Chapter 2 of 3 · 37478 words · ~187 min read

partie d

’un tout qui se trouve diminué par là; il a pour opposé *addere* et *adjicere*; *adimere*, prendre un bien à un propriétaire qui en devient plus pauvre; il a pour opposés *dare* et *reddere*; enfin, *eximere*, ôter un mal à une personne qui se sent alors comme allégée d’un fardeau.

2. *Auferre*, *eripere*, *surripere* et *furari* impliquent une idée d’arbitraire et d’injustice. *Auferre* est le terme général; c’est à peu près prendre. *Eripere*, prendre par violence, comme arracher; *surripere* et *furari*, secrètement et par ruse; mais *surripere*, par un détournement qui peut avoir pour motif une nécessité de légitime défense et de prudence; *furari*, en pratiquant le méprisable métier de voleur. Sen. Prov. 5. Quid opus fuit *auferre*? accipere potuistis; sed ne nunc quidem *auferetis*, quia nihil eripitur nisi retinenti. Où était la nécessité de prendre? vous n’aviez qu’à ouvrir la main pour recevoir. Et il ne vous sera pas donné de prendre, même à présent, car on n’arrache rien qu’à celui qui veut garder. Cic. Verr. I, 4, 60. Si quis clam *surripiat* aut *eripiat* palam atque *auferat*. Qu’on dérobe secrètement ou qu’on arrache ouvertement et qu’on prenne. Et II, 1, 13. Non *furem* sed *ereptorem*. Ce n’est pas un voleur, mais un ravisseur.

—Demoliri, v. *Destruere*. —Denegare, v. *Negare*. —Denuo, v. *Iterum*. —Demori, v. *Mors*. —Densus, v. *Angustus*. —Deplorare, v. *Lacrimare*.

Depravare. Corrumpere. *Depravare*, terme relatif, gâter, mais de manière qu’on puisse encore réparer le mal; il se dira de ce qui a pris un mauvais pli; *corrumpere*, terme absolu, abîmer, mettre hors d’usage, en sorte qu’il n’y ait plus de remède; il se dira de ce qui est brisé.

—Deridere, v. *Ridere*. —Desciscere, v. *Turbæ*. —Desertum, v. *Solitudo*. —Deserere, v. *Relinquere*. —Desiderare, v. *Requirere*.

Desinere. Desistere. *Desinere* marque un fait et se dit des personnes, des choses et des actions, comme cesser; *desistere* marque un acte de volonté dont les personnes seules sont capables, comme renoncer.

—Desolatus, v. *Relinquere*. —Despicere, v. *Spernere*. —Desperare, v. *Exspes*.

Destinare. Obstinare. Decernere. Statuere. Constituere. 1. *Destinare* et *obstinare* présentent une résolution à laquelle on s’arrête, comme un acte psychologique; *decernere* et *statuere*, comme un acte politique.

2. *Destinare*, prendre un parti décisif dont les conséquences sont prévues; *obstinare*, prendre une résolution irrévocable dans laquelle on persiste avec opiniâtreté ou entêtement.

3. *Decernere* désigne comme conclure le résultat définitif d’une délibération en forme ou pour le moins d’un examen conduit avec la gravité qui préside à une discussion entre collègues; *statuere* marque comme résoudre le terme d’une situation incertaine, et on emploie dans le même cas *constituere*, quand le sujet ou le régime de l’action est au pluriel. Cic. Fr. Tull.[1] Hoc judicium sic exspectatur, ut non *unæ* rei *statui*, sed omnibus *constitui* putetur. Ce qu’on attend de ce jugement, ce n’est pas tant une décision sur un intérêt particulier qu’un règlement sur un intérêt général.

—1 Tome XXXVI, p. 269, §9 dans le Cicéron de la collection Panckoucke.

—Destinatio, v. *Pervicacia*. —Destituere, v. *Relinquere*.

Destruere. Demoliri. *Destruere*, abattre une œuvre d’art; *demoliri*, une construction solide.

Deterior. Pejor. *Deterior* se dit, comme χείρων, de celui qui est inférieur aux autres, qui est moins estimable; *pejor*, comme ϰαϰίων et pire, de celui qui est plus corrompu, plus dangereux. On trouve dans Sall. Or. Phil. 3. Æmilius omnium flagitiorum postremus, qui *pejor* an *ignavior* sit deliberari non potest. Æmilius, le dernier de tous les misérables. Est-il plus méchant que lâche ou plus lâche que méchant? c’est ce qu’il est impossible de décider. Et dans ce passage *deterior* ne formerait pas un contraste avec *ignavior*. Catulle emploie, en badinant, le superlatif *pessimi*, qui contient l’idée d’une certaine énergie; *deterrimus*, pitoyable ou chétif, ne se dit jamais par plaisanterie.

—Detestari, v. *Abominari*. —Detrectatio, v. *Invidia*. —Deus, v. *Numen*. —Detinere, v. *Manere*. —Detrimentum, v. *Damnum*.

Deversorium. Hospitium. Caupona. Taberna. Popina. Ganeum. *Deversorium*, tout quartier où l’on descend tant que dure un voyage, dans une propriété à soi, chez des amis, chez des hôteliers; *hospitium*, l’asile qu’on trouve chez un ami avec lequel on est en relation d’hospitalité; *caupona*, l’auberge; tous ces lieux fournissent le logement comme des hôtelleries. Les *tabernæ*, *popinæ*, *ganea* ne fournissent que la pension, comme les restaurants: les *tabernæ*, pour les gens du commun, comme les cabarets; les *popinæ*, pour les gens du grand monde et les gastronomes, comme certaines maisons de traiteurs; les *ganea*, pour ces deux sortes de gens et en outre pour les voluptueux.

—Devincire, v. *Ligare*. —Dicare, v. *Sacrare*. —Dicacitas, v. *Lepidus*.

Dicere. Aio. Inquam. Asseverare. Affirmare. Contendere. Fari. Fabulari. 1. *Dicere*, parler pour instruire; il se rapporte à celui qui écoute, par opposition à *tacere*, comme le neutre *loqui* et λέγειν; *aio*, parler pour affirmer; il se rapporte à celui qui parle, par opposition à *nego*, comme φημί.

2. *Ait* se joint au discours indirect et régit un infinitif; *inquit*, au discours direct; il amène un indicatif, un impératif ou un subjonctif.

3. *Aio* marque la simple affirmation d’une proposition qu’on se borne à énoncer; *asseverare*, *affirmare*, *contendere*, marquent une affirmation énergique; *asseverare*, c’est affirmer sérieusement, par opposition à une affirmation plaisante ou légère, à *jocari*; *affirmare*, affirmer en garantissant la certitude, par opposition au doute et aux rumeurs, à *dubitare*; *contendere*, affirmer en dépit des contradicteurs et soutenir son opinion envers et contre tous, par opposition à céder et à renoncer.

4. *Dicere*, dire, sans idée accessoire; *loqui*, pris comme verbe actif, contient une idée accessoire de mépris: ce qu’on dit n’est que vains propos. Cic. Att. XIV, 4. Horribile est quæ *loquantur*, quæ minitentur. Leurs propos, leurs menaces font horreur.

5. *Loqui*, pris comme verbe intransitif, parler en général; *fabulari*, parler sans façon ou du moins sans gêne, pour passer le temps, sans donner une grande attention au fond ou à la gravité du discours, causer, λαλεῖν; enfin, *dicere*, pris comme verbe neutre, parler avec art, en s’étudiant, particulièrement à la tribune, λέγειν. Liv. XLV, 39. Tu, centurio, miles, quid de imperatore Paulo senatus decreverit potius quam quid Sergio Galba *fabuletur*, audi, et hoc *dicere* me potius quam illum audi; ille nihil præterquam *loqui*, et id ipsum maledice et maligne didicit. Centurions et soldats, prêtez l’oreille au décret du sénat sur la victoire de votre général plutôt qu’aux déclamations mensongères de Galba. Prêtez l’oreille à mon langage plutôt qu’au sien. C’est un homme qui n’a rien étudié, hors l’art de parler, et encore pour insulter et pour nuire. Cic. Brut. 58. Scipio sane mihi bene et *loqui* videtur et *dicere*. Il me semble que Scipion brille également dans le langage ordinaire et dans le langage étudié. Orat. III, 10. Neque enim conamur docere eum *dicere* qui *loqui* nesciat. Nous n’entreprenons point d’enseigner l’art de la parole à celui qui ne sait pas ce que c’est que parler. Suet. Claud. 4. Qui tam ἀσαῶς *loquatur*, quî possit quum declamat σαφῶς *dicere* quæ dicenda sunt, non video. Comment, avec une parole aussi confuse, on pourrait, parlant en public, dire clairement ce qu’il faut dire, c’est ce que je ne vois pas.

6. *Fari* présente la parole comme le simple usage mécanique des organes de la voix pour former des sons et des mots articulés, par opposition à *infantem esse*; *loqui*, comme le moyen d’exprimer ses pensées, par opposition à *tacere*. Et comme *fari* peut se réduire à prononcer des paroles isolées, on y rattache aisément l’idée d’un laconisme extraordinaire, imposant, digne d’un oracle, comme dans les arrêts du destin, *fati*, tandis que *loqui* fait songer aux discours ordinaires des hommes qui dégénèrent souvent en loquacité, *loquacitas*.

—Dicterium, v. *Verbum*. —Dicto audientem esse, v. *Parere*.

Dies. Tempus. Tempestas. Die. Interdiu. 1. *Dies*, le temps envisagé dans sa nature purement abstraite, comme simple extension et simple progression; *tempus* et *tempestas*, le temps de la météorologie et de l’astronomie, la température, les rapports de la durée. *Tempus* marque plutôt un simple point, un moment, une époque; *tempestas*, tout un espace, une période. *Dies docebit* a trait à un long espace de temps qui doit s’écouler avant que nous soyons instruits, comme χρόνος; *tempus docebit*, au moment favorable qui nous instruira, comme ϰαιρός.

2. *Die*, par jour, chaque jour, par opposition à l’heure et à l’année; *interdiu* et *diu*, de jour, par opposition à *noctu*; mais *interdiu* se prend dans toute sorte de circonstances; *diu* est toujours joint à *noctu*que. Cic. Att. XIII, 28. Credibile non est quantum scribam *die*. Vous auriez peine à croire combien j’écris chaque jour. Cels. Med. I, 3. Qui semel et qui bis *die* cibum... assumit. Celui qui mange une fois et celui qui mange deux fois par jour. Tac. H. II., 5. *Noctu* *diu*que. Nuit et jour.

—Dies festi, v. *Solemnia*.

Differre. Proferre. Procrastinare. Prorogare. 1. *Differre* marque le renvoi à un autre temps considéré par son côté négatif: loin de faire la chose présentement, on la laisse là; *proferre* et *procrastinare* marquent le délai pris par le côté positif: la chose aura lieu dans un temps à venir; une autre fois, sans dire quand, si l’on se sert de *proferre*; dans un avenir très-rapproché, si l’on se sert de *procrastinare*.

2. *Differre*, etc., se disent d’une action qu’on tarde å commencer; *prorogare*, d’un état auquel on tarde à mettre fin, comme prolonger.

—Difficilis, v. *Arduus* et *Austerus*. —Digladiari, v. *Pugnare*. —Diligentia, v. *Opera*. —Dignum esse, v. *Merere*.

Diligere. Amare. Deamare. Adamare. Caritas. Amor. pietas. 1. *Diligere*, c’est l’amour qui naît de l’estime, le résultat de nos réflexions sur le mérite de l’objet aimé, comme φιλεῖν; *amare*, c’est l’amour par inclination, celui qui a son origine dans le sentiment, qui est involontaire ou même irrésistible, comme ἐρᾷν, ἔρασθαι. *Diligere* désigne l’amour pur, dégagé du joug des sens et de l’égoïsme, calme et paisible: *amare*, l’amour ardent qui confine à la passion, qu’il soit d’ailleurs sensuel ou platonique. Cic. Att. XIV, 17. Tantum accessit ut mihi nunc denique *amare* videar, ante *dilexisse*. Il me semble, tant mon amour a grandi, qu’il ne mérite ce nom que d’aujourd’hui et que je n’avais auparavant que de l’affection.

2. *Amare*, aimer en général; *deamare*, verbe augmentatif, aimer à en mourir, comme *amore deperire*; et *adamare*, verbe inchoatif, commencer à aimer.

3. *Caritas*, entendu de l’effet qu’on produit, c’est l’affection que les autres ont pour nous. C’est une sorte de substantif à sens neutre par rapport au substantif à sens actif, *amor*, le penchant que nous éprouvons pour un autre; d’où viennent ces constructions: *caritas* apud aliquem; mais *amor* erga aliquem.

4. *Caritas*, entendu de l’effet qu’on ressent, tout amour qui tourne à la tendresse, particulièrement celui des parents pour les enfants, sans aucun mélange de sensualité, il ne se dit que des personnes, comme ἀγάπη ou στοργή; *amor*, l’amour ardent et passionné pour des personnes ou des choses, comme ἔρως; enfin, *pietas*, c’est l’amour instinctif pour des personnes et des choses que les liens sacrés de la nature nous obligent à aimer, dieux, parents, patrie, bienfaiteurs. La *caritas* se complaît dans l’objet aimé, se réjouit de le posséder et se manifeste par des prévenances et des sacrifices; l’*amor* vise à réduire toujours davantage le même objet en son pouvoir; il est difficile à satisfaire; la *pietas* se laisse aller à un penchant naturel et à un sentiment religieux.

—Diluculum, v. *Mane*. —Dimicare, v. *Pugnare*. —Dirimere, v. *Dividere*. —Dimetari, dimetiri, v. *Metiri*. —Dimittere, v. *Mittere*. —Diripere, v. *Vastare*. —Dirus, v. *Atrox*.

Disceptatio. Litigatio. Controversia. Contentio. Altercatio. Jurgium. Rixa. 1. *Disceptatio*, *litigatio* et *controversia*, différends susceptibles d’être terminés à l’amiable et par des voies régulières; *contentio*, *altercatio* et *jurgium*, différends entachés de passion et de violence, mais qui se passent néanmoins en paroles; *rixæ*, différends qui se traduisent ou menacent de se traduire en voies de fait, comme les querelles et les batteries, et qui tiennent le milieu entre *jurgium* et *pugna*. Liv. XXXV, 17. Ex *disceptatione* *altercationem* fecerunt. La dispute dégénéra en altercation. Tac. H. I, 64. *Jurgia* primum, mox *rixæ* inter Batavos et legionarios. Il y eut d’abord de gros mots, puis des rixes entre les Bataves et les légionnaires. Dial. 26. Cassius Severus non pugnat, sed *rixatur*. Cassius Sévérus cherche des rixes, sinon des batailles.

2. Il y a lutte, *controversia*, entre deux partis dès qu’ils sont opposés l’un à l’autre; débat, *disceptatio*, dès qu’ils s’engagent dans une dispute sous prétexte de rechercher la vérité ou de démêler le droit sans avoir dans le principe des intentions hostiles; contestation, *litigatio*, dès qu’ils s’inspirent d’un esprit d’hostilité et d’intérêt personnel.

3. La *contentio* veut absolument avoir raison et atteindre son but en mettant toutes ses forces en jeu dans quelque intention que ce soit; l’*altercatio* ou échange de paroles ne veut pas demeurer en reste de propos avec son adversaire, elle veut avoir le dernier mot; le *jurgium* n’écoute rien et décharge sa mauvaise humeur par des paroles dures. La *contentio* offre une image sérieuse, celle d’un effort vigoureux; l’*altercatio*, l’image comique de personnes qui s’échauffent à la manière des femmes; le *jurgium*, l’image repoussante de la colère brutale.

Discernere. Distinguere. *Discernere*, discerner, diviser conformément à des notions acquises; *distinguere*, distinguer par des signes et des marques.

—Disciplinæ, v. *Litteræ*. —Discrimen, v. *Tentare*.

Disertus. Facundus. Eloquens. *Disertus* et *facundus* désignent un talent oratoire donné par la nature; *eloquens* un art de la parole acquis et perfectionné. Celui qui parle avec clarté et précision s’appelle *disertus*, celui qui parle avec élégance et agrément, *facundus*, celui qui réunit les deux, savoir la netteté et la beauté du discours, *eloquens*. Le *disertus* fera un bon maître, mais il se peut qu’il n’ait pas également cultivé toutes les facultés de son esprit; le *facundus* brille en société, mais tout son savoir-faire peut n’être qu’une facilité superficielle dans le maniement de la parole, sans profondeur et sans solidité; l’*eloquens*, avant de prendre la parole comme homme d’état ou comme écrivain, doit s’être rendu parfaitement maître de la langue et de l’art à force de talent et d’études variées. Cic. Orat. 5, 19. Antonius... *disertos* ait se vidisse multos, *eloquentem* omnino neminem. J’ai souvent rencontré une parole nette, dit Antoine; je n’ai jamais entendu une voix parfaitement éloquente. Quintil, VIII, pr. 13. *Diserto* satis dicere quæ oporteat; ornate autem dicere proprium est *eloquentissimi*. On est disert quand on sait dire ce qu’il faut; mais de parer la parole, c’est le fait de la plus haute éloquence. Suet. Cal. 53. *Eloquentiæ* quam plurimum adtendit, quamvis *facundus* et *promptus*. Il s’applique fort à l’éloquence, quoiqu’il ait naturellement la parole agréable et facile.

—Dispar, v. *Æquus*. —Dispertire, v. *Dividere*. —Disputare, v. *Disserere*.

Disserere. Disputare. *Disserere*, soutenir son opinion en style didactique, en développant ses raisons; *disputare* en style polémique en tenant compte des raisons contraires, en opposant à un adversaire imaginaire ou réel raison pour raison, afin de constater par une sorte de bilan de quel côté est la plus grosse somme de vérité. Le *disserens* vise simplement à exprimer ses vues personnelles; le *disputans* veut faire prévaloir les siennes en qualité de vérités indépendantes de toute personnalité. En outre *disserere* marque une manière plus libre; *disputare*, une manière plus méthodique de traiter le sujet.

—Distinguere, v. *Discernere*. —Diu, diuturnus, diutinus, v. *Pridem*. —Distribuere, v. *Dividere*. —Divellere, v. *Frangere*. —Diversus, v. *Varius*.

Dividere. Partiri. Dirimere. Dispertire. Distribuere. 1. *Dividere* et *dirimere*, diviser sans autre but que de détruire l’unité de l’ensemble et de réduire en parties; *partiri*, dans le but d’obtenir par voie de séparation des parties dont il soit possible de disposer. De là *divide et impera* et *dividere sententias*, mais *partiri prædam*.

2. *Divisio* marque dans les traités de rhétorique la décomposition de l’espèce en variétés; *partitio*, celle du tout en ses parties.

3. *Dividere* ne se rapporte qu’à une réunion matérielle dans l’espace et ne détruit qu’une relation extérieure; mais *dirimere* se rapporte à l’union organique d’un tout et supprime des rapports intimes. Liv. XXII, 15. Casilinum urbs... Volturno flumine *diremta* Falernum ac Campanum agrum *dividit*. C’est qu’aux yeux de l’auteur une rivière qui coupe une ville en deux constitue une séparation contre nature, tandis que la séparation de deux territoires contigus par une ville est toute naturelle.

4. *Dividere* signifie encore distribuer sans idée accessoire; *dispertire*, c’est répartir entre futurs propriétaires; *distribuere*, entre propriétaires légitimes, ou encore mettre chaque partie à une place convenable et appropriée.

Divinare. Præsagire. Præsentire. Prævidere. Vaticinari. Prædicere. 1. *Divinare* se dit d’un pressentiment qui provient d’une inspiration divine et d’un secours surnaturel, comme μαντεύεσθαι; *præsagire*, d’un pressentiment par voie naturelle, par suite d’un tour d’esprit particulier qui confine au surnaturel; *præsentire* et *prævidere*, par un développement extraordinaire des dons naturels de l’esprit, à savoir *præsentire* par une vision immédiate, *prævidere*, par de profondes et heureuses combinaisons, par prévoyance.

2. *Divinare*, etc., simples actes de l’entendement; *vaticinatio* et *prædictio*, expression et communication de ce qu’on pressent: *vaticinatio*, par le fait du *divinans* et du *præsagiens*, c’est la prophétie, προφητεία; *prædictio*, par le fait du *præsentiens* et du *prævidens*, c’est la prédiction.

Divitiæ. Opes. Gazæ. Locuples. Opulentus. Copiosus. 1. *Divitiæ* et *gazæ*, la richesse en général, comme propriété, comme moyen de satisfaire ses désirs de toute sorte; *opes*, comme le moyen de réaliser un but élevé, de se faire valoir, d’acquérir ou de conserver de l’influence. *Divitiæ*, la richesse du simple particulier, πλοῦτος; *opes*, la fortune mise au service de l’homme d’État ou de l’ambitieux politique; *gazæ*, le trésor d’un roi ou d’un prince, θησαυροί.

2. *Dives*, riche par opposition à *pauper*, πλούσιος; *locuples*, qui est dans l’aisance, par opposition à *egens*, *egenus*, ἀφνειός; *opulentus* et *copiosus*, quia de grandes ressources par opposition à *inops*, comme εὔπορος.

—Divortium, v. *Repudium*. —Divus, v. *Numen*.

Doctor. Præceptor. Magister. *Doctor*, le maître qui expose la théorie considéré par rapport à la science ou à l’art qu’il enseigne, il s’oppose à l’auditeur; *præceptor*, le maître qui initie à la pratique par rapport au pupille qu’il façonne, il s’oppose à l’écolier; *magister*, le maître en général par rapport à sa supériorité et à son ascendant et par opposition aux profanes. Cic. Orat. III, 15. Vetus illa doctrina eadem videtur et recte faciendi et bene dicendi *magistra*, neque disjuncti *doctores*, sed iidem erant vivendi *præceptores* atque dicendi. On voit cette ancienne méthode gouverner à la fois la conduite et la parole; point de maîtres distincts; ceux qui forment à la parole forment en même temps à la vie.

Doctrina. Eruditio. *Doctrina*, le savoir considéré comme un des moyens divers par lesquels l’esprit se développe; *eruditio*, la science qui transforme l’esprit et l’amène à la dernière perfection. Le savoir, *doctrina*, ne donne qu’une supériorité de connaissances, il se rattache et s’oppose à l’idée qu’exprime le mot *exercitatio*, lequel implique une supériorité de savoir- faire; réduit même à la théorie sèche et mis en regard de la pratique plus visiblement utile, il est exposé à être mal vu et ridiculisé. La science parfaite, *eruditio*, se rapproche beaucoup plus de la pratique, elle implique une certaine influence, des connaissances acquises et des études sur le perfectionnement de l’homme entier, elle représente la vraie humanité dans l’ordre intellectuel, comme *humanitas* dans l’ordre moral.

—Doctrina, v. *Litteræ*.

Dolor. Tristitia. Mœstitia. Luctus. 1. *Dolor*, le sentiment des douleurs, le déplaisir intérieur, par opposition à *gaudium*; *tristitia*, *mœror*, *luctus*, l’expression de ce sentiment. *Tristitia* et *mæstitia*, manifestation naturelle qui perce involontairement dans l’attitude et dans la physionomie; *luctus*, manifestation artificielle, faite à dessein, au grand jour, à l’aide de signes conventionnels, comme de se couper les cheveux, de mettre des habits de deuil, etc., πένθος. *Mœror* sert en même temps d’augmentatif à *dolor*, et *luctus* à *mœror* et *tristitia*, en ce sens que la manifestation extérieure vient se joindre au sentiment au lieu de lui être opposée. Cic. Att. XII, 28. *Mœrorem*, minui, *dolorem*, nec potui, nec si possem vellem. J’ai retranché quelque chose des marques de ma douleur; mais pour ma douleur même je n’ai rien pris sur elle, et je le pourrais que je ne le voudrais pas. Phil. XI, 1. Magno in *dolore* sum, vel in *mœrore* potius, quem ex miserabili morte C. Trebonii accepimus. Je suis dans la grande douleur, ou plutôt dans les effusions de douleur où nous jette la mort déplorable de C. Trébonius. Plin. Ep. V, 9. Illud non *triste* solum, verum etiam *luctuosum* quod J. Avitus decessit. La perte de J. Avitus ne cause pas seulement un chagrin visible, c’est un deuil. Tac. Agr. 43. Finis vitæ ejus nobis *luctuosus*, amicis *tristis*. Sa fin nous plonge dans le deuil, et ses amis dans la tristesse (la parenté seule prend le deuil). Tac. Ann. II, 82. Quanquam nec *insignibus lugentium* abstinebant, altius *animis mœrebant*. Les marques de deuil ne faisaient pas défaut, mais c’étaient surtout les cœurs qui étaient contristés. Cic. Sext. 29, 39. *Luctum* nos hausimus majorem, *dolorem* ille *animi* non minorem. Ce fut pour nous la source d’une douleur plus expansive, pour lui celle d’une douleur concentrée tout aussi vive.

2. *Tristitia* présente la manifestation du chagrin par son côté repoussant, celui des idées noires, de l’ennui, de la mauvaise humeur, par opposition à *hilaritas*; *mœstitia*, par son côté pitoyable, celui de la désolation, d’une douleur ordinairement justifiée qui nous plonge dans la mélancolie, par opposition à *lætus*. *Tristitia* est le fait de la réflexion, *mæstitia*, du sentiment. On reconnaît le *tristis* comme le *truculentus* à son regard farouche, à son front plissé, à ses sourcils contractés; le *mœstus* comme l’*afflictus* à ses yeux mornes et à son regard baissé. Tac. Hist. I, 82. Rarus per vias populus, *mœsta* plebs; *dejecti* in terram militum vultus ac plus *tristitiæ* quam pœnitentiæ. Très-peu de monde dans les rues, la population consternée; des soldats qui baissaient les yeux, mais d’un air sombre plutôt que d’un air de regret. Cic. Mur. 24, 49. *Tristem* ipsum, *mœstos* amicos. Vous-même soucieux, vos amis désolés.

—Dolor, v. *Cura*.

Donum. Munus. Largitio. Donarium. Donativum. Liberalitas. 1. *Donum*, cadeau désintéressé, le donateur n’ayant pas d’autre vue que de faire plaisir, δῶρον; *munus*, présent qui engage la reconnaissance, qui est une marque d’amour ou de faveur de la part du donateur, γέρας; enfin *largitio*, présent intéressé destiné à gagner et à corrompre les gens sous couleur de bienfaisance, la plupart du temps dans un but politique. Suet. Cæs. 28. Aliis captivorum millia *dono* afferens, c’est-à-dire en pur don et non point seulement par manière de prêt. Comparez avec Ner. 46. Auspicanti Sporus annulum *muneri* obtulit, c’est- à-dire par honnêteté. Tac. Hist. I, 52. Id comitatem bonitatemque faventes vocabant quod sine modo *donaret* sua, *largiretur* aliena. Les partisans de Vitellius vantaient son caractère facile et bienveillant lorsqu’ils lui voyaient dissiper ses propres biens en cadeaux, ceux des autres en largesses.

2. *Donarium*, terme particulier pour une offrande qu’on fait à un temple; *donativum*, pour un don militaire que le nouvel empereur accordait aux soldats à son avénement; *liberalitas*, pour une munificence de l’empereur destinée à soutenir un noble tombé dans la pauvreté.

Dorsum. Tergum. *Dorsum*, le dos au sens horizontal, celui de l’animal, par opposition au ventre, νῶτον; *tergum*, le dos au sens vertical, celui de l’homme par opposition à la poitrine, μετάφρενον. *Dorsum* montis, la crête; *tergum*, le revers d’une montagne.

Dubius. Ambiguus. Anceps. *Dubius* et *ambiguus*, douteux quand il ne s’agit que d’un bon ou d’un mauvais succès, d’un bonheur ou d’un malheur; *anceps*, quand il y va de l’existence entière, d’être ou de ne pas être. Vell. P. II, 79. Ea patrando bello mora fuit, quod postea *dubia* et *interdum ancipiti* fortuna gestum est. Tels sont les retards que souffrit l’ouverture de cette guerre où la fortune intervint dans la suite avec des chances douteuses et quelquefois critiques.

—Dudum, v. *Pridem*. —Dulcis, v. *Suavis*.

Dumi. Sentes. Vepres. *Dumi*, fourrés de broussailles qui offrent un aspect sauvage; *sentes*, buissons épineux où l’on se blesse; *vepres* réunit les deux idées: broussailles épineuses qui font du sol un lieu sauvage.

Duplex. Duplum. Geminus. Dupliciter. Bifariam. 1. *Duplex*, double en parlant de quantités déterminées qu’il suffit de compter; *duplum*, en parlant de quantités indéterminées qu’il faut peser ou mesurer. *Duplex* s’emploie adjectivement, *duplum* substantivement. Quintil. VIII, 6, 42. In quo et numerus est *duplex*, nec *duplum* virium. Armée deux fois plus nombreuse, mais sans offrir le double de forces.

2. Étant donnés des objets semblables et pareils au nombre de deux, c’est l’idée du nombre deux qui domine dans *duplex* comme dans διπλοῦς; c’est l’idée de ressemblance et de parité qui domine dans *geminus* comme dans δίδυμος. Dans ce passage de Cic. Part. 6. Verba *geminata* et *duplicata*, vel etiam sæpius iterata, *geminata* se rapporte à la répétition d’une idée par le moyen de termes synonymes, *duplicata* à la répétition d’un même mot.

3. *Dupliciter* est toujours adverbe de manière: de deux manières, à un double point de vue; *bifariam* est adverbe de lieu: en deux endroits ou en deux parties. Cic. Fam. IX, 20. *Dupliciter* delectatus sum litteris tuis. Ta lettre me charme de deux manières. Comparez avec Tusc. III, 11. *Bifariam* quatuor perturbationes æqualiter distributæ sunt. Les quatre passions fondamentales ont été également réparties en deux catégories.

E

Ebrius. Vinolentus. Temulentus. Crapula. Ebriosus. 1. *Ebrietas* présente par leur beau côté les suites d’un excès de vin, c’est l’exaltation, l’animation, qui touchent à l’inspiration, μέθη; *vinolentia* et le terme archaïque de *temulentia* les font envisager par leur vilain côté, celui d’un homme qui se soûle et tombe dans l’abrutissement, οἶνωσις; enfin, *crapula* exprime la cause matérielle de cet état, les fumées du vin, comme ϰραιπάλη.

2. *Ebrius* et le mot d’origine étrangère *madulsa* désignent l’état passager d’un homme qui est ivre; *ebriosus* l’habitude d’un homme qui s’enivre.

—Ecce, v. *En*. —Editus, v. *Altus*. —Edulia, v. *Alimenta*. —Egestas, v. *Paupertas*. —Egere, v. *Carere*. —Egregius, v. *Eminens*. —Ejulare, v. *Lacrimare*. —Elaborare, v. *Labor*. —Eligere, v. *Deligere*. —Elonginquo, v. *Procul*. —Eloquens, v. *Disertus*.

Eloqui. Enunciare. Proloqui. Pronunciare. Recitare. 1. *Eloqui* et *enunciare* marquent un acte de l’intelligence par lequel on exprime une idée qui était dans l’esprit: l’*eloquens* tient autant de compte de la forme que du fond; il veut donner à la pensée le tour le plus parfait; l’*enuncians* ne s’attache qu’au fond; son but est rempli dès qu’il a fait passer ses idées dans le domaine public, qu’il les a communiquées. Le style, *elocutio*, appartient à la rhétorique; la proposition et le jugement, *enunciatio*, appartiennent à la grammaire et à la logique.

2. *Proloqui* marque un acte moral par lequel on se résout à exprimer une pensée qu’on tenait secrète, par opposition à *reticere*, comme *profiteri*; enfin, *pronunciare* marque un acte physique par lequel on exprime mécaniquement et intelligiblement ce qu’on a pensé ou écrit, comme *recitare*.

3. *Pronunciare* est un simple usage des organes de la parole et ne suppose pas d’autre but que de se faire pleinement entendre; *recitare* est le fait de l’art: on vise à produire une impression agréable par une juste modulation de la voix conforme aux règles de la déclamation. La *pronunciatio* ne s’applique qu’aux lettres, aux syllabes et aux mots considérés comme les éléments et le corps du discours; la *recitatio* se rapporte, en outre, aux termes et au sens considérés comme l’âme du discours.

—Elucet, v. *Constat*. —Emendare, v. *Corrigere*.

Emere. Mercari. Redimere. 1. *Emere*, faire une emplette; c’est l’acquisition de l’objet qui est le point capital, et le prix à payer n’est qu’une idée accessoire, πρέασθαι; *mercari*, acheter, il s’agit de la conclusion d’un marché fait dans toutes les règles, généralement entre commerçants, ἐμπολᾷν.

2. *Emere* s’applique à des objets de commerce proprement dits; *redimere*, à des objets qui ne constituent point aux yeux de la loi et de la morale de vrais articles de commerce, que l’acquéreur pourrait réclamer comme un dû ou qu’il devrait obtenir par faveur sans bourse délier, par exemple, la paix, la justice, l’affection. Cic. Sext. 30, 66. Quis autem rex qui illo anno non aut *emendum* sibi quod non habebat, aut *redimendum* quod habebat arbitrabatur? Quel est le roi qui ne se soit cru réduit cette année ou à acheter ce qu’il n’avait point ou à racheter ce qu’il avait?

Eminens. Excellens. Præclarus. Præstans. Insignis. Singularis. Unicus. 1. *Eminens*, *excellens*, *præclarus* et *præstans* servent à constater de sang-froid une supériorité; *egregius*, à la proclamer avec enthousiasme; *eximius*, avec admiration.

2. *Eximius*, etc., se rapportent tous à des qualités louables et ne peuvent se joindre que par ironie à des vices ou à des fautes; *insignis*, *singularis* et *unicus* sont des termes indifférents qui expriment également la louange ou le blâme à un haut degré.

—Eminet, v. *Apparet*. —Eminus, v. *Procul*. —Emissarius, v. *Explorator*. —Emolumentum, v. *Lucrum*. —Emori, v. *Mors*.

En. Ecce. *En*, vois ici ce qui était resté jusqu’à présent caché à tes yeux, comme ἤν, ἠνί, ἠνίδε; *ecce*, vois là ce que tu n’aurais jamais soupçonné, comme ἰδού.

—Ensis, v. *Gladius*. —Enunciare, v. *Eloqui*. —Epistola, v. *Litteræ*.

Epulæ. Convivium. Dapes. Epulum. Comissatio. *Epulæ* est le terme général, le repas, le manger, frugal ou recherché, en famille ou avec des convives, au logis ou en public; *convivium*, repas de société, en compagnie; *dapes*, banquet religieux à la suite d’un sacrifice; *epulum*, banquet solennel, ordinairement politique, en l’honneur d’un personnage ou d’un succès; *comissatio*, débauche de table, orgie.

Equus. Caballus. Mannus. Canterius. *Equus*, terme général pour le cheval, c’est le nom de l’espèce; *caballus*, cheval commun; *mannus*, cheval de petite taille et de luxe, poney; *canterius*, cheval coupé, hongre. Sen. Ep. 85. Cato censorius *canterio* vehebatur et hippoperis quidem impositis. Oh! quantum decus sæculi, Catonem uno *caballo* esse contentum et ne toto quidem! Ita non obesis omnibus *mannis* et asturconibus et tolutariis præferres unum illum *equum* ab ipso Catone defrictum? Caton le censeur voyageait sur un hongre qui portait ses bagages. Oh! quelle gloire pour un siècle que ce Caton qui se contentait d’un cheval commun ou plutôt d’une place sur ce cheval! Est-ce que vous ne préférez pas à tous les poneys potelés, aux coursiers d’Asturie, aux trotteurs, cet unique cheval que Caton pansait lui-même?

—Ergastulum, v. *Custodia*. —Eripere, v. *Demere*.

Errare. Vagari. Palari. *Errare*, s’égarer, πλανᾶσθαι, aller çà et là malgré soi, faute de connaître le bon chemin; *vagari* et *palari*, errer de propos délibéré: *vagari*, ἀλᾶσθαι, par ennui d’un séjour fixe ou du droit chemin, en changeant souvent de direction; *palari*, en s’éloignant de la société dans laquelle on se trouve pour courir seul. *Erramus* ignari; *vagamur* soluti; *palamur* dispersi. On s’égare par ignorance; on mène une vie errante lorsqu’on ne tient à rien; on s’écarte pour se disperser. Tac. H. I, 68. Undique populatio et cædes; ipsi in medio *vagi*; abjectis armis magna pars, saucii aut *palantes* in montem Vocetium perfugiunt. Partout des ravages et des massacres; errant entre les deux corps ennemis, jetant leurs armes, blessés ou dispersés pour la plupart, les Helvétiens cherchent un refuge sur le mont Vocétius.

Erudire. Formare. Instituere. *Erudire* et *formare* présentent l’éducation par son côté idéal, comme un des éléments de la perfection humaine: *erudire*, en général, l’éducation délivre de l’ignorance; *formare*, dans un sens particulier; elle transporte l’homme dans une sphère spéciale; elle le façonne pour un but déterminé vers lequel elle dirige l’âme; *instituere* présente la même éducation par son côté positif; elle rend propre à un métier.

—Eruditio, v. *Doctrina*. —Escendere, v. *Scandere*. —Esca, v. *Alimenta*. —Esuries, v. *Fames*.

Et. Que. Ac. Atque. *Et* est la conjonction dont l’usage est le plus général; *que* et *et-et* servent à unir des termes opposés: *que*, dès qu’il y a opposition, par exemple *terra marique*; *et-et*, pour marquer expressément l’opposition, par exemple *et terra et mari*; *ac* et *atque* unissent des synonymes: *atque* se place devant les voyelles et les consonnes gutturales; *ac*, devant le reste des consonnes, par exemple, vir fortis *ac* strenuus.

—Evenire, v. *Accidere*. —E vestigio, v. *Repente*. —Evertere, v. *Perdere*. —Evocare, v. *Arcessere*. —Excellens, v. *Eminens*. —Excelsus, v. *Altus*. —Excipere, v. *Sumere*. —Excors, v. *Amens*.

Excubiæ. Stationes. Vigiliæ. *Excubiæ*, sentinelles devant un palais, garde d’honneur et sauve-garde; *stationes*, garde placée à une porte, poste avancé; *vigiliæ*, garde de nuit, patrouille.

—Excusatio, v. *Purgatio*.

Exemplum. Exemplar. *Exemplum*, exemple pris entre beaucoup d’autres à cause de sa convenance relative; il s’applique à un cas déterminé; *exemplar*, exemple choisi de préférence à d’autres à cause de sa perfection ou de sa convenance absolue; il représente une idée générale, modèle. Vell. P. II, 100. Antonius singulare *exemplum* clementiæ Cæsaris. Antoine, exemple frappant de la clémence de César. Comparez avec Tac. Ann. XII, 37. Si incolumem servaveris, æternum *exemplar* clementiæ ero (*clementiæ*, et non pas *clementiæ tuæ*). Si tu me sauves, au lieu de me frapper, ta conduite envers moi restera éternellement un modèle de clémence.

Exercitus. Copiæ. *Exercitus*, armée composée de plusieurs légions; *copiæ*, troupes composées de plusieurs cohortes.

—Exhibere, v. *Præbere*. —Exiguus, v. *Parvus*. —Exigere, v. *Petere*.

Exilis. Macer. Gracilis. Tenuis. *Exilis* et *macer* se disent de l’exténuation considérée comme un vice interne et y rattachent directement une idée de blâme. C’est un rétrécissement causé par le défaut de sucs nourriciers. *Exilis* est un terme général qui se dit de toute espèce de corps et qui marque un appauvrissement et un manque de forces, par opposition à *uber*, misérable; *macer*, maigre, se dit particulièrement du corps des animaux; il désigne une certaine sécheresse, un certain épuisement, par opposition à *pinguis*. *Gracilis* et *tenuis* se rapportent à la forme, à l’apparence et sont des termes indifférents ou des termes d’éloge: *tenuis*, mince, délicat, se dit en général de toute sorte de corps, par opposition à *crassus*; *gracilis* a un air de ressemblance avec *procerus* et se dit en particulier du corps des animaux, élancé, par opposition à *opimus*, à *obesus*.

—Eximere, v. *Demere*. —Existimare, v. *Censere*. —Experiri, v. *Tentare*. —Expilare, v. *Vastare*. —Eximius, v. *Eminens*. —Exitium, exitus, v. *Lues*. —Expetere, v. *Velle*.

Explorator. Speculator. Emissarius. *Exploratores*, éclaireurs chargés ouvertement de reconnaître le terrain ou l’ennemi; *speculatores*, espions envoyés secrètement pour découvrir par ruse la situation et les plans de l’ennemi; *emissarii*, agents secrets chargés au besoin de mesures et de missions extraordinaires.

—Exprobrare, v. *Objicere*. —Exsequiæ, v. *Funus*. —Exspectare, v. *Manere*. —Exsecrari, v. *Abominari*. —Exsomnis, v. *Vigil*.

Exspes. Desperans. *Exspes* marque en général l’état d’une personne qui a cessé d’espérer; *desperans* présente le désespoir sous l’aspect d’un sentiment douloureux.

—Exstructus, v. *Præditus*. —Exta, v. *Caro*. —Extemplo, v. *Repente*. —Exsul, v. *Perfuga*. —Exsultare, v. *Gaudere*.

Exterus. Externus. Peregrinus. Alienigena. Extrarius. Extraneus. Advena. Hospes. 1. *Exterus* et *externus*, l’étranger dans son pays; *peregrinus*, *alienigena*, *advena* et *hospes*, l’étranger qui réside temporairement dans notre pays.

2. *Externus* ne marque qu’un rapport de lieu et se dit également des choses et des personnes; *exterus* marque un rapport interne et ne se dit que des personnes. *Externæ nationes* est une expression purement géographique; ce sont les peuples du dehors; *exteræ nationes* est un terme politique; ce sont les peuples étrangers.

3. *Extraneus* se dit du monde extérieur, par opposition à la parenté, à la famille, à la patrie; *extrarius*, par opposition au moi. Cic. ap. Colum. XII. Comparata est opera mulieris ad *domesticam* diligentiam; viri autem ad exercitationem *forensem* et *extraneam*. La femme est destinée à donner ses soins aux travaux du ménage; l’homme, aux affaires du Forum et aux occupations extérieures. Comparez avec Inv. II, 56. Utilitas aut in corpore posita est aut in *extrariis* rebus. L’utilité est en nous ou hors de nous.

4. *Peregrinus*, celui qui n’est pas citoyen, par opposition à *civis*; *alienigena*, celui qui est né à l’étranger, par opposition à *indigena*; *advena*, l’émigrant établi dans un pays, par opposition à αὐτόχθων, à *aborigines* ou encore à *indigena*; *hospes*, le nouveau-venu, par opposition à *popularis*.

5. *Peregrinus*, l’étranger au titre politique, privé du droit de cité et de séjour, avec une idée de mépris; *hospes*, l’étranger à titre d’homme et d’égal, en jouissance du droit d’hospitalité. Cic. Rull. II, 34. Nos autem qui hinc Roma veneramus, jam non *hospites* sed *peregrini* atque *advenæ* nominabamur. Mais nous qui n’arrivions que de Rome, on ne se bornait pas à nous traiter de nouveau-venus; nous étions des étrangers sans droit de cité, des émigrants en quête d’un établissement.

—Extorris, v. *Perfuga*. —Extraneus, extrarius, v. *Exterus*.

Extremus. Ultimus. Postremus. Novissimus. *Extremus* et *ultimus*, le dernier, quand il s’agit d’une quantité indivise, d’un espace continu: *extremus* se dit de la partie extrême d’un espace ou d’une surface, par opposition à *intimus* et *medius*, comme ἔσχατος; *ultimus*, du point extrême d’une ligne, par opposition à *citimus* et *proximus*, comme λοῖσθος. *Postremus* et *novissimus*, le dernier quand il s’agit d’une quantité qui offre des subdivisions, d’une série numérique: *postremus*, ὕστατος, celui qui vient après les autres dans une série toute faite où il occupe la dernière place, par opposition à ceux qui tiennent la tête; *novissimus*, le dernier dans une série en formation où il vient s’ajouter à tous les autres, le tout dernier, par opposition au néant qui vient ensuite, comme νέατος.

—Exuviæ, v. *Præda*.

F

Faber. Opifex. Artifex. *Fabri*, ouvriers dont le travail consiste en une dépense de forces physiques, charpentiers et forgerons, χειρώναϰτες; *opifices*, artisans qui ne sauraient se passer d’adresse mécanique et d’application, ϐάναυσοι; *artifices*, artistes qui font preuve d’esprit et d’invention même dans des travaux mécaniques.

—Fabulari, v. *Dicere* et *Garrire*. —Facere, v. *Agere*. —Facetiæ, v. *Lepidus*.

Facies. Os. Vultus. Oculi. *Facies* et *oculi*, le visage et les yeux, au sens physique, comme traits naturels et comme organe de la vue; *os* et *vultus* expriment en outre un rapport moral: l’état temporaire et même habituel de l’âme se révèle par les airs et les yeux. *Os* se dit du regard et de l’expression correspondante de la bouche; *vultus* se dit des mouvements de l’œil et de l’aspect simultané des traits qui l’avoisinent, du front serein ou sombre. Tac. Agr. 44. Nihil metus in *vultu*, gratia *oris* supererat. Son regard ne trahissait pas la moindre crainte et la grâce était le trait dominant de sa physionomie. Cic. Orat. 18, 60. Ut imago animi est *vultus*, sic indices *oculi*. Le front et les yeux sont le miroir de l’âme; les yeux sont même des délateurs.

—Facilitas, v. *Humanitas*. —Factio, v. *Partes*. —Facultas, v. *Occasio*. —Fallaciter, v. *Perperam*. —Facinus, v. *Delictum*. —Factum, v. *Agere*. —Facundus, v. *Disertus*.

Fallere. Frustrari. Decipere. Circumvenire. Fraudare. Imponere. *Fallere*, *frustrari* et *imponere*, induire en erreur et causer une confusion du vrai avec le faux, σφάλλειν: le *fallens* trompe parce qu’il voit les choses sous un jour faux; le *frustrans*, parce qu’il a de fausses espérances; l’*imponens* met à profit la crédulité d’autrui. *Decipere* et *circumvenire*, surprendre par ruse et gagner un avantage déshonnête, ἀπατᾷν: le *decipiens*, par une ruse instantanée; le *circumveniens*, par une machination, comme circonvenir. *Fraudare*, duper, nuire, dépouiller quelqu’un par abus de confiance.

—False, falso, v. *Perperam*. —Fama, v. *Rumor*.

Fames. Esuries. Inedia. *Fames*, la faim, comme conséquence du défaut de nourriture, λιμὸς, par opposition à *satietas*; *esuries*, l’envie de manger, comme conséquence du vide et de l’irritation de l’estomac, par opposition à *sitis*; enfin, *inedia*, l’abstinence en général, sans assignation de cause, mais de préférence, par acte volontaire, comme ἀσιτία. *Fame* et *esurie perire* signifient périr de faim; *inedia perire*, se laisser mourir de faim.

—Familia, v. *Ædificium*. —Famulus, v. *Servus*. —Fas est, v. *Concessum est*. —Fastigium, v. *Culmen*. —Familiaris, v. *Socius*. —Fanum, v. *Templum*. —Fastidium, v. *Spernere*. —Fastus, v. *Superbia*.

Fateri. Profiteri. Confiteri. *Fateri*, avouer, sans idée accessoire, par opposition à *celare*; *profiteri*, reconnaître librement ou ouvertement, sans crainte et sans réticence, qu’on soit interrogé ou non; *confiteri*, confesser par suite de questions, de menaces, de contrainte. La *professio* a sa raison d’être dans un noble effort sur soi-même; c’est le fait d’une personne qui dédaigne les déguisements et n’a pas à rougir de ce qu’elle tenait caché; mais la *confessio* a pour cause un effort honteux qui fait qu’on renonce au secret quoiqu’on ait à rougir de l’aveu. Cic. Cæc. IX, 24. Ita libenter *confitetur*, ut non solum *fateri*, sed etiam *profiteri* videatur. C’est une confession si franche qu’elle ressemble moins à un aveu qu’à une déclaration.

Fatigatus. Fessus. Lassus. *Fatigatus* et *fessus* expriment l’état d’une personne qui soupire après le repos à la suite d’un effort dont elle se ressent désagréablement: *fatigatus*, au sens passif; il se dit de celui que la fatigue a gagné; *fessus*, au sens neutre; il se dit de celui que la fatigue accable. *Lassus* et *lassatus* expriment, comme las et lassé, un état dans lequel on a besoin de repos, parce qu’on est affaibli par le travail ou le mouvement. Cels. I, 2, 15. Exercitationis finis esse debet sudor aut certe *lassitudo*, quæ citra *fatigationem* sit. Il faut suspendre l’exercice à la première sueur, ou du moins à l’arrivée de la lassitude qui précède le sentiment de la fatigue. Sall. Jug. 57[1]. Opere castrorum et præliorum *fessi* *lassi*que erant. Les campements et les combats les avaient fatigués et lassés.

—1 Chap. LIII de la collection Lemaire et de la collection Panckoucke.

—Factum, v. *Casus*. —Fatuus, v. *Stupidus*. —Faustus, v. *Felix*.

Faux. Glutus. Ingluvies. Guttur. Gurgulio. Gula. *Faux*, *glutus* et *ingluvies*, l’intérieur du conduit alimentaire, le gosier: *glutus*, chez l’homme; *ingluvies*, chez les animaux; *faux*, la partie supérieure, l’entrée du conduit. *Guttur*, *gurgulio* et *gula*, la gorge ou partie du corps qui sert d’enveloppe au conduit: *gurgulio*, chez les animaux; *gula*, chez l’homme; *guttur*, chez les animaux et chez l’homme.

Fax. Tæda. Funale. *Fax*, terme général pour toute espèce de flambeaux; *tæda*, flambeau naturel en bois résineux; *funale*, flambeau de cire qui est un produit de l’art.

Fel. Bilis. *Fel*, le fiel des animaux, et au figuré le symbole de l’amertume dans le goût; *bilis*, le fiel du corps humain, et au figuré le symbole de l’amertume dans les sentiments.

Felix. Prosper. Faustus. Fortunatus. Beatus. *Felix*, *fœlix*, terme général en parlant du bonheur; il a le sens actif et le sens neutre qui rend heureux et qui est heureux; *prosper* et *faustus* n’ont que le sens actif: qui donne, qui apporte le bonheur; *prosperum* se dit de ce qui vient remplir les espérances et les vœux de l’homme, de ce qui arrive comme à souhait; *faustum*, de ce qui est un effet de la faveur, de la grâce des dieux, une sorte de bénédiction. *Fortunatus* et *beatus* ont, par préférence ou même exclusivement la signification intransitive ou passive, fortuné, comblé par le bonheur: le *fortunatus* est un favori de la fortune, comme εὐτυχής; le *beatus* se sent heureux et content, comme les θεοὶ ῥεῖα ζάωντες, μαϰάριος.

Femina. Mulier. Uxor. Conjux. Marita. 1. *Femina*, la femme considérée dans sa nature physique, par opposition à *mas*; *mulier*, la femme sous son aspect moral, comme un être faible et tendre, par opposition à *vir*. *Femina* seul sert à désigner la femelle de l’animal.

2. *Mulier* signifie encore la femme mariée, par opposition à *virgo*; *uxor* et *conjux*, la femme, par opposition au mari: *uxor*, dans le simple rapport de la femme à l’homme auquel elle est confiée, par opposition à *maritus*; *conjux*, dans ses rapports mutuels avec le mari, comme une des moitiés du couple et par opposition à *liberi*. Et en tant que l’*uxor* appartient à l’homme, tandis que la *conjux* est son égale, *uxor* se dit d’un mariage du commun, comme femme; *conjux*, d’un mariage dans un rang élevé, comme épouse.

3. *Uxor* appartient à la langue courante; *marita* est un mot poétique.

—Femur, v. *Coxa*. —Ferax, v. *Disertus*. —Feriæ, v. *Solemnia*. —Ferire, v. *Verberare*. —Fera, v. *Animal*. —Fere, v. *Pæne*. —Feriari, v. *Vacare*. —Ferme, v. *Pæne*.

Ferocia. Ferocitas. Virtus. Fortitudo. *Ferocia* et *ferocitas*, le courage naturel et sauvage que peuvent posséder le barbare et la bête; *ferocia* dans l’application, *ferocitas* comme instinct. *Virtus* et *fortitudo*, le courage moral dont l’homme ne devient capable qu’à un haut degré de civilisation: *virtus*, lorsqu’il se manifeste par l’action et par l’offensive, comme l’*industria*; *fortitudo*, lorsqu’il se manifeste par la résistance et la défensive, comme la *constantia*. Tac. Ann. XI, 19. Nos *virtutem* auximus, barbari *ferociam* infregere. Cela rehaussa le courage discipliné des Romains en rabaissant le courage brutal des barbares.

Ferre. Portare. Bajulare. Gerere. 1. *Ferre*, φέρειν, porter, en général; *portare* et *bajulare*, ϐαστάζειν, transporter un fardeau: *portare*, pour soi ou pour les autres; *bajulare*, en qualité de portefaix. Dans Cæs. B. G. I, 16. Ædui frumentum... *conferri*, *comportari*, adesse dicere, *conferre* se rapporte à la livraison que chaque sujet vient faire de sa contribution partielle entre les mains des autorités locales; *comportare*, à la remise à César de toutes les réquisitions réunies.

2. *Ferre*, *portare* et *bajulare* n’expriment qu’un rapport éventuel, celui du porteur à son fardeau; *gerere*, *gestare* expriment, comme φορεῖν, un rapport plus particulier, celui du propriétaire à son bien.

*Bellum ferre* ne signifie guère que *inferre* ou *tolerare bellum*. *Bellum gerere* se rapproche de *bellum habere* et ne s’applique qu’au peuple entier ou au souverain, à celui qui a pris la résolution de faire la guerre et qui est en état de guerre, mais nullement à l’armée qui combat, ni au général chargé de diriger les opérations. *Gerit* bellum populus Romanus, administrat consul, capessit miles. Le peuple romain a la charge de la guerre, le consul la conduit, le soldat la fait.

Ferre. Tolerare. Perferre. Perpeti. Sustinere. Sinere. Sustentare. 1. *Ferre* ne fait voir dans la souffrance qu’un fardeau à porter: c’est un terme impersonnel, comme φέρειν; *tolerare*, *perferre* et *pati*, *perpeti* peignent la situation d’esprit de la personne qui porte et qui souffre: le *tolerans* et le *perferens*, τολμῶν, supportent la souffrance sans y succomber, avec force et fermeté; ce sont des synonymes de *sustinens*; le *patiens* et le *perpetiens* souffrent sans lutter, de bonne grâce ou avec résignation, avec patience; ce sont des synonymes de *sinens*. *Ferre* et *tolerare* ne peuvent avoir pour régime qu’un nom; *pati* peut avoir un nom ou un infinitif.

2. *Perferre*, et en vieux latin *ecferre*, est un augmentatif de *tolerare*, comme *perpeti* de *pati*, supporter et souffrir héroïquement. Poet. ap. Cic Tusc. IV, 29. Nec est malum, quod non natura humana *patiendo* *ecferat*. Et il n’y a point de mal dont la nature humaine ne triomphe à l’aide de la résignation. Comparez Sen. Thyest. 307. Leve est miserias *ferre*, *perferre* est grave. Il est aisé d’être malheureux, il est difficile de l’être avec constance. Plin. H. N. XXXVI, 21. Qui *perpeti* medicinam non *toleraverant*. Ceux qui n’avaient pas eu la force d’endurer le remède. Tac. Ann. III, 3. Magnitudinem mali *perferre* visu non *toleravit*. Elle n’eut point la force de braver la vue de ce grand malheur.

3. *Tolerare*, continuer à se tenir droit et ne pas succomber sous un fardeau; *sustinere*, soutenir le fardeau même et ne point le laisser tomber.

4. *Pati*, laisser faire sans objection, se dit d’un assentiment d’esprit; *sinere*, ne pas retenir, n’empêcher en aucune façon, d’un consentement en forme, comme permettre. *Pati* a régulièrement pour régime l’action même et se construit avec l’infinitif; *sinere*, la personne, et il se construit avec *ut*.

5. *Sustinere* signifie en général soutenir; *sustentare*, soutenir à force de mal et de peine. Cic. Muren. 2. Quis mihi in republica... debet esse conjunctior quam is cui respublica a me uno traditur *sustinenda*, magnis meis laboribus ac periculis *sustentata*? Quel est l’homme d’État sur l’attachement duquel je dois compter? N’est-ce pas celui que j’appelle moi-même, et moi seul, à devenir l’appui de l’État que j’ai péniblement étayé au prix de grandes fatigues et de grands dangers? Curt. VIII, 4, 15. Forte Macedo gregarius miles seque et arma *sustentans* in castra venit. Le hasard amena enfin dans le camp un simple soldat macédonien qui se traînait avec ses armes. Comparez avec V, 1, 11. Tandem Laconum acies languescere, lubrica arma sudore *vix sustinens*. La ligne des Spartiates faiblit enfin, leurs armes leur échappaient de fatigue, ils en soutenaient à peine le poids.

—Fertilis, v. *Disertus*. —Fervere, v. *Calere*. —Festa, v. *Solemnia*. —Festivus, v. *Lepidus*. —Fidelitas, v. *Fides*. —Ferula, v. *Fustis*. —Fessus, v. *Fatigatus*. —Festinus, v. *Citus*. —Fidelis, v. *Fidus*.

Fidere. Confidere. Fidem habere. Credere. Committere. Permittere. 1. *Fidere*, se fier; *confidere*, se confier à une force et à un secours; *fidem habere*, croire sur parole à une bonne intention, et *credere*, y croire de soi-même. Liv. II, 45. Consules magis non *confidere* quam non *credere* suis militibus. Les consuls, sans se défier de leurs soldats, ne comptaient plus sur eux. Le premier verbe, *confidere*, se rapporte à leur courage; le second, *credere*, à leur fidélité.

2. *Fidere*, etc., présente la confiance à l’état de sentiment; *committere*, *permittere*, se disent de la confiance en action: le *committens* agit par pleine conviction de la capacité et de la bonne volonté de son mandataire, ce qui impose à celui-ci une responsabilité morale; le *permittens* ne songe qu’à se débarrasser du fardeau d’une affaire, en sorte que le mandataire n’a qu’une responsabilité politique ou légale. Cic. Font. 14. Ita ut *commissus* sit fidei, *permissus* potestati. On le confie à votre honneur, on le remet en votre pouvoir.

Fides. Fidelitas. Fiducia. Confidentia. Audacia. Audentia. 1. *Fides* et *fidelitas*, la fidélité que l’on garde soi-même aux autres: *fides*, dans un sens général, comme πίστις, l’habitude de tenir parole, la réputation d’homme sûr qu’on doit à une honnêteté scrupuleuse, la confiance qu’on inspire par là aux autres, l’honneur; *fidelitas*, dans un sens particulier, comme πιστότης, la fidélité dans l’attachement à des personnes auxquelles on s’est une fois donné. *Fiducia* et *confidentia*, la confiance qu’on a dans les autres: *fiducia*, la bonne et louable confiance en des choses auxquelles il est réellement permis de se fier, l’assurance qui est parente du courage, par opposition à *timor*, comme θάρσος; *confidentia*, la confiance aveugle et blâmable, particulièrement en sa propre force, par opposition à la prévoyance et à la modestie, la suffisance, parente de l’orgueil, θράσος.

2. *Fiducia* et *confidentia* ont leur raison d’être dans la confiance du succès; *audacia* et *audentia*, dans le mépris du danger: l’*audacia* est tantôt une hardiesse louable et comme un augmentatif de *fiducia*, tantôt une effronterie blâmable, et il se dit alors par euphémisme pour *temeritas*, comme τόλμα; l’*audentia* est toujours un esprit d’entreprise louable. Juven. XIII, 108. Quum magna malæ superest *audacia* causæ, creditur a multis *fiducia*. Qu’on paye d’audace dans une méchante cause, la foule croit à une noble confiance. Sen. Ep. 87. Quæ bona sunt *fiduciam* faciunt, divitiæ *audaciam*. Les vrais biens inspirent une louable confiance, les richesses de l’audace.

—Fides, v. *Religio*. —Fides, v. *Chorda*. —Fiducia, v. *Fides*.

Fidus. Fidelis. Infidus. Infidelis. Perfidus. Perfidiosus. 1. *Fidus* marque une qualité native; c’est quelquefois un éloge; *fidelis* marque une vertu morale, un trait de caractère; c’est toujours un éloge. Liv. XXII, 22. Eo vinculo Hispaniam vir unus solerti magis quam *fideli* consilio exsolvit. Abellex erat Sagunti, nobilis Hispanus, *fidus* ante Pœnis. L’Espagne fut dégagée de ce lien par un seul homme à l’aide d’une combinaison qui marquait plus de génie que de fidélité. Il y avait à Sagonte un certain Abellex, noble Espagnol, auparavant attaché à la cause punique.

2. *Infidus*, qui n’est pas sûr; *infidelis*, infidèle; *perfidus* et *perfidiosus*, sans foi: *perfidus*, perfide à l’occasion; *perfidiosus*, plein de perfidie, traître dans l’âme.

Figura. Forma. Species. *Figura*, forme quelconque au sens mathématique, pourvu qu’elle ait des contours déterminés, comme σχῆμα, la figure; *forma*, la forme au sens esthétique, comme expression visible et comme empreinte de l’être intérieur, en correspondance avec cet être, comme μορφή; enfin, *species*, l’apparence physique opposée à l’être intérieur et invisible auquel elle sert simplement de couverture, comme εἶδος. *Figurare*, donner une forme arrêtée à une matière entièrement informe; *formare*, façonner, c’est-à- dire donner à une masse grossière la forme qu’elle doit avoir; et enfin, *speciem addere*, parer, c’est-à-dire donner à une matière déjà façonnée un caractère extérieur qui plaise à l’œil. *Figura* se rapporterait donc exclusivement aux contours ou linéaments, tandis que *forma* ou du moins *species* comprendrait la couleur, la grandeur et autres détails.

—Fimus, v. *Lutum*.

Findere. Scindere. *Findere*, diviser un corps dans le sens de ses joints naturels, le décomposer pour ainsi dire en ses parties élémentaires, comme fendre et cliver; *scindere*, le diviser par force sans aucun égard aux joints et le mettre en pièces, comme couper et déchirer. *Findere lignum* veut dire fendre une bûche de bois en s’aidant de la nature même du bois, dans le sens de la longueur; mais *scindere*, casser par pure force, en largeur. Le *findens æquor nave* considère la mer comme un assemblage de parties liquides; le *scindens*, comme n’ayant fait qu’un tout dès l’origine.

Finire. Terminare. Consummare. Absolvere. Perficere. *Finire* et *terminare* marquent la fin d’une action sans égard au progrès qu’on a pu faire vers le but: *finire*, finir, par opposition à *incipere*; mais *terminare*, mettre un terme, une limite, par opposition à *continuare*. *Consummare*, *absolvere* et *perficere* marquent l’achèvement d’un ouvrage: *consummare* (qui ne paraît qu’après le siècle d’Auguste), comme terme général; il s’oppose à une demi-besogne; *absolvere*, par allusion à un devoir accompli, à un travail pénible qui vient d’être terminé et qui rend l’ouvrier à la liberté; il s’oppose à *inchoare*; *perficere*, par allusion à un but qu’on a atteint, à une tâche qu’on s’était soi-même imposée, laquelle est terminée et parfaite; il s’oppose à *conari*. *Absolutus* ne suppose d’ailleurs que l’exécution complète de l’ouvrage, comme ἐντελής, tandis que *perfectus* marque la perfection de l’œuvre, comme τέλειος.

Finis. Terminus. Limes. *Finis*, limite considérée comme une ligne mathématique, τέλος; *terminus* et *limes*, démarcation matérielle: *terminus*, borne qui indique un point extrême, τέρμα; *limes*, bande qui trace une ligne de séparation, ὄρος. Cic. Læl. 16. Constituendi sunt qui sint in amicitia *fines* et quasi *termini* diligendi. Il faut établir quelles doivent être entre amis les limites et, pour ainsi dire, les bornes de l’affection. Hor. Carm. II, 18, 24. Revellis agri *terminos* et ultra *limites* clientium salis avarus. Tu arraches les bornes du champ et tu sautes dans ton avarice par-dessus les limites de tes clients.

—Finitimus, v. *Vicinus*. —Fiscus, v. *Ærarium*. —Flagitium, v. *Delictum*. —Flavus, v. *Luteus*. —Fluctus, v. *Aqua*. —Firmus, v. *Validus*. —Flagitare, v. *Petere*. —Flagrare, v. *Ardere*. —Flere, v. *Lacrimare*.

Fluere. Manare. Liquere. *Fluere* se dit d’une eau qui court, d’un liquide en mouvement; *manare*, d’une eau qui jaillit et déborde, d’un liquide qui se répand; *liquere*, d’une eau ou d’un liquide qui se disperse en vertu de sa nature physique. La cause de l’effet que marque *fluere* est dans l’absence de digue qui permet au corps liquide de couler en descendant par la loi de la pesanteur; celle de l’effet que marque *manare* est dans le trop-plein de la source; enfin, *liquere*, être à l’état liquide, marque l’absence de cohésion, la condition négative indispensable pour donner lieu aux effets que désignent *fluere* et *manare*. *Fluere* se rapproche de *labi* et a pour opposés *hærere*, *stare*; *manare*, d’*effundi*, et il a pour opposés *contineri*, *claudi*; enfin, *liquere*, de *dissolvi*, et il a pour opposés *concrevisse*, *rigere*. Gell. XVII, 11. Plato potum dixit *defluere* ad pulmonem, eoque satis humectato *demanare* per eum quia sit rimosior et *confluere* inde in vesicam. D’après une opinion attribuée à Platon, l’eau que nous buvons coule de haut en bas jusqu’au poumon, puis, quand elle l’a suffisamment humecté, elle en ressort par une multitude de pores et va se réunir dans la vessie.

Fluvius. Flumen. Amnis. *Fluvius*, *flumen*, marquent, comme ῥόος, ῥεῦμα, un cours d’eau ordinaire, par opposition à un étang ou à un lac; *amnis*, un grand fleuve, ποταμὸς, par opposition à la mer. Cic. Divin. I, 35, 78. Ut *flumina* in contrarias partes fluxerint atque in *amnes* mare influxerit. Les rivières remontèrent leur propre cours et la mer se jeta dans les fleuves. Sen. N. Q. III, 19. Habet ergo non tantum venas aquarum terra, ex quibus corrivatis *flumina* effici possunt, sed et *amnes* magnitudinis vastæ. La terre ne contient pas seulement des filets d’eau qui peuvent former des rivières en se réunissant, mais encore des fleuves d’un volume immense. Et un peu plus loin: Hanc magnis *amnibus* æternam esse materiam, cujus non tangantur extrema sicut *fluminum* et *fontium*. Tel est le réservoir qui alimente éternellement les grands fleuves, mais dont l’origine n’est pas accessible comme celle des rivières et des sources. Tac. Hist. V, 13. Quo Mosæ *fluminis* os *amnem* Rhenum Oceano affundit. Dans les parages où la Meuse, qui est une rivière, prête son embouchure à un fleuve, au Rhin, pour le verser dans l’Océan.

Fœcundus. Fertilis. Ferax. Uber. Frugifer. Fructuosus. 1. *Fœcundus* marque, comme εὔτοχος, la fécondité chez les êtres vivants qui font des petits; il est opposé à *effœtus*; *fertilis* et *ferax* marquent, comme εὔφορος, la fécondité de la nature et des éléments inanimés qui produisent; ils ont pour opposé *sterilis*. Tac. Ann. XII, 63. Byzantium *fertili* solo *fœcundo*que mari quia vis piscium hos ad portus adfertur. Byzance possède un sol fertile et une mer féconde, car des circonstances locales poussent une multitude de poissons vers les ports de cette côte. Le trope employé ici par Tacite consiste à personnifier la mer, ce qui était bien plus aisé que de personnifier le sol. C’est la terre, non le sol, qui, après avoir d’abord paru comme élément, figure ensuite comme personne dans les passages suivants. Tac. Germ. 5. Terra satis *ferax*, frugiferarum arborum impatiens, *pecorum fœcunda*, sed plerumque improcera. La terre, qui paraît assez fertile, repousse les arbres fruitiers; elle est féconde en bestiaux, mais la plupart de petite taille. Mela. I, 9, 1. Terra mire *fertilis* et animalium *perfœcunda* genetrix. C’est une terre d’une fertilité étonnante et d’une fécondité extrême à engendrer pour ainsi dire des animaux.

2. *Fertilis* marque la fertilité réelle subordonnée à la culture; *ferax*, la fertilité possible fondée sur la nature du sol. Cicéron emploie *fertilis* dans le sens propre, *ferax* dans le sens figuré.

3. *Fertilis* et *ferax* associent à l’idée de la fécondité celle d’une force créatrice et productive, l’image du père et de la mère; *uber*, une idée de nourriture et d’entretien, l’image de la nourrice, comme εὐθηνής; *frugifer*, l’image de la campagne qui porte des moissons; *fructuosus*, celle de l’arbre chargé de fruits, comme ἔγϰαρπος.

Fœdus. Societas. *Fœdus*, association de sûreté mutuelle sur le pied d’un contrat consacré par la religion; *societas*, association de simple convenance pour des entreprises communes. Liv. XXIV, 6. Hieronymus legatos Carthaginem mittit ad *fœdus* ex *societate* faciendum. Hiéronyme envoie des ambassadeurs à Carthage pour transformer l’engagement en alliance. Cic. Phil. II, 35. Neque ullam *societatem*... *fœdere* ullo confirmari posse *credidi*. Je crus que tous les traités du monde ne parviendraient pas à cimenter un engagement.

—Fœdus, v. *Teter*. —Fœmina, v. *Femina*.

Fœnus. Usura. *Fœnus* présente les intérêts comme le revenu du capital, τόϰος; *usura*, comme le prix de louage payé par le débiteur qui utilise le capital, δάνος.

—Fores, v. *Ostium*. —Forma, v. *Figura*. —Formido, v. *Vereri*. —Formare, v. *Erudire*.

Formosus. Pulcher. Venustus. 1. *Formosus* se dit du beau qui contente, attire et fait plaisir par sa régularité; *pulchrum*, de celui qui se fait admirer, qui impose et satisfait par sa perfection; *venustum*, de celui qui charme, éveille et fait naître le désir d’une jouissance. La *formositas* agit sur le sentiment naturel du beau, la *pulchritudo*, sur le sens cultivé de l’art, la *venustas*, sur les ressorts les plus délicats de la sensualité. Suet. Ner. 51. Fuit vultu *pulchro* magis quam *venusto*, c’est- à-dire qu’il avait dans les traits plus de perfection et de beauté régulière que d’agrément, que c’était une beauté froide et impassible vers laquelle personne ne se sentait entraîné.

2. *Venustas*, le charme, est un augmentatif de *gratia*, la grâce; celui-là entraîne, celle-ci attire.

—Fors, v. *Casus*. —Fortitudo, v. *Ferocia*. —Fortunatus, v. *Felix*. —Fovere, v. *Calere*. —Forte, fortuito, v. *Casu*. —Fortuna, v. *Casus*. —Fovea, v. *Specus*.

Fragor. Strepitus. Crepitus. Sonitus. *Fragor*, son creux, sourd, craquement, δοῦπος; *strepitus*, son retentissant, bruyant, mugissement, bruissement, cri, ϰτύπος; *crepitus*, son isolé ou souvent répété, claquement, cliquetis, ϰροῦσις, ϰρότος; *sonitus*, son qui provient des vibrations de corps élastiques, tintement, résonnance, ἠχή. Cic. Top. 12. Quæruntur pedum *crepitus*, *strepitus* hominum. Il y a lieu de chercher si l’on n’a pas entendu quelque bruit de pas ou de cris.

—Fragrare, v. *Olere*.

Frangere. Rumpere. Divellere. 1. *Frangere*, briser un corps dur en morceaux; *rumpere*, déchirer un corps flexible. Cato. ap. PRISC. Si quis membrum *rupit* aut os *fregit*, parce que dans le membre rompu ce n’est point l’os invisible, mais les chairs visibles qui paraissent séparées. Catenæ *franguntur*, vincula *rumpuntur*. On brise des chaînes, on déchire des liens. Quand *rumpere* s’applique à quelque corps dur, il implique l’idée d’un effort et d’un danger: le *frangens* met en pièces ce qui est entier, le *rumpens* ce qui le gêne.

2. *Disrumpere* et *diffringere*, mettre en pièces, en morceaux ce qui formait dans l’origine un tout; *divellere*, séparer ce qui n’était qu’assemblé.

—Fraudare, v. *Fallere*.

Frenum. Habena. Oreæ. 1. *Frenum*, le frein à l’aide duquel le cavalier maîtrise le cheval sauvage, χαλινός; *habena*, la bride avec laquelle il dirige le cheval docile, ἠνίον. Hor. Ep. I, 15, 13. Læva stomachosus *habena* dicet eques; sed equi *frenato* est auris in ore, c’est-à-dire il n’obéit pas à la bride et il faut qu’il sente le frein. Cic. Orat. I, 53. Senatum servire populo, cui populus ipse moderandi et regendi sui quasi quasdam *habenas* tradidisset. Le sénat devenir l’esclave du peuple, quand le peuple même lui avait donné tout pouvoir de le conduire et de le gouverner et mis pour ainsi dire les rênes en main! Comparez avec Tac. Dial. 38. Pompeius adstrinxit imposuitque quasi *frenos* eloquentiæ. Pompée rétrécit la carrière et mit pour ainsi dire un frein à l’éloquence.

2. *Oreæ*, *aureæ*, qui n’est plus usité que dans le composé *auriga*, était peut-être le terme générique de *frenum* et d’*habena* à peu près comme harnais.

—Frequenter, v. *Sæpe*. —Fricare, v. *Lævis*. —Fretus, v. *Confisus*.

Frigere. Algere. Algidus. Alsus. Gelidus. Frigus. Gelu. Glacies. 1. *Frigere*, être froid par opposition à *calere*; *algere*, avoir froid par opposition à *æstuare*.

2. *Algidus* se dit du froid qui fait une impression désagréable; *alsus*, de la fraîcheur qui apporte du soulagement.

3. *Frigidus* se dit d’un degré de froid modéré par opposition à *calidus*; *gelidus*, du degré de froid qui amène la congélation par opposition à *fervidus*.

4. *Frigus*, le froid en lui-même, celui qui arrive et s’en va; *frigedo*, l’état d’un homme saisi par le froid, état qui commence et qui cesse; c’est une forme archaïque tombée en désuétude par l’emploi général de *frigus*.

5. *Gelu*, *gelus*, *gelum* marquent, comme ϰρύος, le froid capable de produire la glace; *gelicidium*, une manifestation isolée de ce froid, une nuit où il gèle, comme ϰρυμός; et *glacies*, comme ϰρύσταλλος, l’effet de ce froid, la glace.

—Fructuosus, v. *Fœcundus*. —Frugifer, v. *Fœcundus*. —Frugi, v. *Bonus*. —Frui, frunisci, v. *Uti*.

Frustra. Nequidquam. Incassum. Irritus. 1. *Frustra*, en vain, par rapport au sujet qui se voit trompé dans son attente et ses calculs; *nequidquam*, inutilement, pour rien, pour moins que rien, par rapport à la chose qui ne s’est point faite.

2. Même différence entre *frustra* employé adjectivement qui se rapporte à la personne, et le véritable adjectif *irritus*, qui se rapporte à la chose.

3. *Frustra* et *nequidquam* marquent simplement le manque de succès, comme μάτην, sans allusion à une faute; *incassum* renferme l’idée accessoire d’un défaut de réflexion, de cette réflexion qui aurait pu calculer et prévoir l’échec, comme dans bâtir en l’air, bâtir des châteaux en Espagne, εἰς ϰενόν.

—Frustrari, v. *Fallere*. —Fruticetum, v. *Rami*. —Fugitivus, v. *Perfuga*.

Fulciri. Niti. *Fulciri*, *fultus*, se soutenir, soutenu pour se garantir d’une chute, en s’appuyant par exemple contre un pilier; *niti*, *nisus*, pour s’élancer en l’air ou avancer en prenant un point d’appui sur une base.

Fulgur. Fulguratio. Fulmen. *Fulgur*, *fulgetrum* et *fulguratio* désignent, comme ἀστραπή, les apparitions de l’éclair à l’horizon: *fulgur* présente le phénomène comme momentané et isolé; *fulguratio*, comme durable et répété. *Fulmen*, c’est, comme ϰεραυνός, l’effet de l’éclair qui tombe à terre, la foudre. Liv. XL, 59. *Fulguribus* præstringentibus aciem oculorum, sed *fulmina* etiam sic undique micabant ut peti viderentur corpora. Au milieu des éclairs qui éblouissaient les yeux, la foudre même étincelait de toute part au point de faire craindre pour les hommes. Plin. H. N. II, 43. Si in nube erumpat ardens, *fulmina*; si longiore tractu nitatur, *fulgetra*; his findi nubem, illis perrumpi. Quand le feu du ciel éclate dans un nuage, c’est la foudre; quand l’effet se produit en longueur, c’est l’éclair: l’éclair sillonne la nue que la foudre déchire.

—Funale, v. *Fax*. —Fundus, v. *Villa*. —Fundamentum, fundus, v. *Solum*. —Funis, v. *Laqueus*.

Funus. Exsequiæ. Pompa. *Funus*, le transport du cadavre comme ἐϰφορά; *exsequiæ* et *pompa*, le cortége solennel qui accompagne le corps: *exsequiæ*, le cortége vivant composé de parents et d’amis; *pompa*, la pompe inanimée composée des statues des ancêtres et autres ornements. Cic. Quint. 15. Funus quo amici conveniunt ad *exsequias* cohonestandas. Le convoi où les amis se pressent pour embellir le cortége. Nep. Att. 22. Elatus est in lecticula, sine ulla *funeris* *pompa*, *comitantibus* omnibus bonis, maxima vulgi frequentia. On l’emporta dans une petite litière; nulle pompe au convoi, mais un cortége de tous les gens de bien et un très-grand concours de peuple.

—Furari, v. *Demere*. —Furor, v. *Amens*.

Fustis. Ferula. Sudes. Trudis. Rudis. Scipio. Baculus. 1. *Fustis* et *ferula*, bâton qui sert à frapper; *sudes*, *trudis* et *rudis*, à porter un coup de pointe; *scipio* et *baculus*, à marcher.

2. *Fustis*, gourdin, bâton noueux assez gros pour donner la mort; *ferula*, baguette ou verge pour corriger la jeunesse des écoles; *sudes* et *trudis*, armes de guerre; *rudis*, bâton servant de fleuret dans les salles d’armes; *scipio*, bâton d’apparat et de dignité, symbole du pouvoir ou d’un âge vénérable; *baculus*, *bacillum*, bâton utile et commode sur lequel on s’appuie, mais qui sert d’arme au besoin.

G

—Galea, v. *Cassis*. —Gannire, v. *Latrare*. —Ganeum, v. *Deversorium*.

Garrire. Fabulari. Blatire. Blaterare. Loquax. Verbosus. 1. *Garrire* se dit du bavardage par allusion à la démangeaison de parler; *fabulari* par allusion à la nullité, *blatire* et l’augmentatif *blaterare* à la folie de ce qu’on dit.

2. Le *garrulus* assomme par la nature, le *loquax* par le nombre de ses propos. En effet, *garrulitas* exprime le bavardage enfantin ou frivole né du plaisir de parler ou de s’entendre parler, sans égard à la valeur et au sens des paroles, ayant sa source dans un excès de vivacité juvénile ou même dans l’abus d’un talent distingué, λαλία; *loquacitas* est le flux de paroles propre aux vieilles gens qui se croient sages, venant d’une incapacité d’être bref, qui a pour cause l’affaiblissement de l’âge, ἀδολεσχία. Le *garrulus* lasse et agace aisément par envie de plaire et de distraire; le *loquax* ennuie souvent par envie d’instruire et d’être clair.

3. *Garrulus* et *loquax* se disent des personnes, des orateurs; *verbosus*, des choses, des discours, des écrits.

Gaudere. Lætari. Hilaris. Alacer. Gestire. Exsultare. 1. *Gaudere* présente la joie comme un état de l’âme, par opposition à *dolor*, ἥδεσθαι; *lætari* et *hilarem esse*, comme une manifestation de cet état. Tac. H. II, 29. Ut Valens processit, *gaudium*, miseratio, favor; versi in *lætitiam*... laudantes gratantesque. L’apparition de Valens dispose les soldats à la joie, à l’attendrissement, à l’amour; leur joie se montre, ils le louent, le félicitent.

2. Le *lætus* manifeste sa joie par une sérénité qui révèle un parfait contentement des circonstances présentes, par opposition à *mœstus*; l’*hilaris*, par une surexcitation et une gaieté qui porte à la plaisanterie et au rire, par opposition à *tristis*; l’*alacer* enfin par une vivacité qui dénote un excès de courage et d’ardeur, par opposition à *territus*. Le *gaudens*, *lætus*, *hilaris* a de la joie à propos d’un bonheur, l’*alacer* a en outre du plaisir à ce qu’il fait. Cic. Divin. I, 33, 73. Equum *alacrem* *lætus* adspexit. Il regarda avec une joie visible ce généreux coursier. La *lætitia* s’annonce de préférence par un front déridé et par une bouche qui sourit; l’*hilaritas* par le mouvement des yeux qui brillent et rayonnent de joie; l’*alacritas*, par des regards animés, pleins de feu et de courage. Sen. Ep. 116. Quantam *serenitatem* *lætitia* dat! Quel air de sérénité donne l’expression de la joie! Tac. Agr. 39. *Fronte latus*, pectore anxius. Le front riant, le cœur troublé. Cic. Pis. 5. Te *hilarioribus* oculis quam solitus es intuente. Tu avais dans les yeux et les regards plus de gaieté que de coutume.

3. *Gaudere* et *lætari* marquent une joie modérée; *exsultare*, *gestire* et peut-être encore le verbe archaïque *vitulari*, une joie passionnée, excessive, comme jubiler ou triompher: le *gestiens* trahit la sienne par une surexcitation involontaire de tout son être, par des yeux étincelants, par l’impossibilité de se tenir tranquille; l’*exsultans*, en s’abandonnant de plein gré et sans réserve à la joie, et sinon par des sauts et des bonds, au moins par des explosions de joie que rien n’arrête et qui frisent l’extravagance.

4. *Jucundus* marque comme *juvat* me un mouvement de joie, *lætus* un état plus durable; aussi *lætus* sert-il à Pline, Ep. V, 12, à exprimer l’idée avec plus de force. Quam mihi a quocumque excoli *jucundum*, a te vero *lætissimum* est. Venant de quelqu’un d’autre, les embellissements de notre ville natale me procurent une émotion de plaisir, venant de toi un plaisir infini.

—Gazæ, v. *Divitiæ*. —Gelicidium, gelidus, gelu, v. *Frigere*. —Geminus, v. *Duplex*. —Generare, v. *Creare*. —Gena, v. *Mala*.

Gens. Natio. Populus. Civitas. 1. *Gens* et *natio*, peuple au sens physique et ethnographique, comme une société fondée sur une origine et une parenté commune qui peut exister en dehors de tout progrès dans la civilisation; *populus* et *civitas*, peuple au sens politique, comme société perfectionnée, civilisée et dotée d’une constitution. Sall. Cat. 10, 1. *Nationes* feræ et *populi* ingentes subacti. Des tribus sauvages et de grands peuples soumis par la force.

2. *Gens*, race entière qui peut contenir plusieurs peuples ou peuplades, φύλον; *natio*, tribu, peuplade, peuple issu et détaché de cette race, ἔθνος. Vell. Pat. II, 98. Omnibus ejus *gentis* *nationibus* in arma accensis. Ayant allumé le feu de la guerre chez toutes les tribus de cette race. Mais de même que *gens* dans ce sens physique d’un ensemble de peuplades est un terme plus étendu que *natio*, de même dans son sens politique et accessoire d’un groupe de familles qui se rattachent à une souche commune, γένος, c’est un terme moins étendu que *populus*; d’où vient qu’on voit tantôt le *populus* former en qualité de peuple civilisé une branche, *natio*, de la race ou *gentis* naturelle. Liv. IV, 49. Bolanis suæ *gentis* *populo*. Les Èques refusèrent leur appui aux Bolans, quoique peuple de leur race: tantôt la *gens* former en qualité de société politique une partie du *populi*. Just. VII, 1. Adunatis *gentibus* variorum *populorum*. Par la fusion des grandes familles de plusieurs peuples.

3. *Civitas*, la cité, πόλις, envisagée dans ses rapports intérieurs, la réunion des habitants qui jouissent de la plénitude des droits de cité et qui sont les vrais maîtres du pays; *populus*, le peuple, δῆμος, dans une acception plus générale, au point de vue des relations sociales tant au dedans qu’au dehors; il comprend tous ceux qui appartiennent à l’État. Un peuple peut se décider à la guerre en qualité de *civitas*, mais il ne peut la faire que comme *populus*. La *civitas* est de toute nécessité sédentaire, le *populus* peut être une population nomade.

—Gens, genus, v. *Stirps*. —Gestire, v. *Velle* et *Gaudere*. —Gilvus, v. *Luteus*. —Gerere, v. *Ferre* et *Agere*. —Gignere, v. *Creare*. —Glaber, v. *Lævis*. —Glacies, v. *Frigere*.

Gladius. Ensis. Pugio. Sica. 1. *Gladius*, terme ordinaire; *ensis*, terme noble et poétique pour désigner l’épée.

2. *Pugio*, le poignard comme arme licite et apparente du soldat outre l’épée; *sica*, comme arme déshonnête et cachée du bandit, venant en aide au poison.

Globus. Sphæra. *Globus*, terme populaire pour toute espèce de corps sphérique; *sphæra*, terme scientifique emprunté au grec pour la sphère mathématique.

—Globus, v. *Caterva*.

Gloria. Claritas. *Gloria*, la gloire qui fait parler des gens, ϰλέος; *claritas*, la gloire éclatante qui attire les regards, δόξα.

—Gloriatio, v. *Jactatio*. —Gnavitas, v. *Opera*. —Gradatim, v. *Paulatim*. —Glutus, v. *Faux*. —Gracilis, v. *Exilis*. —Gradiri, v. *Ire*.

Gradus. Gressus. Passus. 1. *Gressus*, le pas rapporté à la personne qui marche; *gradus*, le pas même. Le *gressus* a lieu par le fait et l’action de la personne, le *gradus* est une distance à franchir.

2. *Gressus* ne se dit que de la marche; *passus* se dit en outre de la station, pourvu que les pieds soient écartés comme pour marcher. *Gressus* désigne toute espèce d’allure trop courte ou trop longue, trop lente ou trop rapide pour mériter de s’appeler un pas; *passus* ne désigne qu’un pas régulier et réglé qui pourrait servir au besoin de mesure de longueur. Virg. En. I, 414410. Tendere *gressus* ad mœnia. Diriger sa marche vers les murs. Comparez avec II, 723. Julus... sequitur patrem non *passibus* æquis, Jule suit son père d’un pas inégal.

Græci. Graii. Græculi. Græcanicus. 1. *Græci*, nom ethnographique et historique des Grecs, sans idée accessoire; *Graii*, terme d’éloge pour désigner le peuple classique et héroïque de l’antiquité; *Græculi*, terme de blâme pour le peuple dégénéré sans foi ni loi du temps des écrivains romains.

2. *Græcum*, ce qui est authentiquement grec, ce qui existe en Grèce ou qui en vient; *græcanicum*, ce qui n’est grec que par imitation et plagiat.

—Grandævus, v. *Vetus*. —Grandis, v. *Magnus*. —Gratia, v. *Studium*.

Gratias agere, Habere, Referre. Grates. Gratari. Gratulari. 1. *Gratiam* ou *gratias habere*, savoir gré du fond du cœur, χάριν εἰδέναι; *gratias agere*, remercier en paroles, εὐχαριστεῖν; enfin, *gratiam referre*, prouver sa reconnaissance par des actes, χάριν φέρειν, ἀντιχαρίζεσθαι. Cic. Магс. 11, 33. Maximas tibi omnes *gratias agimus*, majores etiam *habemus*. Nous t’offrons tous les plus vives actions de grâces, et notre reconnaissance va encore au delà. Off. II, 20. Inops etiamsi *referre* gratiam non potest, *habere* tamen potest. L’indigence, impuissante à payer de retour, peut néanmoins être reconnaissante.

2. *Gratias agere* est la formule du langage ordinaire; *grates agere*, celle du style noble et choisi. Cic. Somn. *Grates* tibi ago, summe sol, vobisque, reliqui cœlites. Souverain soleil, dieux du ciel, ma voix vous rend grâces.

3. De même *gratulari* désigne des remercîments faits par occasion, sans accompagnement de sacrifice et des félicitations familières; *gratari*, des prières de remercîment ou des félicitations solennelles. Liv. VII, 3. Jovis templum *gratantes* ovantesque adire. Porter en triomphe au temple de Jupiter des remercîments solennels. Comparez avec Ter. Heaut. V, 1, 6. Desine deos *gratulando* obtundere. Cesse d’assourdir les dieux de tes remercîments.

Gratus. Jucundus. Acceptus. Gratiosus. 1. *Gratum*, ce qui nous agrée, parce que nous y attachons du prix, ce qui nous paraît précieux, intéressant, ce qui vaut des remercîments; *jucundum*, ce qui nous agrée, parce que nous y prenons du plaisir. *Gratus* peut se dire d’une nouvelle fâcheuse qui nous met à même de prendre nos mesures en temps utile; la nouvelle n’en sera pas moins *injucunda*. Cic. Att. III, 24. Ista veritas etiamsi *jucunda* non est, mihi tamen *grata* est. Quoique cette vérité ne me fasse point plaisir, elle ne laisse pas de m’être précieuse. Famm. V, 18. Cujus officia *jucundiora* scilicet sæpe mihi fuerunt, nunquam *gratiora*. Ses bons offices m’ont souvent paru plus agréables, ils ne m’ont jamais été plus chers.

2. *Gratus* s’entend d’un sentiment; il s’agit de ce qu’on souhaite; *acceptus*, de l’expression de ce sentiment, lorsqu’on avoue que les choses viennent à propos.

3. Le *gratus alicui* ne rencontre point de défaveur, on l’aime; le *gratiosus apud aliquem* est l’objet d’une faveur marquée et d’un attachement passionné, c’est le favori.

—Gravitas, v. *Moles* et *Severitas*.

Gremium. Sinus. *Gremium*, le giron, entre la ceinture et les genoux d’une personne assise, et au figuré le symbole de la sollicitude maternelle; *sinus*, le sein, et au figuré le symbole de l’obscurité qui abrite et protége. Cic. Pis. 37. Ætolia procul a barbaris disjuncta gentibus in *sinu pacis* posita medio fere Græciæ *gremio* continetur. Séparée des races barbares par son éloignement, située au sein de la paix, l’Étolie ne s’étend pas hors du giron de la Grèce.

—Gressus, v. *Gradus*. —Grumus, v. *Collis*. —Grex, v. *Caterva* et *Pecus*. —Gula, v. *Faux*. —Gurgulio, v. *Faux*. —Gurges, v. *Vorago*. —Gustus, gustare, v. *Sapor*.

Gutta. Stilla. Stiria. *Gutta*, goutte naturelle; *stilla*, goutte mesurée artificiellement. C’est d’ailleurs l’idée de petitesse qui domine dans *gutta*, d’où *guttatim*, goutte à goutte; dans *stilla*, c’est l’idée d’humidité, d’où *stillatim*, en dégouttant. *Stilla*, goutte liquide; *stiria*, goutte gelée.

—Guttur, v. *Faux*. —Gyrus, v. *Orbis*.

H

—Habena, v. *Frenum*. —Habitare, v. *Incolere*. —Hactenus, v. *Adhuc*. —Habere, v. *Tenere*. —Habitus, v. *Vestis*. —Hædus, v. *Caper*.

Hærere. Pendere. *Hærere*, rester empêché sans qu’on puisse se détacher ou avancer; *pendere*, être suspendu et ne pouvoir tomber à terre. Cic. Acadd. II, 39. Ut videamus terra penitusne defixa sit et radicibus suis *hæreat*, an *media* pendeat. Pour voir si la terre est fixée par sa base et retenue par ses racines ou suspendue dans l’espace.

—Hæsitare, v. *Cunctari*. —Hamus, v. *Uncus*.

Hariolari. Vaticinari. *Hariolari*, prédire, avec une idée accessoire de charlatanisme, χρησμολογεῖν; *vaticinari*, avec une idée accessoire d’inspiration, prophétiser, μαντεύεσθαι. Dans ce passage de Cicéron, Divin. I, 2. *Hariolorum* et *vatum* furibundæ prædictiones; *harioli*, ce sont ceux qui passent d’avance aux yeux du public pour des charlatans de profession; *vates*, ceux que Cicéron, du haut de sa philosophie, regarde comme autant d’autres charlatans.

—Hasta, v. *Missile*. —Helluo, v. *Prodigus*. —Heros, v. *Numen*. —Hircus, v. *Caper*. —Hirsutus, hirtus, hispidus, v. *Horridus*. —Historiæ, v. *Annales*. —Hœdus, v. *Caper*. —Haud scio an, v. *Casu*. —Helvus, v. *Luteus*. —Hilaris, v. *Gaudere*. —Histrio, v. *Actor*.

Homicida. Interfector. Peremptor. Interemptor. Percussor. Sicarius. Carnifex. 1. *Homicida*, meurtrier, en général, coupable du crime de meurtre, ἀνδροφόνος; *interfector*, *peremptor* et *interemptor*, celui qui porte le coup mortel à une personne donnée, que cette action soit un crime ou non, φονεύς; *percussor* et *sicarius*, instruments d’autrui et simples exécuteurs d’une volonté étrangère: le *percussor* exécute une condamnation officielle; le sicaire ou *sicarius* loue et prête son bras pour un assassinat. Cic. Rosc. Am. 33, 93. Erat tum multitudo *sicariorum*... et homines impune occidebantur... Si eos putas... quos qui leviore nomine appellant, *percussores* vocant, quæro in cujus fide sint et tutela. Il y avait alors de nombreux sicaires et on tuait avec impunité. Si vous entendez parler des assassins que les gens qui leur veulent donner le nom le plus léger appellent exécuteurs, cherchez quel est leur protecteur et leur appui.

2. Le *percussor* est aux ordres de la puissance politique; il frappe des citoyens, des proscrits; le *carnifex*, aux ordres de la justice; il sévit contre des coupables.

Homo. Mas. Vir. Homunculus. Homuncio. Homullus. 1. *Homo*, l’être humain, homme ou femme, par opposition à *deus* et *bellua*, ἄνθρωπος; *mas* et *vir*, l’homme seul: *mas*, au sens physique, par opposition à *femina*, comme ἄρσην; *vir*, au sens moral, par opposition à *mulier*, comme ἀνήρ. Sen. Polyb. 36. Non sentire mala sua non est *hominis*, at non ferre non est *viri*. Il faut n’avoir rien d’humain pour ne pas sentir ses maux, rien de viril pour ne pas les supporter.

2. *Homunculus* sert à marquer la faiblesse et l’impuissance de l’homme comme étant le lot de l’espèce entière, du genre humain, par opposition à la toute-puissance de la Divinité, à la grandeur de la nature et de l’univers; *homuncio* et *homullus* désignent l’homme faible et sans conséquence en sa qualité d’individu, par opposition à d’autres hommes: *homuncio*, avec un sentiment de compassion; *homullus*, avec un sentiment de mépris.

—Honestus, v. *Virtus* et *Bonus*.

Honorare. Honestare. *Honorare*, honorer quelqu’un par une distinction qu’on lui accorde en passant, lui faire honneur; *honestare*, couvrir quelqu’un d’honneur en attachant à sa personne un éclat durable.

Hornus. Hornotinus. *Hornus*, terme poétique; *hornotinus*, forme prosaïque du même mot pour désigner ce qui a lieu pendant l’année.

Horridus. Hirtus. Hirsutus. Hispidus. Asper. *Horridus*, terme général pour tout ce qui est grossier et rude par défaut de culture; *hirtus* et *hirsutus* ont un rapport particulier à la rudesse du poil ou autre couverture, par opposition à moelleux; *hispidus* et *asper* se rapportent à de fortes inégalités de surface, par opposition à lisse: *hispidus* marque que ces aspérités nuisent à la beauté; c’est une question de coup d’œil; *asper*, qu’elles blessent; c’est une question de toucher. Vell. P. II, 4, caractérise d’abord par l’emploi d’*hirtus*, l’extérieur négligé de Marius, puis la rudesse de sa nature par l’emploi d’*horridus*.

—Horror, v. *Vereri*.

Hortari. Monere. L’exhortation, *hortatio*, s’adresse directement à la volonté pour l’obliger à prendre un parti, tandis que l’avertissement, *monitio*, s’adresse à la conscience et au jugement. L’*hortatio* a pour but l’action même; la *monitio*, une représentation qui sert de voie pour conduire à l’action. Sall. Jug. 60. *Monere* alii, alii *hortari*. Ils avertissaient, exhortaient. Cat. 60[1]. Sed ego vos quo pauca *monerem*, convocavi. Je vous ai réunis pour vous donner quelques avertissements. Sen. Ep. 13. Nimium diu te *cohortor* quum tibi admonitione magis quam *exhortatione* opus sit. Je perds mon temps à vous exhorter; vous avez plus besoin d’avis que de conseils. Cic. Fam. X, 40. Si aut aliter sentirem, certe admonitio tua me reprimere, aut si dubitarem, hortatio impellere posset. Si j’étais d’un autre sentiment, un avis de vous m’arrêterait; si j’hésitais, un conseil de vous m’entraînerait.

—1 Chap. LVIII, dans la collection Lemaire et la collection Panckoucke.

Hospes. Adventor. *Hospes*, celui qui va loger chez un ami; *adventor*, chez un aubergiste. Sen. Benef. I, 14. Nemo se stabularii aut *cauponis hospitem* judicat. Personne ne se croit en relation d’hospitalité avec un logeur ou un aubergiste.

—Hospes, v. *Exterus*. —Hospitium, v. *Deversorium*. —Hosticus, hostis, v. *Adversarius*. —Hucusque, v. *Adhuc*.

Humanitas. Comitas. Facilitas. Civilitas. *Humanitas*, vertu qui tient à l’éducation, qui part de l’intelligence pour ennoblir l’homme entier, esprit et cœur, qui change son être en douceur et en philanthropie, par opposition à *feritas*; *comitas*, vertu morale, comme l’affabilité, qui traite le premier venu en homme sans s’arrêter au rang; *facilitas*, vertu de société, comme l’obligeance indulgente et prévenante, qui rend aisé et agréable le commerce de la vie; *civilitas*, vertu politique, comme l’humeur républicaine d’un prince qui ne fait point sentir la différence relative du maître au peuple et qui traite ses sujets en concitoyens. Nep. Milt. 8. In Miltiade erat quum summa *humanitas*, tum mira *comitas*, ut nemo tam humilis esset cui non ad eum aditus pateret. Miltiade joignait à une humanité exquise une affabilité étonnante; les plus humbles avaient un libre accès auprès de lui.

Humanitus. Humane. Humaniter. *Humanitus* fait allusion aux rapports extérieurs de l’homme avec les dieux ou la nature, et particulièrement à sa faiblesse et à sa fragilité, comme ἀνθρωπείως et ἀνθρωπίνως; *humane* et *humaniter* s’entendent de l’homme pris en lui-même, des facultés et de la vocation qui en font un être perfectible, et alors *humane facere* est l’expression du développement moral, de la noblesse dans les sentiments, comme φιλανθρώπως; *humaniter facere*, celle du progrès dans l’usage du monde, de la politesse, de l’aménité, comme ἐπιειϰῶς. Cic. Phil. I, 4. Si quid mihi *humanitus* accidisset. S’il m’arrivait un de ces accidents auxquels la pauvre humanité est sujette. Comparez avec Tusc. II, 27, 65. Græci morbos tolerantes et *humane* ferunt. Contre des maladies à supporter les Grecs sont forts, ils sont hommes, et Qu. Fr. II, 1. Fecit *humaniter* Licinius, quod ad me misso senatu vesperi venit. C’est un aimable homme que Licinius; il est venu chez moi le soir après la clôture du sénat.

—Humare, v. *Sepelire*. —Humidus, v. *Udus*. —Humerus, v. *Armus*. —Humus, v. *Tellus*.

I-J

—Jacere, v. *Cubare*.

Jactatio. Gloriatio. Ostentatio. Venditatio. *Jactatio* et *gloriatio*, défauts qui ont leur origine dans la vanité et la suffisance: *jactatio*, défaut du fat qui se donne de grands airs, qui fait étalage de ses avantages et de ses mérites, qui les fait ressortir par ses paroles et ses gestes, avec une idée accessoire d’étourderie; *gloriatio*, défaut du fanfaron qui publie hautement ses avantages ou ses mérites, avec une idée accessoire d’impertinence. L’*ostentatio* et la *venditatio* ont leur origine dans un calcul habile de l’effet qu’on peut tirer d’une fausseté: l’ostentation, *ostentatio*, cherche à déguiser sous des apparences brillantes une pauvreté réelle; la représentation, *venditatio*, veut paraître en faisant valoir outre mesure certains avantages.

—Jactura, v. *Mittere* et *Damnum*. —Jaculum, v. Missile. —Janua, v. *Ostium*. —Icere, v. *Verberare*.

Idoneus. Aptus. *Idoneus*, qui a ce qu’il faut pour être employé à quelque chose, *aptus*, pour le faire, F. A. Wolf. En d’autres termes, l’*idoneus* est propre à un emploi par des qualités quelconques et par le concours des circonstances, ἐπιτήδειος; l’*aptus*, par sa valeur personnelle, par sa capacité, ἱϰανός. L’*idoneus* est inactif par lui-même; on se sert de lui pour atteindre un but, parce qu’il est un instrument commode; l’*aptus* entre de lui- même dans une affaire, parce qu’il a les dispositions nécessaires pour réussir.

—Ignarus, v. *Cognitio*.

Ignavia. Inertia. Segnitia. Desidia. Socordia. Pigritia. 1. *Ignavia*, opposé à *industria*, l’amour du désœuvrement considéré comme une dérogation à la loi du devoir, en ce sens qu’on n’est homme, qu’on ne se distingue du vulgaire, qu’on ne vaut par soi-même que si on est doué du goût de l’action; *inertia*, le même amour envisagé comme une infraction à la loi du travail, en ce sens que l’homme ne devient un membre utile, plus ou moins estimable de la société, que par son activité pratique. L’oisiveté, *ignavia*, est entée sur le naturel; l’action lui répugne; la fainéantise, *inertia*, est affaire d’habitude et de caractère; elle ne se soucie point de travailler. Un méchant esclave est un fainéant, *iners*; un noble qui vit sans rien faire est un oisif, *ignavus*.

2. *Segnitia*, *desidia*, *socordia* et *pigritia*, défauts divers d’un tempérament trop tranquille. La nonchalance, *segnitia*, attend qu’on l’excite, qu’on la contraigne, qu’on la prenne corps à corps avant de renoncer au repos; elle a pour opposé *promptus*. L’indifférence, *desidia*, se croise les bras et attend que les choses se fassent d’elles-mêmes. L’apathie, *socordia*, est incapable de prendre à quoi que ce soit un vif intérêt et néglige ses devoirs faute d’y songer. La paresse, *pigritia*, a une horreur naturelle de toute espèce de mouvement et n’est heureuse que dans les bras du repos.

—Ignavia, v. *Vereri*.

Ignominia. Infamia. Dedecus. Probrum. Opprobrium. 1. L’*ignominia* ôte l’honneur légal dont la perte ne dépend point des propos du public, mais d’une juste réprimande infligée par un magistrat, un censeur, par exemple, ἀτιμία; l’*infamia* ôte l’honneur moral, la bonne réputation; elle tient au mépris public, elle est la suite d’une conduite honteuse et déshonorante, δυσφημία.

2. *Ignominia* et *infamia* sont des termes abstraits qui marquent l’état d’une personne déshonorée; *dedecus* et *probrum*, des termes concrets qui marquent la cause de cet état, l’acte déshonorant. Le *dedecus* s’écarte des façons d’un homme d’honneur, de la noblesse qu’on s’attendait à retrouver dans toutes ses actions; le *probrum* entache la moralité d’un homme qu’on croyait du moins capable de se conduire honnêtement. La bassesse expose au *dedecus* dans les fonctions publiques; l’inconduite, au *probrum* dans les relations privées.

3. *Probrum*, reproche qu’on serait en droit de nous adresser; *opprobrium*, reproche formulé. *Probrum* appelle l’attention sur la honte qui a été encourue; *opprobrium*, sur le blâme qui s’exprime hautement.

Ignoscere. Veniam dare. *Ignoscere* est un acte moral: c’est pardonner de tout cœur, remettre et oublier, par opposition à garder rancune, comme συγγιγνώσϰειν; *veniam dare* est un acte politique; c’est substituer la clémence à la justice, par opposition à châtier, comme μεθιέναι. L’ami, l’égal pardonne, *ignoscit*; le supérieur, le puissant fait grâce, *veniam dat*. Cic. Man. 3. Illis imperatoribus laus est tribuenda quod egerunt; *venia danda* quod reliquerunt. Il faut louer ces généraux de ce qu’ils ont fait; il faut leur faire grâce pour ce qu’ils ont laissé inachevé. Comparez avec Att. XVI, 16. *Ignosce* mihi quod eadem de re sæpius scribam. Pardonne-moi de revenir si souvent sur le même sujet.

—Ilia, v. *Caro*. —Illico, v. *Repente*. —Illustris, v. *Celeber* et *Luculentus*.

Imago. Simulacrum. Statua. Signum. 1. *Imago* et *simulacrum*, termes généraux, représentation d’un objet par la première œuvre venue de sculpture ou de peinture: l’*imago* se rattache à l’original, comme la copie au modèle, par une ressemblance frappante, εἰϰών; le *simulacrum* s’oppose à l’original, à l’être véritable, c’est une imitation qui fait illusion, εἴδωλον. *Statua*, *signum* et *effigies* sont exclusivement des ouvrages de sculpture; *tabula* et *pictura*, exclusivement des tableaux.

2. *Simulacrum* et *statua* s’entendent de la reproduction complète d’une forme donnée, comme les statues en pied de la sculpture; *effigies* et *imago* marquent par préférence la reproduction des parties caractéristiques, nommément des traits du visage; *effigies*, dans la sculpture; ce sont des bustes; *imago*, dans la peinture; ce sont des têtes. Tac. Ann. I, 74. Alia in *statua* amputato capite Augusti *effigiem* Tiberii inditam. Il avait coupé la tête à une autre statue qui représentait Auguste et remplacé cette tête par un buste de Tibère. XIV, 61. *Effigies* Poppææ proruunt, Octaviæ *imagines* gestant humeris. Le peuple renverse les bustes de Poppée et promène sur ses épaules les portraits d’Octavie. H. II, 3. *Simulacrum* deæ non *effigie* humana. La déesse est représentée avec des traits qui s’écartent de la nature humaine. Cic. Tusc. III, 2, 3. Optimus quisque consectatur nullam eminentem *effigiem* (virtutis) sed adumbratam *imaginem* gloriæ. Ce n’est point la vertu avec ses traits frappants et sculptés, c’est un portrait indécis de la gloire qui entraîne à sa suite les meilleurs d’entre nous.

3. *Signum*, toute espèce de sculpture, par opposition à *tabulæ* et *picturæ*; *simulacrum*, statue sacrée, celle d’un dieu, ἄγαλμα; *statua*, statue profane, celle d’un homme, ἀνδριάς. Cic. Cat. III, 8. *Simulacra deorum* immortalium depulsa sunt et statuæ veterum hominum dejectæ. Les statues sacrées des dieux immortels furent expulsées, les statues profanes des anciens héros abattues. Verr. I, 22. Legati *deorum simulacra* venerabantur, itemque *cætera signa* et ornamenta lacrimantes intuebantur. Les députés adoraient les statues sacrées des dieux, et la vue des autres œuvres de sculpture et de décoration leur arrachait des larmes.

—Imbecillis, imbecillitas, v. *Validus*. —Imber, v. *Pluvia*. —Infirmus, infirmitas, v. *Validus*.

Imitatio. Æmulatio. Certatio. Rivalitas. Simulatio. 1. *Imitari* marque simplement, sans idée morale accessoire, un effort pour produire quelque chose qui ressemble à un objet donné; *æmulari* marque, outre l’effort d’imitation, le désir d’égaler ou de surpasser celui qu’on imite en considération, en honneur, en succès. L’*imitatio* n’a en vue que l’objet donné; c’est une tendance généralement modérée et louable; l’*æmulatio* n’a d’yeux que pour la personne ornée de la qualité qui vaut la peine d’être imitée; elle se montre toujours sous les traits d’une passion plus ou moins vive, louable ou blâmable, suivant qu’elle tire son origine d’un amour honnête ou d’un amour désordonné des honneurs. Plin. Ep. VII, 30. Demosthenis orationem habui in manibus non ut *æmularer* (improbum enim ac pæne furiosum), at tamen *imitarer* ac *sequerer* tantum. J’ai étudié ce discours de Démosthène. Je n’ai point la prétention téméraire et presque folle d’être son émule, mais je veux être du moins son imitateur et son élève.

2. L’*æmulus* est au-dessous de son adversaire, il vise à l’atteindre et à l’égaler un jour; le *certator* et le *concertator* lui sont égaux, ils visent à le battre et à le vaincre.

3. L’*æmulatio* dispute une supériorité quelconque; la *rivalitas* soutient une lutte pour emporter la première place dans le cœur d’une personne. Cic. Tusc. IV, 26, 56. Illa vitiosa *æmulatione* quæ *rivalitati* similis est, æmulari quid habet utilitatis? A quoi bon poursuivre une personne de cette émulation fâcheuse qui ressemble à de la jalousie?

4. L’*imitatio* est un effort pour devenir ce qu’on n’est pas encore, mais ce qu’on deviendrait volontiers et ce qu’on peut devenir en effet; la *simulatio*, un effort pour paraître ou devenir ce qu’on n’est point, ne peut ni ne doit être, parce que la nature s’y oppose. L’*imitatio* est le chemin qui conduit à un idéal réel ou imaginaire; la *simulatio* reste toujours un plagiat.

—Immanis, v. *Magnus*. —Impensa, v. *Sumptus*. —Impar, v. *Æquus*. —Imperare, v. *Jubere*.

Impertire. Tribuere. Participare. Communicare. *Impertire* et *tribuere* signifient partager, distribuer, sans donner à entendre que le donateur réserve une part pour lui: *impertire* présente ce partage comme un acte libre, volontaire, de pure bonté; *tribuere*, comme un acte de justice et de prudence. *Participare* et *communicare*, admettre les autres à un partage dont on profite soi-même: *participare*, faire participer, se rapporte généralement à la personne qui reçoit, qui est appelée à prendre part, *communicare*, mettre en commun, à la chose dont on fait part et à l’usage de laquelle cette personne doit participer.

—Impietas, v. *Delictum*. —Impius, v. *Scelestus*. —Imponere, v. *Fallere*.

Imus. Infimus. *Imum*, la partie la plus basse dans un tout indivisible; *infimum*, la base ou le dessous dans un tout divisible. L’*imum* est en bas; l’*infimum*, en dessous. Cic. Rosc. com. 7. Ab *imis* unguibus usque ad summum verticem. De la plante des pieds au sommet de la tête. Comparez avec Divin. I, 33. Ut ab *infima* ara subito anguis emergeret. Un serpent sortit tout à coup de dessous l’autel. Et avec N. D. II, 20. Luna *infima* est quinque errantium. Des cinq planètes, c’est la lune qui est en dessous. *Imus* n’exprime d’ailleurs qu’un rapport de lieu; *infimus* contient une idée accessoire, celle du dernier rang.

—Inambulare, v. *Ambulare*.

Inanis. Vacuus. *Inanis*, ce qui est vide au lieu d’être rempli, ce qui ne contient rien, par opposition à *plenus*; *vacuus*, ce qui est vacant et peut encore se remplir, ce qui n’a point de maître, par opposition à *occupatus* ou à *obsessus*. Tac. Ann. VI, 34. Jason post avectam Medeam genitosque ex ea liberos *inanem* mox regiam *vacuos*que Colchos repetivit, c’est-à-dire le palais désert, mort, et le peuple sans maître. Au figuré: *inane*, c’est ce qui n’existe point, *vacuum* ce qui est libre.

—Incassum, v. *Frustra*. —Incedere, v. *Ire*. —Incestus, v. *Inficetus*. —Incastus. v. Inficetus, —Incendere, v. *Accendere*. —Inchoare, v. *Incipere*.

Incipere. Ordiri. Inchoare. Coepisse. 1. *Incipere*, marque le commencement par opposition à l’inaction qui précède et qui suit, c’est-à-dire, à *cessare* et à *desinere*, *desistere*, *finire*; *ordiri*, par opposition à la continuation de l’action, c’est-à-dire à *continuare*, et à son correspondant intransitif *pergere*; enfin, *inchoare*, *incohare*, par opposition à l’achèvement ou à l’accomplissement de l’action, c’est-à-dire à *perficere*, *consummare*, *peragere*, *absolvere*, etc. Cic. Off. I, 37. Ut incipiendi ratio fuerit, ita sit desinendi modus. Sachez entrer en matière, sachez aussi vous arrêter. Varron. R. R. III, 16. Apes cum *evolaturæ* sunt, aut etiam *inceperunt*, consonant vehementer. Lorsque les abeilles vont s’envoler ou qu’elles viennent de partir, elles font entendre un fort bourdonnement. Cic. Finn. IV, 6. Hoc *inchoati* cujusdam officii est, non *perfecti*. Ceci n’est encore qu’une ébauche et non point une œuvre achevée. Cic. Fr. ap. Non. *Perge*, quæso, nec enim imperite *exorsus* es. Continuez, je vous prie, votre début n’est point maladroit.

2. *Cœpi* a le même opposé qu’*incipere*. Sen. Cons. Polyb. 20. Quicquid *cœpit* et *desinit*; mais *cœpi* appelle plus fortement l’attention sur l’action qui commence, et *incepi* sur le commencement que prend l’action. *Cœpi* est une sorte de verbe auxiliaire, *incepi* est emphatique; *cœpi* se rapporte d’habitude à un infinitif et *incipere* à un substantif. Cic. Verr. V, 10. Quum *ver esse cœperat* (sed quum rosam viderat, tum ver *incipere* arbitrabatur), dabat se labori. Quand le printemps revenait, mais le printemps ne datait pour lui que des roses, il affrontait la fatigue.

Incitare. Instigare. Irritare. Instinctus. 1. *Incitare*, synonyme d’*hortari*, porter un paresseux par de bonnes paroles, par des encouragements, des apostrophes à une action presque toujours louable; *instigare*, synonyme de *stimulare*, pousser bon gré, mal gré une personne à une action hardie par des moyens énergiques comparables à des coups d’aiguillon, par reproches, promesses, menaces; *irritare*, synonyme d’*exacerbare*, exciter à un acte de violence un personnage paisible en remuant ses passions, son ambition, ses désirs de vengeance. Ter. Andr. IV, 2, 9. Age si hic non insanit satis sua sponte, *instiga*. Va, s’il ne s’emporte pas assez tout seul, pousse à la roue. Lucr. IV, 1075. Et *stimuli* subsunt qui *instigant* lædere id ipsum. Et des aiguillons secrets les poussent à blesser ce qu’ils aiment.

2. *Instigatus*, aiguillonné par une cause extérieure et profane, par des paroles, des ordres; *instinctus*, poussé par une cause intérieure d’un ordre élevé, inspiration, amour, voix de Dieu.

—Inclytus, v. *Celeber*.

Incolere. Habitare. Incola. Inquilinus. Colonus. 1. *Incolere* est transitif comme habiter; *habitare*, neutre comme demeurer. En outre, *incolere* rappelle l’idée du pays auquel on appartient en qualité de citoyen ou de sujet; *habitare*, celle de la maison où l’on est établi à demeure en qualité de propriétaire ou de locataire.

2. *Incola*, au sens restreint, le sujet par opposition au citoyen, μέτοιϰος; *inquilinus*, le locataire par opposition au propriétaire de la maison ou *dominus*, σύνοιϰος; *colonus*, le fermier par opposition au propriétaire foncier, à peu près comme θής.

—Incolumis, v. *Salvus*. —Incurvus, v. *Curvus*. —Indagare, v. *Quærere*. —Indignari, v. *Succensere*. —Indulgere, v. *Concedere*. —Incuriosus, v. *Tutus*. —Incusare, v. *Arguere*. —Indigere, v. *Carere*. —Indoles, v. *Ingenium*. —Industria, v. *Opera*. —Inedia, v. *Fames*. —Inertia, v. *Ignavia*. —Infamia, v. *Ignominia*. —Infans, v. *Puer*. —Infensus, infestus, v. *Adversarius*.

Inficetus. Infacetus. Incestus. Incastus. 1. *Inficetus* exprime un blâme positif et se dit d’un homme lourd et sans goût; *infacetus* n’exprime qu’un blâme négatif, c’est un homme qui n’a point d’esprit à revendre.

2. Et de même *incestus* celui qui a souillé son propre sang; *incestus*, celui qui n’est point chaste.

—Infidelis, infidus, v. *Fidus*. —Infitiari, infitias ire, v. *Negare*. —Infimus, v. *Imus*. —Inflammare, v. *Accendere*.

Infortunium. Calamitas. Infelicitas. Miseria. *Infortunium* et *calamitas* désignent un accident isolé: *infortunium* un accident fâcheux, un petit malheur, par exemple la perte d’une bourse, des coups qu’on a reçus; *calamitas* un accident tragique comme la perte d’une personne qu’on aime, de la fortune. *Infelicitas* et *miseria* expriment une position malheureuse et durable: *infelicitas* comme une simple privation de bonheur; *miseria* comme une misère réelle et accablante.

Ingenium. Natura. Indoles. *Ingenium* et *natura*, le naturel considéré comme la base inébranlable de l’individualité humaine et comme rebelle à toute altération: *ingenium* se rapporte de préférence aux dons de l’esprit, *natura* à ceux du cœur. *Indoles*, le naturel considéré comme le germe de l’individualité et comme susceptible de culture.

—Ingluvies, v. *Faux*. —Ingruere, v. *Irruere*. —Inimicus, v. *Adversarius*. —Ingredi, v. *Inire* et *Ire*. —Inimicitia, v. *Odium*.

Inire. Intrare. Introire. Ingredi. 1. *Inire* ne s’emploie guère qu’au figuré, c’est se mettre à quelque chose, par exemple, *inire pugnam*, *numerum*, engager le combat, chercher un nombre; *intrare*, *introire*, *ingredi* expriment l’action d’entrer au sens propre; mais *intrare* est d’ordinaire transitif, il a l’accent sur sa racine verbale, *introire* est neutre, il a l’accent sur sa racine adverbiale. Dans *intrare curiam* on songe surtout au seuil qu’on franchit, dans *introire*, aux quatre murs entre lesquels on va s’enfermer.

2. *Intrare* et *introire* supposent un espace fermé à dessein par des murailles, des barrières, des bornes; *ingredi* ne suppose qu’un espace étranglé, une route, *viam*, un pont, *pontem*.

Initium. Principium. Primordium. 1. *Initium*, commencement au sens abstrait, comme simple point de départ, par opposition à *exitus*; *principium*, au sens concret, comme la partie qui se présente avant les autres lorsqu’il s’agit de choses, qui précède lorsqu’il s’agit d’actions, par opposition à *extremum*. *Initium* n’est qu’un commencement dans le temps, *principium* est en outre une base posée dans l’espace. L’*initium* disparaît dans ce qui suit, le *principium* sert de fondement aux progrès ultérieurs. Les *initia philosophiæ* sont les rudiments au-dessus desquels le disciple s’élève dans le cours de ses études, les *principia* sont les principes auxquels il faut toujours revenir. *Initio* signifie ordinairement d’abord comme ceci et ensuite autrement; *principio*, dès l’abord et toujours de même.

2. *Primordium* est un augmentatif emphatique de *principium*, et suppose un vaste système dont l’origine est assez reculée pour qu’on puisse distinguer entre un commencement apparent et un commencement réel, primordial, élémentaire.

—Injuria, v. *Contumelia*. —Innocentia, v. *Virtus*.

Innumerus. Innumerabilis. *Innumerus*, terme poétique et choisi, comme sans nombre, ἀνήριθμος; *innumerabilis*, terme prosaïque et usuel, comme innombrable, ἀναρίθμητος.

—Inopia, v. *Paupertas*. —Inquilinus, v. *Incolere*. —Insanus, v. *Amens*. —Inscius, v. *Cognitio*. —Insimulare, v. *Arguere*. —Insomnis, v. *Vigil*. —Instigare, v. *Incitare*. —Inquam, v. *Dicere*. —Inquinare, v. *Contaminare*. —Inscendere, v. *Scandere*. —Insignis, v. *Eminens*. —Insolentia, v. *Superbia*. —Insomnium, v. *Somnus*.

Instituere. Instaurare. Restituere. Restaurare. *Instituere*, prendre un arrangement profane; *instaurare*, organiser une cérémonie sainte, vénérable ou du moins une entreprise importante, par exemple un sacrifice, des jeux sacrés ou des fêtes, la guerre ou une bataille. *Instituere* est un terme usuel, *instaurare* un terme pompeux et choisi. Même différence entre *restituere* et *restaurare*.

—Instituere, v. *Erudire*. —Insuper, v. *Præterea*. —Integrare, v. *Iterum*. —Instructus, v. *Præditus*. —Integer, v. *Salvus*.

Intelligere. Sentire. Cognoscere. *Intelligere* se dit des notions rationnelles dues à la réflexion qui combine des idées; *sentire*, des notions naturelles qui s’acquièrent par voie de sentiment, par des perceptions ou des impressions instantanées des sens ou de l’esprit; enfin, *cognoscere*, des notions historiques fondées sur le témoignage des sens et de la tradition, Sen. Ir. III, 13. Quidni gauderet, quod iram suam multi *intelligerent*, nemo *sentiret*? Je conçois que Socrate ait ressenti un mouvement de joie quand sa colère que tous ses familiers discernaient ne frappait les yeux de personne. Cic. N. D. III, 24. Quare autem in his vis deorum insit tum *intelligam* quum *cognovero*. Quant à leur divinité, je la comprendrai quand j’aurai appris à la connaître.

Intercapedo. Interruptio. Interpellatio. Interlocutio. *Intercapedo* et *interruptio*, interruption d’une action, d’une affaire: l’*intercapedo* est polie, souvent même bienveillante; l’*interruptio* est violente, elle trouble. *Interpellatio* et *interlocutio*, interruption d’un discours par un autre discours qui vient à la traverse: l’*interpellator* n’a d’autre but que d’empêcher l’orateur de continuer; l’*interlocutor* veut se faire entendre lui-même au beau milieu du discours d’un autre.

—Interdicere, v. *Vetare*. —Interdum, v. *Nonnunquam*. —Interdiu, v. *Dies*.

Interea. Interim. *Interea* se rapporte à une action durable qui tombe dans une période, comme cependant; *interim* à une action momentanée, comme là-dessus. Il y a entre eux la même corrélation qu’entre un temps passé et l’aoriste, entre un instant et une période. Cic. Quint. 6. Hæc dum Romæ geruntur... Quintius *interea* de agro detruditur. Voilà ce qui se passait à Rome; cependant Quintius est évincé de son champ: c’est-à-dire que la chose se fait peu à peu. Comparez avec Famm. X, 12. *Interim* ad me venit Manutius noster. Là-dessus je vois venir chez moi notre cher Manutius. Tac. Ann. XI, 32. Non rumor *interea* sed undique nuntii incedunt... Atque *interim* Ostiensem viam intrat. Cependant ce ne sont plus des bruits, ce sont des messagers qui arrivent de tous les côtés... Et là-dessus elle prend la route d’Ostie.

—Interemptor, v. *Homicida*. —Interfector, v. *Homicida*. —Interesse, v. *Adesse*.

Interficere. Perimere. Interimere. Negare. Occidere. Jugulare. Obtruncare. Trucidare. Percutere. 1. *Interficere* et *perimere*, termes généraux, mettre à mort, faire mourir, tuer pour quelque motif et par quelque moyen que ce soit, faim, poison, corde, fer, supplice, ϰτείνειν: mais *interficere* est un terme ordinaire, *perimere* un terme archaïque, choisi, poétique. *Interimere* suppose accessoirement que la chose passe inaperçue, comme se défaire de quelqu’un, ἀναιρεῖν; *necare* implique une idée d’injustice ou du moins de cruauté, comme assassiner, φονεύειν. Cic. Tusc. V, 20. Dionysius alterum jussit *interfici*, quia viam demonstravisset *interimendi* sui. Denys le fit mettre à mort pour avoir montré comment on pouvait se défaire de lui. Fr. Arat. 11. Quem neque tempestas *perimet*, nec longa vetustas *interimet*. Il ne périra point sous l’effort d’une saison, il ne succombera point à la lente action des siècles. Curt. IX, 7, 8. Boxum *protinus* placuit *interfici*; Biconem etiam per cruciatus *necari*. Il voulut qu’on mit sur-le-champ Boxus à mort, mais qu’on fît périr Bicon dans les tourments.

2. *Occidere*, *jugulare*, *trucidare*, *obtruncare*, *percutere*, expriment une mort sanglante: *occidere*, porter par terre, c’est le fait du soldat dans un combat franc et loyal; *jugulare*, couper la gorge ou le cou, ou plutôt tuer d’un coup savant sous la clavicule, c’est le fait du bandit qui veut imiter le gladiateur, σφάξαι; *obtruncare*, tailler en pièces, massacrer, couper en morceaux comme un meurtrier maladroit; *trucidare*, tuer à loisir comme un boucher, en homme avide de sang qui met à mort sans rencontrer de résistance et triomphe d’une victime sans défense; *percutere*, exécuter, simple action mécanique, office du bourreau ou de tout autre exécuteur d’une condamnation ou d’un ordre. Senec. Contr. III, 21. Nec dominum *occidit*, nec domino *venenum* dedit. Il n’a ni poignardé ni empoisonné son maître. Hor. Ep. 1, 2, 32. Ut *jugulent* homines surgunt de nocte latrones. Les brigands sortent de l’ombre pour égorger le monde. Sall. Fr. Cæteri vice pecorum *obtruncantur*: en sorte qu’on voyait à terre comme sur un étal des membres détachés. Tac. Hist.... Juberet *interfici*; offerre se corpora iræ; *trucidaret*. Il n’avait qu’à les faire mourir; ils étaient prêts à servir de victimes à sa colère: il pouvait les tuer à son aise. Cic. Rosc. Am. 34. Cujus consilio *occisus* sit invenio; cujus manu *percussus* sit non invenio. Je discerne l’auteur, je ne découvre pas l’instrument de cette mort sanglante.

—Interitus, v. *Lues* et *Mors*. —Interlocutio, v. *Intercapedo*.

Intermittere. Omittere. *Intermittere*, suspendre, remettre une affaire à un autre temps dans l’espérance et dans le dessein de la reprendre: *in tempus mittere* cum spe consilioque resumendi; *omittere*, abandonner. Varron. Fr. Studia tantum *intermittantur*, ne *omittantur*. Interrompez vos études, ne les abandonnez jamais.

—Intermori, v. *Mors*. —Interrogare, v. *Rogare*. —Intestina, v. *Caro*. —Intueri, v. *Videre*. —Invadere, v. *Irruere*. —Interpellatio, v. *Intercapedo*. —Interruptio, v. *Intercapedo*. —Intrare, introire, v. *Inire*. —I nunc, v. *Agere*.

Invenire. Reperire. Deprehendere. Nancisci. Adipisci. Consequi. Assequi. 1. *Invenire*, terme général, trouver dans toutes les conjonctures; *reperire* et *deprehendere* supposent un objet caché qu’on songe et qu’on s’applique à trouver: mais le *reperiens* se borne à découvrir ce qu’il ne voyait point d’abord et qui s’offre ensuite à ses yeux, ἀνευρεῖν; le *deprehendens* découvre ce qui voulait se cacher ou échapper et qui tombe en son pouvoir. Tac. Ann. I, 74. Perniciem aliis ac postremo sibi *invenere*. De bourreaux qu’ils étaient, ils finirent par se trouver victimes. Comparez avec XIV, 3. Cædes quonam modo occultaretur nemo *reperit*. Personne ne vit jour à cacher le meurtre.

2. *Invenire*, *reperire*, *deprehendere* ont pour terme un objet caché qu’on découvre; *nancisci*, *adipisci*, *assequi* et *consequi*, un objet éloigné qu’on atteint: le *nanciscens* arrive au terme avec ou sans peine, parfois même sans le souhaiter; c’est une rencontre; l’*adipiscens* a une lutte à soutenir; c’est une victoire; le *consequens* voit ses désirs comblés, qu’il y ait ou non mis du sien; c’est un bonheur; l’*assequens* voit sa constance et ses efforts couronnés; c’est un succès. Suet. Tib. 10. Titus ad primam statim mansionem febrim *nactus*. Titus prit la fièvre à la première halte. Comparez avec Dom. 15. Nero in *adipiscenda* morte manu Epaphroditi adjutus est. Néron ne parvint à se donner la mort qu’en se faisant aider par la main d’Epaphroditus. Cic. Att. X, 12. *Nactus* Curionem omnia me consecutum putavi. J’avais eu la chance de trouver Curion, je crus avoir tout gagné. Rosc. Com. 4. Ut neque nihil neque tantum quantum *postulavimus consequamur*. Il ne s’agit plus de recevoir tout ce que nous avons demandé, il s’agit de ne pas être réduits à rien. Dans Cicéron, Mil. 11: Nihil dico quid respublica *consecuta* sit, nihil quod vos, nihil quod omnes boni. Je ne tiens aucun compte de ce que gagne la république, de ce que vous gagnez vous-mêmes, de ce que gagnent tous les gens de bien (à la mort de Clodius à laquelle Milon a seul contribué); *assecuta sit* ne serait pas à sa place, et réciproquement *consequuntur* serait faible dans ce passage de Sen. Brev. 17. Operose assequuntur quæ volunt, anxie tenent quæ *assecuti* sunt. Ce qu’ils désirent est pénible à acquérir, ce qu’ils ont acquis est inquiétant à garder. Cic. Fam. I, 7, 10. Omnia quæ ne per populum quidem sine seditione se *assequi* arbitrabantur, per senatum *consecuti sunt*. Ils ont reçu des mains du sénat tous les avantages qu’ils désespéraient d’acquérir par l’appui du peuple à moins de le soulever.

—Invertere, v. *Vertere*. —Investigare, v. *Quærere*. —Invicem, v. *Vicissim*.

Invidia. Livor. Invidentia. Malignitas. Obtrectatio. Detrectatio. 1. *Invidia*, envie qui fait qu’on regarde les gens de travers et qu’on leur en veut pour des motifs tantôt avouables, tantôt immoraux, le plus souvent, mais non point toujours par égoïsme, ὑποψία; *livor*, envie dévorante qui infecte l’âme entière et qui ôte au corps même les fraîches couleurs de la vie.

2. *Invidia*, terme usuel qui se prend au sens actif pour l’envie qu’on porte aux autres, et au sens passif pour l’envie dont on est l’objet de leur part; *invidentia*, néologisme de Cicéron pour l’envie qu’on porte.

3. *Invidia* et *livor* présentent l’envie comme un accès passager; *malignitas*, comme un défaut d’habitude et de nature, par opposition à la bonté d’âme ou de cœur. L’*invidus* et le *lividus* envient certains biens à certaines personnes dans certaines circonstances; le *malignus* est incapable de rien souhaiter d’heureux à tout autre qu’à lui-même.

4. *Invidia*, *livor*, *malignitas*, ne marquent qu’un sentiment ou un tour d’esprit; *obtrectatio* marque une action ou une façon d’agir qui procède de ce sentiment et qui tend à nuire à celui qu’on envie par des moyens honteux, comme le dénigrement, par exemple. On ne conçoit point l’*obtrectatio* sans *invidia*, mais on peut concevoir l’*invidia* sans *obtrectatio* quand l’envie est trop lâche pour s’engager dans une lutte.

5. L’*obtrectatio* suppose un rival et tire son origine de la jalousie; la *detrectatio* ne suppose qu’un adversaire et provient de l’aversion.

—Invidia, v. *Odium*. —Jocus, v. *Ludus*. —Irasci, v. *Succensere*.

Ire. Meare. Gradiri. Ingredi. Incedere. Vadere. 1. *Ire* et *meare* expriment la marche, en général, comme mouvement d’un lieu vers un autre, *ire*, ἰέναι, se disant particulièrement des hommes, c’est la suite d’un acte de volonté; *meare*, φοιτᾷν, se dit particulièrement des bêtes, des vaisseaux, des cours d’eau, des astres: c’est un mouvement mécanique auquel la volonté n’a point de part. *Gradiri* et *ingredi*, *incedere* et *vadere* ajoutent à l’idée générale des idées accessoires et précises sur la manière de marcher: *gradiri* et *ingredi*, une idée de calme et de régularité, par opposition à *serpere*, *currere*, *stare*, comme ϐαδίζειν; *incedere*, une idée de fierté, de mesure et de convenance à propos d’une cérémonie, d’une revue, par opposition à *ambulare*, comme ἐμϐαίνειν; *vadere*, une idée de bonne volonté et de vivacité, en voyage, dans une attaque de vive force, par opposition à *repere*? comme χωρεῖν.

2. *Ingressus*, la marche en général; *incessus*, la démarche qui tient à l’individu et à laquelle on le reconnaît comme à une seconde physionomie. *Ingressus* est un terme purement physique; *incessus*, un terme moral et esthétique.

—Irridere, v. *Ridere*. —Irritus, v. *Frustra*. —Irritare, v. *Incitare* et *Lacessere*.

Irruere. Irrumpere. Ingruere. Invadere. *Irruere*, entrer en courant, à la hâte et à l’étourdie; *irrumpere*, pénétrer par force et violence; *ingruere*, avec menaces et importunité; *invadere*, tomber quelque part avec audace et brusquerie.

Iter. Meatus. Via. Trames. Semita. Callis. 1. *Iter* et *meatus* expriment, au sens abstrait, le chemin qu’on fait, la marche, le voyage: *iter*, le chemin que fait un être raisonnable; *meatus*, celui que fait un être sans raison et sans volonté; mais *via*, c’est le chemin sur lequel on marche, c’est un terme concret. Hor. Od. III, 2, 22. Virtus negata tentat *iter via*. La vertu se fraye des routes nouvelles. Cic. Att. V, 14. *Iter* conficiebamus æstuosa et pulverulenta via. Nous cheminions sur une route brûlante et poudreuse.

2. *Iter*, pris comme terme concret, chemin, direction qui mène au but, comme ϰέλευθος; il n’est pas nécessaire que ce soit une voie frayée et fréquentée. *Via*, voie sinon construite, du moins régulière et battue, comme ὁδός. César entend, par *viarum* atque *itinerum* duces, des guides tenus de montrer les routes et les sentiers praticables et d’indiquer la direction à suivre quand les voies frayées venaient à manquer.

3. *Via* et *iter* peuvent être étroits ou larges; *trames*, *callis* et *semita* ne désignent qu’un chemin ou un sentier étroit: *trames*, un chemin ou une rue de traverse, à la campagne ou à la ville, propre à conduire au but plus promptement ou plus secrètement que la grand’route; *semita*, un sentier pour les piétons, souvent un trottoir qui court à côté de la route carrossable, οἶμος; *callis*, un chemin de montagne ou de forêt qui n’est guère praticable que pour le bétail, ἀτραπός. Plaut. Cas. III, 5, 42. De *via* in *semitam* degredi. Quitter la route pour un sentier. Cic. Phil. XIII, 9, 19. Egressus est non *viis* sed *tramitibus* paludatus. Il n’osa suivre les rues et prit les ruelles pour sortir de Rome en tenue de général. Virg. Æn. IX, 383. Rara per occultos lucebat *semita* *calles*, c’est-à-dire qu’Euryale et Nisus cherchent à s’échapper par des sentiers, *semita*, mais qu’ils ont de la peine à en découvrir faute de clarté, d’autant que les ombres de la nuit et de la forêt leur cachent même les chemins, *calles*.

—Iter facere, v. *Proficisci*.

Iterum. Rursus. Denuo. De integro. Repetere. Integrare. 1. *Iterum* veut dire, comme δεύτερον, pour la seconde fois; *rursum* ou *rursus*, αὖθις et πάλιν, une fois de plus, encore une fois; *denuo*, νέοθεν, de nouveau: il semble qu’on n’ait encore rien fait; *de integro*, αὖθις ἐξ ὑπαρχῆς, derechef, sur de nouveaux frais: c’est l’idée précédente exprimée avec plus de force. Justin, XXI, 4, 6. Нос consilio præventus *iterum* servitia concitat statutaque *rursus* cædium die, quum *denuo* se proditum videret. Prévenu dans ce dessein, il soulève une seconde fois les esclaves, fixe encore une fois le jour du massacre, et, se voyant de nouveau trahi...

2. De même, *pugnam iterare* signifie livrer une seconde bataille; *pugnam repetere*, reprendre le combat; *pugnam renovare*, le renouveler, et *pugnam integrare*, recommencer la bataille sur de nouveaux frais. Auct. Herenn. II, 3, 47. Enumeratio est per quam colligimus et commonemus quibus de rebus verba fecerimus, breviter, ut *renovetur*, non *redintegretur* oratio. L’énumération résume et rappelle les points sur lesquels on a parlé; elle est courte, il s’agit de reprendre, non de recommencer le discours.

Jubere. Imperare. Præcipere. Mandare. *Jubere*, ordonner une chose parce qu’on souhaite et qu’on veut qu’elle soit faite, par opposition à *vetare*, comme ϰελεύειν; *imperare*, commander militairement en vertu de la supériorité de grade, ἄρχειν; *præcipere*, prescrire en vertu de l’autorité de précepteur, de gouverneur, à peu près comme ἐντέλλεσθαι; *mandare*, charger d’une affaire une personne qui a toute notre confiance, ἐφίεσθαι.

—Jucundus, v. *Gratus*. —Jugum, v. *Mons*. —Jugulare, v. *Interficere*. —Jumentum, v. *Pecus*. —Jurgium, v. *Disceptatio*.

Jusjurandum. Juramentum. Sacramentum. *Jusjurandum* et *juramentum*, qui est d’une époque postérieure, serment civil par lequel on confirme ou promet quelque chose; *sacramentum*, serment militaire par lequel le soldat s’engage et se lie au drapeau. Liv. XXII, 38. Milites tunc quod nunquam antea factum erat *jurejurando* a tribunis militum adacti jussu consulum conventuros neque injussu abituros; nam ad eam diem nihil præter *sacramentum* fuerat. Les tribuns militaires firent jurer aux soldats qu’ils se réuniraient sur l’ordre des consuls et ne se retireraient point sans leur ordre. Cela ne s’était pas encore vu; il n’y avait jamais eu jusqu’à ce jour que le serment aux aigles.

—Juvare, v. *Auxilium*. —Juvenis, v. *Puer*.

Juventa. Juventus. Juventas. Juvenalis. Juvenilis. 1. *Juventa*, la jeunesse considérée comme une période de la vie; *juventus*, comme la classe des jeunes gens; *juventas*, comme une déesse.

2. *Juvenalis*, terme indifférent pour tout ce qui se rapporte aux jeunes gens ou élogieux, par opposition à la faiblesse de l’âge; *juvenilis* contient une idée morale accessoire, celle des goûts que comporte le caractère des jeunes gens, la plupart du temps avec une teinte de blâme, par opposition à la maturité de l’âge.

L

Labare. Titubare. Vacillare. Nutare. *Labare* caractérise le chancellement par rapport au corps entier qui ne pose point sur une base solide; *titubare*, par rapport aux jambes qui refusent le service et se dérobent; *vacillare*, par rapport au haut du corps qui n’a point une attitude droite, tranquille, sûre; enfin, *nutare*, par rapport à la tête qui ne se soutient plus. Le *titubans* menace de s’affaisser sur lui-même; le *vacillans*, de tomber à la renverse. La *titubatio* est l’indice de la faiblesse corporelle; la *vacillatio*, d’un manque de dignité extérieure, de calme et de décence.

—Labes, v. *Vitium*.

Labi. Cadere. *Labi*, tomber, par rapport au point de départ et à l’espace que le corps traverse dans sa chute, tendre vers la terre, ὀλισθεῖν; *cadere*, tomber, par rapport au point que le corps atteint au bout de sa chute, arriver à terre, πεσεῖν. Virg. Æn. VI, 310. *Lapsa* *cadunt* folia. Les feuilles se détachent, glissent et tombent. Cic. Brut. 49. Quibus vitiis *labatur* aut *cadat* orator. Les défauts qui égarent ou renversent l’orateur.

Labor. Molestia. Ærumna. 1. *Labor*, le travail qui met les forces en jeu et fatigue, πόνος; *molestia*, la peine qui fait naître la mauvaise humeur parce qu’elle est trop grande ou qu’elle vient mal à propos, χαλεπότης; *ærumna*, l’accablement qui surpasse presque les forces humaines et terrasse le héros même, ταλαιπωρία; c’est un terme archaïque et à demi poétique. Cic. Finn. V, 32. Ut ubi virtus sit resque magnæ et summe laudabiles virtute res gestæ, ibi esse miseria et *ærumna* non possit, tamen *labor* possit, possit *molestia*. Soyez vertueux, accomplissez par vertu de grandes choses dignes du plus haut éloge, vous ne succomberez jamais sous le poids du malheur, mais vous serez toujours sensible à la fatigue et à la peine.

2. *Laborare*, verbe intransitif, être au fort de la peine et du travail; *elaborare*, verbe transitif, produire quelque chose par sa peine et son travail.

—Labor, v. *Opera*.

Lacerare. Laniare. *Lacerare*, déchirer de vive force avec les mains, les griffes, les serres, les dents; *laniare*, découper à l’aide d’un instrument tranchant, les dents, griffes et serres pouvant d’ailleurs être considérées comme des instruments de ce genre. Appul. Metam. IV, p. 84. Morsibus *laceratus* ferroque *laniatus*. Déchiré par les morsures, tailladé par le fer.

—Lacertus, v. *Ulna*.

Lacessere. Irritare. Sollicitare. 1. *Lacessere*, pousser à la contradiction, à la résistance la raison et la volonté; *irritare*, exciter jusqu’à la colère les sentiments ou les passions. Cic. Mil. 31. Ut vi *irritare* ferroque *lacessere* fortissimum virum auderet. Il osa irriter par la violence, provoquer par la vue des armes le plus courageux des hommes.

2. *Lacessere*, exciter en troublant la paix d’une façon grossière; *sollicitare*, en troublant par finesse le repos des gens.

Lacrimare. Plorare. Flere. Lamentari. Ejulare. Deflere. Deplorare. 1. *Lacrimare* exprime la conséquence physique d’un mouvement de l’âme joyeux ou triste, comme δαϰρύειν, répandre des larmes; *plorare* est l’expression passionnée de la douleur, comme θρηνεῖν, hurler et crier. Entre les deux se trouve *flere*, qui a pour opposé *ridere*; il a de commun avec *lacrimare* l’absence de passion, et avec *plorare* le ressentiment de la douleur, c’est le grec ϰλαίειν, pleurer. Sen. Ep. 63. Nec sicci sint oculi amisso amico, nec fluant; *lacrimandum* est, non *plorandum*. Vous perdez un ami je n’exige pas que vos yeux soient secs, mais ne fondez pas en pleurs; versez des larmes, ne criez pas.

2. *Lamentari* et *ejulare* sont encore des augmentatifs de *ploratus*: *lamentari* marque, comme ϰωχύειν, un hurlement prolongé; *ejulare*, un hurlement interrompu par des cris et des sanglots, comme ὀλολύζειν.

3. *Plorare* et *flere* sont intransitifs; *deplorare* et *deflere*, transitifs.

Lacuna. Lacus. Stagnum. Palus. Uligo. Lama. Lustrum. *Lacuna* signifie en langage poétique toute espèce d’eau dormante depuis la mer jusqu’à la mare; *lacus* et *stagnum*, eaux dormantes, mais salubres, entretenues et rafraîchies par des sources ou par un cours d’eau qui s’y jette et qui en sort: *lacus*, lac de taille à rappeler l’image de la mer et opposé à la mer, λίμνη; *stagnum*, étang assez grand pour ne point ressembler à une simple mare, par opposition à une rivière, τέναγος. *Palus* et *uligo*, eaux dormantes altérées et corrompues: *palus*, marais, contrée recouverte d’une eau corrompue, ἔλος; *uligo*, fondrière, terrain pénétré par une eau corrompue. Le marais, *palus*, offre l’aspect d’une masse d’eau troublée par la vase et le limon, où on peut se noyer; la fondrière, *uligo*, celui d’un sol amolli par l’eau, où on peut enfoncer. Enfin *lamæ* et *lustra* signifient des eaux dormantes de peu de circuit: *lamæ*, de simples flaques, humides et boueuses, sur des routes; *lustra*, des mares croupissantes qui blessent l’odorat et la vue, dans des forêts et ailleurs.

Lædere. Violare. Offendere. *Lædere*, endommager, blesser, exprime une atteinte physique; *violare*, faire violence, une atteinte au droit; *offendere*, choquer, offenser, une atteinte au sentiment. *Lædere* se rapporte à un objet auquel il y a quelque chose à gâter; *violare*, à un objet pour lequel on a le droit de prétendre à des ménagements; *offendere*, à un être doué de raison et de sentiment. Cic. Off. I, 28, 99. Justitiæ partes sunt non *violare* homines, verecundiæ non *offendere*. Ne pas entreprendre sur les autres, c’est justice; ne les choquer en rien, c’est délicatesse. Sen. Ir. III, 18. Pleraque eorum propter quæ irascimur *offendunt* nos magis quam *lædunt*. Nos colères viennent très-souvent de ce qui nous choque plutôt que de ce qui nous nuit. Const. 4. Contumelia tantum delicatis gravis est, qua non *læduntur*, sed *offenduntur*. Une offense ne pèse qu’aux gens chatouilleux on ne leur a pas nui, mais on les a choqués. Ovid. Am. III, 3, 31. Formosas superi metuunt *offendere* *læsi*. Les dieux craignent d’offenser la beauté qui les a blessés.

—Lætari, v. *Gaudere*.

Lævis. Glaber. Fricare. Terere. 1. *Lævis*, *levis*, lisse par opposition à ce qui est rude et raboteux, cela est joli et cause une impression agréable; *glaber*, nu et uni, par opposition à ce qui est garni de poils ou de cheveux, couvert d’une végétation; cela constitue un défaut et cause une impression désagréable.

2. *Fricare*, polir pour rendre lisse, ψήχειν; *terere*, frotter pour diminuer le volume, τρίϐειν.

—Lævus, v. *Sinister*. —Lama, v. *Lacuna*.

Lambere. Lingere. *Lambere*, lécher lorsque la langue sert d’instrument comme la main pour saisir ou toucher un objet, que ce soit ou non un aliment, qu’il ait du goût ou qu’il n’en ait pas; *lingere*, lécher lorsqu’on emploie la langue comme organe du goût pour apprécier une saveur. Plin. H. N. XXXV, 7. Canem ex ære vulnus suum *lambentem*. Un chien de bronze qui passe la langue sur sa blessure. Comparez avec XXI, 4. Pecoribus sal datur *lingendus*. On donne au bétail du sel à lécher.

—Lamentari, v. *Lacrimare*. —Laniare, v. *Lacerare*. —Lancea, v. *Missile*.

Laniena. Macellum. *Laniena*, étal sur lequel le boucher, *lanius*, expose en vente des bêtes tuées et dépecées; *macellum*, marché où le *macellarius* débite toute sorte de viandes, menue viande, charcuterie, gibier, volaille, poisson.

—Lapis, v. *Saxum*.

Laqueus. Funis. Restis. 1. *Laqueus*, nœud coulant fait à une corde; *funis* et *restis*, la corde même: *funis*, grosse corde destinée à tirer, à haler, et qui doit pour cette raison avoir une certaine longueur, σχοῖνος; *restis*, corde mince qui servait plutôt à lier et à suspendre et qui pouvait être courte, σπάρτη. Le trait qui attache le cheval de volée, *equus funalis*, la corde sur laquelle danse le funambule, le câble qui remorque la chaloupe d’un vaisseau, ne s’appellent jamais *restis* en prose; par contre une corde bonne pour se pendre, pour fouetter un esclave, pour servir de ceinture, ne prendra guère le nom de *funis*, à moins qu’un poète ne s’avise de préférer ce dernier terme comme le plus noble.

2. *Rudentes*, les écoutes; *retinacula* et *oræ*, les câbles des ancres: *retinacula*, comme terme usuel et populaire; *oræ*, dans *oras solvere*, comme terme technique.

—Largitio, v. *Donum*.

Largus. Benignus. Liberalis. Munificus. *Largus* se dit de toute personne qui donne beaucoup, n’importe à qui, n’importe dans quelle vue, par opposition à *parcus*; *benignus*, *liberalis* et *munificus* n’expriment que des vertus. Le *benignus* obéit à un penchant de pure humanité, à l’amour du prochain; le *liberalis*, à un noble orgueil, à une juste estime de soi-même; le *munificus*, à une vanité bien placée qui ferait honneur à un prince. La *benignitas* donne abondamment parce qu’elle ne veut ni posséder ni jouir seule, c’est de la bonté d’âme; la *liberalitas* fait bien les choses, elle consiste à donner en proportion du rang qu’on tient et du mérite d’autrui, c’est le fait du galant homme chez lequel on ne retrouve aucune trace des calculs méticuleux du marchand; la *munificentia* donne plutôt trop que trop peu par plaisir de rendre heureux et de surprendre, comme la générosité.

Larva. Persona. *Larva*, masque grotesque et effrayant; *persona*, masque bien fait qui représente un personnage connu.

—Lascivus, v. *Petulans*. —Lassus, v. *Fatigatus*.

Latebra. Latibulum. *Latebra*, lieu écarté ou obscur où l’on peut se cacher décemment; *latibulum*, réduit où il faut se glisser en rampant, comme une bête.

Latrare. Gannire. Baubari. *Latrare* se dit de l’aboiement hostile d’un gros chien, et au figuré d’une querelle, ὑλαϰτεῖν; *gannire*, des jappements inoffensifs d’un petit chien, et au figuré du clabaudage, ϰνυζᾶσθαι; enfin, *baubari*, des hurlements et gémissements du chien, ϐαΰζειν.

—Latro, v. *Præda*. —Latus, v. *Coxa*. —Lectus, v. *Cubile*. —Lembus, v. *Navigium*. —Legare, v. *Mittere*. —Lemures, v. *Spectrum*. —Lenis, v. *Mitis*. —Lentus, v. *Tardus*.

Lepidus. Facetus. Festivus. Salsus. Dicax. Cavillator. *Lepos*, *facetiæ* et *festivitas* expriment un genre d’esprit inoffensif, la bonne humeur opposée à la gravité et propre à une âme bienveillante: *lepos*, l’esprit dispos et léger par opposition à la pesanteur; *festivitas*, la gaieté d’esprit par opposition à une gravité sombre; *facetiæ*, l’enjouement par opposition à un tour d’esprit grave et sérieux. *Sales*, *dicacitas*, *cavillatio*, expriment un genre d’esprit vif, caustique et pénétrant: *sales*, c’est le piquant opposé au fade et au trivial, voué à la recherche du trait, causant au hasard du plaisir ou de la peine; *dicacitas*, l’esprit satirique qui s’exerce aux dépens d’autrui, mais en sorte que la plaisanterie reste le but principal et que la moquerie ne soit qu’un accessoire; *cavillatio*, l’esprit moqueur pour lequel la blessure à faire est le point important, la plaisanterie un simple instrument et une forme comme une autre. Cic. Orat. 30. Demosthenes non tam *dicax* fuit quam *facetus*. Est autem illud acrioris ingenii, hoc majoris artis. Démosthène est plutôt un esprit enjoué qu’un esprit satirique. La satire exige plus de vivacité naturelle, l’enjouement plus de savoir-faire.

—Letum, v. *Mors*. —Libare, v. *Sapor*. —Liberalis, v. *Largus*. —Levis, v. *Lævis*. —Libenter, v. *Sponte*. —Liberalitas, v. *Donum*.

Libertus. Libertinus. *Libertus*, l’affranchi par rapport à son maître et par opposition à *servus*; *libertinus*, par rapport à sa condition et par opposition à *civis* et *ingenuus*. Sen. Contr. III, 21. Quærendus mihi gener erat *libertinus*; quid ergo? alieno potius *liberto*? J’étais réduit à chercher un gendre dans la classe des affranchis. Eh bien, pourquoi pas le mien, plutôt que celui d’un autre? Cic. Verr. I, 47. Trebonius fecit heredem *libertum* suum... Equiti Romano *libertinus* homo fit heres. Trébonius prit son affranchi pour héritier. Un homme de la classe des affranchis devient héritier d’un chevalier romain. Tac. Ann. XIII, 27. Si separarentur *libertini*, manifestam fore penuriam ingenuorum. On n’avait qu’à compter tout ce qui appartenait à la classe des affranchis; on ne verrait que trop clairement combien on manquait d’hommes libres.

—Libido, v. *Cupido*.

Libra. Pondo. L’expression complète est *libra pondo*, mot à mot une balance, un plateau de balance chargé de manière à faire équilibre à l’unité de poids, une livre pesant; *libra* est la formule la plus vague: l’ellipse de *pondo* ouvre la porte à une équivoque, on pourrait croire qu’il s’agit de la balance même; *pondo* est une expression elliptique, en ce sens que l’idée accessoire, celle du poids, représente en même temps l’idée principale, celle de l’unité de poids. Il y a la même différence entre *operæ pretium est* d’une part, et *operæ est*, *pretium est*, de l’autre.

Librare. Vibrare. *Librare hastam*, balancer une pique horizontalement afin de la lancer avec plus de force et de justesse; *vibrare*, la brandir d’avant en arrière, ou de haut en bas pour témoigner de l’envie qu’on a de combattre.

—Liburna, v. *Navigium*. —Licet, v. *Concessum est*.

Ligare. Viere. Vincire. Nectere. Obligare. Obstringere. Devincire. 1. *Ligare* et *viere*, synonymes de *copulare*, lier pour empêcher que les parties ne se séparent, δέειν; *vincire* et *nectere*, synonymes de *coercere*, enchaîner pour prévenir la liberté des mouvements, δεσμεύειν.

2. *Ligare* est le terme général; *viere*, le terme technique à l’usage du tonnelier, du vannier, etc.

3. *Obligare*, attacher par des prévenances; *obstringere*, lier par des bienfaits; *devincire*, enchaîner à soi par des relations intimes et durables. L’*obligatus* se sent engagé par les devoirs conventionnels de la vie du monde; l’*obstrictus*, par des devoirs de morale ou de religion; le *devinctus*, par des devoirs de piété.

Lima. Scobina. *Lima*, outil pour polir; *scobina*, pour dégrossir.

—Limes, v. *Finis*. —Lingere, v. *Lambere*. —Limus, v. *Lutum*.

Lingua. Sermo. *Lingua*, langage du premier peuple venu, même le plus grossier, *gentis* ou *nationis*, pourvu qu’il ait un vocabulaire particulier pour rendre ses idées; *sermo*, langue d’un peuple civilisé, *populi*, servant d’expression à des pensées suivies. Notre idiome, *lingua*, nous est donné quand nous venons au monde comme la langue que nous avons dans la bouche, et ce terme se rapporte par préférence au matériel des mots; le *sermo* suppose comme le discours une certaine initiative personnelle, il comprend les règles de la grammaire et du style. Cic. Finn. 3, 10. Sæpe disserui latinam *linguam* non modo non inopem, sed locupletiorem etiam esse quam græcam. J’ai souvent essayé de démontrer que le latin, qui est notre idiome, n’est rien moins que pauvre, qu’il offre même plus de ressources que le grec. Comparez avec Off. I, 31. *Sermone* debemus uti eo qui notus est nobis. Employons la langue que nous savons.

—Linter, v. *Navigium*. —Lira, v. *Porca*. —Liquere, v. *Fluere* et *Constat*.

Littera. Elementum. *Littera*, la lettre comme élément indivisible de l’écriture, γράμμα; *elementum*, comme élément indivisible de la langue parlée, comme un des sons simples que la science grammaticale étudie, στοιχεῖον.

Litteræ. Epistola. Codicilli. *Litteræ*, terme général, lettre; *epistola*, lettre adressée à un ami éloigné et envoyée par un messager, missive; *codicilli*, billet adressé dans l’enceinte d’une ville. Sen. Ep. 55. Adeo tecum sum ut dubitem an incipiam non *epistolas*, sed *codicillos* tibi scribere. Je vis si parfaitement avec toi en imagination, qu’il me prend des envies de t’écrire au lieu de longues missives de simples billets. Cic. Fam. VI, 18. Simul accepi a Seleuco tuo *litteras*; statim quæsivi e Balbo per *codicillos* quid esset in lege. Aussitôt ta lettre reçue des mains de Séleucus, j’écrivis un billet à Balbus pour savoir de lui la teneur de la loi.

Litteræ. Artes. Doctrinæ. Disciplinæ. *Litteræ* et *artes*, les lettres et les sciences considérées en général comme le but des études: *litteræ*, au sens restreint, la littérature d’imagination ou de raisonnement consignée dans les livres, comme moyen direct d’enrichir la mémoire, et moyen indirect d’aiguiser l’intelligence et de former le goût; *artes*, les lettres et les sciences dans l’acception la plus haute quand les connaissances qu’on acquiert servent immédiatement à développer l’esprit et le talent. *Doctrinæ* et *disciplinæ*, les diverses branches du domaine général de la science réduites en systèmes: *doctrinæ*, se disant par préférence des sciences spéculatives, abstraites, des études philosophiques et savantes; *disciplinæ*, des sciences pratiques appliquées aux usages de la vie.

—Litigatio, v. *Disceptatio*. —Livor, v. *Invidia*. —Littus, v. *Ripa*. —Locuples, v. *Divitiæ*.

Locus. Tractus. Regio. Plaga. *Locus*, espace pris comme un point isolé, endroit, τόπος; *tractus*, espace considéré comme une ligne, bande, zone qui s’étend au loin, c’est à peu près le grec ϰλίμα; *regio*, espace pris comme un cercle, comprenant les environs d’un centre, contrée, χῶρος; *plaga*, espace pris comme une surface en général.

—Longævus, v. *Vetus*. —Loquax, v. *Garrire*. —Longe, v. *Procul*. —Loqui, v. *Dicere*.

Lucere. Fulgere. Splendere. Nitere. Renidere. Coruscare. Micare. Radiare. 1. *Lucere*, *fulgere*, *splendere*, *nitere*, désignent une clarté fixe et permanente: *fulgere*, celle d’une lumière intense ou d’une couleur de feu qui éblouit, comme φλέγω; *lucere*, celle d’une lumière bienfaisante et d’une couleur de feu plus douce, comme φαίνω, φέγγω; *splendere*, l’éclat d’une surface polie et nette, par opposition à *sordere*, comme λάμπω; *nitere* en prose et en vers *renidere*, le lustre d’un corps humide, huilé, graissé, verni ou lavé, par opposition à *squalere*, comme στίλϐω.

2. *Coruscare*, *micare*, *radiare*, désignent une clarté intermittente et mobile comme étinceler et scintiller: *coruscare*, briller comme l’éclair qui sort brusquement de la nue; *micare*, étinceler comme le métal qu’on agite au soleil; *radiare*, lancer des jets de lumière comme le soleil qui darde ses rayons. Cic. Cat. II, 3. Qui *nitent* unguentis, qui *fulgent* purpura. Ceux qui empruntent le lustre des parfums, l’éclat de la pourpre. Auct. ad Herenn. IV, 33. Tantus erat in *armis splendor* ut *solis fulgor* obscurior videretur. Ses armes resplendissantes semblaient obscurcir les feux ardents du soleil. Plin. H. N. XXXVII, 2. *Splendor* murrhinis sine viribus, *nitor*que verius quam *splendor*. Il n’y a rien qui frappe dans l’éclat de ces vases, et ils ont même, à vrai dire, plus de lustre que d’éclat. *Splendor* présente en effet l’éclat sous son aspect majestueux, *nitor* sous son aspect aimable, comme dans Auct. ad Herenn. IV, 50. Gemmæ *nitore* et auri *splendore*. Par le lustre des pierreries et par l’éclat de l’or. Au figuré *splendor* marque la magnificence, *nitor* l’élégance.

—Lucerna, v. *Candela*.

Lucrum. Emolumentum. Quæstus. Compendium. *Lucrum* et *emolumentum*, gain dans toutes les circonstances de la vie: *lucrum*, gain qu’on doit à ses propres efforts, par opposition à *damnum*, ϰέρδος; *emolumentum*, avantage qui échoit à quelqu’un, par opposition à *detrimentum*, ὠφέλημα. *Quæstus* et *compendium*, bénéfice dans le domaine du commerce: *quæstus*, bénéfice soutenu, permanent, par opposition à *sumptus*, χρηματισμός; *compendium*, profit accidentel et considérable, par opposition à *dispendium*.

—Luctus, v. *Dolor*.

Luculentus. Illustris. *Luculentus*, synonyme de *probabilis*, ce qui supporte les regards et n’a point de raison de fuir la lumière, ce qui est comme il faut; *illustris*, synonyme d’*excellens*, ce qui attire les regards, ce qui saute aux yeux et brille au soleil. *Luculentus* ne contient jamais un éloge emphatique. Cic. Off. III, 14, 60. Нос quidem satis luculente, c’est-à-dire cela s’entend. Et Finn. I, 5, 15: Cum græce, ut videor, *luculenter* sciam. Je crois savoir convenablement le grec, ce qui n’est nullement prétentieux. C’est comme si on disait: *sic satis*.

—Lucus, v. *Silva*. —Ludio, v. *Actor*.

Ludus. Schola. *Ludus*, école élémentaire pour les enfants qui ont besoin d’apprendre et qu’on y oblige; *schola*, école d’enseignement supérieur pour les jeunes gens et les hommes qui veulent s’instruire. Le *ludus* suppose des écoliers, *discipulos*, un maître, *ludi magistrum*, et une discipline classique; la *schola* suppose des auditeurs, *auditores*, un professeur, *doctorem*, et un genre d’exposition académique.

Ludus. Lusus. Ludicrum. Jocus. 1. *Ludus*, le jeu qui offre à l’homme un moyen de divertissement; *lusus*, le jeu auquel l’homme se livre, qu’il met en train, qu’il imagine. *Ludus* présente le jeu comme une récréation, par opposition à la peine; *lusus*, comme une action puérile et vaine, par opposition aux occupations sérieuses. Plin. Ep. IX, 33, 3. Pueri quos otium *ludus*que sollicitat. Les enfants que dérangent le désœuvrement et le jeu. Comparez avec IX, 25: *Lusus* et ineptias nostras legis. Tu lis les bagatelles et les sottises auxquelles nous nous sommes amusés. Cic. Flacc. 5, 12. Græci quibus jusjurandum jocus est, testimonium *ludus*, c’est-à-dire les Grecs pour lesquels c’est fort peu de chose que de porter un faux témoignage. Comparez avec Sen. Contr. I, 2. Piratas... quibus omne fas nefasque *lusus* est, c’est-à-dire les pirates aux yeux desquels la différence entre le juste et l’injuste n’est qu’un amusement, un jeu de mots sans conséquence.

2. Le pluriel *ludi* prend la signification particulière de spectacles publics, et, dans cette acception, il a pour singulier *ludicrum*.

3. *Ludus* et *lusus* ont un tour négatif; ce sont de simples passe-temps, des distractions, comme moyen préservatif contre l’ennui; *jocus* est un terme positif, amusements, plaisanteries, comme manifestation de la bonne humeur et de la vivacité d’esprit. Le *ludens* ne demande qu’à n’être point astreint, à ne rien faire de sérieux et à se délasser; le *jocans* dépense en frivolités autant d’ardeur qu’on en peut mettre aux affaires.

Lues. Contagium. Pestilentia. Pestis. Pernicies. Exitium. Interitus. Exitus. 1. *Lues*, terme général, miasme, principe impur et délétère; *contagium*, mal contagieux; *pestilentia*, maladie contagieuse, et de plus régnante, ou au sens restreint, la peste proprement dite. Sall. Cat. 10. Post ubi *contagio* quasi *pestilentia* invasit. Puis, quand ce mal contagieux eut fait, comme la peste, d’irrésistibles progrès. Plin. H. N. XXIII, 28. Laurus folia *pestilentiæ* contagia prohibent. Les feuilles du laurier de Delphes préservent des atteintes contagieuses de la peste. Lucan. VI, 89. Fluidæ *contagia* *pestis*. L’air se charge d’exhalaisons pestilentielles[1].

2. La poésie seule emploie *pestis* pour la peste même; hors de là, *pestis* exprime, comme *exitium* et *pernicies*, un fléau en général, sans qu’il soit question de maladie; mais *pestis* s’emploie régulièrement comme terme concret, *exitium* et *pernicies* comme termes abstraits. Sen. N. Q. III, pr. Philippi aut Alexandri... qui *exitio* gentium clari non minores fuere *pestes* mortalium quam inundatio. Les Philippe et les Alexandre, fameux par la destruction de tant de peuples, fléaux de l’humanité aussi désastreux qu’un déluge.

3. *Pernicies* a la signification active; il exprime qu’on fait périr par meurtre des êtres vivants; *exitium* a la signification passive et s’entend même de la destruction d’objets inanimés; enfin, *interitus* a, comme *exitus*, la signification neutre et se dit d’êtres animés ou inanimés qui tombent en décadence. Tac. Ann. XVI, 63. Poppæa non nisi in *perniciem* uxoris nupta; postremo crimen omni *exitio* gravius. Poppée, qui ne s’était fait épouser que pour perdre la femme légitime; une accusation enfin plus pénible que mille morts. Cic. Cat. IV, 3. Cum de *pernicie* populi Romani, *exitio* hujus urbis cogitarit. L’extermination du peuple romain, la destruction de la ville à laquelle il songeait sans cesse. Rull. II, 4, 10. Extremi *exitiorum* *exitus*.

4. *Exitium*, fin violente; *exitus*, fin naturelle. Cic. Rull. II, 4, 10. Qui civitatum afflictarum perditis jam rebus extremi *exitiorum* solent esse *exitus*. Cela exprime pour ainsi dire le dernier soupir d’un État qui périt dans les convulsions. Verr. V, 6, 12. *Exitus* *exitiales*.

—1 Traduction de la collection Panckoucke. Lucain, tome II, p. 9.

Lumen. Lux. *Lumen*, le corps lumineux qui éclaire, φέγγος; *lux*, la lumière émise, φάος. Cic. Finn. III, 14, 45. Ut obscuratur et offunditur *luce* solis *lumen* lucernæ. De même que la simple lumière du soleil fait pâlir et presque évanouir la flamme d’une lampe. Curt. VIII, 2, 21. Sed aditus specus accipit *lucem*; interiora nisi allato *lumine* obscura sunt. L’entrée de la caverne est accessible à la lumière; l’intérieur est plongé dans les ténèbres tant qu’on n’y porte point de flambeaux. Cic. Acadd. pr. II, 8, 26. Si ista vera sunt, ratio omnis tollitur, quasi quædam *lux* *lumen*que vitæ, c’est-à-dire que la raison, qui est seule claire et lumineuse en elle-même et par elle-même, répand sur la vie sa clarté et sa lumière. Et au sens figuré, *lumen* se rapporte au principe, *lux*, au simple fait de la célébrité. Cicéron, Man. 5, appelle Corinthe: Græciæ totius *lumen*, mais Rome, Cat. IV, 6: *lucem* orbis terrarum. C’est comparer Corinthe à un foyer de lumières; c’est dire de Rome que toutes les autres villes ne sont en comparaison que des cités obscures. *Lucida* oratio, discours plein de clarté, aisé à entendre; *luminosa*, discours lumineux, plein de beautés éclatantes.

—Luridus, v. *Luteus*. —Lusus, v. *Ludus*. —Lustrum, v. *Lacuna*.

Luteus. Gilvus. Helvus. Flavus. Luridus. *Luteus*, jaune par excellence, par exemple, jaune d’œuf; *gilvus* et *helvus*, jaune obscur qui tire sur le rouge, celui du miel; *flavus* et *luridus*, jaune clair qui tire sur le blanc; *flavus*, jaune agréable et brillant, celui des cheveux blonds; *luridus*, jaune pâle, désagréable, le jaune livide de la mort.

Lutum. Limus. Cœnum. Sordes. Squalor. Pædor. Situs. Stercus. Fimus. Oletum. Merda. 1. *Lutum*, *limus*, *cœnum*, matière malpropre et humide *lutum*, boue des rues et des routes, πηλός; *limus*, limon des fleuves, ἴλυς; *cœnum*, vase des marais, ϐόρϐορος. Tac. Ann. I, 63. Cætera *limosa*, tenacia gravi *cœno* aut rivis incerta erant. Hors de là des terrains limoneux où l’on reste fortement engagé dans la vase ou des terrains coupés par des ruisseaux. *Sordes*, *squalor*, *pædor*, *situs*, matière malpropre et sèche: *sordes*, opposé à *splendor*, crasse des pauvres, de la populace, des avares qui porteront, par exemple, des vêtements hors d’usage, ῥύπος; *squalor*, opposé à *nitor*, malpropreté des gens qui manquent de savoir-vivre et de goût, qui oublieront, par exemple, de se peigner les cheveux, αὐχμός; *pædor*, opposé à *munditiæ*, saleté des gens qui ne prennent aucun soin de leur personne, vermine, gale, πίνος; *situs*, opposé à *usus*, moisissure, rouille, qui proviennent d’un abandon prolongé, ἄζη. De là viennent les formes différentes des adjectifs: *lutosus*, *limosus*, *cœnosus*, c’est-à-dire plein de boue, de limon, de vase; mais *sordidus*, *squalidus*, *pædidus*, c’est-à-dire qui se sent des *sordibus*, etc.; et dans les périphrases: *oblitus luto*, *limo*, *cœno*, mais *obsitus sordibus*, *squalore*, *pædore*.

2. *Stercus*, le femier considéré par son vilain côté, comme amas d’immondices, ϰόπρος; *fimus*, par son côté utile, comme engrais.

3. *Cœnum*, terme général pour les excréments qui inspirent du dégoût; *oletum*, excréments de l’homme; *merda*, des animaux.

—Lux, v. *Lumen*.

Luxus. Luxuria. *Luxus*, usage ou étalage du luxe, parfois même objet de luxe; *luxuria* met toujours l’homme en jeu; c’est une disposition, une inclination, un penchant au luxe. Sen. Ir. I, 11. Animis delicias, *luxum*, opes ignorantibus. Ces âmes auxquelles les jouissances, le luxe, les richesses sont inconnues. Et un peu plus loin: Opinionem *luxuriæ* segnitiæque. Les lenteurs de Scipion le firent soupçonner d’aimer le luxe et le repos. Sall. Cat. 13. Romani famem aut sitim... *luxu* ante capere, c’est-à- dire par un raffinement que le luxe avait introduit. Comparez avec Jug. 90 (ou 85[1], vers la fin du discours de Marius). *Luxuria* atque ignavia, pessimæ artes, *luxuria*, c’est-à-dire la manie du plaisir.

—1 Dans la collection Lemaire et la collection Panckoucke.

—Lymphatus, v. *Amens*.

M

—Macellum, v. *Laniena*. —Maceria, v. *Murus*. —Madidus, v. *Udus*. —Magnopere, v. *Perquam*. —Macer, v. *Exilis*. —Macula, v. *Vitium*. —Magister, v. *Doctor*.

Magnus. Grandis. Amplus. Ingens. Immanis. Vastus. 1. *Magnus*, *grandis* et *amplus* expriment une grandeur convenable; *ingens*, *immanis* et *vastus*, une grandeur excessive. Sen. Ir. I, 16, 26. Nec enim *magnitudo* ista est, sed *immanitas*. Ce n’est pas le langage d’un grand homme, c’est celui d’un monstre.

2. *Magnus* exprime la grandeur sans idée accessoire, par opposition à *parvus*, comme μέγας; *grandis*, avec une idée accessoire de force et de majesté naturelle, grandiose, par opposition à *exilis*, *subtilis*, *tumidus*, *minutus*, *exiguus*; enfin, *amplus*, avec l’idée accessoire d’une dignité extérieure qui impose et fait impression.

3. *Ingens*, ἄπλετος, fait ressortir ce qu’il y a d’extraordinaire; *immanis*, πελώριος, ce qu’il y a d’effrayant; *vastus*, ἀχανὴς, ce qu’il y a de disgracieux dans une grandeur excessive.

Mala. Maxilla. Gena. 1. *Mala*, la mâchoire supérieure; *maxilla*, la mâchoire inférieure.

2. *Mala*, terme usuel, la joue au sens physiologique; *gena*, terme archaïque et choisi, la joue, avec une idée accessoire de beauté.

Maledictum. Probrum. Convicium. *Maledictum*, tout ce qu’on dit pour nuire à autrui, soit en forme de malédiction pour lui porter malheur, soit en forme de paroles injurieuses pour le couvrir de honte, ϰαϰηγορία. *Probrum* et *convicium*, ce qu’on dit pour couvrir quelqu’un de honte: *probrum*, ὄνειδος, l’invective composée de phrases et de propos déshonorants; *convicium*, λοιδορία, l’insulte composée de mots détachés et de surnoms déshonorants. *Fur!* est un *convicium*; *fur es!* un *probrum*; l’un et l’autre sont des *maledicta*.

—Malefactum, maleficium, v. *Delictum*.

Malitia. Malignitas. Malevolentia. Malus. Nequam. Pravus. 1. *Malitia*, la méchanceté qui aime à mentir et à tromper parce qu’elle est devenue insensible aux avertissements de la conscience; *malignitas*, la malignité qui est une forme de l’amour de soi, qui ne souhaite de bien qu’à soi, jamais aux autres et provient d’un égoïsme qui court les rues; *malevolentia*, la malveillance qui souhaite plutôt du mal que du bien à quelqu’un par aversion personnelle. La *malitia* est une façon de penser et d’agir punissable parce qu’elle compromet la sécurité publique; la *malignitas*, un sentiment méprisable qui annonce un fond de misanthropie; la *malevolentia* enfin est un défaut haïssable parce qu’elle est portée à se réjouir du mal qui arrive aux autres. La malice ne s’appelle jamais en latin *malitia*, mais plutôt *malevolentia*, et mieux encore *studium nocendi*.

2. *Malus homo*, homme immoral; *nequam*, homme qui n’est bon à rien, dont le travers est de fuir les travaux utiles et de se plaire aux mauvais tours, vaurien, par opposition à *frugi*; enfin, *pravus*, homme qui a pris une mauvaise direction au sens physique, intellectuel ou moral, par opposition à *rectus*. Quintil. VIII, 3, 48. Nec parricidam *nequam* dixeris hominem, nec meretrici forte deditum *nefarium*, quod alterum parum, alterum nimium est. Vous ne traiterez ni un parricide de vaurien ni un amoureux de monstre; le premier dit trop peu, le second dit trop.

—Malignitas, v. *Invidia*. —Mancipare, v. *Vendere*. —Mandare, v. *Jubere*. —Manare, v. *Fluere*. —Mancipium, v. *Servus*.

Mane. Crepusculo. Diluculo. *Mane*, le matin, ὄρθρῳ; il s’entend des premiers pas que le jour fait dans sa carrière, par opposition, d’une part, à la nuit, de l’autre, aux heures de la journée qui précèdent midi; *crepusculo*, ἦρι, le matin, au crépuscule, par opposition au grand jour; *diluculo*, enfin, le matin, à l’aube, par opposition aux ténèbres de la nuit, λυϰόφως.

Manere. Morari. Tardare. Detinere. 1. *Manere*, rester, par opposition à partir; *morari*, s’arrêter en route, interrompre un mouvement au lieu d’aller de l’avant. Cic. Sen. 23. *Commorandi* natura deversorium nobis, non *habitandi* dedit. C’est un asile passager, ce n’est point une demeure fixe que nous a donné la nature. Dans Tac. H. II, 48. Irent *propere* neu *remanendo* iram victoris asperarent. Il fallait se hâter d’y aller et éviter tous les retards qui pourraient irriter le courroux du vainqueur: la variante *remorando* mérite la préférence.

2. *Morari aliquem*, décider quelqu’un à s’arrêter de son plein gré, διατρίϐειν; *tardare*, lui susciter des difficultés qui l’empêchent de parcourir rapidement son chemin, ϐραδύνειν; *detinere*, l’empêcher par force d’avancer, ϰατέχειν. *Tardare* se rapporte par préférence à l’action; *detinere*, à la personne; *morari*, aux deux.

Manere. Exspectare. Præstolari. Opperiri. 1. *Manere* n’exprime qu’une action physique, comme d’attendre et de rester en un lieu jusqu’à ce qu’une chose arrive; *exspectare*, *præstolari* et *opperiri* expriment une action de l’âme, comme d’attendre quelque chose ou quelqu’un avec une certaine tension d’esprit.

2. *Exspectare* présente l’attente comme un acte simple de l’esprit, sans idée accessoire d’application pratique; *præstolari* et *opperiri* expriment en outre cette idée accessoire que celui qui attend compte agir quand la chose ou la personne attendue sera arrivée.

3. Le *præstolans* attend une personne au service et à la disposition de laquelle il veut se mettre; l’*opperiens*, un événement par lequel il ne veut point se laisser surprendre. Le *præstolans* est un inférieur; l’*opperiens*, un égal, soit ami, soit ennemi, par rapport à la personne attendue. Enfin, *præstolari* est un terme prosaïque, *opperiri*, un terme poétique ou du moins choisi. Les Latins n’ont point de synonymes qui correspondent à la distinction qu’on fait en allemand entre warten et harren, entre l’attente paisible, calme, et l’attente impatiente qui tend tous les ressorts de l’âme.

—Manes, v. *Spectrum*. —Manifesto, v. *Aperire*. —Manice, v. *Vincula*. —Mannus, v. *Equus*.

Mansuetudo. Clementia. *Mansuetudo*, la douceur et la magnanimité de l’homme et du particulier qui ne tire point vengeance d’une injure, par opposition à *iracundia*; *clementia*, l’indulgence et l’humanité du souverain ou du juge qui ne fait point subir au coupable un châtiment mérité, par opposition à *crudelitas*.

—Mansuetus, v. *Cicur*. —Manubiæ, v. *Præda*.

Mare. Æquor. Pontus. Pelagus. 1. *Mare*, la mer prise comme un amas d’eau, par opposition à *terra* et *aer*, ἄλς, θάλασσα; *æquor*, *pelagus* et *pontus*, la mer au point de vue de ses dimensions: *æquor* et *pelagus*, de sa dimension horizontale, la surface de la mer, comme πέλαγος, d’où vient πελαγίζειν, inonder; *pontus*, de sa dimension verticale, la profondeur de la mer, comme πόντος, d’où ποντίζειν, submerger. Colum. VIII, 17. Ut in solo piscinæ posita libella septem pedibus sublimius esset *maris* *æquor*. En sorte qu’un niveau placé sur le fond du vivier marque sept pieds au- dessous du niveau de la mer. Ovid. Met. II, 872. Mediique per *æquora* *ponti* fert prædam. Il traverse les plaines de la haute mer avec la proie qu’il emporte.

2. *Æquor*, la surface de la mer au simple sens physique; *pelagus*, avec l’idée accessoire de sa vaste étendue, de son immensité.

Margo. Ora. *Margo*, le bord, la limite naturelle d’une surface conçue comme une ligne mathématique, et ne comprenant que par extension la partie extrême de la surface ou bordure; *ora*, la frange, la bordure artificielle de la surface, ajoutée le plus souvent dans un but d’ornement et occupant elle-même une certaine largeur. Aussi dit-on *ora togæ* et non *margo*, et vice versa *margo fluminis* et *ripæ*, quand il s’agit de désigner la ligne de bord à l’exclusion de la rive.

—Marita, v. *Femina*. —Mas, v. *Homo*. —Matrimonium, v. *Conjugium*. —Maxilla, v. *Mala*. —Meare, v. *Ire*.

Mederi. Medicari. Sanare. Medicamen. Medicina. Remedium. 1. *Mederi* et en vers *medicari*, synonymes de *curare*, ἰᾶσθαι, présentent la guérison comme le résultat obtenu par le médecin et dû à ses soins, à sa prudence, à son art; *sanare*, synonyme de *restituere*, ἀϰεῖσθαι, comme l’effet du remède qui rend la santé au malade par une action physique.

2. *Medicamentum*, médecine considérée dans sa substance matérielle, telle qu’elle sort des mains du pharmacien, φάρμαϰον; *medicina*, médecine considérée au point de vue de sa vertu curative, telle qu’elle est prescrite par le médecin: c’est d’une maladie qu’il s’agit dans les deux cas. *Remedium*, toute espèce de secours contre un mal donné, ἄϰος. CIC, N. D. II, 53, *Medicamentorum* salutarium plenissimæ terræ. Terres qui abondent en simples salutaires. Comparez avec Divin. II, 51. A medico petere *medicinam*. Demander une ordonnance au médecin.

—Meditari, v. *Cogitare*.

Medius. Modicus. Mediocris. *Medius* est toujours adjectif de lieu, au milieu, entre deux, par opposition aux points extrêmes; *modicus* est un adjectif de quantité qui se rapporte au nombre et à la grandeur, comme modéré, par opposition à toute sorte d’excès; *mediocris* est un adjectif de qualité qui se rapporte à la valeur d’un objet, comme médiocre, par opposition à l’excellence. Il y a identité entre *modicæ facultates*, une certaine dose de moyens, et *mediocre ingenium*, un génie médiocre. Cic. Rep. II, 31. Haud *mediocris* vir fuit, qui *modica* libertate populo data facilius tenuit auctoritatem principum. Je ne saurais voir un génie médiocre dans l’homme qui ne donna au peuple une liberté modérée que pour mieux conserver l’autorité des grands.

—Medius dies, v. *Meridies*.

Membrum. Artus. *Membrum*, le membre même constituant une partie du corps, comme μέλος et χῶλον; *artus*, l’articulation du membre, comme ἄρθρον et ἅψος. Sen. Contr. II, 13. Differebatur distortis manibus, emotis *articulis*; nondum in sua *membra* *artus* redierant[1]. On la tiraillait encore quoique les mains fussent disloquées, les articulations luxées; les jointures ne s’étaient pas encore rapprochées des membres. Virg. Æn. V, 422. Magnos *artus* *membrorum*. Les muscles puissants qui servaient d’attache aux membres. Quintil. Decl. Ult. Ut per singulos *artus* *membra* laxaret[2]. Afin de déboîter les membres à chaque jointure. D’autre part, *membra* se dit de toutes les parties du corps, même de la tête et du tronc; *artus* ne désigne que les extrémités qui se rattachent par des jointures, *commissuræ*, au corps proprement dit, composé de la tête et du tronc.

—1 Collection Lemaire. Tome CXXXIII, p. 219. —2 Collection Lemaire, Tome XLIX, p. 406.

Meminisse. Reminisci. Recordari. *Meminisse* présente le souvenir comme un état de l’esprit, μεμνῆσθαι, on a conservé un fait dans sa mémoire, on sait encore sans avoir jamais oublié, c’est le sens de *memorem esse*; *reminisci* et *recordari* présentent le souvenir comme un acte de l’esprit, ἀναμιμνήσϰεσθαι, on retrouve une idée qu’on avait perdue de vue. Mais *reminisci* exprime, comme in *memoriam revocare*, un acte momentané; *recordari* un acte durable, comme *revocata in memoriam contemplari*. Cic. Lig. 12, 35. Equidem, cum tuis omnibus negotiis interessem, *memoria teneo*, qualis T. Ligarius, quæstor urbanus, fuerit erga te et dignitatem tuam; sed parum est, me hoc *meminisse*; spero etiam te, qui oblivisci nihil soles, nisi injurias, quoniam hoc est animi, quoniam etiam ingenii tui, te aliquid de hujus illo quæstorio officio cogitantem, etiam de aliis quibusdam quæstoribus *reminiscentem* *recordari*. Témoin de tous tes embarras, j’ai la mémoire encore pleine de ce que T. Ligarius a fait pour toi, pour ménager ta dignité, dans sa questure civile. Mais c’est peu que je me souvienne moi. Tu nous as habitués à ne te voir jamais oublier que les injustices, c’est là que va la pente de ton âme et de ton caractère; j’espère donc qu’en songeant à la manière dont il a rempli cette charge, tu t’arrêteras aussi sur les souvenirs qui se rapportent à quelques autres questeurs. Ce passage fait voir 1º que *memoria tenere* n’est qu’une périphrase de *meminisse*; 2° que *recordari* peut être une conséquence de *reminisci*, sans que la réciproque soit vraie, car il y a entre les deux le même rapport qu’entre *intueri* et *conspicere*. Cic. Sen. 21. Pueri... ita. celeriter res innumerabiles arripiunt, ut eas non tum primum accipere videantur, sed *reminisci* et *recordari*. Les enfants saisissent si promptement une foule d’idées qu’ils ont l’air de les retrouver et de s’y arrêter par souvenir plutôt que de les recevoir pour la première fois. Cicéron aurait pu ajouter: quæ non satis *meminerint*, sed in aliquantum temporis obliti sint: idées qui ne s’étaient point assez gravées dans leur mémoire, qu’ils avaient oubliées pour un temps. Tusc. I, 24, 58. Animus, quum se collegit atque recreavit, tum agnoscit illa *reminiscendo*; ita nihil aliud est discere, quam *recordari*. L’esprit se recueille et reprend des forces, après quoi il retrouve ces idées par un effort de mémoire; apprendre, c’est donc s’arrêter sur des souvenirs. Sen. Ep. 100. Magis *reminiscor* quam *teneo*. C’est un souvenir que je retrouve plutôt qu’un souvenir qui m’est resté.

—Menda, mendum, v. *Vitium*. —Mendicitas, v. *Paupertas*. —Meracus, v. *Purus*. —Mens, v. *Anima*. —Mercari, v. *Emere*.

Mercenarii. Operarii. Operæ. *Mercenarii*, journaliers qui ne travaillent point à leur compte, mais pour un salaire, par opposition au propriétaire qui a le profit; *operarii* et *operæ*, manœuvres qui entreprennent pour un autre un travail mécanique par opposition au maître qui fournit l’idée. Les *mercenarii* sont relégués à un rang inférieur par leurs mœurs; les *operarii*, par la grossièreté de leur travail,

—Merces, v. *Præmium*. —Merda, v. *Lutum*. —Mercimonium, v. *Merx*.

Merere. Dignum esse. Mereri. 1. *Merere* et *mereri*, mériter par une action; *dignum esse*, être digne par une qualité.

2. *Merere* est habituellement transitif, il se joint à un accusatif ou à une proposition explicative; *mereri* est intransitif, et se joint à une expression adverbiale. Cic. Rosc. Com. 15. Fructum quem *meruerunt* retribuam. Je leur payerai le tribut d’éloges qu’ils ont mérité. Comparez avec Catil. II, 2, 4. Si illum ut *erat* (sous-entendu: de me) *meritus* morte mulctassem. Si je lui avais infligé la peine de mort comme je le lui devais.

3. *Merere*, employé comme verbe intransitif ou sans complément, signifie servir en qualité de soldat, par ellipse de *stipendia*; *mereri*, employé comme verbe transitif ou avec un complément signifie gagner, acquérir quelque chose, sans idée de mérite.

Meridies. Medius dies. *Meridies*, le coup de midi considéré comme un point qui sépare la matinée de l’après-midi; *medius dies*, le milieu de la journée considéré comme un espace qui est compris entre le matin et le soir.

—Merus, v. *Purus*.

Merx. Mercimonium. *Merx*, la marchandise qui est par le fait un article de commerce; *mercimonium*, celle qui peut le devenir, la matière première. Tac. A. XI, 5. Nec quidquam publicæ *mercis* tam venale fuit. De toutes les marchandises qui sont dans le commerce, aucune ne se vendait mieux. Comparez avec XV, 38. *Mercimonium* quo flamma alitur. Les matières les plus propres à servir d’aliment à la flamme.

Metiri. Metari. Dimetiri. Dimetari. 1. *Metiri*, mesurer un espace pour en connaître la grandeur; *metari*, jalonner l’espace mesuré pour en indiquer les limites.

2. On emploie *dimetiri* et *dimetari* pour indiquer en outre qu’on mesure et qu’on jalonne les subdivisions; *metari castra* se rapporte simplement à l’enceinte des retranchements, mais quand Tite-Live dit par préférence VIII, 38, Locum castris *dimetari*, c’est qu’il marque expressément, ce qui d’ailleurs va de soi, qu’on a aussi jalonné les places d’armes, *principia*, l’emplacement de la tente du général, *prætorium*, etc., dans l’intérieur du camp.

—Metuere, v. *Vereri*. —Minime, v. *Neutiquam*. —Minutus, v. *Parvus*. —Micare, v. *Lucere*. —Minister, v. *Servus*.

Misereri. Miserari. Miseret me. 1. *Misereri*, avoir le cœur plein de pitié, comme compatir et ἐλεεῖν; *miserari*, montrer de la pitié en paroles, comme plaindre et οἰϰτείρειν. Les Latins n’ont point de terme spécial pour la pitié en action ou erbarmen de l’allemand.

2. *Misereor tui* présente la pitié comme un acte de libre arbitre, il peint la générosité de la personne qui compatit, comme si on disait en allemand: ich erbarme mich dein, j’ai pitié de toi. *Miseret me tui* présente la pitié comme une impression irrésistible, tout mérite moral disparaît, et la grandeur du malheur d’autrui en ressort d’autant, comme si on disait en allemand es erbarmt mich dein, tu me fais pitié. Car *miserere* est un verbe causatif, comme οἰϰτίζειν.

—Miseria, v. *Infortunium*.

Missile. Hasta. Lancea. Jaculum. Verutum. Tragulum. Pilum. *Missile*, terme général pour toute espèce d’arme qui sert à combattre de loin, trait ou flèche; *hasta* et *lancea*, armes de main et de jet, la pique: *hasta*, l’arme nationale des Romains, δόρυ; *lancea*, arme étrangère attribuée aux Suèves, λόγχη. *Pilum*, *jaculum*, *verutum*, sont plutôt des armes de jet, le javelot: *jaculum*, terme général comprenant l’arme de ce genre usitée à la chasse ou épieu, ϐέλος; *verutum* et *tragulum*, termes techniques pour les javelots militaires, ἄϰων; *pilum*, terme spécial pour le javelot du légionnaire romain. Liv. IX, 19. Romano *pilum* haud paulo quam *hasta* vehementius ictu missuque telum. Le légionnaire romain a son javelot qui n’a guère moins de pénétration que la pique comme arme de main et de jet.

Mitis. Lenis. Placidus. *Mitis*, doux par caractère, par opposition à *acerbus*, comme μείλιχος; *lenis*, doux dans ses actions, par opposition à *vehemens*, comme πρᾶος; *placidus*, dans ses façons, par opposition à *turbidus*, comme ἤπιος.

Mittere. Legare. Amittere. Dimittere. Omittere. 1. *Mittere*, exprime l’idée générique, comme envoyer; *legare*, a un sens spécial et politique, comme déléguer. Le *missus* est un serviteur ou un messager; le *legatus*, un représentant.

2. *Amittere* et *dimittere*, laisser échapper de ses mains ce qu’on tenait en son pouvoir *amittere*, contre sa volonté, comme perdre; *dimittere*, après en avoir usé, comme congédier. *Omittere*, laisser passer quelque chose devant soi sans en prendre possession. Et, pour préciser: *amittimus inviti et casu*, *omittimus volentes et sponte*. *Amittere occasionem*, c’est perdre une occasion et se mettre hors d’état de l’utiliser par indolence, tandis qu’*omittere*, c’est renoncer à en tirer parti et ne pas vouloir l’utiliser pour en faire peu de cas. Et *vitam amittere*, c’est perdre la vie, mais *omittere*, c’est la sacrifier.

—Moderatus, modestia, v. *Modus*. —Modicus, v. *Medius*.

Modo—modo. Nunc—nunc. *Modo—modo* ne devrait s’appliquer à la rigueur qu’à des actions passées ou futures; *nunc—nunc* à des actions présentes. Cette distinction est tombée en désuétude, mais *nunc—nunc* a du moins un tour plus vif et appartient à la poésie et à la prose élevée, comme tantôt... tantôt; *modo—modo* est, comme une fois... une autre fois, le terme propre de la prose dont Cicéron se sert constamment.

—Modo, v. *Nuper*.

Modus. Modestia. Moderatio. Temperatio. Continentia. Abstinentia. 1. *Modus*, l’idée de la mesure et de la règle prise comme un précepte moral indépendant de toute personnalité, ce que les Grecs entendent par μέτριον, μηδὲν ἄγαν; *modestia* et *moderatio*, la même idée par rapport au sujet qui la possède ou la pratique: *modestia*, sous forme de sentiment, et *moderatio* sous la forme d’une conduite que dirige ce sentiment de la mesure et de la règle.

2. *Moderatio*, la modération qui est fille de l’intelligence, du calcul et de la réflexion, elle est parente de la *prudentia*; *temperatio* et *temperantia*, qualité qui pénètre l’homme entier et ennoblit tout son être, elle est parente de la *sapientia*. La *moderatio* suppose, comme l’empire sur soi- même, une lutte des passions avec la raison dans laquelle la raison a le dessus; la *temperatio* suppose, comme la tranquillité d’esprit, une raison qui a déjà pris le dessus, soit par un effet de la nature, soit par progrès moral.

3. *Temperatus*, *temperatio*, expriment simplement une qualité louable qui peut appartenir aux choses; *temperans*, *temperantia*, une vertu dont les êtres raisonnables sont seuls susceptibles.

4. *Moderatio*, la modération dans l’action par opposition à *cupiditas*; *continentia*, dans la jouissance par opposition à *libido*.

5. *Continentia*, l’empire qu’on exerce sur les désirs sensuels, la continence; *abstinentia*, sur la convoitise de la propriété d’autrui, l’honnêteté stricte. Il est moins exact de traduire *abstinentia* par désintéressement, cette dernière vertu n’étant imposée que par la morale, tandis que l’*abstinentia* est commandée par la loi.

6. La *modestia* craint de dépasser la juste mesure ou *modus* par égard pour la morale qui la prescrit; la *verecundia* et la *reverentia*, par égard pour des personnes auxquelles le *verecundus* craint de déplaire et auxquelles le *reverens* croit devoir du respect; enfin, la *pudor*, par égard pour elle- même afin de ne pas s’exposer au mépris. Varron, dans Non. Non te tui saltem *pudet*, si nihil mei revereare? N’as-tu point de honte pour toi-même, si tu n’as plus aucun respect pour moi? Terent. Phorm. I, 5, 3, ou II, 1, 3. Non simultatem meam *revereri*? Saltem *pudere*? Ne pas reculer par respect devant mon inimitié? Ne pas rougir pour lui-même?

—Mœnia, v. *Murus*. —Mœstitia, v. *Dolor*.

Moles. Onus. Pondus. Gravitas. *Moles* et *onus*, la pesanteur envisagée par son côté désavantageux: *moles*, au sens absolu, comme un obstacle, en parlant d’un objet difficile à remuer à cause de sa grandeur, ὄγϰος; *onus*, au sens relatif, comme une charge ou un fardeau qui accable le porteur, φόρτος. *Pondus*, la pesanteur envisagée par son côté avantageux, comme puissance et comme force, le poids, ἄχθος. Enfin, *gravitas* réunit ces deux rapports et exprime tantôt la pesanteur qui est à charge, tantôt le poids qui devient une force active, ϐάρος.

—Molestia, v. *Labor*. —Monere, v. *Hortari*. —Moliri, v. *Audere*. —Moneta, v. *Pecunia*.

Mons. Jugum. *Mons*, la montagne, par rapport à sa dimension en hauteur, ὄρος; *jugum*, par rapport à ses dimensions en largeur et en longueur. *Jugum* a deux sens. Il se dit de la courbe supérieure de la montagne, courbe qui prend encore les noms plus précis de *dorsum* et de *cacumen*, selon qu’elle est aplatie ou pointue, par opposition à *radices montis*. Il se dit aussi des contre- forts d’une montagne et particulièrement des hauteurs par lesquelles différentes montagnes sont réunies de manière à former une chaîne. Par opposition à *mons*. Liv. XXII, 18. Sub *jugo* montis prælium fuit. Le combat eut lieu au-dessous de la crête de la montagne. Comparez avec XLI, 18. Petilius adversus Balistæ et Leti *jugum*, quod eos *montes* perpetuo *dorso* conjungit, castra habuit. Pétilius campa en face des contre- forts du Baliste et du Létus qui réunissent ces montagnes par une crête continue.

—Monstra, v. *Auguria*. —Morari, v. *Manere*. —Monstrare, v. *Ostendere*. —Morbidus, morbus, v. *Æger*. —Morosus, v. *Austerus*. —Morigerari, v. *Parere*.

Mors. Letum. Nex. Obitus. Interitus. Perire. Oppetere. Demori. Intermori. Emori. 1. *Mors* et *letum*, la mort naturelle: *mors*, qui est le terme ordinaire, se prend simplement au sens physique; c’est le chemin qui mène à la dissolution, θάνατος; *letum* est le terme choisi, solennel, la mort imposée par le destin, οἶτος; *nex*, la mort violente, terme passif, par opposition au terme actif de *cædes*.

2. *Mors*, *letum*, *nex*, sont des termes propres; *obitus* et *interitus*, des euphémismes. *Obitus* désigne, comme *exitus*, une mort naturelle; *interitus* et *perire* désignent habituellement, comme *exitium*, une mort violente. Plin. Ep. III, 7. Silius ultimus ex Neronianis consularibus *obiit*, quo consule Nero *periit*. De tous les consulaires du règne de Néron, Silius fut le dernier à partir; la mort violente de Néron date de son consulat. Plaut. Epid. III, 4, 56. Malo cruciatu *pereas* atque *obeas* cito. Va-t’en périr dans les tourments, pars au plus vite.

3. *Perire* présente la mort comme une destruction et une corruption; *interire*, comme une disparition, en sorte qu’à la rigueur celui-là regarde plutôt le corps, celui-ci plutôt l’âme. Plaut. Capt. III, 5, 32. Qui per virtutem periit, at non interiit, c’est-à-dire celui qui meurt par un noble trépas, de celui-là le corps seul périt, l’essence de son être (il ne s’agit pas ici de l’âme, mais de la renommée et de la gloire) ne passe point. En outre, *perire* désigne une mort prompte et tragique, particulièrement par suicide; *interire*, une mort lente et douloureuse ou encore une mort paisible. Tac. Ann. XV, 44. Et *pereuntibus* Christianis addita ludibria, ut ferarum tergis contecti laniatu canum *interirent*. Et pour se faire un jeu de la mort violente des chrétiens, on les couvrait de peaux de bêtes sauvages, et ils mouraient lentement déchirés par les chiens. Serv. ap. Cic Famm. IV, 5. Si quis nostrum *interiit* aut *occisus* est. Si l’un de nous est mort tranquillement ou s’il a été tué.

4. *Obire mortem* présente la mort comme un accident physique; on reste tout à fait passif; *oppetere*, comme un acte moral: si l’on ne va pas chercher la mort, on l’attend du moins avec une fermeté méprisante.

5. *Demori*, sortir par la mort d’une société dans laquelle on laisse un vide; *intermori*, être frappé pour un temps de mort apparente, ἐϰθανεῖν; *emori*, mourir tout à fait, par opposition à un semblant de vie passée dans le malheur, l’esclavage et la honte, πανδίϰως θανεῖν. Cic. Pis. 7. Ut *emori* potius quam servire præstaret. Plutôt mille morts que l’esclavage.

—Mos, v. *Consuetudo*. —Mucro, v. *Acies*. —Mostellum, v. *Spectrum*. —Mulcare, v. *Verberare*.

Mulcere. Palpare. *Mulcere*, passer légèrement la main sur un corps rude, par exemple, sur des cheveux pour les lisser; au figuré, adoucir un homme en colère, comme ϰαταψῆν; *palpare*, toucher légèrement un corps lisse, par exemple, la peau nue, pour causer par l’attouchement une sensation agréable; au figuré, se mettre en frais d’amabilité, cajoler, comme ψηλαφᾷν.

—Mulcta, v. *Vindicta*. —Mundus, v. *Purus*. —Mulier, v. *Femina*. —Munificus, v. *Largus*. —Munimenta, v. *Murus*. —Munus, v. *Donum* et *Officium*.

Murus. Paries. Mœnia. Maceria. Parietinæ. Munimenta. 1. *Murus*, toute espèce de bâtisse en forme de mur, au point de vue exclusif de la forme, sans égard à la destination, τεῖχος; *paries*, mur latéral, mur mitoyen ou cloison servant à établir des séparations, τοῖχος; *mœnia*, murs d’une ville pour servir de défense contre l’ennemi, περίϐολος; *maceria*, le mur qui entoure une pièce de terre pour en marquer les limites et pour la protéger contre les voleurs, la clôture d’un jardin, d’un vignoble, θριγϰός. Virg. Æn. VI, 549. *Mœnia* lata videt triplici circumdata muro. Il voit une vaste enceinte entourée d’un triple mur. Tac. Ann. XV, 43. Nero instituit, ut urbis domus non communione parietum sed propriis quæque muris ambirentur. Néron décida que les maisons de Rome n’auraient plus de murs mitoyens, que chacune aurait les siens.

2. *Muri*, *mœnia*, etc., murs en bon état d’entretien; *parietinæ*, murs en ruine.

3. *Mœnia*, remparts d’une ville propres à résister à un coup de main; *munimenta*, fortifications régulières d’une place forte ou d’un camp retranché, capables de braver un assaut.

Mutilare. Truncare. *Mutilare* se dit de mutilations légères, comme de briser les cornes, de couper le nez, les doigts, etc.; *truncare*, de mutilations graves, comme de trancher les bras, les pieds, les mains. On peut comparer les *mutilata membra* à des rameaux et à des scions rompus; les *truncata*, à de grosses branches abattues.

—Mutuo, v. *Vicissim*. —Mysteria, v. *Arcana*. —Mutuum, v. *Commodare*.

N

—Nancisci, v. *Invenire*. —Nares, v. *Nasus*.

Nasus. Nares. *Nasus*, le nez, partie saillante du visage, ῥίν; *nares*, les fosses nasales ou narines, organe actif du sens de l’odorat, μυϰτῆρες.

—Natio, v. *Gens*.

Navigium. Navis. Celox. Lembus. Liburna. Scapha. Cymba. Linter. *Navigium* est le terme général, comme bâtiment; *navis*, véritable vaisseau destiné à de longues traversées; *celox*, *lembus* et *liburna*, bateaux qu’on peut équiper et armer en guerre; *scapha*, *cymba* et *linter*, canots ou nacelles destinés à de courtes excursions et à un simple trajet d’un bord à l’autre *scapha* et *cymba*, larges, en forme de chaloupe; *linter*, long et effilé, en forme de pirogue.

Necessarius. Propinquus. Cognatus. Consanguineus. Affinis. 1. *Necessarius*, toute personne à laquelle on est lié par un rapport durable, par des relations d’affaires en qualité de *collega*, de *patronus*, de *cliens*, ou par des relations privées en qualité de *familiaris*, d’*amicus*, comme προσήϰοντες; *propinquus*, toute personne à laquelle on tient par des rapports de famille, parent quelconque, comme ἀγχιστεῖς et ἔται: c’est le terme générique qui comprend, outre le *cognatus* et le *consanguineus* ou parents par le sang, l’*affinis* ou parent par mariage ou alliance, comme ϰηδεστής.

2. *Cognatio*, la parenté par le sang entre membres de la famille, comme σύναιμος; *consanguinitas*, celle de nations qui appartiennent à la même race, comme συγγενής. Cæs. B. G. VII, 32. Hominem summæ potentiæ et magnæ *cognationis*. Personnage très-puissant et de grande famille. Comparez avec I, 11. Ambarii necessarii et *consanguinei* Æduorum. Les Ambarriens attachés aux Éduens et de même race qu’eux.

Necesse est. Oportet. Opus est. Debere. 1. *Necesse est* exprime une exigence de la nature et de la nécessité, comme ἀνάγϰη ἐστίν; *oportet*, une exigence de la morale et de l’honneur, comme χρή; opus est, de la prudence, comme δεῖ. Cic. Orat. II, 25. Jure omnia defenduntur quæ sunt ejus generis, ut aut *oportuerit*, aut licuerit, aut *necesse fuerit*. On excuse tous les faits de ce genre en se rejetant sur une obligation morale, sur une liberté consacrée par l’usage ou sur la nécessité. Att. IV, 6. Si loquor de republica quod *oportet*, insanus, si quod *opus est*, servus existimor. Si je parle honneur à propos des affaires publiques, je passe pour un insensé; si je parle prudence, je passe pour un esclave. Sen. Ep. 94. Emo non quod *opus est*, sed quod *necesse est*; quod non *opus est*, asse carum est. Je ne fais point tous les achats qu’exigerait la prudence, mais seulement ceux qu’exige la nécessité; pour une acquisition que la prudence ne commande pas, c’est trop d’une pièce de cuivre. Sall. Jug. 31. Nihil vi, nihil secessione *opus est*; *necesse est* suomet ipsi more præcipites eant. La prudence n’exige de vous ni violence ni retraite sur le mont sacré; il faut de toute nécessité que leur propre conduite les entraîne à leur perte.

2. *Oportet* exprime le droit que les autres exercent sur nous au nom de la morale; *debere*, l’obligation morale à laquelle nous nous sentons soumis, comme ὀφείλειν. Tac. H. IV, 7. Accusatores etiamsi puniri non *oporteat*, ostentari non *debere*. Si on n’était point obligé en droit à punir les accusateurs, du moins ne devait-on pas les montrer au public.

—Nectere, v. *Ligare*. —Nefandus, nefarius, v. *Scelestus*. —Nefas, v. *Delictum*.

Negare. Infitiari. Infitias ire. Denegare. Pernegare. Recusare. Abnuere. Renuere. Repudiare. 1. *Negare*, nier au nom de la vérité qu’on voit ou qu’on prétend voir, comme ἀποφάναι, οὐ φάναι; *infiteri*, *infitiari* et *infitias ire*, renier, désavouer pour quelque raison d’intérêt personnel, comme ἀρνεῖσθαι. Cic. Fr. Tog. cand. p. 525. Or. Denique illi negare potuerunt et *negarunt*; tu tibi ne *infitiandæ* quidem impudentiæ locum reliquisti. Pour eux, ils pouvaient nier et ils ont nié le fait; pour toi, tu ne t’es même pas réservé le moyen de désavouer ton effronterie.

2. *Infiteri*, terme vieilli; *infitiari*, terme usuel et général. *Infitias ire* ne se construit en prose qu’avec une négation et répond alors à ne pas disconvenir.

3. *Negatio*, négation qui a pour but ou pour effet d’instruire l’auditeur; *pernegatio* ou *negitatio*, de le convaincre quand il se montre incrédule; *denegatio*, de le chagriner, particulièrement à propos d’une prière qu’on n’exauce pas. Mart. Ep. IV, 82. *Negare* jussi, *pernegare* non jussi. J’ai voulu un non tout court, je n’ai pas voulu de non répétés. Cic. Phil. XI, 8, 19. In quo maximum nobis onus imposuit; *assensero*: ambitionem induxero in curiam; *negaro*: videbor suffragio meo tanquam comitiis honorem homini amicissimo *denegasse*. L. César nous a mis là sur les épaules un pesant fardeau. Dire oui, c’est introduire des cabales dans le palais du sénat; dire non, c’est paraître dénier par mon vote, comme par une décision des comices, cet honneur à mon meilleur ami.

4. *Negare* ne suppose qu’une demande, ou faite ou faisable, à laquelle on répond non; *recusare* suppose une insinuation qu’on repousse, d’où il résulte que *negare* est une manière de parler plus répandue et plus douce que *recusare*; car le *negans*, qu’on questionne ou qu’on prie, nie simplement la possibilité de la chose; le *recusans* se retranche sur-le-champ dans son droit, il proteste contre l’insinuation en homme qu’on menace ou sur lequel on empiète. Aussi *negare*, *denegare*, sont-ils plus usités à propos d’affaires particulières; *recusare*, à propos d’affaires publiques.

5. *Negare* et *recusare* exigent des paroles ou des discours; *abnuere* et *renuere* n’exigent guère que des signes ou des gestes: *abnuere*, un geste de la main pour congédier, comme ἀπονεύω; *renuere*, un signe qui consiste à retirer la tête en arrière, comme ἀνανεύω.

6. *Abnuere* est une manière amicale; *renuere*, une manière hautaine de dire non.

7. *Recusare* se rapporte à un objet qui s’annonce comme un fardeau et qui entreprend sur la résignation des gens, par opposition à *suscipere*; *repudiare*, à un objet qui s’annonce comme un bien et qui promet du profit ou du plaisir, par opposition à *assumere*. Cic. Finn. I, 10,33. Sæpe eveniet ut et *voluptates repudiandæ* sint et *molestia* non recusanda. Il y aura souvent lieu et de congédier les plaisirs et de ne pas repousser la peine.

—Negligere, v. *Spernere*. —Nepos, v. *Prodigus*. —Nequidquam, v. *Frustra*. —Nescius, v. *Cognitio*. —Nemus, v. *Silva*. —Nequaquam, v. *Neutiquam*. —Nequitia, v. *Malitia*.

Neutiquam. Nequaquam. Minime. *Neutiquam*, en aucun cas, par opposition à *utique*; *nequaquam*, en aucune façon; *minime*, pas le moins du monde.

—Nex, v. *Mors*. —Niger, v. *Teter*. —Nihil agere, v. *Vacare*.

Nihil est. Nihili est. Nullus est. *Nihil est* exprime le comble de l’impuissance et de l’incapacité, comme être autant que rien; *nihili est*, le défaut absolu de valeur, l’inutilité complète, comme ne compter pour rien; enfin, *nullus est*, la négation de l’existence: n’être plus.

—Nitere, v. *Lucere*. —Nobilis, v. *Celeber*. —Niti, v. *Fulciri*. —Nocens, v. *Culpa*.

Nominare. Nuncupare. Vocare. Appellare. *Nominare* et *nuncupare*, désigner une personne par son nom: *nominare*, par un nom qui lui appartient de vieille date; *nuncupare*, donner un nom à un objet qui n’en a pas encore, dénommer, surnommer. *Appellare* et *vocare*, désigner une personne ou un objet par un nom, un titre ou un attribut quelconque.

Nonnunquam. Interdum. Aliquando. *Nonnunquam*, de temps à autre, opposé à *nunquam* et *semper*, se rapproche de l’idée exprimée par *sæpius*, comme ἔσθ’ ὅτε; *interdum*, parfois, opposé à *crebro*, se rapproche de l’idée exprimée par *rarius*, comme ἐνίοτε; enfin, *aliquando*, quelquefois, une ou deux fois, opposé à *semel*, se rapproche de l’idée exprimée par *propenunquam*, comme ποτέ. Les *interdum facta* sont des faits isolés; les *nonnunquam facta*, des faits qui se répètent; les *aliquando facta*, des faits rares. Cic. Sext. 54. *Comitiorum* et *concionum* significationes interdum veræ sunt, nonnunquam vitiatæ et corruptæ. Les manifestations de comices et des autres assemblées sont parfois vraies; ne sont- elles pas, de temps à autre, entachées de fraude et de violence?

—Notare, v. *Animadvertere*. —Novissimus, v. *Extremus*. —Notitia, v. *Cognitio*.

Novus. Recens. Novicius. 1. *Novus*, nouveau, se dit de ce qui n’existait pas précédemment, par opposition à *antiquus*, comme νέος; *recens*, récent, de ce qui n’existe pas depuis longtemps, comme ϰαινός.

2. *Novus* se prend généralement pour tout ce qui est nouveau; il y a, de plus, dans *novicius*, l’idée accessoire du novice qui a de nouvelles habitudes à prendre ou du nouveau venu auquel il faut que les autres s’habituent.

—Noxia, noxius, v. *Culpa*. —Nullus sum, v. *Nihil est*.

Numen. Deus. Divus. Semo. Heros. *Numen*, pris dans son acception générale, tout être divin, δαίμων. C’est le terme générique, par rapport à *deus*, anciennement *divus*, le dieu, θεός, et à *semideus*, le demi- dieu, ἡμίθεος, ou *semo*, moitié homme, moitié dieu. L’usage a donné pour équivalent à ces deux mots, outre *heros*, qui est d’origine étrangère, *numen*, pris dans son acception restreinte. Plin. Pan. 2, 3. Nusquam ut *deo*, nusquam ut *numini* blandimur. Nous ne cherchons aucune occasion de lui complaire comme à un dieu, ni même comme à un demi-dieu.

—Nummus, v. *Pecunia*. —Nuncupare, v. *Nominare*. —Nunc—nunc, v. *Modo—modo*.

Nuper. Modo. *Nuper*, il y a quelques jours, quelques mois, même quelques années, dernièrement, νεωστί; *modo*, il y a quelques instants, à l’instant même, ἄ ρτι. Cic. Verr. IV, 3, 6. *Nuper* homines nobiles ejusmodi; sed quid dico *nuper*? imo vero *modo* ac plane paulo ante vidimus. De ces hommes illustres nous en avons vu dernièrement. Et que signifie ce dernièrement? Ne les voyions- nous pas encore tout à l’heure, à l’instant? Tusc. I, 24. Quanta memoria fuit *nuper* Charmadas! quanta qui *modo* fuit Scepsius Metrodorus! Et, dans ces derniers temps, quelle mémoire chez Charmadas! quelle encore chez Scepsius Métrodorus, qui vient à peine de s’éteindre!

—Nuptiæ, v. *Conjugium*. —Nutrire, v. *Alere*. —Nutare, v. *Labare*.

O

—Obambulare, v. *Ambulare*. —Obesus, v. *Pinguis*. —Obedire, v. *Parere*. —Obex, v. *Sera*.

Objicere. Exprobrare. *Objicere*, adresser à quelqu’un un reproche dont il peut se justifier comme d’une accusation; *exprobrare*, un blâme qu’il est obligé de laisser peser sur lui. L’*objiciens* entend qu’on s’explique; l’*exprobrans* ne cherche qu’à couvrir de honte. Cic. Verr. V, 50, 132. Num casus bellicos tibi *exprobrare* aut *objicere* videor? Est-ce que j’ai l’air de tirer contre toi des hasards de la guerre un sujet de blâme ou de reproche?

—Obitus, v. *Mors*.

Oblectatio. Delectatio. *Oblectatio*, occupation agréable, passe-temps, amusement qui préserve de l’ennui et procure quelque plaisir; *delectatio*, véritable divertissement qui procure une jouissance positive et un plaisir solide. Cic. Orat. I, 26. In iis artibus, in quibus non utilitas quæritur necessaria, sed animi libera quædam *oblectatio*. Dans les études qui n’ont point un but d’utilité et de nécessité, qui amusent l’esprit sans l’assujettir. Et Ep. Qu. Fr. II, 14. Satis commode me *oblectabam*. J’étais assez agréablement occupé. Comparez avec Famm. IX, 24. Magna te *delectatione* et voluptate privavisti. Tu as perdu par ta faute un plaisir vif et charmant.

—Obligare, v. *Ligare*. —Obliquus, v. *Transversus*. —Oblitus, v. *Delibutus*.

Obscurum. Tenebræ. Caligo. Tenebricosus. Opacus. Umbrosus. 1. *Obscurum*, sombre, s’entend d’une simple privation d’éclairage, comme σϰότος, par opposition à *illustre*; *tenebræ*, d’une privation de lumière, c’est l’obscurité, ζόφος, ϰνέφας, par opposition à *lux*; enfin, *caligo* signifie quelque chose de réel et d’opposé à la lumière et à la clarté, les ténèbres, ἄχλυς. *Caligo* renchérit sur *tenebræ*, qui renchérit sur *obscuritas*, qui renchérit sur *opacum* et *umbrosum*. Cic. Acadd. IV, 23, 72. Sensus quidem non *obscuros* facit sed *tenebricosos*. Les sens, loin de nous éclairer, nous retiennent dans l’obscurité. Plin. Ep. VII, 21. Cubicula obductis velis *opaca*, nec tamen *obscura* facio. Mes tentures donnent de l’ombre à mes pièces sans les rendre sombres. Tac. H. II, 32. Senatum et populum nunquam *obscurari* nomina, etsi aliquando *obumbrentur*. Rien ne ternira jamais les noms du sénat et du peuple, quoiqu’une ombre puisse passer dessus. Au figuré, *obscurus* désigne ce qui n’a point de prix, ce que personne ne remarque; *tenebricosum* marque quelque chose de positivement mauvais qui recherche l’obscurité pour passer inaperçu.

2. *Opacus*, ombragé, avec l’idée d’une fraîcheur agréable et bienfaisante, par opposition à *apertus* et *apricus*, comme εὔσϰιος; *umbrosus*, plein d’ombre, presque sombre, σϰιόεις.

—Obsecrare, v. *Rogare*. —Obsecundare, obsequi, v. *Parere*. —Observare, v. *Vereri*. —Obstinare, v. *Destinare*. —Obstringere, v. *Ligare*. —Obtestari, v. *Rogare*. —Obtrectatio, v. *Invidia*. —Obtutus, v. *Videre*. —Obstinatio, v. *Pervicacia*. —Obtemperare, v. *Parere*. —Obtingere, v. *Accidere*. —Obtruncare, v. *Interficere*. —Obvenire, v. *Accidere*.

Occasio. Opportunitas. Potestas. Copia. Facultas. *Occasio* et *opportunitas*, l’occasion offerte par la fortune et le hasard: *occasio*, en général, celle d’entreprendre quelque chose, ϰαιρός; *opportunitas*, celle d’entreprendre une chose avec facilité et avec des probabilités de succès, comme εὐϰαιρία. *Potestas* et *copia*, l’occasion offerte par les hommes et par leur complaisance: *potestas*, la possibilité de faire quelque chose légitimement; *copia*, celle de le faire commodément; enfin, *facultas*, qui est le terme le plus général, la simple possibilité.

—Occidere, v. *Interficere*. —Occulere, v. *Celare*. —Oculi, v. *Facies*.

Odium. Invidia. Inimicitia. Simultas. 1. *Odium* et *invidia* expriment le sentiment de l’aversion; *inimicitia* et *simultas*, les rapports extérieurs qui dérivent de ce sentiment.

2. L’*invidia* a un caractère négatif, comme la malveillance, δύσνοια, c’est un sentiment temporaire qui s’oppose à *gratia* ou *favor*; l’*odium* a un caractère positif, comme la haine, μῖσος, c’est un sentiment profondément enraciné qui s’oppose à *amor*. L’*invidia* est le commencement de l’*odii*. L’*invidia* ne s’attache qu’aux personnes; l’*odium* s’attache aux personnes et aux choses. Tac. Ann. II, 56. Armenii... sæpius discordes sunt, adversus Romanos *odio* et in Parthum *invidia*. Les Arméniens sont très-souvent partagés entre leur haine pour les Romains et leur malveillance pour les Parthes. XIII, 15. Nero intellecta *invidia* *odium* intendit. Ces symptômes de malveillance que Néron discerna portèrent sa haine au comble. Plin. Pan. 84, 2. Exardescit *invidia* cujus finis est *odium*. Elle s’enflamme au contact de la malveillance qui aboutit à la haine.

3. *Inimicitia*, toute espèce d’inimitié fondée sur l’antipathie ou sur de mauvais rapports, δυσμένεια, ἔχθρα; *simultas*, inimitié politique entre rivaux de pouvoir, φιλονειϰία. Suet. Vesp. 6. *Simultas* quam ex *æmulatione* non obscure gerebat. Licinius Mucianus, qui ne se cachait point d’être par esprit de rivalité l’ennemi politique de Vespasien.

—Odorari, odorus, v. *Olere*. —Offendere, v. *Lædere*. —Offensio, v. *Contumelia*.

Officium. Munus. *Officium*, tâche considérée comme une obligation morale qu’on remplit par conscience; *munus*, comme une obligation politique imposée par délégation. Cic. Mur. 35. Hæc sunt *officia* necessariorum, commoda tenuiorum, *munia* candidatorum. C’est un devoir d’affection pour les parents, un profit pour les petites gens, une charge imposée aux candidats.

Olere. Olfacere. Fragrare. Odorari. Olidus. Odorus. Redolere. Perolere. 1. *Odor* et *olere* expriment l’odeur qu’un corps répand, par opposition à *sapor*, etc., comme ὀσμή; *olfactus* et *olfacere*, la sensation de cette odeur ou le sens de l’odorat, par opposition à *gustus*, etc., comme ὄσφρησις.

2. *Olere*, sentir, par opposition à n’avoir point d’odeur, et par préférence sentir fort et mauvais, empester; *fragrare*, sentir bon, embaumer. *Redolere* et *perolere* jouent le rôle de fréquentatifs; mais *redolere* marque une odeur forte, bonne ou mauvaise, indifféremment; *perolere* se prend en mauvaise part pour une odeur pénétrante.

3. *Olfactus*, l’odeur perçue par un effet involontaire du sens de l’odorat; *odoratus*, odeur saisie par un effort du même sens.

4. *Olfacere*, sentir et flairer, est passif, comme *audire*, l’odeur monte au nez d’elle-même; *odorari*, aspirer, renifler, ῥινηλατεῖν est actif, comme *auscultare*, on attire soi-même l’odeur au nez. *Olfaciens* sentit *odorem*, *odorans* captat.

5. *Olidus*, qui sent, et par préférence qui sent mauvais; *odorus*, qui parfume. Par rapport à puer, *bene olidus* n’est qu’un opposé négatif, comme qui ne sent pas mauvais; *odorus* est l’opposé positif, comme: qui sent bon. Et de même, le vieux mot *olor* désignait la puanteur, comme *oletum*; *odor* ne marque que l’odeur.

—Oletum, v. *Lutum*. —Omina, v. *Auguria*. —Omittere, v. *Intermittere*, *Mittere* et *Relinquere*. —Omnes, v. *Quisque*. —Onus, v. *Moles*. —Opem ferre, v. *Auxilium*. —Olfacere, olidus, v. *Olere*. —Omnino, v. *Plane*. —Opacus, v. *Obscurum*.

Opera. Labor. Industria. Gnavitas. Assiduitas. Diligentia. 1. *Opera*, activité qui est loin d’astreindre, simple action, simple occupation matérielle, par opposition aux moments d’inaction ou encore à la pensée, au discours, au conseil, comme ἐργασία; *labor*, activité pleine d’efforts et suivie de fatigue, le travail, par opposition au plaisir, comme πόνος. Plaut. Aul. II, 3, 7. *Opera* huc est conducta vestra, non *oratio*. On a loué vos bras, non votre langue. Cic. Rep. I, 9. Otiosiorem *opera* quam *animo*. Plutôt désœuvré que libre d’esprit. Liv. XXII, 22. Ut *opera* quoque impensa *consilium* adjuvem meum. Pour mettre la main à l’exécution de mon dessein. Mais V, 4. *Labor* *voluptas*que dissimillima natura, societate quadam naturali inter se sunt conjuncta. Le travail et le plaisir dont la nature a fait deux extrêmes et qu’elle n’a pas laissé d’unir entre eux par une sorte d’association.

2. *Industria*, *gnavitas* et *sedulitas* présentent l’activité comme une qualité habituelle, par opposition à la paresse: *industria*, activité qui se déploie dans de grandes entreprises, celle qui anime le héros et l’homme d’État, par opposition à *ignavia*; *gnavitas*, activité utile, application de l’homme rangé et de l’industriel; enfin, *sedulitas*, l’activité dans les petites choses qui risque souvent de paraître comique, l’agitation perpétuelle d’une ménagère diligente, d’une nourrice dévouée, de l’homme qui fait sa cour. Colum. XII, præf. 8. Ut cum forensibus negotiis matronalis *sedulitas* *industriæ* rationem parem faceret. La femme attentive au détail d’une maison vaut l’homme qui consacre ses forces aux affaires publiques.

3. *Assiduitas* et *diligentia*, l’application: mais *assiduitus* marque plutôt, comme συνέχεια, la continuité: on arrive au but par des efforts longs et soutenus; *diligentia* marque plutôt l’intensité, comme ἀϰρίϐεια: on arrive par un travail soigneux et exact.

4. *Studium*, le zèle, marque exclusivement le goût et l’amour de la chose, le penchant intérieur.

—Operæ, v. *Mercenarii*. —Opifex, v. *Faber*. —Opinari, v. *Censere*. —Opitulari, v. *Auxilium*. —Opperiri, v. *Manere*. —Opes, v. *Divitiæ*. —Opimus, v. *Pinguis*. —Opinio, v. *Sententia*. —Oportet, v. *Necesse est*. —Oppetere, v. *Mors*. —Opportunitas, v. *Occasio*. —Opprobrium, v. *Ignominia*. —Optimates, v. *Primores*. —Opus est, v. *Necesse est*. —Ora, v. *Margo* et *Ripa*. —Optare, v. *Velle*. —Opulentia, v. *Divitiæ*. —Opus, v. *Agere*. —Orare, v. *Rogare*. —Opprimere, v. *Vincere*. —Oræ, v. *Laqueus*. —Oratio, v. *Sermo*.

Orbis. Circulus. Gyrus. *Orbis*, mouvement circulaire, périphérie décrite dans le cours de ce mouvement; *circulus*, surface circulaire; *gyrus*, ligne courbe et particulièrement ligne serpentine. L’expression in *orbem* consistere (serrer les rangs sur la circonférence d’un cercle) ne pourrait pas être échangée contre in *circulum* (se masser dans l’intérieur d’un cercle), et le cercle formé par une société close, *circulus*, ne pourrait point s’appeler *orbis*. Tac. G. 6. Equi nec variare *gyros* nostrum in modum docentur; in rectum aut uno flexu dextros agunt, ita conjuncto *orbe* ut nemo posterior sit. Les Germains ne dressent point, comme nous, les chevaux à suivre différentes courbes; ils les poussent droit devant eux; quand ils les font tourner, c’est toujours par la droite, et ils se suivent alors de si près sur une ligne circulaire, qu’on ne distingue pas le premier cavalier du dernier.

—Ordiri, v. *Incipere*. —Oreæ, v. *Frenum*. —Ornatus, v. *Præditus*. —Ordo, v. *Series*. —Ornare, v. *Comere*. —Os, v. *Facies*.

Osculum. Suavium. *Osculum*, baiser d’amitié; *suavium*, de tendresse.

Ostendere. Monstrare. Declarare. *Ostendere*, montrer en ce sens qu’on fait remarquer une chose, qu’on la fait voir, qu’on ne la tient pas cachée, comme φῆναι, ἐμφανίσαι; *monstrare*, indiquer en ce sens qu’on communique un renseignement, comme δεῖξαι; enfin, *declarare*, mettre en évidence en ce sens qu’on tire quelque chose au clair et qu’on dissipe des doutes, comme δηλῶσαι.

—Ostenta, v. *Auguria*. —Ostentatio, v. *Jactatio*.

Ostium. Janua. Fores. Valvæ. *Ostium* et *janua*, porte, ouverture qui sert à entrer et à sortir: *ostium*, terme général pour toute espèce de porte, θύρα; *janua*, terme spécial, porte de maison. *Fores* et *valvæ*, battants destinés à fermer l’ouverture: *fores*, à des portes ordinaires, comme θυρίδες; *valvæ*, à des édifices et à des temples qui ont des portes doubles, à deux battants. Tac. Ann. XIV, 8. Anicetus refracta *janua* obvios servorum adripit; donec ad *fores* cubiculi veniret. Anicétus enfonce la porte de la maison et se fait suivre par les esclaves qu’il rencontre jusqu’à la porte de la chambre d’Agrippine.

—Otiari, v. *Vacare*.

Otium. Pax. Concordia. *Otium*, la tranquillité en général, tandis que *pax* se rapporte aux relations extérieures et *concordia* à la situation intérieure.

P

—Pædor, v. *Lutum*.

Pæne. Prope. Fere. Ferme. *Pæne* et *prope* servent à adoucir une expression trop forte et à faire passer une hyperbole: *pæne*, qui est opposé à *plane*, se traduit par presque; *prope*, par peu s’en faut que. *Fere* et *ferme* ne servent qu’à se précautionner contre la lettre de l’assertion, comme à peu près, environ.

—Pætus, v. *Strabo*. —Palam, v. *Aperire*. —Palari, v. *Errare*. —Palus, v. *Lacuna*. —Pandus, v. *Curvus*. —Palpare, v. *Mulcere*. —Palus, v. *Stipes*. —Par, v. *Æquus*. —Parere, v. *Creare*. —Paratus, v. *Præditus*.

Parere. Obedire. Dicto audientem esse. Obsequi. Obsecundare. Morigerari. Obtemperare. *Parere*, *obedire* et *dicto audientem esse* présentent l’obéissance comme une obligation, un devoir, une sujétion: *parere*, avec une idée d’humilité, l’obéissance du serviteur à son maître, du sujet à son prince, par opposition à *imperare*; *obedire*, *obedire*, avec un certain air de liberté, celle de l’inférieur au supérieur, du citoyen à la loi et à l’autorité; *dicto audientem esse*, avec l’idée de la subordination stricte, l’obéissance passive du soldat à son général. *Obsequi*, *obsecundare*, *obtemperare* et *morigerari* expriment une obéissance volontaire et libre, comme être docile. L’*obsequens* et l’*obsecundans* sont dociles par amour et complaisance; ils se montrent pleins de bonne volonté; le *morigerans* et l’*obtemperans* le sont par conviction, estime ou crainte; ils font preuve de déférence. Hirt. B. Afr. 57. Jubæ barbaro potius *obedientem fuisse* quam nuntio Scipionis *obtemperasse*. Obéir à un barbare, à Juba, plutôt que d’écouter le messager de Scipion. Tac. H. II, 14. Parata non arma modo, sed *obsequium* et *parendi* amor, c’est-à-dire de la docilité inspirée par l’estime et l’amour qu’ils portaient au général et du plaisir à obéir, parce qu’ils sentaient que leur cause ne pouvait pas se soutenir sans subordination et sans ordre. Cic. Orat. 71. Dum tibi *roganti* voluerim *obsequi*. Voulant aller au-devant de ta prière. Comparez avec Famm. IX, 25. *Obtemperare* cogito *præceptis* tuis. Je pense me conformer à tes prescriptions.

—Paries, parietinæ, v. *Murus*. —Parilis, v. *Æquus*. —Parma, v. *Scutum*.

Pars. Portio. *Pars*, la partie, par rapport au tout; *portio*, la portion ou la part, par rapport à celui qui en a la jouissance. Plin. H. N. XI, 15. Æstiva mellatione decimam *partem* apibus relinqui placet, si plenæ fuerint alvi; sin minus, pro rata *portione*. Cassius Dionysius veut qu’on laisse aux abeilles le dixième de la récolte d’été, lorsque les ruches sont pleines, et une part proportionnée lorsqu’elles ne sont pas entièrement remplies. (Traduction de Guéroult.)

Partes. Factio. *Partes*, parti qui se forme de lui-même en vertu de la différence des principes et des intérêts; *factio*, faction qui se forme par une association étroite entre ses membres, et qui agit de concert avec une ardeur aveugle jusqu’à recourir à la violence pour assurer la suprématie de sa cause. Sall. Jug. 31. Inter bonos *amicitia*, inter malos *factio* est. Cette union, qui serait amitié entre des gens de bien, n’est qu’une faction entre des scélérats.

—Particeps, v. *Socius*. —Partiri, v. *Dividere*. —Participare, v. *Impertire*.

Parumper. Paulisper. *Parumper*, pour un peu de temps; *paulisper*, pendant un peu de temps. Il suit de là que *parumper* se dit par préférence des actes de l’esprit, *paulisper*, des faits matériels, parce que l’idée de futur contenue dans *parumper* s’associe presque nécessairement à ces actes de l’esprit, tandis que *paulisper* marque un état et une simple durée, par exemple *paulisper morari*, s’arrêter quelque temps, mais *parumper dubitare*, hésiter pour un temps.

Parvus. Minutus. Exiguus. Pusillus. *Parvus* et *minutus* expriment la petitesse dans un sens indifférent et purement mathématique, sans idée accessoire: *parvus*, une petitesse naturelle et inhérente, par opposition à *magnus*, comme μιϰρός; *minutus*, une petitesse factice, artificielle. *Exiguus* et *pusillus* expriment en outre une idée accessoire de mépris: *exiguus*, avec une nuance de pitié, comme misérable, insignifiant, par opposition à *amplus* ou à *grandis*; *pusillus*, avec une nuance de ridicule, comme tout petit, nain, par opposition à *ingens*, comme τυτθός.

—Pascere, v. *Alimenta*.

Passi. Prolixi. Sparsi. *Passi capilli*, cheveux dénoués par opposition à ceux qui sont retenus par un nœud, *cohibiti nodo*; *prolixi*, cheveux flottants par opposition à ceux qui sont relevés sur le haut de la tête, *religati in verticem*; enfin *sparsi*, cheveux épars et en désordre par opposition à des cheveux bien peignés, *pexi*.

—Passus, v. *Gradus*. —Pati, v. *Ferre*. —Patefacere, v. *Aperire*.

Paternus. Patrius. *Paternus*, πατρῷος, ce qui appartient au père et ce qui vient de lui, comme paternel; *patrius*, πάτριος, ce qui appartient aux ancêtres ou à la patrie et ce qui vient d’eux.

Paulatim. Sensim. Gradatim. Pedetentim. *Paulatim* et *sensim* présentent la gradation sous l’image d’un progrès qui passe inaperçu: *paulatim*, comme peu à peu, par opposition à *semel* d’une seule fois; mais *sensim* comme insensiblement, par opposition à *repente*, tout à coup; *gradatim* et *pedetentim*, sous l’image d’un progrès visible: *gradatim*, comme pas à pas et ϐάδην, par opposition à *cursim*, *saltuatim*, etc.; *pedetentim*, en avançant avec peine et pied à pied par opposition à *cursu*, *equo*, *volatu*, *velis*.

—Paulisper, v. *Parumper*.

Paupertas. Inopia. Egestas. Mendicitas. *Paupertas*, modicité de ressources qui oblige à se restreindre, par opposition à *dives*, comme πενία; *inopia* et *egestas*, pauvreté accablante qui impose des souffrances et des privations: mais *inopia* exprime comme ἀπορία le dénûment en lui-même, le défaut de ressources qui empêche de se tirer d’affaire, par opposition à *copia* ou *opulentia*; et *egestas* comme ἔνδεια la pauvreté besoigneuse et nécessiteuse, par opposition à *abundantia*; enfin *mendicitas*, l’indigence qui réduit les gens à mendier, πτωχεία. Le *pauper* n’a pas grand’chose, l’*inops* et l’*egenus* ont trop peu de chose, le *mendicus* n’a rien du tout. Dans la classification des rangs par échelle de richesse les *pauperes* forment la classe moyenne qui est obligée de vivre bourgeoisement et parcimonieusement; les *inopes* et les *egeni*, quand ces deux mots ne s’appliquent point à une gêne passagère, forment la classe des pauvres qui vivent au jour le jour de leur travail et sont même exposés à souffrir la faim; les *mendici*, la classe des mendiants qui ne vivent que d’aumônes, également dépourvus de toute propriété et de toute industrie. Cic. Parad. 6. Istam *paupertatem* vel potius *egestatem* et *mendicitatem* tuam nunquam obscure tulisti. Médiocrité de fortune, pauvreté besoigneuse, indigence, tu as constamment porté ton sort au grand jour. Suet. Gr. 14. Vixit in summa pauperie et pæne inopia. Il vécut dans une extrême médiocrité qui était presque du dénûment. Plin. Ep. IV, 18. *Inopia* vel potius, ut Lucretius ait, *egestas* patrii sermonis. La stérilité ou plutôt, comme parle Lucrèce, l’impuissance de la langue maternelle. Cic. Inv. I, 47. Propter *inopiam* in *egestate* esse. Tomber du dénûment dans la gêne.

—Pax, v. *Otium*. —Pavire, v. *Verberare*. —Peccatum, v. *Delictum*. —Peculari, v. *Vastare*. —Peculiaris, v. *Privus*.

Pecunia. Nummus. Moneta. *Pecunia*, terme collectif, somme d’argent; *nummus*, la pièce d’argent par rapport à sa valeur et à son usage; *moneta*, la monnaie par rapport à son empreinte et à son aspect.

Pecus. Jumentum. Armentum. Grex. 1. *Pecus*, *pecoris*, terme général pour tous les animaux domestiques; *jumenta* et *armenta*, gros bétail, bœufs, ânes, chevaux; *pecus*, *pecudis*, petit bétail, cochons, chèvres, et par préférence les moutons.

2. *Jumenta*, bêtes de trait, bœufs, ânes, chevaux; *armenta*, bêtes de labour, bœufs et chevaux, à l’exclusion des vaches, des ânes de bât, des chevaux de selle qui ne vont ni à la voiture ni à la charrue.

3. Pris au singulier et comme nom collectif, *armentum* signifie un troupeau de gros bétail, ἀγέλη; *grex* est un troupeau de petit bétail, comme ποίμνη, πῶϋ. Plin. Ep. II, 16. Multi *greges* ovium, multa ibi equorum boumque *armenta*. De nombreux troupeaux de petit et de gros bétail, moutons, chevaux, bœufs.

—Pecus, v. *Animal*. —Pedica, v. *Vincula*. —Pejor, v. *Deterior*. —Pellucidus, v. *Perlucidus*. —Penitus, v. *Plane*. —Penus, v. *Alimenta*. —Percussor, v. *Homicida*. —Pedetentim, v. *Paulatim*. —Pejerare, v. *Perlucidus*. —Pelagus, v. *Mare*. —Pellegere, pellicere, v. *Perlucidus*. —Pellis, v. *Tergus*. —Pendere, v. *Hærere*. —Penna, v. *Ala*. —Percontari, v. *Rogare*. —Percutere, v. *Interficere*.

Perdere. Pessundare. Pervertere. Evertere. *Perdere* et *pessundare*, anéantir: *perdere*, en brisant l’objet, par destruction; *pessundare*, par submersion ou par quelque autre manière de faire disparaître l’objet. *Evertere*, *pervertere* et *subvertere*, renverser: *evertere*, en déterrant ou en arrachant ce qui est assujetti par le pied, il est opposé à *fundare*; *pervertere*, en jetant à bas ce qui se tient debout; *subvertere*, par une voie secrète et souterraine, en sapant la base. Cic. Pis. 24. Provincia tibi ista manupretium fuerit non eversæ per te sed *perditæ* civitatis. Ce sera ton salaire pour avoir causé la chute et même la ruine de l’État.

—Perdere, v. *Amittere*. —Peregrinus, v. *Exterus*. —Perferre, v. *Ferre*. —Perfidiosus, perfidus, v. *Fidus*. —Peregrinari, v. *Proficisci*. —Peremtor, v. *Homicida*. —Perficere, v. *Finire*.

Perfuga. Transfuga. Profugus. Fugitivus. Extorris. Exul. Perfugium. Suffugium. Refugium. 1. *Perfuga* et *transfuga*, le déserteur qui fuit d’un parti vers l’autre, αὐτόμολος: mais le transfuge, *perfuga*, passe à l’ennemi en criminel qui trahit son parti; le *transfuga* n’est qu’un homme irrésolu qui abandonne les siens pour aller ailleurs. *Profugus* et *fugitivus*, le fugitif qui abandonne sa demeure: le *profugus* est un infortuné qui cède à la force en fuyant sa patrie et qui court le monde comme un banni, φυγάς; le *fugitivus* est un coupable qui se dérobe à son devoir, à son poste, à sa prison, à son maître, δραπέτης. On entend généralement par *perfuga* et *transfuga* un soldat, par *profugus* un citoyen, par *fugitivus* un esclave. Liv. XXX, 43. De *perfugis* gravius quam de *fugitivis* consultum. Les transfuges furent plus sévèrement traités que les esclaves fugitifs.

2. *Perfugium*, asile public et sûr dans des dangers sérieux; *suffugium*, asile sinon secret, du moins fortuit et temporaire contre des contrariétés; *refugium*, asile préparé ou du moins choisi d’avance en cas de retraite.

3. *Profugus* marque un état de fait, celui d’un homme qui fuit hors de son pays; *extorris*, un état politique, comme proscrit; *exul*, un état légal comme exilé. L’*extorris* subit un malheur, il ne peut plus rester dans sa patrie; l’*exul* subit un châtiment, il n’a plus le droit d’y rester. Appul. Met. V, p. 101. *Extorres* et... velut *exulantes*. Proscrits et comme exilés.

—Periclitari, periculum, v. *Tentare*. —Perimere, v. *Interficere*. —Perire, v. *Mors*.

Perlucidus. Pellucidus. Perlegere. Pellegere. Perlicere. Pellicere. Perjurare. Pejerare. Examinant ces mots par couples, le premier des deux, qui est la forme primitive, a chaque fois l’accent sur l’adverbe *per*; le second, qui est une forme adoucie par l’assimilation de l’r en l ou par l’élimination de l’r, a l’accent sur le nom ou sur le verbe, et la racine accentuée prédomine dans la signification du composé.

1. *Perlucidus*, très-lumineux; *pellucidus*, transparent.

2. *Perlegere*, lire d’un bout à l’autre; *pellegere*, parcourir, feuilleter.

3. *Perlicere*, attirer avec une force irrésistible; *pellicere*, séduire.

4. *Perjurare*, prêter un faux serment; *pejerare*, violer un serment.

—Permittere, v. *Concedere* et *Fidere*. —Pernegare, v. Negare. —Pernicies, v. *Lues*. —Pernix, v. *Citus*.

Perperam. Falso. False. Fallaciter. 1. *Perperam* s’entend de la fausseté du fait, comme inexactement; *falso*, de la personne qui se trompe, comme par erreur, par méprise...

2. *Falso agere* ne se dit que d’une erreur où l’on est ou d’une illusion qu’on se fait; *false* et *fallaciter agere* supposent qu’on va contre ce qu’on sait et contre sa conscience: *false*, comme faussement, par crainte et faiblesse de caractère; *fallaciter*, comme fallacieusement, avec la mauvaise intention de duper et de trahir. Comparez Tacite, Ann. I, 1. Tiberii res... ob metum *false* compositæ sunt (d’après le texte de Wolf). La peur a dicté des faussetés aux historiens de Tibère; avec Germ. 36. Inter impotentes et validos *falso* quiescas. Entre des voisins puissants et forts un peuple ne goûte qu’un repos trompeur.

3. Les idées exprimées par *falso* et *false* sont réunies dans l’adjectif *falsus*, qui ne se distingue que de *fallax*. Cic. Phil. XII, 2. Spes *falsa* et *fallax*. Fausse et perfide espérance. Tac. Ann. XVI, 32. Specie bonorum *falsos* et amicitiæ *fallaces*. La fausseté sous un semblant de vertu, la perfidie sous un semblant d’amitié.

—Perpeti, v. *Ferre*. —Perpetuus, v. *Continuus*.

Perquam. Valde. Admodum. Magnopere. *Perquam*, extraordinairement, avec une nuance de surprise chez la personne qui parle; *valde*, très, *admodum*, assez, et *multum*, servent simplement à renforcer le sens de l’attribut ou du verbe, *magnopere*, du verbe seul.

—Perseverantia, v. *Pervicacia*. —Persona, v. *Larva*. —Pertinacia, v. *Pervicacia*. —Pervertere, v. *Vertere* et *Perdere*.

Pervicacia. Perseverantia. Pertinacia. Contumacia. Destinatio. Obstinatio. 1. *Pervicacia* et *perseverantia* présentent comme une vertu l’attachement à un sentiment dans lequel on est entré: la *pervicacia* est fondée sur une énergie naturelle, c’est l’ardeur opposée à la lassitude; la *perseverantia*, sur le développement des qualités sérieuses, c’est la persistance opposée à la versatilité. *Pertinacia* et *contumacia* expriment un défaut: la *pertinacia* provient d’un attachement opiniâtre à une résolution prise comme l’entêtement et la présomption, par opposition à la condescendance; la *contumacia*, de l’orgueil qu’on met à défendre son libre arbitre, même contre une autorité compétente et légitime, comme l’arrogance et l’esprit de résistance par opposition à la docilité ou *obsequium*. Accius dans Non. Tu *pertinaciam* esse, Antiloche, hanc prædicas, ego *pervicaciam* esse aio et a me uti volo. Tu soutiens que c’est de l’entêtement; je dis que c’est une fermeté généreuse que je tiens à montrer. Cic. Inv. II, 54. Unicuique virtuti finitimum vitium reperietur, ut *pertinacia* quæ finitima *perseverantiæ* est. On rencontrera un défaut dans le voisinage de toutes les vertus; c’est ainsi que l’entêtement est voisin de la persévérance.

2. *Pervicacia*, etc., marquent la stabilité dans une résolution prise; *destinatio* et *obstinatio* ont plus de rapport à l’acte qui consiste à la prendre: *destinatio*, lorsqu’elle est irrévocable, c’est de la décision; *obstinatio*, lorsqu’on s’y attache en dépit de tous les obstacles, même insurmontables, et de toutes les représentations raisonnables, c’est de l’endurcissement.

—Pessulus, v. *Sera*. —Pestilentia, pestis, v. *Lues*. —Pessundare, v. *Perdere*.

Petere. Rogare. Postulare. Exigere. Poscere. Flagitare. 1. *Petere* et *rogare*, termes généraux pour toute espèce de demande, soit qu’on prie, soit qu’on exige; ils tiennent le milieu entre *poscere* et *orare*, sauf à se rapprocher quelque peu du dernier: *petere* se rapporte à l’objet qu’on souhaite; *rogare*, à la personne à laquelle on s’adresse, d’où *petere aliquid ab aliquo*, mais *rogare aliquem aliquid*. Cic. Verr. IV, 28, 64. Iste *petit* a rege et eum pluribus verbis *rogat*, ut id ad se mittat. Il tâche d’obtenir cela du roi et l’en sollicite longuement. Famm. II, 6. Ne id quod *petat*, *exigere* magis quam *rogare* videatur. Pour tâcher d’en venir à ses fins sans se donner des airs de créancier plutôt que de solliciteur.

2. *Postulare* et *exigere* se disent d’une demande pure et simple par laquelle on fait tranquillement connaître sa volonté: *postulare* s’entend plutôt de ce qu’on veut et souhaite; *exigere*, de ce qu’on prétend. *Poscere* et *flagitare* se disent d’une demande pressante: *poscere*, d’une demande faite d’un ton décidé, avec le sentiment de son droit ou de sa puissance; *flagitare*, d’une demande faite avec impétuosité dans la passion et dans l’impatience du désir. Tac. H. II, 39. Othone per literas *flagitante* ut maturarent, militibus ut imperator pugnæ adesset *poscentibus*; plerique copias trans Padum agentes acciri *postulabant*. La lettre d’Othon exprimait une vive impatience d’en finir; les soldats exigeaient que l’empereur payât de sa personne au jour de la bataille; un très- grand nombre souhaitaient qu’on fît venir les troupes établies au delà du Pô. Cic. Verr. III, 34. Incipiunt *postulare*, *poscere*, minari. Viennent les demandes, les exigences, les menaces. Planc. 19. *Poscere* atque etiam *flagitare* crimen. Exiger, vouloir emporter une accusation. Legg. I, 5. *Postulatur* a te jam diu vel *flagitatur* potius historia. Voilà longtemps qu’on te demande ou plutôt qu’on brûle de t’arracher cette histoire.

—Petra, v. *Saxum*.

Petulans. Procax. Protervus. Lascivus. Le *petulans* blesse le sentiment des convenances, *modestia*, par caprice, par des agaceries et des provocations inutiles; le *procax*, par indiscrétion, impertinence et importunité; le *protervus*, par impétuosité, par un laisser-aller qui ne respecte rien; le *lascivus*, par une joie bruyante et folâtre. Il faut chercher l’origine de la *petulantia* dans l’aversion pour le repos et la paix ou même dans la méchanceté; celle de la *procacitas* dans la hardiesse ou l’impudence; celle de la *protervitas* dans le sentiment exagéré de sa force ou dans l’orgueil; celle de la *lascivia* dans la gaieté du caractère ou dans le défaut de gravité. Liv. XXXVIII, 24. Flagitatum quoque stipendium, *procacius* quam ex more et *modestia* militari erat. On réclama vivement la solde avec une impudence contraire à tous les usages et à la subordination.

—Pietas, v. *Diligere*.

Piget. Tædet. Pœnitet. *Piget* se dit en général de ce qu’on ne se soucie ni de faire ni de souffrir; *tædet*, de ce qu’on ne se soucie point de faire ni de souffrir plus longtemps; *pænitet*, de ce qu’on aimerait mieux n’avoir jamais fait ni souffert.

—Pigritia, v. *Ignavia*. —Pilum, v. *Missile*. —Pilus, v. *Crinis*.

Pinguis. Opimus. Obesus. Corpulentus. 1. *Pinguis*, gras dans un sens indifférent ou défavorable, la graisse étant de toutes les parties constituantes du corps la plus insensible et la moins élastique, d’où au figuré mou; *opimus*, gras dans le bon sens, quand c’est un signe que les chairs sont pleines et qu’on est bien nourri, d’où au figuré abondant.

2. *Obesus* se dit de l’embonpoint, mais en associant à l’idée principale une idée accessoire de pesanteur par opposition à *gracilis*; *corpulentus* se dit de l’embonpoint pris par son beau côté, par rapport à la prestance qui l’accompagne.

—Pinna, v. *Ala*. —Placidus, v. *Mitis*. —Pirata, v. *Præda*. —Plaga, v. *Locus*, *Rete* et *Vulnus*. —Plancæ, v. *Axes*.

Plane. Omnino. Prorsus. Penitus. Utique. *Plane*, nettement, *netto* par opposition à *pæne* ou à *vix*; *omnino*, entièrement, et en général par opposition aux subdivisions, aux cas isolés, aux exceptions, à *magna ex parte* ou à *separatim*, comme ὅλως; *prorsus*, précisément, par opposition à en quelque sorte ou à pour ainsi dire; *penitus*, de fond en comble, jusqu’au fond, par opposition à dans une certaine mesure ou à superficiellement, πάντως; *utique*, dans tous les cas, il a pour opposés à tout hasard, peut-être, ὁπωσδήποτε.

Plerique. Plurimi. *Plerique*, superlatif absolu, un très-grand nombre; *plurimi*, superlatif relatif, la plupart. Tac. Ann. XIII, 27. *Plurimis* equitum, *plerisque* senatorum non aliunde originem trahi. La plupart des chevaliers, un très-grand nombre de sénateurs n’avaient pas d’autre origine.

—Plorare, v. *Lacrimare*. —Plurimi, v. *Plerique*. —Pluma, v. *Ala*.

Pluvia. Imber. Nimbus. *Pluvia*, phénomène bienfaisant, pluie générale qui abreuve le sol altéré, ὑετός; *imber* et *nimbus*, phénomène désagréable, pluie locale qui vient gâter une belle journée: *imber*, lorsqu’elle est accompagnée d’un temps froid et orageux; *nimbus*, d’un temps couvert.

Poculum. Calix. Scyphus. Simpuvium. Cyathus. Crater. 1. *Poculum* et *calix*, qui appartiennent à la vieille langue latine, se disent de tout vase à boire, sans autre idée que celle de l’usage auquel il sert: *poculum*, vase ordinaire pour les repas; *calix*, vase, coupe plus riche pour les festins. *Scyphus*, *cantharus*, *cymbium*, *culigna*, mots étrangers empruntés au grec, se disent de certaines espèces de vases par rapport à leur forme.

2. *Poculum*, etc. servent tous de vases à boire; le vieux mot romain *simpuvium* et *cyathus* qui est venu plus tard, vases à puiser pour remplir les *pocula* en prenant au *crater*, comme on remplit les verres à punch en puisant avec la cuiller dans le bol.

—Poema, v. *Canere*. —Pœnitet, v. *Piget*. —Poena, v. *Vindicta*. —Poeta, v. *Canere*. —Pollere, v. *Posse*.

Polliceri. Promittere. Spondere. Recipere. *Polliceri*, promettre de plein gré, par un acte de complaisance et de prévenance, ἐπαγγέλλεσθαι; *promittere*, à la suite d’une demande, par un acte de consentement, avec l’intention de tenir, ὑπισχνεῖσθαι; *spondere* et *despondere*, promettre formellement, à la suite d’une *stipulatio* par un engagement qui lie en justice, ἐγγυᾶν; *recipere*, prendre sur soi et s’engager d’honneur pour tranquilliser une personne qui est dans la peine, ἀναδέχεσθαι. Le *pollicens* fait des offres agréables; le *promittens* ouvre une perspective satisfaisante; le *spondens* donne une garantie judiciaire; le *recipiens* nous ôte nos soucis. Cic. Att. XIII, 1. Quoniam de æstate *polliceris* vel potius recipis. Puisque tu t’avances sur ce sujet ou plutôt puisque tu te fais fort; car le *pollicens* n’engage que sa bonne volonté, le *recipiens* répond du succès. Sen. Ep. 19. Jam non *promittunt* de te sed *spondent*. Ils ne se bornent plus à promettre, ils s’engagent pour toi. Cic. Famm. VII, 5. Neque minus ei prolixe de tua voluntate *promisi* quam eram solitus de mea *polliceri*. Et je lui ai promis ta bienveillance avec autant d’assurance que si je n’avais eu qu’à m’avancer pour mon compte: car Cicéron ne pouvait donner au nom de Trébatius que des espérances, mais il pouvait faire de son chef des promesses positives.

—Polluere, v. *Contaminare*. —Pondo, v. *Libra*. —Pontus, v. *Mare*. —Populari, v. *Vastare*. —Pompa, v. *Funus*. —Pondus, v. *Moles*. —Popina, v. *Deversorium*. —Populus, v. *Gens*.

Porca. Sulcus. Lira. *Porca*, billon, terre relevée entre deux sillons; *sulcus*, creux du sillon, trace faite dans la terre par la charrue; *lira*, tantôt l’un, tantôt l’autre.

—Porcus, v. *Sus*. —Portenta, v. *Auguria*. —Poscere, v. *Petere*. —Portare, v. *Ferre*. —Portio, v. *Pars*.

Posse. Quire. Valere. Pollere. 1. *Posse* et *quire* sont originairement transitifs: *posse*, être apte par vigueur et par force, δύνασθαι; *quire*, par le concours de toutes les qualités qu’on possède, comme οἷόν τ’ εἶναι. Cic. Tusc. II, 27. Barbari ferro decertare acerrime *possunt*, viriliter ægrotare non *queunt*. Les barbares peuvent bien se battre à outrance le fer à la main; aux prises avec la maladie, ils sont incapables d’être hommes. *Valere* et *pollere* sont neutres, d’où *possum* ou *queo* vincere, mais *valeo* ou *polleo* ad vincendum.

2. *Valere*, posséder une juste mesure de forces, valoir un autre homme, par opposition à des forces insuffisantes, comme σθένειν; *pollere*, avoir un excès de forces et de ressources et se distinguer par là de la foule, par opposition à des forces ordinaires, comme ἰσχύειν.

—Possidere, v. *Tenere*. —Posteritas, v. *Stirps*. —Postremus, v. *Extremus*. —Postulare, v. *Petere*. —Potare, v. *Bibere*.

Potentia. Potentatus. Potestas. Vis. Robur. *Potentia*, *potentatus* et *potestas*, puissance qui vient du dehors, qui a des hommes pour instruments et pour sujets; *vis* et *robur*, puissance, force intérieure, indépendante du concours et de la bonne volonté d’autrui. *Potentia*, pouvoir de fait qui se fait sentir à volonté, δύναμις; *potentatus*, rang du souverain reconnu par le peuple, δυναστεία; *potestas*, autorité légitime et légalement déférée, ἐξουσία. Tac. Ann. XIII, 19. Nihil tam fluxum est quam fama *potentiæ* non sua vi nixæ. Rien de si fragile que le crédit d’un pouvoir qui n’a point en lui-même les éléments de sa force. *Vis*, la force active et agressive, comme faculté de contraindre les autres, ϰράτος; *robur*, la force au repos, comme faculté de résister et de durer, ῥώμη.

—Potestas, v. *Occasio*.

Præbere. Exhibere. Præstare. Repræsentare. *Præbere* et *exhibere*, aller spontanément au-devant d’un besoin ou d’un désir: le *præbens* cède son bien à quelqu’un; l’*exhibens* se dessaisit du sien en faveur du public. *Præstare* et *repræsentare*, s’exécuter pour remplir un devoir: le *præstans* se libère, pour ainsi dire, d’une dette en se rangeant à son devoir; le *repræsentans* accomplit une promesse, au lieu de tarder encore à la tenir.

—Præceptor, v. *Doctor*. —Præclarus, v. *Eminens*. —Præcipere, v. *Jubere*.

Præda. Manubiæ. Spolia. Exuviæ. Rapina. Prædo. Latro. Pirata. 1. *Præda* et *manubiæ*, le butin considéré comme un bien de conquête et comme un profit; *spolia* et *exuviæ*, considéré en outre comme une marque de victoire et d’honneur.

2. *Præda*, toute espèce de butin; *manubiæ*, le butin légitime du soldat, fait à la guerre; *rapina*, le butin illégitime du *prædo*, qui trouble la paix publique, le fruit du vol.

3. *Prædo*, brigand en général, celui qui exerce le brigandage comme un métier, ληστής. C’est le terme générique, par rapport à *latro*, le voleur de grands chemins, σίνις, et à *pirata*, le pirate. *Raptor*, le ravisseur d’une personne ou d’un objet déterminé, ἁρπαϰτήρ.

—Prædicere, v. *Divinare*.

Præditus. Instructus. Exstructus. Ornatus. 1. *Præditus* s’entend d’une qualité éminente qui est un titre d’honneur; *instructus* et *exstructus*, d’une qualité solide qui rend propre à certains usages. Les deux idées sont réunies dans *ornatus*. L’*instrumentum* sert, le *decus* donne de l’éclat, l’*ornamentum* semble tirer son lustre d’une utilité éminente. *Instructus* suggérera, par exemple, l’image d’un armement complet qui est un gage de protection et de sécurité; *ornatus*, celle d’un armement parfait et imposant. Il faut se placer à un point de vue élevé et viser à l’idéal pour juger l’*ornatus* indispensable; c’est du luxe, par rapport aux besoins ordinaires de la vie. Cic. Phil. X, 4. Græcia copiis non *instructa* solum, sed etiam *ornata*. La Grèce, qui abonde en ressources solides et même apparentes. Sen. Tranq. 9. Sicut plerisque libri non studiorum *instrumenta*, sed cœnationum *ornamenta* sunt. Pour beaucoup de gens, une bibliothèque n’est point un instrument d’étude, c’est un décor indispensable dans une salle à manger.

2. *Instructus* se rapporte à des personnes et à des objets destinés à jouer un rôle offensif ou défensif; *exstructus*, à des objets dont la destination est passive, par exemple, *instructæ naves*, mais *exstructæ mensæ*. Les *exstructa* ne laissent plus rien à faire; les *instructa* ont reçu un premier achèvement, une préparation complète et n’ont plus qu’à remplir leur destination.

3. *Instructus* se rapporte à la simple possession des moyens; *paratus*, au propriétaire de ces moyens, prêt lui-même à en tirer parti.

—Prædium, v. *Villa*.

Præmium. Pretium. Merces. *Præmium*, récompense honorable destinée à distinguer celui qui la reçoit, par opposition à *pœna*, ἆθλον, γέρας; *pretium* et *merces*, payement destiné à acquitter une dette: *pretium*, prix d’achat pour une marchandise qu’on nous cède, par opposition à *gratia*, ὦνος; *merces*, ce qu’on paye pour tout ce qu’on prend ou tient à louage, hommes et choses, μισθός.

—Præs, v. *Sponsor*. —Præsentem esse, v. *Adesse*. —Præstans, v. *Eminens*. —Præsagire, v. *Divinare*. —Præsentire, v. *Divinare*. —Præstolari, v. *Manere*.

Præterea. Insuper. Ultro. *Præterea*, de plus, marque simplement qu’on ajoute ce qu’il faut pour compléter un compte, comme πρὸς τούτοις; *insuper*, en sus, par-dessus le marché, qu’on fait mesure comble, comme προσέτι; enfin, *ultro*, en outre, que ce qu’on ajoute va fort au delà de ce qu’on avait déjà fait, en sorte que tout ce qui a précédé n’a plus aucune valeur.

—Prævidere, v. *Divinare*. —Pravitas, v. *Malitia*. —Precari, v. *Rogare*. —Prehendere, v. *Sumere*. —Pretium, v. *Præmium*.

Pridem. Diu. Dudum. Diuturnus. Diutinus. 1. *Pridem* marque un point dans le temps, une époque, comme il y a longtemps; *diu* et *dudum* marquent un espace, une période, comme depuis longtemps: *diu*, depuis bien des jours, des mois, des années; *dudum*, depuis plusieurs minutes ou plusieurs heures. *Jam pridem mortuus est* veut dire: il est mort il y a très-longtemps, c’est un aoriste; mais *jam diu mortuus est*: il est depuis longtemps dans la tombe, c’est un parfait. Cic. Cat. I, 1. Ad mortem te duci *jam pridem* oportebat; in te conferri pestem illam quam tu in nos omnes *jam diu* machinaris. Il y a longtemps que j’aurais dû te faire conduire au supplice et amasser sur ta tête tous les maux que tu nous prépares depuis longtemps. Tac. Ann. XV, 64. Seneca Statium Annæum *diu* sibi amicitiæ fide et arte medicinæ probatum orat, provisum *pridem* venenum promeret. Sénèque prie Statius Annæus, qui avait depuis longtemps sa confiance comme ami et comme médecin, de lui apporter le poison dont ils étaient autrefois convenus.

2. *Diuturnus* se dit d’une longue durée, soit indifféremment, comme de quelque chose de long, en général, soit par éloge, comme de quelque chose de durable et de solide, par opposition à ce qui passe vite, χρόνιος; *diutinus* exprime un blâme et se dit de ce qui pèse ou ennuie, comme αἰανός. Cic. Senect. 19. Nihil mihi *diuturnum* videtur, in quo est aliquid extremum. Une durée dont je vois le terme ne me paraît jamais longue. Comparez avec Famm. XI, 8. Libertatis desiderio et odio *diutinæ* servitutis. Par regret de la liberté et par haine d’un esclavage prolongé.

—Primordium, v. *Initium*.

Primores. Principes. Proceres. Optimates. *Primores* et *principes*, les personnages qui jouent un rôle dans l’État, la classe des citoyens influents et notables, par opposition à la foule: *primores*, ceux qui sont tout portés à cette hauteur par le privilége de la naissance, de la fortune et du rang; *principes*, ceux qui, par leur esprit, leurs talents politiques, leur activité, deviennent orateurs, chefs de parti, et s’élèvent aux premières places parmi les *primores* même et dans tout l’État. *Proceres*, les grands envisagés dans leur condition naturelle, comme noblesse, par opposition au commun du peuple; *optimates*, les mêmes grands considérés comme parti politique, comme aristocrates, par opposition aux démocrates. Accius dans Non. *Primores procerum* provocaret nomine. Nommer, en les défiant, les premiers personnages de la noblesse.

Primus. Princeps. Imperator. Cæsar. 1. *Primus*, le premier à paraître dans l’espace ou dans le temps, en sorte que les autres lui succèdent; *princeps*, le premier à faire une chose, celui dont les autres suivent l’exemple.

2. *Princeps*, l’empereur investi en matière civile de l’autorité suprême qui lui avait été insensiblement dévolue en sa qualité de prince du sénat, *princeps senatus*; *imperator*, l’empereur investi de la plus haute autorité militaire, personne, hors lui et les membres de sa famille, ne pouvant plus être proclamé *imperator*; enfin, *Cæsar*, l’empereur, comme membre, et à partir de Galba, comme simple successeur de la famille et de la dynastie de César.

—Principium, v. *Initium*. —Priscus, pristinus, v. *Antiquus*.

Privus. Proprius. Peculiaris. *Privus* se dit de la propriété de fait, par opposition à ce que les autres possèdent, à *alienus*, comme οἰϰεῖος; *proprius*, de la propriété exclusive, par opposition aux biens de droit commun, à *communis*, comme ἴδιος; enfin *peculiaris*, des biens qu’on a en propre, par opposition à ceux qu’on partage avec tout le monde, à *universalis*.

—Probrum, v. *Ignominia* et *Maledictum*. —Probus, v. *Bonus*. —Procax, v. *Petulans*. —Procella, v. *Ventus*. —Proceres, v. *Primores*. —Procerus, v. *Altus*. —Proclivis, v. *Pronus*. —Procrastinare, v. *Differre*.

Procul. Longe. Eminus. E longinquo. 1. *Procul*, à une certaine distance qui permet encore de voir les objets, par opposition à *juxta*, comme ἄποθεν; *longe*, à une grande distance, hors de la portée de la vue, par opposition à *prope*, comme τῆλε.

2. *Eminus*, de loin, d’une distance dont la mesure est donnée par la portée des traits; il est opposé à *cominus*, comme πόῤῥωθεν; *e longinquo*, de très-loin, d’une forte distance, par opposition à *e propinquo*, comme τηλόθεν.

—Prodigia, v. *Auguria*.

Prodigus. Profusus. Helluo. Nepos. *Prodigus* et *profusus* présentent la dissipation comme un trait de caractère: *prodigus*, en ce sens qu’on ne connaît pas la valeur de l’argent et du bien, qu’on n’est ni désireux ni capable de les faire valoir parcimonieusement, comme le prodigue; *profusus*, en ce sens que rien ne paraît trop cher pour satisfaire des fantaisies, par frivolité, comme le dissipateur. *Helluo* et *nepos* s’entendent d’un caractère qui se résume tout entier en une seule manie, celle de la dissipation: *helluo*, le viveur et le libertin émérite; *nepos*, le fils de famille qui mange son avoir et celui de ses parents.

—Prælium, v. *Pugna*. —Prorogare, v. *Differre*.

Proficisci. Iter facere. Peregrinari. 1. *Proficisci* désigne le commencement du voyage, comme partir, πορεύεσθαι; *iter facere* et *peregrinari* en comprennent toute la durée, comme voyager, ὁδοιπορεῖν.

2. *Iter facere* se dit également d’un voyage dans le pays ou à l’étranger; mais *peregrinari*, ἐϰδημεῖν, suppose toujours qu’on passe la frontière; dans ce dernier cas, la *peregrinatio* continue même quand on est arrivé à destination et que l’*iter* est fini.

—Profiteri, v. *Fateri*. —Profusus, v. *Prodigus*. —Progenies, v. *Stirps*. —Prohibere, v. *Arcere*. —Proles, v. *Stirps*. —Prolixi, v. *Passi*. —Proloqui, v. *Eloqui*. —Promittere, v. *Polliceri*. —Profugus, v. *Perfuga*. —Pronuntiare, v. *Eloqui*.

Pronus. Proclivis. Propensus. *Pronus*, au sens moral, marque un penchant en général; *proclivis* marque le plus souvent un penchant au bien; *propensus*, au mal.

—Propalam, v. *Aperire*. —Prope, v. *Pæne*. —Propensus, v. *Pronus*. —Properus, v. *Citus*. —Propinquus, v. *Necessarius*. —Prorogare, v. *Differre*. —Prosapia, v. *Stirps*. —Prosper, v. *Felix*. —Protinus, v. *Repente*. —Psallere, v. *Canere*. —Proprius, v. *Privus*. —Prorsus, v. *Plane*. —Prosequi, v. *Comitari*. —Protervus, v. *Petulans*. —Prudens, v. *Sapiens*. —Pudens, pudibundus, pudicus, v. *Castus*. —Puella, v. *Virgo*.

Puer. Infans. Adolescens. Juvenis. Vir. Vetus. Senex. *Puer*, dans son acception générale, l’homme dans ses années de dépendance, tant qu’il n’est ni ne peut être père de famille, en trois périodes: 1º comme *infans*, enfant, νήπιος, παιδίον, à partir de la première année; 2º comme *puer*, au sens restreint, jeune garçon, παῖς, à partir de la septième; 3º comme *adolescens*, à l’ouverture de l’adolescence, jeune homme, μειράϰιον, νεανίας, à partir de la seizième. *Juvenis*, dans son acception générale, l’homme tant que durent les années pendant lesquelles il possède et retient la plénitude de ses forces, à peu près depuis l’époque de la majorité jusqu’aux premières atteintes de l’âge, l’homme jeune, νέος, en trois périodes: 1º comme *adolescens*, au déclin de l’adolescence, à partir de la dix-huitième année; 2º comme *juvenis*, au sens restreint, νεανίας, à partir de la vingt-quatrième; 3º comme *vir*, homme fait, ἀνὴρ, à l’ouverture de la virilité, à partir de la trentième. *Maturus* se dit des années de maturité avancée quand le feu de la jeunesse s’est évaporé, en trois périodes: 1º de l’homme fait, *vir*, ἀνὴρ, au déclin de la virilité, à partir de la quarantième année; 2º de l’homme âgé, *vetus*, γέρων, à partir de la cinquantaine; 3º du vieillard, *senex*, πρεσϐύτης, à partir de la soixantaine.

—Pugio, v. *Gladius*.

Pugna. Acies. Prœlium. *Pugna*, terme général pour toute espèce de combat, depuis le duel jusqu’à la bataille rangée la plus sanglante, μάχη; *acies*, action décisive, conduite selon les règles de la tactique entre les parties belligérantes, bataille rangée; *prælium*, combat d’occasion entre des détachements, rencontre, engagement, escarmouche, comme συμϐολή.

Pugnare. Confligere. Dimicare. Digladiari. 1. *Pugnare* et *confligere*, vider un différend de vive force; ils s’appliquent presque toujours à l’emploi des masses, à une bataille; *dimicare* et *digladiari*, le vider par la voie des armes et presque toujours en combat singulier.

2. *Pugnare* marque de préférence une bataille en règle, livrée à dessein et envisagée par son beau côté, comme exigeant à la fois de l’art et du courage; *confligere*, un combat de rencontre, pris du vilain côté, comme occasion de meurtre et de carnage. Cic. Balb. 9. Qui cum hoste nostro cominus sæpe in acie *pugnavit*. Il s’est souvent mesuré de près avec notre ennemi en bataille rangée. Comparez avec Off. I, 23. Temere in acie versari et manu cum hoste *confligere* immane quiddam et belluarum simile est. Se jeter follement dans la mêlée d’une bataille et se prendre corps à corps avec l’ennemi, c’est un excès de courage qui tient de la brute.

3. *Dimicare* présente l’image d’une lutte soutenue à l’aide de la première arme venue, épée, lance, pique, massue, par un homme qui défend sa vie; il se prend indifféremment en bonne et en mauvaise part; *digladiari* se dit d’un combat à l’épée ou au poignard et présente l’image odieuse d’un gladiateur consommé dont la vocation et l’art consistent dans l’escrime et dans le meurtre. Cic. Tusc. IV, 19. Convenit *dimicare* pro legibus, pro libertate, pro patria. Il faut savoir se battre pour les lois, la liberté, la patrie. Comparez avec Legg. III, 9. Iis sicis, quas ipse se projecisse dicit in forum, quibus inter se *digladientur* cives. Ces poignards qu’il se vante d’avoir jetés dans le Forum pour forcer ses concitoyens à s’entr’égorger.

—Pulcher, v. *Formosus*. —Pulpa, v. *Caro*. —Pulvinar, v. *Culcita*. —Pullus, v. *Ater*. —Pulsare, v. *Verberare*.

Pungere. Stimulare. *Pungere*, piquer pour blesser, pour faire mal; *stimulare*, aiguillonner pour réveiller et stimuler par la douleur.

—Punire, v. *Vindicta*.

Purgatio. Excusatio. Satisfactio. La *purgatio* consiste, comme la justification, à se laver par des raisons péremptoires d’un soupçon ou d’une accusation; l’*excusatio* ou excuse à reconnaître qu’il y a eu une faute de commise, mais en donnant des assurances ou des preuves de l’innocence de ses intentions; la *satisfactio* ou satisfaction, à apaiser la partie offensée ou lésée, en cas d’innocence, par la *purgatio* ou l’*excusatio*, en cas de culpabilité, par la *veniæ petitio* ou par la *pœna*.

Purus. Mundus. Merus. Putus. Meracus. 1. *Purus*, synonyme d’*integer* et opposé de *contaminatus*, pur et sans tache, ϰαθαρός; *mundus*, synonyme de *nitidus* et opposé de *spurcus* et de *sordidus*, pur et net, ϰομψός; enfin, *merus*, synonyme de *simplex* et opposé de *mixtus*, pur et sans mélange, comme ἀϰήρατος, ἀϰέραιος.

2. *Purus*, terme général et populaire; *putus* ou ordinairement *purus putus*, *purus ac putus*, terme technique pour exprimer la pureté de l’or et de l’argent massifs.

3. *Merus* se dit de tout ce qui est pur, soit indifféremment, soit avec éloge, comme si tout mélange était une falsification; *meracus* se dit particulièrement de la pureté du vin qui n’est point trempé et, transporté au figuré à d’autres objets, il exprime une idée de blâme, comme si la matière pure et sans addition n’était pas comme elle doit être, par opposition à *temperatus*. C’est le sens de l’ancien allemand eitel.

—Pus, v. *Sanies*. —Putare, v. *Censere*. —Pusillus, v. *Parvus*. —Putus, v. *Purus*.

Q

Quærere. Scrutari. Rimari. Investigare. Indagare. 1. *Quærere*, chercher, en général, on éprouve le désir ou le besoin de trouver; *scrutari*, *rimari*, *investigare* et *indagare* ajoutent à ce sens une idée accessoire de peine et de difficulté.

2. *Scrutari* et *rimari*, se mettre à la recherche d’un objet caché: *scrutari*, en fouillant de tous les côtés, on s’intéresse à la découverte, on se passionne; *rimari*, en creusant pour déterrer, la découverte exige des efforts et de la sagacité. *Investigare* et *indagare*, se mettre à la recherche d’un objet éloigné: *investigare*, à la façon du chasseur qui suit en connaissance de cause la piste ou la trace visible du gibier; *indagare*, à la façon du limier qui suit l’odeur guidé par son instinct. Curt. IX, 10, 11. Famem sentire cœperunt, radices palmarum ubique *rimantes*. Ils éprouvèrent les atteintes de la faim et ils cherchaient partout, pour les déterrer, des racines de palmiste. Comparez avec IX, 9, 5. *Scrutati* omnia tuguria tandem latentes reperere. A force de fouiller toutes les cabanes, ils finirent par les trouver dans leur cachette. Tac. Ann. VI, 3. *Rimans* secreta omnium. Déterrant les secrets de tout le monde. Et XII, 52. Quasi finem principis per Chaldæos *scrutaretur*. Furius Scribonianus est exilé sous prétexte qu’il avait eu la curiosité de s’adresser aux Chaldéens pour découvrir quand et comment l’empereur mourrait. Il n’y avait pas d’obstacles à surmonter.

—Quæstus, v. *Lucrum*. —Que, v. *Et*. —Quare, v. *Cur*.

Questus. Quiritatio. Querimonia. Querela. *Questus* et *quiritatio*, expression de la douleur: *questus*, par des gémissements rares; *quiritatio*, par des gémissements suivis. *Querimonia* et *querela*, expressions du chagrin: la *querimonia*