chapitre XI
du _Quart livre des faicts et dicts héroïques du noble PANTAGRUEL composé par M. FRANÇOIS RABELAIS, Docteur en medecine et Calloier des Isles Hyères. L’An mil cinq cens quarante et huict suivant l’édition in-16 de Claude la Ville à Valence._)
[34] _Sermons de l’Hôpital_--«_Spital Sermons_» nom sous lequel on désigne la réunion des discours du docteur Parr.
[35] Le 17 octobre 1678, un cadavre transpercé d’une épée, le visage écrasé, des marques de strangulation au cou, fut découvert dans un fossé au pied de Primrose Hill, dans des champs au nord de Londres. Il se trouva que c’était celui de Sir Edmunbury Godfrey, magistrat de Westminster, qui avait, depuis plusieurs jours, disparu de chez lui, Green’s Lane, dans le Strand. Sur les apparences, on conclut qu’il avait été étranglé dans Londres, aux environs du Strand, d’où son corps avait été transporté à l’endroit où on l’avait trouvé. Or comme c’est devant ce magistrat que Titus Oates avait fait sa première déposition, le 27 du mois précédent, touchant l’existence d’un grand complot papiste pour la ruine de Londres et de toute la nation, le bruit courut aussitôt que l’assassinat était l’œuvre des Catholiques, et, durant la longue et folle agitation anti-papiste qui suivit, l’assassinat de Sir Edmundbury Godfrey servit d’aiguillon à la fureur populaire, et on continua à parler de lui comme d’un «martyr protestant». (M)
[36] Miss Bland, ou plutôt Blandy, exécutée en 1752, pour avoir empoisonné son père;--le capitaine Donnellan et Sir _Theophilus_ Boughton: Donnellan, en vue d’un héritage, avait empoisonné son beau-frère, Sir _Theodosius_ Boughton, et fut pendu en mars 1781. (M)
[37] Le cas des Mac Kean. Voir le post-scriptum, ou 3e partie.
[38] Le post-scriptum presque entier est consacré à la relation des assassinats de Williams.
[39] Thurtell, tenancier d’une maison de jeu, avec ses deux complices Joseph Hunt et William Probert avait assassiné, en octobre 1823, un gentilhomme adonné au jeu, M. William Weare, de Londres, dans le sud du Herfordshire. Le lendemain, on trouvait sur une haie le pistolet qui avait servi au crime, et quelques jours après, dans une mare, quelques milles plus loin, le cadavre avec les jambes liées, la gorge tranchée, le crâne fracturé, et le tout enfermé dans un sac alourdi par des pierres. L’émotion fut très grande; Thurtell, qui se défendit lui-même de très impressionnante manière, occupa longtemps l’imagination publique, même après son exécution. On chantait dans les rues une complainte à son sujet, dont parle Sir Walter Scott dans son journal et qu’il a notée. Carlyle aussi s’est occupé du cas de Thurtell. (M)
On trouve encore une allusion à cette affaire dans le Markheim de R. L. Stevenson.
[40] Abraham Newland, (caissier en chef de la Banque d’Angleterre, mort en 1807) est tout à fait oublié maintenant. Mais quand ceci fut écrit (1827), son nom n’avait pas cessé de résonner aux oreilles britanniques, comme le plus familier et le plus significatif qui peut-être ait jamais existé. Ce nom apparaissait sur le côté face de tous les billets, grands ou petits, de la Banque d’Angleterre, et il avait été pendant plus d’un quart de siècle (spécialement pendant toute la durée de la Révolution française) l’expression sténographique signifiant papier-monnaie dans sa forme la plus sûre. (_Note de De Quincey._)
[41] _Civilation_. De Quincey explique ailleurs ce mot, _civilation_. C’est _civilisation_, prononcé à la fin d’un dîner. (M)
[42] Vers d’une élégie de Gray; et la suite est une parodie d’une stance encore du même poète:
«Là, au pied de ce hêtre qui balance la tête, Et qui enroule ses vieilles racines fantastiques si haut, De toute sa nonchalante longueur il se serait étendu, Les yeux sur le ruisseau qui bouillonne auprès.»
[43] En français, dans le texte.
[44] William Burke et William Hare, tous deux irlandais vivant à Édimbourg, attiraient les passants, étrangers, mendiants, idiots et autres pauvres créatures, les enivraient au fond de leurs repaires, principalement dans le logement de Burke, près de West Port, puis les étouffaient ou les étranglaient, vendaient ensuite les corps comme sujets anatomiques. Plus de seize victimes avaient disparu avant qu’on arrêtât ce petit trafic. Condamné pour l’un de ces assassinats, Burke fut pendu en janvier 1829, mais son complice Hare réussit à s’enfuir. On ignora toujours ce qu’il était devenu. A Édimbourg, on employa longtemps, pour dire _suffoquer_, le verbe nouveau _To Burk_, et l’on désignait, dans une ville du nord de l’Écosse, une salle de conférences anatomiques par le nom de: the «Burkinghouse». (M)
[45] _Geschichte der Assassinen_, par Von Hammer, publiée en 1818.
[46] «Page mille quatre cent trente et une» exactement, bon lecteur; ce n’est pas du tout une plaisanterie. (_Note de De Quincey._)
[47] L’épigramme, qui a été conservée par Planude sous sa forme grecque, est attribuée ici par Saumaise au poète satirique latin, Caïus Lucilius, né en 148 avant J.-C., mort vers l’an 103. On ne la trouve pas, cependant, dans les fragments conservés de Lucilius, et la forme grecque de l’épigramme est anonyme. (_Note de De Quincey._)
[48] En français, dans le texte.
[49] En français, dans le texte.
[50] L’écrit de Swift, auquel il est fait allusion, a été publié en 1729 et porte le titre: _Modeste Proposition pour empêcher les Enfants des Pauvres Gens d’Irlande d’être un Fardeau à leurs Parents ou à leur Pays, et pour les rendre utiles au Public._--Une citation fera goûter l’ironie de Swift: «Un américain très instruit, de ma connaissance, m’a assuré, à Londres, qu’un petit enfant en bonne santé, bien engraissé, est, à un an, un mets tout-à-fait délicieux, nourrissant et sain, qu’il soit étuvé, rôti, cuit au four ou bouilli; et je ne mets pas en doute qu’il serait aussi parfait en _fricassée_ ou en _ragoût_. C’est pourquoi je porte humblement à la considération du public que sur les cent vingt mille enfants comptés (comme nés chaque année en Irlande) on en pourrait réserver pour la reproduction vingt mille, dont un quart seulement de mâles, et c’est plus qu’on ne laisse de moutons, de gros bétail ou de cochons,... les cent mille restant pourraient, à un an, être offerts en vente aux personnes de qualité ou de fortune, par tout le royaume, après qu’on ait prévenu la mère de leur donner à téter en abondance durant le dernier mois, de façon à les rendre dodus et convenables pour une bonne table. Un enfant fera deux plats à une table d’amis; quand une famille est seule à table, un quartier d’avant ou postérieur fera un plat raisonnable; assaisonné d’un peu de poivre et de sel, il sera très bon, bouilli, le quatrième jour, surtout en hiver.»
[51] Le 24 février 1809.
[52] Le _quarter_, mesure de capacité, vaut 290 litres et 781 millièmes.
[53] De Quincey ne donne pas exactement la date des assassinats qu’il regarde comme des modèles. Ils ont été commis, en réalité, au mois de décembre 1811. (M)
[54] Je ne suis pas certain que Southey, à cette époque, remplît sa fonction d’éditeur de l’«Edimburgh Annual Register». S’il la remplissait, sans doute on trouvera dans la section: _de la famille_, de cette chronique, une relation excellente de l’affaire. (_Note de De Quincey._)
[55] En français, dans le texte.
[56] Un artiste me dit, cette année même, 1812, qu’ayant vu par hasard un régiment de natifs du Devonshire (volontaires ou milices), fort de neuf cents hommes, qui marchait en dépassant un point où il s’était posté, il n’avait pas noté une douzaine d’hommes que la langue vulgaire n’eût pas désignés comme étant «de bonne mine». (_Note de De Quincey._)
[57] Je ne me rappelle pas chronologiquement l’histoire de l’éclairage au gaz. Mais à Londres, bien longtemps après que M. Winsor eût démontré la valeur de l’éclairage au gaz et son applicabilité aux usages de la rue, différents quartiers furent empêchés, durant plusieurs années, de recourir à ce procédé nouveau, en raison de vieux contrats avec les marchands d’huile, lesquels portaient sur un grand nombre d’années. (_Note de De Quincey._)
[58] De Quincey avait dirigé, du 11 juillet 1818 au 5 novembre 1819, un journal tory de province: _the Westmorland Gazette_, et il aimait à en emplir les colonnes de comptes rendus ou de procès d’assassinats. L’auteur d’un opuscule publié sous ce titre _De Quincey’s Editorship of the Westmorland Gazette_, M. Charles Pollitt de Kendal fait la citation suivante d’un avis _éditorial_ paru dans le nº du 8 août 1818: «On remarquera que, cette semaine, nos colonnes sont occupées presque exclusivement par les comptes rendus des assises. Nous avons cru bon de leur donner la préférence sur toutes autres nouvelles tant du pays que de l’extérieur, pour les trois raisons que voici: (1) parce que ces comptes rendus présentent pour toutes les classes de la société un intérêt également puissant; (2) parce qu’ils sont pour les classes les moins instruites d’un bénéfice très spécial en ce qu’ils leur enseignent les devoirs sociaux sous la forme la plus frappante, c’est-à-dire, non pas en tant qu’abstraction de tout ce qui les peut expliquer, illustrer et fortifier (comme les termes dépouillés de la Loi), mais exemplifiés (ou, comme disent les logiciens, _concrétés_) par les détails actuels d’un cas intéressant, rapprochés des pénalités qui frappent celui qui les néglige ou les viole; (3) parce qu’ils offrent les meilleures indications des conditions morales d’une société.»--On pense, au demeurant, que cette pratique de De Quincey ne fut pas pour peu de chose dans la détermination prise par les propriétaires du journal d’en confier à quelque autre la direction. (M)
[59] Que le lecteur disposé à regarder comme exagérée ou romantique la méchanceté diabolique imputée à Williams, veuille bien se souvenir que, sinon le désir luxurieux de se réchauffer et de s’ébattre dans l’angoisse désespérée d’une agonie, il n’avait aucun motif, grand ni petit, pour tenter d’assassiner cette jeune fille. Elle n’avait rien vu, rien entendu; elle dormait profondément, et sa porte était fermée. Il savait donc que, comme témoin contre lui, elle serait aussi inutile qu’aucun des trois cadavres. Et pourtant il s’occupait à préparer cet assassinat quand l’alarme de la rue est venu l’interrompre. (_Note de De Quincey._)
[60] Le roi papiste Jacques II, le dernier Stuart, dans ses entreprises contre l’église alors populaire et constitutionnelle d’Angleterre, cherchait à se faire un appui chez les protestants non-conformistes, presbytériens et autres, dont il eût redouté peu la rivalité, une fois triomphant. C’est dans cette vue qu’il avait publié une déclaration, au reste fort hypocrite, de tolérance. Sept prélats, Lloyde, évêque de St-Asaph, Ken de Bath et Wells, Turner d’Ely, Lake de Chichester, White de Peterborough, et Trelawney de Bristol, sous la présidence de Strange, archevêque de Canterbury, rédigèrent en commun une pétition au roi. Ils l’y suppliaient de ne pas insister sur la lecture publique, qu’il voulait imposer, de cette déclaration, se basant principalement sur le fait que le Parlement avait déclaré illégale la prérogative que le roi prétendait exercer au nom de son pouvoir absolu. Les évêques furent appelés au Conseil, interrogés, arrêtés aussitôt et dirigés sur la Tour de Londres.
Mais lorsque le peuple «les vit emmenés sous une garde, embarqués sur la rivière et conduits vers la tour, toute son affection pour la liberté, tout son zèle pour la religion, éclatèrent à la fois, et de toutes parts on le vit courir en foule à ce spectacle attendrissant. Les rives de la Tamise furent couvertes de spectateurs prosternés qui demandaient la bénédiction de leurs pasteurs, et qui imploraient la protection du ciel dans le danger dont leur religion et leur patrie étaient menacées. Les soldats, saisis de la contagion du même esprit, se jetèrent à genoux devant leurs prélats, et implorèrent la bénédiction des criminels dont on leur avait confié la garde. Quelques anglicans des plus zélés entrèrent dans l’eau, pour recevoir de plus près les bénédictions que ces illustres captifs distribuaient autour d’eux!... etc.» (DAVID HUME, _Hist. d’Angleterre_.)
On peut juger si, après l’acquittement unanime des évêques, la joie fut grande: même dans le camp de Hounslow, où le roi en personne se trouvait, les soldats donnèrent les plus éclatantes marques d’une joie tumultueuse, sans se soucier de sa présence.
[61] _Révolte de l’Islam_, (_Laon and Cythna_) chant XII.
[62] Un _furlong_, mesure valant exactement: mètres 201,16437.
[63] En français, dans le texte.
[64] En publiant «de l’Assassinat considéré comme un des Beaux-Arts», je me suis cru obligé de revenir sur Williams, le redoutable assassin de Londres, de la génération précédente, non seulement parce que les amateurs ont tant insisté sur ses mérites d’artiste suprême aussi bien pour la grandeur du dessein que pour l’ampleur du style, non-seulement parce que, mis à part l’intérêt momentané qu’y attache mon ouvrage, l’homme en lui-même méritait un souvenir pour son audace incomparable combinée avec une telle subtilité de serpent et aussi l’amabilité insinuante de ses façons;--mais encore parce que, outre l’homme, les _œuvres_ de l’homme (les deux, surtout qui firent une si grande impression sur la nation en 1812) furent par elles-mêmes les plus impressionnantes dont on se souvienne. Southey en exprimait bien la supériorité, lorsqu’il m’a dit qu’elles prenaient place au nombre des rares événements domestiques qui, pour la profondeur et l’étendue de l’horreur, s’étaient haussés à la dignité d’un intérêt _national_. Je dois ajouter que cet intérêt était accrû par le mystère qui enveloppait ces assassinats: mystère touchant plusieurs points, mais spécialement en ce qui concernait une question importante: l’assassin avait-il des complices?[65] Il y a donc de nombreux motifs tant dans le caractère infernal de l’homme que dans le mystère qui l’environne, pour justifier ce post-scriptum à l’écrit original. De plus, après un laps de quarante-deux années, l’homme et ses actes se sont effacés de la connaissance de la génération présente. Néanmoins, je sens que ma relation est beaucoup trop prolixe. Je l’ai senti au moment même où je l’écrivais, mais il m’a été impossible d’y rien corriger, tant je pouvais peu exercer de contrôle sur les agitations affligeantes et l’impatience insurmontable de ma maladie nerveuse. (_Note de De Quincey._)
[65] D’après excédent des probabilités, les amateurs sont définitivement tombés d’accord que Williams a dû commettre, tout seul, ces atrocités. Cependant, au nombre des présomptions qui rendent plausible l’opinion contraire, se trouve celle-ci: quelques heures après le dernier assassinat, un homme fut arrêté à Barnet (le premier relais sur une des routes du Nord), porteur d’une certaine quantité d’argenterie. Il refusa avec fermeté de dire comment il se l’était procurée et où il allait. Il lut avec empressement dans les journaux quotidiens qu’on lui laissa voir les interrogatoires de Williams devant la police, et, le jour même où fut annoncée la fin de Williams, lui aussi se suicidait dans sa cellule. (De Q.)
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