partie d
’une forteresse, d’un camp, d’une place forte.
—Agmen, v. *Caterva*. —Agrestis, v. *Rus*. —Aio, v. *Dicere*.
Ala. Penna. Pluma. Pinna. 1. *Ala*, la charpente, les muscles de l’aile, πτέρυξ; *penna*, l’aile restreinte aux plumes qui concourent au vol, πτερόν. Plaut. Pœn. IV, 2, 48. Meæ alæ pennas non habent. Je n’ai pas de plumes à mes ailes.
2. *Penna*, plumes grandes et dures qui servent à voler; *pluma*, duvet, petites plumes moelleuses qui servent à vêtir le corps de l’oiseau, comme πτίλον. Sen. Ep. 42. Meministi, quum quemdam affirmares esse in tua potestate, dixisse me volaticum esse ac levem, et te non pedem ejus tenere, sed *pennam*; mentitus sum, *pluma* tenebatur quam remisit et fugit. Un jour, tu dois t’en souvenir, tu prétendais avoir une personne en ton pouvoir, et je te répondais qu’elle était volage et légère, que tu ne la tenais point par le pied, mais par une plume. Eh bien, ce n’était pas vrai: tu ne la retenais que par une petite plume de duvet qu’elle t’a laissée, et la voilà partie.
3. *Penna*, la plume entière, tuyau et barbes; *pinna*, les barbes seules par opposition au tuyau.
—Alacer, v. *Gaudere*.
Alapa. Colaphus. *Alapa*, soufflet, coup appliqué sur la figure avec le plat de la main, c’est une punition, mais infligée avec modération; *colaphus*, coup assené sur la tête avec le poing fermé et avec des marques de colère et de fureur.
Albus. Candidus. Albidus. 1. *Albus*, le blanc considéré en général comme l’absence de toute couleur, ce qui n’a pas de couleur; *candidus*, le blanc pris comme une couleur positive, la plus pure, la plus claire, en comparaison de laquelle toutes les autres paraissent sombres ou même sales; c’est un beau blanc éclatant. L’*album*, qui a pour opposé *ater*, tire, comme le λευϰὸν, sur le jaune pâle; le *candidum*, qui a pour opposé *niger*, tire, comme l᾿ἀργὸν, sur le bleu pâle. *Alba cutis*, peau d’un malade, d’un hydropique; *candida*, d’une personne qui est dans la fleur de la jeunesse. Au figuré, *albor* est le symbole du bonheur et de la joie; *candor*, de la pureté et de l’innocence.
2. *Albus*, blanc; *albidus*, blanchâtre.
Alere. Nutrire. Nutricare. *Alere*, nourrir de manière à pousser au développement et à la croissance; *nutrire* et *nutricare*, nourrir pour prolonger et assurer l’existence. En d’autres termes *alimenta* adjuvant, *nutrimenta* sustentant. Les aliments profitent, la nourriture soutient. Cic. N. D. II, 63. Neque *ali*, neque *sustentari*. N’être ni grassement, ni même pauvrement nourri. *Nutrire*, terme général; *nutricare*, terme particulier usité de préférence en parlant des animaux.
—Algere, algidus, v. *Frigere*. —Alienigena, v. *Exterus*.
Alimenta. Penus. Cibus. Esca. Edulia. Cibare. Pascere. 1. *Alimenta* et *penus*, vivres quelconques, solides ou liquides: *alimenta*, en général, par rapport à l’homme pris individuellement; *penus*, par rapport à l’économie domestique de toute une famille. *Cibus* et *esca* ne se disent que des aliments solides par opposition à *potio*. *Cibus*, aliment fourni par la nature, ressource alimentaire; *esca*, mets qui a subi une préparation artificielle, plat apprêté. *Cibus* est le seul de ces deux mots qui se dise aussi de la nourriture des animaux; *esca*, le seul qui convienne à l’appât qu’on leur prépare et qu’on leur présente. Cic. N. D. II, 47. Animalia *cibum* partim dentibus capessunt. Un certain nombre d’animaux saisissent leur nourriture avec les dents. Comparez avec II, 23. Dii nec *escis* nec potionibus vescuntur. Les dieux se passent pour vivre de cuisine et de cave.
2. *Cibaria*, denrées alimentaires ordinaires et usuelles; *edulia*, morceaux friands et recherchés. Suet. Tib. 46. Comites nunquam salario, *cibariis* tantum sustentavit. Les gens de sa suite ne tiraient de lui que des vivres, jamais de salaire. Comparez avec Cal. 40. Pro *eduliis* certum statumque exigebatur. Il avait mis un droit sur les comestibles.
3. *Cibare*, nourrir de sa propre main comme une mère ou une bonne d’enfants; *pascere*, fournir seulement la nourriture en qualité de tuteur ou de maître. Suet. Tib. 72. Draconem manu sua *cibaturus*. Comparez avec Vesp. 18. Sineret se plebeculam *pascere*. Un dragon auquel il allait donner à manger de sa main. Il lui demanda la permission de laisser au petit peuple sa subsistance.
—Aliquando, v. *Nonnunquam*. —Alites, v. *Volucres*.
Alloqui. Appellare. Affari. *Alloqui*, adresser la parole à quelqu’un, lui faire l’honneur de le saluer et de le reconnaître; *appellare*, prendre les devants pour engager une personne dans une conversation, lui adresser des paroles sérieuses, sortir des phrases banales; *affari*, apostropher d’un ton pathétique plein d’amitié ou de solennité. Cic. Cluent. 61. Quum nemo recipere tecto, nemo *alloqui*, nemo respicere vellet. Lorsque personne ne voulait ni le recueillir sous son toit, ni l’entendre, ni lui adresser la parole, ni le regarder. Comparez avec Phil. XIII, 2. Salutabunt benigne, comiter *appellabunt* unumquemque nostrum. Ils auront pour chacun de nous un abord bienveillant, des paroles aimables et prévenantes. Et Brut. 3. Salutatio libri quo me hic *affatus* quasi jacentem excitavit. La dédicace du livre dans lequel il m’apostrophe et qui m’a retiré d’une sorte d’abattement.
—Alsus, v. *Frigere*. —Altercatio, v. *Disceptatio*.
Altus. Editus. Procerus. Arduus. Celsus. Excelsus. Sublimis. 1. *Altus*, terme général; il se dit de la hauteur ou de la profondeur considérée comme une des trois dimensions de la géométrie, et doit s’entendre de la hauteur par opposition à *humilis*, à ce qui reste attaché terre à terre, au niveau du sol, comme ὑψηλός; *editus*; élevé par opposition à *planus*, à ce qui n’offre aux yeux qu’une surface plate; enfin *procerus*, ce qui a poussé en hauteur ou en longueur. L’*altitudo* n’a ni mesure ni limite; l’*editum* est de la taille d’une colline; la *proceritas*, de celle d’un arbre ou d’un corps humain.
2. *Altus*, *editus* et *procerus* réduisent la hauteur à un simple rapport de lieu et d’espace; *arduus* se dit de ce qui est d’abord haut, puis escarpé et inaccessible, au figuré: difficile, impossible; *celsus*, haut par l’effet d’une tendance à s’étendre et à s’élancer, au figuré: fier; *excelsus* et *præcelsus*, ce qui dépasse encore d’autres points culminants, au figuré: éminent; *sublimis*, ce qui se soutient en l’air sans toucher à terre, ce qui plane, comme μετέωρος, au figuré: sublime.
—Amans, amator, v. *Amicus*. —Amare, v. *Diligere*. —Ambiguus, v. *Dubius*.
Ambire. Circumire. *Circumire* se dit d’un mouvement sinon exactement circulaire, du moins tenu de suivre tous les contours d’un espace, faire le tour; *ambire* ne désigne qu’un mouvement de va-et-vient, en zigzag, aller çà et là, parcourir. Plin. Ep. II, 9. *Ambio* domos stationesque *circumeo*. Je vais d’une maison à l’autre, je fais le tour des lieux de réunion. Et Cic. Att. XIV, 21. Antonium *circumire* veteranos ut acta Cæsaris sancirent, c’est- à-dire qu’il les sollicite tous à la ronde depuis le premier jusqu’au dernier. *Circumire* est plus fort ici qu’*ambire*, lequel exprimerait en gros les sollicitations et les manœuvres d’Antoine.
—Ambo, v. *Uterque*.
Ambulare. Spatiari. Deambulare. Inambulare. Obambulare. 1. *Ambulare* présente la promenade comme un exercice fait à loisir, c’est un mouvement de va-et-vient par opposition d’une part à *stare* et *cubare*, d’autre part à *currere* et *salire*; *spatiari* donne l’idée d’un exercice au grand air, par opposition à l’espace restreint d’une chambre ou d’un lieu fermé.
2. *Deambulare*, aller et venir jusqu’à ce qu’on soit fatigué; *inambulare*, se promener dans un espace limité; *obambulare*, se promener le long d’un mur, d’une allée, ou à côté d’un compagnon de promenade.
Amens. Demens. Insanus. Vesanus. Excors. Vecors. Furor. Delirium. Rabies. Cerritus. Lymphatus. 1. L’*amentia* a un caractère négatif et passif; la *dementia*, une influence positive et violente. L’*amens* manque de raison: ou bien il n’agit pas du tout, ou il agit sans raison, comme un idiot, ἄφρων; le *demens*, tout en croyant bien faire, rompt en visière à la raison, comme l’insensé, παράφρων. On dit *amens metu*, *terrore*, hébété par la peur, par l’épouvante; mais *demens scelere*, *discordia*, devenu fou à la suite d’un crime, d’une querelle.
2. *Insanus* a un sens privatif; *vesanus*, un sens dépravatif. L’*insanus* n’a plus d’empire sur les sens, la raison le fuit, il dépasse dans un accès de passion la mesure et le but et nous paraît coupable. C’est un homme en démence. Le *vesanus*, aveuglé par des illusions, sort de la bonne voie, poursuit un but trompeur et nous paraît malheureux. C’est un visionnaire.
3. *Excors*, stupide, tout à fait incapable de réflexion et d’examen, par opposition à *cordatus*; *vecors*, extravagant, incapable de réfléchir avec calme, parce que l’âme est possédée par une idée fixe.
4. *Furor*, surexcitation de l’esprit, extase, transport, μανιϰός; *delirium*, affaissement des facultés de l’esprit par des causes physiques, comme chez une personne qui tombe en enfance; *rabies*, accès de fureur méchante qui étouffe le sens moral, λύσσα. Le *furibundus* oublie les lois de la matière; le *delirus* radote; le *rabidus* veut mordre et nuire à toute force.
5. *Cerritus* et *lymphatus* représentent l’emportement comme un état de possession: *cerritus* ou *ceritus*, possédé de Cérès; *lymphatus*, possédé des nymphes.
—Amictus, amiculum, v. *Vestis*.
Amicus. Amans. Amator. *Amicus* suppose une affection mutuelle, cordiale et paisible, ami, φίλος; *amans* et *amator*, un amour qui peut fort bien ne pas être partagé et qui n’en est que plus ardent: *amans*, un amour de passage; *amator*, une passion durable, comme ἐραστής. Cic. Alba tunc antiquissimus non solum *amicus*, verum etiam *amator*. Alba dont l’amitié parfaite s’élevait alors jusqu’à la constance de l’amour. Tusc. IV, 12. Inter ebriositatem et ebrietatem interest, aliudque est amatorem esse, aliud amantem. Je fais une différence entre l’ivrognerie et l’ivresse, je distingue l’amant de l’amoureux.
—Amicus, v. *Socius*.
Amittere. Perdere. Jactura. 1. *Amittere*, perdre en ce sens que l’objet perdu cesse d’être en notre pouvoir, comme ἀποϐαλεῖν, par opposition à *retinere*; *perdere*, en ce sens que l’objet est détruit et ne peut plus servir à personne, comme διολέσαι, par opposition à *servare*. Tac. Ann. II, 25. *Perdita* classe, *amissis* armis. Malgré la ruine de leur flotte et la perte de leurs armes.
2. *Amissio*, perte involontaire; *jactura*, perte volontaire à laquelle on se soumet, sacrifice qu’on fait pour éviter une plus grande perte, à l’exemple du marin qui jette la cargaison par- dessus bord pour sauver son vaisseau et sa vie. Plin. Ep. 1, 12. *Jacturam* gravissimam feci, si *jactura* dicenda est tanti viri *amissio*. Je suis accablé par un malheur auquel ma volonté devrait souscrire, si je puis parler ainsi de la perte qui me prive d’un si grand homme. (Il s’agit de Corellius Rufus qui a cherché dans le suicide la fin de ses souffrances.)
—Amittere, v. *Mittere*. —Amnis, v. *Fluvius*. —Amor, v. *Diligere* et *Studium*, n° 2.
Amplecti. Complecti. *Amplecti* se dit d’un geste auquel on n’emploie souvent qu’un seul bras, et qui témoigne d’une inclination et d’une sympathie paisible; *complecti*, c’est entourer, serrer avec les deux bras en signe d’amour et de passion ou d’abandon familier. De même au figuré: *amplecti*, c’est prendre quelque chose en main par opposition à négliger et à dédaigner; *complecti*, c’est s’emparer tout à fait d’une chose par opposition à posséder à demi, à peu près.
—Amplus, v. *Magnus*. —Anceps, v. *Dubius*. —Ancilla, v. *Servus*. —Angor, v. *Cura*. —Anguis, v. *Repere*.
Angustus. Arctus. Densus. Spissus. 1. *Angustus* et *arctus* ont trait à l’espace même et à la proximité des limites qui le restreignent; *densus* et *spissus*, aux objets que l’espace contient et à leur voisinage entre eux.
2. L’*angustum* a pour limites de simples lignes, et offre la plupart du temps une figure oblongue, étroite, il a pour opposé *latus*, comme στενός; l’*arctum* est clos par des barrières, des murailles, des montagnes, et offre une surface carrée ou circulaire, resserrée, par opposition à *laxus*, comme στενωπός. On ne peut jamais appeler *arctus* le *clavus angustus*. Mela. III, 2, 8. Rhenus ad dextram primo *angustus* et sui similis, post ingens lacus Flevo dicitur... fitque iterum *arctior*, iterumque fluvius emittitur. A droite le Rhin est d’abord étroit et conserve quelque temps ce caractère, puis il se transforme en un lac considérable appelé le Flévon, après quoi il rentre dans une gorge d’où il ressort sous la forme d’un simple cours d’eau: selon que l’on se représente les bords du Rhin comme de simples lignes ou comme des murailles.
3. *Densus* présente simplement les objets comme très-rapprochés les uns des autres, sans lacune apparente, par opposition à *rarus*, comme δασὺς et θαμειός; *spissus* les représente comme entassés les uns sur les autres sans aucun intervalle, par opposition à *solutus*, comme πυϰνὸς et συχνός. L’idée qui domine dans *densus* est celle d’une surabondance d’objets qu’il n’est pas nécessaire d’écarter les uns des autres pour couvrir un vaste espace; dans *spissus*, c’est l’absence de vides: les objets sont tellement pressés qu’ils remplissent tous les intervalles.
Anima. Aer. Aura. Spiritus. Sublime. *Anima* et *aer*, l’air pris comme élément, ἀήρ: *anima*, par opposition aux trois autres éléments, à *terra*, *mare*, *ignis*; mais *aer*, terme étranger et savant, par opposition à l’air épuré des célestes demeures, à *æther*; *aura* et *spiritus*, l’air en mouvement: *aura*, l’air doucement agité, le souffle léger qui évente, αὖρα; *spiritus*, l’air qui se précipite, qui entraîne, tout courant d’air analogue à une inspiration ou à une expiration, πνεῦμα; enfin *sublime*, l’air suspendu au-dessus de nous: ce dernier marque un simple rapport de lieu par opposition à *humus*, comme μετάρσιον, μετέωρον.
Anima. Animus. Mens. 1. *Anima*, l’âme de la physiologie, le principe de la vie animale chez les hommes et les bêtes, vie qui cesse avec la respiration, ψυχή; *animus*, l’âme de la psychologie et de la morale, le principe de la personnalité qui cesse avec la volonté, θυμός. Au sens mythologique les âmes des morts s’appellent *animæ*, ce sont des ombres; au sens métaphysique *animi*, ce sont des esprits. L’*anima* est un des éléments de l’existence du corps; le même corps n’a pas d’opposé plus tranché qu’*animus*. Sen. Ep. 4. Difficile est *animum* perducere ad contemptionem *animæ*. Il est difficile d’amener l’âme raisonnable jusqu’au mépris de l’âme sensitive. Juven. XV, 148. Principio indulsit communis conditor illis tantum *animas*, nobis *animum* quoque. Au commencement le créateur commun n’accorda aux animaux que des âmes sensitives, il nous accorda en outre une âme raisonnable.
2. *Animus*, l’âme humaine prise comme le réceptacle commun de toutes les facultés spirituelles; il est alors, avec *mens*, la faculté pensante, dans le rapport du tout à une de ses parties. Cic. Rep. II, 40. Ea quæ latet in *animis* hominum quæque pars *animi* *mens* vocatur. L’intelligence enfouie dans nos âmes et qu’on peut appeler une partie de l’âme. Mais comme dans la vie l’âme vaut surtout par la volonté, *animus* devient à son tour une faculté de l’âme, celle du sentiment et de la volonté qui prend place à côté de l’intelligence, de la conscience, *mens*. Tac. H. I, 84. Quem nobis *animum*, quas *mentes* imprecentur? Quels sentiments, quelles dispositions d’esprit nous souhaiteraient-ils? Ter. Andr. I, 1, 137. Mala *mens*, malus *animus*. Mauvaise tête, mauvais cœur. Et enfin, comme la pensée précède la volonté, que la volonté sert d’intermédiaire entre la pensée et l’action, qu’elle peut être considérée comme la servante de la pensée, tout comme le corps est le serviteur de la volonté, réciproquement *mens* se trouvera avec *animus* dans le rapport d’un tout à sa partie. Cic. Tusc. III, 5. Mens cui regnum totius *animi* a *natura* tributum est. La raison qui exerce une autorité naturelle sur tous les sentiments.
Animadvertere. Notare. *Animadvertere* se dit de l’esprit qui remarque et observe; *notare*, d’une marque à laquelle on a recours pour attirer l’attention.
Animal. Animans. Bellua. Bestia. Pecus. Fera. 1. *Animal* et *animans*, les animaux considérés comme des êtres doués de vie, l’homme compris: *animal* caractérise la nature de l’être; quel que soit son aspect, il appartient à la classe des êtres animés; l’opposé est *inanimus*, l’équivalent grec ζῶον. *Animans* précise l’état dans lequel se trouve l’être: il vit, il respire; l’opposé est *exanimus*. On dit *animalium* cadavera; *animantium* cadavera ferait un non-sens. *Bellua*, *bestia* et *pecus* ont trait à l’intelligence; c’est l’animal déraisonnable par contraste direct avec *homo*; *bestia* et *fera* expriment une sorte de rapport moral, c’est la brute hostile à l’homme.
2. *Bellua* désigne particulièrement un animal grand et lourd, par exemple un éléphant, une baleine, par préférence les monstres marins; *pecus*, un animal domestique, par préférence des moins intelligents, par exemple un taureau, un mouton, par opposition à l’animal en liberté: c’est le bétail; *bestia*, bête nuisible, surtout dévorante, par exemple un tigre, un loup, par opposition aux oiseaux, comme θηρίον; *fera*, bête farouche, hôte des forêts, par exemple un cerf, un loup, un tigre, par opposition aux animaux domestiques, comme le gibier et les bêtes sauvages, θήρ. Curt. IX, 10, 10. Indi maritimi *ferarum* pellibus tecti piscibus sole duratis et majorum quoque *belluarum*, quas fluctus ejecit, carne vescuntur. Les Indiens des provinces maritimes, couverts de la dépouille des bêtes sauvages, se nourrissent de poisson séché au soleil et même de la chair des monstres marins que les flots ont rejetés.
Annales. Historiæ. *Annales*, traité général d’histoire et en particulier histoire du passé composée sur les sources, Tite-Live et Tacite; *historiæ*, étude d’histoire contemporaine, d’événements auxquels l’auteur a assisté, Salluste et Tacite. L’auteur des *annales* se propose de faire, année par année, une énumération aussi variée que complète de toutes les particularités mémorables; celui des *historiæ* traite un point d’histoire et laisse de côté les événements les plus remarquables quand ils ne s’y rattachent pas.
Antiquus. Priscus. Vetus. Vetustus. Veternus. Pristinus. 1. *Antiquum* et *priscum*, ce qui a existé autrefois et qui n’est plus, par opposition à *novum*, comme παλαιός; *vetus* et *vetustum*, ce qui existe depuis longtemps et n’a plus de part ni aux inconvénients ni aux priviléges de la jeunesse, par opposition à *recens*, comme γέρων, γεραιὸς, γερούσιος">. *Antiquus homo*, homme du bon vieux temps; *vetus*, vieillard. Les classiques s’appellent *antiqui scriptores*, en ce sens que leur siècle est depuis longtemps passé; *veteres*, en ce sens qu’ils subsistent et servent de modèles depuis deux mille ans. Cic. Verr. II, 21. Vereor ne hæc nimis *antiqua* et jam *obsoleta* videantur. J’ai peur que ces exemples de modération n’aient vieilli et ne paraissent hors d’usage. Comparez avec Orat. I, 37. Ut illi *vetus* atque usitata exceptio daretur. Pour lui donner le bénéfice de ce privilége ancien et souvent appliqué.
2. *Vetus* se rapporte exclusivement à la durée et présente l’âge soit comme un avantage, soit comme un désavantage; *vetustus* a trait aux priviléges de l’âge: ce qui subsiste de vieille date est plus solide, plus respectable, plus à l’épreuve que les nouveautés; il a pour opposé *novicius*. Enfin *veternus* fait allusion aux infirmités du grand âge usé par les années, affaibli, épuisé pour avoir duré trop longtemps. Mais comme dans le beau siècle de la langue on ne rencontre *veternus* que sous la forme de substantif, *veternum*, dans le sens de somnolence, *vetus* le supplée régulièrement et désigne plus souvent la décadence que la vigueur de l’âge. Tac. Ann. XI, 14 et 15. *Veterrimis* Græcorum. Les caractères de l’alphabet latin sont empruntés aux plus vieilles formes des lettres grecques. Et *vetustissima* Italiæ disciplina. La science des aruspices, la plus auguste par son antiquité de toutes les sciences que l’Italie cultive.
3. *Antiquus* se dit simplement des choses du vieux temps, du temps passé, par opposition au présent; *priscus* est un terme pompeux qui ajoute à l’idée principale d’antiquité une idée accessoire de respect et de sainteté, comme ἀρχαῖος, par opposition à la mode du jour.
4. *Antiquus* et *priscus* se disent d’une époque écoulée depuis très-longtemps; *pristinus*, d’un temps passé quelconque, comme πρότερος, antérieur.
—Antrum, v. *Specus*.
Anus. Vetula. *Anus*, servant de féminin à *senex*, femme âgée, avec une idée de respect, ou encore vieille femme, avec une idée de défaveur, par allusion à sa faiblesse, à sa crédulité, à son bavardage; *vetula*, vieille laide et qui n’a rien d’aimable.
Aperire. Patefacere. Aperte. Palam. Manifesto. Propalam. 1. *Aperire*, découvrir un espace fermé par le haut, c’est-à- dire horizontalement, par exemple une fosse, une source, et par cette opération rendre visible; *patefacere*, ouvrir un espace fermé par le côté, c’est-à-dire verticalement, par des portes, des barrières, des clôtures, et par cette opération rendre accessible.
2. *Returare*, donner accès par une ouverture qui était bouchée; *recludere*, par une ouverture fermée à clef; *reserare*, paг une ouverture fermée au verrou.
3. *Aperte*, ouvertement et sans se cacher, en sorte que tout le monde puisse apprendre et savoir les choses, par opposition à *occulte*, comme φανερῶς; *palam*, publiquement et sans secret, en sorte que tout le monde puisse voir et entendre, comme ἀναφανδόν; *manifesto*, manifestement, de manière à rendre superflues les recherches, les conjectures, le secours et l’effort des sens et de l’esprit, comme δῆλον.
4. *Palam* marque qu’on expose les choses à la vue du public par effronterie; *propalam*, par dessein prémédité. Cic. Orat. I, 35. Neque proposito argento neque tabulis et signis *propalam* collocatis, c’est-à-dire à l’admiration de tout le monde. Comparez avec Pis. 36. Mensis *palam* propositis, c’est-à-dire effrontément et sans gêne.
Apparet. Eminet. *Apparet* se dit de ce qui est visible à l’observation; *eminet*, de ce qui se fait remarquer de soi-même et saute aux yeux. Sen. Ir. I, 1. *Apparent* alii affectus, hic (scil. iræ) *eminet*. Les signes des autres passions sont visibles, ceux de la colère sont frappants.
—Apparet, v. *Constat*. —Appellare, v. *Alloqui* et *Nominare*. —Aptus, v. *Idoneus*.
Aqua. Unda. Fluctus. Fluentum. 1. *Aqua*, l’eau prise comme matière élémentaire, par opposition à *terra*; *unda*, l’élément liquide toujours en mouvement, par opposition à *solum*; *lympha*, simple synonyme poétique d’*aqua*, avec l’idée accessoire d’une belle eau claire, sens fondé sur une ressemblance fortuite de son avec la première syllabe de l’adjectif *limpidus*, qui n’a point la même racine.
2. *Unda* est un intermédiaire entre *aqua* et *fluctus*, comme *aura* entre *aer* et *ventus*. Car *unda* désigne comme onde l’eau qui semble se mouvoir d’elle-même, mais *fluctus* et *fluenta*, le flot, l’eau agitée par quelque cause extérieure, comme une tempête: *fluctus*, en général, c’est la mer avec ses flots; *fluentum*, la vague isolée. La mer orageuse, le torrent impétueux, roulent seuls des *fluctus*, mais toute eau qui n’est pas stagnante a des *undas*. Aussi y a-t-il une grande différence entre ces deux images dans Cic. Mil. 2, 5. Tempestates et procellas in illis duntaxat *fluctibus* concionum semper putavi Miloni esse subeundas, c’est-à-dire dans les assemblées orageuses et agitées du peuple; et Planc. 6, 15. Si campus atque illæ *undæ* comitiorum, ut mare profundum et immensum, sic effervescunt quodam quasi æstu, c’est-à-dire les réunions populaires faciles à émouvoir. Sen. N. Q. III, 10. Quid si ullam *undam* superesse mireris tot *fluctibus* fractis? Étonnez-vous plutôt qu’il reste des ondes à la mer pour venir remplacer au rivage tant de flots qui s’y sont brisés. Et IV, 2. Nec mergit cadens *unda*, sed planis aquis tradit. Et l’onde ne les submerge pas dans sa chute, elle les lance sur des eaux immobiles.
—Aquosus, v. *Udus*. —Arbitrari, v. *Censere*.
Arcana. Secreta. Mysteria. *Arcana* et *mysteria*, les secrets envisagés par leur côté honorable, ceux qui tirent d’eux-mêmes leur raison d’être, qui tiennent à la nature des choses et qui méritent à ce titre d’inspirer un saint respect; *arcana* est d’ailleurs un terme populaire pour toute sorte de secrets; *mysteria*, un terme savant pour les secrets religieux comparables aux mystères d’Éleusis; enfin, *secreta*, les secrets, au sens le plus vulgaire, ceux qui ont une origine purement humaine, en parlant des choses qu’on tient cachées par crainte. Tac. I, 6. Sallustius Crispus particeps *secretorum*... monuit Liviam ne *arcana* domus vulgarentur. Sallustius Crispus, pour qui Tibère et Livie n’avaient rien de caché, engagea Livie à ne plus livrer au public les augustes secrets de la famille impériale.
Arcere. Prohibere. *Arcere*, repousser et empêcher d’entrer, par opposition à *admittere*; *prohibere*, tenir éloigné et empêcher d’approcher, par opposition à *adhibere*. L’*arcens* se tient sur la défensive, comme le *resistens*, et agit par sollicitude pour la personne menacée; le *prohibens* prend l’offensive, comme le *propulsans*, et agit par inimitié contre l’agresseur.
Arcessere. Accire. Evocare. Accersere. 1. *Arcessere* et *accersere*, termes généraux, signifient simplement faire venir; *accire*, inviter, suppose qu’on s’adresse à un égal; *evocare*, mander, à un inférieur. L’*arcessens* pousse à se présenter, l’*acciens* engage, l’*evocans* ordonne. Cic. Att. V, 1. Tu invita mulieres, ego *accivero* pueros. Chargeons-nous, toi de prier les femmes, moi d’inviter les jeunes gens. Comparez avec Dej. 5. Venit vel rogatus ut amicus, vel *arcessitus* ut socius, vel *evocatus* ut qui senatui parere didicisset. Il s’est présenté ou en ami dont on souhaitait l’arrivée, ou en allié qu’on faisait venir, ou en sujet mandé par le sénat et dressé à lui obéir. Liv. X, 19. *Collegæ* auxilium quod *acciendum* ultro fuerit. Le secours de son collègue qu’il aurait dû demander sans façon. Comparez avec XLIV, 31. *Evocati* litteris imperatoris. Mandés par un ordre écrit du général. Et XXXIX, 11. Æbutia *accita* ad Sulpiciam venit. Ebutia vint trouver Sulpicie comme elle l’en avait priée. Mais 12. Ut Hispalam libertinam *arcesseret* ad sese. Afin de faire venir l’affranchie Hispala.
2. *Arcessere* signifiait primitivement pousser à venir; *accersere*, à accourir en toute hâte; mais la ressemblance de son a fait confondre les deux mots.
—Arctus, v. *Angustus*.
Ardere. Flagrare. *Ardere*, brûler comme un brasier, αίθειν; *flagrare*, être en flammes, comme φλέγεσθαι. Au figuré, *ardere* marque une passion qui couve; *flagrare*, une passion qui éclate. Cic. Or. III, 2, 8. Non vidit Crassus *flagrantem* bello Italiam, non *ardentem* invidia senatum. Crassus n’a vu ni l’Italie dévorée par les flammes de la guerre, ni le sénat consumé par le feu de la jalousie.
Arduus. Difficilis. *Arduus*, difficile à atteindre, par opposition à *pronus*; *difficilis*, à exécuter, par opposition à *facilis*. *Arduus* est d’ailleurs le terme le plus fort et marque une difficulté voisine de l’impossibilité. Plin. Ep. VI, 17. Est enim res difficilis, *ardua*. La chose est pleine de difficultés et d’obstacles. Tac. H. II, 76. Æstimare debent an quod inchoatur, reipublicæ utile, ipsis gloriosum aut *promptum effectu*, aut certe non *arduum* sit. Tous ceux qui osent former de grands desseins sont tenus d’examiner si leur entreprise est utile à la république, si elle paraît d’une exécution facile, ou du moins si elle ne présente pas trop d’obstacles. Cic. Verr. I, 51. Cum sibi omnes ad illum allegationes *difficiles*, omnes aditus *arduos* ac pæne *interclusos* viderent. Voyant les difficultés qu’il y avait pour eux à faire parvenir une députation jusqu’à lui, toutes les voies hérissées d’obstacles et pour ainsi dire barrées.
—Arduus, v. *Altus*. —Arena, v. *Sabulo*.
Arguere. Incusare. Culpare. Criminari. Insimulare. Deferre. Accusare. *Arguere*, terme général pour toutes les manières de mettre au jour une faute supposée ou réelle par devant la justice ou ailleurs, incriminer; *incusare* et le terme rare de *culpare* ne marquent qu’une accusation extrajudiciaire; *criminari*, accuser avec des sentiments d’hostilité ou de méchanceté, en noircissant; *insimulare*, accuser faussement, sans reculer devant la calomnie, rendre suspect; *deferre*, dénoncer au juge; *accusare*, accuser au criminel. Cic. Lig. IV, 10. *Arguis* fatentem. Non est satis. *Accusas* eum. Il avoue, et tu l’incrimines. Tu ne t’en tiens pas là. Tu le poursuis devant les juges criminels.
Aridus. Torridus. Siccus. *Aridus* et *torridus* marquent une privation de sucs: les *arida* ont perdu leur humidité naturelle par l’effet d’un feu qui agit à l’intérieur; l’équivalent grec est αὖος, l’opposé *humidus*; les *torrida*, par l’effet d’une chaleur qui agit du dehors au dedans; ils ont pour opposé *uvidus*, comme σϰληρός; *siccus* ne marque qu’une sécheresse extérieure, limitée à la surface, par opposition à *madidus*, comme ξηρός. Plin. H. N. XII, 12. Ne sint fragilia et *arida* potius quam *sicca* folia. De peur que les feuilles ne soient cassantes et tout à fait desséchées, au lieu d’être simplement sèches. Et XV, 29: Cato docuit vinum fieri ex nigra myrta *siccata* usque in *ariditatem* in umbra. Caton a enseigné qu’on peut fabriquer du vin avec les baies de myrte noir qu’on fait sécher à l’ombre jusqu’à ce que la dessiccation soit parfaite.
—Arista, v. *Culmus*. —Armentum, v. *Pecus*.
Armus. Humerus. Ala. Axilla. *Armus*, le sommet du bras chez l’homme, de la jambe de devant chez les animaux, mais partie du corps entier à la différence de *scapula*, l’omoplate, qui n’est qu’une partie du squelette, ὦμος; *humerus*, la surface plane qui existe chez l’homme au- dessus du bras, l’épaule, ἐπωμίς; *ala* et *axilla*, le creux qui se forme sous le bras, l’aisselle, μασχάλη. Ovid. Met. XII, 396. Ex *humeris* medios coma dependebat in *armos*. Des épaules, sa chevelure descendait jusqu’au-dessous de la naissance des jambes. (Il s’agit du centaure Cyllarus.)
—Arrogantia, v. *Superbia*. —Artes, v. *Litteræ*. —Artifex, v. *Faber*. —Artus, v. *Membrum*. —Arundo, v. *Culmus*. —Arvum, v. *Villa*.
Ascia. Securis. *Ascia*, la hache du charpentier pour débiter le bois; *securis*, le couperet du boucher pour dépecer la viande.
—Asper, v. *Horridus*. —Aspernari, v. *Spernere*.
Assentiri. Assentari. Blandiri. Adulari. 1. *Assentiri*, donner son assentiment par conviction; l’opposé est *dissentire*; *assentari*, exprimer son assentiment, que ce soit par conviction ou par hypocrisie, l’opposé est *adversari*.
2. *Assentari* désigne la flatterie qui a horreur de contredire, comme θωπεύειν; *blandiri*, celle qui fait dire des choses agréables, comme ἀρεσϰεύειν; *adulari*, celle qui cherche à plaire en s’abaissant, comme ϰολαϰεύειν. Entre flatteurs, l’*assentans* recherche la faveur d’autrui en résignant son droit à toute opinion indépendante; le *blandiens*, par des complaisances et des marques visibles d’affection; l’*adulans*, en s’abaissant et en donnant des marques d’un indigne respect. L’*assentatio*, ou l’art de celui qui dit toujours oui, procède de lâcheté ou de sottise; les *blanditiæ* ou cajoleries procèdent avant tout de l’envie de paraître aimable, et au pis aller de l’égoïsme; l’*adulatio* ou la flatterie, la flagornerie, ϰολαϰεία, de sentiments bas, bons pour des esclaves ou des chiens. Sen. Ir. III, 8. Magis adhuc proderunt submissi et humani et dulces, non tamen usque in *adulationem*, nam iracundos nimia *assentatio* offendit. Erat certe amicus... cui non magis tutum erat *blandiri* quam maledicere. Un commerce plus profitable pour vous, tant que vous en serez là, c’est celui des personnes respectueuses, polies, douces, sans descendre jusqu’à l’adulation, car une complaisance excessive choque les tempéraments colériques. Je possédais en ce genre un ami qu’il n’y avait pas plus de sûreté à choyer qu’à rudoyer. Et II, 28. Sæpe *adulatio* dum *blanditur* offendit. L’adulation, en voulant complaire, s’expose à choquer.
—Asseverare, v. *Dicere*. —Assiduitas, v. *Opera*. —Astrum, v. *Stella*.
Astutus. Callidus. Vafer. Versutus. *Astutus*, en vieux latin *astus*, et *callidus* s’entendent de la finesse au sens intellectuel; c’est une variété de la prudence: *astutus* se dit de la sagacité qui invente et dirige des menées secrètes; il est synonyme de *solers*, rusé; *callidus* se dit de la pénétration qui débrouille les affaires embarrassées, de la prudence pratique qui provient de la connaissance des hommes et de l’expérience du monde; il est synonyme de *rerum peritus* et signifie, par corruption, délié, comme ϰερδαλέος. *Vafer* et *versutus* désignent la finesse par son côté immoral, comme un effet de l’improbité: *vafer* caractérise l’adresse à créer des difficultés, surtout en justice, en fait de chicanes d’avocat, comme madré, πανοῦργος; *versutus*, la prestesse dans l’art de se déguiser, de se tirer d’embarras par tous les moyens, retors, comme στροφαῖος; il a pour opposé simplex. Plin. Ep. VII, 6. Juvenis ingeniosus sed parum *callidus*. Jeune homme qui a de l’esprit naturel, mais qui n’est guère avisé. Cic. Brut. 48. *Callidus* et in capiendo adversario *versutus*. Avisé et même retors quand il s’agit d’embarrasser un adversaire.
Ater. Niger. Pullus. 1. *Ater*, le noir considéré comme une négation de la couleur, par opposition à *albus*; *niger*, le noir comme étant une couleur par lui-même et la plus foncée de toutes, par opposition à *candidus*. L’*atrum* ne cause qu’une impression triste et sombre; le *nigrum* produit une impression sévère et imposante qui se concilie avec la beauté, comme dans Hor. Carm. I, 32, 11. Lycum *nigris* oculis *nigro*que crine decorum. Lycus paré de ses yeux noirs et de ses cheveux noirs. Tac. G. 43. *Nigra* scuta, tincta corpora, *atras* ad prælia noctes legunt. Ils ont des boucliers noirs, ils se peignent le corps, ils choisissent pour leurs attaques des nuits sombres.
2. *Ater* et *niger*, le noir parfait, foncé, *pullus*, le brun qui tire sur le noir; ce dernier rappelle la parenté qui existe entre une couleur sombre et la malpropreté.
—Atque, v. *Et*.
Atrox. Trux. Truculentus. Dirus. Sævus. Torvus. 1. *Atrox*, *trux* et *truculentus* se disent de ce qui a un extérieur effrayant, de ce qui fait sur l’imagination, sur les yeux et les oreilles une impression terrible, comme épouvantable: *atrox* marque une qualité des choses; *trux* et *truculentus*, des qualités personnelles. *Dirus* et *sævus* se disent de ce qui est vraiment terrible et dangereux: *dirus*, par essence, par une propriété des choses, effroyable, δεινὸς, mais *sævus*, par caractère, par une qualité propre à des êtres animés, sanguinaire, cruel, αἰνός. Plin. Pan. 53. *Atrocissima* effigies *sævissimi* domini. L’image effroyable du plus cruel des maîtres. Mela. II, 7. Ionium pelagus... *atrox*, *sævum*, c’est-à-dire qui a un aspect menaçant et ne cause d’ailleurs que trop de malheurs.
2. *Trux* désigne uu regard, une voix épouvantable par leur côté héroïque ou tragique, comme autant de signes d’un courage barbare ou de quelque sentiment cruel; *truculentus*, par leur côté trivial ou comique, comme des signes de mauvaise humeur ou d’une passion basse. L’esclave de la comédie de Plaute est *truculentus*, Achille courroucé est *trux*. Mais *truculentior*, *truculentissimus* servent de comparatif et de superlatif à *trux*.
3. *Trux* et *truculentus* vultus regard courroucé qui inspire la crainte, comme τραχύς; *torvus* (regard pénétrant, etc.) regard pénétrant, perçant, toujours farouche, comme τορὸν ou ταυρηδὸν ϐλέπων. Plin. H. N. XI, 54. Contuitu quoque multiformes, *truces*, *torvi*, flagrantes. Le regard varie à l’infini l’aspect que prennent les yeux; ils paraissent courroucés et effrayants, perçants et farouches, étincelants, etc.
Attonitus. Stupens. *Attonitus*, comme frappé de la foudre, c’est un état passager; *stupens*, pétrifié, c’est un état durable. Curt. VIII, 2, 3. *Attoniti* et *stupentibus* similes. Comme frappés de la foudre et pour ainsi dire pétrifiés.
Audere. Conari. Moliri. *Audere* se dit d’une entreprise considérée sous le rapport du danger de l’action et du courage de la personne, comme oser; *conari*, sous le rapport de l’importance de l’action et de l’énergie de la personne, comme tenter; enfin *moliri*, sous le rapport de la difficulté de l’action et des efforts qu’elle exige de la part de la personne, comme entreprendre.
—Audacia, audentia, v. *Fides*.
Audire. Auscultare. *Audire*, entendre, ἀϰούειν, c’est un terme purement passif, comme *olfacere*; *auscultare*, écouter, ἀϰροᾶσθαι; c’est vouloir entendre, écouter avec attention, soit en cachette, soit au grand jour, par un acte de volonté, comme *odorari*. Ter. Ad. IV, 5, 45. Æsch. Pater, obsecro, *ausculta*. Mic. Æschine, *audivi* omnia. Esch. Père, je t’en supplie, écoute-moi. Mic. Eschine, j’ai tout entendu.
—Auferre, v. *Demere*.
Auguria. Auspicia. Prodigia. Ostenta. Portenta. Monstra. Omina. *Auguria* et *auspicia*, apparitions naturelles qui n’ont de sens que pour les personnes versées dans l’art d’interpréter les signes: *auguria*, pour les membres savants du collége des augures; *auspicia*, pour les magistrats qui avaient le droit de prendre les auspices. *Prodigia*, *ostenta*, *portenta*, *monstra*, apparitions surnaturelles qui frappent aussi le vulgaire et qu’un devin ne peut qu’expliquer avec plus d’exactitude; enfin *omina*, signes que toute personne à qui ils apparaissent s’explique elle-même sans intermédiaire. L’idée qui domine dans *prodigium* est celle de la portée et des conséquences du phénomène; dans *ostentum*, c’est le merveilleux et le grandiose; dans *portentum*, le côté effrayant, l’annonce du danger; dans *monstrum*, le côté contre nature et hideux.
—Aura, v. *Anima*. —Auscultare, v. *Audire*. —Auspicia, v. *Auguria*.
Austerus. Severus. Difficilis. Morosus. Tetricus. 1. *Austerus* présente la sévérité comme une tournure d’esprit; *severus*, comme une qualité morale. L’*austerus*, dont l’opposé est *jucundus*, répugne à la plaisanterie et aux futilités; il demande du sérieux et du positif dans l’art, dans la science, dans le commerce de la société, au risque de passer pour un esprit sec; le *severus*, dont l’opposé est *luxuriosus*, est rigoureux; il hait tout libertinage, tout relâchement; il exige des autres et de lui de l’empire sur soi-même et de l’énergie, au risque de passer pour un cœur dur. Le stoïcien est *austerus* comme philosophe, *severus* comme homme.
2. *Austerus* et *severus* n’impliquent point de blâme; mais *difficilis*, *morosus* et *tetricus* désignent l’abus de la rigueur. Le *difficilis* ignore l’art d’un commerce facile et agréable, à cause de son tempérament hypocondriaque; le *morosus* est scrupuleux; il veut tout redresser par excès de conscience et défaut de tolérance; le *tetricus* est roide et gênant par pédantisme et défaut de bonne humeur.
—Autumare, v. *Censere*.
Auxilium. Opem ferre. Opitulari. Juvare. Adjuvare. 1. *Auxilium*, *opem ferre* et *opitulari*, secourir, supposent un opprimé qu’il s’agit de tirer d’embarras et de danger en venant à son secours, par opposition à *deserere*, *destituere*: il faut se représenter l’*auxilium ferens* comme un allié qui se met au service de la personne ou des intérêts de l’opprimé; l’*opem ferens*, comme un bienfaiteur qui fait profiter le faible de sa puissance et de sa force. *Juvare* et *adjuvare* ne supposent, comme soutenir, qu’une personne qui réussira mieux et plus vite dans ce qu’elle entreprend, si on l’assiste, par opposition à *impedire*. Ter. Heaut. V, 2, 39. Matres solent esse filiis in peccato *adjutrices*, *auxilio* in paterna injuria. Les mères ne manquent jamais de se prêter aux sottises de leurs fils et de les secourir contre l’oppression d’un père. Quand Tarquin, dans Liv. II, 6, prie les Véiens: *ferrent opem*, *adjuvarent*, il faut se le représenter d’abord comme exilé, *exulans*, ensuite comme prétendant, *regnum repetiturus*.
2. *Opem* et *auxilium ferre* ont l’accent sur le substantif; c’est du secours qu’on porte, non autre chose; *opitulari* et le terme poétique *auxiliari* ont l’accent sur leur racine verbale; c’est secourir sans hésiter.
Ave. Salve. Vale. *Ave*, formule de salutation qui s’emploie également à l’arrivée et au départ, comme χαῖρε; *salve*, formule d’usage à l’arrivée; *vale*, au départ, comme ἔῤῥωσο. Suet. Galb. 4. Ut liberti mane *salvere*, vespere *valere* sibi singuli dicerent. Il maintint l’usage qui obligeait ses affranchis à venir lui souhaiter chacun le bonjour le matin, et le soir une bonne nuit.
—Aves, v. *Volucres*. —Avidus, v. *Velle*.
Axes. Plancæ. Tabulæ. *Axes* ou *asses* et *plancæ*, planches brutes qu’on emploie telles qu’elles sortent de la scie: *asses*, terme usuel; *plancæ*, terme technique, comme ais. *Tabulæ*, planches travaillées avec plus de fini à l’aide du rabot, pour servir à des meubles de luxe.
—Axilla, v. *Armus*.
B
Balbus. Blæsus. *Balbus*, bègue, c’est un défaut habituel; *blæsus*, qui bégaye, c’est un accident temporaire.
—Baculus, v. *Fustis*. —Bajulare, v. *Ferre*. —Bardus, v. *Stupidus*. —Baubari, v. *Latrare*. —Beatus, v. *Felix*. —Bellua, v. *Animal*. —Bene moratus, v. *Bonus*. —Benevolentia, v. *Studium*. —Benignus, v. *Largus*. —Bestia, v. *Animal*.
Bibere. Potare. *Bibere*, boire à la façon des hommes, πίνειν; *potare*, à la façon des bêtes et en prendre plus qu’on n’en peut porter. Sen. Ep. 122. Inter nudos *bibunt*, imo *potant*. Ils boivent, ils se soûlent de vin au milieu des baigneurs nus. Plaut. Curc. I, 1, 88. Agite, *bibite*, festivæ fores, *potate*, fite mihi volentes propitiæ. Bois, bois, charmante porte, soûle-toi, sois-moi bienveillante et favorable.
—Bifariam, v. *Duplex*. —Bilis, v. *Fel*. —Blæsus, v. *Balbus*. —Blandiri, v. *Assentiri*. —Blatire, blaterare, v. *Garrire*. —Boni consulere, v. *Satis habere*.
Bonus. Bene moratus. Probus. Frugi. Honestus. Sanctus. 1. *Bonus*, *bene moratus*, *probus* et *frugi* marquent un degré inférieur de moralité qui consiste à éviter le blâme et le châtiment, la haine et le mépris. *Bonus* se prend au sens populaire selon lequel la bienveillance et la bonté de cœur constituent un des principaux éléments de la moralité, comme bon, ἀγαθὸς, par opposition à *malus*. *Bene moratus* se dit, dans un sens plus philosophique, d’un caractère formé par l’éducation dont les traits indispensables sont de l’empire sur soi-même, de la droiture, un certain détachement de l’égoïsme vulgaire, moral, qui a des mœurs, εὔτροπος. *Probus* s’entend de celui qui ne fait de tort ou d’injustice à personne, le brave homme, l’honnête homme, l’homme juste. *Frugi*, c’est celui que son savoir-faire, son exactitude, son application, rendent un personnage utile dans la vie pratique, l’homme brave et rangé, par opposition à *nequam*, comme χρηστός. Quintil. VI, 4, 11. Non est altercandi ars... res animi jacentis et *mollis* supra modum frontis, fallitque plerumque quod *probitas* vocatur quæ est *imbecillitas*. Il faut, pour paraître en maître aux débats, une âme qui ne se laisse point abattre, un front qui ne se courbe pas trop vite, et la commune erreur vient de ce qu’on donne en cette matière le nom de probité à la pure faiblesse d’esprit. Cic. Dej. 10. *Frugi* hominem dici non multum laudis habet in *rege*. Ce n’est pas faire un grand éloge d’un roi que de l’appeler un homme rangé.
2. *Honestus* et *sanctus* désignent un degré supérieur de moralité qui s’inspire d’une raison plus haute, qui s’élève au- dessus du vulgaire et de la morale au jour le jour. *Honestus*, âme noble et héroïque qui conforme sa conduite aux principes d’un honneur exquis, par opposition à *turpis*. *Sanctus*, âme religieuse et sainte que gouverne le désir de plaire à Dieu.
—Brachium, v. *Ulna*.
Brevis. Curtus. *Brevis*, court par nature; *curtus*, raccourci.
—Brutus, v. *Stupidus*.
C
—Caballus, v. *Equus*. —Cachinnare, v. *Ridere*. —Cacumen, v. *Acies*.
Cadaver. Corpus. Il y a entre *cadaver* et *corpus* à peu près la même différence qu’entre os et ossements. Le corps inanimé désigné par *cadaver* n’est qu’un objet matériel; désigné par *corpus*, c’est la dépouille mortelle d’une personne, et on emploie toujours ce dernier mot quand on s’intéresse au mort.
—Cadere, v. *Labi*. —Cædere, v. *Verberare*. —Cærimonia, v. *Consuetudo*. —Cæsar, v. *Primus*. —Cæsaries, v. *Crinis*.
Cæteri. Reliqui. *Cæteri*, les autres, par opposition aux premiers nommés, comme οἱ ἄλλοι; l’opposition est fortement marquée; *reliqui*, le reste, comme simple complément du tout, οἱ λοιποί. Cic. Brut. 2, 6. Si viveret Hortensius, *cætera* fortasse desideraret una cum *reliquis* bonis civibus; hunc aut præter *cæteros* aut cum paucis sustineret dolorem. Si Hortensius vivait, il partagerait sans doute les autres privations avec le reste des bons citoyens; mais une douleur qu’il aurait de plus que les autres citoyens ou qu’on n’aurait guère avec lui serait...
—Calamitas, v. *Infortunium*. —Calculus, v. *Saxum*. —Calamus, v. *Culmus*.
Calere. Fervere. Æstuare. Calefacere. Fovere. 1. *Calere* et *fervere*, il fait chaud, il fait très-chaud, désignent la chaleur même: *calidus*, dont l’opposé est *frigidus*, un degré de chaleur modéré; *fervidus*, dont l’opposé est *gelidus*, le degré du point d’ébullition. *Æstuare*, dont l’opposé est *algere*, désigne la sensation que la chaleur fait éprouver, comme avoir chaud.
2. *Calefacere*, chauffer, au sens purement physique, sans idée accessoire; *fovere*, chauffer, avec allusion à la sensation agréable ou à l’effet bienfaisant de la chaleur.
—Caligo, v. *Obscurum*. —Calix, v. *Poculum*. —Callidus, v. *Astutus* et *Sapiens*. —Callis, v. *Iter*. —Campus, v. *Equus* et *Villa*.
Candela. Lucerna. *Candela*, chandelle que l’on peut porter comme une torche, λαμπάς; *lucerna*, lumière qui brûle sur une table et qu’on ne saurait se représenter autrement.
—Candidus, v. *Albus*.
Canere. Cantare. Psallere. Canticum. Cantilena. Carmen. Poema. Poeta. Vates. 1. *Canere*, terme général, faire de la musique, *canere voce*, *tibiis*, *fidibus*, μέλπειν; *cantare* se dit de la musique vocale, ἀείδειν; *psallere*, de la musique instrumentale exécutée avec des instruments à cordes.
2. *Cantica* et *cantilenæ*, compositions exclusivement destinées à être chantées, dans lesquelles les paroles et la mélodie sont inséparables, comme dans les chants populaires, et qui servent d’expression à la joie et aux plaisirs de la vie, par opposition au discours, au langage parlé: *canticum*, chanson favorite qui égaye; *cantilena*, chanson rebattue qui a perdu le charme de la nouveauté et n’est plus qu’une vieillerie. *Carmina* et *poemata*, poésies susceptibles d’être chantées, mais dont les paroles sont une œuvre d’art, ayant une valeur propre, et qui sont consacrées à la religion ou au dieu des vers, par opposition à la prose et à la vérité pratique. *Carmina*, dans sa signification primitive, désigne des chants religieux, ἐπῳδαὶ, et par extension d’autres poésies, surtout de petites pièces et des morceaux lyriques, comme ᾠδαί; *poemata*, des productions d’un art avancé, de longs poèmes, la plupart du temps épiques ou tragiques, comme ποιήματα. Le *carmen* est le fruit d’une inspiration naïve; le *poema*, d’une inspiration qui se connaît et se maîtrise.
3. *Poeta*, terme savant, technique, ne fait voir dans le poète que l’artiste; *vates*, terme religieux qui appartient à la vieille langue latine, le présente comme une personne sainte.
—Canna, v. *Culmus*. —Cantare, v. *Canere*. —Canterius, v. *Equus*. —Canticum, cantilena, v. *Canere*.
Caper. Hircus. Hædus. *Caper*, terme général, nom du bouc en histoire naturelle, τράγος; *hircus*, vieux bouc qui a toute sa croissance; *hœdus*, *hædus*, jeune bouc, ἔριφος.
—Capere, v. *Sumere*. —Capillus, v. *Crinis*. —Carcer, v. *Custodia*.
Carere. Egere. Indigere. 1. *Carere* se rapporte à ce qu’on souhaite de posséder, c’est être privé de quelque chose, s’en passer, par opposition à *habere*; *egere* et *indigere* se rapportent à ce qu’il nous faut absolument et dont nous ne pouvons pas nous passer, comme avoir besoin, par opposition à *abundare*. Sen. V. B. 7. Voluptate virtus sæpe *caret*, nunquam *indiget*. Le plaisir a beau fuir la vertu, elle n’en est jamais en peine. Ep. 9. Sapiens *eget* nulla re; *egere* enim *necessitatis* est. Le sage n’a aucun besoin, car qui dit besoin dit nécessité. Cic. Ep. ad Qu. Fr. I, 3, 2. Nunc commisi ut me vivo *careres*, vivo me aliis *indigeres*. Je t’ai donc imposé de mon vivant des privations, réduit de mon vivant à dépendre des autres.
2. *Egere* marque le besoin même, par opposition à *uti*; *indigere*, le sentiment pressant du besoin et le vif désir de le voir satisfait.
—Caritas, v. *Diligere*. —Carmen, v. *Canere*. —Carnifex, v. *Homicida*.
Caro. Pulpa. Viscera. Exta. Intestina. Ilia. 1. *Caro*, la chair en général, comme substance, par opposition à la graisse, aux nerfs, aux muscles; *pulpa*, terme particulier pour la chair qui se mange et qui a du goût, par opposition aux os; *viscera*, toutes les chairs et parties charnues comprises entre la peau et les os.
2. *Viscera*, au sens restreint, désigne toutes les parties internes du corps; *exta*, les parties molles de la poitrine, comme le cœur, les poumons; *intestina*, *interanea* et *ilia*, les parties molles du ventre, surtout les intestins: *intestina*, et après le siècle d’Auguste, *interanea*, les intestins considérés comme organes de la digestion; *ilia*, tout ce qui se trouve dans l’abdomen, et particulièrement les parties mangeables.
Cassis. Galea. Cudo. *Cassis*, *cassida*, casque de métal; *galea*, casque de peau et à proprement parler de peau de belette; *cudo*, casque de forme inconnue. Tac. G. 6. Paucis loricæ; vix uni alterive *cassis* aut *galea*. Un petit nombre de cuirasses; à peine un ou deux casques de métal ou de peau.
—Cassis, v. *Rete*. —Castigatio, v. *Vindicta*.
Castus. Pudicus. Pudens. Pudibundus. 1. *Castus* représente la chasteté comme une vertu innée, pur, innocent; *pudicus*, comme une vertu morale, pudique, modeste.
2. *Pudicus*, *pudicitia*, la modestie naturelle, la peur de paraître nu aux yeux des autres, et l’esprit de chasteté qui en est la suite au point de vue exclusif des rapports des deux sexes, la pudicité; *pudens*, *pudor*, la modestie en général, la peur de se faire voir sous un jour fâcheux et de s’exposer au mépris, le sens de l’honneur. Cic. Catil. II, 11, 25. Ex hac parte *pudor* pugnat, illinc petulantia; hinc *pudicitia*, illinc stuprum. La modestie est aux prises avec l’effronterie, la pudeur avec la débauche.
3. *Pudicus* et *pudens* s’entendent de la modestie à l’état de qualité permanente; *pudibundus*, d’un accès de modestie.
4. La modestie, *pudor*, procède de l’estime de soi-même, on ne veut point se compromettre aux yeux des autres; la délicatesse, *verecundia*, procède de l’estime qu’on a pour les autres, on ne veut donner aucun sujet de scandale à ceux qu’on estime.
Casu. Forte. Fortuito. Fortasse. Forsitan. Haud scio an. *Casu*, *forte* et *fortuito*, marquent les chances diverses: *casu*, la chance inattendue, par accident, par concours de circonstances, il est opposé à *consulto*, συμϐεϐηϰότως; *forte*, la chance ordinaire, par hasard, τυχόν; *fortuito*, *fortuitu*, qui sont emphatiques, la chance extraordinaire, par pur hasard, ἀπὸ τύχης; ils ont pour opposé *causa*. *Fortasse*, *forsitan* et *haud scio an* marquent une éventualité: *fortasse* et *fortassis*, quand on reconnaît et qu’on affirme la possibilité: peut-être et même vraisemblablement: ils se construisent avec l’indicatif, ἴσως; *forsitan*, *forsan*, quand on admet simplement la possibilité: après tout, il est possible: ils se joignent au subjonctif, τάχ᾽ ἄν; *haud scio an*, quand on feint par modestie de ne pas être sûr de son fait, qu’on restreint l’affirmation par euphémisme. *Fortasse verum est* et *forsitan verum sit* veulent dire: la chose est vraie peut-être, peut-être aussi ne l’est-elle pas; mais *haud scio an verum sit*: je la tiens pour vraie, mais sans vouloir la donner pour certaine.
Casus. Fors. Fortuna. Fors fortuna. Fatum. 1. *Casus* présente le hasard comme un fait brutal qui ne se rattache ni aux calculs de l’homme, ni à des causes connues, συμφορά; *fors*, comme une sorte d’être fabuleux qui influe sur les choses humaines sans dessein et sans but, sans autre fin, pour ainsi dire, que de taquiner les mortels et de confondre leurs calculs, τύχη.
2. *Fors*, pris comme un vrai personnage mythologique, c’est le même hasard sous les traits d’un bonheur aveugle; *fortuna*, c’est le bonheur qui n’est ni aveugle ni étourdi, qui intervient dans la marche des affaires humaines pour accorder ou refuser sa faveur; enfin, *fors fortuna* est une chance heureuse, ἀγαθὴ τύχη.
3. Tous ces êtres sont en opposition avec les *dii* et le *fatum* qui amènent ou détournent un événement non par humeur et caprice, mais par des motifs plus élevés, les *dii*, selon les lois appréciables de la morale, selon le mérite et la dignité, selon le droit et l’équité; le *fatum*, selon les lois mystérieuses de l’ordre éternel qui préside à l’univers, comme l’εἰμαρμένη, la μοῖρα. Tac. Hist. IV, 26. Quod in pace *fors* seu natura, tunc *fatum* et ira *deorum* vocabatur. En temps de paix, on aurait appliqué à ces faits les noms de hasard et d’accidents naturels; on n’avait plus maintenant à la bouche que les mots de fatalité et de colère divine.
—Catenæ, v. *Vincula*.
Caterva. Cohors. Agmen. Grex. Globus. Turba. *Caterva*, *cohors* et *agmen*, multitude assemblée en bon ordre: *caterva*, en masse qui constitue un tout, comme par exemple un bataillon; *cohors*, sous forme d’escorte et de cortége autour d’un chef; *agmen*, en procession solennelle. *Turba*, *grex* et *globus*, multitude réunie sans ordre: *grex*, sans aucun arrangement; *turba*, avec une idée accessoire de désordre et d’embarras; *globus*, en foule qui se presse, se gêne et aboutit à former le cercle, chacun cherchant à gagner le centre.
—Catus, v. *Sapiens*. —Caupona, v. *Deversorium*. —Causidicus, v. *Advocatus*. —Cautes, v. *Saxum*. —Caverna, v. *Specus*. —Cavillator, v. *Lepidus*.
Celare. Occulere. Occultare. Clam. Abdere. Condere. Abscondere. Recondere. 1. *Celare*, verbe abstrait, comme céler, tenir secret, ϰεύθειν, par opposition à *fateri*, il est synonyme de *reticere*; *occulere*, *occultare*, verbes concrets, comme cacher, ϰρύπτειν, par opposition à *aperire*, ils sont synonymes d’*obtegere*. Les *celanda* restent inconnus hors le cas de trahison; les *occultanda* seraient exposés à tous les regards si l’on manquait de prévoyance et de précaution.
2. *Clam* et *clanculum* signifient de même secrètement, par opposition à *palam*; occulte, en cachette, par opposition à *aperte*.
3. *Occulere* se dit de toutes les manières de cacher, mais *occultare*, c’est cacher avec soin ou même avec sollicitude, et ce dernier verbe ne peut pas plus trouver place dans les propositions négatives que *redolere* et autres, aussi forts de sens.
4. *Occultare* couvrir d’un voile quelconque pour soustraire à la vue; *abdere*, *condere* et *abscondere*, dérober les choses à la vue en les éloignant: *abdere*, en les mettant simplement de côté, hors du chemin, comme ἀποϰρύπτειν; *condere*, en les rangeant à leur place et en les serrant, comme ϰαταϰρύπτειν; *recondere*, en les gardant avec un soin extrême; *abscondere*, en les gardant après les avoir mises à l’écart.
Celeber. Inclytus. Clarus. Illustris. Nobilis. *Celeber* et *inclytus*, termes généraux pour signifier la célébrité, surtout en parlant des choses, et qui ne s’appliquent guère aux personnes que chez les poëtes; *clarus*, *illustris* et *nobilis* ont particulièrement rapport à la politique: *clarus*, célèbre par des services éminents rendus à la patrie; *illustris*, considéré à cause de son rang et de sa fortune; *nobilis*, qui appartient à une famille dont les membres ont déjà occupé de hautes positions dans l’État.
—Celebrare, v. *Sæpe*. —Celer, v. *Citus*. —Celox, v. *Navigium*. —Celsus, v. *Altus*.
Censere. Judicare. Arbitrari. Æstimare. Opinari. Putare. Reri. Autumare. Existimare. Credere. 1. *Censere*, *judicare*, *arbitrari*, *æstimare*, émettre un avis à titre d’autorité compétente et commise à cet effet: *censere*, comme censeur ou comme sénateur votant; *judicare*, comme juge qui rend un arrêt; *arbitrari*, comme arbitre; *æstimare*, comme taxateur ou commissaire-priseur. *Opinari*, *putare*, *reri* et *existimare*, émettre une opinion comme simple particulier, en son propre et privé nom: *opinari* exprime un simple sentiment/ou un pressentiment, par opposition à la conviction claire et nette et à la certitude, comme croire; *putare*, le résultat d’un calcul; *reri* est une expression poétique; *autumare*, un mot vieilli.
2. *Æstimare* présente l’avis à donner sous l’aspect d’un devoir de police rempli par un véritable taxateur, estimer quelque chose, au propre ou au figuré, d’après son prix et sa valeur en argent; *existimare*, sous l’aspect d’un devoir de morale, estimer une chose par sa valeur intrinsèque ou par ce qu’elle a de vrai. Cicéron n’oppose comme opinion particulière au jugement de l’autorité compétente, *judicio*, que l’*existimatio*, jamais l’*æstimatio*.
3. *Censere*, etc., présentent l’opinion et la croyance comme basées sur des réflexions et sur une conviction personnelles; *credere*, comme basées sur la confiance qu’on accorde au témoignage d’autrui. Sen. Tranq. 11. Non *putavi* hoc futurum, nunquam hoc eventurum *credidissem*, à savoir: si quis mihi prædixisset. Cela n’entrait pas dans mes prévisions; je n’aurais jamais cru que cela pût arriver (même si on me l’avait prédit).
4. *Opinor*, employé sous forme de parenthèse est une formule de modestie, comme οἶμαι, à ce que je crois; *credo* est une formule d’ironie, comme ὡς ἔοιϰεν. Ce dernier peut signifier: 1º je l’imagine bien, j’imagine, dans des affirmations qui vont d’elles-mêmes, et l’ironie tombe alors soit sur celui auquel il faut dire ou répéter les choses, soit sur celui qui paraîtrait tenté d’avoir quelque doute; 2° oui, je le crois, ou: ne devrait- on pas croire? à propos d’affirmations absurdes qu’on se juge autorisé à prêter aux autres et à placer dans leur bouche; 3º je le crois, naturellement, cela se conçoit, à propos de propositions évidentes, quand on demande pour ainsi dire la permission de ne pas les commenter.
—Cernere, v. *Videre*. —Cerritus, v. *Amens*. —Certare, v. *Imitatio*. —Cessare, v. *Vacare* et *Cunctari*.
Chorda. Fides. *Chorda*, la corde isolée; *fides* exprime toujours au singulier comme au pluriel une idée collective, c’est la garniture entière ou l’instrument même.
—Cibare, cibus, v. *Alimenta*. —Cicatrix, v. *Vulnus*.
Cicur. Mansuetus. *Cicur*, apprivoisé au sens purement physique, terme de classification en histoire naturelle, par opposition à *ferus*; *mansuetus*, apprivoisé au sens moral, lequel suppose un adoucissement de caractère, par opposition à *sævus*.
—Cincinnus, v. *Crinis*. —Circulus, v. *Orbis*. —Circumire, v. *Ambire*. —Circumvenire, v. *Fallere*. —Cirrus, v. *Crinis*.
Citus. Celer. Velox. Pernix. Properus. Festinus. 1. *Citus* et *celer* s’entendent d’un mouvement rapide, par opposition à *tardus*, il s’agit simplement de vitesse; *velox* et *pernix*, opposés à *lentus*, se disent de l’agilité due à la force du corps et développée par l’exercice, par l’art; *properus* et *festinus*, de la hâte, de la volonté d’atteindre un but dans le moins de temps possible, par opposition à *segnis*.
2. *Citus* marque un mouvement prompt et vif, il se rapproche de *vegetus*; *celer*, un mouvement violent et entraînant, il se rapproche de *rapidus*.
3. *Pernicitas*, c’est en général l’agilité et la prestesse dans tous les exercices du corps, saut, escalade, voltige; *velocitas*, c’est par préférence la vitesse à la course, au vol, à la nage. Plaut. Mil. III, 1, 36. Clare oculis video, *pernix* sum manibus, pedibus mobilis. J’ai des yeux qui voient clair, des mains lestes, des pieds qui ne tiennent pas en place. Virg. Æn. IV, 180. Famam pedibus *celerem* et *pernicibus* alis. La Renommée dont la course est rapide et le vol agile. Curt. VII, 7, 53. Equorum *velocitati* par est hominum *pernicitas*. L’agilité des hommes égale la vitesse des chevaux.
4. *Properus*, *properare* marquent la hâte d’aller droit au but à force d’énergie, elle est opposée au laisser-aller, à *cessare*; *festinus*, *festinare*, la hâte qui provient d’impatience et qui est voisine de la précipitation.
—Civilitas, v. *Humanitas*. —Civitas, v. *Gens*. —Clam, v. *Celare*. —Claritas, v. *Gloria*. —Clarus, v. *Celeber*. —Claustrum, v. *Sera*. —Clementia, v. *Mansuetudo*. —Clivus, v. *Collis*. —Codicilli, v. *Litteræ*. —Clypeus, v. *Scutum*.
Clangere. Clamare. Vociferari. *Clangere* se dit du cri des animaux et du son des instruments, comme ϰλάγγειν; *clamare* et *vociferari*, du cri de l’homme: *clamare* est l’expression de la volonté; *vociferari*, celle de la passion dans la colère, la douleur, l’ivresse. Rhet. ad Her. III, 12. Acuta *exclamatio* habet quiddam illiberale et ad muliebrem potius *vociferationem*, quam ad virilem dignitatem in dicendo accommodatum. Des éclats de voix aigus ont quelque chose de bas; cela est bon pour des femmes qui criaillent, mais indigne d’un orateur. Virg. Æn. II, 310. Exoritur *clamor*que virûm *clangor*que tubarum. Les cris des hommes, le son des trompettes s’élèvent jusqu’à moi.
—Cœnum, v. *Lutum*. —Cœpisse, v. *Incipere*.
Coercere. Compescere. *Coercere* se dit d’un acte de compression par force et abus de pouvoir; *compescere*, d’un acte de répression par autorité et sagesse.
—Cœtus, v. *Concilium*.
Cogere. Adigere. *Cogere*, obliger à quelque chose par contrainte et par force; *adigere*, déterminer à quelque chose par des motifs qui donnent à réfléchir. Tac. Ann. VI, 27. Se ea necessitate ad preces *cogi*, per quas consularium aliqui capessere provincias *adigerentur*. Dans cette extrémité il se voyait contraint de recourir aux prières pour engager des consulaires à se charger du gouvernement des provinces.
Cogitare. Meditari. Commentari. 1. *Cogitare* se dit de l’activité habituelle de l’esprit qui est toujours occupé d’une chose ou d’une autre; *meditari*, de l’activité d’esprit surexcitée, de l’effort qui tend vers un résultat déterminé. Le premier équivaut à penser, le second à penser à quelque chose. Ter. Heaut. III, 3, 46. Quid nunc facere *cogitas*? C’est-à-dire qu’as-tu en tête à présent? Comparez avec Adelp. V, 6, 8. *Meditor* esse affabilis, c’est-à-dire: je songe aux moyens d’être aimable. Dans les Tusculanes (III, 6,) *cogitatio* ne désigne guère que la pensée qui a conscience d’elle-même; *meditatio* désigne la réflexion, la spéculation.
2. *Meditari* s’emploie pour marquer l’intensité, c’est méditer sérieusement, avec effort, avec ardeur; *commentari* (dans Cicéron seulement), pour marquer la durée, méditer à loisir, avec calme, à fond.
—Cognatus, v. *Necessarius*.
Cognitio. Notitia. Scientia. Ignarus. Inscius. Nescius. 1. *Cognitio*, acte par lequel l’esprit acquiert une connaissance; *notitia* et *scientia*, état de l’esprit: *notitia* et *nosse* se disent d’un état dans lequel l’âme est passive et ne fait que recevoir des impressions, quand elle a conscience d’un phénomène extérieur et en conserve le souvenir; *scientia* et *scire* impliquent, comme le savoir, une certaine spontanéité et la conviction de la réalité des choses. La *notitia* peut se borner à des notions de rencontre; la *scientia* doit s’être rendu l’objet familier, l’avoir approfondi à force de travail. Cic. Sen. 4, 12. Quanta *notitia* antiquitatis! quanta *scientia* juris romani! Quelle pratique de l’antiquité! quelle science du droit romain!
2. L’*ignarus* ne possède pas cette *notitia*, l’*inscius* cette *scientia*. Tac. Hist. I, 11. Ægyptum provinciam *insciam* legum, *ignaram* magistratuum. La province d’Égypte qui n’est ni initiée à nos lois, ni façonnée à nos habitudes de gouvernement. La législation exige une étude en règle, tandis qu’on peut apprendre l’administration par la pratique.
3. *Inscius*, celui qui n’a rien appris ou qui n’a pas appris quelque chose, il y a lieu de blâmer; *nescius*, celui qui par hasard n’a pas entendu parler de quelque chose, n’en a pas fait l’expérience; le mot se prend indifféremment en bonne ou en mauvaise part. Cic. Brut. 83. *Inscium* omnium rerum et rudem. Ignare et brut. Comparez avec Plin. EP. VIII, 23. Absens et impendentis mali *nescius*. J’étais absent, je ne me doutais pas du malheur suspendu sur ma tête.
—Cognoscere, v. *Intelligere*. —Cohors, v. *Caterva*. —Colaphus, v. *Alapa*. —Colere, v. *Vereri*.
Collis. Clivus. Tumulus. Grumus. *Collis* et *clivus*, grande colline qui est une petite montagne: *collis*, ϰολωνὸς, hauteur, par opposition à la plaine qui est au-dessous, et, par suite colline assez raide; *clivus*, ϰλιτὸς, plan incliné, par opposition à la plaine horizontale, et, par suite, colline en pente douce. *Tumulus* et *grumus*, petite colline qui n’est qu’un gros tertre: *tumulus*, comme ὄχθος, tertre naturel ou artificiel, par exemple un tumulus; *grumus*, élévation exclusivement artificielle, faite de main d’homme, χῶμα. Colum. Arbor. vers la fin. *Collem* autem et *clivum* modum jugeri continentem repastinabis operis sexaginta. Vous emploierez soixante manœuvres à défricher sur une colline une pente de la contenance d’un arpent. Liv. XXI, 32. Erigentibus in primos agmen *clivos* apparuerunt imminentes *tumulos* insidentes montani. Quand les têtes de colonne de l’armée d’Annibal s’élevèrent sur les premières pentes des Alpes, elles découvrirent les montagnards établis sur les mamelons qui dominaient la route. Hirt. B. Hisp. Ex *grumo* excelsum *tumulum* capiebat. Il voulut quitter son tertre pour gagner une éminence qui commandait les environs.
—Colloquium, v. *Sermo*. —Colonus, v. *Incolere*. —Coluber, v. *Repere*. —Comburere, v. *Accendere*. —Coma, v. *Crinis*.
Comere. Decorare. Ornare. 1. *Comere* et *decorare*, parer, pour embellir et pour flatter la vue; *ornare*, orner en joignant l’utile à l’agréable.
2. *Comere* présente la parure comme une recherche minutieuse et efféminée, souvent avec une idée de blâme, comme *nitere*; il s’oppose à la nature, à une simplicité noble, à une négligence gracieuse, parer, ϰομμοῦν; *decorare* et *ornare* la présentent toujours sous un jour favorable, comme *splendere*, comme un signe d’aisance et de richesse: *decorare*, par opposition à ce qui est commun et n’a point d’apparence, embellir, ϰοσμεῖν; *ornare*, par opposition à ce qui est pauvre et incomplet, orner, ἀσϰεῖν.
3. L’idée contenue dans *comere* ne va pas au delà d’une question d’arrangement: on ajuste, on polit pour donner bonne mine, par exemple en peignant et tressant les cheveux; *decorare* et *ornare* supposent une addition matérielle; on emprunte des ornements extérieurs, par exemple, un diadème. Quintil. XII, 10, 47. *Comere* caput in gradus et annulos. Parer une tête de boucles disposées par étages. Et Virg. Ecl. VI, 69. Apio crines *ornatus* amaro. Linus, qui orne ses cheveux de fleurs et d’ache amère. ТIB. II, 2, 6. Sertis *decorare* comas. Relever de guirlandes la beauté des cheveux.
—Comissatio, v. *Epulæ*.
Comitari. Deducere. Prosequi. *Comitari*, accompagner, dans tous les sens, ἀϰολουθεῖν; *prosequi* et *deducere*, avec l’idée accessoire d’un témoignage d’estime ou d’amitié: le *prosequens* reconduit les gens comme le προπέμπων, soit jusqu’au bout, soit pendant une partie du chemin; le *deducens* les ramène chez eux ou les mène du moins au terme de leur voyage, comme le ϰατάγων, soit qu’il se mette à leur suite dès le départ ou seulement en route.
—Comitas, v. *Humanitas*. —Comitia, v. *Concilium*. —Commentari, v. *Cogitare*. —Committere, v. *Fidere*.
Commodare. Mutuum dare. *Commodare*, prêter sans formalités ni stipulations, à charge de restituer l’objet tel quel, fût-il usé; *mutuum dare*, faire un prêt avec ou sans intérêt, à charge de rendre au bout d’un certain temps l’équivalent du prêt. La *commodatio* est un service rendu par affection, la *mutuum datio* est une affaire.
—Communicare, v. *Impertire*. —Comœdus, v. *Actor*. —Compar, v. *Æquus*. —Compedes, v. *Vincula*. —Compendium, v. *Lucrum*. —Compescere, v. *Coercere*. —Complecti, v. *Amplecti*. —Conari, v. *Audere*.
Complementum. Supplementum. *Complementum*, ce qui sert, comme une clef de voûte, à compléter, à parfaire; *supplementum*, ce qui sert à remplacer après coup, à remplir des lacunes.
Concedere. Permittere. Indulgere. Connivere. *Concedere* et *permittere*, accorder quelque chose dont on dispose en vertu d’un droit personnel illimité: *concedere*, à la suite d’une prière ou d’une insinuation, par opposition à refuser, concéder, συγχωρῆσαι; *permittere*, par confiance et générosité, par opposition à défendre, permettre, ἐφεῖναι. *Indulgere* et *connivere*, souffrir une chose qui est officiellement défendue: l’*indulgens*, par longanimité patente, comme condescendre; le *connivens*, en feignant de fermer les yeux.
Concessum est. Licet. Fas est. *Concessum est*, ἔξεστι, ce qui est permis en général; ce terme est dans le rapport du genre à l’espèce avec *licet*, *licitum est*, ce qui est permis aux yeux des hommes en vertu de maximes consacrées soit par des lois positives, soit par les mœurs et la coutume, comme θέμις ἐστὶ, et avec *fas est*, ce qui est permis aux yeux des dieux en vertu de maximes révélées soit par la religion, soit par le sentiment moral, comme ὅσιόν ἐστι.
Concilium. Concio. Comitia. Cœtus. Conventus. 1. *Concilium*, *concio* et *comitia*, assemblées convoquées pour affaires: *concilium*, assemblée de nobles et de notables, de l’aristocratie, du sénat, dont les membres sont invités individuellement au conseil, συνέδριον; *concio* et *comitia*, réunion de la commune convoquée par publication pour prendre une résolution ou pour en entendre communiquer une: *concio*, *contio*, se dit de toute assemblée régulière de la commune, soit peuple, soit armée, dans le premier pays ou le premier camp venu, σύλλογος; *comitia* est le terme historique réservé pour l’assemblée du peuple romain, comme ἐϰϰλησία pour l’assemblée d’Athènes, et ἁλία pour celle de Sparte.
2. *Cœtus* et *conventus*, assemblées volontaires qui se réunissent librement: *cœtus*, dans un but quelconque, par exemple, pour les plaisirs de la société, pour des conspirations, σύνοδος; *conventus*, dans un but sérieux, par exemple, pour célébrer une fête, pour écouter une proposition, ὁμήγυρις, πανήγυρις.
Conclave. Cubiculum. *Conclave*, terme général pour toute pièce qui ferme et par préférence pièce de parade; *cubiculum*, terme particulier pour la pièce où l’on se tient d’habitude.
—Concordia, v. *Otium*. —Condere, v. *Celare* et *Sepelire*.
Conditio. Status. *Conditio*, état réglé par la volonté; *status*, état créé par les circonstances. Cic. Fam. XII, 23. Omnem *conditionem* imperii tui *statum*que provinciæ demonstravit mihi Tratorius. Tratorius m’a rendu compte des conditions auxquelles tu as pris le commandement et de l’état de ta province.
—Confestim, v. *Repente*. —Confidentia, v. *Fides*. —Confidere, v. *Fidere*. —Confinis, v. *Vicinus*.
Confisus. Fretus. *Confisus*, plein de confiance et d’abandon, comme *securus* et πεποιθώς; *fretus*, protégé, comme *tutus* et ἐῤῥωμένος.
—Confiteri, v. *Fateri*. —Confligere, v. *Pugnare*. —Confutare, v. *Refutare*. —Congeries, v. *Acervus*. —Conjux, v. *Femina*. —Connivere, v. *Concedere*. —Consanguineus, v. *Necessarius*. —Conscendere, v. *Scandere*. —Consecrare, v. *Sacrare*. —Consequi, v. *Invenire*.
Conjugium. Matrimonium. Contubernium. Nuptiæ. *Conjugium* et *matrimonium*, union durable de l’homme et de la femme en vue d’une communauté d’existence et de la reproduction: *conjugium*, terme général marquant une simple liaison naturelle qui existe même chez les animaux; *contubernium*, union par mariage entre esclaves; *matrimonium*, mariage véritable et légal entre personnes libres et citoyens, institution civile et politique; *nuptiæ* ne désigne que le point de départ du *matrimonii*, les noces ou la fête qui accompagne l’union.
Considerare. Contemplari. *Considerare* présente la contemplation comme un acte de l’intelligence qui cherche à former un jugement; *contemplari*, comme un acte du sentiment qui s’abîme dans son objet, qui s’abandonne entièrement aux impressions agréables ou désagréables que l’objet éveille.
—Consors, v. *Socius*. —Conspectus, conspicere, v. *Videre*.
Constat. Apparet. Elucet. Liquet. *Constat* veut dire: c’est une vérité démontrée et établie, par opposition à un songe creux, à un bruit incertain; *apparet*, *elucet* et *liquet* signifient: c’est une chose claire et évidente. *Apparet* associe à cette idée l’image d’une apparition qui se détache sur un fond; *elucet*, celle de la lumière qui jaillit de l’obscurité; *liquet*, celle d’une eau qui dégèle et redevient limpide.
—Constituere, v. *Destinare*.
Consuetudo. Mos. Ritus. Cærimonia. 1. Les trois premiers marquent l’observation régulière d’une pratique. *Consuetudo* est l’habitude qui se forme d’elle-même, qui a sa raison d’être dans les penchants de l’individu ou du peuple, dans ce qui leur est commode, έθος; *mos*, les mœurs procédant de la raison et de la volonté qui a conscience d’elle- même, ayant leur raison d’être dans les idées morales ou esthétiques du droit, de la vertu et de la décence, ἦθος; *ritus*, enfin, usage sacré ou implanté par l’instinct de la nature ou introduit par les dieux à titre de cérémonie, n’ayant en aucun cas une origine purement humaine. Les *consuetudines* n’existent qu’à l’état de simples faits et n’ont point de valeur morale; les *mores* ont reçu une sanction morale par un consentement tacite, de même que les *jura* *leges*que par une convention formelle; les *ritus* existent naturellement et sont consacrés par leur haute antiquité. C’est ce dernier mot que les bons auteurs en prose emploient par préférence en parlant de l’instinct des animaux à cause de la force avec laquelle il marque que l’habitude est primitive, naturelle, inséparable de l’être même.
2. *Ritus*, usage sacré établi et enseigné par les dieux ou par la nature; *cærimonia*, même usage considéré dans ses applications au culte.
—Consuevisse, v. *Solere*. —Consummare, v. *Finire*. —Contagium, v. *Lues*.
Contaminare. Inquinare. Polluere. *Contaminare* désigne la souillure par son côté nuisible comme venant gâter ce qui était sain et utile; *inquinare*, par son côté dégoûtant, elle défigure la beauté; *polluere*, par son côté moral, elle viole la sainteté et la pureté. Le second de ces trois verbes répond à μορύσσειν; le troisième à μιαίνειν. Cic. Cæcil. 21, 70. Judiciis corruptis et *contaminatis*. Les arrêts de la justice brisés et flétris. Comparez avec Cœl. 6. Libidinibus *inquinari*. Porter les marques affreuses de la débauche. Et Rosc. Am. 26, 71. Noluerunt in mare deferri ne ipsum *pollueret*, quo cætera quæ violata sunt expiari putantur. On ne voulut pas souffrir qu’il fût jeté à la mer, de peur de profaner la mer même, qui passe pour purifier toutes les souillures.
—Contemnere, v. *Spernere*. —Contemplari, v. *Considerare*. —Contendere, v. *Dicere*. —Contentio, v. *Disceptatio*. —Contentum esse, v. *Satis habere*. —Continentia, v. *Modus*. —Contingere, v. *Accidere*. —Continuo, v. *Repente*.
Continuus. Perpetuus. Sempiternus. Æternus. 1. *Continuum*, ce qui tient ensemble sans interruption, sans lacune; *perpetuum*, ce qui va jusqu’à la fin et ne cesse pas avant la fin. Suet. Cæs. 76. *Continuos* consulatus, *perpetuam* dictaturam. Des consulats qui se succèdent coup sur coup, une dictature perpétuelle.
2. *Perpetuus*, *sempiternus* et *æternus* marquent la continuité dans la durée: *perpetuus*, au sens relatif, par rapport à un terme arbitraire, par exemple à celui de la vie, ce qui dure autant que la vie; *sempiternus* et *æternus*, au sens absolu, par rapport au terme du temps en général. *Sempiternum* veut dire, comme ἀΐδιον, ce qui dure toujours, ce qui a une existence égale à la durée du temps, ce qui marche de pair avec le temps; *æternum* signifie, comme αἰώνιον, ce qui est éternel, ce qui est au-dessus du temps et ne se peut mesurer que par grandes périodes, car le temps n’est qu’une faible partie de l’éternité, tempus est pars quædam *æternitatis*. Cic. Inv. I, 27. L’idée sublime d’une durée qui ne commence ni ne finit, contenue dans *æternus*, ne l’est pas dans *sempiternus*, qui fait plutôt songer à la longueur de la durée comprise entre le commencement et la fin, sans indiquer que l’éternité n’a ni commencement ni fin. *Sempiternus* renferme l’expression mathématique; *æternus*, l’expression métaphysique de l’éternité. Cic. Orat. II, 40, 69. Barbarorum est in *diem* vivere, nostra consilia *sempiternum* tempus spectare debent. C’est affaire aux barbares de vivre au jour le jour; nos plans doivent embrasser un temps indéfini. Finn. I, 6, 17. Motum atomorum *nullo* a principio sed ex *æterno* tempore intelligi convenire. Il va sans dire qu’il faut concevoir le mouvement des atomes comme n’ayant jamais eu de commencement, comme existant depuis un temps infini.
—Contrarius, v. *Varius*. —Controversia, v. *Disceptatio*. —Contubernium, v. *Conjugium*. —Contumacia, v. *Pervicacia*. —Contueri, v. *Videre*.
Contumelia. Injuria. Offensio. 1. *Contumelia*, atteinte portée à l’honneur d’autrui, comme l’affront; *injuria*, atteinte au droit d’autrui, comme l’injustice. Un coup est une *injuria* en tant que je porte la main sur quelqu’un, et une *contumelia* en tant que je lui attire par une pareille action la réputation fâcheuse d’être un lâche ou un valet. Sen. Clem. I, 10. *Contumelias* quæ acerbiores principibus solent esse quam *injuriæ*. Les affronts qui paraissent d’habitude plus amers aux princes que les injustices. Pacuv. dans NON. Patior facile *injuriam* si vacua est *contumelia*. Je supporte aisément une injustice pourvu qu’il n’y ait pas d’affront.
2. *Contumelia* et *injuria* sont des actions; *offensio* et *offensa* marquent un état, à savoir: le chagrin de l’offensé, le ressentiment par opposition à *gratia* ou à *delectatio*. Cic. Att. III, 23. Mihi majori *offensioni* sunt quam delectationi possessiunculæ meæ. Mes pauvres petites propriétés me donnent plus de peine que de plaisir. Plin. Ep. II, 18. Oportet me non solum *offensas*, verum etiam simultates æquo animo subire. C’est un devoir pour moi de m’exposer sans me laisser émouvoir et aux mécontentements et aux rancunes jalouses.
—Conventus, v. *Concilium*. —Convertere, v. *Vertere*. —Convivium, v. *Epulæ*. —Convicium, v. *Maledictum*. —Copia, v. *Occasio*. —Copiæ, v. *Exercitus*. —Copiosus, v. *Divitiæ*. —Cordatus, v. *Sapiens*. —Corpulentus, v. *Pinguis*. —Corpus, v. *Cadaver*.
Corrigere. Emendare. *Corrigere*, corriger à la façon du pédagogue ou du censeur qui veut redresser ou rajuster; *emendare*, à la façon du maître expérimenté et de l’ami bienveillant qui veut amender. Plin. Pan. 6, 2. Corrupta est disciplina castrorum, ut tu *corrector* *emendator*que contingeres (le premier par sévérité, le second par sagesse). La discipline avait péri dans les camps, mais tu devais paraître pour la restaurer et la rétablir. Cic. Mur. 29. Verissime dixerim nulla in re te (Catonem) esse hujusmodi, ut *corrigendus* potius quam leviter *inflectendus* viderere. Je puis dire en toute vérité que tu n’as montré nulle part un caractère qui voulût être tout à fait redressé plutôt que légèrement dirigé. Comparez avec PLIN. Ep. I, 10. Non *castigat* errantes, sed *emendat*. Il ne réprimande pas ceux qui s’égarent, il les rend meilleurs.
—Corrumpere, v. *Depravare*. —Coruscare, v. *Lucere*.
Coxa. Latus. Femur. *Coxa* et *coxendix*, la hanche; *latus*, la partie comprise entre la hanche et l’aisselle ou le flanc; *femur* et *femen*, la partie située immédiatement au-dessus de la hanche ou partie supérieure de la cuisse.
—Crapula, v. *Ebrius*. —Crater, v. *Poculum*.
Creare. Gignere. Parere. Generare. 1. *Creare*, faire passer une chose du néant à l’existence par sa volonté et sa puissance créatrice; *gignere*, donner le jour, c’est le terme générique par rapport à *generare* qui ne se dit que du père, et à *parere* qui ne se dit que de la mère.
2. *Gignere* appartient au langage usuel; *generare*, au style élevé. Aussi dit-on pour l’ordinaire: homines et belluæ *gignunt*; natura et dii *generant*, et corpora *gignuntur*; poemata *generantur*. Dans Cic. N. D. III, 16, Herculem Jupiter *genuit* est un simple renseignement mythologique; mais Legg. I, 9, Deus hominem *generavit*, c’est une haute vérité métaphysique.
—Crebro, v. *Sæpe*. —Credere, v. *Censere* et *Fidere*. —Cremare, v. *Accendere*. —Crepitus, v. *Fragor*. —Crepusculum, v. *Mane*. —Criminari, v. *Arguere*.
Crinis. Capillus. Coma. Cæsaries. Pilus. Cirrus. Cincinnus. 1. *Crinis* et *capillus*, les poils naturels, au sens physique, θρίξ: *crinis*, toute espèce de poil par opposition aux places nues; *capillus*, le poil de la tête par opposition à la barbe, etc. *Coma* et *cæsaries* ajoutent à cette idée celle d’une certaine beauté. Ce sont de beaux cheveux, c’est la chevelure prise comme un ornement naturel du corps ou comme susceptible d’être parée. *Coma* se dit par préférence des cheveux de femme, ϰόμη; *cæsaries*, des cheveux d’homme, ἔθειρα. *Crinitus* marque simplement qu’on a des poils ou des cheveux; *capillatus* est l’opposé d’une tête chauve, et on appelle les Gaulois *Galli comati*, parce qu’ils portaient de longs cheveux, ϰαρηϰομόωντες.
2. *Crinis*, *capillus*, *coma*, *cæsaries*, le poil au sens collectif, tout celui qui pousse; *pilus*, le poil isolé, et par préférence le poil court et hérissé des animaux. *Pilosus* s’oppose à une belle peau bien lisse; *crinitus* et *capillatus* à la nudité laide et à la calvitie.
3. *Cirrus*, *cincinnus*, cheveux bouclés; mais *cirrus* se dit d’une boucle naturelle; *cincinnus*, d’une boucle artificielle.
Cruciatus. Tormentum. *Cruciatus*, *cruciamenta*, terme général pour toute espèce de tourments naturels et artificiels; *tormenta*, terme spécial pour les tourments de la question, tortures. Cic. Phil. XI, 4. Nec vero graviora sunt carnificum *tormenta* quam interdum *cruciamenta* malorum. Les tortures de la question ne sont pas toujours plus pénibles que les souffrances qui viennent de nos maux.
—Crudelitas, v. *Sævitia*. —Cruentus, cruor, v. *Sanguis*.
Cubare. Jacere. Situm esse. *Cubare* se dit d’êtres vivants; *situm esse*, d’objets inanimés qui sont couchés ou étendus; *jacere*, des deux. *Cubare* et *jacere* sont neutres; *situm esse* se prend toujours au sens passif. De plus *cubare* rappelle toujours l’image d’une personne fatiguée qui cherche à reprendre des forces, par opposition à l’effort qu’il en coûte pour se tenir debout; *jacere*, l’image de la faiblesse sans idée accessoire par opposition à la manifestation de force qui consiste à se tenir debout.
—Cubiculum, v. *Conclave*.
Cubile. Lectus. *Cubile*, couche naturelle pour les hommes et les animaux, gîte, ϰοίτη, εὐνή; *lectus*, couche artificielle, exclusivement à l’usage de l’homme, le lit, λέϰτρον.
—Cubitus, v. *Ulna*. —Cudere, v. *Verberare*. —Cudo, v. *Cassis*.
Culcita. Pulvinus. Pulvinar. *Culcita*, coussin dur; *pulvinus* et *pulvinar*, coussins moelleux et élastiques: *pulvinus*, pour l’usage ordinaire; *pulvinar*, pour un usage solennel et religieux.
Culmen. Fastigium. *Culmen*, la ligne faîtière du toit; *fastigium*, l’extrémité de cette ligne, le point où les solives du toit forment un angle par leur inclinaison et leur rencontre. *Fastigium* est une partie du *culmen* dans Virg. Æn. II, 458. Evado ad summi *fastigia* *culminis*. Je m’élance aux angles de la dernière terrasse. Au figuré *culmen* désigne simplement le sommet comme le point supérieur, le plus élevé, à peu près comme ϰολοφὸν, ce n’est qu’un rapport de lieu; *fastigium* contient une idée de prééminence, c’est le plus haut degré, le degré suprême, à peu près comme ϰορυφή. *Culmen tecti*, la dernière partie de la construction; *fastigium*, la couronne de l’édifice. *Fastigium* désignera le trône, tandis que *culmina montium* est bien plus usité que *fastigia*.
Culmus. Calamus. Stipula. Spica. Arista. Arundo. Canna. 1. *Culmus*, tige mince et élancée, en particulier celle du blé; *calamus*, même tige considérée comme un tuyau, en particulier celle du roseau.
2. *Culmus*, la tige du blé qui supporte l’épi de même que le corps supporte la tête, partie intégrante du tout; *stipula*, la tige considérée comme la partie inutile, sans valeur en comparaison de l’épi, le chaume.
3. *Spica*, l’épi plein, le fruit du blé, sans égard à la forme; *arista*, l’épi barbu, la pointe ou partie supérieure de la tige, sans égard au contenu, parfois les barbes seules. Quintil. I, 3, 5. Imitatæ *spicas* herbulæ inanibus *aristis* ante messem flavescunt. Mauvaises herbes qui imitent l’épi plein, mais dont la tête barbue est vide et qui jaunissent avant la moisson.
4. *Calamus*, dans le sens de roseau, est le terme général; *arundo*, roseau long et fort; *canna*, roseau petit et mince. Colum. IV, 32. Ea est arundineti senectus, cum ita densatum est, ut gracilis et *cannæ* similis *arundo* prodeat. Une plantation de roseaux est vieille lorsqu’elle s’est épaissie au point de ne plus fournir que des roseaux grêles, semblables à ceux de la petite espèce.
Culpa. Noxia. Noxius. Nocens. Sons. 1. *Culpa*, cas de celui qui doit répondre d’un dommage (*peccatum*, *delictum*, *maleficium*, *flagitium* ou *nefas*); ce mot suppose une responsabilité, et par suite un être raisonnable, il est opposé à *casus* ou à *necessitas*; *noxia*, cas de celui qui a causé un dommage, il peut être imputé à tout être capable d’agir, par opposition à *innocentia*. Liv. III, 42, 2. Illa modo in ducibus *culpa*, quod ut odio essent civibus fecerant; alia omnis penes milites *noxia* erat. Les chefs n’avaient qu’un tort, qui était de s’être rendus odieux à leurs concitoyens; tout le mal venait d’ailleurs des soldats. Cic. Marc. 13. Etsi aliqua *culpa* tenemur erroris humani, a *scelere* certe liberati sumus. Et s’il nous reste un tort, c’est d’être tombés dans une erreur familière à l’homme; quant au crime, nous en sommes certainement débarrassés. Et Ovid. Trist. IV, 1, 23. Et *culpam* in facto, non *scelus* esse meo. Et s’il y a faute dans mon fait, il n’y a point de crime. Dans ces exemples le terme le plus général pour toute espèce de faute, *culpa*, se prend particulièrement pour la plus petite de toutes, pour le *delictum*.
2. *Culpa* et *noxia* supposent une action dommageable; *vitium*, une action ou une qualité blâmable, et même un défaut naturel dont personne ne peut nous faire un crime.
3. *Nocens*, *innocens* désignent la culpabilité ou l’innocence dans un cas déterminé, à propos d’une action isolée; mais *noxius* et *innoxius* ainsi que les adjectifs poétiques *nocuus* et *innocuus* se rapportent à l’être et au caractère en général. Plaut. Capt. III, 5, 7. Decet *innocentem* servum atque *innoxium* confidentem esse; c’est-à-dire un esclave qui se sait innocent dans le cas particulier dont il s’agit, et qui en général ne fait rien de mal.
4. *Noxius*, le coupable au sens matériel, comme auteur et cause d’un dommage, ϐλαϐερός; *sons*, au sens moral et judiciaire, comme condamné ou méritant d’être condamné, θῶος.
—Culpare, v. *Arguere*. —Cultus, v. *Vestis*. —Cumulus, v. *Acervus*.
Cunæ. Cunabula. *Cunæ*, le berceau même; *incunabula*, la literie et les autres accessoires du berceau. Plaut. Truc. V, 13[1]. Fasciis opus est, pulvinis, *cunis*, *incunabulis*. Il faut des bandes, des coussins, un berceau, de la literie et du linge.
—1 Ce qui reste du cinquième acte n’est pas divisé en scènes.
Cunctari. Hæsitare. Cessare. *Cunctari*, hésiter par réflexion, μέλλειν; *hæsitare*, par défaut de résolution; *cessare*, par manque de force et d’énergie, ὀϰνεῖν. Le *cunctans* remet à commencer; le *cessans*, à poursuivre.
—Cuncti, v. *Quisque*. —Capere, v. *Velle*.
Cupido. Cupiditas. Libido. Voluptas. 1. *Cupido*, le désir qui nous porte vers quelque chose conçu comme un principe d’activité par opposition à la répugnance; *cupiditas*, la passion conçue comme un état par opposition au calme de l’âme. Il faut que *cupido* soit joint, et *cupiditas* peut être joint à un génitif exprimé ou sous-entendu; *cupido* se rapporte alors par préférence aux biens ordinaires et à l’argent; *cupiditas*, à des biens de toute sorte. Vell. P. II, 33. Pecuniæ *cupidine*, par un vif amour de l’argent. Et tout à la suite: interminatam imperii *cupiditatem*. Une passion démesurée d’autorité.
2. *Cupido* et *cupiditas* sont opposés au désir modéré; mais *libido*, c’est la fantaisie et le caprice par opposition à la volonté raisonnable, *ratio* ou *voluntas*. *Libidines*, les caprices par rapport au défaut d’empire sur soi-même; *voluptates*, les plaisirs par opposition aux goûts sérieux ou au chagrin. Tac. H. II, 31. Minus Vitellii ignaræ *voluptates* quam Othonis flagrantissimæ *libidines* timebantur. Les plaisirs paresseux de Vitellius paraissaient moins redoutables que les caprices ardents d’Othon.
Cur. Quare. *Cur* sert aussi bien pour de véritables questions que pour des exclamations sous forme de questions; *quare* ne s’emploie que pour des questions qui exigent une réponse.
Cura. Sollicitudo. Angor. Dolor. Ægritudo. *Cura*, *sollicitudo* et *angor*, impression pénible causée par l’idée d’un mal, d’un danger à venir: *cura*, sous forme de pensée, le souci, la sollicitude, φροντὶς, par opposition à *incuria*; *sollicitudo*, sous forme de sentiment, l’inquiétude, l’agitation, μέριμνα, par opposition à *securitas*; *angor*, sous forme de passion, l’angoisse, l’anxiété, par opposition à *solutus animus*. *Dolor* et *ægritudo* se rapportent à un mal présent: *dolor* exprime un désagrément, la douleur, par opposition à *gaudium*, ἄλγος; *ægritudo*, une maladie, la tristesse noire, ἀνία, par opposition à *alacritas*. Cic. Finn. I, 22. Nec præterea res ulla est, quæ sua natura aut *sollicitare* possit aut *angere*. Et il n’y a rien hors de là qui soit de nature à causer de l’inquiétude ou de l’anxiété. Accius dans Nonius. Ubi *cura*, ibi *anxitudo*. Les soucis ne vont point sans humeur. Plin. Ep. II, 11. Cæsar mihi tantum studium, tantam etiam *curam* (nimium est dicere *sollicitudinem*) præstitit ut... César s’est montré si zélé pour moi, si soucieux même (car, de dire inquiet, ce serait trop) que... Quintil. VIII, pr. 20. *Curam* ego verborum, rerum volo esse *sollicitudinem*. J’entends que les mots donnent du souci, les choses de l’inquiétude.
Curvus. Uncus. Pandus. Incurvus. Recurvus. Reduncus. Repandus. Aduncus. 1. *Curvus* ou en prose *curvatus*, terme général pour tout ce qui est courbé, depuis la courbe la plus faible jusqu’à la circonférence parfaite; *uncus* suppose une forte courbure qui se rapproche du demi-cercle, comme un crochet; *pandus*, une courbure faible qui s’éloigne peu de la ligne droite, comme une échancrure.
2. Les *curva* forment une courbe continue; les *incurva* supposent une ligne droite dont l’extrémité seule dégénère et se termine en courbe, comme ἐπιϰαμπὴς, par exemple, le bâton augural ou le corps d’un homme qui se baisse, etc.
3. *Recurvus*, *reduncus* et *repandus* désignent des courbes tournées en dehors; *aduncus*, une courbe tournée en dedans. Plin. H. N. XI, 37. Cornua aliis *adunca*, aliis *redunca*. Chez les uns les cornes sont tournées en dedans, chez les autres en dehors.
—Cuspis, v. *Acies*.
Custodia. Carcer. Ergastulum. *Custodia*, lieu quel qu’il soit où sont retenus des prisonniers, fourrière; *carcer*, prison bâtie exprès surtout pour les citoyens; *ergastulum*, maison de correction pour des esclaves.
—Cutis, v. *Tergus*. —Cyathus, v. *Poculum*. —Cymba, v. *Navigium*.
D
Damnum. Detrimentum. Jactura. *Damnum*, perte qu’on fait par sa faute par opposition à *lucrum*; *detrimentum*, perte qu’on éprouve par opposition à *emolumentum*; enfin *jactura*, perte volontaire par laquelle on prétend échapper à une perte ou à un mal plus considérable. *Damnum* se dit seul d’une amende, tandis que dans la formule: Videant consules ne quid respublica *detrimenti* capiat, on ne rencontre jamais *damnum*.
—Dapes, v. *Epulæ*. —Deamare, v. *Diligere*. —Deambulare, v. *Ambulare*. —Debere, v. *Necesse est*. —Decernere, v. *Destinare*. —Declarare, v. *Ostendere*. —Desidia, v. *Ignavia*. —Decipere, v. *Fallere*. —Decorare, v. *Comere*. —Dedecus, v. *Ignominia*. —Dedicare, v. *Sacrare*. —Deesse, v. *Abesse*. —Deducere, v. *Comitari*. —Deformis, v. *Teter*. —Deficere, v. *Abesse* et *Turbæ*. —Deflere, v. *Lacrimare*. —Degere, v. *Agere*. —Delectatio, v. *Oblectatio*. —Defendere, v. *Tueri*. —De integro, v. *Iterum*. —Delere, v. *Abolere*.
Delibutus. Unctus. Oblitus. *Delibutus*, mouillé avec un corps gras; c’est le terme générique par rapport à *unctus*, oint d’une matière agréable, et à *oblitus*, enduit d’une matière malpropre.
Delictum. Peccatum. Malefactum. Maleficium. Facinus. Flagitium. Scelus. Nefas. Impietas. 1. *Delictum* et *peccatum*, transgression légère: *delictum*, des lois positives, par légèreté; *peccatum*, des lois de la nature et de la raison, par sottise.
2. *Malefactum* est un synonyme et une sorte de périphrase des deux mots précédents. *Maleficium* et *facinus* engagent directement la morale dans la question. *Maleficium*, tout méfait qui mérite un châtiment, parce qu’il procède d’une mauvaise intention. *Facinus*, quand on le prend en mauvaise part, c’est, comme δεινόν τι, un forfait qui excite de l’étonnement ou de l’épouvante, à cause du degré extraordinaire d’audace qu’il exigeait.
3. Il y a autant de sortes de mauvaises actions que de sortes de devoirs, envers soi-même, envers les autres, envers les dieux. *Flagitium* est un manquement contre soi-même, contre son propre honneur, par débauche, inconduite, lâcheté, bref, par des actions qui proviennent de faiblesse morale plutôt que d’une force déréglée, par des manifestations de l’*ignavia*; c’est une turpitude. *Scelus* est un manquement contre les autres, contre les droits des particuliers ou la paix de la société, par brigandage, meurtre et surtout par sédition, bref, par des manifestations de la *malitia*, un crime. *Nefas* est un manquement contre les dieux ou la nature, par blasphème, pillage d’un temple, meurtre de parents, trahison envers la patrie, bref, par des manifestations de l’*impietas*, un sacrilége.
Deligere. Eligere. *Deligere*, faire son choix, ne pas laisser plus longtemps le choix en suspens; *eligere*, choisir et ne pas prendre le premier venu.
—Delirium, v. *Amens*. —Demens, v. *Amens*. —Delubrum, v. *Templum*.
Demere. Adimere. Eximere. Auferre. Eripere. Surripere. Furari. 1. *Demere*, *adimere* et *eximere*, enlever sans violence et sans ruse. *Demere*, séparer une