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part il

ne dit : _olim_, autrefois. »

Malheureusement pour M. Cauvet, sa citation latine d’Oribase, qui parle au _présent_, est une traduction mot pour mot, ou à peu près, de Dioscoride ; et pour qu’il ne puisse pas douter de son erreur, voici en regard le passage emprunté par lui au médecin du IVe siècle, et le passage de Dioscoride traduit en langue latine par un auteur florentin, Marcelle Vergilio[14] :

_Oribase._ | _Dioscoride._ | Colligitur e radice scarificatà | Colligitur ex Silphio liquor, et item caule, ex Silphio liquor, | scarificatis radice et caulibus ; in quo genere præstatis qui | habet que primæ bonitatis rubescit ; | estimationem qui non adeo rufo | colore est ; | Ac pellucidus est, quique myrrham | Qui lucem transmittit, qui olet et odore valet, gustuque | myrrham olet firmoque odore suavi ; | sentitur ; | Non porraceus, neque cujus immitis| Damnatur contrà qui porraceo gustus est, et qui cum diluitur, | colore viret, immitique gustu facile exalbescit. | et asperus est, et qui cum | diluitur facile albescit. | Cyrenaïcus vero, si quis modicum | Cyrenaïcus, si tantillum etiam ex ejus gustarit, humorem in toto | eo aliquis in os sumpserit, toto corpore ciebit. . . . . . . . . | corpore sudoris meo humiditatem | cit. | At medicus et syriacus | Minore ui efficaciaque, et imbecilliores sunt, sed magis | virosiore odore sunt medicus virosum odorem reddunt. | et syriacus. | Liquor omnis, priusquam siccatus | Adulteratur liquor hic omnis fuerit adulteratur indito | antequem siccetur, admixtis aut sagapeno, aut lomento fabarum ; | sagapeno aut lomento fabæ ; | Quod gustu, odore, aspectu et | Verum deprehenditur gustu, odore diluendo, deprehenditur.... | aspectuque, et cum humore aliquo | diluitur.

La comparaison de ces deux textes démontre évidemment qu’Oribase ne parlait du Silphion que d’après Dioscoride ; on y trouve les mêmes énonciations, et dans le même ordre. Elle ne prouve pas le moins du monde _qu’il connaissait et employait le suc de Silphion_ ; et si le célèbre médecin s’exprime toujours au présent, sans citer Dioscoride, s’il ne dit jamais _olim_, cela prouve simplement que déjà, au IVe siècle, il y avait des plagiaires et des charlatans.

VOYAGE EN CYRÉNAÏQUE DE M. DAVEAU Chef de la section des graines au Muséum d’Histoire naturelle de Paris (1875)

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Quinze jours après mon départ de Marseille, j’étais à Tripoli, ayant fait relâche à Malte où je suis resté pour faire quelques récoltes de plantes. A Tripoli, je m’embarquai sur un petit bâtiment arabe qui faisait voile pour Benghazi, d’où j’espérais commencer mon exploration.

Muni de lettres de recommandation pour les Arabes les plus considérés de Dernah, pour quelques chefs bédouins de l’intérieur, et pour le gouverneur de la ville précitée, accompagné d’un interprète, de plusieurs chameliers, de leurs chameaux pour porter les provisions et les récoltes, et d’un cheval comme moyen de locomotion à mon usage, je quittai Benghazi au bout de quatre jours, pour m’enfoncer dans l’intérieur, de manière à traverser la Pentapole libyque de l’ouest à l’est, pour gagner Dernah. (Voir le tracé de la carte.)

En se dirigeant de Benghazi vers Dernah, et lorsqu’on s’est éloigné du point de départ d’une vingtaine de kilomètres, on est frappé par la régularité qu’affecte la végétation. Les plantes croissent là par zones parfaitement déterminées, comme dans les régions montagneuses. Aucun changement n’existe cependant dans le sol, qui est partout composé d’une argile ferrugineuse fort compacte, mais bien dans l’altitude, qui augmente de plus en plus à mesure qu’on s’avance, quoique cette élévation se fasse insensiblement. Ces zones s’étendent de telle façon qu’on rencontre des lieues carrées couvertes par la même espèce de plante, et dans l’ordre suivant, à mesure qu’on s’éloigne dans la direction de Dernah : _Kentrophyllum lanatum_, _Phlomis Samia_, _Satureia Thymbra_, _Seseli tortuosum_, _Passerina hirsuta_, _Marrubium pseudo Dictamnus_, _Artemisia pyromacha_ et _Herba alba_ (_Semen contra_), _Poterium spinosum_, _Juniperus Lycia_, _Pistacia Lentiscus_ ; ce dernier forme de fort jolis massifs réguliers, comme s’ils étaient taillés.

En approchant de Dernah, les forêts deviennent plus compactes et plus riches en végétaux ; on peut y voir les _Phyllirea angustifolia_, _Olea europæa_, _Arbutus Unedo_ (il existe de ce dernier arbuste des forêts entières près des ruines de Lamloudeh), des _Cistus_, des _Rhamnus_, et l’_Ephedra altissima_, grimpant sur les arbres, au milieu du feuillage desquels on aperçoit ses rameaux grêles couverts de fleurs jaunes.

C’est à peu près au milieu de la distance qui sépare Benghazi de Dernah, après la vallée de Méraouah, qu’on trouve les premiers pieds de ce fameux _Thapsia_ qu’on rapporte au _Silphion_ des anciens.

Quelques renseignements sur cette plante, qui fait tant de bruit depuis quelque temps, ne sont peut-être pas inutiles. En effet, la question est désormais résolue : le _Thapsia Silphium_ de Viviani ou _Silphium cyrenaïcum_ du Dr Laval _n’est pas autre chose que le Thapsia garganica_ de Linné, comme j’ai pu l’observer sur place, et comme le prouvent les échantillons de tiges, feuilles, fruits, etc., etc., déposés à l’herbier du Muséum.

La _racine_ de cette plante qui, à tout âge, est d’une couleur brune, de _simple_ qu’elle est dans sa jeunesse, devient _rameuse_ en vieillissant comme l’est, du reste, celle du _Thapsia garganica_, lorsqu’il croît dans un sol aride et pierreux, conditions réunies précisément par celui de la Cyrénaïque. Les divisions des racines tantôt s’enfoncent perpendiculairement dans le sol, tantôt se dirigent plus horizontalement ; mais, _dans aucun cas_, elles ne donnent naissance à des bourgeons adventifs en se rapprochant de la surface du sol. Ce mode de multiplication, qu’on disait être le seul pour cette plante, est même _matériellement impossible_, puisque les pieds de Thapsia Silphium sont séparés, dans le plus grand nombre de cas, par une distance de 20 mètres. De plus, ils poussent fréquemment dans des trous de rochers où il est facile de se convaincre qu’il leur est impossible de _tracer_.

Les _feuilles_ sont exactement divisées comme celles du _Thapsia garganica_, et j’en ai aussi observé à des degrés plus ou moins grands de villosité. Les feuilles dites radicales sont beaucoup plus développées que celles insérées sur la hampe, qui sont toujours _alternes_ entre elles[15].

La hampe est glaucescente-pruineuse et légèrement sillonnée. Elle laisse échapper, lorsqu’on la rompt avant sa dessiccation, un suc laiteux qui se concrète à l’air en brunissant. Deux ou trois ombelles la surmontent ; une seule généralement est fertile.

Les _graines_ tantôt lisses, tantôt ondulées, qui sont d’un jaune soufre avant leur complète maturité, prennent, lorsqu’elles sont mûres, une teinte plus foncée au centre, avec les ailes de couleur paille. Ces graines sont, dans certaines régions, autour de Dernah par exemple, attaquées _partiellement_ par le _Pentatoma lineata_, insecte de l’ordre des hémiptères ; mais à mesure qu’on s’élève au-dessus du niveau de la mer, en se rapprochant du Guégueb ou des ruines de Cyrène (aujourd’hui Grennah), ces insectes disparaissent en grande partie, et le plus grand nombre des ombelles sont intactes. _C’est donc par le semis que se fait la reproduction_, et c’est le seul mode de multiplication naturelle du Thapsia de la Cyrénaïque.

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(Extrait de la _Revue horticole_, octobre 1875.)

[Illustration : CARTE DE LA CYRÉNAÏQUE avec l’Itineraire suivi par MR. J. DAVEAU Chef de la Section des Graines au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris 1875]

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Saint-Quentin. — Imprimerie JULES MOUREAU.

NOTES :

[Note 1 : Pour éviter toute confusion, nous écrirons toujours _Silphion_ lorsqu’il s’agira de la plante des anciens, et _Silphium_ lorsqu’il s’agira de celle des modernes.]

[Note 2 : Voir à l’Appendice, page 49 : Relation du voyage de M. Daveau dans la Pentapole libyque.]

[Note 3 : Viviani, _Floræ Libycæ_, page 117.]

[Note 4 : _Prodromus systematis naturalis regni vegetabilis_, vol. IV, pag. 202.]

[Note 5 : Remarques pour servir à l’interprétation de la plante célèbre, mais aujourd’hui disparue, qui était connue dans l’antiquité sous le nom de Silphion. (_Bulletin de l’Académie royale de Danemark_). _Copenhague_, 1869.]

[Note 6 : Le Dr Laval dit, dans son mémoire : « J’ai fait cuire des tiges de Silphium cyrenaïcum sous la cendre ; elle m’ont paru d’un goût sucré et parfumé. »

_Elles m’ont paru !_... Que signifie cette appréciation ? C’est donc du bout des lèvres et avec une prudence infinie, que le Dr Laval a goûté ces tiges qu’il avait pourtant fait cuire ? Mais, alors, il avoue par cela même que sa plante n’est pas celle des anciens, celle dont les gourmets mangeaient tous les jours les tiges, les feuilles, les racines et le suc.]

[Note 7 : « J’ai trouvé le moyen, dit le Dr Laval, d’enlever entièrement la propriété vésicante du Silphium cyrenaïcum, de telle sorte que ce suc a pu être ingéré à doses suffisantes. »

Le procédé est des plus simples ; il a été indiqué, dans une lettre que j’ai sous les yeux, par un de ses amis qui était le préparateur de son extrait à Constantine.]

[Note 8 : Voir, à l’avant-propos, la lettre du Dr Chartier sur ce sujet.]

[Note 9 : Voir, au sujet des vertus du Silphium et des guérisons opérées par lui, dans la _Revue de thérapeutique médico-chirurgicale_, no du 1er janvier 1876, le jugement rendu par le tribunal de police correctionnelle de Paris (violation de secret médical), contre le Dr X..., l’un des prôneurs du _Silphium_.]

[Note 10 : Les médecins homœopathes seront bien surpris sans doute de voir le traitement homœopathique rangé parmi les moyens _auxiliaires_ par des pharmaciens homœopathes.]

[Note 11 : Un journal de médecine, voué à la défense du _Silphium_, nous apprend qu’il guérit aussi, _depuis quelque temps_, la gonorrhée, les ulcères phagédéniques, les abcès froids, la fistule anale et la métrorrhagie.]

[Note 12 : M. Daveau a rapporté une grande quantité de graines parfaitement intactes ; il aurait pu en récolter des hectolitres.]

[Note 13 : Ce voyage a été fait depuis cette époque par notre collègue M. Daveau, et la question a été résolue.]

[Note 14 : _Commentaires de Mathiole sur le IIIe livre de Dioscoride_, chap. Silphion, Edit. 1525, page 399.]

[Note 15 : Et non _opposées_, comme pour la plante des anciens, dont les monnaies donnent les dessins.]

OUVRAGES DU MÊME AUTEUR

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=L’HORTICULTEUR FRANÇAIS de 1831.= Journal mensuel d’horticulture, 21 volumes. — M. E. Donnaud, éditeur, 9, rue Cassette. 170 fr.

=NOUVEAU JARDINIER ILLUSTRÉ=, par MM. F. Herincq, Alph. Lavallée, L. Neumann, B. Verlot, J.-B. Verlot, A. Pavard et Burel. 1 volume de 1800 pages de texte avec plus de 500 dessins intercalés. — M. E. Donnaud, éditeur. 7 fr.

=LE RÈGNE VÉGÉTAL=, divisé en Botanique générale ; Flore médicale usuelle et industrielle ; Horticulture ; Plantes agricoles et forestières ; Histoire biographique et bibliographique de la botanique, par M. F. Herincq, O. Reveil, agrégé, et Baillon, professeur de sciences naturelles à la Faculté de Médecine de Paris ; Fr. Gérard, botaniste micrographe ; Dupuis, ancien professeur à l’Institut agronomique de Grignon. — M. Guérin, éditeur, 5, rue Bonaparte. 17 volumes dont 9 de texte et 8 d’atlas. 800 fr.

=MANUEL GÉNÉRAL DES PLANTES=, comprenant la description, la culture, l’histoire de plus de 25,000 espèces de plantes cultivées en Europe, par MM. Herincq, Jacques et Duchartre (de l’Institut). 4 volumes. — Librairie agricole, rue Jacob, 26.40 fr.

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Saint-Quentin. — Imp. JULES MOUREAU.