Part 2
Qui est l’homme si incensé, hors du sens & entendement qui quand il contemple les Cieux, ne juge qu’il y a un seul Dieu, & qui n’estime toutes choses estre faictes par sa providence, & non par adventure ou fortune.
Cicero.
Nous pouvons cognoistre Dieu par ses oeuvres.
Cicero.
Jamais homme ne fut grand, ou excellent sans inspiration divine.
Cicero.
La coustume de trop curieusement s’enquerir de Dieu est mauvaise.
Dignité.
Vives.
Dignité est la bonne reputation qu’ont les hommes d’une grande vertu.
Cicero.
D’autant que nous sommes haut eslevez en dignité, & honneur: d’autant en devons nous estre plus humbles, & moins arrogans.
Discret.
Patric.
L’homme discret ne faict aucune chose dequoy il se puisse repentir.
Patric.
Discretion est raison de l’esprit & meur advis pour tout bien considerer.
Druides.
Druides furent jadis Philosophes sçavans, leur vie respondoit à leurs doctrines. Ilz ont parlé fort religieusement de Dieu immortel: Ils persuadoient par bonnes raisons naturelles, que la mort n’estoit qu’un passage à une vie perpetuelle & heureuse.
Eglise.
S. Aug.
L’Eglise est l’assemblee, & congregation des fidelles.
i. Ti. iii.
La maison de Dieu vivant est la colomne & fermeté de verité.
Coll. i.
Jesus Christ est le chef du corps de l’Eglise.
i. Cor. iii.
Nul ne peut mettre autre fondement en l’Eglise que celuy qui est mis, lequel est Jesus Christ.
Psa. viii.
La verité de Dieu est l’Eglise des saincts.
M. viii.
Toutes & quantes fois que deux ou trois sont assemblez en mon nom je suis au millieu d’eux.
M. xvi.
Christ est la pierre, & sur icelle est edifiee l’Eglise.
Enfans.
Ro. viii.
Si nous sommes enfans de Dieu, nous sommes aussi les heritiers, & coheritiers de Jesus Christ, voire si nous souffrons avec luy, afin que nous soyons aussi ensemble glorifiez.
Vives.
Ceux qui se mettent en devoir de reconsilier paix avec les hommes, sont appellez enfans de Dieu, tesmoins de Jesus Christ: au contraire ceux qui s’efforcent de rompre la Charité sont enfans de sathan.
Arist.
Aristote tient que le cry aux enfans leur est utile, par ce qu’il donne accroissance, dilate la poitrine, & donne force aux membres interieurs.
Patr.
Il est trop meilleur ne point jamais avoir enfans, & en estre perpetuellement privé, que d’en avoir de mal complectionnez.
Patr.
Un enfant est loué par sa simplesse, un jouvenceau par sa benignité, un ancien par sa gravité.
Clerb.
Si tu ayme tes enfans, fay qu’ils soient bien apprins & endoctrinez en bonnes meurs: car c’est le plus grand thresor que tu leur puisse acquerir.
Patr.
Enfans perdus, sont ceux qui corompus de vices & voluptez, perdent les biens de l’ame, ne vacquent à aucun art, s’adonnent à lascheté & paresse, avec gens oisifs & mal vivans.
Silenn.
C’est un grand bien que de naistre, & le plus grand bien apres, de mourir.
Eloquence.
Patri.
Eloquence conjoincte avec raison & sagesse reprend les vices: faict les effeminez & paresseux, forts & audacieux: elle peut appaiser un peuple esmeu & en fureur, & luy donner courage quand il est en craincte.
Equalité.
Patric.
Equalité entre Bourgeois rend la communauté stable & de longue duree: entretient concorde & amitié.
Escriptures.
Vives.
Les Escriptures sainctes doivent estre receues en notre esprit avec devotion et reverence.
Ennemis.
Agis.
Agis disoit qu’il ne falloit point demander combien estoient les ennemis: mais ou ils estoient pour combatre.
Envie.
Cicero.
Envie est tristesse, & fascherie de la prosperité d’autruy.
Euseb.
Celuy qui porte envie à un homme de bien, qui faict bien, il porte envie à la republicque, et à soy-mesme.
Arist.
Ainsi que la roüillure mange le fer: aussi envie mange les envieux.
Patric.
Envie a de coustume de troubler les excellens & vertueux.
Patric.
Envie est celle qui se resjoüit du mal d’autruy, & se deult de la prosperité des gens de bien & vertueux.
Patri.
Envie est contraire à amitié.
Solon.
Envie abrege les jours de l’homme: elle ne veut bien à nul, & se tourmente soy-mesme.
Caton.
On n’a point d’envie sur celuy qui modestement use de sa fortune.
Cicero.
Envie est un plus grand mal contre nature que la mort.
Perian.
Ne porte point envie à aucun, ains plustost prens peine d’ensuivre ceux qui font bien.
Envieux.
Salust.
Le propre d’un envieux est desirer qu’il n’advienne bien à aucun.
Salust.
C’est une tache de tout temps, de porter envie à vertu.
Statio.
Un envieux est triste & melancholique quand les affaires d’autruy prosperent.
Pytha.
Il n’est rien qui donne plus grand argument de la mauvaise & perverse volonté de l’homme, que de se resjouir & mocquer de l’adversité d’autruy.
Chilo.
Ne sois envieux des richesses d’autruy, qui sont transitoires.
Arist.
C’est une chose malaisee, d’eviter les yeux des envieux.
Bion.
Bion voyant un envieux qui avoit la face basse & enclinee, dit, O quel grand mal est advenu à celuy, ou grand bien à un autre.
Patric.
La felicité d’autruy est poison aux envieux, ils n’ont plaisir que quand ils jettent leur venin sur autruy.
Theop.
Les envieux ne se resjoüiront tant de leurs propres biens, comme des dommages & incommoditez d’autruy.
Solon.
Ne sois point envieux sur les biens d’autruy, mais prens peine d’en acquerir avec contentement, & lors envie cessera.
Chil.
Ne sois point envieux, ains te resjoüis avec un chacun par bonne amitié: car ceux qui sont envieux vivent en indigence, & ceux qui vivent en amitié abondent en grandes richesses.
Esperance.
Thal.
Esperance est la confusion des chetifs & miserables, lesquels quand n’ont plus de moyens, vivent en esperance.
Patric.
Esperance est le songe de ceux qui veillent.
Dona.
Esperance & crainte, sont les deux passions des choses advenir.
Socrat.
La femme sans masle, & la bonne esperance sans travail, ne peuvent engendrer chose bonne.
Socra.
La mauvaise esperance se conduit en erreur & plaisir.
Demo.
L’esperance des sages n’est point vaine, mais celle des fols est nulle.
S. Aug.
Ainsi que par esperance nous sommes sauvez: aussi par esperance sommes pour estre bien heureux.
Senec.
L’esperance est le dernier refuge des adversitez.
Plaut.
Plustost adviennent les choses esperees, que non esperees, & souvent quand adviennent nous les mesprisons.
Perian.
Espere tousjours bien regler ta vie avec l’esperance d’avoir des biens en abondance.
Ovid.
Ou est la plus grande esperance de jouissance, là est le plus grand desir de luxure.
Esprit.
Eccle.
L’esprit vient de Dieu, & retourne à celuy qui l’a creé.
Rom.
Celuy qui cognoist les oeuvres, cognoist les affections de l’esprit.
Perian.
C’est une chose tranquille, que le repos de l’esprit.
Cicero.
Il est necessaire que ton esprit soit sain, si tu veux que ton corps le soit.
Quin.
Celuy à qui l’esprit deffaut, l’entendement ne luy profite non plus que bonne culture aux champs steriles et sablonneux, lesquels combien qu’ils soient cultivez & labourez soigneusement, toutesfois ne rapportent point (ou que bien peu) de fruits.
Quin.
Par continuel exercice la dureté de l’esprit se peut vaincre.
Quin.
Il n’est homme si lourd d’entendement, & d’esprit, qui par continuel exercice ne comprenne quelque science.
Exercice.
Patric.
L’exercice du corps est utile, & necessaire au corps: paresse hebete le corps, industrie le consolide, & le rend plus ferme et allegre.
Demo.
Par exercice continuel, l’homme devient plus habille & leger.
Demo.
Il y a plus d’hommes qui deviennent bons par exercice que par nature.
Quin.
Exercice est le gouverneur & maistre de toutes choses.
Cicero.
En quelque discipline que ce soit, les preceptes n’ont point d’effect sans exercice.
Estat.
Patric.
Trop grand estat & superfluité d’accoustremens, est cause de la ruine d’une maison.
Familiarité.
Ter.
Trop grande familiarité souvent engendre mespris.
Femme.
Euseb.
La femme est une creature que Dieu a creé pour la compagnie de l’homme.
Patric.
Femme est un nom de dignité, & non de volupté, l’homme doit desirer & tenir sa femme pour sa compagnie, & non pour le contentement de ses plaisirs.
Juven.
Il n’y a creature qui ayme plus vengeance que la femme: & si sa force respondoit à son courage, elle feroit souvent grand trouble.
Platon.
C’est l’office de la femme de gouverner soigneusement la famille en l’absense du mary, & luy obeir en toutes choses.
Pythag.
Si tu es marié retien tousjours la seigneurie & domination sur ta femme, afin que par trop grande liberté & licence, elle ne te vueille surmonter.
Patric.
C’est l’office du mary d’enseigner sa femme en bonnes moeurs, & ne la doit injurier, menacer ou battre. Car le naturel de la femme est qu’elle s’endurcit aux coups, elle en devient pire, & quand elle se trouve avoir l’opportunité, elle s’en donne à son plaisir, se persuadant par tel moyen s’estre vengee de son mary.
Salom.
La malice de la femme est plus grande que celle du serpent: de sorte que si elle peut mettre les pieds sur la teste de l’homme, elle luy fera consumer ses jours en douleur: bien heureux est celuy qui a bonne femme, car c’est un don de Dieu.
Pythag.
Si tu prens femme, fay qu’elle soit pareille à toy.
Plutar.
Les maris qui ne veulent rire, joüer, et user des joyeux plaisirs, de Venus, avec leurs femmes, demonstrent qu’ils desirent prendre leurs voluptez ailleurs.
Mur.
Celuy qui se peut passer de femme, est exempt de grand ennuy.
Patric.
A tard est honteuse la femme, qui a perdu sa chasteté.
Bion.
Si tu as belle femme, tu seras en peril d’en estre trompé: & si elle est laide, elle te desplaira: la moyenne forme est la meilleure.
Patric.
Celuy qui se marie à une femme vefve a double peine: premierement de luy oster les conditions de son premier mary, & puis de l’accoustumer et apprendre à s’accommoder aux siennes.
Thal.
Si tu veux estre exempt de jalousie, tu dois plustost choisir une femme laide que belle.
Patric.
Esly femme qui soit pareille à toy: car une imparité engendre contemnement: Semblance & conformité lie les coeurs d’une amitié inseparable.
Patric.
Tout va mal en une famille ou la femme domine et l’homme obeit.
Patric.
C’est une chose que doit bien craindre la femme, que d’encourir mauvais bruit: car quand la femme est une fois diffamee soit à tort ou à bon droit, ne peut apres reparer son honneur.
Marti.
D’autant plus que la femme est detenue estroitement, d’autant plus est convoiteuse de luxure.
S. Jero.
Celuy qui aime femme plus ardamment qu’il n’est licite, est adultere.
Senec.
Nature a denié la force à la femme, autrement son courage tousjours plein de tromperies, seroit inexpugnable.
Virgi.
La femme est tousjours inconstante et muable.
Mela.
Il y a en ce monde trois grands dangers eminens, la femme, le feu, & la mer.
Dioge.
Diogenes loüoit les jouvenceaux, qui promettoyent de prendre femme & n’en prenoient jamais.
Patric.
La plus plaisante couverture du visage de la femme c’est modestie: & qu’en la face il reluise une joyeuse severité, & posee contenance, qui est indice que l’entendement est de mesme.
Theop.
L’homme sage doit prendre femme mediocrement belle, & bien apprise, riche et d’honneste lignage.
Socrat.
La principale vertu de la femme, c’est pudicité, laquelle incontinent qu’est suspecte, la femme vit en peine & misere.
Phalar.
Le lieu ou la femme s’est despouillee de sa premiere fleur de pudicité, luy est plus agreable.
Demo.
Estre gouverné de la femme est grande injure au mary.
Gen.
Il vaut mieux habiter dehors qu’avec une femme trop parlante.
Patric.
La fin est malheureuse de la femme qui est lubrique & paillarde.
Patric.
Les vrais accoustremens d’une femme de bien est modestie, & avoir ses enfans bien aprins en doctrine & bonnes moeurs.
Patric.
Que la femme se garde de se farder: car il n’est rien plus deshonneste que de se montrer autre que l’on est, & doit on mal juger d’une femme, qui cherche dehors estre loüee pour sa beauté.
Patric.
Femme qui ayme à courir, à tard est chaste & pudique.
Patric.
Un homme reprint sa femme, pource qu’elle ne l’advertissoit de ce qu’il avoit l’haleine puante: laquelle s’excusa modestement, (disant) qu’elle pensoit que tous les hommes sentissent comme luy.
Avia (femme Romaine) reprinse de ce qu’elle ne se remarioit point, veu qu’elle estoit encores jeune, dit deux raisons: la premiere, Si elle rencontroit un bon mary, comme le sien premier, qu’elle ne vouloit estre perpetuellement en crainte de le perdre: ou s’il advenoit qu’elle en eust un mauvais, qu’elle ne le vouloit experimenter.
Xeno.
Amenie (femme de Perse) interrogee de son mary, ce que luy sembloit de la beauté de Cyrus, dit, qu’elle ne pouvoit juger d’autre beauté que de celle de son mary.
Senec.
Necessité est desloyalle garde de la pudicité de la femme.
Lucie
La mort du mary rompt l’amour d’une femme chaste.
Ovide
La femme est plus subjecte, ardente, & affectionnee en amour que l’homme.
Juven.
Le lict est plein de noise, ou la femme apporte grand doüaire.
Senec.
Amour de folle femme, enfer, le feu, & la terre, ne disent jamais c’est assez.
Marc.
Marie (fille de Caton) interrogee pour quoy elle ne se remarioit: Parce (dit elle) que je ne trouve homme qui me vueille plutost que mes biens.
Gyrol.
Nourrir une pauvre femme, c’est une chose difficile, & supporter une riche, grand tourment.
Patric.
La condition de la fille se cognoist par le naturel de la mere, & est à presumer qu’une mere chaste & pudique, entretient ses filles en honneur: & celle qui hayt reproche & infamie, ne souffrira à sa fille aucun vice.
Foy.
Hebr. ii.
La foy est le fondement des choses que l’on espere, & certification des choses non apparantes.
Hebr. ii.
Il est impossible de plaire à Dieu sans foy.
R. xiiii.
Tout ce qui n’est point faict en foy, est peché.
Eph. iii.
Vous estes sauvez de grace, par la Foy, ce n’est point de vous, mais du don de Dieu, non point par les oeuvres, afin que nul ne se glorifie: Nous sommes son oeuvre creé en Jesus Christ.
Gal. ii.
L’homme n’est point justifié par les oeuvres de la Loy, sinon par la foy de Jesus Christ afin que nous soyons justifiez par la Foy de Jesus Christ, & non point par les oeuvres de la Loy, par ce que nulle chair n’est justifiee par les oeuvres de la Loy.
Ro. iiii.
La promesse n’a point esté faicte à Abraham, ou à sa semence, d’estre heritiers du monde par la Loy, mais par la justice de la Foy.
Rom. iii.
L’homme est justifié par Foy sans les oeuvres de la Foy.
S. Amb.
La Foy est le fondement de justice.
Patric.
Peu de foy est adjoustee aux personnes constituees en miseres & pauvreté.
Patric.
Foy est une chose fort loüable. Il n’est rien plus deshonneste à gens d’authorité, que de rompre la foy & encourir en une note d’infamie, laquelle tousjours dure.
Fols.
Senec.
Ceux sont proprement fols, qui loüent les voluptez mondaines.
Cicero.
Nul fol heureux, nul sage qui ne soit heureux.
Mena.
Celuy qui fait au contraire de bien, doit estre reputé fol.
Isocra.
On feint que Protheus se change en plusieurs formes, aussi les pensees des fols sont diverses & muables.
Euseb.
Ceux la sont naturellement fols, qui honnorent les riches & mesprisent les sages ornez de science.
Socra.
Ainsi que les luxurieux ne peuvent estre gueris de leurs maladies, aussi les fols ne peuvent trouver remede contre leurs adversitez.
Cicero.
Les fols desirent souvent ce qui leur est ou seroit dommageable.
Isocr.
Les Pelerins s’esgarent souvent par les chemins, aussi les fols du sentier de vertu.
Socra.
Ainsi que le vin tourné n’est point desiré aux banquets, aussi ne sont les fols en compagnie honneste.
Arist.
Il vaut mieux estre pauvre, que fol.
Folie.
Cicero.
C’est le propre de folie de voir les vices d’autruy & ignorer les siens.
Tertul.
C’est une folie de blasmer les choses non entendues, encore qu’elles meritassent d’estre hayes.
Platon.
Pense quel grand mal c’est de folie, qui cache les fautes que nous commettons.
Cicero.
C’est folie d’estre curieux d’estre cogneu des hommes: & ne se point cognoistre soy-mesme.
Vives.
C’est grande folie de commettre un crime soubs les arres d’une cupidité de vie incertaine.
Vives.
C’est folie de disputer, s’il n’y a espoir de profiter.
Bion.
Bion interrogué que c’est de folie, dit, que c’estoit empeschement de felicité.
Force.
Cicero.
Le propre de force, est de ne craindre rien, ne faire conte de toutes choses humaines, & estimer que rien intollerable ne peut advenir à l’homme.
Isocra.
Force avec prudence ayde beaucoup mais sans icelle elle nuict.
Arist.
Force sans prudence, est temerité.
Perian.
Ne fay rien par force, mais plustost par douceur.
Patric.
Force, Prudence, Justice, & Temperance, sont quatre soeurs, qui sont aliees ensemble en telle sorte que l’une sans l’autre ne peut estre.
Fort.
Patric.
Celuy doit estre reputé fort, qui est appareillé à mourir honnestement: & se trouve volontiers à tous hazards, ne se trouble pour aucun tumulte, & ne s’effraye par crainte.
Patric.
Il n’est rien si fort qui ne puisse estre debilité & rompu par force: mais vaincre son courage, & refrener ses passions, c’est le propre de l’homme constant, & celuy qui le faict, ne peut seulement estre comparé aux hommes parfaicts, mais participe beaucoup de la divinité.
Platon.
Platon enquis, Qui estoit le plus fort des humains, respondit, Celuy, qui peut moderer ses passions.
Cicero.
Celuy veritablement est fort qui ne se trouble point és adversitez.
Senec.
Celuy doit estre estimé fort, qui deschasse les vices comme ennemis.
Cicero.
Ceux qui repoussent l’outrage, doivent estre reputez forts, & non pas ceux qui les font.
Fortune.
Patric.
Les anciens idolatres estimoient fortune estre une Deesse, qui estoit cause du bien ou du mal: mais tout se fait par la providence divine.
Flateur.
Quin.
Cicero.
Un Royaume est plus souvent destruit par la ruze & cautelle d’un flateur, que par les ennemis.
Cicero.
Le monde est si corrompu, que qui ne sçait flater, ou apparoir estre envieux, ou orgueilleux, n’est point le bien venu.
Socra.
Fuis comme chose abominable la benevolence des flateurs.
Socra.
Les loups sont semblables aux chiens, & les flateurs aux amys: neantmoins ils desirent choses differentes.
Phano.
Comme Acteon fut devoré par ses chiens: aussi plusieurs par les tromperies des flateurs.
Plutar.
Les chasseurs prennent les Lievres à l’aide des chiens: aussi les flateurs les fols avec fauces loüanges.
Gain.
Chilo.
Ayme plustost faire ton dommage, que d’acquerir un gain deshonneste.
Gendarme.
Xenop.
Le gendarme qui pour convoitise de vivre prend la fuitte, est fol: car souvent par vertu on se sauve, & void on trop plus tuer & s’accuger de gens en fuyant la mort, que de ceux qui bataillent virillement & avec grand courage.
Gentilhomme.
Vives.
Gentilhomme est, estre bien nay, & naturellement apte à vertu.
Gloire.
Vives.
Gloire est, estre bien nommé, & en bonne reputation, à cause de vertu.
Cicero.
Gloire est un renom illustre, de plusieurs grands benefices faicts envers son pays, & envers un chacun.
Cicero.
Nature nous a limité le corps de la vie bref: mais celuy de la gloire fort grand.
Horace.
On ne trouve homme qui apres avoir prins peine ne desire gloire, comme soulde & loyer de ses labeurs.
Aristo.
Qui est celuy qui prendroit tant de peine jour & nuit: si la gloire devoit terminer par mesme fin que la vie?
Ovide.
Gloire donne force à l’esprit, que par la cupidité de loüange, faict que le coeur entreprend chose honneste.
Valer.
Il n’est homme si humble, que quelquefois ne soit surpris de quelque affection de gloire.
Gourmandise.
Patric.
Gourmandise faict plus mourir de gens que ne faict le glaive ou la famine.
Hypocr.
Hypocrates escrit, que ceux qui sont adonnez à gourmandise, ne sont jamais en santé, & ne vivent pas longuement: leurs ames sont empeschees de sang, comme si elles estoient envelopees de fange, & ordure: & pourtant ne pensent rien de celeste, mais ont tousjours le coeur à la cuisine.
Gourmand.
Patric.
Les gourmands sont tousjours indispos, assiduellement malades, & peu souvent en santé, leur vie est brefve: nul gouffre n’engloutoit plustost le bien de l’homme que gourmandise: tant plus un gourmand est remply, tant plus a faim: tant plus disne, tant plus veut il souper: il n’y a possession si ample, ne mesnage si bien aorné, ne richesses si grandes, qu’en peu de temps ne soyent noyez & confondues dedans le ventre d’un gourmand.
Diog.
Diogenes voyant la maison d’un gourmand exposee en vente, dit par facecie, Je me doutois bien que ceste maison tousjours remplie & saoulee de vin & de viandes à la fin vomiroit son maistre.
Guerre.
Vives.
Guerre est le comble de tous maux, par laquelle l’homme surmonte la cruauté de toutes bestes.
Vives.
On peut assez juger quelle horreur a nature de la guerre, veu qu’elle a engendré l’homme sans armes.
Vives.
Il n’est possible que l’homme puisse faire guerre sans peché & offence.
Cicero.
Guerre ne doit estre entreprise pour autre fin qu’afin qu’on puisse vivre en paix.
Patric.
Gens de guerre doivent contemner le commandement de ceux qui les induisent à combatre injustement, & soubs mauvaise querelle.
Heresie.
Vives.
C’est heresie pleine d’impieté, de se mocquer des sainctes Escritures & de convertir le sens naturel d’icelles en resveries, & inventions superstitieuses.
Patric.
Heresie est d’estre obstiné en une opinion mauvaise, & contraire à la parolle de Dieu.
Homme.
Patric.
L’homme se doit cognoistre soy-mesme, il s’esleve par si grande gloire, qu’il pense estre dominateur de la machine ronde, & qu’il peut dompter tous les animaux, & ce pendant n’est autre chose qu’un animal mortel, caducque & debile.
Vives.
L’homme est capable de corps, & d’esprit: le corps est faict des elemens, & l’esprit divin semblable à Dieu.
Cicero.
L’homme naturellement n’est apte à bien faire, ains enclin à mal.
Ovide.
L’homme void souvent ce qui luy est bon & utile: neantmoins fait le contraire.
Aristo.
L’homme est le meilleur d’entre toutes les bestes, quand il obeit à raison, & le pire quand il se desvoye et sort des limites de raison.
Bias.
Ne loüe point un homme ignorant par ses richesses, ains par sa vertu.
Colum.
L’homme ne faisant rien apprend à mal faire.
Patric.
Un Tigre n’exerce point sa cruauté sur un autre Tigre: un Lion ne faict la guerre à un autre Lion, un Dragon n’est ennemy au Dragon: mais l’homme tant est de nature perverse, prend plaisir de nuire à son semblable, & est celuy d’entre les bestes qui vit le plus mal asseuré.
Vives.
L’homme est suject à faire faute, mais c’est aux fols de perseverer en leurs pechez.
Platon.
L’homme n’est point nay pour soy-mesme mais pour son pays, ses enfans & prochains.
Vives.
Tu apprendras des sages à estre homme de bien, des fols à estre mieux advisé, tu ensuivras ce que les sages loüeront, & tu eviteras ce qui sera loüé par les fols.
Vives.
L’homme doit penser trois choses: Comme il doit estre sage, comme il doit bien dire, & comme il doit bien faire.
Vives.
Il n’est homme si hors de sens qu’il ne desire plustost parvenir au lieu ou il pretend faire sa demeure, que demourer en chemin.
Vives.
Il n’est possible d’avoir bonne estime de celuy, entre les mains duquel on se met avec crainte.
Arist.
Aristote interrogué que c’estoit de l’homme, dit: C’est l’exemple de maladie, proye du temps, jeu de fortune, image de ruine, balance d’envie, & calamité: et le reste flegme et cholere.
Patric.
L’homme est nay pour contempler les choses celestes, & mesme on le juge par sa face eslevee en hault, & par l’esprit.
Patric.
La nature de l’homme est telle qu’il ne cognoist son bien jusques à ce qu’il est perdu.
Cicero.
C’est chose mal seante à l’homme, de ne vouloir faire ce qu’il commande à un autre.
Patric.
Veu que tu es homme, tu dois considerer la commune condition, & te souvenir que tu es mortel.
Vives.
L’homme qui cherchera le Royaume de Dieu & sa Justice, n’aura jamais faute de ce qui luy est necessaire.
Vives.