CHAPITRE IV.
De la necessité de changer les peines qu’on inflige à l’enfance & à la jeunesse.
Nous avons vu dans les chapitres précédens, que les flagellations faites sur le dos produisent des effets non équivoques sur le physique de l’amour. La découverte de cette vérité nous a conduits à faire observer que les célibataires _cloîtrés_ devroient bannir de leur regle le fouët & la discipline; elle nous conduira à déduire, du même principe, des conséquences qui ne seront pas moins justes.
Pourquoi le fouët est-il toujours le châtiment qu’on inflige aux enfans?... Cette peine peut-elle influer en mal sur leur éducation physique & morale?... Voilà les points que je me propose d’éclaircir dans cette partie de mon ouvrage. Cet examen est plus intéressant qu’on ne pense.
L’éducation physique & morale des enfans intéresse sans doute le gouvernement: cependant voit-on qu’il s’en occupe! On en laisse tout le soin à des parens qui, en général, s’en déchargent sur des nourrices, des valets, des pédans, des sots, des crapuleux, &c. &c.
Quand on ne devroit prêcher le bien aux enfans que par le bon exemple; on ne le fait que par de grossieres paroles, des menaces, & la correction. Qu’est-ce que cette correction? C’est le fouët. Les meres ne connoissent que ce remede à un verre ou une bouteille cassés; les précepteurs n’en employent point d’autre pour donner du goût pour le latin, cette langue qui, grâces au ciel, sera bientôt oubliée, & qui fait depuis tant de tems le désespoir des écoles.
Que résulte-t-il de l’emploi du fouet? On y habitue de petits mauvais sujets qui s’en font même un jeu entre eux dans leurs momens de recréation; ainsi qu’on l’a vu dans les citations de _Jean Pic de la Mirandole, & de Calius Rhodiginus_. (Chap. II de cet ouvrage.)
Il ne manqueroit certainement pas d’autres manieres de punir des enfans oisifs ou vicieux: car J. J. a écrit cinq ou six volumes sur l’éducation, sans fouëtter son éleve une seule fois: aussi son ouvrage n’a-t-il pas remporté le prix, & les éducations se font toujours aussi mal que jadis.
Je suppose qu’il fut nécessaire, dans certains cas, d’infliger aux enfans des peines corporelles; devroit-on frapper le coupable sur le dos? On nous apprend pendant les cinq ou six premieres années que nous vivons à cacher notre derriere & les parties _honteuses_; au bout de ce tems vient un régent qui nous force à déboutonner nos culottes, à les abattre, à trousser la chemise, à tout montrer, pour recevoir les étrivieres en pleine classe. Ces parties ne seroient-elles plus _honteuses_, quand c’est un cuistre qui les regarde & qui les touche?
S’il arrivoit au moins que ce châtiment fût distribué avec justice; mais le célibataire qui punit, n’est-il pas souvent de la compagnie de la _manchette_? Et ne choisit-il pas pour l’opération le derriere qui le flattera le plus? J’ai observé pendant tout mon cours de collége, que les écoliers maigres & laids n’étoient jamais fustigés. Au plaisir qu’ont quelques pédans à entendre le bruit que font les coups de fouet qu’on applique sur le dos du patient, on doit juger qu’il y a, dans cette cérémonie, si souvent répétée, plus que la satisfaction de corriger. Etres barbares & corrompus!... De qui tenez-vous le droit de mutiler l’enfance & de faire servir l’innocence à vos plaisirs, ou plutôt à vos saletés!... Je le répete, ces abus, quoique fort anciens, méritent l’attention du gouvernement; ils exigent une réforme; car les maîtres d’école, les précepteurs, les régens, sont en général si méprisables, qu’il n’y a jamais un écolier qui ne méprise les siens, lorsqu’il est homme.
La mauvaise habitude que l’on a de frapper sur le derriere des enfans, leur donne celle de porter souvent les mains à cette partie; elle leur apprend, comme je viens de le dire, à se fustiger entre eux; de là différens attouchemens qui les éclairent peu-à-peu, & qui font que la débauche devance, en eux, le mouvement des sens.
Plusieurs enfans élevés ensemble, & de la maniere accoutumée, deviennent toujours polissons[27]. Ils se touchent les uns & les autres, ils en viennent petit à petit à la masturbation, & ne finissent que trop souvent par le péché des Jésuites. C’est dans ces assemblées de jeunes écoliers que s’apprennent toutes ces sottises qu’on ne peut ensuite cacher dans la société: on y apporte des plaisirs infâmes, des goûts dépravés & peu délicats.
[27] Ce qui prouve qu’il y a peu de bons parens, c’est qu’on voit subsister une quantité de ces auberges, qu’on appelle _pensionnats_, où l’on entasse les enfans dans de grandes salles, toujours malsaines, & dans lesquelles il est défendu à ces jeunes êtres de s’égayer, de jouer, & de suivre le penchant de leur âge. Les maîtres de ces petites maisons de force se font bien payer pour mal coucher, mal nourrir les enfans, & pour les rendre stupides, ou vicieux.
Je suis surpris que les ecclésiastiques osent se charger d’élever les enfans, puisqu’il est reçu parmi nous qu’on ne peut en venir à bout sans donner le fouët. J’aurois cru que la décence de leur état ne leur permettoit pas de regarder ni de toucher des fesses. Mais, je l’ai déja fait remarquer dans le troisieme chap. les moines & les abbés ont la fureur de fouetter; les cris, les pleurs d’un innocent ne les attendrissent point; la jouissance de voir un beau _postérieur_ l’emporte sur la pitié. On a toujours vu que c’étoit des moines qui dirigeoient les maisons de correction, qui les avoient même fondées; ces bourreaux débauchés voulurent contempler & claquer des derrieres; ils surent même si bien s’arranger, que des peres imbécilles eurent la bonhomie de leur fournir de bonnes pensions pour cela.
Je pense que ces réflexions sont plus que suffisantes pour engager le gouvernement[28] à forcer les pédans de changer les peines usitées pour l’enfance. Si cet objet lui paroît de peu de conséquence, j’espere que les parens y feront attention, & qu’ils tâcheront de détourner des regards d’un enfant tout ce qui peut le conduire au mal.
[28] On peut dire que l’administration publique néglige un peu trop dans tous les pays l’éducation des enfans; cependant il y en a où je voudrois être né de préférence. Ce n’est pas à coup sûr dans les endroits où les régens sont célibataires, & cela pour cause. Il viendra, sans doute un tems, où l’on connoîtra mieux le prix d’une bonne éducation; alors on ne choisira plus pour instituteur un malheureux vaurien qui ne sait que cracher deux ou trois mots de latin; des honnêtes gens s’honoreront du nom de précepteurs; & la vertu seule aura le droit d’occuper les places de régens que le gouvernement & le public estimeront & payeront généreusement.
CONCLUSION.
L’expérience nous apprend que quelques personnes ont recours aux flagellations pour se disposer aux combats amoureux. La physiologie & l’anatomie démontrent comment ces flagellations operent sur les parties de la génération, quoiqu’elles ayent été faites sur le dos. Les infortunés qui se livrent à ces désordres sont sans doute à plaindre[29], puisque ce n’est que par de cruelles douleurs qu’ils esperent connoître les plaisirs de l’amour; puisqu’enfin l’arc du petit Cupidon ne peut être tendu qu’à l’aide de ce préliminaire affligeant & peu délicat.
[29] Il est encore un être bien plus à plaindre, c’est une jeune beauté que la force, ou des conventions d’intérêts font passer dans les bras d’un époux qui ne pourra remplir les fonctions du mariage sans la petite poignée de verges; la nouvelle mariée passera de cruelles nuits, avant qu’on ose lui proposer de recourir à cette honteuse ressource; ensuite il faudra qu’elle fasse de grands efforts pour s’y résoudre; & je doute que son bonheur soit jamais parfait. Puisqu’on ne consulte pas la force des tempéramens avant que de les unir, faut-il être surpris qu’il y ait tant de femmes infidelles, & tant de maris ridiculisés?
Quelques auteurs prétendent que l’habitude de se faire fouëtter, se contracte depuis l’enfance; cela peut être vrai par rapport à quelques individus; mais je pense qu’on ne peut en général la faire naître d’une cause si éloignée. Les amateurs du sexe ont quelquefois des goûts bien dépravés, ils cherchent des jouissances extraordinaires: je crois que cela ne se voit que chez ceux qui sont d’une foible constitution, ou qui se sont épuisés dans leur jeunesse. Il y a beaucoup de gens qui ne peuvent donner du ressort au membre viril, qu’en jouissant du spectacle de deux êtres vigoureux, qui luttent & se pâment sur le lit de Vénus. Toutes ces ressources annoncent un grand épuisement dans le physique de celui qui les exige.
De tous les moyens capables d’exciter à l’amour, le fouët est celui qu’on doit le moins rechercher; outre qu’il est le plus nuisible, il ne peut gueres se pratiquer que chez des femmes prostituées[30]. Il y a pourtant des hommes qui ont besoin d’excitatifs; il est du devoir de la médecine de les éclairer sur ceux qui ne peuvent pas déranger leur santé ni les avilir. C’est ce qui m’engage à joindre à ce petit ouvrage une dissertation sur la nature & l’effet des _aphrodisiaques_[31]. Qu’on ne s’y trompe pas, mon but n’est point de favoriser le libertinage. Je ne vais dévoiler les secrets de mon art que pour l’utilité de quelques maris glacés, & de tant d’épouses qui gémissent sur le lit nuptial.
[30] Les catins sont presque toujours plus fieres que les honnêtes femmes, & ne se croyent pas du tout méprisables. Cela paroît un peu choquant. Cependant je pense qu’elles ont raison. Placées comme des barrieres entre l’hymen & le célibat, les filles de joie servent de victimes pour sauver la vertu des autres femmes; elles consolent le premier venu des rigueurs d’une personne délicate; elles se prêtent docilement aux désirs de l’amateur le plus dépravé; le même lit sert au militaire le plus étourdi, & au capucin le plus sérieux. Elles n’ont point tort de se montrer en public avec cette ostentation qui leur est si commune, car c’est une gloire pour elles de vouloir bien se soumettre à exercer un état qui est si avilissant en lui-même.
[31] C’est le nom qu’on donne à de certains remedes qui ont la propriété d’exciter aux plaisirs de l’amour.
DISSERTATION
SUR
Les remedes capables d’exciter aux plaisirs de l’amour.
Les plaisirs que procure l’union des deux sexes, sont les plus vifs que l’on puisse goûter; ce n’est qu’en amour que le riche & le pauvre trouvent la volupté; & le simple berger n’est pas moins heureux sur le sein de Colette qu’un souverain dans les bras de son amante.
Mais l’amour est comme le dieu _Mars_, il lui faut des sujets vigoureux; les grâces, l’esprit, les talens peuvent lui plaire, cependant la vigueur seule à le droit de le fixer. Comme on ne peut pas douter de ces vérités, il est intéressant pour le bien de la population & la satisfaction de chaque individu, que la médecine s’applique à trouver les moyens les plus propres à nous faire longtems jouir des charmes que procure l’amour. C’est pour remplir les devoirs d’un médecin zélé que je mets la main à la plume; c’est pour servir l’Etat & l’amour; mais, je le répete, mon but n’est point de favoriser la débauche.
Je ne sais pourquoi MM. mes confreres ont été si scrupuleux sur cet article; ils se sont tous accordés à garder le silence à ce sujet, ou du moins ce qu’ils en ont dit, est enseveli dans de pesans volumes de matiere médicale. L’acte vénérien étant un besoin de nature comme ceux de manger, de boire, d’uriner, d’aller à la selle, &c. il est surprenant que la théorie & la pratique médicinale ne s’occupent que de ces derniers. L’espoir d’être utile fait que je renonce à l’usage, ou plutôt aux préjugés reçus dans nos _facultés_: j’entre en matiere.
Les causes de la froideur conjugale, c’est-à-dire celles qui empêchent un individu de se livrer au coït, sont, un tempérament trop foible, reçu de la nature, un épuisement qui est la suite de quelques excès, & la vieillesse. Ces trois différentes maladies exigeant des traitemens qui doivent différer entre eux, il est important de ne pas se tromper dans l’administration des aphrodisiaques qu’on employe dans l’un ou l’autre cas. Afin de me rendre intelligible à tous les lecteurs, je vais diviser ces maladies & la maniere d’y remédier, en trois paragraphes.
§. I. Chaque individu reçoit de la nature, de ses parens, de l’éducation, une organisation & un tempérament bien différens. Quelques êtres sont privilégiés, ils naissent, & se forment pour la gloire de l’amour: tel fut cet empereur qui écrivoit à un de ses amis, qu’ayant fait cent prisonnieres, la premiere nuit dix d’entr’elles goûterent dans ses bras ce que l’amour offre de plus charmant, & qu’en quinze jours, toutes avoient senti les mêmes douceurs: tel fut encore ce tambour de royal Wallon qui parcouroit à pas lents un cercle de cent hommes, avec un seau plein d’eau portant sur son... _&c_. Les hommes de cette espece sont fort rares; on en trouve plus de ceux qui sont trop foibles que de ceux qui sont extraordinairement vigoureux.
Lorsqu’on a atteint l’âge de puberté, & qu’on s’apperçoit qu’on le parcourt sans avoir les forces nécessaires pour profiter d’un bon à propos; c’est un signe certain qu’on ne jouit pas d’une bonne santé. Il faut observer si cette fonction est la seule qui se fasse avec peine, c’est-à-dire, si cette maladie est, comme disent les médecins, essentielle ou symptômatique: dans ce dernier cas on peut être assuré que le froid de l’amour se dissipera aussi tôt que le vice principal sera détruit. Mais si l’on ne s’apperçoit d’aucune autre incommodité, on usera d’un régime & de médicamens capables de faire convenablement opérer la sécrétion de la semence, & propres à donner aux fibres le ton & l’élasticité dont elles ont besoin.
Un jeune homme, quoique naturellement foible, viendra à bout de se donner un bon tempérament, en ne faisant aucun excès de quelque espece qu’il puisse être, en faisant usage de bons alimens, en se livrant à un exercice modéré, en fuyant les boissons spiritueuses, les veilles & sur-tout la masturbation: voilà ce qui concerne le régime. Passons aux remedes. Il boira, le matin à jeun & le soir deux heures après le souper, un verre d’une décoction de _sauge_, édulcorée avec un peu de sirop d’_œillet_. Avant le dîner, il prendra gros comme une noix de l’électuaire suivant; ce qu’il continuera jusqu’à ce qu’il ait acquis un certain degré de vigueur.
Electuaire.
Prenez, conserve de romarin, deux onces, Racine d’éryngium confite, six gros, Amandes douces, une once & demi, Macis, un scrupule. Confection alkermès, quantité suffisante pour donner à l’électuaire la consistance requise[32].
[32] Comme cet électuaire pourroit ne pas être du goût de tous les malades, on pourra y substituer d’autres aphrodisiaques: on trouvera, dans le troisieme paragraphe, une liste de toutes les substances qui sont de cette nature.
§. II. Quand la foiblesse des parties de la génération est une suite du libertinage & l’effet d’un épuisement général, il faut d’abord que le malade s’éloigne des plaisirs de la ville & de ses sociétés dangereuses, pour aller respirer l’air de la campagne. Il se mettra à l’usage du laitage, si son estomac peut le supporter; ses alimens seront les œufs frais, des viandes légeres, du bon bouillon, &c. Il prendra chaque jour le soir & le matin, une petite cuillerée de l’essence suivante.
Essence animale.
Prenez une pinte de bonne eau de vie, versez-en la quatrieme partie dans un grand vase de fayance, faites-y dégoûter le sang de sept jeunes coqs, & ayez soin de battre l’eau-de-vie à mesure que le sang y dégoûte, versez-y ensuite le reste de l’eau-de-vie, en remuant toujours. Ajoutez à ce mélange deux dragmes de canelle concassée, & demi-livre de sucre candi en poudre; mettez le tout dans une bouteille de grès bouchée avec liége, mastic fondu, & de la vessie de cochon. Enterrez la bouteille dans le fumier de cheval pendant quarante jours, ayant soin d’ôter celui qui est dessus & froid, tous les trois jours, pour en mettre du chaud.
Cette essence est un puissant remede pour la génération; elle est utile dans toutes sortes d’occasions où la nature manque, & sur-tout dans les épuisemens par débauches.
§. III. L’amour seme notre carriere de fleurs, mais la nature ne nous donne qu’un tems pour les cueillir. L’homme trouve toujours une belle femme de son goût, il ne peut cependant pas le lui prouver à tout âge. Voyez _Mondor_, regardez son hôtel, ses valets, sa cuisine, son office, sa table, tout annonce l’aisance; il n’est pourtant pas heureux: son or lui donne bien de belles esclaves, mais en amour, posséder n’est pas toujours jouir.
Quoique l’âge de la vieillesse soit froid & presque impuissant, il est prouvé que l’on peut encore le rendre agréable par les secours de l’art. Tout Paris a vu un doyen des maréchaux de France, courtiser les femmes pendant soixante ans & plus, & se marier dans l’âge que l’on regarde communément comme celui de décrépitude. Ce seigneur a de grandes obligations à la médecine, qui ne lui est pas moins redevable de son côté, puisqu’il sert à prouver que les ordonnances hypocratiques ne sont pas toujours des rêveries.
Un homme d’un certain âge, qui veut connoître les plaisirs de l’amour, doit faire usage de bons alimens, manger peu & souvent. Il faut qu’il prenne tous les mois un bain de lait. Il se fera faire tous les soirs, en se couchant, des embrocations sur les lombes avec de l’huile de _castor_, ou de l’esprit de vin dans lequel on aura fait infuser du saffran. Il se baignera chaque jour les parties génitales dans une décottion de _surriette_, faite dans du vin rouge. Avec toutes ces précautions, le remede qui perfectionnera la cure, est le suivant.
Liniment de virilité.
Prenez du miel clarifié & de l’huile de noix muscade par expression, une demi once de chaque sorte; de la pirethre, du poivre noir, & des cubébes, une demi-once de chacun; du musc, un demi scrupule; de la civette, un scrupule; du baume du Pérou, un gros; faites-en un liniment suivant les regles de l’art.
Ce liniment est destiné pour oindre la verge & le périnée, ce qu’on ne fera que de trois jours en trois jours au plus, car il excite singulierement aux plaisirs de l’amour[33].
[33] Il ne seroit pas moins utile aux jeunes gens qui sont impuissans, qu’aux vieillards. C’est l’aphrodisiaque le plus prompt, & le plus assuré.
Comme il ne suffit pas que la chaleur animale soit momentanée, les vieillards feront un usage constant de l’électuaire suivant; ils en prendront, une heure avant le dîner, gros comme une noix muscade.
Electuaire aphrodisiaque.
Rx. Conserve de racine d’éringium, de satyrion... _aa_ deux onces; de gingembre confit, six gros; d’amandes douces, une once; de confection alkermès, un gros; de poudre de semence de roquette & de moutarde, trois gros de chaque; especes diatrion piperon, deux gros; syrop de racine d’énula, une quantité suffisante. Mêlez le tout pour former un électuaire.
On sera peut-être surpris que je n’aye fait aucune mention de l’usage des cantharides; mais les vrais médecins ne les ont jamais regardées comme de vrais aphrodisiaques. Elles n’agissent qu’en irritant les voies urinaires, & l’irritation qu’elles y produisent, est souvent mortelle. Je conseille donc de n’y avoir jamais recours, il ne manque pas de moyens plus sûrs & moins dangereux, ainsi qu’on le verra dans la liste suivante.
Je le répete, mon intention n’est pas de favoriser la débauche; il faut toujours réfléchir qu’on ne doit pas sacrifier sa santé à des plaisirs d’un moment. L’amour est la plus belle des passions; mais elle est aussi celle qu’il importe le plus de diriger. _Qui diligit sapientiam; diligit vitam._
CATALOGUE
DES SUBSTANCES
aphrodisiaques.
La _camphrée_; cette plante ne se cultive que dans les jardins botaniques. Elle fortifie les nerfs, & répare la perte des esprits. On ne s’en sert pas dans la pharmacie.
Le _cheiri_, ou la giroflée jaune; il vient sur les murailles, il fleurit en Mai & Juin. Quelques apothicaires en préparent une huile.
La _marjolaine_; cette plante est très-connue.
La _roquette_; on la cultive dans les jardins; il y en a aussi une sauvage qui n’est pas moins bonne.
Les _feuilles d’inde_; c’est une feuille oblongue, pointue, compacte & luisante, distinguée par trois nervures qui vont de la queue à la pointe, son odeur approche un peu de celle du clou de girofle. C’est la feuille d’un grand arbre commun dans les jardins des Indes orientales. Elles entrent dans la composition de la thériaque de Venise.
Le _marum vulgaire_; c’est une plante ou un arbrisseau chargé de branches rondes, larges, avec deux feuilles à chaque articulation un peu plus grandes que celles du thym, mais semblables du reste. Elle est d’une odeur agréable, & a à-peu-près les propriétés de la marjolaine.
Le _marum_ de Syrie; c’est une plante plus basse & plus tendre que la précédente. Elle vient dans l’île de Candie & dans la Syrie. Son odeur est fort piquante & fort agréable. On tire de cette plante un excellent sel volatil.
L’_origan_ vulgaire; c’est la marjolaine sauvage. Cet origan n’est pas si fort que le suivant.
L’_origan_ de Crète; cette plante naît dans l’île de Candie, & dans d’autres parties de la Grece; elle a des feuilles plus longues & plus blanches que la marjolaine. C’est une plante aromatique fort chaude, mais elle n’est pas d’une odeur bien agréable.
Le _ros solis_; il y en a deux especes; une à feuilles rondes, & l’autre à feuilles oblongues. La premiere espece est la plus en usage. C’est une petite plante basse, qui a une racine fibreuse; il sort de petites feuilles un peu creuses autour des tiges longues d’un doigt; les feuilles sont couvertes & frangées d’un velouté rouge qui donne une teinte rouge à toute la feuille. Elle vient dans les terreins humides dans une mousse d’un rouge pâle, & fleurit dans le mois de Mai. C’est un grand restaurant, & un échauffant. On dit que l’application extérieure de cette plante facilite l’accouchement.
La _sauge_; il y en a de plusieurs especes, mais la grande sauge des jardins est la meilleure. Cette plante a été en si grande estime, que les anciens poëtes en ont dit: _cur moriatur homo cui salvia crescit in horto?_
Le _jonc odorant_; il est commun dans l’Inde, & dans quelque partie de l’Arabie. C’est un aromatique fort agréable. Il entre dans la thériaque & autres compositions.
Le _serpolet_; cette plante est très-commune.
Le _thim_; celle-ci n’est pas moins commune, ainsi on n’en fera aucune description.
La _fauve-vie_; elle vient dans les rochers; c’est une plante petite & basse; ses feuilles sont en petit nombre, ressemblantes à celles de la rue. Elle n’a que deux ou trois pouces de hauteur. On la fait entrer dans les compositions pectorales.
Le _romarin_; les fleurs de cette plante sont le principal aromatique qui vienne dans nos pays. C’est avec ces fleurs qu’on fait l’eau de la reine d’Hongrie.
Les _fleurs d’orange_; ces fleurs sont fort connues.
Les _clous de girofle_; c’est le fruit cueilli avant sa maturité, d’un grand arbre qui a les feuilles semblables au laurier, qui croît dans les Indes orientales.
Les _œillets de jardin_; c’est un bon aromatique. On en fait un syrop, & une conserve qu’on trouve chez tous les apothicaires.
Le _jasmin_; ses fleurs sont de la même nature que celles d’oranges.
La _lavande_; ses fleurs ont les propriétés de celles du romarin.
Le _muguet_; les fleurs sont d’une odeur fort agréable, mais elles la perdent en les faisant sécher.
Le _stæchas d’Arabie_; c’est un grand cordial & qui fortifie les nerfs. Les apothicaires en font un syrop.
Le _tilleul_; ses fleurs sont bonnes pour fortifier les nerfs.
La _moutarde_; sa graine est tres-échauffante.
L’_anacarde_, ou la _féve de Malaga_; c’est une graine qui vient au sommet d’un fruit de figure conique, des Indes orientales. Il a la couleur & la figure du cœur d’un petit oiseau. Il est couvert d’une pellicule forte, qui renferme une substance spongieuse; au bas est enfermé dans une autre pellicule le noyau qui a le goût d’une amande. Ce fruit est fort chaud, & excite singulierement au plaisir de l’amour.
L’_acajou_, ou l’_anacarde occidental_; il est commun à la Jamaïque; il ressemble à un rein de lievre pour la grosseur & pour la figure. Ce fruit a les mêmes vertus que le précédent.
La _graine d’écarlate_, ou _alkermès_; c’est une baie d’une espece de chêne. Il fait le principal ingrédient d’une confection qu’on trouve dans les pharmacies sous le nom de confection _alkermès_; ce médicament est propre pour fortifier le cœur; l’estomac, le cerveau, & pour exciter la semence. La dose est depuis un scrupule jusqu’à un gros.
La _vanille_; elle vient de la nouvelle Espagne. On la mêle au chocolat pour l’aromatiser & le rendre plus échauffant.
Les _cubebes_; ce sont de petits grains ressemblans au poivre. Ils sont fort aromatiques & fort chauds. On en trouve chez les droguistes & les apothicaires.
La _noix muscade_; c’est le fruit d’un arbre qui vient principalement dans l’île de Banda aux Indes orientales. Sa dose en substance est depuis un scrupule jusqu’à un gros. C’est un aromate délicat, & un grand confortatif.
Le _poivre_; il a beaucoup des propriétés des cubebes, mais il est encore plus chaud.
Le _cacao_; il est très-connu comme un bon aliment; c’est le principal ingrédient du chocolat. C’est une amande de la grosseur d’une olive, qu’on cultive principalement dans les îles de Cuba & de la Jamaïque.
Les _pistaches_; ce sont des fruits oblongs de la grosseur d’une aveline, anguleux, plus élevés d’un côté, aplatis de l’autre; sous une écorce mince est contenu un noyau d’un blanc verdâtre, d’un goût huileux, un peu doux. Elles sont chaudes & restaurantes.
L’_écorce de Winter_; c’est une écorce aromatique, chaude, qui prend son nom de celui qui la fit le premier connoître en Europe. Elle passe pour une espece de canelle. Elle a une odeur qui ne differe pas beaucoup de celle de l’écorce du citron; elle est subtile & pénétrante. La dose est un demi gros en substance.
La _canelle_; cette écorce est très-connue.
Le _roseau aromatique_, ou _acorus verus_; c’est une racine aromatique qui a un peu d’amertume, qui a une odeur qui approche du porreau & de l’ail.
Le _galanga_; c’est une petite racine pleine de nœuds; on croit que c’est une espece d’iris. Son goût âcre, aromatique & un peu amer, pique & brûle le gosier comme le poivre.
Le _ginseng_; c’est une racine apportée du Japon; la feuille du ginseng est d’un pouce ou deux de long, de la grosseur du petit doigt, un peu raboteuse, brillante & comme transparente, ayant le plus souvent deux branches, quelquefois plus, garnies de fibres menues vers le bas; sa couleur est roussâtre en dehors, & jaunâtre en dedans; son goût est légerement âcre, un peu amer & aromatique; son odeur n’est pas désagréable. C’est un puissant aphrodisiaque.
Le _salep_; c’est une racine oblongue & quelquefois transparente, d’une couleur blanche-jaunâtre, de peu d’odeur & d’un goût visqueux. On la met en poudre, & on en fait une décoction qui restaure & fortifie.
Le _satyrion_; il y en a de deux sortes, le satyrion mâle, & le satyrion femelle. Le mâle, qui est celui qu’on tient dans les boutiques, à deux racines de figure ovale, aussi grosses qu’une petite olive, d’une couleur blanchâtre & pleines d’un suc visqueux. On ne se sert que de ses racines. Le satyrion femelle, est une plante un peu plus petite que l’autre; elle a à-peu-près les mêmes vertus, mais il faut la prendre en plus grande quantité. C’est un grand cordial & un grand restaurant. Elle à un grand pouvoir pour exciter aux plaisirs de Vénus. C’est certainement pour cela qu’on regarde comme un grand corroboratif l’électuaire _diasatyrion_, qui prend son nom de cette racine. Cet électuaire réchauffe & produit des sensations agréables dans tout le genre nerveux. Quelques médecins ne croient pas aux vertus de cette plante, mais qu’on essaie d’en faire usage, & l’on verra que l’opinion de ces docteurs & l’expérience ne sont pas d’accord à ce sujet. _Dioscorides_, _Pline_, & autres ont parlé du satyrion comme d’un puissant aphrodisiaque; ces autorités valent bien celles de quelques modernes, qui déprisent les anciens, & qui cependant n’ont d’autre mérite que celui de débiter des aphorismes à côté du lit des malades, leur ordonner vingt sortes de remedes dans un jour, & les expédier pour les antipodes.
Le _gingembre_; c’est une racine des Indes, qu’on transporte ordinairement séchée, & quelquefois en conserve. C’est une racine tubéreuse, noueuse, branchue, un peu applatie. Sa substance est un peu fibreuse, pâle ou jaunâtre; son odeur est très-agréable, son goût est âcre, brûlant, aromatique; sa chaleur ne se fait pas sentir si promptement que celle du poivre, mais elle dure plus longtems.
La racine du _chardon raland_; c’est l’_eringium_ des boutiques. C’est un grand restaurant.
Le _panais_; on s’en sert dans les alimens, & il est bien connu de tout le monde. On reconnoîtra qu’il excite aux plaisirs de l’amour, si l’on en fait un grand usage.
Le _baume du Pérou_; c’est le produit d’un arbre des Indes occidentales. Le meilleur est d’une couleur rouge, noirâtre, & d’une odeur suave. La dose est de douze où quinze gouttes.
Le _musc_; le bon est d’une couleur de fer, noirâtre, onctueux, d’un goût agréable, amer, & d’une bonne odeur. On le trouve dans le corps d’un animal des Indes qui ressemble au bouc.
Le _castoreum_; il est d’un goût âcre, amer, dégoûtant, & d’une odeur forte. On le tire du castor, qui est un animal amphibie. On nous l’apporte de la baie de Hudson, de la nouvelle Angleterre & de Russie. On le prend en substance jusqu’à un demi-gros. Il est d’un usage fort étendu en médecine.
L’_ambre gris_; c’est une sorte de bitume qui se forme dans les rochers, & qui est lavé par les eaux de la mer, & jetté sur le rivage par les vagues. C’est une substance grasse, solide, légere, de couleur de cendres, semée de petites taches blanches.
Le _succin_; il est dur, aride, fragile, transparent, tantôt jaune ou citrin, tantôt blanchâtre, tantôt roux; d’un goût de bitume un peu âcre & un peu astringent. Il a une odeur agréable de bitume, lorsqu’on l’échauffe. S’il est échauffé par le frottement, il attire la paille.
Outre les substances que je viens de nommer, il y en a beaucoup d’autres qui sont échauffantes de leur nature, & dont on se sert comme aliment: mais elles sont fort connues & je les passe sous silence. Pour ne rien laisser à désirer sur cette matiere, je vais donner la recette de différentes compositions qui sont très-utiles à tous ceux qui sont d’une constitution froide.
TEINTURE
Aphrodisiaque.
Prenez du _ros solis_, quatre poignées; de la canelle, de la noix muscade, du macis, des clous de girofle, du gingembre, une once de chacun; du musc, quatre grains; de l’esprit de vin, huit livres. Mettez le tout ensemble en digestion pendant vingt jours; après quoi coulez la teinture, dissolvez-y une livre de sucre, & mettez-la dans un vaisseau fermé pour l’usage. La dose est d’une petite cuillerée à café.
Conserve Aphrodisiaque.
Prenez des racines de satyrion; faites-les cuire dans de l’eau jusqu’à ce qu’elles soient en bouillie, & passez-les. Prenez une livre de cette pulpe, & une livre de sucre cuit dans la décoction de la racine jusqu’à la consistance du miel. Mêlez-les, & faites une conserve suivant les regles de l’art. La dose est d’un gros.
Poudre aphrodisiaque.
Prenez de la canelle, de la racine d’angélique, des clous de girofle, du macis, de la noix muscade, des feuilles d’inde & du galanga, trois gros de chacun; du nard des Indes, des grands & des petits cardamomes, un gros de chaque; du gingembre, un gros & demi; du bois d’aloës, du santal jaune, du poivre long, deux gros de chaque; réduisez-les en poudre. La dose est d’un demi gros, dans du bouillon ou du bon vin.
Electuaire aphrodisiaque.
Prenez du chocolat en poudre & des amandes douces blanchies, une once de chaque; du sucre fin & de la conserve de roses rouges, une once & demie de chaque. Battez le tout dans un mortier avec une suffisante quantité de suc de kermès; ajoutez-y deux scrupules de baume de la Mecque, une once de syrop de baume, & faites-en un électuaire. On peut en user trois ou quatre fois par jour de la grosseur d’une noix muscade.
Il seroit inutile de multiplier davantage les recettes de cette espece; en voilà, je pense, assez pour satisfaire différens goûts. Je n’ai pas voulu m’en tenir à une seule composition, parce qu’il y a de certaines substances qui déplaisent ou qui répugnent à de certaines personnes.
Après avoir traité des moyens capables d’exciter aux plaisirs de Vénus, je dois encore, pour satisfaire tous les lecteurs, parler des secours propres à rallentir la passion de l’amour. Il y a plus d’un célibataire qui ne peut éteindre les feux qui le dévorent, sans s’exposer à être la victime de quelques prostituées; cela étant, n’est-il pas nécessaire de les instruire de la nature des remedes qui leur sont propres pour tempérer en eux l’ardeur de la déesse de Paphos? Ce n’est pas, il est vrai, bien nécessaire qu’il y ait des célibataires; cet état afflige & répugne à la nature; mais ne pouvant changer nos mœurs, nos préjugés, nos sottises, cherchons au moins à adoucir le sort de nos semblables.
Les remedes froids & tempérans sont non-seulement utiles aux célibataires, mais encore à de certains mariés. Lorsque, par exemple, l’homme est si vigoureux, que ses caresses alterent la santé de sa femme, il doit avoir recours aux médicamens rafraîchissans plutôt qu’aux _catins_: si la femme est de même la plus emportée sur l’article, il faut qu’elle tempere ses humeurs plutôt que de prêter l’oreille aux fleurettes de ses voisins.
Pour ralentir la passion amoureuse, on doit se mettre à un régime rafraîchissant, se priver des liqueurs spiritueuses, des alimens trop nourrissans & aromatisés, prendre des bains de riviere si la saison le permet. Avant que de se mettre au lit, on prendra de deux jours en deux jours, une émulsion faite de la maniere suivante.
Emulsion tempérante.
Prenez de semence de melon, de courge, un gros & demi de chaque. Vous les pilez dans un mortier, & en triturant vous versez par-dessus un demi-septier d’eau commune. Passez & clarifiez le tout. Ajoutez à la colature une once de syrop de nénuphar. On prendra toute cette dose à la fois, deux heures après le souper.
Le sel de nitre posséde au suprême degré toutes les vertus qu’on attribue à quelques plantes dont on fait un grand usage dans les couvents. Celui qui prendroit pendant quatre ou cinq jours deux gros de sel de nitre par jour, ne seroit certainement pas importuné par des érections ni des pollutions.
La laitue, la scariole, le pourpié, le melon, sont des substances très-rafraîchissantes, & dont l’usage continu éteint à coup sûr le flambeau de l’amour. Aussi remarque-t-on que les femmes voluptueuses préparent rarement les alimens de cette espece, & ne les servent presque jamais sur la table de leurs époux: elles trouvent mieux leur compte en leur présentant l’artichaud, le céleri, &c.
Ceux qu’un trop fort tempérament importune, useront de l’aposême suivant, dont je conseille cependant de ne pas faire un long usage, car il rendroit absolument impuissant. Une forte dose de ce remede noueroit certainement l’aiguillette au nouveau marié le plus intrépide.
Aposême tempérant.
Prenez de la graine de chanvre broyée, trois onces; de la laitue, du pourpié, du plantin, une poignée & demi de chacune; des quatre semences froides deux onces; faites bouillir le tout dans six livres d’eau, jusqu’à ce qu’elles soient réduites à quatre; coulez la décoction; adoucissez-la avec du sucre fin; ajoutez-y encore trois gros de sel de nitre.
Tous les acides conviennent aux personnes qui ne veulent pas connoître les plaisirs de l’amour, ainsi les célibataires, qui sont jaloux de conserver leur chasteté, ajouteront à leur boisson (qui sera toujours de l’eau) du syrop de limon, ou de celui de vinaigre jusqu’à agréable acidité.
Il m’en coûte, sans doute, de me voir forcé de fournir des armes contre l’amour; mais, comme je l’ai dit, il est de certains préjugés qu’il faut respecter; & ces pauvres êtres, qui ont fait vœu de n’être plus hommes, seroient bien à plaindre si l’art médical ne pénétroit dans leur solitude pour les mettre à même de triompher des piéges de satan, & de résister aux tentations de la chair.
FIN.
TABLE DES MATIERES.
Discours préliminaire. Pag. 5
Du fouet & de ses effets sur le physique de l’amour. 15
Des causes par lesquelles les flagellations excitent à l’amour. 47
De quelques erreurs qu’il seroit utile de détruire, principalement dans les couvens. 65