part d
’un sentiment estimable, celui d’une personne lésée qui ne veut pas souffrir une injustice; la *querela*, d’un sentiment presque toujours blâmable, celui du mécontent qui ne sait supporter aucune contrariété. La *querimonia* est une affaire de raisonnement, elle vise à obtenir assistance ou satisfaction, comme la plainte; la *querela* est une affaire de sentiment; elle ne tend guère qu’à soulager le cœur, comme les lamentations. Cic. Cæcil. 3. In populi Romani quotidiana *querimonia*. La plainte journalière du peuple romain. Comparez avec Famm. V, 14. Tu non intelliges te *querelis* quotidianis nihil proficere? Ne veux-tu point comprendre que tu ne gagnes rien à tes lamentations journalières?
Quies. Tranquillitas. Requies. 1. *Quies*, le repos, l’inaction absolue, par opposition à toute espèce d’activité, ἡσυχία; *tranquillitas*, le calme dans le mouvement opposé à l’agitation et à la passion, comme ἑϰηλία. Sen. Ep. 3. Et quiescenti agendum et agenti quiescendum est. Il faut que l’action succède au repos et le repos à l’action. Comparez avec Cic. Top. 3. Ut aut *perturbentur* animi aut *tranquillentur*. Pour remuer ou calmer les esprits. *Quietus* offre une analogie de signification avec *otiosus*, *segnis*, *languidus*, et *tranquillus* avec *lenis*, *placidus*, *moderatus*.
2. *Quies*, le repos en lui-même, indépendamment de toute relation; *requies*, le repos par lequel on se délasse au sortir de l’action ou de la fatigue. Curt. IX, 6, § 2. Ne *quies* corpori invalido adhuc necessaria pulsu remorum impediretur. Pour ne point déranger par le bruit des rames le repos dont la faiblesse du malade avait toujours besoin. Comparez avec § 3. Placuit hic locus ad suam et militum *requiem*. Il trouva le lieu à son gré pour se livrer au repos avec son armée.
—Quire, v. *Posse*. —Quiritatio, v. *Questus*.
Quisque. Quivis. Quilibet. Unusquisque. Omnes. Universi. Cuncti. Totus. 1. *Quisque*, *quivis* et *quilibet* désignent la totalité des individus qui constituent l’espèce; *omnes*, *universi* et *cuncti*, la totalité de l’espèce qui comprend et réunit les individus.
2. *Quisque*, tout individu pris à part; *quivis*, tout individu choisi par préférence entre tous les autres, sans exclure personne de ce choix, qui n’en est que plus marqué, comme πᾶς τις; *quilibet*, le premier venu, sans choix, avec une nuance de mépris, comme ὁστισοῦν; il est synonyme de *primus quisque*, ὁ τυχών. Cic. Famm. VIII, 10. *Quidvis* *quamlibet*, tenue munusculum. Ce que vous voudrez, le moindre petit présent.
3. *Quisque* est enclitique; on ne le trouve jamais en prose à la tête de la proposition; *unusquisque* est accentué et se place partout.
4. *Unusquisque*, chacun en particulier, par opposition à quelques individus; *singuli*, les individus, par opposition à un tout indivisible, comme ἕϰαστος.
5. *Omnes*, tout le monde, sans exception; ce n’est qu’une totalité physique, par opposition à *nemo*, *unus*, *aliquot*, comme πάντες; *universi*, l’universalité des êtres que l’espèce peut embrasser et contenir; c’est une totalité morale, par opposition à *singuli* et *unusquisque*, comme σύμπαντες; enfin, *cuncti*, tous ceux qui sont rassemblés et réunis; c’est une totalité de rencontre et de fait, par opposition à *dispersi*, comme ἅπαντες. Liv. VII, 35. Admiratione paventibus cunctis, quum *omnium* in se convertisset oculos Decius. Toute l’assistance était étonnée et émue, tous les regards tournés vers Décius. Nep. Dat. 5. Qui illum *unum* pluris quam se *omnes* fieri videbant. Quo facto *cuncti* ad eum opprimendum consenserunt. Les courtisans voyaient qu’à lui seul il les effaçait tous auprès du roi. Ils entrèrent tous tant qu’ils étaient dans une conspiration qui devait l’accabler.
6. *Totus*, *solidus* et *integer* s’appliquent à un tout primitif qui ne vient que par extraordinaire à se diviser en parties, comme ὅλος; *omnis*, *universus* et *cunctus*, à des individus primitivement isolés qui ne forment un tout que par leur réunion, πᾶς, σύμπας, ἅπας.
Quotidie. In singulos dies. *Quotidie* s’entend de ce qui revient tous les jours; *in singulos dies*, de ce qui va tous les jours en augmentant. Cic. Att. V, 7. *Quotidie* vel potius *in singulos dies* breviores litteras ad te mitto. Les lettres que je t’envoie deviennent plus courtes tous les jours ou plutôt de jour en jour.
R
—Rabies, v. *Amens*. —Radiare, v. *Lucere*.
Rami. Ramalia. Virga. Termes. Turio. Surculus. Sarmentum. Stolo. Virgultum. Fruticetum. 1. *Rami* et *ramalia*, les branches de l’arbre: *rami*, les branches vivantes et vertes, θαλλοί; *ramalia*, les branches mortes et sèches. *Virga*, *termes*, *turio*, *surculus*, *talea*, *sarmentum* et *stolo* ne se disent que des rameaux: *virga* et les termes rares de *termes olivæ* et *turio lauri*, simples rameaux sans idée accessoire, ϰλάδος, ϰλὼν, ϰλῆμα; *surculus* et *talea*, rameaux considérés comme des membres et des rejetons de l’arbre qui servent à la propagation en qualité de greffes et de boutures, les pousses, ὀρσός; *sarmentum* et *stolo*, rameaux considérés comme des excroissances dont il faut débarrasser l’arbre et qui ne sont bonnes qu’à jeter: *sarmentum*, rameau inutile, sauvage; *stolo*, branche folle, gourmande, parasite.
2. *Virgultum*, lieu couvert de buissons, qui n’est point nu; *fruticetum*, lieu embarrassé de halliers, impraticable.
—Rapina, raptor, v. *Præda*. —Recens, v. *Novus*. —Recipere, v. *Polliceri* et *Sumere*. —Recondere, v. *Celare*. —Recuperare, v. *Sumere*. —Recusare, v. *Negare* et *Spernere*. —Redire, v. *Reverti*. —Reduncus, v. *Curvus*. —Recitare, v. *Eloqui*. —Recordari, v. *Meminisse*. —Recurvus, v. *Curvus*. —Redimere, v. *Emere*. —Redolere, v. *Olere*. —Redundare, v. *Abundare*. —Refellere, v. *Refutare*. —Refugium, v. *Perfuga*.
Refutare. Confutare. Refellere. 1. *Refutare* et *confutare*, réfuter par toute sorte de moyens; *refellere*, par des raisons solides et par une discussion lumineuse. Cic. Orat. II, 50, 203. Neque hæc solum in defensione, sed etiam in Scauro cæterisque meis testibus, quorum testimonia non *refellendo*, sed ad eumdem impetum populi confugiendo *refutasti*. C’est toujours le même artifice et dans ta défense et à propos de Scaurus et de mes autres témoins; ce n’est point par une vraie réfutation, mais par un nouveau recours aux passions populaires que tu réponds à leurs témoignages.
2. Le *refutans* se tient sur la défensive et rétorque les arguments qu’on lui oppose; le *confutans* prend l’offensive; il en fait voir la nullité et les réduit en poussière. Cic. Font. 1. Plus laboris consumo in poscendis testibus quam defensores in *refutandis*. Je me donne plus de peine pour interroger les témoins que les défenseurs pour leur répondre. Comparez avec N. D. II, 17. Cujus opinionis levitas *confutata* a Cotta non desiderat orationem meam. Ce sentiment n’a aucun poids, et Cotta l’a pulvérisé de manière à me dispenser de parler. Top. 25. *Refutatio* accusationis in qua est depulsio criminis. Répondre à un acte d’accusation en repoussant les charges. Comparez avec Rhet. ad Her. I, 13. *Confutatio* est contrariorum locorum dissolutio. La réfutation consiste à réduire à néant les arguments contraires.
—Regalis, v. *Regius*. —Regio, v. *Locus*.
Regius. Regalis. *Regius*, ce qui appartient à un roi, ce qui vient d’une suite de rois; *regalis*, ce qui convient à un roi, ce qui est digne de lui.
Religio. Fides. *Religio*, probité scrupuleuse fondée sur une obligation intérieure, toute de conscience; *fides*, même qualité fondée sur une obligation extérieure, sur une promesse.
Relinquere. Deserere. Omittere. Destituere. Desolatus. 1. *Relinquere*, quitter, s’applique à un objet auquel on ne tient que par un rapport de lieu et de voisinage; *deserere* et *omittere*, à un objet auquel on tient par une obligation morale en qualité de possesseur ou d’ami. Il y a au fond de la *desertio*, de l’abandon, une lâcheté, un oubli de quelque devoir, par opposition à *defensio*, *tutatio*; au fond de l’*omissio* une conviction que l’on a d’être autorisé à s’abstenir, comme dans renoncer, par opposition à *obtinere*. Tac. Dial. 16. Partes quas intellexerimus te non tam *omisisse* quam nobis *reliquisse*, ce qui ne veut pas dire qu’on renonce à voir le sujet traité, mais qu’on le quitte pour le laisser traiter par un autre. Et 9. *Relinquenda* conversatio amicorum et jucunditas urbis, *deserenda* cætera officia. Il faut quitter le commerce de ses amis, les plaisirs de la ville; il faut abandonner ses devoirs. Cic. Verr. I, 4, 11. *Desertum* exercitum, *relictam* provinciam. Abandonner l’armée, quitter la province.
2. *Deserere*, quitter et trahir dans un danger possible et éloigné; *destituere*, dans un danger réel et prochain. Curt. IV, 2, 32. *Desertus*, *destitutus*, hostibus deditus. Abandonné, délaissé, livré aux ennemis. Liv. VI, 2. Quod defensores suos in ipso discrimine periculi *destituat*. Il délaisse ses défenseurs dans la crise même du péril.
3. *Desertus* et *destitutus* marquent particulièrement l’oubli du devoir; *desolatus*, la dureté impitoyable de cet oubli. Suet. Cal. 12. *Deserta* *desolata*que reliquis subsidiis aula. La cour abandonnée et anéantie par l’abandon de ses derniers appuis.
—Reliqui, v. *Cæteri*. —Reminisci, v. *Meminisse*. —Renuere, v. *Negare*. —Repandus, v. *Curvus*. —Remedium, v. *Mederi*. —Renidere, v. *Ridere*. —Repagulum, v. *Sera*.
Repente. Subito. Extemplo. E vestigio. Illico. Statim. Protinus. Confestim. Continuo. *Repente* et *subito*, tout à coup: *repens*, par opposition à l’attente, à *exspectatus*, à *sensim*, comme ἐξαπίνης; *subitus*, par opposition à des préparatifs, à *ante provisus*, *meditatus*, *paratus*, comme παραχρῆμα. *Extemplo* et *e vestigio* se disent par opposition à un délai: *extemplo* marque un rapport de temps, comme dans l’instant; *e vestigio*, un rapport de lieu, comme sur-le-champ. *Illico*, *ilicet*, à la hâte, se prennent par opposition à la lenteur: *illico*, en prose, comme παραυτίϰα; *ilicet*, chez les comiques et les poëtes. *Statim* et *protinus* s’opposent au temps qui suit: *statim*, aussitôt, à *deinde*, *postea*, comme εὐθύς; *protinus*, de suite, comme πρόϰα. Enfin, *confestim* et *continuo* s’opposent à *ex intervallo*.
Repere. Serpere. Serpens. Anguis. Coluber. 1. *Repere*, avancer à l’aide de pieds très-courts, à petits pas, lentement, se traîner; *serpere*, sans pieds, par une ondulation du corps entier, et sans bruit, ramper.
2. *Serpens*, nom général pour tout ce qui rampe, à la façon des serpents, ἑρπετόν; *anguis*, serpent redoutable par la grandeur de sa taille, ὄφις; *coluber*, serpent dangereux, quoique de petite taille, ἔχις, ἔχιδνα.
—Reperire, v. *Invenire*. —Repetere, v. *Iterum*.
Reprehensio. Vituperatio. *Reprehensio*, blâme destiné à corriger, à ramener dans la bonne voie, remontrance, μέμψις; *vituperatio*, blâme destiné à servir de châtiment, à reprocher une faute à celui qui l’a commise, réprimande, ψόγος. La *reprehensio* a son opposé dans la *probatio*, la *vituperatio* dans la *laudatio*.
—Repudiare, v. *Negare*.
Repudium. Divortium. *Repudium*, renvoi de la fiancée ou de l’épouse du chef du mari futur ou actuel; *divortium*, dissolution du mariage ou divorce en forme fondé sur un consentement réciproque, à la suite duquel chacune des deux parties tire de son côté. La formule du *repudii* était: Conditione tua non utor; celle du *divortii*: Res tuas tibi habeto. On dit *repudium* mittere, remittere, renunciare, dicere alicui, mais *divortium* facere cum aliqua.
—Requies, v. *Quies*.
Requirere. Desiderare. *Requirere*, réclamer, par un mouvement de l’esprit qui voit le côté utile des choses; *desiderare*, regretter, par un mouvement du cœur qui s’attache avec amour et sympathie. Le *requirens* a des prétentions, il espère qu’on fera droit à sa réclamation; le *desiderans* choie un désir et en attend l’accomplissement du cours des choses, de la fortune. Cic. Famm. VII, 26. Magis tuum officium *desiderari*, quam abs te *requiri* putavi meum. On est plus porté selon moi à regretter ton intervention que tu ne l’es à réclamer la mienne.
—Reri, v. *Censere*. —Reserare, v. *Aperire*.
Respectum. Rationem habere. *Respectum habere*, tenir compte de quelque chose par la pensée et par la réflexion, juger digne d’attention; *rationem habere*, en tenir compte dans sa conduite et dans ses mesures, comme d’un moyen qui peut concourir à conduire au but.
Restare. Superesse. *Restare* modifie l’idée exprimée par rester en y associant celle d’une tâche qui n’est point achevée; *superesse*, en y associant celle d’une réserve qui n’est point épuisée. Cic. Cat. III, 10. Cum hostes vestri tantum civium *superfuturum* putassent, quantum infinitæ cædi *restitisset*. Quand vos ennemis avaient réduit dans leur calcul le surplus des citoyens à ce qui échapperait au massacre général. Hor. Sat. I, 9, 28. Nunc ego *resto*, confice. C’est moi qui vais te servir à présent de victime, achève.
—Restaurare, v. *Instituere*. —Restis, v. *Laqueus*. —Restituere, v. *Instituere*.
Rete. Cassis. Plaga. *Retia*, rets, terme général pour les filets de pêche et de chasse; *casses* et *plagæ*, engins réservés à la chasse: *casses*, filets destinés à s’emparer du petit gibier qui y entre comme dans un sac; *plagæ*, à s’emparer du gros gibier qui s’y empêtre. Hor. Ep. 2, 32. Aut trudit acres... apros in obstantes *plagas*, aut amite levi rara tendit *retia*. Il pousse l’impétueux sanglier vers les rets qui lui barrent le passage, il tend au bout d’une perche légère des filets déliés.
—Reticere, v. *Silere*. —Reterare, v. *Aperire*. —Revereri, v. *Vereri*. —Retinacula, v. *Laqueus*.
Reverti. Revenire. Redire. *Reverti* et *revenire*, pris au propre, marquent des actions qui ne durent qu’un moment: *reverti*, opposé à *proficisci*, celle qui consiste à se retourner pour revenir sur ses pas; *revenire*, opposé à *advenire*, celle qui consiste à rattraper le point d’où on était parti. *Redire*, opposé à *porro ire*, s’entend de toute la durée de l’action comprise entre ces deux extrêmes, comme revenir. Cic. Att. XVI, 7. p. m. Quam valde ille *reditu* vel potius *reversione* mea lætatus effudit ille omnia quæ tacuerat. Dans le transport qu’il éprouvait à me voir revenir ou plutôt faire le premier pas pour revenir, il épancha tout ce qu’il n’avait jamais voulu dire.
Ridere. Cachinnare. Renidere. Subridere. Irridere. Deridere. 1. *Ridere* et *cachinnare* se disent d’un rire qu’on entend: *ridere*, d’un rire gai et modéré, comme γελᾷν; *cachinnare*, d’éclats de rire immodérés et discordants, comme ϰαγχάζειν. *Subridere* et *renidere* désignent un sourire qu’on peut bien voir, mais non pas entendre: *subridere*, un sourire espiègle ou satirique; *renidere*, amical ou mielleux, μειδιᾷν. Cic. Tusc. IV, 31. Si *ridere* concessum sit, vituperatur tamen *cachinnatio*. On nous permet de rire, mais on nous reprocherait de rire aux éclats.
2. *Deridere* s’entend, comme ϰαταγελᾷν, d’un rire moqueur considéré comme un trait d’orgueil et de mépris; on rit du haut de sa grandeur; *irridere*, comme un trait d’insolence ou de malignité; on rit à la barbe des gens, ἐγγελᾷν. Cic. Orat. III, 14. Istos omnes *deridete* atque contemnite. Riez dédaigneusement de tous ces gens-là et méprisez-les. N. D. II, 3. Claudius etiam per jocum deos *irridens*. Claudius, qui osait plaisanter et rire à la barbe des dieux.
—Rimari, v. *Quærere*.
Ripa. Littus. Ora. Acta. 1. *Ripa*, bord d’une rivière, ὄχθη; *littus*, *ora*, *acta*, bord de la mer. Mela. III, 9. *Oras* ad Eurum sequentibus nihil memorabile occurrit; vasta omnia vastis præcisa montibus ripæ potius sunt quam *littora*. Le rivage suivi dans la direction de l’est n’a rien de remarquable; des espaces arides coupés par des montagnes nues font songer aux bords d’un torrent et ne rappellent guère les bords de la mer. Vitruv. II, 9, 14. Circa *ripam* fluminis Padi et *littora* maris Adriatici. Au bord du Pô et sur les côtes de l’Adriatique.
2. *Littus*, bord conçu comme une ligne qui sépare la terre de la mer, ἠιὼν et ῥηγμὶν, la côte; *ora* et *acta*, comme un espace et une zone qui s’étend le long de la mer, le rivage, ἀϰτὴ et αἰγιαλός: *ora*, au sens géographique, comme terre riveraine, par opposition à l’intérieur des terres; mais *acta*, au sens esthétique, celui d’un rivage qui offre des paysages charmants et un séjour agréable. Liv. XXIV, 8. Classem paravimus ut Africæ *oram* popularemur, ut tuta nobis Italiæ *littora* essent. Nous avons équipé une flotte: c’est pour dévaster le rivage de l’Afrique et pour mettre à l’abri de toute insulte les côtes de l’Italie, Plin. Ep. V, 6, 2. Gravis et pestilens *ora* Tuscorum, quæ per *littus* extenditur. Il y a en Toscane, le long de la côte, une zone malsaine et empestée. On trouve *littoris* *ora*, c’est-à-dire *ora per littus extensa*. Prudent. contr. Symm. IV, 136. Invenit expositum secreti in *littoris* *acta*. Il le trouve exposé dans un enfoncement sur une côte retirée. Cic. Famm. IX, 6. Ea tractes quorum et usus et delectatio est omnibus illis *actis* et voluptatibus anteponenda. Faites-vous des occupations utiles et attrayantes, préférables à tous les paysages, à tous les plaisirs qu’on demande aux bords de la mer. C’est un mot emprunté au grec que Tacite préfère remplacer, H. III, 76, par la périphrase *amœna littorum*.
—Ritus, v. *Consuetudo*. —Rixa, v. *Disceptatio*. —Robustus, v. *Validus*. —Rivalitas, v. *Imitatio*. —Robur, v. *Potentia*.
Rogare. Orare. Obsecrare. Obtestari. Precari. Supplicare. 1. *Rogare* et *orare* se disent d’une demande, d’une requête; on exprime tranquillement un désir: le *rogans* se sent l’égal de celui auquel il s’adresse et ne veut qu’une complaisance, comme l’αἰτῶν; l’*orans* reconnaît la supériorité de l’autre et demande un bienfait, comme le δεόμενος. *Obsecrare* et *obtestari* expriment une requête passionnée, comme conjurer: l’*obsecrans* est vif, comme le λιπαρῶν; l’*obtestans* est pressant. Cic. Att. XVI, 16. Igitur, mi Plance, *rogo* te atque etiam *oro*. Oui, mon cher Plancus, c’est une demande et même une requête. Pseudocic. Red. 16. Pro mea vos salute non *rogavit* solum, verum etiam *obsecravit*. Il ne vous a pas demandé, il vous a adjurés de me sauver.
2. *Precari* se dit d’une prière faite avec calme en levant les mains au ciel, comme εὔχεσθαι; *supplicare*, d’une invocation passionnée, comme ἱϰετεύειν; on se jette à genoux ou par terre, on se tord les mains. Mais *precor* se dit aussi par hyperbole de toute sollicitation, et *supplicare*, de toute humble requête adressée à des hommes. Cic. Parad. V, 3. Noctu venire domum ad eum, *precari*, denique *supplicare*. Aller le trouver la nuit dans sa maison, prier, supplier.
Rogare. Interrogare. Percontari. Sciscitari. *Rogare*, *interrogare* et *quærere*, faire des questions: *rogare*, en comptant sur une réponse, on veut savoir; *interrogare*, en espérant une réponse, on souhaite de savoir. *Percontari* et *sciscitari*, presser de questions: *percontari*, par envie de s’instruire, d’un ton sérieux et posé, il s’agit de s’éclairer; *sciscitari*, avec un air de curiosité, d’indiscrétion, de précipitation, de finesse; il s’agit de se renseigner.
—Rogare, v. *Petere*. —Rudis, v. *Fustis*. —Rudentes, v. *Laqueus*.
Ruina. Strages. *Ruina*, écroulement de matériaux superposés avec ordre, dont la base vient à céder; *strages*, chute d’un corps qui se tenait debout et qu’un choc renverse. Liv. IV, 33. *Strages* *ruinæ* similis. Un abatis qui ressemble à un écroulement.
Rumor. Fama. *Rumor*, bruit ou nouvelle qui se propage par des voies incertaines, obscures, clandestines, par opposition à la certitude; *fama*, tradition que répand la voix publique, par opposition à ce qu’on sait pour l’avoir vu de ses propres yeux. Le bruit, *rumor*, intéresse par sa nouveauté; c’est un sujet de curiosité, il passe avec la génération au milieu de laquelle il est né; la tradition, *fama*, intéresse par son importance; elle entre dans le domaine de la science et se transmet comme un héritage à la postérité.
—Rumpere, v. *Frangere*. —Rursus, v. *Iterum*. —Rupes, v. *Saxum*. —Rus, v. *Villa*.
Rus. Ager. Rusticus. Agrestis. Rusticanus. 1. *Rus*, la campagne, par opposition à la ville, le village avec sa banlieue; *ager*, la campagne, par opposition à une localité quelconque, les champs. Cels. Med. 1. Sanum oportet... modo *ruri* esse, modo in urbe, sæpiusque in *agro*. Il faut, pour se porter bien, vivre tantôt à la campagne, tantôt à la ville, surtout aux champs.
2. *Rusticus*, ἀγροῖϰος, celui qui habite le village; *agrestis*, ἄγριος, celui qui a grandi aux champs, en sauvage, comme *ferus*: le terme est cependant plus doux, car *ferus* exprime directement la sauvagerie comme faisant le fond du caractère, et *agrestis* en rappelle seulement l’idée par la désignation du séjour ou de l’origine.
3. Transportant ces termes aux qualités de l’esprit, *rusticus* désigne plutôt la grossièreté intellectuelle; *agrestis*, la grossièreté morale. *Rusticus* s’entend, comme champêtre, de la timidité et de la simplicité; il se rapproche dans le bon sens de l’innocence et dans le mauvais de la gaucherie; *agrestis* marque, comme rustique, l’effronterie et la bassesse; il ne se prend jamais en bonne part, il confine à la *feritas*. Le *rusticus* (opposé *urbanus*) ne blesse que les conventions du savoir-vivre; l’*agrestis* (opposé *humanus*) blesse les lois naturelles de la décence.
4. Quand Cicéron veut adoucir encore l’idée exprimée par *rusticus* et prévenir toute équivoque, il emploie de préférence *rusticanus*. *Rusticus* désigne alors le paysan qui naît, vit et meurt au village; *rusticanus*, le citadin que les circonstances y relèguent. On peut ranger parmi ces derniers les provinciaux, *municipes*, en qualité de *rusticorum similes*.
S
Sabulo. Harena. Sabura. *Sabulo*, et dans Pline *sabulum*, le sable considéré comme une espèce de terre légère; *harena*, *arena*, comme une terre sèche, pierreuse, comme des parcelles ou de la poussière de pierre, par opposition à un sol fertile; enfin, *sabura*, *saburra* se rapporte particulièrement à l’usage qu’on fait du sable pour lester les vaisseaux.
—Sacellum, v. *Templum*.
Sacer. Sanctus. *Sacer*, sacré, s’entend, comme ἱερὸς, de ce qui est la propriété des dieux, par opposition à *profanus*; *sanctus*, saint, de ce qui est sous leur protection, à l’abri de toute souillure, pur et sans tache, par opposition à *pollutus*, comme ὅσιος. *Sanctus homo*, âme pure, agréable aux dieux; *sacer*, mortel maudit, dévoué aux dieux à titre de victime expiatoire. Et de même *sancire* signifie mettre sous la protection immédiate des dieux, en parlant, par exemple, de lois et de traités d’alliance; *sacrare*, dédier aux dieux, en parlant, par exemple, de temples et d’autels.
—Sacramentum, v. *Jusjurandum*.
Sacrare. Consecrare. Dicare. Dedicare. *Sacrare*, *consecrare*, mettre au nombre des choses saintes, on tient à marquer que tout usage profane de ces choses est et demeure retiré et interdit aux hommes; *dicare* et *dedicare*, consacrer, on tient à marquer qu’on attribue aux dieux la propriété de la chose. *Consecrare* peut s’employer absolument, mais *dedicare* exige qu’on nomme le nouveau propriétaire.
Sæpe. Crebro. Frequenter. Frequentare. Celebrare. 1. *Sæpe*, souvent, par opposition à *semel*, à *nonnunquam*, à *semper*, comme πολλάϰις; il s’agit de la répétition des mêmes actes en des temps différents; *crebro* et *frequenter*, fréquemment, par opposition à *raro*; il s’agit de la pluralité des objets ou des événements: *crebro*, coup sur coup et plutôt trop que trop peu, comme θαμά; *frequenter*, bien des fois. *Creber* se dit en général d’une multitude pressée et entassée; *frequens*, d’une foule nombreuse. *Frequens* contient un éloge, comme *largus*; *creber*, un blâme, comme *spissus*. Et on dit du sénat *frequentes senatores*, lorsqu’il s’agit de marquer qu’il est au complet; on emploierait *crebri*, si la place manquait à cause de la presse et si les sénateurs étaient à l’étroit sur leurs siéges.
2. *Frequentare*, visiter souvent un lieu, ne le point négliger; *celebrare*, le visiter souvent et le rendre par là animé et bruyant.
Sævitia. Crudelitas. *Sævitia*, cruauté sanguinaire du tyran qui a, comme la bête féroce, du plaisir à tuer et à faire souffrir, par opposition à *mansuetudo*; *crudelitas*, cruauté froide du juge ou du souverain qui applique la loi dans toute sa sévérité, par opposition à *clementia*.
—Sævus, v. *Atrox*. —Saltus, v. *Silva*. —Salsus, v. *Lepidus*. —Saluber, v. *Salus*.
Salus. Sanitas. Valens. Saluber. Sanus. Salutaris. 1. *Salus* marque en général la prolongation de l’existence, par opposition à *interitus*; *sanitas*, un état de bonne santé, par opposition à *ægritudo*; il s’entend du corps dans son acception primitive, de l’âme dans son acception usuelle.
2. *Sanus* et *valens*, qui approchent du sens d’*integer*, marquent un état sain, mais temporaire; *saluber* et *validus*, qui approchent du sens de *robustus*, un état sain et constant. *Salubris oratio*, langue saine par excellence, pleine d’une vigueur naturelle; *sana oratio*, langage sobre et réfléchi.
3. *Sanus* et *saluber* présentent la santé comme un état de bien-être; *valens* et *validus*, comme une faculté qui rend propre à l’action.
4. Au sens transitif, *saluber*, salubre, se dit de ce qui procure et conserve la santé, *sanitatem*, par opposition à *pestilens*, comme ὑγιεινός; *salutaris*, salutaire, de ce qui sauve et conserve la vie, *salutem*, par opposition à *pestiferus*, comme σωτήριος. Caton, dans Plin., H. N. XVIII, 6. Nihil *salutare* est nisi quod toto anno *salubre*. Le seul régime salutaire, c’est un régime salubre d’un bout de l’année à l’autre.
—Salus, v. *Vita*. —Salve, v. *Ave*. —Salutaris, v. *Salus*.
Salvus. Sospes. Incolumis. Integer. *Salvus* et *sospes*, σῶς, conservé et sauvé, par opposition à perdu: *salvus*, en langage ordinaire; *sospes*, dans le style élevé. *Incolumis* et *integer*, ἀσϰηθὴς, sain et sauf, entier, intact: *incolumis*, par opposition à une blessure, etc.; *integer*, par opposition à une insulte. Tac. H. I, 84. Mea cum vestra *salus* *incolumitate* senatus firmatur, c’est-à-dire notre salut dépend de ce qu’on ne touche pas à un seul cheveu du sénat. Et I, 66. Verba Fabii *salutem* *incolumitatem*que Viennensium commendantis: *salus* se rapporte au danger de mort, *incolumitas*, au danger du pillage. Cic. Dejot. 15. Sunt tuæ clementiæ monumenta... eorum *incolumitates* quibus *salutem* dedisti. La preuve la plus solide de ta clémence, c’est que les personnes qui te doivent leur salut n’ont pas souffert le moindre dommage.
—Sanare, v. *Mederi*. —Sanctus, v. *Sacer* et *Bonus*.
Sanguis. Cruor. Sanguineus. Sanguinolentus. Cruentus. 1. *Sanguis*, le sang qui circule dans le corps et qui entretient la vie, αἷμα; *cruor*, le sang qui coule ou qui a coulé du corps, ϐρότος. Cic. N. D. II, 55. *Sanguis* per venas in omne corpus diffunditur. Des vaisseaux distribuent le sang dans tout le corps. Comparez avec Rosc. Am. VII, 19. Ut *cruorem* inimici quam recentissimum ostenderet. Pour faire parade du sang encore tout frais versé de son ennemi. Tac. Ann. XII, 47. Mox ubi *sanguis* artus extremos suffuderit, levi ictu *cruorem* eliciunt atque invicem lambunt. Dès que le sang s’est porté aux extrémités, un coup léger le fait jaillir et chacun des deux lèche celui de l’autre. *Sanguis* est le principe de la vie physique, *cruor* le symbole du meurtre.
2. *Sanguineus*, qui se compose de sang; *sanguinolentus*, qui a l’odeur ou l’aspect du sang; *cruentus*, taché de sang.
Sanies. Pus. *Sanies*, pus liquide et dégoûtant; *pus*, rongeur et pernicieux.
—Sanitas, sanus, v. *Salus*.
Sapiens. Prudens. Callidus. Scitus. Solers. Cordatus. Catus. 1. *Sapiens*, celui qui, n’ayant que des intentions pures, choisit les bonnes routes et s’attache imperturbablement à les suivre; *prudens* et *callidus*, celui qui sait choisir les meilleurs moyens et s’en servir avec circonspection: *prudentia*, sagacité ou prudence naturelle qui fait le fond du caractère; *calliditas*, connaissance du monde et des hommes acquise et gagnée par l’expérience et la pratique. Cic. Fr. Scaur. 5. Hominis *prudentis natura*, *callidi usu*, doctrina eruditi. Un homme que la nature a doué de finesse, que l’expérience a mûri, à qui la science a tout appris.
2. *Prudens*, celui qui possède un coup d’œil juste et pratique, par opposition à *stultus*, comme perspicace; *scitus*, celui qui a du tact, de l’esprit naturel et du savoir-faire, comme avisé; *solers*, *sollers*, celui qui possède un génie pratique et inventif, comme ingénieux, par opposition à *iners*; *cordatus*, celui qui a un sens droit, par opposition à *excors*; *catus*, celui qui découvre et connaît des voies et des moyens secrets, comme délié.
Sapor. Gustus. Gustare. Libare. 1. *Sapor*, la saveur propre et particulière à un corps, par opposition à *odor*, etc.; *gustus* ou *gustatus*, la perception de cette saveur ou le sens du goût, par opposition à *olfactus*, etc. Sen. Ep. 109. Debet esse aptatus ad hujus modi *gustum*, ut ille tali *sapore* capiatur. Il faut être accoutumé au goût du miel pour en apprécier la saveur.
2. Le *libans* ne fait que porter les choses aux lèvres ou à la bouche; le *gustans* en perçoit la saveur et en distingue le goût. Ovid. Am. I, 4, 34. Si tibi forte dabit, quæ *prægustaverit* ipse, rejice *libatas* illius ore dapes. S’il arrive qu’il commence par goûter au morceau qu’il t’offre, rejette le mets qui a effleuré ses lèvres.
—Sarmentum, v. *Rami*. —Satiare, v. *Satis*.
Satelles. Stipator. *Satelles*, garde du corps considéré comme un mercenaire; *stipator*, comme un défenseur. Cic. Rull. II, 13. Ex equestri loco ducentos in singulos annos *stipatores* corporis constituit, eosdem ministros et *satellites* potestatis. Il tire tous les ans de l’ordre des chevaliers une compagnie de deux cents gardes qui deviennent les serviteurs et les satellites du pouvoir.
Satis. Affatim. Abunde. 1. *Satis* désigne, comme suffisamment et ἱϰανῶς, la juste mesure sans idée accessoire; *affatim* et *abunde* y ajoutent cette idée qu’il y a plutôt trop que trop peu; mais *abunde*, copieusement, ἅλις, se prend au sens absolu par rapport à la chose, il y a assez; *affatim*, ἀφθόνως, jusqu’à pleine satisfaction, se prend au sens relatif, par rapport à la personne, on en a assez. On peut avoir à son avis assez travaillé, *affatim*, sans que la quantité de travail soit suffisante et que ce soit *satis*. Cic. Att. II, 16. Puto enim me Dicæarcho *affatim* *satis* fecisse. Je me suis donné suffisamment de mal pour Dicéarque, et je trouve que c’est assez. Et XVI, 1. *Satis* est et *affatim* prorsus. Cela suffit très-amplement. Liv. IV, 22. Frumentum non necessitati *satis*, sed copiæ quoque *abunde* ex ante confecto sufficiebat. Les anciens magasins fournissaient du blé en suffisance, et même fort au-delà, en abondance.
2. *Satiare*, satisfaire, apaiser un besoin en général, la faim, un désir vif; *saturare*, apaiser une envie contre nature, manie, faim canine, haine, soif du sang.
Satis habere. Contentum esse. Boni consulere. Contentus. Æquus animus. 1. *Satis habere*, estimer suffisant, exprime un jugement: il n’y a point de passion qui soit en jeu et qui empêche d’apprécier la juste mesure; *contentum esse*, se contenter, exprime un sentiment: c’est une marque de modestie et d’empire sur soi-même; enfin, *boni consulere*, se déclarer satisfait, exprime un acte de volonté: on renonce à voir un vœu se réaliser, on s’accommode résolument de ce qui ne peut être évité. *Satis habere* se construit avec l’infinitif; *contentum esse*, avec l’ablatif ou avec *quod*.
2. *Contentus animus* marque un contentement relatif: on prend son parti d’une chose, on ne murmure point de ce que le bonheur reste incomplet; *æquus animus* exprime le contentement absolu: on se sent complétement satisfait et on n’aspire point à un état plus heureux.
—Satisfactio, v. *Purgatio*. —Saucius, v. *Vulnus*. —Saturare, v. *Satis*.
Saxum. Rupes. Cautes. Petræ. Scopuli. Lapis. Calculus. Scrupulus. 1. *Saxum*, *rupes* et *cautes*, grandes masses; *lapis*, *calx* et *scrupus*, petites masses de pierre. Plin. H. N. XXXVI, 22. Silex viridis ubi invenitur, *lapis*, non *saxum* est. Le jade vert est une pierre qu’on ne trouve qu’en morceaux, ce n’est point une roche.
2. *Saxa*, grandes masses de pierre de toute forme, πέτραι; *rupes* et *petræ*, masses de pierre escarpées et hautes, rochers qui peuvent être un obstacle; *cautes* et *scopuli*, masses de pierre pleines d’aspérités et de pointes, dangereuses, écueils: *cautes*, roches basses, invisibles sous l’eau, perfides; *scopuli*, écueils qui se dressent au-dessus des eaux, qui menacent, qui annoncent le danger, σϰόπελοι.
3. *Lapis*, terme général, la pierre comme matière, sans égard à sa forme, λίθος; *calculus*, pierre polie et ronde, galet; *scrupus*, *scrupulus*, pierre raboteuse et anguleuse, caillou; mais ce sens de *scrupus* n’a pour lui que l’autorité des grammairiens, et il ne se rencontre guère dans les auteurs qu’au sens figuré de scrupule.
Scandere. Adscendere. Escendere. Conscendere. Inscendere. *Scandere*, gravir une hauteur escarpée, grimper avec effort, en s’aidant des pieds et des mains. *Adscendere*, *escendere*, *conscendere* et *inscendere*, monter en général: *adscendere*, sans idée accessoire, simplement par opposition à *descendere*; *escendere*, escalader une hauteur qui sert de défense, comme un rempart, des murailles, ou encore monter en quelque lieu où l’on doit être en vue, comme une tribune aux harangues; *conscendere*, monter à plusieurs, par exemple, sur un vaisseau; *inscendere*, monter dans un lieu fermé, par exemple, dans une voiture.
—Scapha, v. *Navigium*.
Scelestus. Sceleratus. Nefarius. Nefandus. Impius. *Scelestus* se rapporte aux intentions, comme *ad scelera pronus* et *promptus*; *sceleratus*, aux actions, comme *sceleribus pollutus atque opertus*. C’est toujours l’adjectif *sceleratus* qui accompagne des termes physiques, comme *porta*, *campus*, *vicus*, porte, champ, quartier de ville où un crime a été commis, et en général des objets ne peuvent pas s’appeler *scelesta*, à moins d’être personnifiés. Et de même *nefarius* et *impius* ont trait à l’impiété de la personne, avec cette seule différence que la perversité: de l’*impius* éclate dans ses sentiments, celle du *nefarius* dans ses sentiments et ses actions; mais *nefandus* se rapporte exclusivement au caractère exécrable de l’action.
—Scelus, v. *Delictum*. —Scientia, v. *Cognitio*. —Scipio, v. *Fustis*. —Scitus, v. *Sapiens*. —Scopuli, v. *Saxum*. —Scrobs, v. *Specus*. —Scrupulus, v. *Saxum*. —Schola, v. *Ludus*. —Scindere, v. *Findere*. —Sciscitari, v. *Rogare*. —Scobina, v. *Lima*. —Scropha, v. *Sus*. —Scrutari, v. *Quærere*.
Scutum. Clypeus. Parma. *Scutum*, grand bouclier qui couvre l’homme entier, σάϰος; *clypeus* et *parma*, bouclier de grandeur moyenne et de forme ronde, ἀσπίς: *clypeus*, pour l’infanterie; *parma*, pour l’infanterie et la cavalerie; enfin, *pelta*, petit bouclier en forme de demi-lune; *cetra*, petit bouclier de cuir. Liv. IX, 19. Macedonibus *clupeus*... Romano *scutum*, majus corpori tegumentum. Les Macédoniens ont le bouclier rond, les Romains le grand bouclier droit, qui couvre bien mieux le corps. XXXI, 36. *Cetratos*, quos *peltastas* vocant, in insidiis abdiderat. Il avait mis en embuscade une troupe de ces soldats qui portent de petits boucliers de cuir et qu’on appelle ordinairement peltastes.
—Scyphus, v. *Poculum*. —Secessio, v. *Turbæ*. —Secreta, v. *Arcana*. —Securis, v. *Ascia*. —Securus, v. *Tutus*.
Sedes. Sedile. Sella. *Sedes*, siége offert par la nature, ἕδος; *sedile* et *sella*, meuble fait pour s’asseoir: *sedile*, quelle que soit la forme, chaise ou banc, mobile ou à demeure, ἕδρα; *sella*, de forme déterminée, chaise ou fauteuil, θρόνος.
—Seditio, v. *Turbæ*. —Segnitia, v. *Ignavia*. —Semita, v. *Iter*. —Semo, v. *Numen*.
Semper. Usque. *Semper*, toujours et éternellement, sans restriction ni limite, au sens absolu; *usque*, toujours, mais dans des limites déterminées, au sens relatif, *usque dum*, *donec*, etc.; on le rencontre sans complément dans les poëtes, par exemple: Hor. Sat. I, 9, 19. *Usque* sequar te. Je te suivrai jusqu’au bout.
—Sempiternus, v. *Continuus*. —Senecta, senectus, senium, v. *Vetus*. —Senex, v. *Puer* et *Vetus*. —Sensim, v. *Paulatim*.
Sententia. Opinio. Suffragium. 1. *Sententia*, manière de voir fondée sur ce qu’on sait clairement, conviction acquise, γνώμη; *opinio*, opinion fondée sur un simple sentiment, δόξα.
2. *Sententia*, vote motivé du sénateur, etc., γνώμη; *suffragium*, simple suffrage qui se réduit à un oui, à un non ou à un nom propre, ψῆφος.
—Sentes, v. *Dumi*. —Sentire, v. *Intelligere*.
Seorsum. Separatim. *Seorsum*, à part, pour empêcher de tomber dans le domaine commun, avec une idée accessoire de secret; *separatim*, séparément, pour prévenir la confusion, avec une idée accessoire d’ordre.
Sepelire. Condere. *Sepelire* et *condere* s’entendent de la cérémonie funèbre prise dans toute son étendue; c’est conduire un mort à sa dernière demeure, avec plus ou moins de pompe, qu’on ait ou non commencé par brûler les restes: *sepelire* est le terme propre et technique; *condere*, le terme général et euphémique. *Humare*, mettre en terre; c’est le dernier acte des funérailles, par opposition à *cremare*.
Sera. Claustrum. Pessulus. Repagulum. Obex. *Seræ* et *claustra*, serrures: *sera*, serrure mobile, cadenas; *claustrum*, serrure fixe. *Pessuli*, *repagula* et *obices*, verrous qui tiennent lieu de serrures: *pessulus*, petit verrou pour les *fores*; *repagulum*, grand verrou pour les *valvas*, et *obex* pour les *portas*.
Series. Ordo. *Series*, série, succession mécanique, accidentelle d’objets de même nature et de même espèce; *ordo*, suite, enchaînement nécessaire, conçu comme tel, de choses qui vont ensemble par destination. *Series* exprime une notion mathématique; *ordo*, une idée morale.
Serius. Severus. *Severus* se prend au sens actif, on ne plaisante pas; *serius* a le sens neutre et s’entend de ce qui ne saurait être un sujet de plaisanterie. *Severe* veut dire gravement; *serio*, sérieusement. *Severus* se joint, comme épithète, à des noms de personnes; *serius*, à des noms de choses. Hor. A. P. 107. Decent vultum *severum* *seria* dictu. Un rôle grave ne souffre que des propos sérieux. Sen. Tranq. 15. Nihil magnum, nihil *severum* nec *serium* quidem ex tanto apparatu putat. Tout compte fait, il ne reste à ses yeux rien de grand, rien de grave ni même de sérieux sur ce vaste théâtre du monde. *Severus* s’oppose à *hilaris*, à *remissus*, à *luxuriosus*; *serius*, à *jucundus*, *jocosus*, et *serio*, à *joco*, *per jocum*. Tout cela n’empêche pas qu’on ne rencontre à la place de *serius* le positif *severus* et surtout le comparatif *severior*, le superlatif *severissimus*, le substantif *severitas*, parce que la langue latine n’a point tiré de *serius* des formes correspondantes.
Sermo. Colloquium. Oratio. *Sermo*, conversation qui a lieu par hasard ou du moins sans but déterminé et sérieux; *colloquium*, entretien prémédité qui roule sur un point convenu.
2. *Sermo*, discours familier; *oratio*, discours travaillé et conforme aux règles de l’art. Qu’une personne prenne et conserve un certain temps la parole dans une compagnie, c’est un *sermo*; on ne doit guère qu’au hasard de ne pas être interrompu; mais l’*oratio* a une étendue déterminée, un commencement, un milieu et une fin; on compte qu’on ne sera pas interrompu. Le langage de la vie commune est celui qui règne dans le *sermo*, soit en prose, soit en vers, comme chez les comiques et dans les *Sermonibus* d’Horace; dans l’*oratio*, c’est une langue choisie et savante. Cic. Orat. 19. Mollis est *oratio* philosophorum et umbratilis... Itaque *sermo* potius quam *oratio* dicitur. Les discours des philosophes ont un fond de douceur et un goût de retraite. Ils méritent plutôt le nom de causeries que celui de discours. Tac. H. I, 19. Apud senatum non comptior Galbæ, non longior... *sermo*; Pisonis comis *oratio*. Qu’il fût au sénat ou à l’armée, Galba ne mettait ni plus de façon ni plus de temps à ses discours; Pison soignait fort les siens.
—Sermo, v. *Lingua*. —Servilis, v. *Vernalis*. —Serpens, serpere, v. *Repere*.
Servus. Famulus. Mancipium. Minister. Ancilla. Servitus. Servitium. 1. *Servus*, *ancilla*, *famulus* et *mancipium*, personne qui n’est point libre, esclave; *minister*, serviteur libre, subalterne. Plin. Ep. X, 97. *Ancillæ* quæ ministræ dicebantur. Des femmes esclaves qu’on appelait des servantes. Il s’agit des réunions des chrétiens.
2. *Servus*, l’esclave au sens politique et légal, comme soumis au joug, par opposition à *dominus*, δοῦλος et δμώς; *famulus*, au sens patriarcal, comme membre et partie de la famille, par opposition à *herus*, οἰϰέτης; enfin, *mancipium*, au sens économique, comme propriété et marchandise, ἀνδράποδον.
3. *Serva*, la femme esclave, quand il s’agit de faire ressortir l’état légal; *ancilla*, la femme esclave dans la vie ordinaire, comme féminin usuel de *servus*.
4. *Servitus*, l’esclavage, au sens indifférent, comme une condition régulière, naturelle, légale; *servitium*, comme un état extraordinaire, violent, honteux, avec une idée de mépris ou de compassion. Mais la plupart des prosateurs n’emploient, comme terme abstrait, que *servitus*, et ils se servent de *servitium*, particulièrement de *servitia*, comme d’un terme concret en lieu et place de *servi*.
Severitas. Gravitas. Strenuitas. *Severitas*, la gravité qui tient à la manière de penser et de juger; *gravitas*, celle qui impose aux gens; *strenuitas*, celle qui paraît dans les actions.
—Severus, v. *Austerus* et *Serius*. —Sica, v. Gladius. —Sicarius, v. *Homicida*. —Sidus, v. *Stella*. —Siccus, v. *Aridus*. —Signum, v. *Imago*.
Silere. Tacere. Reticere. Obticere. 1. *Silere*, ne faire aucun bruit, σιωπᾷν, par opposition à *strepere*; *tacere*, ne dire mot, se taire, σιγᾷν, par opposition à *loqui*, *dicere*. Le composé *reticere* signifie se taire quand on a quelque chose à dire et qu’on le garde pour soi, par opposition à *eloqui*, *proloqui*; le composé *obticere*, *obticescere*, rester muet en face d’une personne qui adresse une question ou qui attend une explication, par opposition à *respondere*. Cic. Harusp. 28. Sed tamen facile *tacentibus* cæteris *reticuissem*. Il m’eût été facile d’être discret, si les autres avaient su se taire.
2. *Tacens* et *tacitus* présentent le silence comme un état temporaire: *tacens* se dit de toute personne qui ne parle point; *tacitus*, de celle qui, ayant sujet de parler, à dessein ne parle point et observe un silence significatif; *taciturnus* marque une qualité habituelle, comme silencieux et taciturne.
Silva. Saltus. Nemus. Lucus. *Silva*, forêt en général, abondante en arbres qui fournissent du bois, ὕλη; *saltus*, forêt considérée comme un lieu sauvage, bois de montagnes, νάπη; *nemus*, comme un lieu agréable, bocage, parc; *lucus*, comme un lieu saint, bois consacré aux dieux, ἄλσος, ἄλτις.
—Simpuvium, v. *Poculum*. —Simul, v. *Una*. —Simulatio, v. *Imitatio*. —Sinere, v. *Ferre*. —Simulacrum, v. *Imago*. —Simultas, v. *Odium*. —Singularis, v. *Eminens*. —Singuli, v. *Quisque*.
Sinister. Lævus. Ils s’entendent tous les deux du côté gauche. *Sinister* est le terme usuel et prosaïque, comme ἀριστερός; *lævus*, le terme choisi et poétique, comme σϰαιός. Au figuré *sinister* est le symbole de la défaveur et de la mauvaise chance; *lævus*, celui de la perversité et de la maladresse.
—Sinus, v. *Gremium*.
Sistere. Inhibere. Statuere. *Sistere* et *inhibere*, rendre immobile, arrêter: *sistere*, en parlant d’un être qui vit et qui court; *inhibere*, d’un objet inanimé qui a été mis en mouvement. *Statuere*, fixer à demeure, établir sur un pied solide.
—Situm esse, v. *Cubare*. —Situs, v. *Lutum*. —Societas, v. Fœdus
Socius. Sodalis. Sociennus. Amicus. Familiaris. Particeps. Consors. 1. *Socii*, gens unis pour agir en commun par des intérêts mutuels, compagnons, etc.; *sodales* et *socienni*, ἑταῖροι, pour jouir en commun de la vie, parce qu’ils se plaisent mutuellement, camarades: *sodalis*, terme noble; *sociennus*, terme comique. *Socius* se joint à un génitif qui marque le but de l’association ou *sociatio*; *sodalis*, à un génitif ou à un adjectif possessif qui désigne l’autre *sodalis*: *socius periculi*, *culpæ*, mais *sodalis meus*.
2. *Sodalis*, camarade avec lequel on a des rapports de société et surtout des rapports agréables; *amicus*, ami avec lequel on fait échange des sentiments sacrés de l’amour et de l’estime; *familiaris*, ami intime avec lequel on n’a qu’un cœur et qu’une âme, étant lié pour les affaires frivoles comme pour les affaires sérieuses.
3. Le *socius rei* travaille ou souffre avec un autre; le *particeps* et le *consors* partagent une jouissance ou une possession: le *particeps*, par une intervention volontaire, par opposition à *expers*, comme μέτοχος; le *consors*, parce qu’il lui échoit une part, par opposition à *exsors*. Cic. Balb. 28. Fuit hic multorum illi *laborum socius* aliquando; est fortasse nunc nonnullorum *particeps commodorum*. Il a été à plusieurs reprises le compagnon de ses nombreux travaux; peut-être veut-il bien partager à présent quelques avantages avec lui. L’associé à l’empire est un *socius imperii*, en ce sens qu’il aide à expédier les affaires du gouvernement; c’est un *consors*, en ce sens qu’il a dû être appelé à cette dignité.
—Socordia, v. *Ignavia*. —Sodalis, v. *Socius*.
Solemnia. Feriæ. Dies festi. Festa. *Solemnia*, les fêtes considérées comme des institutions solennelles et périodiques; *feriæ*, comme des jours de repos et de délassement; *festa*, ou en prose *dies festi*, comme des jours de joie.
Solere. Consuevisse. Adsolere. 1. *Solere* s’emploie à propos d’événements et de toute sorte d’actions, comme avoir coutume, φιλεῖν; *consuevisse* ne se dit que d’une action personnelle, comme être habitué, εἰωθέναι. Dans Liv. XXXVIII, 17. Hæc quibus *insolita* atque *insueta* sunt Græci timeant. Les Grecs ne sont ni accoutumés ni habitués aux maux qui les menacent: *insolitus* ne fait allusion qu’à la fréquence du fait; *insuetus* marque qu’il faut que le sujet soit actif, soit passif, se familiarise avec lui.
2. *Solet* se prend en bonne ou en mauvaise part; *assolet* contient un éloge et revient à *recte* ou *rite solet*.
—Solers, v. *Sapiens*. —Sollicitudo, v. *Cura*. —Sollicitare, v. *Lacessere*.
Solitudo. Vasta. Deserta. Tesca. *Solitudo* exprime la solitude d’un lieu dans un sens indifférent ou avec éloge; *vasta*, *deserta*, *tesca loca* se prennent en mauvaise part: *vasta loca*, lieux sans culture, par opposition à *culta*; *deserta*, espaces inhabités, par opposition à *habitata*; et *tesca*, *tesqua*, désert où règne un silence effrayant, par opposition à *celebria loca*.
Solum. Fundus. Vadum. Fundamentum. *Solum*, *fundus* et *vadum*, base et fond naturel: *solum*, le sol sur lequel on a le pied ferme, par opposition aux éléments mobiles, à l’air, à l’eau; *fundus*, fond d’un vase, par opposition au reste de l’espace que le vase enferme; *vadum*, fond d’un cours d’eau, d’un lac, de la mer, par opposition à l’eau qui coule ou porte dessus. *Fundamentum*, fondement, base artificielle sur laquelle repose un édifice, etc., et qui n’est pas moins nécessaire que le sol même, *solum*, lorsqu’il s’agit d’élever une construction. On dit proverbialement: Omnis res jam in *vado* est, couler une affaire, à fond, par une métaphore empruntée d’un nageur qui atteint le fond de l’eau; mais: Largitio *fundum* non habet: Profusion n’a pas de fond, par une métaphore empruntée au tonneau des Danaïdes. Cic. Brut. 74. *Solum* et quasi *fundamentum* oratoris vides. Tu as sous les yeux le sol et même le fondement sur lequel bâtit l’orateur.
—Solum, v. *Tellus*.
Somnus. Sopor. Somnium. Insomnium. 1. *Somnus*, terme usuel, prosaïque; *sopor*, terme choisi, poétique, pour désigner le sommeil. *Sopor* n’a en prose que la signification causative: c’est une drogue ou une influence soporifique; ce n’est point un profond sommeil.
2. *Somnium*, le rêve, en prose, ὄναρ; *insomnium*, en poésie, ἐνύπνιον.
—Sonitus, v. *Fragor*. —Sopor, v. *Somnus*. —Sospes, v. *Salvus*. —Spatiari, v. *Ambulare*. —Spectare, v. *Videre*. —Sons, v. *Culpa*. —Sordes, v. *Lutum*. —Sparsi, v. *Passi*. —Species, v. *Figura*.
Spectrum. Mostellum. Manes. Lemures. Ces quatre termes se disent également d’un esprit qui revient après la mort. Ils diffèrent en ce que *spectrum* renferme l’idée d’une apparition surnaturelle; *mostellum*, celle d’une apparition effrayante; *manes*, celle d’un esprit bienfaisant; *lemures*, d’un esprit taquin.
—Speculator, v. *Explorator*.
Specus. Caverna. Antrum. Spelunca. Spelæum. Fovea. Scrobs. 1. *Specus* et *caverna*, cavités soit souterraines, soit au niveau du sol, sorte de termes génériques, par rapport à *antrum*, *spelunca* et *spelæum*, cavités à ouverture verticale qui pénètrent dans une montagne, et à *scrobs*, *fovea* et *favissa*, fosses à ouverture horizontale qui s’enfoncent sous terre.
2. *Specus*, crevasse à ouverture longitudinale; *caverna*, trou à ouverture ronde.
3. *Spelunca*, caverne, au sens physique, avec allusion à son obscurité et à son aspect effrayant; *antrum*, grotte, au sens esthétique, avec allusion à son aspect pittoresque et à sa fraîcheur; enfin, *spelæum*, mot d’origine étrangère qui ne se trouve que chez les poëtes, tanière et repaire des bêtes.
4. *Fovea*, fosse qu’on laisse ouverte ou qu’on recouvre pour servir de magasin et surtout de piége pour prendre une bête sauvage; *scrobs*, fosse que l’on comble sur-le-champ et qu’on ne creuse que pour mettre quelque chose en terre, comme un plant d’arbre ou un cadavre.
—Sperare, v. *Vereri*.
Spernere. Contemnere. Despicere. Aspernari. Recusare. Fastidire. Negligere. 1. *Spernimus* rejicienda, fugienda, ut libidines. Nous dédaignons ce qu’il convient de rejeter ou d’éviter, comme les caprices. *Contemnimus* magna, metuenda, ut pericula, mortem. Nous méprisons les maux qui effrayent par leur grandeur, comme les dangers et la mort. *Despicimus* infra nos posita, ut vulgi opiniones. Nous regardons de haut en bas ce qui est au-dessous de nous, comme les opinions du vulgaire (Lambin). En d’autres termes, *spernere*, *spernari*, *aspernari*, ne pas se soucier, par opposition à *appetere*, *concupiscere*, à peu près comme ἀποϐάλλειν; *contemnere*, et chez les poētes *temnere*, ne pas craindre, par opposition à *timere*, *metuere*, comme ϰαταφρονεῖν; enfin, *despicere*, *despectare*, ne faire aucun cas, par opposition à *suspicere*, *revereri*, *admirari*, comme ὀλιγωρεῖν.
2. *Spernere* présente le dédain sous l’aspect d’un sentiment qui se contient; il est synonyme de *parvi putare*, *negligere*, comme mépriser et dédaigner; *spernari* et *aspernari*, qui est plus usité, se disent de l’expression du dédain; ils sont synonymes de *recusare*, *abnuere*, *rejicere*, comme repousser. L’idée saillante est dans *spernere* celle du peu d’estime; dans *aspernari*, celle de l’aversion. *Spernere* se rapporte à un objet qu’il ne tiendrait qu’à nous de posséder; *aspernari*, à un objet qui nous est offert ou imposé.
3. *Aspernari*, avouer son aversion sans pousser les choses plus loin; *recusare*, protester et refuser irrévocablement. Curt. VI, 6, 7. Principes *aspernantes* quidem, sed *recusare* non ausos Persicis ornaverat vestibus. Les chefs, qui ne cachaient point leur aversion, mais qui n’osaient aller jusqu’à un refus, se virent parés par ses mains du costume persan.
4. Le *spernens* obéit à une antipathie qu’autorisent la morale et la raison; il a plus ou moins conscience des motifs qui lui font dédaigner quelque chose; le *fastidiens* obéit à une antipathie physique et instinctive, innée ou accidentelle, qui provient d’un accès de satiété ou de quelque cause analogue; enfin, le *negligens* n’obéit ni aux suggestions de la raison ni à celles de l’instinct et du sentiment: il agit sans penser ni vouloir.
—Sphæra, v. *Globus*. —Spica, v. *Culmus*. —Spiritus, v. *Anima*. —Spissus, v. *Angustus*. —Splendere, v. *Lucere*. —Spolia, v. *Præda*. —Spoliare, v. *Vastare*. —Spondere, v. *Polliceri*.
Sponsor. Vas. Præs. *Sponsor*, caution en général, garantissant n’importe quoi; *vas* et *præs*, caution judiciaire ou légale: *vas*, celui qui s’engage à faire comparaître en justice le demandeur ou le défendeur; *præs*, celui qui fournit une caution exigée par l’État.
Sponte. Ultro. Sua sponte. Voluntate. Libenter. 1. *Sponte*, de soi-même; *ultro*, soudainement. *Sponte* se rapporte à l’impulsion qui fait agir; *ultro*, à l’effet. Liv. X, 19. Orare ne collegæ auxilium, quod acciendum *ultro* fuerit, sua *sponte* oblatum sperneretur. On le prie de ne point dédaigner le secours de son collègue, qu’il aurait dû demander par une résolution soudaine et qu’on lui offrait de bon cœur. *Sponte accusare* veut dire être porté de soi-même à intenter une accusation; *ultro accusare*, aller jusqu’à prendre le rôle d’accusateur lorsqu’on devrait s’estimer heureux de n’être pas accusé soi-même. Cette expression elliptique *ultro accusavit* s’explique donc par la phrase complète: Haud contentus non accusari ab altero *ultro* etiam progressus est, ut ipse accusaret alterum, ou *ultro* progressus accusavit alterum.
2. *Sponte*, de propos délibéré, s’oppose à *casu*, à *necessitate*; *sua sponte*, par sa propre impulsion et par cette impulsion seule, αὐτομάτως, à *rogatus*, *provocatus* ou *invitatus*.
3. *Sponte* et *spontaneus*, ἑϰὼν et ἑϰούσιος, présentent une action volontaire et libre comme une affaire d’intelligence; *voluntate* et *voluntarius*, ἐθελοντὴς, comme une affaire de volonté, par opposition à *invite*; enfin, *libenter* et *libens*, ἄσμενος, comme une affaire de sentiment, par opposition à *tædio*.
—Squalor, v. *Lutum*. —Statim, v. *Repente*. —Statua, v. *Imago*. —Statuere, v. *Destinare* et *Sistere*. —Status, v. *Conditio*. —Stagnum, v. *Lacuna*.
Stella. Astrum. Sidus. *Stella*, toute étoile prise à part dans le nombre immense des globes que contient l’univers, ἀστήρ; *astrum*, chacun des grands corps lumineux qui sont au ciel, le soleil, la lune et les principales étoiles distinguées par un nom propre, ἄστρον; enfin, *sidus*, assemblage d’étoiles, constellation et même, à cause de la parenté qu’il y a entre les idées de foule et de grandeur, étoile de première grandeur, astre, τέρας, τείρεα. *Astrum* et *stella*, étoiles, au sens physique, comme des corps célestes lumineux; *sidus*, au sens astronomique et astrologique, comme des météores dont l’apparition possède un sens et exerce de l’influence sur les affaires de ce monde. Sen. Helv. 9. Dum *ortus siderum*, occasus intervallaque et causas investigare velocius meandi vel tardius, spectare tot per noctem *stellas micantes* liceat. Pourvu qu’on me permette d’observer le lever des constellations, leur coucher, leurs distances, les causes qui accélèrent ou retardent leur marche, d’arrêter mes regards sur cette foule d’étoiles qui brillent dans le cours de la nuit.
—Stercus, v. *Lutum*. —Stimulare, v. *Pungere*. —Stilla, v. *Gutta*. —Stipator, v. *Satelles*.
Stipes. Vallus. Palus. Sudes. *Stipes* et *vallus*, gros pieu, poutre ou pilotis qui ne peut être enfoncé qu’à l’aide d’un mouton: *stipes*, bon à différents usages, à la guerre et ailleurs; *vallus*, façonné tout exprès pour servir de palissade. *Palus* et *sudes*, menu pieu, perche ou branche, facile à enfoncer: le *palus* s’emploie à toute sorte d’usages, comme pieu de haie, surtout comme piquet, échalas ou tuteur; le *sudes* sert spécialement par la pointe, comme palis, pique ou javelot.
—Stipula, v. *Culmus*. —Stiria, v. *Gutta*.
Stirps. Genus. Gens. Prosapia. Posteritas. Progenies. Proles. Suboles. 1. *Stirps*, *genus* et *gens*, qui sont des termes abstraits et collectifs par rapport à *majores*, désignent ordinairement la race ou la ligne ascendante; *prosapia*, *progenies*, *propago*, *proles*, *suboles*, la lignée ou la ligne descendante, ce sont des termes abstraits et collectifs par rapport à *posteri*.
2. *Prosapia*, terme archaïque et pompeux qui n’est d’usage qu’en parlant de familles d’une antique noblesse; *posteritas*, terme usuel, prosaïque; *progenies*, terme choisi, noble; *proles* et *suboles*, termes poétiques: *proles* présente les enfants comme des fruits nouveaux, comme une jeune génération destinée à vivre à côté de l’ancienne; *suboles*, comme des rejetons destinés à remplacer la génération qui s’en va.
3. *Gens*, famille politique; *genus*, famille naturelle. La *gens* se compose de familles que le fondateur de l’État a réunies en communauté ou en association; le *genus*, d’espèces et d’individus qui, en vertu de leurs caractères communs, appartiennent à une seule et même classe.
Stirps. Truncus. *Stirps*, la tige ou partie essentielle par laquelle l’arbre vit et se conserve, par opposition aux branches et aux feuilles considérées comme des excroissances et des dépendances; *truncus*, le tronc, partie nue et sèche, par opposition aux branches, aux feuilles, à la couronne qui servent de parure à l’arbre. Il correspond au tronc du corps humain.
—Stolidus, v. *Stupidus*. —Stolo, v. *Rami*. —Stomachari, v. *Succensere*.
Strabo. Pætus. *Strabo*, celui qui louche par nature, infirmité ou mauvaise habitude; *pætus*, celui qui fait des yeux louches à dessein et par espièglerie.
—Strages, v. *Ruina*. —Strenuitas, v. *Severitas*. —Strepitus, v. *Fragor*. —Strues, v. *Acervus*.
Studium. Benevolentia. Favor. Amor. Gratia. 1. *Studium* désigne ordinairement l’amour et l’attachement de l’inférieur pour le supérieur, du soldat pour son général, du sujet pour son souverain, du disciple pour son maître, du partisan pour son chef et son parti; *favor*, l’amour et la faveur du supérieur pour l’inférieur, du public pour un comédien, du peuple pour un candidat, du juge pour une des parties; enfin, *benevolentia*, l’amour et la bienveillance pour un égal. Dans Cic. Rosc. Com. 10. Quod *studium* et quem *favorem* secum in scenam attulit Panurgus? Quel zèle et quelle faveur quand Panurge entre en scène! il faut se représenter le public d’abord comme auditeur, puis comme juge de l’acteur. Orat. I, 21. Ego qui incensus essem *studio* utriusque vestrum, Crassi vero etiam *amore*. Moi qui étais tout feu dans mon zèle pour vous deux, dans mon amour pour Crassus.
2. *Studium*, *favor* et *benevolentia* expriment une inclination passagère occasionnée et limitée par les circonstances, calme ou même tiède; *amor*, un amour enraciné au fond de l’âme et voisin de la passion. Cic. Fam. I, 9. Nihil est quod *studio* et *benevolentia* vel potius *amore* effici non possit. Je ne sais rien que le zèle et la bienveillance ou plutôt l’amour ne soit capable d’accomplir. Att. V, 10. *Amores* hominum in te et in nos quædam *benevolentia*. L’amour qu’on te porte et une certaine bienveillance qu’on a pour nous.
3. *Favor*, faveur qu’on accorde, par opposition à *invidentia*; *gratia*, faveur dont on jouit, par opposition à *invidia*.
Stupidus. Brutus. Bardus. Stultus. Fatuus. Stolidus. *Stupidus*, *brutus* et *bardus* sont des termes exclusivement négatifs qui marquent un défaut d’intelligence: *stupidus*, celui de l’homme qui comprend difficilement, qui est épais, ἀναίσθητος; *brutus*, celui de la brute et de l’homme qu’un vice d’organisation ravale au niveau de la brute, qui n’entend rien, qui est dépourvu de raison, ϐλὰξ, idiot; *bardus*, celui de l’homme qui ne comprend qu’avec lenteur, qui n’a aucun talent, ϐραδὺς, lourd. *Stultus*, *fatuus* et *stolidus* expriment une qualité positive de l’esprit qui a des idées fausses et qui juge de travers: *stultus*, un défaut de sagesse pratique qui est de la déraison, μωρὸς, sot, par opposition à *prudens*; *fatuus*, un défaut de bon sens qui est de la puérilité, comme nigaud; *stolidus*, un défaut de convenance et de modération qui est de la grossièreté, comme impertinent. Liv. XXV, 19. Id non promissum magis *stolide* quam *stulte* creditum. Promesse impertinente, sotte crédulité.
Suavis. Dulcis. *Suavis* s’entend, comme ἡδὺς, d’une odeur agréable, et au figuré d’un attrait qui se fait suivre; *dulcis* s’entend, comme γλυϰὺς, d’une saveur agréable, et au figuré d’un charme qui entraîne; il sert à renchérir sur *suavis* dans Plin. Ep. V, 8, 10. Hæc vel maxima vi, amaritudine, instantia; illa tractu et *suavitate* atque etiam *dulcedine* placet. L’historien ne plaît guère que par la force, l’austérité, la chaleur; l’orateur plaît par l’abondance, l’agrément et la grâce. Plin. H. N. XV, 2732. *Dulce* et pingue et *suave*. Le lait, qui n’est point précisément un corps gras, ne flatte que médiocrement l’odorat et la langue.
—Suavium, v. *Osculum*. —Sublime, v. *Anima* et *Altus*. —Subito, v. *Repente*. —Suboles, v. *Stirps*.
Succensere. Irasci. Indignari. Stomachari. *Succensere*, garder rancune, et *ægre*, *graviter*, *moleste*, *difficiliter ferre*, prendre en mal, expriment un mécontentement contenu; *irasci*, *indignari* et *stomachari*, un mécontentement qui éclate. La colère, *ira*, porte l’empreinte de la passion; elle a soif de vengeance; l’indignation, *indignatio*, offre l’image du sentiment moral qui se soulève ou se révolte; elle proclame sa désapprobation ou son mépris; l’emportement, *stomachatio*, est la marque d’un tempérament irritable, la bile déborde, la mauvaise humeur se fait jour, on est bruyant et querelleur. L’*iratus* se présente sous les traits d’un ennemi, il inspire de la crainte; l’*indignabundus*, sous ceux d’un juge, il impose; le *stomachans*, sous ceux d’un maniaque, il est ridicule.
—Sudes, v. *Fustis* et *Stipes*. —Suffragium, v. *Sententia*. —Sulcus, v. *Porca*. —Suffugium, v. *Perfuga*.
Sumere. Capere. Prehendere. Accipere. Excipere. Recipere. Suscipere. Recuperare. 1. *Sumere*, se munir d’un objet pour s’en servir, comme αἱρεῖν; *capere*, s’en saisir pour le posséder, comme λαϐεῖν; enfin, *prehendere*, mettre la main dessus pour en être physiquement maître. Cic. Phil. XII, 7. Saga *sumpsimus*, arma *cepimus*. Nous avons pris des habits de guerre, nous avons saisi nos armes.
2. *Accipere*, recevoir ce qu’on nous offre, δέχεσθαι, on y met de l’empressement; *excipere*, accueillir ce qui vient à nous, ce que nous attendions, ὑποδέχεσθαι; *recipere*, prendre sous sa protection, par générosité; *suscipere*, prendre un fardeau sur soi, entreprendre par dévouement. L’*accipiens* prend dans la main, l’*excipiens* dans les bras, le *recipiens* sur son cœur, le *suscipiens* sur les bras ou sur le dos.
3. *Recipere*, recouvrer sans qu’il en coûte de la peine; *recuperare*, regagner par ses efforts. Liv. XLII, 53. Urbem *recipit*, par une simple occupation. Comparez XXVI, 39. Urbe *recuperata*, par conquête.
Summus. Supremus. *Summus*, marque le plus haut degré d’élévation dans un sens indifférent, ce n’est qu’une question de lieu, ἄϰρος, par opposition à *imus*; *supremus*, terme poétique et pompeux, contient une idée accessoire de sublimité, comme ὕπατος, par opposition à *infimus*.
Sumptus. Impensæ. *Sumptus*, dépense qui ébrèche la fortune et le capital, voisine de la prodigalité; *impensæ*, dépenses qui servent à atteindre un but et qui tiennent du sacrifice.
—Superare, v. *Vincere*.
Superbia. Arrogantia. Fastus. Insolentia. La *superbia* met les autres au-dessous d’elle par contentement de soi-même, elle ne voit dans leurs qualités que des reflets de ses propres mérites, c’est l’orgueil par opposition à l’humilité; l’*arrogantia* veut se prévaloir aux dépens des autres d’avantages ou de priviléges qui ne lui appartiennent point, c’est l’arrogance opposée à la modestie; le *fastus* repousse les hommes, comme s’ils n’étaient pas dignes d’entrer en relation avec lui, c’est l’air superbe par opposition à la simplicité; l’*insolentia* abuse grossièrement de sa supériorité pour humilier le faible, c’est la hauteur par opposition à l’humanité et à la générosité. Le *superbus* veut éclipser les autres; l’*arrogans*, empiéter sur eux; le *fastosus* les méprise; l’*insolens* les bafoue.
—Superesse, v. *Restare*. —Supplementum, v. *Complementum*. —Supplicare, v. *Rogare*. —Supremus, v. *Summus*. —Surripere, v. *Demere*. —Surculus, v. *Rami*.
Sus. Verres. Scrofa. Porcus. *Sus*, terme général, nom du cochon en histoire naturelle, ὗς; *verres*, *scrofa*, *porcus*, termes d’économie rurale: *verres*, verrat; *scrofa*, truie; *porcus*, jeune porc ou goret. Le mot *sus* contient une idée accessoire de malpropreté; le mot *porcus*, de graisse et d’embonpoint.
—Suscipere, v. *Sumere*. —Suspicere, v. *Vereri*.
Suspirare. Gemere. *Suspirare*, soupirer, s’entend d’une aspiration profonde et d’une forte expiration, à la suite d’un serrement de cœur; *gemere*, gémir, tient plus de la volonté, on donne de l’air à une poitrine oppressée. Un soupir, *suspirium* exprime la gêne; un gémissement, *gemitus*, la douleur. Cic. Att. II, 21. Cum diu occulte *suspirassent*, postea jam *gemere*, ad extremum vero loqui omnes et clamare cœperunt. A des soupirs longtemps étouffés succèdent les gémissements, puis enfin, un concert de plaintes et de cris.
—Sustinere, sustentare, v. *Ferre*.
T
—Taberna, v. *Deversorium*. —Tacere, taciturnus, v. *Silere*. —Tæda, v. *Fax*. —Tæter, v. *Teter*. —Talio, v. *Vindicta*. —Tabulæ, v. *Axes*. —Tædet, v. *Piget*. —Talea, v. *Rami*. —Tardare, v. *Manere*.
Tardus. Lentus. *Tardus*, marque la lenteur qui perd du temps par opposition à *citus*; *lentus*, celle qui prend ses aises et marche à pas comptés, par opposition à *acer*.
Tellus. Terra. Solum. Humus. *Tellus*, la terre considérée comme un tout, comme le centre du monde, comme une déesse, par opposition à d’autres corps célestes ou à d’autres divinités, γαῖα, γῆ; *terra*, comme matière et élément par opposition aux autres éléments, γαῖα, γῆ; *solum*, comme l’élément solide opposé particulièrement à l’eau, πέδον; enfin *humus*, comme la partie la plus basse du monde visible par opposition à la région de l’air. Les désinences des dérivés *terrenus* opposé à *igneus*, *solidus* à *fluidus*, *humilis* à *sublimis*, correspondent à ces différentes significations.
—Temetum, v. *Vinum*. —Tempestas, v. *Ventus*. —Temperatio, v. *Modus*.
Templum. Fanum. Delubrum. Ædes. Sacellum. 1. *Templum*, *fanum* et *delubrum*, le temple avec le terrain consacré qui l’entoure, ἱερόν; *ædes*, l’édifice même, ναός; enfin, *sacellum*, emplacement consacré, sans édifice, avec un simple autel.
2. Au sens restreint *templum*, temple monumental d’une grande divinité; *fanum* et *delubrum*, temple modeste d’un dieu inférieur ou d’un héros.
—Tempus, v. *Dies*. —Tenebræ, v. *Obscurum*. —Temulentus, v. *Ebrius*.
Tenere. Habere. Possidere. *Tenere*, tenir dans sa main, c’est la possession physique; *habere*, avoir en son pouvoir, c’est la possession de fait; *possidere*, avoir en propriété, c’est la possession de droit. Plin. Ep. I, 16. *Tenet*, *habet*, *possidet*. Saturninus m’attache, me domine, me possède.
Tentare. Periclitari. Experiri. Periculum. Discrimen. 1. *Tentare* et *periclitari*, faire une tentative pour s’éclairer: *tentare*, avec le désir de s’instruire, en prenant de la peine, c’est un essai; *periclitari*, avec courage, en méprisant le danger qu’il peut y avoir, c’est une épreuve; *experiri*, acquérir des lumières par cette tentative, c’est une expérience.
2. *Periculum*, le danger considéré dans sa durée; *discrimen*, comme un simple point dans le temps, comme le moment critique et le point culminant du *periculi*. Liv. VI, 17. In ipso *discrimine* *periculi* destituat. Abandonner au plus fort de la crise.
—Tenuis, v. *Exilis*. —Tergum, v. *Dorsum*. —Terere, v. *Lævis*.
Tergus. Cutis. Pellis. Vellus. *Tergus* et *cutis*, couverture extérieure des chairs à l’état de membrane nue et lisse: *tergus*, peau grossière des animaux recouvrant une chair tendre et bonne à manger, le cuir δέρμα; *cutis*, peau fine de l’homme protégeant la chair vive et sensible, χρώς. *Pellis* et *vellus*, peau avec sa garniture: *pellis*, peau garnie de poils ou *pili*, fourrure, δορά; *vellus*, peau laineuse, garnie de flocons ou *villi*, toison, μαλλός. On dit en parlant des hommes, *cutem*; des éléphants, serpents, etc., *tergora*; des lions, chèvres, chiens, etc., *pelles*; des brebis, *vellera*. Juven. X, 192. Deformem pro *cute* *pellem*. Une peau fine autrefois, pleine à présent de rides et de poils.
—Termes, v. *Rami*. —Terminare, terminus, v. *Finire* et *Finis*.
Teter. Fœdus. Turpis. Deformis. *Teter*, *tæter*, ce qui nous paraît odieux parce qu’il trouble notre sécurité en nous inspirant de la crainte ou en nous donnant des frissons, à peu près comme effroyable, épouvantable, ϐλοσυρός; *fœdus*, parce qu’il offense la nature, parce qu’il excite en nous du dégoût ou de l’horreur, comme affreux, μιαρός; *turpis*, parce qu’il offense le sens moral ou les convenances en provoquant notre désapprobation ou notre mépris, par opposition à *honestus*, *gloriosus*, comme laid, honteux, αἰσχρός; *deformis*, parce qu’il blesse le goût et déplaît, par opposition à *formosus*, comme mal fait, δυσειδής. Cic. Off. I, 34. Luxuria cum omni ætate *turpis*, tum senectuti *fœdissima* est. La débauche honteuse à tout âge est affreuse dans la vieillesse. Rep. II, 26. Tyrannus quo neque *tetrius* neque *fœdius*... animal ullum cogitari potest. Un tyran, l’être le plus effroyable, le plus affreux que l’imagination puisse concevoir. Vatin. 3. Quanquam sis omni *diritate teterrimus*. Quoique ta dureté fasse de toi un effroyable personnage. Vell. P. II, 69. In Vatinio *deformitas corporis* cum *turpitudine* certabat ingenii. Chez Vatinius la difformité allait de pair avec la turpitude.
—Tesca, v. *Solitudo*. —Tetricus, v. *Austerus*. —Tignum, v. *Trabes*. —Timere, timor, v. *Vereri*. —Titubare, v. *Labare*. —Tolerare, v. *Ferre*. —Tormentum, v. *Cruciatus*. —Torquere, v. *Vertere*. —Torridus, v. *Aridus*. —Torvus, v. *Atrox*. —Totus, v. *Quisque*.
Toxicum. Venenum. Virus. *Toxicum*, terme d’histoire naturelle, poison, sans idée accessoire; *venenum*, liqueur ou potion empoisonnée qui peut être douce et séduisante; *virus*, liqueur ou breuvage malfaisant et repoussant. Liv. II, 52. Tribuni plebem agitare suo *veneno*, agraria lege. Le peuple que travaille le poison préparé par les tribuns, la loi agraire. Comparez Cic. Læl. 23. Evomat *virus* acerbitatis suæ. Qu’il vomisse le venin de sa misanthropie.
Trabes. Tignum. *Trabes*, *trabs*, poutrelle longue et mince qui se rapproche de la perche; *tignum*, poutre courte et épaisse qui se rapproche de la bille. Un radeau se compose de *trabibus* et non point de *tignis*; au contraire, les pièces de charpente destinées à servir de supports dans une construction se composent de *tignis* et non point de *trabibus*, car ce dernier terme désigne de préférence les traverses supportées. Cæs. B. C. II, 9. Supra eum locum duo *tigna* transversa injecerunt, quibus *suspenderent* eam contignationem, supraque ea *tigna* directo transversas *trabes* injecerunt, easque axibus religaverunt. Ils jetèrent par-dessus deux poutres[1] qui se croisaient à angle droit et qui devaient supporter la plate-forme, sur les poutres un grillage de poutrelles[2] reliées par des ais[3].
—1 Sablières. —2 Longrines et traverses. —3 Voliges.
—Tractus, v. *Locus*. —Trames, v. *Iter*. —Tragulum, v. *Missile*. —Tranquillus, v. *Quies*.
Trans. Uls. Ultra. *Trans* et *uls*, de l’autre côté, πέραν, par opposition à *cis*; ce sont des prépositions qu’on n’accentue pas et qui servent simplement à distinguer un côté de l’autre, elles appartiennent à la même classe que *super*: *trans*, est le terme usuel; *uls* a vieilli, il est tombé en désuétude. *Ultra*, au delà, πέρα, par opposition à *citra*; on appuie sur le mot pour donner une haute idée de l’éloignement de cet autre côté au delà duquel il faut chercher l’objet, c’est une particule de la même classe que *supra*. La séparation exprimée par *ultra* fait songer à une frontière, la séparation exprimée par *trans* à un obstacle. Tac. Germ. 29. Protulit magnitudo populi Romani *ultra* Rhenum *ultra*que veteres terminos imperii reverentiam... Non numeraverim inter Germaniæ populos, quamquam *trans* Rhenum Danubiumque consederint, eos qui decumates agros exercent. La grandeur du peuple romain a porté au delà du Rhin et au delà des vieilles bornes le respect de son autorité... Je ne compte point parmi les peuples de la Germanie, quoiqu’établis de l’autre côté du Rhin et du Danube, ceux qui cultivent les champs soumis à la dîme.
—Transfuga, v. *Perfuga*.
Transversus. Obliquus. *Transversum*, perpendiculaire, ce qui se dirige à angles droits à partir d’un point donné sur une droite; *obliquum*, oblique, ce qui s’éloigne du même point en faisant un angle aigu ou obtus.
—Tribuere, v. *Impertire*. —Troicus, troius, v. *Achivi*. —Truculentus, v. *Atrox*. —Truncare, v. *Mutilare*. —Trux, v. *Atrox*. —Tristitia, v. *Dolor*. —Trucidare, v. *Interficere*. —Trudis, v. *Fustis*. —Truncus, v. *Stirps*.
Tueri. Defendere. *Tueri* ne suppose qu’un danger possible, comme protéger, par opposition à *negligere*; *defendere*, suppose une attaque, comme défendre, par opposition à *deserere*. Les mineurs ont des protecteurs ou tuteurs, *tutores*, les accusés des défenseurs, *defensores*. Le *tuens* fait preuve de sollicitude et d’amour en cherchant à prévenir le danger; le *defendens*, de courage et de force en faisant face au danger. Sen. Tranq. 11. Neque ille solum militat qui in acie stat et dextrum lævumque *cornu defendit*; sed et qui *portas tuetur*. Le nom de soldat n’est pas exclusivement réservé à celui qui tient ferme à son rang de bataille et qui défend l’aile droite ou l’aile gauche; il convient également à celui qui garde les portes.
Tum. Tunc. *Tum*, adverbe qui correspond à *is*, comme en ce temps-ci; *tunc*, adverbe qui correspond à *ille*, comme en ce temps-là.
—Tumere, v. *Turgere*. —Tumulus, v. *Collis*. —Turba, v. *Caterva*.
Turbæ. Tumultus. Seditio. Secessio. Deficere. Desciscere. 1. *Turbæ* et *tumultus*, désordres de police: *turbæ*, attentatoires au bon ordre; *tumultus*, à la tranquillité publique. *Seditio* et *secessio*, mouvements politiques par suite d’une différence d’opinions nette et tranchée, de principes contradictoires: *seditio*, quand l’union vient seulement d’être troublée et que la lutte des partis se passe encore en paroles; *secessio*, quand on a renoncé à tout espoir de conciliation et que les partis sont en présence prêts à se battre ou qu’ils ont du moins rompu tout commerce.
2. Les *seditiosi* et les *secedentes* sont citoyens et membres d’une communauté libre dont ils troublent seulement l’union; les *deficientes* et *desciscentes* violent un contrat en qualité de sujets qui se soulèvent ou d’alliés qui font défaut: *deficere*, terme général, présente la défection par son côté moral, comme une désertion qui provient d’infidélité, d’hésitation et de lâcheté; *desciscere*, par son côté politique, comme un changement de principes et de système.
—Turbo, v. *Ventus*.
Turgere. Tumere. *Turgere*, exprime une augmentation de volume qui tient à un excès de force et d’abondance, comme σπαργᾷν, σφριγᾷν; *tumere*, contient l’idée du néant et du vide déguisés sous l’enflure, comme οἰδᾷν. On appelle les voiles *turgida* lorsque le vent qui les gonfle est considéré comme un corps réel, capable en effet de les remplir, et *tumida*, lorsqu’on ne veut voir dans le même vent que de l’air, un air qui n’est rien et qui paraît seulement remplir les voiles.
—Turio, v. *Rami*. —Turpis, v. *Teter*.
Tutus. Securus. Incuriosus. 1. *Tutus* se rapporte à la réalité de la chose et s’entend de celui qui est en sûreté, comme ἀσφαλής; *securus* se rapporte à la persuasion de l’esprit et s’entend de celui qui se croit en sûreté. Au sens réfléchi, *tutus* arrive à exprimer l’idée de prévoyance, et *securus* celle d’imprévoyance par euphémisme. Sen. Ep. 97. *Tuta* scelera esse possunt, *secura* non possunt. Le crime peut être en sûreté, mais il ne possède jamais la sécurité. Cependant, comme il n’existe point de substantif tiré de *tutus*, *securitas* se prend aussi par catachrèse dans le sens de sûreté.
2. *Securus*, *securitas* expriment l’absence d’inquiétude et de soucis comme un état de l’âme, c’est la sécurité, ἀμέριμνος, par opposition à *sollicitus*; *incuriosus*, *incuria*, expriment le manque de soin et d’attention, au point de vue pratique, comme insouciant, ὀλίγωρος, par opposition à *cura*. Sen. Ep. 100. Fabianus non erat *negligens* in oratione, sed *securus*. Il y avait dans les discours de Fabianus un air je ne dis pas de négligence, mais d’assurance.
U
—Uber, v. *Fœcundus*.
Udus. Uvidus. Humidus. Aquosus. Madidus. 1. *Uvidum* et *udum*, ὑγρὸν, humide, dans tout le sens du mot, ce qui est entièrement composé d’eau ou d’un autre liquide, en réalité, en apparence, ou encore par hyperbole, *humore constans*; *humidum* et *humectum*, humide au sens restreint, ce qui est seulement imprégné de parties aqueuses, humore mixtum. Sen. N. Q. II, 25. Dicis nubes attritas edere ignem cum sint *humidæ*, imo *udæ*. Tu dis qu’il sort du feu des nuages qui sont chargés ou plutôt composés d’eau. *Udus*, qui a pour opposés *sudus* et *solidus*, est synonyme d’*aquanus* dans Tertullien; mais *humidus*, qui a pour opposé *aridus*, est synonyme d’*aquosus*, à cette différence près qu’en employant *aquosus*, on se représente encore le sec et l’humide comme distincts; ils existent l’un à côté de l’autre, tandis qu’en employant *humidus*, on se les représente comme mélangés et confondus. *Pratum aquosum* signifierait une prairie où il y a des mares et des étangs; mais *pratum humidum*, une prairie arrosée.
2. *Udus* n’est qu’une contraction d’*uvidus*; *humectus* n’est que le participe d’*humidus*. Pacuv. ap. Varr. Terra exhalabat auroram *humidam*, *humectam*. La terre exhalait une vapeur humide, chargée d’eau.
3. *Humidus*, *humens* se rapporte, comme humide. à la constitution intérieure du corps; *madidus*, *madens*, μυδαλέος, ruisselant, ne se rapporte qu’à l’extérieur et à la surface du corps, par opposition à *siccus*. Cic. Phil. XIV, 3. *Imbuti* sanguine gladii legionum exercituumque nostrorum, vel *madefacti* potius duobus consulum, tertio Cæsaris prælio. L’épée de nos légions et de nos armées est trempée dans le sang; elle a ruisselé de sang dans les deux combats livrés par les consuls, dans le troisième combat livré par César. *Imbuere*, causatif d’*imbibere*, se rapporte, en effet, à l’humidité qui pénètre à l’intérieur; *madefieri*, à celle qui s’amasse au dehors et qui peut provenir indifféremment de deux causes, savoir d’un trop-plein au dedans ou de la nature imperméable d’une surface.
—Ulcus, v. *Vulnus*. —Uligo, v. *Lacuna*.
Ulna. Lacertus. Brachium. Cubitus. *Ulna*, le bras entier, depuis l’épaule jusqu’à la main, servant à mesurer l’aune; *lacertus*, le haut du bras, depuis l’épaule jusqu’au coude; *brachium*, l’avant-bras; *cubitus*, le pli entre deux, le coude.
—Uls, ultra, v. *Trans*. —Ultio, v. *Vindicta*. —Ultimus, v. *Extremus*. —Ultro, v. *Præterea* et *Sponte*. —Umbrosus, v. *Obscurum*.
Una. Simul. *Una*, ensemble, dans le même lieu, ὁμοῦ; *simul*, à la fois, dans le même temps ou le même instant, ἅμα.
—Unctus, v. *Delibutus*.
Uncus. Hamus. *Uncus*, grand crochet comparable à une ancre; *hamus*, petit crochet comparable à un hameçon.
—Uncus, v. *Curvus*. —Unicus, v. *Eminens*. —Unda, v. *Aqua*. —Universus, unusquisque, v. *Quisque*. —Usque, v. *Semper*. —Usura, v. *Fœnus*. —Usurpare, v. *Uti*.
Uterque. Ambo. Utervis. Uterlibet. 1. *Uterque*, chacun des deux, s’applique à un tout dans lequel on distingue deux unités, comme ἑϰάτερος; *ambo*, tous les deux, à un tout dans lequel on distingue deux moitiés, comme ἄμφω. Cic. Finn. II, 7. Hic, qui *utramque* probat, *ambobus* debuit uti. Puisqu’on admet les deux points de fait, on devrait les représenter tous les deux par un terme spécial. Ter. Ad. I, 2, 50. Curemus æquam *uterque* partem; tu alterum, ego item alterum; nam *ambos* curare proреmоdum reposcere illum est quem dedisti. Prenons chacun une part égale de la tâche; garde Ctésiphon, moi Eschine. T’occuper ainsi de tous les deux, c’est presque me redemander celui que tu m’as donné. La différence de construction est visible dans Cic. Muren. 18, 37. Duæ res in prætura desideratæ sunt, quæ *ambæ* in consulatu Murenæ profuerunt... *Horum utrumque* ei fortuna ad consulatus petitionem reservavit. Deux choses manquèrent à Muréna dans la demande de la préture; et toutes deux l’ont merveilleusement servi quand il a sollicité le consulat... La fortune lui réservait chacun de ces deux avantages dans ses démarches pour le consulat. Et Orat. III, 26. A *quibus utrisque* submittitur aliquid. Le poëte et le compositeur sacrifient chacun à la simplicité.
2. *Uterque* et *ambo* sont copulatifs et se décomposent en *unus* et *alter*; l’attribut est nécessairement commun; *utervis*, celui des deux que vous voudrez, et *uterlibet*, celui des deux qu’il vous plaira, sont disjonctifs et se décomposent en *unus vel alter*; l’attribut est commun par accident. Ter. Andr. Prol. 10. Qui *utramvis* recte norit, *ambas* noverit. Il suffit de posséder une de ces deux pièces de Ménandre, celle que vous voudrez, pour les posséder toutes les deux.
Uti. Usurpare. Frui. Frunisci. *Uti* et *usurpare* expriment l’action de faire usage d’une chose, d’en disposer à son avantage; mais *uti* se dit d’un usage permanent; *usurpare*, d’un acte isolé. *Frui* et la vieille forme *frunisci* expriment le sentiment agréable qui accompagne cet usage, comme jouir: *frui* est le verbe primitif, *frunisci*, le verbe inchoatif. Sen. Vit. B. 10. Tu voluptate *frueris*, ego *utor*. Tu ne cherches dans le plaisir que la jouissance, j’y cherche le profit. Flor. II, 6. Hannibal quum victoria posset *uti*, *frui* maluit. Annibal pouvait user de sa victoire, il aima mieux en jouir. Cic. Rosc. Am. 45, 131. Commoda, quibus *utimur*, lucem, qua *fruimur*, spiritumque, quem ducimus, a Deo nobis dari. Les avantages dont nous profitons tous les jours, la lumière dont nous jouissons, l’air que nous respirons sont des dons de Dieu. Cic. Cat. III, 2, 5. Quorum opera... assidue *utor*. Je profite constamment de leur activité. Comparez avec Finn. II, 35, 118. In ea, quam *sæpe usurpabas*, tranquillitate degere omnem vitam. Laisser couler sa vie entière dans la tranquillité que tu as su trouver en mainte occasion. Cic. Orat. 51, 169. Post inventa conclusio est, qua credo *usuros* veteres illos fuisse, si jam nota et *usurpata* res esset. La période oratoire fut inventée plus tard; je crois que les anciens en auraient fait usage s’ils l’avaient connue et vu employer.
—Utique, v. *Plane*. —Uxor, v. *Femina*. —Uvidus, v. *Udus*.
V
Vacare. Otiari. Feriari. Cessare. Nihil agere. *Vacare*, avoir son temps libre, par opposition à l’*occupatio*, qui oblige au travail; *otiari*, n’avoir point d’affaires, par opposition aux *negotia*, qui font du travail un devoir; *feriari*, jouir du repos des jours de fête, par opposition à la besogne journalière; *cessare*, cesser son travail et se reposer, par opposition à la peine qu’on vient de prendre; *nihil agere*, ne rien faire, par opposition à l’activité en général.
—Vacuus, v. *Inanis*. —Vacillare, v. *Labare*. —Vadum, v. *Solum*. —Vadere, v. *Ire*. —Vagari, v. *Errare*. —Vafer, v. *Astutus*. —Vale, v. *Ave*. —Valde, v. *Perquam*. —Valere, v. *Posse*. —Valens, v. *Salus*. —Valetudo, v. *Æger*.
Validus. Firmus. Robustus. 1. *Validus*, fort, au sens actif, pour l’attaque et l’exécution, vigoureux, par opposition à *imbecillis*, comme σθεναρός; *firmus* et *robustus*, fort, au sens passif, pour la défense, pour supporter quelque chose: le *firmum* tire sa force d’une assiette inébranlable, on y met sa confiance, il s’oppose à *labans*, *vacillans* et même à *imbecillus*, en grec ϐέϐαιος, ferme; le *robustum* tire la sienne de sa nature compacte, de l’impénétrabilité de sa matière, il dure, par opposition à *tenerum*, comme ῥωμαλέος et ἰσχυρὸς, solide.
2. *Imbecillitas* convient à la faiblesse d’esprit; *infirmitas*, à la faiblesse corporelle. Cic. Finn. V, 45. In *infirma* ætate *imbecilla*que mente: un âge qui n’est point fait, une intelligence qui n’a point de ressort. Et quand ils ne se disent tous deux de l’esprit, *imbecillitas* signifie une faiblesse naturelle de tête ou de cœur, par exemple, un défaut de talent ou de courage; *infirmitas*, une faiblesse morale, par exemple, la versatilité qui empêche qu’on ne se fie à nous. Cæs. B. G. VII, 77. Nolite stultitia ac temeritate vestra aut *imbecillitate* animi omnem Galliam prosternere. Ne cédez ni à une folle hardiesse ni à une faiblesse d’esprit qui causerait la chute de toute la Gaule. Comparez avec IV, 5. Cæsar *infirmitatem* Gallorum veritus quod sunt in consiliis capiendis mobiles et rebus plerumque novis student. César avait peur de la versatilité des Gaulois, qui sont inconstants dans leurs desseins et amoureux de changements.
—Vallum, v. *Agger*. —Vallus, v. *Stipes*. —Valvæ, v. *Ostium*.
Varius. Diversus. Contrarius. Versicolor. Variegare. 1. *Varium* exprime les différences qu’on remarque dans un seul et même objet; *diversum*, celles qui distinguent un objet d’un autre. Catull. 47, 10. Quos longe simul a domo profectos *diverse* *variæ* viæ reportant, c’est-à-dire que toutes sortes de voies ramènent chez eux dans des directions tout à fait différentes. Tac. H. I, 25. Otho postquam *vario* sermone callidos et audaces cognovit, pretio et promissis onerat... Suspensos cæterorum animos *diversis* artibus (i. e. spe et metu) stimulant. Othon cause avec eux, varie l’entretien, s’assure qu’ils sont rusés et hardis, les achète à prix d’or et les comble de promesses... Pour les autres, on aiguillonne par divers moyens ces esprits incertains.
2. Les *diversa* n’ont rien de commun entre eux et s’en vont dans des directions divergentes ou même opposées; les *contraria* se font face et sont diamétralement opposés. D’où la gradation Cic. Divin. II, 55. *Diversas* aut etiam *contrarias*. Tout ce qui est du domaine de la conjecture... est sujet de la part des hommes aux interprétations les plus diverses et souvent les plus opposées[1]. Vell. P. II, 75. *Diversa* præsentibus et *contraria* exspectatis sperare. Avoir des espérances qui s’écartent des conjonctures et qui sont contraires aux probabilités.
3. *Varium*, bigarré, qui offre plusieurs couleurs à la fois, ποιϰίλον; *versicolor*, chatoyant, qui change autant de fois de couleur qu’il y a de manières de l’exposer à la lumière, αἴολον. Propert. III, 13, 32. Aut *variam* plumæ *versicoloris* avem. Un oiseau bigarré dont le plumage chatoie. Pline (XXXVII, 10) exprime les deux idées par des périphrases lorsqu’il appelle à la fois la pierre mithrax *multicolor* et contra solem *varie* refulgens.
4. *Variare* signifie en général donner un aspect varié; *variegare* signifie en particulier donner un aspect dont la variété est dans les couleurs, barioler.
—1 Traduction de la collection Panckoucke.
—Vas, v. *Sponsor*. —Vasta, v. *Solitudo*.
Vastare. Populari. Diripere. Agere ferre. Expilare. Spoliare. Peculari. 1. *Vastare*, ravager, détruire par fureur ou par politique la propriété de l’ennemi, πέρθειν, πορθεῖν; *populari*, *diripere* et *agere ferre*, piller par intérêt personnel: *populari*, en grand, par exemple, enlever la moisson entière, emmener les troupeaux; *diripere*, en petit, entrer dans les maisons, rompre les armoires; *agere ferre*, des deux manières, comme ἄγειν ϰαὶ φέρειν.
2. *Spoliare* et *populari*, s’approprier des dépouilles en temps de guerre; *expilare* et *peculari*, *depeculari*, en temps de paix: *expilare*, par violence; *peculari*, par escroquerie et détournement de la propriété de l’État. Cic. Parad. VI, 1. Si socios *spolias*, ærarium *expilas*. Si tu dépouilles les alliés, si tu portes la main sur le trésor.
—Vates, v. *Canere*. —Vaticinari, v. *Divinare* et *Hariolari*. —Vecors, v. *Amens*. —Vehemens, v. *Acer*. —Vegetus, v. *Vigens*.
Velle. Optare. Expetere. Cupere. Avere. Gestire. 1. *Velle*, *optare* et *expetere* expriment des actes de la raison qui se possède et se gouverne; *cupere*, *avere* et *gestire*, des actes du sentiment surexcité et de la passion. Sen. Ep. 116. Cum tibi *cupere* interdixero, *velle* permittam. Après t’avoir interdit les désirs, je te permettrai d’avoir des volontés.
2. *Velle*, vouloir et coopérer à la réalisation de sa propre volonté, θέλειν et ϐούλεσθαι; *optare*, souhaiter et s’en remettre à d’autres ou au destin pour la réalisation du souhait, ποθεῖν; *expetere*, exiger et mettre les autres en demeure de remplir cette exigence, ὀρέγεσθαι. Sen. Ep. 95. Sæpe aliud *volumus*, aliud *optamus*. Nos volontés sont souvent en désaccord avec nos souhaits. Cic. Off. I, 20. Nihil nisi quod honestum sit homines aut admirari, aut *optare*, aut *expetere* oportet. Il convient que les hommes n’admirent, ne souhaitent, n’exigent rien qui ne soit honorable.
3. *Cupere* exprime un désir violent, passionné; *gestire*, un désir vif qui se manifeste par des gestes; *avere*, *havere*, un désir impatient, pressant. *Cupidus*, désireux, ἐπιθυμῶν; *gestiens*, qui se réjouit à l’idée d’avoir une chose, χρῄζων; *avidus*, avide. Cic. Sen. 8. Græcas litteras sic *avide* arripui, quasi diuturnam sitim explere *cupiens*. Je me suis jeté sur la littérature grecque avec avidité, avec la passion d’apaiser une soif qui durait depuis longtemps. Comparez avec Att. II, 18. Intellexi quam suspenso animo et sollicito scire *averes*, quid esset novi. J’ai compris tes incertitudes et tes soucis, ton impatience de connaître les nouvelles. Et IV, 11. Perge reliqua; *gestio* scire ista omnia. Continue, je me fais une fête de savoir tous ces détails.
—Vellus, v. *Tergus*. —Velox, v. *Citus*.
Vendere. Venundare. Mancipare. *Vendere* et *venundare* présentent la vente comme une transaction commerciale: dans *vendere*, l’idée principale est, comme dans vendre, la livraison de l’objet, et le prix d’achat n’est qu’un accessoire; il est opposé à *emere*; c’est le grec ἀποδόσθαι; *venundare* fait ressortir, comme étaler, la mise en vente, l’offre de la marchandise, πιπράσϰειν, πωλεῖν, ἀπεμπολᾷν. *Mancipare*, aliéner, présente la vente comme un acte juridique par lequel on cède et transporte à un autre la propriété d’une chose avec toutes les prétentions qu’on y avait jusque-là, en due forme.
—Venditatio, v. *Jactatio*. —Venenum, v. *Toxicum*. —Venerari, v. *Vereri*. —Veniam dare, v. *Ignoscere*.
Ventus. Procella. Tempestas. Vortex. Turbo. *Ventus*, le vent, comme terme générique; *procella* et *tempestas*, vent violent: *procella*, bourrasque, coup de vent; *tempestas*, tempête, orage complet, accompagné d’éclairs, de tonnerre, de pluie ou de grêle. *Vortex* et *turbo*, tourbillon: *vortex*, tourbillon faible qui ne soulève que la poussière; *turbo*, tourbillon impétueux qui cause des dégâts.
—Venundare, v. *Vendere*. —Vepres, v. *Dumi*. —Venustus, v. *Formosus*.
Verberare. Icere. Ferire. Cedere. Pulsare. Mulcare. Pavire. Cudere. 1. *Verberare*, *ferire* et *icere*, frapper en général, de loin, de près, de toute manière. Le *verberans* porte un coup qui rebondit; l’*iciens* et le *feriens*, un coup qui pénètre, blesse ou brise: l’*iciens* lance son coup, par exemple, *fulmine ictus*; le *feriens* pousse et heurte, par exemple, *murum ariete ferire*. *Cædere*, *pulsare* et *mulcare* sont des termes plus particuliers et signifient battre avec un instrument fait exprès: *cædere*, avec un instrument tranchant qui fait une blessure, hache, sabre, fouet, verges, étrivières; *pulsare* et *mulcare*, avec un instrument contondant, un bâton ou le poing. *Pulsare* prend, comme battre, un complément quelconque; *mulcare*, comme bâtonner, ne peut avoir pour complément que le nom d’un être sensible à la douleur, surtout l’homme.
2. Au sens restreint, *verberare* exprime un châtiment administré de sang-froid et qui consiste en coups de bâton, c’est une punition en forme infligée par l’autorité compétente; *pulsare* et *mulcare* signifient un mauvais traitement par coups ou bourrades, exercé par des personnes qui n’y sont point autorisées, c’est une vengeance. *Pulsare* s’entend d’un traitement grossier; on frappe avec la main ou avec une canne, on n’en veut guère qu’à l’honneur et à la dignité des gens; *mulcare* marque un traitement brutal; on se sert pour frapper des poings ou d’un gourdin; on a surtout en vue de causer des douleurs physiques, on rosse.
3. *Pavire*, battre, pour solidifier à force de coups une masse molle; *cudere*, pour aplatir et élargir une masse dure. *Fulgere*, *battuere* et *cajare* sont des termes vieillis ou communs pour battre.
—Verbosus, v. *Garrire*.
Verbum. Vocabulum. Vox. Dictum. Dicterium. 1. *Verbum*, le mot considéré comme une partie de la phrase; *vocabulum*, comme un élément de la langue. Les mots, *verba*, sont du ressort de l’usage; les termes, *vocabula*, sont du ressort du dictionnaire.
2. *Verba*, les mots par rapport à leur signification; *voces*, par rapport à leur forme et à leur son.
3. Comme terme technique de grammaire, *vox* comprend toutes les huit parties du discours; *vocabulum*, tous les mots proprement dits, à l’exception des interjections ou sons naturels; *nomen*, seulement les noms appellatifs, adjectifs, substantifs et pronoms; et *verbum*, seulement les verbes.
4. Au sens collectif, *verbum* s’entend d’une pensée générale, comme sentence; *vox*, *dictum* et *dicterium*, d’une saillie qui appartient à telle ou telle personne: *vox* est l’expression du sentiment ou de la passion, c’est une exclamation; *dictum* est un trait d’esprit et d’intelligence, comme un bon mot. Tac. H. III, 39. Audita est *sævissima* Vitellii *vox*, qua se pavisse oculos spectata inimici morte jactavit. Vitellius eut une exclamation cruelle; on l’entendit qui se vantait crûment d’avoir rassasié ses yeux au spectacle de la mort d’un de ses ennemis particuliers. Comparez avec Ann. VI, 20. Scitum Passieni *dictum* percrebuit, neque meliorem unquam servum, neque deteriorem dominum fuisse. Un trait spirituel de l’orateur Passiénus et qui courut partout, c’est qu’il n’y avait jamais eu ni de meilleur esclave ni de plus mauvais maître.
5. *Dictum*, terme général et populaire pour toute parole piquante; *dicterium*, terme savant d’une époque postérieure pour une parole piquante par excellence qui est le fruit de l’esprit naturel développé par l’étude des lettres et le commerce de la bonne société.
—Verecundia, v. *Castus*.
Vereri. Timere. Metuere. Spes. Fiducia. Timor. Timiditas. Ignavia. Formido. Horror. 1. *Vereri* exprime, comme αἰδεῖσθαι, un effet qui a sa raison d’être dans une dignité qui nous impose; *metuere* et *timere* expriment, comme δεῖσαι et φοϐεῖσθαι, un effet qui résulte du caractère dangereux et menaçant d’un objet. Le *timens* et le *metuens* craignent de courir un danger; le *verens* craint d’être couvert de honte et de confusion. Cic. Phil. XII, 12: Quid? veteranos non *veremur*? nam timeri ne ipsi quidem volunt. Eh quoi! est-ce que nous ne révérons point les vétérans? car, pour aller jusqu’à la peur, c’est ce qu’ils ne veulent point eux- mêmes. Sen. II, 37. *Metuebant* eum servi, *verebantur* liberi, carum omnes habebant. Ses esclaves le craignaient, ses enfants le révéraient, tout le monde le chérissait. Liv. XXXIX, 37. *Veremur* quidem vos, Romani, et si ita vultis etiam *timemus*. Nous vous révérons, ô Romains, et nous avons même peur de vous, si c’est là ce que vous voulez. Afran. ap. Gell. XV, 13. Ubi malunt *metui* quam *vereri* se ab suis. Dès qu’ils aiment mieux être craints que révérés par les leurs. Sen. Ir. III, 32. Quibusdam *timeamus* irasci, quibusdam *vereamur*. Ne nous fâchons point contre certains personnages, contre ceux-là par peur, contre ceux-ci par une crainte respectueuse.
2. *Metus*, la crainte prise comme l’attente d’un mal qu’on a en perspective, auquel on songe, l’inquiétude par prévoyance et prudence, comme δέος, synonyme de *cautio*; *timor*, la peur par lâcheté et faiblesse. En d’autres termes, la crainte, *metus*, est une affaire d’intelligence, elle occupe la pensée; la peur, *timor*, est une affaire de sentiment, elle saisit le cœur. *Metus* s’oppose à *spes*; *timor*, à *fiducia*, *animus*. Cic. Tusc. IV, 31. *Confidere* decet, *timere* non decet. Il s’agit d’avoir pleine confiance, il ne s’agit point d’avoir peur.
3. Même différence entre *spes*, l’espérance, et *fiducia*, la confiance. Sen. Ep. 16. Jam de te *spem* habeo, nondum *fiduciam*. Tu me donnes déjà des espérances, tu ne m’inspires pas encore de confiance. Tac. Agr. 3. Nec *spem* modo ac votum securitas publica, sed ipsius voti *fiduciam* ac robur assumpserit. On ne se borne plus à espérer et à appeler de ses vœux la sécurité publique, mais on en jouit avec un sentiment de confiance et de stabilité. Suet, Cl. 10. Aliquanto minore *spe* quam *fiducia*. Il y avait un peu moins d’espérance que de confiance.
4. *Timor* présente la peur comme un état passager; *timiditas* présente la timidité comme une qualité habituelle qui se comporte, par rapport à l’*ignavia*, comme le terme précis par rapport au terme général. Lactant. III, 17. Epicurus... *ignavum* prohibet accedere ad rem publicam, pigrum exercere, *timidum militare*. Epicure ôte aux gens incapables l’accès des affaires, aux gens paresseux leur maniement, aux gens timides la guerre. L’*ignavia* est l’incapacité de faire aucune action noble et particulièrement aucun exploit courageux; la *timiditas* est excusable dans certaines circonstances; l’*ignavia* est toujours condamnable.
5. La crainte, *metus*, et la peur, *timor*, naissent de la réflexion qui distingue nettement l’objet et la cause de l’inquiétude. L’effroi, *horror*, et l’épouvante, *formido*, naissent d’une émotion vive et subite qui accable l’esprit en lui présentant des images pénibles, des visions affreuses et qui le rend incapable de se raisonner: mais *formido*, l’épouvante, exprime directement un état de l’âme, ὀῤῥωδία; *horror*, l’effroi, n’exprime que la manifestation de cet état lorsqu’il se révèle par des cheveux qui se dressent, par des yeux égarés, etc., comme φρίϰη. Tac. H. IV, 46. *Metus* per omnes ac præcipua Germanici militis *formido*. La crainte partout, l’épouvante au plus haut chez les troupes de Germanie.
Vereri. Revereri. Venerari. Colere. Observare. Adorare. Admirari. Suspicere. 1. *Vereri* et *revereri*, avoir du respect; *venerari*, témoigner du respect. Tac. Ann. XIV, 13. *Venerationem sui*, les respects qu’on lui rendrait; comparez avec *matris reverentia*, le respect que lui inspirait sa mère.
2. *Vereri* marque la considération poussée jusqu’à la crainte et à la timidité; *revereri*, la crainte et la timidité inspirées par la considération. Dans *vereri*, c’est la crainte; dans *revereri*, la considération qui est l’idée principale. *Verecundia* signifie la peur de se mettre dans son tort vis-à- vis d’une personne que l’on considère; *reverentia*, la conviction intime que le mérite de la personne justifie cette peur.
3. *Venerari* ne s’emploie (du moins dans Cicéron) qu’en parlant des honneurs qu’on rend aux dieux ou à des êtres supérieurs; *observare* se dit de ceux qu’on rend aux hommes; *colere*, des deux. Cic. Rep. I, 12. Ut... Africanum ut *deum coleret* Lælius, domi vicissim Lælium *observaret* in parentis loco Scipio. Lélius honorerait comme un dieu Scipion l’Africain; à Rome, Scipion à son tour aurait pour Lélius toutes les attentions qu’on a pour un père. Le *venerans* ne vise qu’à exprimer le respect qu’il doit, et à détourner de lui par son humilité la colère des dieux; le *colens* vise par des complaisances, des services et des égards de toute sorte, à gagner la faveur de quelqu’un et à en retirer des fruits comme d’un champ cultivé. La *veneratio* se marque surtout par la prière, le *cultus* par le sacrifice; la *veneratio* est un acte isolé, passager, le *cultus*, une manifestation permanente de respect. Tac. H. I, 10. Vespasianus... Titum filium ad *venerationem* *cultum*que (Galbæ) miserat, c’est-à-dire que Titus devait présenter au nouvel empereur l’hommage de Vespasien et rester à la cour.
4. *Observare* comparé à *colere* donne à la pensée un tour indirect et se dit des égards auxquels on ne manque pas, par opposition à la négligence; mais il ne suit point de là que l’un des deux termes soit plus fort et l’autre plus faible. *Colere* s’entend de démonstrations palpables, *operam*; *observare*, d’attentions délicates, *pietatem*, et c’est tantôt aux unes, tantôt aux autres qu’on attache le plus de prix.
5. *Adorare*, terme général pour toute espèce de culte rendu aux dieux; la *veneratio* tend à se restreindre aux gestes, la *precatio* aux formules.
6. *Reveremur* validas auctoritates; *admiramur* raras virtutes; *suspicimus* excellentia dignitate. Nous respectons l’autorité, nous admirons la vertu, nous levons les yeux vers les grandeurs. Je me représente d’ailleurs le *reverens* dans un état de crainte silencieuse; l’*admirans*, dans un enthousiasme bruyant ou du moins visible; le *suspiciens*, sous les traits d’une personne étonnée qui sent humblement sa propre infériorité. *Revereri* se rapporte particulièrement à une supériorité morale; *admirari*, à une supériorité intellectuelle et morale; *suspicere*, à une supériorité quelconque, même de hasard.
Vernalis. Vernilis. *Vernaliter* contient un éloge: avec l’adresse et la prestesse d’un serviteur bien appris et zélé; il est synonyme de *sedulo*. *Verniliter* contient un blâme: d’une manière ignoble et commune qui sent l’esclavage; il est synonyme de *serviliter*; mais *verniliter* se rapporte à la grossièreté des façons, comme rustiquement; *serviliter*, à la bassesse des sentiments, comme servilement.
—Verres, v. *Sus*. —Versutus, v. *Astutus*. —Versicolor, v. *Varius*.
Vertere. Torquere. Convertere. Invertere. Pervertere. 1. *Vertere*, tourner ou retourner, c’est-à-dire remuer un objet pour lui donner une autre position ou une autre place, τρέπειν; *torquere*, tourner dans le sens de mouvoir autour d’un point fixe ou d’un axe, στρέφειν.
2. *Convertere* signifie 1º avec un sujet au pluriel: tourner tous à la fois, par exemple Cæs. B. C. I, 80. Ut pæne terga *convertant*, peu s’en faut qu’ils ne tournent le dos tous à la fois; 2º par rapport à l’achèvement de l’action: tourner tout à fait. *Invertere* veut dire seulement tourner à moitié, en sorte que l’objet prenne la position inverse et montre l’envers; enfin, *pervertere*, tourner en sorte que l’objet prenne une fausse position, soit hors d’usage, ou perdu, mettre sens dessus dessous.
—Verutum, v. *Missile*. —Vesanus, v. *Amens*.
Vestis. Vestitus. Vestimentum. Amictus. Amiculum. Cultus. Habitus. 1. *Vestis*, terme général qui signifie tantôt l’habillement entier, *vestitus*, tantôt une pièce de l’habillement, *vestimentum*. *Vestem mutare* veut dire prendre le deuil; *vestimenta mutare*, changer d’habits.
2. *Vestis* et *vestimentum*, vêtement qui couvre le corps par raison de nécessité ou de décence; *amictus* et *amiculum*, vêtement qu’on met par-dessus les autres pour avoir plus chaud ou pour se parer: *amictus*, tout l’habillement de dessus; *amiculum*, pièce détachée, surtout. Tac. G. 17. Feminæ sæpius lineis *amictibus* velantur, partemque *vestitus* superioris in manicas non extendunt. Les femmes portent plus souvent que les hommes des vêtements de dessus en lin, et il n’y a point de manches dans le haut de leur habillement.
3. *Cultus* et *habitus* expriment des idées plus complexes que *vestis*: *cultus* comprend tout ce qui se rattache à la mise, ceinture, chapeau, parures, armes; *habitus*, tout ce qui touche de près ou de loin à la toilette, propreté, coiffure, tenue. Suet. Cæs. 44. Dicam ea quæ ad formam et *habitum* et *cultum* et mores pertineant. Je vais esquisser son portrait et dire un mot de sa toilette, de sa mise, de ses mœurs. Cal. 52. *Vestitu* calceatuque cæteroque *habitu*. Dans son habillement, dans sa chaussure, dans toute sa toilette.
Vetare. Interdicere. *Vetare*, défendre au nom de la loi par opposition à *jubere*; *interdicere*, interdire en vertu des pouvoirs qu’on tient de sa charge par opposition à *addicere*, *permittere*.
—Veternus, v. *Antiquus*. —Vetula, v. *Anus*.
Vetus. Senex. Grandævus. Longævus. Senecta. Senectus. Senium. 1. *Vetus homo*, l’homme vieux à partir de la cinquantaine, par opposition à *juvenis*, l’homme jeune, comme γέρων; *senex*, le vieillard à partir de la soixantième année avec une idée accessoire de dignité, comme πρεσϐυτής: enfin *grandævus* et *longævus*, vieillard chargé de jours qui a dépassé la durée ordinaire de la vie, c’est-à-dire à partir à peu près de la quatre-vingtième année.
2. *Senecta*, la vieillesse au sens indifférent, comme degré de la vie; *senectus*, la vieillesse vénérable et expérimentée qui impose du respect et des égards; *senium*, le grand âge qui affaiblit, accable et qu’on peut regarder comme une infirmité.
—Vetus, vetustus, v. *Antiquus* et *Puer*. —Via, v. *Iter*. —Vibrare, v. *Librare*.
Vicinus. Finitimus. Confinis. *Vicini*, voisins, d’une maison, d’une cour à l’autre; *finitimi* et *confines*, d’un pays à l’autre: *finitimi*, au sens simple et incomplexe, nos voisins, ceux qui habitent à notre frontière, c’est un simple terme géographique; *confines*, exprime une relation réciproque, il s’agit de peuples mutuellement voisins qui ont une frontière en commun, avec une idée morale accessoire, celle d’une amitié qui se joint au voisinage. Les *finitimi* sont séparés par une démarcation, *finibus diremti*; les *confines* ou *confinio conjuncti* ont des points de contact.
Vicissim. Invicem. Mutuo. *Vicissim* marque comme alternativement et vice versa que deux personnes ou deux objets font ou éprouvent successivement quelque chose: *invicem* et *mutuo*, qu’ils le font ou l’éprouvent en même temps: *invicem* a plus de rapport à des actions; *mutuo*, à des situations réciproques. Ils répondent à réciproquement et mutuellement.
—Victus, v. *Vita*.
Videre. Cernere. Spectare. Intueri. Conspicere. Adspicere. Adspectus. Conspectus. Obtutus. 1. *Videre* et *cernere*, voir, prendre connaissance par l’organe de la vue: *videre*, prendre connaissance en gros, comme ὁρᾷν, par opposition à ne pas voir à cause de quelque obstacle qui boucherait la vue; *cernere*, prendre une connaissance précise et claire, par opposition à une vue incertaine et troublée. *Spectare*, *intueri*, *tueri* et *contueri*, regarder, arrêter les yeux sur un objet: *spectare*, regarder tranquillement un objet qui intéresse l’esprit et s’y arrêter comme à un spectacle, considérer, θεᾶσθαι; *intueri*, fixer son regard sur un objet qui attire l’imagination ou le cœur, contempler, θεωρεῖν. Cic. Famm. VII, 1. Neque nos qui hæc *spectavimus*, quidquam novi *vidimus*. Et nous-mêmes qui avions les yeux ouverts sur cela, nous n’avons rien vu de nouveau.
2. *Intueri* signifie simplement contempler avec attention, mais *contueri*, contempler avec fixité, avec pénétration et avec de grands yeux.
3. *Conspicere*, apercevoir, c’est-à-dire avoir la vue frappée d’un objet et le plus souvent sans s’y attendre; *adspicere*, regarder, c’est-à-dire jeter les yeux sur un objet, qu’on ait ou non conscience de la sensation.
4. *Adspectus* a le sens actif, c’est le sujet qui regarde; *conspectus* a le sens passif, c’est le sujet qui est vu, qui fait tableau, c’est encore et souvent le cercle que la vue embrasse. *Obtutus*, le regard, a le sens neutre. Suet. Tib. 43. Ut *adspectu* deficientes libidines excitaret. Pour rallumer par cette vue ses feux épuisés. Comparez avec Cal. 9. Tumultuantes *conspectu* suo flexit. Sa vue fit reculer les soldats soulevés. Et avec Cic. Orat. III, 5. Qui vultum ejus quum ei dicendum esset, *obtutum*que *oculorum* in cogitando probe nosset. Lui qui connaissait parfaitement l’air qu’il prenait au moment de parler et le regard qu’il avait quand il réfléchissait.
—Viere, v. *Ligare*.
Vigens. Vegetus. Vividus. Vivus. Animans. Vitalis. Vivax. 1. *Vigens* se dit d’un homme frais et vigoureux de corps et d’esprit; *vegetus*, d’un homme éveillé et vif sous le rapport de l’esprit; *vividus*, d’un homme plein de vie et d’énergie au moral. Liv. VI, 22. Exactæ jam ætatis Camillus erat... sed *vegetum* ingenium in *vivido* pectore vigebat, virebatque integris sensibus. Camille conservait dans un âge avancé un esprit vif et frais, un cœur énergique, une constitution intacte et florissante.
2. *Vivus*, vivant par opposition à mort; *animans*, animé par opposition à inanimé.
3. *Vitalis*, qui a la vie longue; *vivax*, qui a la vie dure.
Vigil. Insomnis. Exsomnis. *Vigil* présente l’état de veille par le côté positif: on sait ce qu’on fait, on veut le faire, on y applique ses forces, on est éveillé et agissant, c’est le grec ἄγρυπνος. *Insomnis* et *exsomnis* ne présentent ce même état que par le côté négatif, comme une privation de sommeil, ἄύπνος; mais l’*insomnis* ne peut pas, l’*exsomnis*, ne veut pas dormir. Tac. Ann. I, 65. Cum oberrarent tentoriis *insomnes* magis quam *pervigiles*. Ils erraient le long des tentes faute de pouvoir dormir plutôt que par un surcroît de vigilance. Vell. Pat. II, 88. Mæcenas ubi res *vigiliam* exigeret, sane *exsomnis*. Quand les affaires exigeaient de la vigilance, Mécène se privait tout à fait de sommeil. Hor. Od. III, 7, 6. Noctes non sine multis *insomniis* lacrimis agit. Il passe ses nuits dans les pleurs sans sommeil. Comparez avec 25, 7. Non secus in jugis *exsomnis* stupet Evias. Comme une bacchante qui court la montagne et qui lutte contre le sommeil reste stupéfaite à la vue de l’Hèbre.
Villa. Fundus. Prædium. Ager. Campus. Rus. Arvum. 1. *Villa*, maison de campagne ordinairement avec une pièce de terre; *fundus*, pièce de terre ordinairement avec une maison de campagne; *prædium*, tantôt la maison, tantôt la pièce, comme bien de campagne. *Villa* est d’ailleurs un terme d’architecture; *fundus*, un terme économique; *prædium*, un terme de droit. Cat. R. R. 3. Ita ædifices, ne *villa* *fundum* quærat, neve *fundus* *villam*. Bâtissez dans de justes proportions en sorte que la maison n’ait pas l’air de courir après le domaine, ni le domaine après la maison.
2. *Villa*, *fundus* et *prædium* supposent un propriétaire, comme *portio*; *ager*, *arvum*, *rus* et *campus* se conçoivent sans aucun rapport à un propriétaire, comme *pars*.
3. *Ager* et *campus*, la campagne, cultivée ou non: *ager*, le sol par opposition au terrain occupé par des constructions ou des plantations d’arbres, à *urbs*, *oppidum*, *vicus*, *hortus*, *silva*, comme ἀγρός; *campus*, les basses terres et les plaines, comme πεδίον, par opposition aux hauteurs, à *mons* et *collis*.
4. *Rus* et *arvum*, le champ, la terre à blé: *rus*, par opposition au village ou à la ville, comme ἄρουρα; *arvum*, par opposition aux pâturages et aux plantations d’arbres, à *pabulum*, *pascuum*, *pratum*, *olivetum*, comme ἄροτος. Cic. Fr. ap. Quintil. IV, 2, 131. *Fundum* habet in *agro* Thurino Tullius paternum. Tullius possède un bien patrimonial dans la banlieue de Thurium. Orat. III, 33. De *fundo* emendo, de *agro* colendo. Un domaine à acheter, un sol à cultiver. Tac. G. 26. *Arva* per annos mutant, et superest *ager*. Ils changent tous les ans de champs de blé, et ce n’est pas le sol qui leur manque.
Vincere. Superare. Opprimere. 1. *Vincere*, chasser l’adversaire de sa position, comme vaincre, νιϰᾷν; *superare*, prendre le dessus sur son adversaire, comme ὑπερϐάλλεσθαι. Le *vincens* est aux prises avec des ennemis, le *superans* avec des obstacles. Tac. Ann. II, 25. *Invictos* et nullis casibus *superabiles* Romanos. Les Romains sont invincibles et supérieurs à tous les événements[1].
2. *Evincere* marque en particulier l’acharnement et la durée du combat; *devincere*, le succès du combat et la plénitude de la victoire.
3. *Vincere*, vaincre à la suite d’un combat; *opprimere*, sans combat, en paraissant, par surprise ou par une supériorité de forces décisive. Cic. Mil. II. Vi *victa* vis vel potius *oppressa* virtute audacia est. La force a vaincu la force, ou pour mieux dire, le vrai courage a d’abord accablé l’audace. Et de même Muren. 15. Mithridatem L. Murena *repressum* magna ex parte, non *oppressum* reliquit. Au départ de L. Muréna, Mithridate était fort empêché, mais point accablé.
—1 Traduction Panckoucke.
—Vincire, v. *Ligare*.
Vincula. Catenæ. Compedes. Pedicæ. Manicæ. *Vincula*, toute sorte de liens, terme générique par rapport à *catenæ*, comme δεσμοί; *catenæ*, chaînes, soit pour enchaîner, soit pour d’autres usages, comme ἁλύσεις; *compedes*, fers en général pour les mains ou les pieds: *pedicæ*, pour enchaîner les pieds; *manicæ*, pour enchaîner les mains, menottes. Tac. Ann. VI, 14. Celsus in *vinclis* laxatam *catenam* et circumdatam in diversum tendens suam ipse cervicem perfregit. Celsus était lié; à force de tirer sur une chaîne lâche qui faisait le tour du cou il réussit à se casser le cou.
Vindicta. Ultio. Talio. Pœna. Mulcta. Castigatio. Puniri. 1. *Vindicta*, acte de justice comme la punition; *ultio*, acte de colère comme la vengeance; *talio*, acte de représailles.
2. *Ultio*, *vindicta* et *talio*, actes d’autorité privée; *punitio*, *mulctatio* et *castigatio*, actes d’autorité publique: *pœna*, peine afflictive qu’exige la loi violée et offensée; *mulcta*, satisfaction que réclament la justice et l’équité en compensation d’un dommage et qui consiste de préférence en une amende; *castigatio*, correction qui s’adresse à un individu, surtout par voie de réprimande. La *pœna* profite au public, la *mulcta* à la partie adverse, la *castigatio* au coupable.
3. *Punire*, punir suivant les principes de la justice; *puniri*, dans Cicéron, exercer une vengeance personnelle.
—Vinolentus, v. *Ebrius*.
Vinum. Temetum. *Vinum*, nom général et usuel; *temetum*, nom archaïque et poétique du vin.
—Violare, v. *Lædere*. —Virga, virgultum, v. *Rami*. —Vir, v. *Homo* et *Puer*.
Virgo. Puella. Virago. *Virgo*, fille qui n’est point mariée, jeune ou vieille, par opposition à *mulier*, παρθένός; *puella*, jeune femme mariée ou non, par exemple l’épouse de Néron, Octavie, à l’âge de vingt ans, dans Tac. Ann. XIV, 64, ϰόρη; *virago*, jeune fille forte comme un homme, héroïque, par exemple les amazones, ἀντιάνειραι.
Virtus. Innocentia. Honestas. *Virtus*, la vertu qui se manifeste par des actions solides et méritoires; *innocentia*, par une conduite irréprochable et surtout désintéressée; *honestas*, par des sentiments vertueux et nobles.
—Virtus, v. *Ferocia*. —Viscera, v. *Caro*. —Vis, v. *Potentia*.
Vita. Salus. Victus. 1. *Vita*, la vie dans sa durée, par opposition à *mors*; *salus*, la vie sauve, par opposition à *interitus*, *exitium*.
2. *Vita*, la vie publique, *victus*, la vie privée d’un homme. Nep. Alc. 1. Splendidus non minus in *vita* quam in *victu*. Aussi magnifique dans la vie publique que dans la vie privée.
—Vitalis, v. *Vigens*.
Vitium. Menda. Mendum. Labes. Macula. *Vitium*, défaut quelconque; *menda*, défaut naturel, surtout corporel, infirmité, ϐλάϐη; *mendum*, faute qu’on a commise, surtout dans des écrits, bévue, ἁμάρτημα; *labes*, faute infamante, souillure, λύμη; *macula*, défaut qui défigure, tache, ϰηλίς.
—Vituperare, v. *Reprehensio*. —Vivax, vividus, v. *Vigens*. —Virus, v. *Toxicum*. —Vivus, v. *Vigens*.
Vix. Ægre. *Vix*, à peine, se rapporte exclusivement, comme σχολῄ, à la chose qui pour un rien manquerait, par opposition à *omnino non*; *ægre*, avec peine et à grand’ peine, μόλις et μόγις, se rapporte au sujet qui agit et qui est inquiet de savoir s’il réussira complétement ou s’il échouera, par opposition à facile.
—Vocabulum, v. *Verbum*. —Vocare, v. *Nominare*. —Vociferari, v. *Clangere*.
Volucres. Aves. Alites. *Volucres*, tout ce qui vole, y compris les insectes ailés, les volatiles, comme πτηνός; *aves* et *alites*, les oiseaux seulement: *avis*, terme général d’histoire naturelle pour tous les oiseaux, comme ὄρνις; *ales*, terme choisi pour les grands oiseaux seulement, comme οἰωνὸς, en particulier l’aigle; et *alites*, comme terme technique de la langue des augures, les oiseaux dont on observait et interprétait le vol, par opposition à *oscines* ou aux oiseaux dont on interprétait le chant et les cris. Ovid. Art. am. III, 410. Jovis in multas devolat *ales* *aves*. L’oiseau de Jupiter fond sur la gent emplumée.
—Voluntate, v. *Sponte*. —Voluptas, v. *Cupido*.
Vorago. Vortex. Gurges. *Vorago* et *barathrum*, qui est étranger et poétique, eau sans fond, abîme qui peut exister dans un marais, un étang, un lac; *vortex* et *gurges*, supposent une eau agitée: le *vortex* se meut dans le sens horizontal, l’eau tourne simplement en cercle, empêchant les objets qui surnagent d’aller plus loin, comme le tourbillon; le *gurges* se meut dans le sens vertical, il entraîne au fond ce qui tombe dans son domaine, comme le gouffre. Liv. XXVII, 30. Navis retro *vortice* intorta. Vaisseau ramené en arrière par le tourbillon. Comparez avec XXII, 6. Deficientibus animis hauriebantur *gurgitibus*. Le cœur leur manquait et ils étaient engloutis dans les gouffres.
—Vox, v. *Verbum*.
Vulnus. Plaga. Ulcus. Cicatrix. Saucius. 1. *Vulnus* et *plaga*, lésion qui provient d’une cause extérieure: *vulnus*, d’une arme ou d’un instrument tranchant, blessure; *plaga*, d’un instrument quelconque, contusion; *ulcus*, plaie ouverte ou ulcère, abcès crevés, etc.; et *cicatrix*, cicatrice qui remplace la blessure après la guérison. Suet. Vit. 10. Verbera et *plagas*, sæpe *vulnera*, nonnunquam necem repræsentantes adversantibus. La moindre résistance valait aux gens des coups et des contusions, souvent des blessures, quelquefois la mort.
2. *Vulneratus*, blessé en général; *saucius*, mis hors de combat par une blessure, c’est le terme propre pour les blessés à la bataille. Cic. Verr. I, 27. Servi nonnulli *vulnerantur*, ipse Rubrius *sauciatur*. Plusieurs esclaves sont blessés, Rubrius est mis hors de combat.
—Vultus, v. *Facies*.
INDEX DES SYNONYMES GRECS
Α Ἀγαθὴ τύχηCasus ἈγαθόςBonus ἌγαλμαImago ἈγάπηDiligere Ἄγειν ϰαὶ φέρεινVastare ἈγέληPecus ἈγροῖϰοςRus ἈγρόςVilla ἌγρυπνοςVigil ἈγχιστεῖςNecessarius ἈδολεσχίαGarrire ἈείδεινCanere ἌζηLutum ἎθλονPræmium ΑἰανόςPridem ΑἰγιαλόςRipa ΑἰδεῖσθαιVereri ἈΐδιονContinuus ΑἶθεινArdere ΑἷμαSanguis ΑἰνόςAtrox ΑἴολονVarius ΑἱρεῖνSumere ΑἰσχρόςTeter ΑἰτῶνRogare ΑἰχμήAcies ΑἰώνιονContinuus ἈϰεῖσθαιMederi ἈϰέραιοςPurus ἈϰήρατοςPurus ἈϰολουθεῖνComitari ἌϰοςMederi ἈϰούεινAudire ἈϰριϐείαOpera ἈϰροᾶσθαιAudire ἌϰροςSummus ἈϰτήRipa ἌϰωνMissile ἈλᾶσθαιErrare ἌλγοςDolor et Cura ἉλίαConcilium ἍλιςSatis Ἄλλοι (οἱ)Cæteri ἍλςMare Ἄλσος, ἄλτιςSilva ἉλύσειςVincula ἍμαUna ἉμάρτημαVitium ἈμέριμνοςTutus ἌμφωUterque Ἀνάγϰη ἐστίνNecesse est ἈναδέχεσθαιPolliceri ἈναιρεῖνInterficere ἈναίσθητοςStupidus ἈναμιμνήσϰεσθαιMeminisse ἈνανεύωNegare ἈνάπτεινAccendere ἈναρίθμητοςInnumerus ἈναφανδόνAperire ἈναφλογίζεινAccendere ἈνδράποδονServus ἈνδριάςImago ἈνδροφόνοςHomicida ἈνευρεῖνInvenire ἈνήρPuer et Homo ἈνήριθμοςInnumerus Ἀνθρωπείως et ἀνθρωπίνωςHumanitus ἌνθρωποςHomo ἈνίαCura ἈντιστατήςAdversarius ἈντιχαρίζεσθαιGratias agere ἍπαντεςQuisque ἈπατᾷνFallere ἈπεμπολᾷνVendere ἌπλετοςMagnus ἈποϐαλεῖνAmittere ἈποϐάλλεινSpernere ἈποδόσθαιVendere ἈποθενProcul ἈποϰρύπτεινCelare ἈπονεύωNegare ἈπορίαPaupertas Ἀπὸ τύχηςCasu ἈποφάναιNegare ἈργόςAlbus ἈρεσϰεύεινAssentiri ἌρθρονMembrum ἈριστερόςSinister ἈρνεῖσθαιNegare Ἄροτος, ἄρουραVilla ἉρπαϰτήρPræda ἌρσηνHomo ἈρχαῖοςAntiquus ΑρχεινJubere ἈσιτίαFames ἈσϰεῖνComere ἈσϰηθήςSalvus ἌσμενοςSponte ἈσπίςScutum ἈστραπήFulgur ἌστρονStella ἈσφαλήςTutus ἈτιμίαIgnominia ἈτραπόςIter Αὖθις et αὖθις ἐξ ὑπαρχῆςIterum ΑὖοςAridus ἌϋπνοςVigil ΑὔραAnima ΑὐτόμολοςPerfuga ΑὐτομάτωςSponte ΑὐχμόςLutum ἈφθόνωςSatis ἈφνειόςDivitiæ ἌφρωνAmens ἈχαιοίAchivi ἈχανήςMagnus ἌχθοςMoles ἌχλυςObscurum ἍψοςMembrum Β ΒάδηνPaulatim ΒαδίζεινIre ΒάναυσοιFaber ΒάροςMoles ΒαστάζεινFerre ΒαΰζεινLatrare ΒέϐαιοςValidus ΒέλοςMissile ΒλαϐερόςCulpa ΒλάϐηVitium ΒλάξStupidus Βλέπων (τόρον ou ταυρηδὸν)Atrox ΒλοσυρόςTeter ΒόρϐοροςLutum ΒούλεσθαιVelle ΒραδύνεινManere ΒραδύςStupidus ΒρότοςSanguis Γ ΓαῖαTellus ΓελᾷνRidere ΓένοςGens ΓεραιόςAntiquus ΓέραςDonum ΓέραςPræmium ΓερούσιοςAntiquus ΓέρωνAntiquus, Puer, Vetus ΓῆTellus ΓλυϰύςSuavis ΓνώμηSententia ΓράμμαLittera Δ ΔαίμωνNumen ΔαϰρύεινLacrimare ΔάνοςFœnus ΔασύςAngustus ΔέεινLigare ΔεῖNecesse est Δεινόν τιDelictum ΔεινόςAtrox ΔεῖξαιOstendere ΔεῖσαιVereri ΔεόμενοςRogare ΔέοςVereri ΔέρμαTergus ΔεσμεύεινLigare ΔεσμοίVincula ΔεύτερονIterum ΔέχεσθαιSumere ΔῆλονAperire ΔηλῶσαιOstendere ΔῆμοςGens ΔιατρίϐεινManere ΔίδυμοςDuplex ΔιολέσαιAmittere ΔιπλοῦςDuplex ΑμώςServus ΔόμοιÆdificium ΔόξαGloria et sententia ΔοράTergus ΔόρυMissile ΔοῦλοςServus ΔοῦποςFragor ΔραπέτηςPerfuga ΔύναμιςPotentia ΔύνασθαιPosse ΔυναστείαPotentia ΔυσειδήςTeter Δυσμένεια, δύσνοιαOdium ΔυσφημίαIgnominia ΔώματαÆdificium ΔῶρονDonum Ε ἘγγελᾷνRidere ἘγγυᾷνPolliceri ἘγγύςÆquus ἜγϰαρποςFœcundus Ἕδος, ἕδραSedes ἜθειραCrinis ἘθελοντήςSponte ἜθνοςGens ἜθοςConsuetudo ΕἶδοςFigura Εἴδωλον, εἰϰώνImago ΕἰμαρμένηCasus Εἰς ϰενόνFrustra ΕἰωθέναιSolere ἝϰαστοιQuisque ἙϰάτεροςUterque ἘϰδημεῖνProficisci ἙϰηλίαQuies ἘϰθανεῖνMors ἘϰϰλησίαConcilium ἙϰούσιοςSponte ἘϰφοράFunus ἙϰώνSponte ἘλεεῖνMisereri ἝλοςLacuna ἘμϐαίνεινIre ἘμπολᾷνEmere ἘμφανίσαιOstendere ἘνδαίεινAccendere ἜνδειαPaupertas ἘνίοτεNonnunquam ἘντελήςFinire ἘντέλλεσθαιJubere ἘνύπνιονSomnus ἘξαπίνηςRepente ἜξεστιConcessum est ἘξουσίαPotentia Ἔοιϰεν (ὡς)Censere ἘπαγγέλλεσθαιPolliceri ἘπιειϰῶςHumanitus ἘπιθυμῶνVelle ἘπιϰαμπήςCurvus ἘπιτήδειοςIdoneus ἘπῳδαίCanere ἘπωμίςArmus Ἐρᾷν, ἐρᾶσθαιDiligere ἘργασίαOpera ἜργονAgere ἜριφοςCaper ἙρπετόνRepere ἘῤῥωμένοςConfisus ἜῤῥωσοAve ἜρωςDiligere Ἔσθ’ ὅτεNonnunquam ἜσχατοςExtremus ἜταιNecessarius ἙταῖροιSocius ΕὐθηνήςFœcundus ΕὐθύςRepente ΕὐϰαιρίαOccasio ΕὐνήCubile ΕύποροςDivitiæ ΕὔσϰιοςObscurum ΕὔτοϰοςFœcundus ΕύτροποςBonus ΕὐτυχήςFelix ΕύφοροςFœcundus ΕὐχαριστεῖνGratias agere ΕύχεσθαιRogare ἘφεῖναιConcedere ἘφίεσθαιJubere ἜχθραOdium ἘχθρόςAdversarius Ἔχιδνα, ἔχιςRepere Ζ ΖόφοςObscurum ΖῶονAnimal Η ἭδεσθαιGaudere ἩδύςSuavis ἮθοςConsuetudo ἨιώνRipa ἩμίθεοςNumen Ἤν, ἤνι, ἠνίδεEn ἨνίονFrenum ΉπιοςMitis ἮριMane ἩσυχίαQuies ἨχήFragor Θ ΘάλασσαMare ΘαλλοίRami ΘαμάSæpe ΘαμειόςAngustus Θάνατος, θανεῖν (πανδίϰως)Mors ΘάρσοςFides ΘεᾶσθαιVidere ΘέλεινVelle Θέμις ἐστίConcessum est ΘεόςNumen ΘεωρεῖνVidere ΘημώνAcervus Θήρ, θηρίονAnimal ΘήςIncolere ΘησαυροίDivitiæ ΘράσοςFides ΘρηνεῖνLacrimare ΘριγϰόςMurus ΘρίξCrinis ΘρόνοςSedes ΘυμόςAnima Θύρα, θυρίδεςOstium ΘῶοςCulpa ΘωπεύεινAssentiri Ι ἸᾶσθαιMederi ἼδιοςPrivus ἸδούEn ἸέναιIre ἸερόνTemplum ἹερόςSacer ἹϰανόςIdoneus ἹϰανῶςSatis ΙϰετεύεινRogare ἼλυςLutum Ἴσα, ἴσωςÆquus ἸσχύεινPosse ἸσχυρόςValidus ἼσωςCasu Κ ΚαγχάζεινRidere ΚαθαρόςPurus ΚαινόςNovus ΚαιρόςDies et Occasio ΚαϰηγορίαMaledictum ΚαϰίωνDeterior ΚαρηϰομόωντεςCrinis ΚαταγελᾷνRidere ΚατάγωνComitari ΚαταϰαίεινAccendere ΚαταϰρύπτεινCelare ΚαταφρονεῖνSpernere ΚαταψῇνMulcere ΚατέχεινManere ΚελεύεινJubere ΚέλευθοςIter Κενόν (εἰς)Frustra ΚεραυνόςFulgur ΚερδαλέοςAstutus ΚέρδοςLucrum ΚεύθεινCelare ΚηδεστήςNecessarius ΚηλίςVitium ΚλάγγεινClangere ΚλάδοςRami ΚλαίεινLacrimare ΚλέοςGloria ΚλῆμαRami ΚλίμαLocus ΚλιτόςCollis ΚλώνRami ΚνέφαςObscurum ΚνυζᾶσθαιLatrare ΚοίτηCubile ΚολαϰεύεινAssentiri ΚολοφώνCulmen ΚολωνόςCollis ΚόμηCrinis ΚομμοῦνComere ΚομψόςPurus ΚόπροςLutum ΚόρηVirgo Κορυφή, ϰορυφοῦνAcervus ΚορυφήCulmen ΚοσμεῖνComere ΚραιπάληEbrius ΚράτοςPotentia Κρότος, ϰροῦσιςFragor Κρυμός, ϰρύοςFrigere ΚρύπτεινCelare ΚρύσταλλοςFrigere ΚτείνεινInterficere ΚτύποςFragor ΚωϰύεινLacrimare ΚώλονMembrum Λ ΛαϐεῖνSumere ΛαλεῖνDicere et Garrire ΛαμπάςCandela ΛάμπωLucere ΛέγεινDicere ΛέϰτρονCubile ΛευϰόςAlbus ΛῃστήςPræda ΛίθοςSaxum ΛίμνηLacuna ΛίμοςFames ΛιπαρῶνRogare ΛόγχηMissile ΛοιδορίαMaledictum Λοιποί (οἱ)Cæteri ΛοῖσθοςExtremus ΛυϰόφωςMane ΛύμηVitium ΛύσσαAmens ΛύχνοςCandela Μ ΜαϰάριοςFelix ΜαλλόςTergus ΜανιϰόςAmens ΜαντεύεσθαιDivinare et Hariolari ΜασχάληArmus ΜάτηνFrustra ΜάχηPugna ΜέγαςMagnus ΜέθηEbrius ΜεθιέναιIgnoscere ΜείλιχοςMitis ΜειράϰιονPuer ΜέλλεινCunctari ΜέλοςMembrum ΜέλπεινCanere ΜεμνῆσθαιMeminisse ΜέμψιςReprehensio ΜέριμναCura ΜετάρσιονAnima ΜεταφρένονDorsum ΜετέωρονAnima ΜετέωροςAltus ΜέτοιϰοςIncolere ΜέτοχοςSocius Μέτριον, μηδὲν ἄγανModus ΜιαίνεινContaminare ΜιαρόςTeter ΜιϰρόςParvus ΜισθόςPræmium ΜῖσοςOdium Μόγις, μόλιςVix ΜορύσσεινContaminare ΜοῖραCasus ΜορφήFigura ΜυδαλέοςUdus ΜυϰτῆρεςNasus ΜωρόςStupidus Ν ΝαόςTemplum ΝάπηSilva ΝεανίαςPuer ΝέατοςExtremus ΝέοθενIterum ΝέοςNovus et Puer ΝεωστίNuper ΝήπιοςPuer ΝιϰᾷνVincere ΝῶτονDorsum Ξ ΞηρόςAridus ΞυνεγγύςÆquus Ο ὌγϰοςMoles ὉδοιπορεῖνProficisci ὉδόςIter ΟἰδᾷνTurgere ΟἰϰεῖοςPrivus ΟἰϰέτηςServus Οἰϰοδόμημα, οἶϰοςÆdificium Οἰϰτείρειν, οἰϰτίζεινMisereri ΟἶμαιCensere ΟἷμοςIter ΟἶνωσιςEbrius Οἷόν τ’ εἶναιPosse ΟἶτοςMors ΟἰωνόςVolucres ὈϰνεῖνCunctari ὈλιγωρεῖνSpernere ὈλίγωροςTutus ὈλισθεῖνLabi ὈλολύζεινLacrimare ὍλοςQuisque ὍλωςPlane ὉμήγυριςConcilium Ὅμοιος, ὁμοίωςÆquus ὉμοῦUna ὍμωςÆquus ὌναρSomnus ὌνειδοςMaledictum ὈξύςAcer et Acerbus Ὅπως δήποτεPlane ὉρᾷνVidere ὈρέγεσθαιVelle ὌρθρῳMane ὌρνιςVolucres ὌροςFinis et Mons ὈῤῥωδίαVereri ὈρσόςRami Ὅσιόν ἐστιConcessum est ὍσιοςSacer ὈσμήOlere ὉστισοῦνQuisque ὌσφρησιςOlere Ὀυ φάναιNegare ὈφείλεινNecesse est ὌφιςRepere ὌχθηRipa ὌχθοςCollis Π Παιδίον, παῖςPuer ΠαλαιόςAntiquus ΠάλινIterum ΠανήγυριςConcilium ΠανοῦργοςAstutus ΠάντεςQuisque ΠάντωςPlane ΠαραυτίϰαRepente ΠαράφρωνAmens ΠαραχρῆμαRepente ΠαρθένοςVirgo Πᾶς τιςQuisque ΠάτριοςPaternus ΠατρῷοςPaternus ΠεδίονVilla ΠέδονTellus Πέλαγος, πελαγίζεινMare ΠελώριοςMagnus ΠένθοςDolor ΠενίαPaupertas ΠεποιθώςConfisus Πέρα, πέρανTrans ΠέρθεινVastare ΠερίϐολοςMurus ΠεριεῖναιAbundare ΠερισσεύεινAbundare ΠεσεῖνLabi ΠέτραιSaxum ΠηλόςLutum ΠιϰρόςAcerbus ΠιμπράναιAccendere ΠίνεινBibere ΠίνοςLutum ΠιπράσϰεινVendere Πίστις, πιστότηςFides ΠλανᾶσθαιErrare Πλούσιος, πλοῦτοςDivitiæ ΠνεῦμαAnima ΠοθεῖνVelle ΠοιήματαCanere ΠοιϰίλονVarius ΠοίμνηPecus ΠολέμιοςAdversarius ΠόλιςGens ΠολλάϰιςSæpe ΠόνοςLabor et Opera Πόντος, ποντίζεινMare ΠορεύεσθαιProficisci ΠορθεῖνVastare ΠόῤῥωθενProcul ΠοταμόςFluvius ΠοτέNonnunquam ΠράξειςAgere ΠρᾶοςMitis ΠρεσϐύτηςVetus et Puer ΠρίασθαιEmere ΠρόϰαRepente ΠροπέμπωνComitari ΠροσέτιPræterea ΠροσήϰοντεςNecessarius Πρὸς τούτοιςPræterea ΠρότεροςAntiquus ΠροφητείαDivinare ΠτερόνAla ΠτηνόςVolucres ΠτίλονAla ΠτωχείαPaupertas ΠυϰνόςAngustus ΠωλεῖνVendere ΠῶνPecus Ρ ῬεῦμαFluvius ῬηγμίνRipa ῬίνNasus ῬινηλατεῖνOlere ῬόοςFluvius ῬύποςLutum ῬωμαλέοςValidus Σ ΣάϰοςScutum ΣθεναρόςValidus ΣθένεινPosse ΣιγᾷνSilere ΣίνιςPræda ΣιωπᾷνSilere ΣϰαιόςSinister ΣϰιόειςObscurum ΣϰληρόςAridus ΣϰόπελοιSaxum ΣϰότοςObscurum ΣπᾷνBibere ΣπαργᾷνTurgere ΣπάρτηLaqueus Στενός, στενωπόςAngustus ΣτίλϐωLucere ΣτοιχεῖονLittera ΣτοργήDiligere ΣτρέφεινVertere ΣτροφαῖοςAstutus ΣυγγενήςNecessarius ΣυγγιγνώσϰεινIgnoscere ΣυγχωρῆσαιConcedere ΣύλλογοςConcilium ΣυμϐεϐηϰότωςCasu ΣυμϐολήPugna ΣύμπαντεςQuisque ΣυμφοράCasus ΣύναιμοςNecessarius ΣυνέδριονConcilium ΣυνέχειαOpera ΣύνοιϰοςIncolere ΣύνοδοςConcilium ΣύχνοςAngustus ΣφάξαιInterficere ΣφάλλεινFallere ΣφοδρόςAcer ΣφριγᾷνTurgere ΣχῆμαFigura ΣχοῖνοςLaqueus ΣχολῇVix ΣωρόςAcervus ΣῶςSalvus ΣωτήριοςSalus Τ ΤαλαιπωρίαLabor Ταυρηδὸν ϐλέπωνAtrox Τάχ’ ἄνCasu ΤείρεαStella ΤεῖχοςMurus ΤέλειοςFinire ΤέλοςFinis ΤέναγοςLacuna ΤέραςStella ΤέρμαFinis ΤεχνῖταιFaber Τῆλε, τηλόθενProcul ΤοῖχοςMurus ΤόϰοςFœnus ΤόλμαFides ΤολμῶνFerre ΤόποςLocus Τορὸν ϐλέπωνAtrox ΤράγοςCaper ΤραχύςAtrox ΤρέπεινVertere ΤρίϐεινLævis ΤυτθόςParvus ΤύχηCasus Τύχης (ἀπὸ), τυχόνCasu Τυχών (ὁ)Quisque Υ ὙγιεινόςSalus ὙγρόνUdus ὙετόςPluvia ὙλαϰτεῖνLatrare ὝληSilva ὝπατοςSummus ὙπερϐάλλεσθαιVincere ὙπισχνεῖσθαιPolliceri ὙποδέχεσθαιSumere ὙποψίαInvidia ὟςSus ὝστατοςExtremus ὙψηλόςAltus Ф ΦαίνωLucere Φάναι (οὐ)Negare ΦανερῶςAperire ΦάοςLumen ΦάρμαϰονMederi ΦέγγοςLumen ΦέγγωLucere Φέρειν et ἄγειν ϰαὶ φέρεινFerre ΦημίDicere ΦῆναιOstendere ΦιλανθρώπωςHumanitus ΦιλεῖνDiligere et Solere ΦιλονειϰίαOdium ΦίλοςAmicus ΦλέγεσθαιArdere ΦλέγωLucere ΦοϐεῖσθαιVereri ΦονεύεινInterficere ΦονεύςHomicida ΦορεῖνFerre ΦόρτοςMoles ΦρίϰηVereri ΦροντίςCura ΦυγάςPerfuga ΦῦλονGens Χ ΧαῖρεAve ΧαλεπότηςLabor ΧαλινόςFrenum Χάριν εἰδέναι, φέρεινGratias agere ΧείρωνDeterior ΧειρώναϰτεςFaber ΧοῖροςSus ΧρήNecesse est ΧρῄζωνVelle ΧρηματισμόϛLucrum ΧρησμολογεῖνHariolari ΧρηστόςBonus ΧρόνιοςPridem ΧρόνοςDies ΧρώςTergus ΧῶμαCollis ΧωρεῖνIre ΧῶροςLocus Ψ ΨάλλεινCanere ΨηλαφᾷνMulcere ΨῆφοςSententia ΨήχεινLævis ΨόγοςReprehensio ΨυχήAnima Ω ὨδαίCanere ὮμοςArmus ὮνοςPræmium Ὡς ἔοιϰενCensere ὨφέλημαLucrum Lors de la création de cette édition, quelques corrections ont été effectuées
Coquilles corrigées:
—Ebrius: madusa > madulsa —Labor: ærumma (première occurrence) > ærumna —Paulatim: toup à coup > tout à coup —Ripa: la péripharse > la périphrase —Studium: circons ances > circonstances —Suboles: soboles > suboles
Dans les renvois:
—Advena, v. *Externus* > exterus. —Alienigena, v. *Externus* > exterus. —Arena, v. *Sabulum* > sabulo. —Astrum, v. *Sidus* > stella. —Crapula, v. *Ebrietas* > ebrius. —Desperare, v. *Expes* > exspes. —Dispar, v. *Aequus* > Æquus. —Eruditio, v. *Litteræ* > doctrina. —Exsecrari, v. *Abominare* > abominari. —Exstructus, v. *Praeditus* > præditus. —Peregrinus, v. *Exterus*. —Exuviæ, v. *Praeda* > præda. —Ferax, v. *Facundus* > disertus. —Fere, v. *Paene* > pæne. —Ferme, v. *Paene* > pæne. —Fertilis, v. *Facundus* > disertus. —Haud scio an, v. *Forte* > Casu. —Hospes, v. *Externus* > exterus. —Interitus, v. *Lues* et *Mora* > mors. —Lamentari, v. *Lacrima* > lacrimare. —Liquere, v. *Fluere* et *Constare* > Constat. —Plancæ, v. *Axis* > axes. —Requies, v. *Quietus* > Quies. —Sublime, v. *Aer* > anima et *Altus*. —Temulentus, v. *Ebrietas* > ebrius. —Tranquillus, v. *Quietus* > quies. —Umbrosus, v. *Obscurus* > Obscurum. —Uxor, v. *Femina*. —Vinolentus, v. *Ebrietas* > ebrius. —Vituperare, v. *Reprehendere* > reprehensio.
Dans les renvois grecs:
—Ἀνθρωπείως et ἀνθρωπίνως Humaniter > humanitus —Πέρθειν Vastari > Vastare