de l’Ouad Ṛeris, au milieu d’un ruban d’épaisses plantations de dattiers. Voici l’énumération de ces qçars, dans l’ordre où on les trouve en descendant le cours d’eau ; ils sont tous sur la rive droite :
Maggaman (Berâber). 30 fusils.
Aït Iaḥia ou Ọtman (Berâber). 400
Gelmima (Berâber). 250
Kherraza (Berâber). 50
Aït Mouch (Chellaḥa indépendants). 50
Takatirt (Berâber). 40
Bou Tnefit (Chellaḥa indépendants). 150
Sidi Moḥammed ou El Ḥasen (marabouts). 30
Gaouz Aït Sidi Ạmer (marabouts). 25
Aït Sidi Ạmer (marabouts). 50
Cheurfa Aqqa (cherifs). 50
Ifsaḥen (Chellaḥa indépendants). 100
Aït Iạqob (Chellaḥa indépendants). 40
Aït Sidi Ạli (marabouts). 30
Aït Sidi Ạmer (marabouts). 30
Amtoz (Chellaḥa indépendants). 40
Aït Mouḥ ou Iaḥia (Chellaḥa indépendants). 80
Khelil (Chellaḥa indépendants). 50
Tourza (marabouts).
Tous ces qçars sont au bord même de l’ouad, arrosés par la conduite dite sagia taḥtia, « canal inférieur ». Il y a encore 5 localités, situées à quelques centaines de mètres du cours d’eau, sur la même rive, alimentées par un autre canal, sagia fouqania, « canal supérieur ». Elles sont unies en un seul groupe et fort rapprochées les unes des autres ; elles se trouvent vis-à-vis d’Aït Iaḥia ou Ọtman et de Gelmima. En voici les noms :
Ireṛrer (Chellaḥa indépendants). 50 fusils.
Tiouanin (Chellaḥa indépendants). 40
Zerrara (Chellaḥa indépendants). 40
Aït Ketto (Chellaḥa indépendants). 100
Aït Ḥarṭ (Chellaḥa indépendants).
Les habitants du Ṛeris sont indépendants ; chaque qçar appartient à ceux qui l’habitent. Tous s’administrent isolément, comme dans le Ferkla. L’organisation en est uniforme : ils ont chacun leur chikh el ạam. Aucun lien ne les unit entre eux ; ils ne se joignent qu’en cas de guerre.
Les dattiers du Ṛeris produisent des bou feggouç et des bou souaïr.
Langue tamaziṛt.
Deux marchés : tenîn et khemîs à Aït Iaḥia ou Ọtman.
Deux mellaḥs.
Distance : de Maggaman à Tourza comme d’Asfalou à Iạdouan (Todṛa).
=IV. — Localités entre les ouads Todra et Reris.=
Entre les ouads Todṛa et Ṛeris, se trouvent trois petites localités ; ce sont, dans l’ordre où on les trouve en allant du Todṛa à Oul Touroug :
_Taddart n Oumira_. — Petit qçar situé entre le Todṛa et le Ṛeris, à quelque distance au sud du talus de roche rose qui borde le nord de la plaine entre ces deux oasis. Population mélangée d’Aït Atta et d’Aït Melṛad. 40 fusils. Point de cours d’eau ; les jardins sont arrosés par des sources. On laisse ce qçar à main gauche en allant du Ferkla au Ṛeris et on ne l’aperçoit pas du chemin.
Distances : de Ṭaddart n Oumira au Ferkla comme d’El Khorbat à Oulad Mạmmer.
de Ṭaddart n Oumira au Ferkla comme 2 fois de Taourirt (Todṛa) à Asfalou (Todṛa).
de Ṭaddart n Oumira au Todṛa comme 2 fois de Taourirt (Todṛa) à Aït Iidir (Dâdes).
de Ṭaddart n Oumira au Ṛeris comme 2 fois de Taourirt (Todṛa) à Timaṭṛeouin.
_El Mkhater_. — Petit qçar entouré de palmiers situé, entre le Ferkla et le Ṛeris, près de Ṭaddart n Oumira.
_Zaouïa Sidi El Houari_. — Petite zaouïa située au milieu de la plaine, entourée de jardins sans palmiers ; l’eau qui l’alimente provient des sources de Ṭaddart n Oumira et est amenée par des canaux. On passe auprès d’elle en allant du Ferkla au Ṛeris.
=V. — Qçars du Sarro.=
Toute la région s’étendant au nord du Todṛa, de cette oasis à l’Oussikis, est inhabitée. C’est une contrée montagneuse et déserte.
Au sud du Todṛa, au contraire, dans le Petit Atlas qui porte encore le nom de Saṛro, il existe plusieurs localités.
Le Saṛro, qui s’étend du Mezgîṭa au Dâdes et qui se prolonge jusque auprès du Ferkla, ne va pas plus loin vers l’est. Au delà du Ferkla, ou, comme je le crois, le Petit Atlas expire, ou du moins il cesse de porter le nom de Saṛro. Il existe plusieurs qçars dans les flancs de cette chaîne : on les appelle les qçars du Saṛro ; en voici les noms :
_Tagdielt Aït Bou Daoud_. — Ce sont trois tiṛremts qui ne sont point habitées d’une manière continue, et où les Aït Bou Daoud emmagasinent leurs biens tandis qu’eux-mêmes vivent sous la tente. Tagdielt est arrosée par des sources ; elle se trouve à la lisière sud de la vaste plaine d’Anbed, dans un repli de la montagne.
Distances : de Tagdielt à Imiṭeṛ comme de Taourirt à Timaṭṛeouin.
de Tagdielt à Tiilit comme de Taourirt à Timaṭṛeouin.
_Aït Merset_. — Une seule qaçba appartenant aux Aït Merset, fraction des Aït Ouniṛ. Elle est arrosée par des sources. Elle est située dans un fond, sur les premières pentes du Saṛro.
Distances : d’Aït Merset à Tagdielt comme d’Imiṭeṛ à Timaṭṛeouin.
d’Aït Merset à Imiṭeṛ comme d’Imiṭeṛ à Foum el Qous.
d’Aït Merset à Tiilit comme d’Imiṭeṛ à Taourirt.
_Qçîbat Ilemsan_. — Elles se composent de 4 tiṛremts. Des sources les alimentent ; un cours d’eau se trouve auprès, mais il n’a d’eau que lorsqu’il pleut.
Distances : de Qcîbat Ilemsan à Aït Merset comme de Taourirt à Foum el Qous.
de Qcîbat Ilemsan à Imiṭeṛ comme de Taourirt à Foum el Qous.
de Qcîbat Ilemsan à Taourirt comme 2 fois de Taourirt à Timaṭṛeouin.
de Qcîbat Ilemsan à Tiilit comme 2 fois de Taourirt à Timaṭṛeouin.
_Ti n Iourkan_. — Elle est formée d’un grand qçar et de 4 tiṛremts. Elle appartient à des Aït Atta de diverses fractions, Ignaouen, Aït b ou Iknifen, Aït Iạzza. Des sources l’alimentent. De là part un chemin qui se rend au Dra, par le Tazarin : deux jours de marche de Ti n Iourkan au Tazarin, deux autres de Tazarin au Qtaoua.
Distances : de Ti n Iourkan à Qcîbat Ilemsan comme de Taourirt à Foum el Qous.
de Ti n Iourkan à Tiilit comme de Taourirt à Aït Iidir (Dâdes).
de Ti n Iourkan à Taourirt comme de Taourirt à Imiṭeṛ.
_Irerman Azdar_. — Elle est formée de 4 tiṛremts et habitée, comme Ti n Iourkan, par des Aït Atta de diverses fractions. Des sources l’alimentent.
Distances : d’Iṛerman Azdaṛ à Ti n Iourkan comme 2 fois de Taourirt à Asfalou.
d’Iṛerman Azdaṛ à Taourirt comme de Taourirt à Imiṭeṛ.
d’Iṛerman Azdaṛ à Qcîbat Ilemsan comme de Taourirt à Foum el Qous.
Point de dattiers dans le Saṛro ; à tous les qçars que nous venons de citer, il y a pour toute verdure quelques cultures de céréales et de maigres jardins, comme à Imiṭeṛ.
Pas de marché, ni de Juifs.
3o. — BERABER.
Les Berâber, dont le nom est si célèbre, sont une grande tribu, la plus puissante du Maroc. Elle couvre de ses tentes le vaste quadrilatère compris entre l’Ouad Ziz, l’Ouad Dâdes et l’Ouad Dra, possède une foule de qçars sur ces trois cours d’eau et, dépassant ces limites, s’étend au nord sur des portions du versant septentrional du Grand Atlas. Au sud, aucune tribu ne la borne : ses campements s’avancent jusqu’au seuil du Grand Désert, ses ṛezous, terreur du Sahara, le parcourent jusqu’au Soudan. Comme les Ida ou Blal, les Berâber font métier d’escorter et de piller les caravanes sur la route de Timbouktou. A l’est et à l’ouest, ils débordent en quelques points au delà des fleuves qui leur servent de frontières naturelles, et s’étendent au nord-est sur le haut cours du Gir, au sud-ouest jusqu’aux Ida ou Blal.
Les Berâber sont Imaziṛen et ne parlent que le tamaziṛt. Un certain nombre sont sédentaires ; la plupart, de beaucoup, sont nomades. Ils se divisent en deux grandes branches, les Aït Atta et les Aït Iafelman ; chacune d’elles se subdivise elle-même en de nombreuses fractions. En temps ordinaire, ces fractions se gouvernent isolément, tout petit groupe, tout qçar ayant son chikh el ạam, magistrat élu, se renouvelant chaque année, possesseur d’une autorité fort limitée. En cas d’affaire grave, on se concerte, soit dans les différentes parties d’une fraction, soit plusieurs fractions ensemble, soit tout un groupe, soit la totalité des Berâber : alors on s’assemble partout, on nomme des députés qui se réunissent en djemaạa générale, délibèrent et décident. En 1882, l’assemblée générale des Berâber s’est, dit-on, réunie ; elle était composée de délégués de toutes les fractions et formait un total de près de 1000 personnes. Ce fait a lieu rarement, car presque toujours la discorde règne parmi les Berâber : lors de mon passage, Aït Atta et Aït Iafelman étaient en hostilités, et les Aït Atta étaient divisés entre eux. En cas de guerre générale, les Berâber élisent un chikh unique dont l’autorité est illimitée ; dans les guerres particulières, chaque parti agit de même.
Voici la décomposition des Berâber :
{ Aït b ou Iknifen { (Dra, Oussikis, { Tazarin, désert) 1500 fusils. { { Ilemsan (Ternata, { Dâdes, désert) 300 { { Aït Zemroui { Ignaouen (Qtaoua, { { Dâdes, désert) 500 { { { { Aït Ạïssa ou Brahim { { (auxquels { { appartiennent les { { Izknasen) (Fezouata, { { Dâdes, désert) 500 { { { { Aït Ouniṛ (Dra, { { Dâdes, désert) 800 { { { Aït Isfoul { { (Fezouata, Dâdes, { { désert) 1000 { { { { Aït Bou Daoud { { (Qtaoua, Dâdes, { { Tazarin, désert) 500 { { { Aït Atta { { Aït Khelifa (Igli, { { { Oul Touroug, { { { au-dessous du Ferkla) 150 { { { { { { Ouchchan (aux { { { environs du Tafilelt) 200 { { { { { { Aït El Fersi { { { (au-dessous du Todṛa) 30 { { { { { Aït Ḥachchou { Aït Ounbegi (ils { { portent aussi le nom { { d’Aït Khebbach (ou { { Khebbas) (Dra, { { Reṭeb, désert) 2000 { { { { Aït Iạzza (qçar au { { sud du Todṛa, désert) 1500 { { { { Aït ou Allal { { (desquels font { { partie les Aït { { Ạlouan, les Aït b { { Oulman, les Imsouffa) 2000 { { { { Izligen (Qtaoua) 80 { { { Aït Brahim } Les Aït Ḥediddou { { } n’ont pas d’autres Berâber { { Aït Ḥediddou { Aït Ạmer } qçars que ceux qui { { { } ont été mentionnés { { { Aït Iạzza } plus haut ; très { { { } grand nombre de { { { } tentes ; 3000 { { { } fantassins et { { { } 600 chevaux. { { { { Aït Iaḥia (ils ne possèdent comme qçars que ceux { { qui ont été mentionnés plus haut, mais ont un { { très grand nombre de tentes. Ils s’étendent { { jusqu’aux Aït Seri et jusque près des Ichqern, { { sur les pentes nord de l’Atlas. Leur territoire { { est tout entier en montagne. 4000 fantassins et { { 40 chevaux). { { { { { Aït Mḥammed } Les Aït Melṛad { { { } habitent le haut { { { Aït Ạmer } cours de l’Ouad { { { ou Mançour } Dâdes, tout l’Ouad { { { } Ṛeris, les déserts { { Aït Melṛad { Aït Ioub } montagneux avoisinant { { { } cette rivière { Aït { { Aït Mesri } et le Ferkla ; { Iafelman { { } leur limite sud { { Irbiben } est presque partout { { } le talus de roche { { } rose qu’on voit { { } d’Imiṭeṛ au Todṛa { { } et de là au Ṛeris. { { } Les Aït Melṛad sont { { } très nombreux. { { Aït Ạli ou Brahim (campant vers Tounfid). { { Aït Izdeg (ils possèdent en qçars ceux qui ont { été mentionnés et ceux qui le seront plus bas { dans les bassins du Gir et de la Mlouïa ; de { plus, ils ont un très grand nombre de tentes. { 3000 fantassins et 500 chevaux). { { Aït Ạïssa bou Ḥamar (résidant sur l’Ouad Gir et { dans ses environs ; qçars et tentes ; 2000 { fantassins et 200 chevaux). { { Aït Kratikhsen (habitant vers le Ferkla et vers { Asif Melloul). { { Aït Ạïach (ils ont des qçars sur l’Ouad Aït Ạïach { et des tentes auprès de cette rivière, de l’Ouad { Ouṭat Aït Izdeg et de la Mlouïa. Ils sont { limitrophes des Beni Mgild. 800 fantassins et { 40 chevaux).
4o. — ITINÉRAIRES.
I. — _DU TADEROUCHT AU ZIZ_. — Il existe un chemin menant du Taderoucht au district du Ziz. Du Taderoucht on gagne El Haroun (qçar isolé, sans palmiers, appartenant aux Aït Melṛad ; 30 fusils). D’El Haroun on passe à El Bordj (qçar isolé, sans palmiers, appartenant aux Aït Melṛad ; 20 fusils). D’El Bordj on va à Zaouïa Sidi Bou Qil, dans le district du Ziz. Entre ces divers points, la région qu’on traverse est montagneuse et déserte.
Distances : du Taderoucht à El Haroun comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.
d’El Haroun à El Bordj comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.
d’El Bordj à Zaouïa S. Bou Qil comme de Mellaḥ Tiallalin à Tamerrakecht.
II. — _DU TODRA AU DRA PAR LE TAZARIN_. — Il y a 5 jours de route. Voici l’itinéraire qu’on suit :
_1er jour._ — Du Todṛa au Saṛro. On fait gîte dans un des qçars du Saṛro, Ti n Iourkan ou Iṛerman Azdaṛ, par exemple. On a marché jusque-là dans le désert.
_2e jour._ — Du qçar où l’on a passé la nuit à Foum Aserts. On donne ce nom à un kheneg désert où campent en hiver des Aït Atta. Une rivière le traverse ; elle a habituellement de l’eau dans son lit ; aucun lieu habité n’est sur son cours. Ce second jour encore, on marche sans cesse dans le désert.
_3e jour._ — De Foum Aserts au Tazarin. Chemin désert toute la journée.
Le Tazarin est une longue oasis, plus grande et plus peuplée que le Todṛa, mais lui ressemblant d’ailleurs de tout point : une double chaîne de qçars s’échelonne sur les deux bords d’une rivière, au milieu d’un ruban de palmiers. Une partie des localités du Tazarin appartient à des Chellaḥa indépendants, l’autre à des Aït Atta de diverses fractions, Aït Bou Daoud, Aït ou Allal, Aït b ou Iknifen.
Les principaux qçars du Tazarin sont, en descendant l’ouad : Ikhf n Oṛri, Aït Sạïd, Qcîba Aït Bou Daoud, Qcîba Ignaouen, Aït Abbarioul, Tamda, Aït Sidi Msạd, Aït Gennoun, Ida Khennioun.
Langue tamaziṛt.
Marché permanent à Aït Abbarioul. C’est le seul.
Pas de Juifs. Mellaḥ détruit à Aït Abbarioul.
_4e jour._ — Du Tazarin à Foum Tizi n Dra. Il n’y a pas un lieu habité sur le chemin du Tazarin au Dra ; tout le trajet se fait dans le désert. On n’est plus ici dans la chaîne du Saṛro ; on en est sorti au Tazarin. Foum Tizi n Dra est un point d’eau : pas de rivière, mais une source : ce lieu est fréquenté en hiver par des Aït Atta nomades ; le reste de l’année, il est désert.
_5e jour._ — De Foum Tizi n Dra au Qtaoua.
Distances : de Ti n Iourkan à Foum Aserts comme deux fois de Taourirt à Timaṭṛeouin.
de Foum Aserts au Tazarin comme deux fois de Taourirt à Timaṭṛeouin.
de Foum Tizi n Dra au Qtaoua comme de Taourirt à Aït Iidir.
5o. — SOURCES DE L’OUAD GIR.
=OUAD GIR.= — L’Ouad Gir prend naissance au Djebel Chouf Agmar, près du Djebel El Ạbbari. Voici les premiers qçars qu’on rencontre sur son cours, en le descendant à partir de sa source :
RIVE DROITE :
Tiouzzagin (Aït Izdeg). 30 fusils.
Tit n Ạli (Qebala). 200
Mogger (Qebala). 200
RIVE GAUCHE :
Talḥarit (Qebala). 60 fusils
El Ḥeri (Qebala). 100
Tagrirt (Qebala). 300
Tizgi n Gerrama (Aït Izdeg). 400
Toulal (Aït Izdeg). 600
Mellaḥa (Aït Izdeg). 400
Batnou (Aït Ạïssa Bou Ḥamar). 150
Iṛara (Qebala). 50
Keddoucha (Aït Ạïssa Bou Ḥamar). 60
El Geraan (Aït Ạïssa Bou Ḥamar). 100
La réunion de ces qçars forme ce qu’on appelle le Gir. Ce district n’a aucune unité politique : chaque qçar en appartient à ses habitants, Qebala, Aït Izdeg ou Aït Ạïssa.
Langue tamaziṛt.
Pas de marché.
Deux mellaḥs.
Distances : de Tiouzzagin à Mogger comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.
de Talḥarit à El Geraan comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar es Souq.
de Talḥarit à Mogger, quelques centaines de mètres.
De Mellaḥ Tiallalin on peut aller directement à Talḥarit. Entre ces deux points s’étend une vaste plaine déserte que nous avions à notre droite en traversant le district du Tiallalin ; elle s’étend jusqu’à l’Ouad Gir et porte le nom d’Ouṭa n Sema.
Distance : de Mellaḥ Tiallalin à Talḥarit comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.
Il y a un chemin conduisant du district du Gir à Misour, en remontant la vallée de l’Ouad Gir.
=AFFLUENT.= — Parmi ses affluents, l’Ouad Gir en reçoit un dont la source n’est pas éloignée de la sienne : c’est l’Ouad Beni Mesri. Nous allons dire quelques mots de son cours supérieur.
OUAD BENI MESRI. — Il prend sa source aux crêtes du Grand Atlas. Il arrose plusieurs qçars dans la partie haute de son cours ; voici les principaux, dans l’ordre où on les trouve en descendant :
El Bour (Qebala) rive droite, 100 fusils.
Aït Iaḥia ou Ạïssa (marabouts) rive droite, 100
Aït Ạïssa ou Ạli (Qebala) rive gauche, 30
Takhoualt (Qebala) rive droite, 120
Aït Ḥeddou (Aït Ạïssa) (Berâber) rive droite, 50
Aït Moḥammed (Aït Ạïssa) rive droite, 100
Bou Chiba (Aït Ạïssa) rive gauche, 30
Tirza (Aït Ạïssa) rive droite, 60
Beni Tzit (Qebala) rive gauche, 300
Aït Iatin (Qebala) rive droite, 80
Ces divers qçars n’ont entre eux aucun lien politique : chacun appartient à ses habitants, Qebala, marabouts ou Aït Ạïssa. Ceux qui sont compris entre Aït Iaḥia ou Ạïssa et Tirza, ces deux localités incluses, portent le nom collectif de Beni Mesri.
Langue tamaziṛt.
Marché permanent à Beni Tzit.
Un mellaḥ.
Pour se rendre de Qçâbi ech Cheurfa à El Bour, on gagne d’abord Tanslemt ; puis on franchit l’Atlas et on descend à El Bour.
Distances : de Tanslemt à El Bour comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
de Aït Iatin à Ạïn Chạïr 2 jours.
[Note 120 : C’est en approchant de l’Ouad Ziz que j’ai entendu ce nom pour la première fois. Il est employé sur tout le cours du Ziz et dans le bassin supérieur de la Mlouïa. Il ne désigne point une race, mais l’état d’une partie de la population. Une portion des Imaziren sédentaires de cette contrée n’a pas su conserver son indépendance et a été réduite par des tribus nomades voisines à l’état de tributaire : ce sont ces tributaires qu’on appelle _Qebala_. Ils sont presque tous Chellaha, de même race, par conséquent, et de même couleur que la plupart de leurs dominateurs. Par extension, on désigne quelquefois du nom de Qebala des Chellaha sédentaires, même indépendants, lorsque ces Chellaha vivent isolés, sans aucun lieu avec personne. Ainsi les Chellaha du Reris et de quelques autres oasis sont souvent dits Qebala, bien que libres.]