partie d
’iceulx renars et les autres chaça es blez des champs et en leurs bois et en leurs vignes/ et par celle voye sicomme dieu volt furent les filz de la desloyalle et elle avec eulx/ En celle partie mors destruis et ars en leurs pechiez. O amie chiere nottez la prophecie du temps de ma gloire.
¶ Quant ceste desloyale assez m’ara chastiee Si que dieu vouldra sa pugnicion cesser/ & les crys de mes plains seront par pitié devant dieu portez Sicomme jadis furent ceulx des enfans d’israel lors que olofernes a tout sa grant force assegiez les avoit/ Adont psanxon c’est le souleil fort s’avisera de grant malice contre ses ennemis cessera un de mes filz cler comme le souleil fort Car le souleil de justice en lui abitera/ cellui destruira ses ennemis par estrange malice/ c’est assavoir les enfans de la fraudulente ennemis de sa vertu qui ma terre et moy par lonc temps ont persecutee/ si prendra renars & queue a queue les acouplera et entre eulx mettra brandons de feu/ puis les getera par nuit sus les desloyaulx & en leurs gaignages & tout bruslera et mourront en leurs iniquitez/ les renars sont les soubtilz avis de son meismes sens que il prendra que il queue a queue accoupplera/ Ce sont plusieurs poins par quoy il les prendra en leur malice/ il mettra brandons de feu entre .ii. c’est la punicion de leur meffais & que par droituriere justice il leur baillera/ il les gettera sur eulx quant nuit sera venue et ou premier somme c’est quant le terme de leur punicion sera venu/ & qu’ilz seront endormis en leur perseverence il getera partie des renars en leurs blez et gaignages C’est que l’avoir mal acquis qu’ilz ont par le sens d’icellui sera distribuez es mains des droiz heritiers.
Encore du vitupere des vices en general.
Mais de celle aux ordes ongles et qui tant courbes les a ou quel faulx gouvernement tu vois les mouchettes de mes ruches qui pervertist le miel de leur cire en sauvage amertume que t’en diray je n’as tu sentu l’experience de son office/ deust se dieux t’ayst tel monstre estre trouvé en ma maison pour mes enfans m’empoisonner & pervertir et si villainement sustraire et par faulce amonicion de ses flateries les rendre deshonorez par sa fame villaine qui rent ses acointes en ciel et en terre tous diffamez/ Est il riens plus blamé que l’estre ou elle abite tant soit le lieu sacré d’autre vertu/ helas ne deust pas estre cy assise Car qui qu’elle accompaigne ne lui affiert mie s’embatre en mes proprietez. Ha beste orrible et venimeuse comment as tu fait si mortel sault comme du puis de enfer ou est ta naturel demeure jusques es courages de mes enfans en qui habiter ne souloies/ ou sont alez mes anciennes vertueuses portieres pitié et charité quant empeschee n’ont ta hardiece/ Or me pasme le cuer de yre voyant ta cruauté qui ne donne lieu a nulle vertu/ mais sanz misericorde esrache les fruis ains qu’ilz soient meurs de leur tige/ ce fait ta felonnie assise es combles de ma maison/ Et sicomme dit le proverbe maisgnee duite selon seigneur les menistres d’iniquité suivent la trace de leurs chiefs par tes fallaces/ et de toy perverse qui tiens les clefs a force de mes escrins les oeuvres et serres a ton vouloir a leur grant vitupere et prejudice en font leur parement O moleste du monde/ tu sancsue infernale qui te pourra assez vituperer/ n’es tu pas celle donques qui livres matiere aux tourmens d’enfer et qui de cryer ne cesses affer affer/ fournase insaciable et inestainsible qui te pourra assouvir n’a ja ton ardant feu pire que gregois espris mes plus cheres choses Et ja te voy si effrontee et magnifestement publique que nulle vergongne ne te tapist/ ne ceulx ne se hontoient tant sont endurcis que tu compaignes.
¶ Ha bien prophetisa le temps que je voy et le lieu ou tu es en ces proverbes salomon .xxx.e Chapitre ou il dit ainsi.
¶ _Generacio que pro dentibus gladios habet ut comedat inopes de terra et pauperes ex hominibus_ Ha la generacion perverse qui en lieu de dens usent de glaive non mie pour mordre mais pour tout trancher ce veons magnifestement de la desloyale a qui ne souffit mie mordre se tout ne tranche.
Piteuses paroles de la dame couronnee & recors de la sainte escripture.
O doulce amie et ma chiere nourrie/ et quant je sçay que dieux est juste ne dois je penser que a tous jours pas ne dissimulera la paye de sa droiture/ ne fait il grace quant la convercion qui trop retarde attent sa misericorde mais sicomme naturellement la mere amoureuse de sa porteure non obstant vices qu’elle y voye ne met en oubli l’amour maternelle redoubte par desserte veoir la ruyne de ses filz/ ainsi souspirant et lacrimeuse crainte et paour en freour me tient de soubdaine vengence. Helas n’ay je cause de penser la figure de ma ruyne en ce qu’il est escript ou .xv.e chapitre du livre des roys/ que comme dieu de loy divine repreuve ceste dicte vicieuse gueppe/ sicomme son contraire pour ycelle et a sa cause debouta saül roy que elle avoit aluché/ lors que il l’ot envoyé en bataille contre le roy de amalech si lui avoit deffendu que homme ne prensist a rençon mais tout meist a l’espee comme orribles pecheurs et de dieu reprouvez ne vouloit plus sa vie/ ne des despoulles retenist aucune chose/ mais comme saül mieulx amast obeyr a ceste desloyale sancsue qui lui commandoit le contraire que au commendement de dieu n’en fist riens Ains se volt engraissier des faulces pastures de dieu vees/ et espargna le dit reprouvé roy/ pour la quelle chose dieu appella samuel le prophete disant Je me repens d’avoir ordené sus mon peuple Saül roy Dont comme le dit prophete reprensist Saül d’ycelle forfaicture/ se volt excuser disant que les despoulles que faites avoit/ c’estoit en entencion de a dieu les sacriffier/ de la quel chose respondi le prophete/ mieulx vault obedience que sacrefice/ et pour tant que par croire l’amonicion de la rapineuse as desobei/ Tu seras debouté de ton royaume et adont le prophete le depposa et en oygny david a roy/ Ha chiere amie et dois je penser que dieu dorme ne voy je le temps que contre ses commandemens sont espargnees ses justices sur les mauvais de droit divin condampnez a punicion/ mais qu’ilz ayent pasture pour ficher en la quelle de la faulse adont tout est accoisie/ Mais voir est qu’ilz s’escusent d’aucune faulse couleur de bonté faisant leur malefice/ vois tu tout commandement de loy mis arriere pour elle paistre et nourrir sans nulle espargne/ Que diray je donques se je n’ay paour que dieu soit muable qui ne peut estre/ & s’il ne l’est pour quoy ne me touche ceste figure par semblable cas n’en voye les aprestes/ Car bien est fol cil qui mal fait & bien espoire/ ne sont les estranges aussi aptes a recevoir nouvelles proyes comme ilz souloient/ Et tout ainsi comme cellui qui se sent coulpable ne vid sans la runge de conscience/ le rent paoureux la paour de punicion ne de lui ne depart.
¶ Ancore a ce propos des malefices de ceste dampnee ne parla donques a moy jhesucrist en la parabole de la vigne sicomme il dist en l’euvangile des faulx coultiveurs lesquieulx comme ilz fussent de la maisgnie de ceste doulereuse par envie d’avoir l’eritage n’occirent il les loyaulx messages justement demandeurs des exfruis & comme ceste felonnie engrigiast semblablement/ ne espargnerent leurs glaives le droit heritier/ mais comme la sentence divine les despoulliast pour yceulx crimes de toute possession/ et en revetist estranges cultiveurs les miens cheus en la meismes fosse ne dois je doubter la meismes sentence/ Car comme le souverain maistre establi les eust coultiveurs de ma vigne pour bon compte en avoir/ n’ont ilz occis les messages demandeurs des exfruis/ c’est assavoir les causes de mon exaltacion/ et qui plus est/ le droit heritier c’est le loz de grace qui tous jours jusques a ore m’a possedee/ mais tout ainsi que la femme ançainte la quelle non obstant le desir de veoir le fruit de son ventre hors de soy a sauveté resongne la douleur du temps de l’enfantement/ pareillement non obstant la joye de l’esperance du bon reppareur avenir/ que dieu m’a promis/ je resongne le mal par ou couvient que je passe ains que je y aviengne.
Encore de sa complainte.
Helas ancore de la paour que j’ay de ma ruyne n’ay je cause considerant les dessertes de mes subgez/ car peut estre que ains la reparacion attendue/ moult couvendra perir des miens Comme il soit vray que de choses a avenir le temps mucié soit soubs le secret de dieu Sicomme la promesse qu’il fist a abraham de ses lignees multiplier & croistre sus la terre comme souvrains/ Et chose est certaine la parole de dieu estre vraye/ Et toutevoye par les dessertes d’iceulx enfans et peuple d’ysrael punicion a tres lonc temps leur a esté par mainte foiz de dieu envoyee/ comme il appert par la bible qui de ce fait mencion/ et puis quant dieu bien les avoit punis les rappelloit a soy Et ancore au jour d’uy les veons dispers et fuitis pour leur dessertes/ leur repparacion selon ce que l’en tient par la dicte promesse sera quant lumiere de vraye foy leur sera donnee Ceste figure me fait doubter grans perplexitez avenir/ ains le reparement de ma ruine/ Sicomme nous veons communement ou temps d’orage grans escroiz de tonnoirres fouldres et tempestes cheoir dommagiablement ainçois que le temps se resclaire/ Et se sur ce croire n’en voulons des anciens les prophecies sicomme merlin les sibilles joachin et mains autres qui nous dient tout plainement les advenemens de noz adversitez et trebuchemens/ et se veoir les veulz en maint lieux les trouveras plainement et a la lettre lesquieulx dis je laisse pour ce que aucuns dire pourroient que comme ilz soient apocriffes ne doivent estre recitez a cause de certaine preuve/ les textes des saintes escriptures que nyer ne povons et ou n’a mençonge nous doivent a tout le moins estre fondement de paour & petite asseurence/ et aussi les veritez des vrayes histoires approuvees.
¶ Qui me gardera donques de trembler quant je cognois que la justice de dieu riens ne passe sans punicion et je voy les occasions d’inconvenient courir toutes communes c’est assavoir par especial les filles de perdicion dessus descriptes et que tu as veues et le vent penetrant qui donne l’enfleure maloite qui bestourne le sens d’omme raisonnable en beste mue.
Des punicions des vices.
Que j’aye paour de la punicion qui tant rent enfermés mes plus prochains par les exemples que de l’ire de dieu je treuve encore pour trop mendre cas que ceulx que courir voy commis par mes pourprises Sicomme il est escript ou second livre des roys ou derrenier chapitre/ que comme le roy david une foiz ferus du vent dessus dit eslevast son cuer en l’enfleure de ambicion de savoir quel puissance il avoit et de combien de gens d’armes finer pourroit/ & pource savoir fit son peuple nombrer pour la cause de ceste elevacion seulement dieu fu contre lui tant courroucié qu’il lui manda par le prophete gad/ que il choisist de .iii. punicions l’une ou .vii. ans par tout son royaume aroit famine/ ou .iii. mois il seroit en fuite pour paour de ses ennemis ou .iii. jours pestilence de mortalité aroit en son peuple/ Dont apres qu’il ot choisi la tierce punission/ une tele mortalité sourdy qu’en son royaume mourut .lx. & .x. Mille hommes. O doulce amie/ or regardes comme grant punicion pour chose qui au regart de noz grans enfleures sembleroit bien petite boce.
¶ De ceste enfleure ancore et de la punicion de dieu envoyee comme il ne la puist au lonc aler souffrir/ Est escript ou .iiii.e chapitre de danyel que comme nabugodonosor une foiz alast et venist par mi sa sale & son grant palais de babiloyne/ se gloriffiant et disent ne n’est ce pas cy babiloine la grant/ la quelle pour ma maison royal j’ay ediffiee et la poissance de ma force et la gloire de ma beauté. Adont disant ces paroles vint une voix du ciel/ qui lui dist nabugodonosor escoute/ ton royaume de toy est trespassé et bouté hors seras de la compaignie des hommes & avec les sauvages bestes sera ta demeure/ & feing avec les beufs tu mengeras ne fu pas mençongiere la promesse/ car gaires apres ne tarda que executee ne fust en sa personne qui deboutez fu de la compaignie humaine et ramené en fourme de beste paissant aux champs a la pluye et au vent.
¶ A quoy querons nous autres prophecies/ ne nous sont cestes souffisantes/ ne savons nous que dieu est inmuable comme dit ay/ et que tel est ores comme lors estoit/ ne sont les escriptures toutes plaines des veritez de ses punicions/ et de tant comme plus il les retarde de tant plus grant paour avoir devons/ Tout ainsi comme de l’archer de tant comme plus il retarde a frapper tandis que fort il tire la corde/ de tant fiert il plus grant coup quant il assene/ que t’en diroie plus/ d’exemples infinis en sont qui nel croira si lise/ assez souffise ceste narracion sus la dicte enfleure de mal affaire.
Encore de ce mesmes.
Encore de la deshonnesté qui ma gent de deffence et mes autres officiers et meismement mes plus affins et prochains tient avec les autres passions dessus dictes/ en ses liens comme cy dessus est dit. helas qui n’aroit que un vice seroit a peu eureux/ mais mal pour cellui qui de tous ou de plusieurs est avironnez et remplis/ ne me puis taire de l’exploit de la grant condampnacion de dieu donnee contre son vice/ & des maulx qui en viennent & au jour d’uy et tres les premiers temps comme plusieurs royaumes destruis en ayent esté/ et pour ce doubter doy quant je voy le cas pareil/ ce meismes flaiel/ exemple/ Dyna fille de jacob fu ravie du filz du roy de Sichem et ce fu la cause de la destrucion du dit royaume/ Amon se faigny malade pour avoir thamar sa seur/ pour la quelle cause il fu de son frere absalon occis/ le ravissement de heleyne par paris en grece fu cause de la destruccion de troye. un roy de france comme racontent les croniques en fu chaciez et exillez/ la force de tarquin l’orgueilleus faite a lucrece la chaste dame de romme qui pour celle cause s’occist/ fu cause du desheritement du roy tarquin et de son filz/ Et pour ce fait jurerent les rommains que jamais a romme n’aroit roy. hanibal roy de cartage tant qu’il fu sans l’acointance de la deshonnesté/ il fu vainqueur et victorieux es batailles rommaines & en toutes pars/ Et fu son nom eslevé en proece/ mais si tost qu’aprist le repos & en delices s’enveloppa/ es quelles prist l’acointance de ceste mauvaise chut en la vallee de male fortune ne puis bien ne lui vint.
¶ Plus te diray et nottes que quiconques soit l’omme qui es dissolucions communes s’enveloppe/ de ceste deshonnesté/ merveilles est se jamais puis il a pris d’armes/ et se fortune en tous ses fais ne lui est contraire/ puis que son cuer flote es eaues de ses dissolucions/ et se n’estoit qu’il ne loit de nul diffamer publiquement de ce te donroye exemple vray d’aucuns vivans au jour d’uy au monde sanz honneur/ loyez de tieulx liens/ ancor te dis que pays terre ou regne dont des chevetains est maistrece ne fructifie en honneur ne bonne renommee/ Et a quoy plus alegueroye de ceste exemple la magnifeste experience le nous declare/ mais de son trebuchement quoy qu’en aye dit devant/ ne couvient autre prophecie/ ne mais les effais de la divine justice qui pour cause de celle ebaluffree sanz frain de honte dont les humains estoient remplis/ Dieu dit et sentencia que homme plus au monde ne seroit vivant sus terre/ Et pour ce le deluge envoya jadis qui n’espargna creature vivant fors noué & sa meisgnie que dieu ot preservez. Si pense & nottes comment asseure je doy dormir.
Encore de ce.
Ancore de celle qui les voyes estouppe que verité ne saille/ C’est fraude la perverse/ Sicomme dit valere le grant ou .ix.e livre que sa tricherie barateuse est un mal mucié et espieus de qui les forces tres efficans sont mentir et decevoir comme elle s’esjouisse en mençonges & fallaces qui sont les faulx outilz de son soubtil art Et de ce parle ysidore en ses synonimes qui dit que fraude ou barat est monstrer une chose en semblant et faire autre en oeuvre/ Et cellui qui en lui l’a est tricheur/ et par elle veult simuler et faindre l’issue de vertu/ de ceste mauvaise vient desloyauté et foy mentie/ or prens garde se ma terre et toutes mes cours sont semees de si fais hebarges/ ja moult enracinez en de trop haulx lieux helas comment ne desplairoit a dieu juste le vice de foy mentie de mençonge et de desloyauté entre les freres parens et amis Et entre prochains sicomme il commande que ilz aiment l’un l’autre quant meismement aux ennemis veult que foy soit tenue/ et que il se courrouce du contraire le nous monstre assez par l’exemple qui signefie des faulx jurans la grant punicion/ c’est assavoir par ce qui est escript ou derrenier chapitre ou livre des roys de zedechias roy de jherusalem qui brisa a nabugonodosor roy de babiloine la foy promise que lui avoit/ pour la quelle chose le dit nabugodonosor vint assegier jherusalem et dieu en sa main lui livra le dit zedechias roy/ Si lui dit quant il le tint. Dieu qui het toute infidelité de foy brisee & de mençonge te veult punir par ma main/ et adont devant lui occire fist ses enfans/ & a lui crever les .ii. yeulx/ et lié de chayennes le fist prisonnier mener en babiloine/ Or regarde que doivent les miens attendre des infidelitez que chacun jour s’entre font tant innormes que l’un en l’autre ne se peut fier/ ne loyauté a peine en part qui soit du grant jusques au mendre peut estre trouvee/ qui vit onques mais l’art de sofistiquacion si commune/ Car de ce semble que chacun soit maistre et jusques aux entrailles des courages c’est embatue celle art d’enfer et dyabolique/ si qu’il n’est a peine parole dicte semblant fait ne chose ouvré qui ne soit sofistiqué en tele maniere que elle a apparence de estre milleure qu’en effait de bonté elle n’est trouvee. Si suis pour ces choses comme celle qui le baston a sus le chief et le coup atent.
Encore de ce.
Et tout ainsi comme les vertus deppendent les unes des autres & s’entre accompaignent & attrayent Semblablement ces filles de perdicion trebuchent de l’une en l’autre/ et se entre sachent et apparient/ Et qu’il soit vray pour quoy est doncques fraude trouvee ne mais pour remplir les coffres de la rappineuse C’est l’administraresse de ses pourveances et de son amas/ C’est celle qui treuve les voyes de attraire ces finances et faire ses contras/ hahay se perdue l’avoit comment esgaree seroit/ Onques ne fu si propice boyasse ne qui si bien pensast de sa maistresse. Dieux quel compaignie et quel couple avarice et fraude/ mais de leurs ordes mains _libera nos domine_. Dieux ne commença ceste orde caigne aux ongles crochees/ tres que sus la terre n’avoit que .iii. hommes Lors que kaÿm offroit a dieu des pires fruis de sa terre et des pires bestes de son parc/ Et comme dieux qui scet les courages n’eust agreable son sacrefice le reprouva ycellui chut ou second inconvenient/ c’est assavoir de envie et puis ou tiers par l’omicide que il fist de son frere abel Qui pourroit raconter les maulx qui par ceste sont avenus/ et ancore ne cessent/ pour quoy te diroye des empires royaumes/ citez et peuples qui destruis en ont esté les temps passez/ Autre exemple ne couvient fors du temps present n’est elle celle qui en l’eglise de dieu met la division et le Sisme/ certes c’elle n’estoit ne couvendroit pas .ii. papes/ ains a peines un le vouldroit estre/ n’est elle principale ou debat de mon royaume/ Se trouvee n’y estoit la charge du gouvernement ne seroit tant chalengee/ dirons nous que elle fust plus grande jadis ou roy de babiloine/ pour tant se une seule foiz il desroba le temple de dieu. helas avisons quantes extorcions on fait en plus ses amees choses que son temple/ C’est assavoir a ses povres membres qui sont les souffreteux de quoy il est escript que licite seroit vendre les calices & les joyaulx livres et aournemens de autelz pour secourir a besoing a la neccessité de yceulx Et ilz sont de toutes pars persecutez/ et de tieulx joyaulx qu’ilz ont/ c’est leur sustentacion desrobez/ Et dieux scet en quieulx usages sont employez/ Mais le cas de cestui dit roy pour quoy ne nous peut estre figure et prophecie du pareil inconvenient par divine punicion/ Car sicomme ou livre de danyel ou .v.e Chapitre est escript que une foiz baltasar faisoit un grant disner/ et seoit a table avec les nobles de son royaume/ commanda que fussent apportez les vaisseaulx d’or et d’argent que son pere avoit pris ou temple de jherusalem/ esquieulx vaisseaulx on souloit faire le service de dieu/ Et cellui corrompu par pompe buvoit dedens presomptueusement/ et y faisoit boire ses cucubines qui de tieulx rappines faisoient leurs paremens/ et les choses de dieu mettoient en vilz usages/ Mais dieu contre qui nulle force n’a poissance/ et quoy que il attende bien se scet venger ot amené l’eure de la punicion de ycelluy mal faiteur/ Et par cest exemple povons notter la ruyne des plus eslevez souventes foiz quant plus cuident estre asseurez/ Car sicomme cellui Balthazar Roy de Babiloine estoit plus en sa joye/ il leva les yeulx Et en la paroit de sa sale vit une main qui escripsoit tieulx .iii. moz/ mané/ thetel/ phares/ Le premier mot mané/ C’est a dire nombre/ et est a entendre que dieu avoit nombré les jours de sa vie/ Et que venue en estoit la fin. Le Second mot thetel est a dire pois/ qui vouloit dire que dieu avoit pesé ses biens et ses maulx/ et legier avoit esté trouvé en biens/ et pesant en maulx. Le tiers mot phares vouloit entendre division/ C’estoit a dire que dieu avoit devisé son royaume et sepparé de lui/ Et ainsi avint car celle meismes nuit/ daire le roy de mede/ et Cirus roy de perse prindrent la cité de babiloine/ et fu occis balthazar et son royaume transporté es mains des mediens et des persens.
Encore de ce.
Tant que c’est sanz nombre doulce chiere amie/ te pourroye dire de tieulx exemples de diverses punicions pour divers pechez helas et les miens ne s’i prennent garde/ ne dit le proverbe rural et commun que bien se bat qui par autruy se chastie/ & que qui autrui maison voit bruler/ de la sienne paour doit avoir/ Il n’est si beau chasti que cil qui de soy meismes & sanz contrainte vient/ plus leur fust honorable laisser les vices de pure voulenté que ce que a force on leur feist delaissier/ n’est il escript que dieux a plus grant joye du pecheur retourné a lui que du juste qui onques ne failli/ C’est chose humaine de pechier/ mais infernalle est la perseverence. Ha doulce chose est que de suivre la voye de vertu a qui si veult duire/ n’est il dit que l’omme vertueux a ja un pié ou ciel/ Et a quoy se eslieve homme qui est terre & cendre/ ne scet il que sa vie est brieve ne se gloriffie es richeces mondaines/ lesquelles ne sont ne vrayes ne siennes/ Et que vault avoir seignourie au monde grans tresors terres possessions et poissances sur les autres/ un pou de temps pour an si user que on s’en enqueure dampnacion perpetuele/ qui est cellui si ignorent qui n’ait le ver de conscience. vueille ou ne vueille quant il se sent pecheur ne possede il et y a un des tourmens d’enfer qui ne le laisse durer/ mais quelle est plus grant seureté que nette conscience/ C’est joye celestielle/ Hahay mais pour quoy ne a qui dis je ces paroles quant je sçay que n’en serai pas creue Car ne pourront entrer es courages ja adurcis Sicomme on dit le fol ne croit jusque il prent mais habondance de voulenté le me fait dire comme tendre mere a ses enfans/ mais ce me desconforte que ja me semble en y a d’entrez en obstinacion qui trop est chose perverse. Helas/ j’ay grant paour que semblable je soie a Cassandra la sage fille du roy priant qui veant la ruyne appareillee sus les troyens les amonnestoit d’appaisier leurs courages contre grigois ains que pis leur venist/ mais en vain se debati car n’en fu pas creue/ Si leur en ensuivi tout ce que pronostiqué leur avoit/ Dont a tart de ne la croire se repentirent/ ainsi de eulx amender et mettre a paix devers leur dieu de qui ja voy la guerre. Bien vouldroye que a mes paroles si adjoustassent foy/ ains que pis leur venist/ ilz me creussent ne que du tout ja son yre fust sur eulx espandue/ par plus grieve vengence. O sage roy de ninive bien conseillez qui creus le prophete jonas/ quant dieu par lui te manda/ que pour les pechiés de toy et de ta cité tu avoies encouru sentence de destruccion dedens quarante jours Mais lors te repentant batant ta coulpe/ en jeunes plours et afflictions toy et tous tes subgés jusques aux bestes mues par .iii. jours cryant a dieu mercis vestus de sacs/ cendres sur les testes/ tant te humilias que Dieu ot pitié de ta contriction si/ que ton humilité espargna sa vengence par bon appaisement.
¶ N’ont doncques les miens assez de exemples d’eulx repentir ne scevent ilz que de mal couvient que mal viengne Car non obstant que le sens litteral de l’euvangile dye que neccessité est que esclande viengne/ ne dist il apres que pour tant mal cellui par qui esclande vient/ veulent ilz resembler le larron qui ne croit quelque exemple que il voye que l’en destruise les mal faiteurs jusques a tant que il ait la corde au col/ Helas/ mais c’est trop tart/ Car trop est meilleur a l’omme se garder du mauvais pas que ce que a peine ou jamais s’en tirast hors se il y estoit entrez.
La fin de la complainte de la dame couronnee.
Belle doulce amie que te diroye ne t’ay je assez tenue es narracions et procés de mes aventures le bien et le mal je t’en ay regehy en general & en particulier puis la naiscence de mon nom jusques au jour d’uy/ Et ce plus m’a eslargie a te signiffier l’estat de mes anuys que piteuse de mes afflictions je t’ay trouvee/ Si est temps des crimes/ que je me seuffre/ de plus te dire/ que trop ne soie longue. O quel plaisir et quel alegement est de dire et descouvrir a son loyal ami ou amie les pesanteurs de ses pensees Car la viande presentee au famillieux n’est plus savoureuse/ Si ne dis plus ce que autre foiz as dit quelle que je appere que glorieuse soye/ Car je t’acertaine se dieu de sa grace n’y remedye que passé a lonc temps ne fus plus perplesse helas mais comment remede du ciel espereroye quant aux miens si mal je le voy desservir Et ancore plus me grieve sans faille le peril de pis ou je me voy que le mal que je seuffre Tout soye bien batue Tout ainsi que cellui qui devant lui voit cil qui l’a navré/ a paour que il le partue Si te mercy ma bien amee en fin de mes paroles de ta loyal amour et compaignie La quelle te pry que ne me faille jusques a la fin.
¶ Non obstant que d’alieurs tu soies requise/ et que de moy et des miens tu ayes petis emolumens/ mais ton bon courage ne vueille delaissier la nourriture de son enfance/ Si demeures constante avec moy ou gracieux labour de tes dictiez/ du quel maint plaisirs ancore feras a moy et mes enfans/ Lesquieulx je te pri que me salues/ Et que leur signifies les plaintes de mes clamours Et que Comme loyaulx et vrays enfans veulent avoir pitié de leur tendre mere/ de qui encore le lait leur est neccessaire et doulce nourriture/ mais vueillent si espargner ses doulces mamelles que ilz ne la succent jusques au sanc.
¶ A tant cesserent les parolles de la dame couronnee Et moy apres ce que selon ma poissance au mieulx que sos je l’os reconfortee/ lui disant que non obstant son grant peril/ se dieux plait les prieres et oroisons de maintes bonnes creatures/ et les biens fais qui sont celebrez par sa terre/ non obstant les grans pechiez qui y queurent/ Comme dieu soit misericors la reserveroyent et tireroient de peril/ La merciay de l’onneur que m’avoit faite et de la charge que commise m’avoit/ lui en promettant vraye excecussion. Et a tant reposer la laissay.
Explicit la premiere partie du livre de l’avision christine.
Ci commence la seconde partie du livre de l’avision christine la quelle parle de dame oppinion et de ses ombres.
Apres ces choses me sembloit que desireuse de plus avant enquerre aloye traçant par la cité d’athenes tant que m’embatoye entre les estudes/ lors joyeuse d’estre parvenue a si noble université voluntaire de mon sens par leur savoir prouffitablement imbuer/ m’arestoie entre les escoliers de diverses facultez de sciences disputans ensemble de maintes questions formant plusieurs argumens.
¶ Lors sicomme l’oreille vouloie tendre a escouter/ adont le sens de ma veue preceda cellui de m’ouye/ Car en haulçant mes yeulx avisay volant entre yceulx une grant ombre femenine sanz corps sicomme chose espirituelle de trop estrange nature et qu’elle fust merveilleuse l’experience prouvoit/ Car celle chose veoie estre une seule ombre/ mais de Cent mille milions voire innombrables parties les unes grandes/ les autres mendres autres plus petites de soy elle faisoit/ puis s’assembloient ses parties d’ombre comme par grans tourbes si que font nuees ou ciel ou oyselés volans par tas ensemble/ mais plus en y avoit que onques oyseaulx ne volerent. Si estoient ces tourbes sepparees les unes des autres ainsi comme les couleurs d’elles se differoient/ car de toutes les coulours qui onques furent et de plus que onques n’en fu estoient differenciees les unes des autres/ Car une grant tourbe en y avoit de toutes blanches une autre de toutes vermeilles/ les autres yndes autres de couleur de feu autres d’eaue/ et ainsi de toutes les couleurs/ Et se tenoient ensemble celles d’une couleur sicomme font oyseaulx d’une espece Toutefois aucune foiz avenoit que ilz s’entremesloyent/ mais tous jours retournoit chacune a sa couleur/ Et non obstant que une chacune couleur se tenist ensemble toutefoiz en y avoit en la route de plus fort taintes les unes que les autres/ se vermeil estoit l’une plus ardant/ l’autre plus palle/ l’autre plus sanguine/ & ainsi de toutes les couleurs si qu’a peine en y avoit une qui aucunement ne differat de l’autre/ Et tout ainsi comme les couleurs d’icelles ombres par tourbes se differoient semblablement faisoient leurs fourmes Car il n’est corps de creature humaine ne d’estrange beste/ oysel monstre de mer serpent ne chose que dieu formast onques voire des plus haultes choses celestielles et de tout quanque pensee peut presenter a la fantasie dont la n’y eust la fourme/ Si en y avoit tant d’estranges qu’il n’est cuer qui le peust penser mais fourmes de geans serpens orribles bestes ne chose mortelle tant ne m’espoventerent comme firent les orribles noirs deffigurez monstres d’enfer de la quelle remembrance encore suis toute espaourie.
Ci dit de quoy ces ombres servoient.
D’icelles tourbes d’ombres qui par l’air voloient je veoie tous avironnez les clercs disputans es dictes escoles/ et avant que cellui qui vouloit proposer sa question parlast/ une de ses ombres lui venoit s’acouter en l’oreille comme se elle lui conseillast ce qu’il devoit dire/ Et apres quant l’autre vouloit respondre ou repliquer/ une autre ombre lui aloit semblablement s’acouter/ Et ainsi n’y avoit la nul arguant qui ne eust autour de son chief ou une ou .ii. ou .iii. ou .iiii. ou plus grant quantité qui toutes le conseilloient/ mais chacune science a part avoit sa couleur d’ombres/ sicomme gramaire les verdes/ dyaletique les morees/ arismetique dyaprees/ musique blanches Geometrie vermeilles/ Astrologie les asurez/ theologie dorez philosophie cristalines & ainsi des autres sciences liberaulx et deffendues/ Et ceulx qui arguoyent n’avoient environ eulx tant que duroit la disputoison fors les ombres de la couleur qui appartenoit a la science de leurs argus mais non obstant que toutes traÿssent a une couleur/ ceulx qui proposoient plus fort taintes ou moins taintes que ceulx qui repliquoient les avoient si que nulle fois n’estoient sans difference/ et s’il avenoit que pareilles venissent aux parties qui disputoient/ adont estoient les .ii. disputans d’acort Si estoit la chose partie en telle maniere qu’il sembloit que ycelles ombres fussent cause de leurs descors et debas qui aucunefoiz tant multiplioit entr’eulx/ que de tieulx de chaude cole y avoit faisoient venir de verbis ad verbera/ Et pour ce que estrange chose pourroit sembler a ceulx qui oyent ou orront la descripcion de ceste avision en ceste partie la quelle les yeulx de mon entendement plus clerement veoit que expliquer ne sçay ne descripre que j’appelle ycestes choses ombres/ & si dis qu’elles avoient coulours diverses/ come se chose contredisant fust couleur et ombre estre ensemble/ si dy que ombres voirement ce estoient/ car estranges causes leur donnoient leur fourmes non mie d’elles mesmes les avoient/ Coulourees couvenoit que elles fussent. autrement point ne fussent/ mais transparans petites et grans si que on veoit par mi auques toutes estoient/ fors d’aucunes si troubles que l’en n’y veoit grain ne goute. Ancore plus/ car tout ainsi comme elles se dessembloient de couleurs/ semblablement faisoient de fourmes car comme j’ay dit devant de toutes les fourmes et choses qui pevent estre ymaginees avoient/ celles ombres empraintes/ Celles qui appartenoient a philosophie estoient comme fleurs de diverses façons et couleurs/ mais tant estoient de grant odeur et beauté que toutes les escolles en resplandissoient/ si que grant beauté d’i estre estoit/ les autres fourmes d’ombres comme de gens de bestes ou d’autres choses s’estendoient plus dehors les escoles et voloient par tout le monde/ car celles plus appartenoient a oeuvres manuelles & fais que en speculacion et plus estoient attribuees aux gens d’armes et ordre de chevalerie et autres ars mecaniques & ouvrables/ De tout ce me sembloit que avoie clere cognoissance/ mais sur toute chose m’esmerveilloit et fort a comprendre m’estoit ce que je veoye non obstant ces diverses parties d’ombre qui par tout le monde s’espandoient que toutefois n’estoit ce que l’image d’une toute seule ombre en la quelle toutes se refrappoient.
Comment l’ombre araisonna christine.
Adont comme je fusse ententive a regarder ceste merveille/ l’ombreuse creature s’en donna de garde et en telle maniere m’araisonna fille d’escole qui ça t’amaine et moy a elle/ dame aventure mais voz merveilles m’ont cy arrestee/ Et se je peusse moult voulsisse plus vous cognoistre/ Et elle a moy comment ne me cognois tu doncques/ dame je n’en ay pas recort/ et elle a moy O bien voy que ignorence tolt aux humains la cognoissance des objects de leurs oeuvres mais pour emplir ton desir Ottroy que tu me cognoisses pour ce par vehementes enseignes te seray magnifestee.
¶ Saches que tres que adam fu formez je fu cree/ Et suis fille de ignorence desir de savoir m’engendra Le premier homme & sa femme par mon exort decevable fis en la pomme mordre/ et apres ce que dieu l’ot pour ce meffait condampné a avoir sa vie en sa sueur/ je lui fis querre et encercher les proprietez des herbes et des plantes et lui appris la maniere des terres cultiver et les natures des choses crees lui fis esprouver tant qu’il les attaigni/ ensuivant apres je gouvernay les humains/ & leur fis prendre loy/ la quelle fu premiere celle de nature/ Et tres ces premiers aages furent aucuns soubtilz hommes aux quieulx tant fis encerchier qu’ilz trouverent philosophie et par consequant toutes les sciences & ars par moy furent premierement investiguees et la voye trouvee d’y attaindre/ ne nom de philosophe oncques trouvé n’eust esté se je ne fusse/ Sicomme plus a plain cy apres te declaireray/ Et non obstant que philosophie avec ses filles fust avant que moy/ et que fille de dieu soit/ si fus je faite aussitost que creé fu entendement humain/ et lui et moy ouvrismes la voye aux hommes de cler engin a la trouver a entendement premier et moy seconde/ si suis chamberiere d’elle en ce mortel monde/ car en paradis n’enfer n’ay je demeure/ ma duree sera jusques au derrain jour & lors finera. je rapporte les messages des hommes de cler entendement a philosophie et a ceulx qui apliquer s’i veulent je les fois par le moyen de diligent estude se ne leur tolt deffaute d’engin attaindre par investigacion a elle/ Et pource non obstant que par tout le monde soye me vois tu principalement en ses escoles hanter es quelles par l’occasion de moy avec le labour d’estude apprennent les clercs toutes sciences & sans moy apprises ne pourroient estre Et non obstant que de dieu viengne la grace d’en hault je suis celle qui la mes a oeuvre ou cuer de la personne & sanz moy riens ne proufiteroit Et te dis plus fort que se je n’estoie avec foy esperance et charité point ne seroit es humains.
Les choses que l’ombre disoit a christine.
Ancore te dis je que tous les anciens prophetes qui ont esté non obstant qu’ilz parlassent par inspiracion divine de l’advenement de jhesucrist et des temps avenir/ et mesmement saint jehan l’euvangeliste en l’apocalipse et tous ceulx et celles qui ont prophetisié se j’eusse esté en eulx contraire a leurs dis ja n’eussent saintement parlé des secrés divins/ mais affin qu’en moy tu n’erres & que mieulx m’entendes te dis que non obstant les choses dittes maint ont prophetisié verité es quieulx je n’estoye mie saine mais leur disoie au contraire de leur prophecie sicomme caÿphe qui dist de jhesucrist qu’il estoit expedient un homme mourir pour sauver le peuple/ Il dist verité mais ce n’estoit mie ou sens ou il le prenoit/ et pource estoye faulse en lui/ car je le faisoie follement cuider.
¶ Plus te diray de ma nature tres que creature humaine est nee si tost qu’entendement commence aucun petit a ouvrer en lui/ tantost moy et de mes plus legieres filles entrons en lui/ et au feur que l’enfant croist avec son entendement nous croisçons en lui pareillement & en celle croiscence selon ce que ses inclinacions se donnent je loge en lui de mes filles/ s’il est soubtil en speculacions je les lui baille teles qu’il lui fault et celles le font encercher plus avant de ce en quoy il est enclin/ Se enclin est aux armes teles qu’il lui fault les lui baille/ et celles le font encercher la maniere de excerciter les armes/ Se a oeuvres mechaniques marchandise/ ou labour de terre/ paindre/ escripre/ ou lengager pareillement selon les oeuvres par moy avec la inclinacion ou longue coustume d’enseignement/ toute personne prent ses meurs bons ou mauvais sages ou folz selon qu’il s’applique/ Si fais tout homme ouvrer parler aler et venir et sanz moy ne se mouvroit pour oeuvre faire Si me change souvent en eulx par divers accidens/ et fois souvent des bons mauvais/ et des mauvais bons/ les savans errer et dire faulx en divers cas/ et les simples aler droite voye et dire voir/ et selon que je sui en eulx je me donne a cognoistre par leurs oeuvres et parolles/ Se n’est en aucuns qui de faintise se cueuvrent/ toute foiz ce ne pourroient faire sanz aucunes de mes filles.
¶ Souventes foiz je deçois ceulx ou je habite par leur donner faulx a croire/ nil n’est si sage que souvent ne deçoive ne autrement ne pourroit estre selon le cours naturel.
¶ Je suis fondee sur ce que la fantasie rapporte a l’omme soit mal ou bien Si fois souvent faulx jugement et dis une chose estre bonne ou elle est mauvaise/ et ainsi l’opposite et pour ce fais haÿr et amer sans cause souvent advient et sans l’avoir desservi/ diffamer et aussi louer sans achoison souventes foiz.
¶ Es sages hommes suis plus certaine et plus vraye et es anciens de longue experience/ et pource a bonne cause sont appellez es conseulx des ordenances pollitiques Je suis naturellement plus vive et plus certaine en un homme que en un autre selon l’abilleté de son entendement le quel me rapporte en ses pensees Et en homme qui souvent me change est signe de pou constant et legier courage// Je ne suis nulle fois certaine/ car se certaineté y avoit/ ce ne seroie mie. Je dis souvent verité mais je la dis par couleur et informacion d’autre chose Et la gist en l’omme le sain jugement se la couleur est voir semblable et digne d’estre receue qui me fait parler/ Je ay proprieté de faire encerchier verité et de l’enquerir et fus faite pour celle cause/ mais aussi tost que elle est clerement trouvee de la chose que je fois querir adont couvient que celle mienne fille qui cause a esté d’ycelle verité attaindre se parte de la personne/ Mais g’i demeure avec plusieurs autres de mes filles qui pareillement s’en partent selon les veritez qui sont attaintes/ car la ou elle est nous ne povons arrester/ et si la faisons attaindre par labour d’encercher.
¶ Mes jugemens en nul cas riens ne valent se fondez sur raison ne sont Et cil qui parle ou oeuvre par moy ou sens n’est appellé il erre et abonde en folie J’ay comme dit est filles bonnes et mauvaises voir disans et menterresses/ mais se elles mentent ou dient voir n’est mie certaine la pensee qui en soy les a/ Combien que souvent grant foy y adjouste/ Et pour ce que je suis chose non certainement sceue peus tu appercevoir que moy avecques esperance sur le temps avenir par le moyen de vraye foy sommes cause du merite des vrays feaulx catholiques/ Si peus notter que pour cause que ainsi je me diversiffie et change vois tu ycy mes filles de diverses fourmes et couleurs Car n’est homme si sage qui en soy ne m’ait diversement/ la cause si est que ma mere ignorence ne laisse ou vaissel du corps pour sa groisseur l’ame du tout ouvrer selon sa soubtilleté/ Et pour ce couvient que moy qui composee suis de la nature de l’ame en tant que je suis speculative/ et de la nature du corps en tant que je suis ignorent soie et abite ou cuer de creature humaine mais es intelligences qui franchement voient verité & ont cognoissance des proprietez de toutes choses je ne suis ne n’abite ne nulle part se ignorence et entendement ne sont ensemble/ Et comme dit est homme n’est si sage qui n’ignore les causes du plus des choses/ et pour ce n’est il nul qui en moy ne varie/ mais pource que es moins parfais suis plus foible sont leurs raisons nices et reprouvees.
Encore de ce mesmes.
Et entens sainement encore de ma poissance/ je te dis que toutes les loys et secrés qui ont esté au monde/ puis son commencement exepté la loy escripte qui a moy se fu de dieu donnee Et puis celle de jhesucrist les quelles vindrent du ciel ou je n’ay nul repaire/ toutes les autres ay trouvees la loy de nature ou n’aouroient que un seul dieu qui fu premiere & bonne a qui bien la tenoit fu par moy trouvee Celles des payens d’aourer plusieurs dieux/ je donnay aux hommes de fol entendement/ et continuer leur fis par espace de moult lonc temps/ Et ancore plusieurs parties du monde je tiens en celle erreur. Je fis trouver a belus les premieres ydoles et a son filz le roy ninus aourer l’ymage de son pere Et combien que ne trouvasse la loy escripte/ car n’i sceusse attaindre/ fis je maintes foiz errer en ycelle plusieurs juifs qui par moy firent maintes mauvaistiez & felons fais Sicomme mesmement au peuple d’israel je conseillay faire un veel d’or et que ilz l’aourassent comme dieu/ et ou temps de abdon le prophete fis je au roy jheroboam semer la faulce creance contre dieu et sa loy/ et ainsi de mains autres/ mais aussi continuay je les bons en oeuvres meritoires// En la loy de grace je n’oz que veoir/ car elle est certaine/ mais a cellui qui en fu acteur je fis par le moyen d’envie maintes peines faire & aussi moyennant grace divine/ maint convertir a sa loy/ mais tout fusse je cause de sa mort toute fois contre moy fu par paour jugez a tort/ et ycelle envie et mauvaistié pareillement m’avoit fait ficher ou temps devant es cuers de ceulx qui persecuterent les sains prophetes et aussi en ceulx qui martirerent les benois sains Je fis trouver a mahommet la faulce loy qui ores est a esté et sera pour la punicion des crestiens continue/ si tiens les sarrasins en celle faulce creance.
¶ Par moy se ficherent le temps passé en plusieurs du nom chrestien diverses erreurs en la loy et folles creances qui fortes furent a esracher Sicomme il appert de manés le faulx herite qui trouva la secte de ceulx que on appelloit manichees/ et Arrianus qui ediffia l’eresie arrienne/ et es parties de bretaigne pelage qui par sa faulce doctrine plusieurs chrestiens corrompi/ un autre vers espaigne nomme precelin et plusieurs autres/ en qui je fus faulce et en leurs disciples que je fis errer/ Et mesmement plusieurs papes et patriarches et de divers estas de l’eglise/ Et ancore ne suis si de tous esrachee en mains faulx pas que non obstant les vrays amonnestemens de sainte theologie je ne soie en eulx avec erreur tappie/ et couverte mais paour de feu nous fait tenir coye et close.
Ci dit l’ombre les oppinions de philosophie sus le principe du monde.
En repliquant ce que devant est dit pour donner preuve que si sage ne soit que je ne face errer parlerons des anciens philosophes quelle je fus en eulx/ Et comme le traictier de ceste matiere/ tout soit elle soubtille puisse estre au prouffit de l’entendement t’en deviseray plus largement en lengage plus couvert comme la matiere le requiere/ te diray premierement des tres ancians investigueurs des choses naturelles A ceulx qui premierement philosopherent/ je disoie que des natures des choses yceulz sont seulement les princippes qui sont ramenez a cause de matere/ et a ce que plus leur fust ce apparant teles raisons leur faisoie investiguer que .iiii. condicions semblans appartiennent aux raisons des princippes/ premierement disoient ilz comme ce de quoy aucune chose est faite/ semble le principe estre d’icelle chose/ Car c’est vray signe de princippe par qui la chose est faite et tel est la matiere/ Car de matieres toutes choses sont faites. Item car tout ainsi que ce dont les choses sont faites nous disons le princippe de l’engendrement d’elles et par consequant cause/ en tant que generacion toute chose precede a estre a ce que elle est/ ne ainçois elle n’est riens. Et toutefoiz de matiere premierement comme de son princippe chacune chose est faite/ car la matiere precede la formacion des choses Et aussi la matiere premierement non pas acidentelement est le suppost des formes par quoy ancore appert que elle soit vray principe il s’ensuit que matiere soit princippe des choses/ Tiercement car comme de toutes choses ce semble le principe ou quel finablement toutes elles retournent Car sicomme les principes sont premiers en la composicion/ aussi doivent ilz derreniers estre en resolucion & autressi ytel en la matiere Quartement comme il faille les princippes demourer/ ce par especial semble estre vray principe qui en chacune generacion/ et apres toutes corrupcion demeure/ dont comme la matiere la quelle ilz afferment substance des choses soit tele que elle demeure en toutes mutacions/ Combien que aucunes passions se varient en elle/ et en elle autressi toutes les autres condicions devant dictes affierent. Par ces .iiii. premisses ilz concluoient que la matiere est l’element et le premier principe des natures des choses ainsi disoient que riens ne peut estre simplement corrompu ne engendré Car tout ainsi se disoient ilz que quant aucune mutacion est faite envers quelconques passions/ toute foiz demeurent l’essence principal/ nous ne disons ycelle chose n’engendree simplement ne corrompue aussi fors selon aucune chose c’est a dire accidentellement sicomme un homme blanc devenir noir/ nous ne disons ycellui homme engendré quant il prent tel abit ne corrompu quant il pert le premier/ Car sa substance principal si demeure/ c’est assavoir son estre le quel si est sa fourme tout autressi que la matiere disoient/ il est la substance des choses/ et ycelle demeure permanablement/ Tout autressi ilz concluent que rien n’est simplement corrompu ne engendré fors accidentelement/ mais disoient ilz toutes mutacions qui adviennent es choses sont faites vers aucuns accidans venans de la matiere comme sont passions ou quelques qualitez/ Dont combien que tous yceulx couvenissent ensemble en mettant la matiere comme cause premiere/ Toutefoiz les faisoie differer doublement en la posicion d’elle C’est assavoir quant a pluralité/ car les aucuns mettoient une seule matiere et les autres plusieurs causes materielles/ et quant a l’espece aussi/ Car aucuns l’eaue mettoient/ les autres l’air/ les autres le feu Thales l’ancien philosophe qui prince fu de ycelle philosophie/ disoit que ce estoit l’eaue et affermoit la terre estre assise sur l’eaue ainsi la mettoit le principe des choses/ et dist que ainsi estoit fondee la terre dessus comme le effaict est fondé sur la cause/ dont il est a savoir que cestui thalles fu dit prince de ycelle philosophie/ Car comme il fust l’un des .vii. sages qui plus proprement furent dis theologiens/ poetes/ lui tout seul se transporta a considerer les causes & les princippes des choses/ Les autres seulement demourez occupez es moralles sciences/ Les noms d’iceulx .vii. sages sont premierement Chales millesien qui fu du temps romulus cellui qui fonda romme ou temps d’achar le roy d’israel comme on lit es croniques environ .vi.c .lxxxvii. ans devant l’incarnacion jhesucrist & devant aristote environ .CCC.lii. ans/ Car aristote fu du temps alixandre le grant qui preceda jhesucrist .CCC.xxxv. ans/ Cestui thales fu astrologien/ Car meismes comme on lit il pronostiqua un deffault du souleil ou temps d’ozias et des fondacions de romme bien cent ans ains que il fust Cestui aussi fu cil dont on lit en l’istoire des philosophes qui chaÿ en la fosse quant il aloit veoir le cours des estoilles/ de quoy il fu remprouvé d’une vielle/ Comment dit elle cuides tu veoir ce que l’en fait ou ciel/ quant a tes piez ne vois.
¶ Le second sage fu pitacus mitilenus ou temps que es ebrieux regnoit zedechias et es rommains tharentin le premier/ le quel pithacus tua frenon d’aches qui batailloit a lui.
¶ Les autres .v. si furent solon d’athenes qui fu faiseur des drois & des loys populaires/ Chilon lacedemonien/ pithidorus corintien/ cleobelus sydien Byas periandran/ Et furent tous ou temps de la chetiveté de babiloine/ Et en ce temps ci en bretaigne la grant raignoit cordeille fille du roy loyr de bretaigne & femme d’agampus le roy de gaule/ le quel agampus a l’instance de elle subjugua et conquesta bretaigne occuppee par les serourges d’elle qui chacié en avoient son pere/ si en chaça yceulz et le royaume au pere restitua au quel puis succeda ycelle cordeille Comme plus a plain il appert par les gestes.
Ancore de ce mesmes.
Dont entre yceulx .vii. sages thales tant seulement specula la nature des choses/ et ses disputacions et les raisons qu’il fist il envoya par lettres en diverses contrees la quelle chose nul des autres ne fist pour ce fu il entr’eulx appellé prince de leur philosophie Les raisons qui murent Chales a dire ce qu’il disoit estoit qu’il veoit le nourrissement de toutes choses estre moisteur/ et par .iii. signes prouvoit son propos le premier est ce qui est dit c’est assavoir que toutes choses vivans par moisteur sont nourries/ mais ce disoit il comme ce soit une semblable chose de quoy les choses sont & a quoy elles viennent/ Et ainsi humeur semble estre le principe des essences des choses/ le second signe est que comme l’essence de toutes choses vivans tres grandement soit conservee et gardee par sa propre et naturelle chaleur/ Toutefoiz la chaleur semble faite et nourrie de humeur Car humeur est aussi comme nourrissement et matiere a chaleur/ il appert et s’ensuit que humeur soit principe des choses.
¶ Le tiers signe comme la vie de tous les animaulx soit gardee en humeur/ car par le deffault de naturelle humeur chacun animal meurt/ et par la conservacion d’elle chacun animal vit/ par quoy comme vivre soit estre aux choses qui ont vie comme il fu dit devant il appert qu’il s’ensuive que humeur soit principe des essences des choses/ & ces .ii. signes deppendent l’un de l’autre Aussi il prent signe par la generacion des choses/ Car ce dit il comme toutes generacions par especial des choses qui ont vie/ lesquelles sont tres nobles et parfaictes sur toutes autres choses soient faites de semences/ lesquelles semences ont escailles sont de nature moiste sicomme chacun scet/ il appert ce dist il humeur estre princippe des generacions des choses Cestui Chales estoit induit a ceste oppinion par l’auctorité des anciens/ car comme aucuns poetes theologisans/ eussent esté ancore plus anciens de lui Et yceulx eussent tele oppinion de nature/ c’est assavoir que l’eaue fust principe des choses/ yceulx peut estre pour l’ancienneté d’eulx thales si ensuivi.
¶ Si est cy a savoir que comme les premiers en grece renommez de sciences fussent appellez poetes theologisans/ ainsi diz poetes Car de ce qu’ilz disoient ilz formoient dictiez & parloient faintement/ theologisans aussi qu’ilz parloient des dieux et des choses divines/ les premiers et les plus principaulx renommez d’iceulx furent .iii. c’est assavoir orpheus et son disciple museus/ et linius de thebes qui fu maistre de hercules/ Et ces .iii. furent ou temps des juges qui regnoient ou peuple de israel environ. .v.c .xxvii. ans/ avant que chales fust/ environ .xliii. ans avant que theseus le roy d’athenes ravist helayne la fille au roy de thebes environ .lxxxviii. ans ains que troye fust destruite/ Et de tous yceulx .iii. orpheus fu le plus sollempnel/ Et cestui fu cellui dont les poetes parlent qu’il ala en enfer querir erudice sa femme la quelle le serpent avoit pointe en fuyant par le pré quant euristus le frere orpheus la vouloit violer la quelle fable a bon entendement moral peut estre entendue Sicomme fulgence ou livre des natures des dieux tres clerement l’expose/ De cestui orpheus aussi parle boece ou .iii.e de sa consolacion a la fin et ovide en methamorphoseos ou .x.e/ Cestui orpheus aussi a parler proprement sanz nulle ficcion si que boece recite en sa musique estoit tres bon cithariste C’est a dire tant melodieusement faisoit sons en la harpe/ que par les proporcions des acors tant a point ordenez il garissoit de plusieurs maladies/ et les tristes faisoit estre joyeus.
¶ Ces .iii. poetes dis par maniere de fictions & de paroles transumptives parlans des choses de nature disoient que occean c’est a dire la mer ou l’abeisme ou a tres grant inundacion d’eaues/ Et thetis qu’ilz disoient la deesse de humeur sont parens de generacion/ Et par ce dist il comme par singuliere similitude ilz donnoient entendre que eaue fust le principe de la generacion des choses/ Encore ceste sentence par autre fabuleuse narracion ilz couvroient disant que le sacrement et le serment des dieux estoit par l’eaue qu’il appellent stix/ La quelle est un fleuve d’enfer/ Et par ce que ilz disoient les dieux faire leurs sacremens & leurs sermens de l’eaue pour ce que sacrement se fait tous jours par ce qui est plus digne/ Car le parfaict precede l’imparfaict de nature et de temps ilz se donnoient a entendre que l’eaue fust plus honorable et plus digne des dieux/ Et dont comme il appere qu’ilz cuidassent l’eaue premiere et plus ancienne des dieux/ lesquieulx dieux peut estre ilz entendoient estre les corps du ciel ou autres corps sensibles/ Car ancore des choses sepparees n’avoient cognoissance/ Il dit que nulle plus ancienne oppinion de ceste n’a esté es choses de nature/ La quelle soit cogneue/ meismement ancore ceste oppinion a esté nagaires d’aucuns renouvellee/ non pas qu’ilz deissent l’eaue plus noble ne si noble que dieu comme yceulx premiers firent/ mais sans ficcion aucune ilz la disoient & affermoient estre premiere & aussi la derreniere des choses de ce monde/ car meismes ilz la mettent premiere que le ciel/ Car la premiere espere/ c’est assavoir une que ilz ymaginent comprendre La .ix.e ilz la mettent estre eaue Sicomme plus plainement frere rogier bacon le recite en son livre du ciel ou .xii.e chapitre/ Et peut estre a ce ilz se mouvoient cuidans les vieulx poetes accorder avecques eulx/ ou peut estre pour les diz des philosophes nommans en plusieurs lieux les eaues sur le ciel/ Toutefoiz tant yceulx philosophes que aussi les poetes en tant comme a bon sens se puissent ramener au moins le plus des choses en enveloppement et soubz ombre parlerent non les nouveaulx mais yceulx anciens en tant que des sciences les portes vous ouvrirent vous les devez excuser amer et supporter.
Les contre dis d’aristote aux autres philosophes.
Aristote qui lonc temps fu apres ou quel je fus tres vraye et certaine par le moyen de son noble engin et entendement qui moy et mes filles attrey les plus soubtilles impugnatables/ & les autres poetes non mie les impugna en tant comme poetes/ mais en tant que ilz semblent philosophes/ et sont hors de verité/ aussi recite il d’ippones/ le quel sicomme maisme il recite sur le livre de l’ame/ fu de tres rude engin/ car il mettoit l’ame des bestes et des hommes estre eaue/ Cestui dit il suivi du tout thales sanz lui riens adjouster/ Et pource dit il nulle louange ne nul pris n’en doit recevoir.
¶ A autres philosophes je dis et fis a croire que l’air estoit principe de toutes choses si comme a dyogenes & anaximenes/ et disoient que l’air estoit premier de l’eaue Et principe de toutes choses simples/ c’est a savoir des elemens/ Si est a savoir que .ii. anaximenes furent et tous .ii. philosophes C’est assavoir l’un du temps aristote/ Et de cestui il n’entent pas ycy/ mais cestui anaximenes dont il fait mencion fu disciple d’anaxamandra qui disciple avoit esté thales devant dit/ Et cestui anaximenes & anaximendra furent du temps que cirus conquist le royaume de mede/ et transporta aux persens ou temps de la destruccion du temple de jherusalem/ En ce temps cy aussi c’est assavoir ou temps d’anaximenes regnoit tarquin l’orgueilleux. Le .vii.e et le derrenier roy de romme/ cellui qui fu chacié pour tarqui son filz qui viola lucrece/ cellui aussi fu disciple d’anaximenes/ Toute foiz tant de difference ont ilz qu’anaximenes mettoit l’air simplement principe se non en tant que composé il fust avec raison divine/ Et de ce vint une oppinion qui est recitee sur le premier de l’ame/ Et la raison peut estre fu tele qui les mouvoit Car ilz veoient que par respiracion d’air la vie de plusieurs animaulx au moins du plus des bestes est sauvee/ Et sanz air elle est anichilee/ Et aussi car ilz veoient par imitacion & ensuite de l’air varier les generacions et les corrupcions des herbes et de plusieurs des choses.
¶ .ii. autres philosophes c’est assavoir ypassus et eraclitus mirent le feu estre principe et matere des choses et peut estre furent meus a ce pour la soubtilleté et noblece qu’il a/ Car meismes pour ce que ilz le veoyent luisant et monter contre mont/ ilz cuidoient le ciel estre de feu/ Cestui eraclitus/ pittagoras/ democritus et anaxagoras & plusieurs autres furent tous en un temps/ C’est a savoir ou temps que prophetisoient/ en judee/ aggenus/ zacharias/ et malechias/ ou temps du dit cirus.
¶ Cestui eraclitus sicomme il avoit oppinion ou feu quant aux principes & causemens des choses ainsi comme on lit fu tout le premier de tous les anciens qui par maniere d’art trouva deviner ou feu/ et celle art que on dit piromancie/ Et sicomme on lit en aucuns traictiez d’elle/ lui lonc temps ainçois pronostiqua la desolacion de babiloine la cité devant qu’elle fust avenue.
¶ Ainsi diversement mirent yceulx le principe de matiere/ C’est assavoir d’eaue d’air & de feu en y adjoustant le quart element/ c’est assavoir la terre ilz en disoient toutes choses causees/ et les disoient estre incorruptibles & ingenerables/ sicomme faisoient ceulx qui mirent un principe/ mais il metoit que par l’assemblement d’entre eulx selon diversité de plus ou de moins se causoient les diversitez des choses qui se font.
¶ Dont combien que anaxagoras fust ainsné d’empedecles en temps/ toutefoiz fu il plus novice en savoir/ Car comme un chacun abregier doye a son povoir les principes des choses par quoy moins en deust avoir mis que ne fist empedocles le quel en mettoit trop sicomme plus plainement il appert ou premier de phisiques/ Cestui ancore pour les accroistre les mist infinis/ c’est assavoir car il disoit les elemens et toutes choses estre faites d’infinies petites parties/ lesquelles il mettoit estre les drois princippes & mettoit les choses estre engendrees & corrompues par congregacion & disgregacion/ c’est a dire par assemblement & desassemblement d’icelles N’autrement ycelles ne pourissent ainçois pardurablement demeurent/ Dont par les choses ja dictes de Aristote conclut que par anaxagoras et par les oppinions des jadis philosophes on ne peut autre chose cognoistre fors seulement la cause de matiere.
Encore des oppinions.
Pittagoras disoit les esperes qui sont menez ou ciel estre dix. Combien que tant seulement .ix. en soient apparans/ c’est a savoir .vii. comprises par les mouvemens des planettes/ l’uitieve par le mouvement des estoilles/ et la .ix.e par le mouvement journal qui est le premier mouvement/ mais pittagoras adjousta la .x.e antixthonan c’est a dire menee au contraire des mouvemens/ et par consequant sonnent contrairement/ Car comme il mist & aussi le mirent plusieurs autres que des mouvemens des esperes du ciel se facent armonies Car comme ilz considerassent que naturellement noz pensees lesquelles ilz metoient de nature celeste se resjouissent de sons qui sont par mesure ordenez/ considerans aussi que tous sons sont de mouvemens causés/ Car sanz mouvement nul son ne seroit fait voyans ou ciel esperes et cercles de diverses grandeurs preporcionnees les unes vers les autres ce leur sembloit par moult nobles mesures et meues aussi de mouvemens couvenables a elles ymaginans par ces choses ou ciel estre grans melodies/ lassus ilz affermoient estre parfaicte musique/ et celle de ça bas estre dirivee de celle de lassus Et aussi selon ceste leur ordenance le mouvement journel qui va d’orient en occident au contraire des autres seroit en l’espere .x.e & la .ix.e seroit celle la quelle si mouvroit toutes les esperes basses au contraire du premier mouvement.
¶ Pittagoras et ceulx de sa secte par lui instruis mettent les principes des choses encheans es causes dessus dictez/ si mettent nombres ainsi que matere et princippe des choses et les passions des nombres ainsi comme les passions ou les abis des choses/ si que nous entendions par passions accidens/ legierement passibles et par abis accidens permanens/ sicomme ilz mettoient que la passion d’aucun nombre selon la quelle il est dit pareillement per estoit princippe de justice pour l’equalité de sa division Car tout nombre qui equalement se devise par egales moitiez sicomme .viii. se devise en .ii. quatre & quatre/ en deux deux/ et .ii. unitez et plusieurs autres par semblable maniere/ yceulx ilz disoient princippes de justice/ Et par semblable maniere les autres accidens des choses ilz assimuloient aux accidens des nombres & mettoient les principes des nombres per et non per/ pour ce qu’icelles sont leurs premieres differences mais le nombre per ilz metoient estre le principe d’infinité Et le nombre non per estre princippe aux choses lesquelles sont fenies/ Sicomme plus plainement il appert declairié sus le .iii.e de phisiques/ c’est assavoir que le nombre per semble estre couvenable a division.
¶ Pour ce infinité par especial se semble ensuivre a la division des choses continuees/ Et le nombre non per si a le per soubz lui/ & ancore unité la quelle est cause de indivision/ Et aussi prenoient ilz que les nombres non pers adjoustez par ordre l’un a l’autre retiennent la figure des quarrez nombres mais les pers varient leurs figures/ Sicomme .iii. adjoustez avec un qui est le principe des nombres/ causent ce nombre .iiii. le premier de tous nombres quarrez/ car .ii. fois .ii. sont .iiii. Et de rechief cinq qui apres .iiii. est le premier nomper adjousté avec .iiii. fait .ix. qui est second quarré/ car .iii. fois .iii. sont .ix. Et ancore adjousté .vii. a .ix. font .xvi. qui est le tiers quarré car .iiii. foiz .iiii. sont .xvi. Et apres adjousté .ix. a .xvi. font .xxv. qui est le quart quarré/ Et ainsi de tous autres. Mais se le nombre de .ii. qui est le premier nombre per est adjousté a un il constitue nombre triangulier/ c’est assavoir .iii. Et se a lui estoit adjousté .iiii. qui est le second per il constitue .vii. qui n’a tele figure/ Et ainsi les nombres pers adjoustez aux quarrez ne gardent point une meismes figure/ Et pour ceste raison leur attribuoient infinité/ et aux nompers finité/ Et pour ce que finité si signifie fourme a qui compette l’active vertu/ Et infinité en depart la matiere a qui compette passibilité/ pour ce les nombres pers ilz disoient femmelles et les masculins nompers/ Et de ses .ii. diversitez per et nomper feni et non feni non pas seulement ilz constituoient nombre mais aussi unité/ Car unité disoient ilz est per et nomper en vertu/ pour ce que toutes differences de nombres en vertu couviennent a unité/ Car tout se retournent en elle & elle en nesune/ Car combien que unité de fait ne soit pas aucun nombre. Toute foiz disoient ilz en vertu elle est un chacun nombre/ Et pource la mettoient ilz constituee de per et de nomper/ Et tous nombres constituez de elle Et mettoient le ciel et toute chose sensible estre faictes de nombres/ Et ytele estoient l’ordre des princippes qu’ilz mettoient.
De ce mesmes.
Aucuns autres naturiens anciens furent qui mirent mouvement c’est a savoir en tant comme ilz mettoyent un principe le quel par reffaccion et condempsacion ilz disoient mouvable du quel aussi engendrees metoient les diversitez des choses/ Et par ceste maniere le monde disoient engendré selon toutes differences des parties de lui/ Toute foiz car en lui ne mettoient variacion se non selon les accidens/ pource concluoient ilz que selon substance tout le monde fust un/ autres plusieurs oppinions furent dont la narracion longue seroit/ mais en brief yceulz anciens philosophes s’entre accordent assez en ce que ilz dient es choses aucun principe de matiere/ sicomme thales et dyogenes & leurs semblables/ & les aucuns si en misdrent plusieurs sicomme empidocles/ Et aucuns autres aucunes choses non corporelles sicomme ceulx qui mirent dualité/ c’est a savoir platon qui mist & grant et petit/ lesquieulx ilz dient non estre corps/ les ytaliens aussi c’est a savoir pitagoras ont remis infeni/ le quel de rechief pas ne mettoient corps/ Empedocles aussi les .iiii. elemens qui sont corps pour principes mettoient aussi anaxagoras mettoit infinité de semblables parties/ c’est assavoir infenies pars semblables estans indivisibles pour principe des choses/ Et tous ceulx ci ont touché tele cause/ c’est assavoir la cause de materre/ Et ceulx aussi qui ont dit l’air ou l’eaue ou le feu pour principes ou autre moyen entre yceulz elemens sicomme plus espeus de feu ou plus tenues d’air/ Tous yceulx ont mis ycellui corps estre premier principe et element des choses/ Et ainsi appert il que tous ceulx devant diz quant aux choses ja dictes ont mise seulement cause materielle autres plusieurs yceulx anciens ensuivirent que je delaisse pour briefté/ Toutefoiz est a notter que tant avons eu d’eulx que par leurs diz ne causes ne principes oultre yceulx canons mis en phisiques/ nul de eulx n’a diffini/ bien qu’encore obscurement trestous/ toutefoiz les aucuns y semblent approcher/ C’est a savoir yceulz qui materre estre principe dirent/ fust une ou plusieurs ou corporee ou non/ aussi platon qui mist grant et petit & les ytaliens qui mirent infini/ Et empedocles/ l’eaue le feu l’air et la terre/ Et anaxagoras l’infinité de semblables parties/ Car tous ceulx ci toucherent celle cause/ voire et aussi tous ceulx qui ont touché d’air et d’eaue ou de plus espés de feu ou de plus soubtil d’air/ lesquieulx ilz assignoient estre element premier/ yceulx tous seulement ont touché de materre.
¶ Mais les autres du principe de mouvement toucherent/ c’est a savoir tous ceulx qui amistié ou haine ou entendement mirent estre principes.
¶ Toutefoiz qui soit l’estre ou substance es choses plainement nul ne dist/ Toutefoiz cuidoient ycelles estre causees d’immobilité et de reposement/ Et pour ce de ce qui est la substance aux choses ilz mirent especes estre causes/ et un la cause des especes.
Encore de ce.
Comme ces choses soient obscures a sentir aux gens lais et rudes a dire en lengage vulgar et meismes a ton entendement pour la grosseur de lui estranges passeray oultre des oppinions des anciens philosophes lesquieulx en assez de manieres fis errer sus les princippes des choses.
¶ Mais de ces choses fu je clere a mon tres amé filz aristote le prince de philosophie le quel reprima yceulx anciens par vives raisons sicomme cy en brief te toucheray sanz du tout definir/ car longue en seroit la narracion non delitable a ceulx qui ne la sentent/ Aristote donques reprime les oppinions d’icelz anciens philosophes es principes des choses/ Et pour ce faire il se devise en .ii. parties premierement/ il impreve les singulieres oppinions/ et d’enciennement il requeult les choses qui sont dictes et les continue a celles qui ensuivent/ la premiere par ce divise en .ii. autres/ premierement il impreuve les oppinions de ceulx qui naturellement ont parlé .ii.ement des pittagorians & des autres/ encore en la premiere