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chapitre III

du manuscrit.

Page 54, ligne 3, ces _joueuses_ qui...

Page 56, ligne 19, déroutant. _Il se demandait souvent: «Pourquoi est-ce que je me mets à chérir ainsi cette femme», et quand il cherchait au fond de lui les racines de cette tendresse, il y trouvait d'abord une envie inexplicable de la voir sans cesse, mais une envie qui ne s'apaisait ni jour ni nuit, qui le tiraillait, le harcelait, était devenue un besoin physique irrésistible et lancinant de ses yeux, de son cœur, de tout son corps. Il ne pouvait plus se passer d'elle. Où qu'il fût, quoi qu'il fît, il sentait cette attirance, il entendait cet appel et il cherchait des routes détournées pour la rejoindre sans être dévoilé. Il devenait vraiment la proie secrète de ce joli être et il croyait reconnaître à cet invincible désir de sa présence la caractéristique du début d'un puissant amour._ Mais pourquoi...

Page 58, ligne 18, satisfaits. _Lamarthe, le plus raisonneur, prétendait avec conviction qu'elle aurait eu pour Massival un faible véritable, sans l'idée de cette femme, inconnue, vulgaire et légitimée, qu'il rejoignait tous les soirs à la table conjugale, au lit commun et qui avait porté dans son ventre trois enfants de lui.

Massival, visiblement, était rongé par un regret et disait de leur «belle amie» plus de mal que les autres, bien qu'il en parlât moins, symptôme d'un cœur plus atteint._ Non elle n'avait...

Page 60, ligne 12, Il y trouva _son père et le gros Fresnel. M. de Pradon fumait des cigarettes, Fresnel, comme toujours, regardait la jeune femme et ne trouvait pas grand'chose à lui dire._ Quand elle...

Page 60, ligne 23, plaisez beaucoup. _Fresnel, qui exécrait toujours les derniers venus, comme un vieux toutou favori qui regarde entrer la jeune bête achetée la veille par sa maîtresse, eut sur la langue, par une méchanceté instinctive, et pressentant en ce rival nouveau la même souffrance qu'en son cœur, devinant qu'il était aussi un jaloux, il demanda:

--Vous n'écrivez donc plus, M. Mariolle? J'ai lu de vous de charmants récits de voyage. Il est bien dommage que vous vous en teniez là.

Mariolle répondit modestement:

--Je n'ai écrit en effet que pour des voyageurs. Si je m'étais senti du talent, j'aurais continué; malheureusement je n'en ai pas.

Madame de Burne protesta.

--Pardon, vous en avez.

--Mais non, madame.

--Mais si, monsieur, et du très fin.

Elle le regardait bien en face.

Il demanda l'interrogeant des yeux:

--Qu'est-ce qui peut bien vous plaire dans ce que j'écris?

Elle répondit hardiment:

--C'est qu'on vous y croit sincère.

Baissant la voix il murmura:

--Et je le suis.

Fresnel, comprenant qu'il avait fait fausse route, demanda s'il était vrai que Massival eût consenti à donner des leçons ou plutôt des conseils réguliers à Mme de Bratiane pour perfectionner sa voix.

Un peu irritée par ce détail qu'elle savait vrai, Mme de Burne eut sur l'Italienne, sur son air commun, sur la lourdeur de sa taille, des phrases perfides. Tous souriaient, même son père, très galant pour sa fille et qui dit:

--Parbleu, elle n'est pas aussi jolie que toi, mais elle a des yeux, des dents et des cheveux comme on n'en voit pas souvent, et une voix vraiment d'exception.

--Papa taisez-vous, vous me faites douter de votre goût.

--N'en doute pas, puisque je te trouve mieux que toutes les femmes de Paris.

Il avait l'air de le dire en père, et de le penser en homme, car elle avait mis dans leur rapport et dans leur affection une nuance de l'hommage d'amour qu'elle se rendait à elle-même, et qu'elle exigeait de tous.

L'arrivée de Mariolle agaçait visiblement Fresnel, qui ne pouvait s'habituer à la présence de quelqu'un chez elle qu'après des mois d'irritation. Quand sa mauvaise humeur devenait trop forte, quand il la voyait trop bien disposée pour l'un d'eux, il aimait mieux céder la place, s'en aller et guetter les heures où il la rencontrerait seule. Il les connaissait, les ayant épiées à la façon du braconnier, qui sait les remises et les repos du gibier. Il sentit que Mariolle, ce jour-là, plaisait, et se levant:

--Allons, dit-il, adieu Madame Miche, je m'en vais.

Son père et quelques amis l'appelaient parfois ainsi.

Elle se mit à rire, le devinant:

--Tiens, il n'est pas content, eh bien, allez bouder, vieux grognon.

Après le départ de Fresnel,_ Mariolle espérait que le père...

Page 104, ligne 27, redescendit. _Il était près de 6 heures la visite ayant duré fort longtemps._ On...

Page 105, ligne 22, montagne, _de cette énorme veine de granit poussée sur les sables, sous le flux des marées._ Mais...

Page 106, ligne 3, faim. _Ce fut elle qui l'annonça la première avec un sourire plaisant. Son père reprit: Moi je suis à moitié mort, et cela m'est fort agréable, je suis mort d'appétit que je vais satisfaire. Ils avaient tous dans les yeux la saine bonne humeur des gens affamés par l'air marin._ On resta longtemps...

Page 116, ligne 2, exercice, _ce qui me fait du bien,_ en...

Page 124, ligne 14, coups _légers_ furent...

Page 127, ligne 26, première. _D'autres suivirent celle-là à peu près semblables, régulièrement espacées._ André Mariolle...

Page 138, ligne 5, instants _comme pour s'assurer que l'instrument tournait bien toujours de la même façon._ Presque...

Page 138, ligne 19, femme _dans_ la force...

Page 139, ligne 4, menaces _de tonnerre_ qu'on devine dans les ciels _d'orage_.

Page 143, ligne 23, connais, _plus je les approche, plus je les aime,_ moins...

Page 153, ligne 15, successeur de M. de Burne...

Page 155, ligne 18, moment _où elle allait sortir de table après déjeuner_ pour...

Page 157, ligne 2, d'asservissements _et de soins galants_ si...

Page 192, ligne 24, robe. _Une robe qu'elle portait pour la première fois._ C'était...

Page 194, ligne 25, coquettes, _sans lutte, cherchant à plaire et non pas à vaincre,_ n'ayant...

Page 195, ligne 7, nouveau, _un peu plus longtemps qu'à l'arrivée, plus charmées encore, en se retrouvant qu'en se quittant,_ et Mme de Burne...

Page 199, ligne 28, visage _adoré_, contre...

Page 200, ligne 12, que dans _cette petite tête pour laquelle il se serait fait tuer avec bonheur,_ il y...

Page 203, ligne 11, d'elle. _Oui, il y a des femmes qui se sauvent nu-pieds ouvrant et fermant les portes comme des voleurs à côté du mari qui dort, pour aller, durant quelques instants, étreindre un homme sur leur cœur, et lui dire tout bas, dans l'oreille, avec des lèvres passionnées, le petit mot qu'elle n'avait jamais prononcé pour lui._ Elle était partie...

Page 209, ligne 8, ainsi _toutes ces femmes-là, pensa-t-il avec fureur, finiront par s'aimer entre elles,_ Massival...

Page 212, ligne 14, avec _stupeur_.

Page 217, ligne 16, amicale _d'homme séduit_ par...

Page 240, ligne 13, pas _revenue_ en...

Page 292, ligne 17, entrevue _il ne l'avait pas embrassée, il avait eu peur à Montigny du regard des femmes, en revenant du regard du cocher, mais elle... elle... assurément elle n'y avait même point pensé. Sous la fraîcheur des arbres, il sentait en ses veines courir une intolérable brûlure et l'idée qu'il allait retrouver chez lui la petite Élisabeth lui fut agréable soudain, comme l'espoir d'un peu d'eau à l'étape du soir quand on traverse un désert. Elle l'aimait, celle-là, de tout son cœur, de toute son âme, de tout son corps. Ne pouvait-elle lui donner ainsi que les sources rencontrées des apaisements passagers? Et puis l'esprit de l'homme est rusé. Comme il sait tromper les autres, il sait se tromper lui-même. Un affamé qui trouve par hasard du pain blanc ne peut-il pas s'imaginer qu'il savoure la plus délicate nourriture; quand on est repu, qu'importe ce qu'on a mangé puisqu'on a rêvé. Mais lorsqu'il_ rentra dans sa maison...

Page 294, ligne 12, pressentiment, _le fit aller vers l'asile de Dieu. Avait-elle deviné? oui peut-être._ Le temple...

Page 296, ligne 10, peu, _comprenant et flairant qu'il ne la trompait pas, convaincue enfin, séduite, réjouie déjà, elle retenait ses belles promesses, car l'idée de devenir une dame à son tour mêlait de la reconnaissance et de l'orgueil à son attachement pour lui. Alors oubliant presque l'apparition de cette étrangère qui lui avait apporté tant de chagrin tantôt, devinant même obscurément dans son flair parisien et sa confiance aveugle et jeune qu'elle devait peut-être à cette visite la fortune nouvelle de sa vie, elle jeta ses bras sur le cou d'André en demandant de sa voix caline:

--Et vous m'aimerez comme ici?_

Il répondit hardiment:

--Je t'aimerai comme ici. (Fin.)

OPINION DE LA PRESSE

SUR

_NOTRE CŒUR_.

_Journal des Débats_, dimanche 20 juillet 1890 (André Hallays).

«Je ne crois pas que M. de Maupassant ait jamais rien créé de plus vivant et de plus humain que ces deux personnages (André Mariolle et Michèle de Burne), ni qu'il ait jamais rien écrit de plus poignant que le roman de leur lamentable aventure...

«Je ne connais point d'ouvrage de M. de Maupassant où se révèle, avec plus d'éclat, la mâle et robuste franchise de son talent d'écrivain. _Notre Cœur_ est écrit presque tout entier dans cette langue vigoureuse, simple et claire que l'auteur d'_Une Vie_ a apprise à l'école de Flaubert. Il semble même qu'il y a dans sa dernière œuvre une finesse d'expression et une souplesse de style auxquelles M. de Maupassant n'avait pas encore atteint.»

_Le Temps_, 22 juin 1890 (Anatole France).

«Oui, sans doute, M. de Maupassant a raison: les mœurs, les idées, les croyances, les sentiments, tout change. Chaque génération apporte des modes et des passions nouvelles... M. de Maupassant est perspicace avec simplicité. Son nouveau roman veut nous montrer un homme et une femme en 1890, nous peindre l'amour, l'antique amour, le premier né des dieux, sous sa figure présente et dans sa dernière métamorphose... Le roman est cruel et ce n'est point de ma faute. Il y a dans la pensée contemporaine une étrange âcreté. Notre littérature ne croit plus à la bonté des choses. L'art du XVIIe siècle croyait à la vertu..., l'art du XVIIIe siècle croyait à la raison. L'art du XIXe siècle croyait d'abord à la passion, maintenant, avec les naturalistes, il ne croit plus qu'à l'instinct.

«M. de Maupassant, du moins, ne nous a jamais flattés... Et il s'y est toujours pris avec tant de franchise, de droiture, et d'un cœur si simple et si ferme, qu'on ne lui en a point trop gardé rancune. Enfin, il a un talent si ferme, une telle sûreté de main, une si belle franchise qu'il faut bien le laisser dire et le laisser faire.»

_Gil-Blas_, 28 juin 1890 (Paul Ginisty).

«_Notre Cœur_ est vraisemblablement l'étude psychologique la plus subtile et la plus poussée qu'ait écrite M. Guy de Maupassant. C'est toujours, dans l'ensemble, la même manière large, franche et vigoureuse; mais, dans le détail, l'analyse arrive à des ténuités singulières. C'est qu'il s'agit là de noter, pour ainsi dire jour par jour, les phases d'une passion soudaine.»

_Revue Bleue_, 2 août 1890 (Augustin Filon).

«La femme porte des talons, n'en porte plus, en porte encore, change de corset et de coiffure. Nous, nous changeons ses poses, mais son âme ne change pas... Comédienne née, qu'est-elle au fond? Elle garde son secret et peut-être que ce secret n'est pas grand'chose!

«M. de Maupassant ne s'est jamais montré plus grand écrivain que dans _Notre Cœur_... Le talent ne peut pas aller plus loin, la parole écrite ne peut pas fouiller plus subtilement les plus fines nervures de la pensée, les mots ne peuvent faire plus pour le délice des intelligences.»

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Liste des modifications:

Page 15: «chose» remplacé par «choses» (plusieurs fois ces choses-là) Page 92: «qui qui» par «qui» (qui nous pousse) Page 210: «Boule» par «Boulle» (sur un secrétaire de Boulle) Page 276: «abominabales» par «abominables» (d'abominables envies de pleurer)