Part 5
OBSERVATIONS. — Guillemin et Perrottet avaient élevé cette variété au rang d’espèce ; ils avaient même été sur le point d’en faire un genre. Le principal caractère sur lequel ils se fondaient était la forme des étamines. Dans tous les _Tetracera_, le filet est dilaté au sommet et l’anthère est formée de deux loges divergentes à la partie inférieure, où elles sont séparées par le connectif dilaté. Pour le _T. rugosa_, Guillemin et Perrottet avaient constaté que les loges étaient adnées et le filet non dilaté, mais ils avaient donné beaucoup trop d’importance à ce caractère. M. Baillon (_Adansonia_, VI, p. 269 et 278, et _Hist. des plantes_ I, p. 118, note) a fait remarquer que la forme des étamines des _Tetracera_ est très variable. M. Oliver a cité le _T. rugosa_ comme variété du _T. senegalensis_, mais sans justifier cette réunion. Nous avons étudié attentivement les deux espèces sur des échantillons authentiques nommés par Guillemin, et nous avons pu voir que le caractère dont nous avons parlé n’a pas la constance que lui assignaient Guillemin et Perrottet. Dans le _T. senegalensis_, les loges sont disposées tantôt sur les côtés, tantôt sur une face du filet dilaté : lorsqu’on rencontre cette dernière disposition, on peut voir, sur la face postérieure, le filet dilaté, tandis qu’il est caché sur la face antérieure par les loges adnées ; le connectif parait donc dilaté ou nul, selon que l’on examine la face postérieure ou la face antérieure de l’étamine. On trouve sur la même fleur des loges adnées et des loges séparées par le connectif. La même disposition se retrouve dans le _T. rugosa_. Nous avons bien trouvé sur cette variété quelques étamines à connectif non dilaté, comme l’indiquent Guillemin et Perrottet, mais c’est l’exception, et la plupart des anthères ont les loges très écartées ; le connectif est même souvent bifurqué, portant une anthère à l’extrémité de chaque branche. On voit donc qu’on ne peut pas fonder sur un caractère aussi variable une différence spécifique, à plus forte raison une différence générique. Quant aux autres caractères, ils me paraissent aussi trop peu constants. Guillemin a figuré le _T. rugosa_ avec des feuilles sessiles ; elles sont pétiolées dans un échantillon nommé par lui. Quant à la rugosité et à la pubescence des feuilles, elles se retrouvent souvent plus ou moins apparentes dans le _T. senegalensis_.
* * * * *
=III. ANONACÉES=
(ANONACEÆ Juss. p. 283).
* * * * *
=3. ANONA= L.
(Benth. et Hook. f. _Gen. pl._ I, 27).
OBSERVATIONS. — Guillemin et Perrottet (_Fl. Sénég._ p. 4) donnent, dans la description du genre _Anona_, le caractère suivant : « Antheræ... loculis oblongis filamento interposito discretis. » Ce caractère n’est pas exact, au moins pour les espèces africaines. Dans toutes celles que nous avons pu examiner, les loges ne sont pas séparées par le filet, mais les étamines sont extrorses et les loges placées côte à côte. L’_A. squamosa_, l’_A. Cherimolia_, l’_A. muricata_, l’_A. palustris_, l’_A. senegalensis_ et l’_A. glauca_ présentent tous la disposition que nous venons d’indiquer.
6. =A. squamosa= L. ; DC., _Prodr._ I, p. 85 ; _Bot. Mag._ pl. 3095 ; Hook. f. _Niger Fl._ p. 204 ; Brunner, _Ergebn._ no 21 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 16.
« Sierra Leone (cult.), _Vogel_ » (Hooker).
EXSICCATA. — Cultivé au Sénégal, _Leprieur ! Richard !_
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce est cultivée dans l’Afrique tropicale, aux îles du Cap-Vert, dans les Indes et l’Amérique tropicale.
OBSERVATIONS. — D’après la figure du _Botanical Magazine_, les étamines sont extrorses, les anthères placées côte à côte et le connectif es dilaté au-dessus des loges.
7. =A. cherimolia= Mill. ; DC. _Prodr._ I, p. 85 ; Hook. f. _Niger Fl._ p. 205 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 16.
« Cape Verde and West Africa (cult.) » (Hooker).
DISTRIB. GÉOGR. — Plante originaire du Pérou, cultivée çà et là dans l’Afrique tropicale et aux îles du Cap-Vert.
OBSERVATIONS. — Etamines extrorses ; anthères à loges longues et étroites, placées côte à côte ; filet très court ; connectif non prolongé en arrière, épaissi à la partie supérieure en une masse plate, peu épaissie, au-dessus des loges.
8. =A. muricata= L. ; DC. _Prodr._ I, p. 84 ; Hook. f. _Niger Fl._ p. 204 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 16.
Fleurit en avril.
« Sierra Leone (cult.), _Vogel_ » (Hooker).
EXSICCATA. — Sénégal : Hortis, _Leprieur !_
Dans les jardins du bas Sénégal. Dakar, Rufisque, Gambie. J’en ai vu à l’état sauvage entre Médine et Bafoulabé, _Derrien !_
DISTRIB. GÉOGR. — Plante cultivée, qui croît au Mexique, dans les Antilles, au Brésil, au Pérou, dans les Indes, à Java, sur la côte occidentale de l’Afrique et aux îles du Cap-Vert.
OBSERVATIONS. — Etamines extrorses ; anthères à loges très longues et étroites, placées côte à côte ; filet à peine égal au 1/5e de l’anthère ; connectif non prolongé en arrière, dilaté au sommet en une petite masse tronquée, surmontant et recouvrant les loges, à face supérieure polygonale, inclinée.
9. =A. palustris= L. ; DC. _Prodr._ I, p. 84 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 16 ; _Bot. Mag._ pl. 4226. — _A. chrysocarpa_ Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 6.
Fleurit en avril, mai.
« Crescit in paludibus promontorii Viridis (cap Vert) et in provincia M’Boro, in regno Cayor » (Guill. et Perr.).
« Senegambia, _Leprieur_ » (Oliver).
EXSICCATA. — Casamance, _Leprieur !_
Pays de M’Boro, royaume de Cayor. In paludibus torfosis, _Leprieur !_ Sénégal, _Perrottet !_
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce a été retrouvée sur la côte de Guinée et au Gabon. Elle est commune dans les Antilles, l’Amérique équatoriale et méridionale.
OBSERVATIONS. — Etamines extrorses, à loges longues et étroites, placées côte à côte ; connectif s’épaississant graduellement vers la partie supérieure et formant au sommet une petite masse recouvrant en partie les loges, tronquée, à face supérieure plane, inclinée, triangulaire.
10. =A. senegalensis= Pers. ; DC. _Prodr._ I, p. 86 ; Deless. _Ic._-I, pl. 86 ; Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 5 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 16. — _A. arenaria_ Sch. et Th. _Guin. Pl._ II, p. 31 ; Brunner, _Ergebn._ no 20.
Fleurit de février en mai.
« Frequens occurrit ad basin collium a provincia M’Boro usque ad Casamanciam » (Guill. et Perr.).
« Sierra Leone, _Don, Barter_ » (Oliver).
« Senegambia, Sierra Leone, _Perrottet, Afzelius, Don_ » (Hooker).
« In Senegalia, _Roussillon_ » (DC.).
EXSICCATA. — Terrains sablonneux du cap Vert, _Leprieur !_
Très commun dans les environs du rio Nunez, _Heudelot_ (no 781) !
Prope Itou, Casamance. Existe-t-il aussi dans le royaume de Cayor ? _Leprieur !_
M’Boro, _Perrottet !_
Assez commun dans le haut Sénégal, entre Médine et Kita, _Derrien !_
Fangalla, _Derrien !_
Sénégal, _Leprieur ! Roussillon_ (no 69) !
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur les côtes de Guinée, dans la baie de Benin, sur les bords du Niger, du Congo, du Zambèse, dans le Benguela et l’Angola, aux îles du Cap-Vert, au milieu du Soudan dans le Bornou, dans le Sennaar, sur le haut Nil, etc.
OBSERVATIONS. — Les étamines de cette espèce sont semblables à celles de l’_A. glauca_. L’anthère a été mal représentée sur la planche de Delessert.
On rencontre quelquefois une forme à feuilles glabres. Cette forme se distingue de l’_A. glauca_ par la disposition des nervures. Elle a des pétioles d’un centimètre et les nervures de la même couleur que les feuilles, tandis que l’_A. glauca_ a des pétioles très courts et des nervures presque toujours noirâtres.
11. =A. glauca= Schum. et Th. _Guin. pl._ II, p. 33 ; Guill. et Perr. _Fl. Sénég._, p. 5 ; Hook. f. _Niger Fl._ p. 206 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 17. — _A. senegalensis_ var. H. Bn, _Adansonia_, 8, p. 380.
Fleurit en juin.
« Crescit frequens in collibus arenosis regni Cayor » (Guill. et Perr.).
« Senegambia, _Brunner_ and others » (Oliver), (Hooker).
EXSICCATA. — In siccis regni Cayor prope Tielimane, Gatitoye, _Leprieur !_
Sénégal, _Perrottet ! Leprieur ! Boivin_ (no 421) ! _Adanson !_
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur la côte de Guinée.
OBSERVATIONS. — Étamines extrorses, à loges longues et étroites, placées côte à côte ; filet très court, à peine égal au 1/5e de l’anthère ; connectif épaissi assez brusquement au sommet, ayant la forme d’une pyramide renversée, tronqué, à face supérieure horizontale, carrée, recouvrant entièrement les loges supérieures, un peu prolongé en corne vers le centre de la fleur.
M. H. Baillon (_Adansonia_, VIII, p. 380) regarde l’_A. glauca_ comme une variété de l’_A. senegalensis_. Nous ne croyons pas qu’on puisse donner cette assimilation comme positive.
Dans l’_A. senegalensis_, la feuille est terminée brusquement à la base, les pétioles sont toujours très distincts, longs d’un centimètre environ. Les nervures et les ramifications sont pubescentes-soyeuses, de la même couleur que la feuille ; les nervures sont parallèles, régulières et nombreuses ; les inférieures forment un angle droit avec la nervure médiane dès leur naissance et sont parallèles au bord inférieur de la feuille. Le fruit est jaune.
Dans l’_A. glauca_, la feuille est un peu rétrécie en coin, le pétiole est presque nul et ne dépasse jamais 5 millimètres. Les nervures et les ramifications sont glabres, ordinairement noirâtres ; la feuille est entièrement glabre et glauque en dessous. Les nervures sont irrégulières, non parallèles, ordinairement moins nombreuses que dans l’_A. senegalensis_ ; les inférieures suivent d’abord la direction de la nervure médiane ou sont obliques sur cette nervure ; elles ne sont généralement pas parallèles au bord inférieur de la feuille. Le fruit est vert, plus petit que celui de l’_A. senegalensis_.
Toutefois ces différences, bien visibles sur les plantes du Sénégal, paraissent moins tranchées sur les échantillons recueillis sur le Niger et dans l’Angola, qui pourraient bien être le passage entre les deux espèces, ainsi que la forme glabre qu’on rencontre quelquefois au Sénégal. Je n’ai pas encore pu examiner les échantillons de M. Welwitsch, qui auraient peut-être résolu la difficulté ; mais M. Oliver, qui les a eus entre les mains, a maintenu les deux espèces. Les étamines sont semblables dans les deux plantes.
=4. UVARIA= L.
(Benth. et Hook. f. _Gen. pl._ I, 23).
12. =U. ovata= A. DC. _Mém. Anon._ p. 29 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 21. — _Unona ovata_ Vahl ined., DC. _Syst. veget._ I, p. 489 ; DC. _Prodr._ I, p. 89, β. _afzeliana_ DC.
« In Sierra Leona » (DC.).
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce a été rapportée par Vahl de la côte de Guinée, mais elle n’a pas été retrouvée depuis.
13. =U. gracilis= Hook. f. _Niger Fl._ p. 210 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 22.
« Sierra Leone, _Don_ » (Hook.).
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce n’a pas encore été retrouvée.
14. =U. chamæ= Pal. Beauv. _Fl. Ow. et Ben._ II, p. 42, pl. 83 ; DC. _Prodr._ I, p. 88 ; Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 7, pl. 3, fig. 2 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 22. — _Unona macrocarpa_ DC. _Syst. veget._ I, p. 489 ; DC. _Prodr._ I, p. 88. — _Uvaria cylindrica_ Schum. et Th. _Guin. pl._ II, p. 30.
Fleurit en avril, mai.
α. _parviflora_. — Feuilles petites, ovales-obtuses (de 3 à 6 centimètres de long sur 2 à 3 de large), ordinairement parsemées en dessous de poils étoilés, à nervures et à pédoncules pubescents, obovées, obtuses. Jeunes rameaux pubescents. Boutons petits. Calice urcéolé, à dents très peu apparentes. Fleurs petites, plusieurs ensemble.
« Crescit in sylvis arenosis prope Maloum ad promontorium Rubrum Casamanciæ » (Guill. et Perr.).
« Senegambia, _Leprieur_ » (Oliver).
« In Guinea » (DC.).
EXSICCATA. — Habitat in sabulosis prope Maloum, cap Rouge. Pays des Feloupes, _Leprieur !_
β. _media_. — Feuilles assez grandes (de 6 à 12 centimètres de long sur 3 à 5 de large), ovales ou ovales-allongées, présentant souvent la plus grande largeur au-dessus du milieu, obtusément acuminées, glabres. Jeunes rameaux, nervures et pédoncules glabres ou finement pubescents. Boutons plus gros que dans la var. α. Calice urcéolé, à dents peu apparentes. Fleurs assez grandes, souvent solitaires.
« Senegambia, _Heudelot_ » (Oliver).
EXSICCATA. — Croît dans les lieux fertiles et humides de Karkandy, _Heudelot_ (no 873) !
γ. _grandiflora_. — Feuilles très grandes (8 à 15 centimètres de long sur 5 à 8 de large), ovales ou ovales-oblongues, obtuses ou obtusément acuminées, à nervures et à pédoncules glabres. Jeunes rameaux ordinairement glabres. Boutons très gros. Calice trilobé, à lobes larges, obtus. Fleurs grandes, souvent solitaires.
Cette dernière variété, trouvée à Nupe, sur le Niger, par M. Barter, n’a pas encore été rencontrée au Sénégal.
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce a été retrouvée sur les bords du fleuve San-Iago sur la côte d’Or, à Nupe sur le Niger, et aux environs de Zanzibar sur la côte orientale de l’Afrique.
OBSERVATIONS. — Cette espèce est très variable. Elle est tantôt glabre et tantôt pubescente ; les feuilles varient beaucoup de forme et de dimension. Le calice est ordinairement urcéolé et se déchire souvent en trois parties lors de l’anthèse, mais j’ai vu des fleurs ouvertes dans lesquelles la déchirure n’avait pas eu lieu. D’autres fois le calice est tout à fait trilobé, à lobes arrondis, même dans le bouton. On pourrait être tenté d’établir plusieurs espèces sur ces caractères, mais un examen attentif montre qu’il n’y a là que des formes ou des variétés, car chaque caractère varie séparément, les autres restant semblables, de sorte qu’on peut trouver tous les passages entre les diverses variétés de l’espèce. La fleur, quoique variant en dimension, est toujours semblable, au moins pour ses caractères essentiels ; les étamines ont toujours la même forme dans toutes les variétés et présentent les caractères suivants :
Étamines extrorses ; loges longues et étroites, se touchant presque à la partie inférieure, mais divergeant vers le haut, ce qui les rejette un peu sur le côté ; filet presque nul ; connectif dilaté au-dessus des loges, les recouvrant, à surface supérieure aplatie, polygonale, inclinée, un peu prolongée en corne vers le centre de la fleur.
Le même rameau porte souvent des feuilles de forme et de dimension très différentes, de sorte qu’on rencontre tous les degrés entre la forme à très grandes feuilles et celle à petites feuilles. Nous croyons qu’il y a lieu d’établir les trois variétés que nous venons d’énumérer.
15. =U. cristata= R. Br. _mss. in Herb. Mus. Brit._ ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 23.
« Sierra Leone, _Purdie_ » (Oliver).
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce n’a pas encore été retrouvée.
=5. POPOWIA= Endl.
(H. Baillon, _Hist. des plantes_, I, p. 284).
OBSERVATION. — Nous comprenons le genre comme l’a délimité M. Baillon, en réunissant les _Clathrospermum_ (Benth. et Hook. f. _Gen. pl._ I, p. 29) aux _Popowia_ (Benth. et Hook. f. _Gen. pl._ I, p. 25).
16. =P. vogelii= H. Bn, _Adans._ VIII, p. 316. — _Clathrospermum vogelii_ Planch. inéd., Bentham in _Linn. Trans._ t. XXIII, p. 479 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 25. — _Uvaria ? vogelii_ Hook. f. _Niger Fl._, p. 208, pl. 17.
« Sierra Leone, _Barter_ » (Oliver).
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur les côtes de Guinée et du golfe de Guinée et sur les rives du Niger.
OBSERVATIONS. — Il ne faut pas songer à distinguer cette espèce des deux autres _Popowia_ de la région sans avoir la fleur ou le fruit. Les différences des feuilles sont très légères et ne donnent aucun caractère précis. Dans le _P. vogelii_, les feuilles sont souvent un peu cordées à la base, tandis qu’elles sont terminées brusquement ou en coin dans les deux autres espèces.
17. =P. heudeloti= H. Bn, _Adans._ VIII, p. 320.
Fleurit en avril.
« Crescit in depressis fertilibus ad Karkandy Senegambiæ, _Heudelot_ » (H. Bn).
EXSICCATA. — Croît dans les bas-fonds fertiles de Karkandy, _Heudelot_ (no. 878) !
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce n’a pas encore été retrouvée ailleurs.
18. =P. barteri= H. Bn, _Adans._ VIII, p. 324.
« Crescit in Africa tropica occidentali, ad Sierra Leone, ubi in exped. anglic. ad flum. Nigrum, anno 1857-59, legit _Barter_ » (H. Bn).
EXSICCATA. — Sierra Leone, _Barter !_
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce n’a pas encore été retrouvée ailleurs.
OBSERVATIONS. — Cette espèce a toutes les apparences extérieures du _P. heudeloti_ H. Bn. On ne peut l’en distinguer qu’en analysant la fleur pour voir la forme de l’étamine, dont le connectif est en forme de coin dans le _P. heudeloti_ et en forme de pioche dans le _P. barteri_. Le fruit de cette dernière espèce est encore inconnu.
=6. HEXALOBUS= A. DC.
(Benth. et Hook. f. _Gen. pl._ I, 24).
19. =H. crispiflorus= A. Rich. _Fl. Cuba_, p. 143. — _H. grandiflorus_ Benth. _Linn. Trans._ t. XXIII, p. 468, pl. 49 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 27.
Fleurit en avril.
« Crescit in ripis fluminorum Senegambiæ, _Heudelot_ » (Richard).
EXSICCATA. — Croît près des ruisseaux du Fouta-Djallon, _Heudelot_ (no 865) !
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur les côtes du golfe de Guinée.
OBSERVATIONS. — A. Richard avait publié cette espèce en 1845, dans la _Flore de Cuba_, d’après les échantillons recueillis par Heudelot au Sénégal. Il avait donné la diagnose suivante :
« _Hexalobus crispiflorus_. — H. fol. elliptico-lanceolatis, acuminatis, acutissimis, integris, coriaceis, superne glabris, subtus ferrugineis ; fl. maximis axillaribus ; corolla gamopetala regulari, sexpartita, campanulata, lobis lanceolatis margine sinuosis. Crescit in ripis fluminorum Senegambiæ. Arbor procera. »
M. Bentham a publié la même espèce en 1862, dans son mémoire sur les Anonacées africaines, d’après les échantillons rapportés par MM. Mann et Barter de la côte de Guinée, et lui a donné le nom de _H. grandiflorus_. Il n’avait pas vu la plante de Heudelot, car il ne la cite pas dans son mémoire, mais il devait connaître la diagnose donnée par Richard, quoiqu’elle fût égarée dans la _Flore de Cuba_, car il cite ce dernier ouvrage à propos des _Xylopia_. Il est probable qu’il n’aura pas osé identifier sa plante avec une simple diagnose. La comparaison des échantillons authentiques de Heudelot avec la plante de Mann, et la description et l’excellente figure du mémoire de M. Bentham, nous permettent de réunir les deux espèces avec certitude. Le nom donné par Richard, étant plus ancien, doit être conservé.
Ajoutons que M. Bentham aurait été bien pardonnable s’il n’avait pas connu les diagnoses d’un _Hexalobus_ et d’un _Xylopia_ du Sénégal isolées au milieu d’une flore des Antilles. On ne saurait trop blâmer cette habitude qu’ont quelques auteurs de donner dans une flore la description de plantes appartenant à une flore très différente. Ces descriptions sont presque perdues pour la science, puisque ce n’est que le hasard qui peut les faire rencontrer. M. A. de Candolle condamne les différents genres de publicité qu’il appelle _publicité incomplète_, dans lesquels il comprend _une note sur les plantes d’Afrique dans une flore américaine_ (A. DC. _Phytogr._ p. 21). C’est bien le cas qui se présente ici, et il est probable que M. de Candolle a eu en vue précisément l’exemple que nous venons de citer.
20. =H. senegalensis= A. DC. _Mém. Anon._ p. 37 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 27. — _Uvaria monopetala_ Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 8, pl. 2.
Fleurit de février en mai.
« Crescit in montosis saxosis regionis Galam et ad basim collium prope Joal » (Guill. et Perr.).
« Senegambia, _Leprieur_ et _Perrottet_, _Heudelot_ ; Gambia, _Whitfield_ » (Oliver).
EXSICCATA. — Croît dans le Woolli, Saloum, Baol, _Heudelot_ (no 360) ! Sénégal, _Leprieur ! Perrottet !_
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur les bords du Niger et dans la région du haut Nil.
=7. XYLOPIA= L.
(Benth. et Hook. f. _Gen. pl._ I, 28).
21. =X. æthiopica= A. Rich. _Fl. Cuba_, p. 53 (en note) ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 30. — _Unona æthiopica_ Dun. _Anon._ p. 113 ; DC. _Syst. veget._ I, p. 496 ; DC. _Prodr._ I, p. 91. — _Uvaria æthiopica_ Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 9. — _Habzelia æthiopica_ A. DC. _Mém. Anon._ p. 31. — _Hablitzia æthiopica_ Hook. f. _Niger Fl._ p. 206. — _Xylopia undulata_ (fruit seulement) P. de Beauv. _Fl. Ow. et Ben._ I, pl. 16. — _Unona ? undulata_ (fruit seulement) Dunal, DC. _Syst. veget._ I, p. 494 ; DC. _Prodr._ I, p. 9).
Fleurit en novembre et décembre.
« Crescit frequentissime hoc arbor elegans in Palmarum sylvis Senegambiæ » (Guill. et Perr.).
« Sénégambie, _Leprieur, Perrottet, Ingram_ ; Sierra Leone, _Afzelius, Dr Daniell_ » (Oliver).
« In Sierra Leone » (DC.).
EXSICCATA. — Crescit frequentissime hæc arbor elegans in Palmarum silvis Senegambiæ, _Perrottet !_
Sénégal, _Adanson_ (no 197, A.) ! _Perrottet_ (no 9) ! _Heudelot_ (no 566) !
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur la côte de Guinée, dan le golfe de Guinée, sur les bords du Niger et au Gabon.
OBSERVATIONS. — On sait que la figure de Palisot de Beauvois avait été faite d’après deux échantillons d’espèces différentes et attribués à tort à la même espèce. Le fruit appartient au _Xylopia æthiopica_, et la fleur est celle du _Monodora myristica_ Dunal.
22. =X. parviflora= Vallot (non Benth.) (non Oliver). — _Uvaria parviflora_ Guill. et Perr. _Fl. Sénég._ p. 9, pl. 3, fig. 1. — _Cœlocline parviflora_ A. DC. _Mém. Anon._ p. 33 ; Hook. f. _Niger Fl._ p. 207. — _X. acutiflora_ Benth. _Linn. Trans._ t. XXIII, p. 478 (non A. Rich.) ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 32 (non A. Rich.). — _X. acutiflora_ (fruit seulement) Dunal, _Anon._ p. 116, pl. 22. — Barter, _Exsicc._ no 426 et no 1035.
Feuilles alternes, ovales-oblongues, obtuses, obtusément acuminées ou rétuses, coriaces, glabres en dessus, glabres ou pubescentes en dessous, petites (2,5 à 6 cent. de long sur 1 à 3 cent. de large) ; pétioles très courts (2 à 3 mill.). Fleurs petites (de 5 à 15 mill. de long), longuement acuminées, axillaires, 1 à 3 ensemble, sur de longs pédoncules (de 8 à 12 mill.) portant 2 ou 3 bractéoles squamiformes espacées, alternes. Calice trilobé, à lobes aigus. Pétales longuement acuminés, linéaires, soyeux. Fruits formés d’un petit nombre de baies subsessiles, oblongues, épaisses, deux fois plus longues que larges, de la grosseur d’une olive.
Fruits en mars et avril.
« Crescit ad oram sylvarum et in locis siccis riparum Casamanciæ prope Maloum » (Guill. et Perr.).
EXSICCATA. — Crescit frequens ad oram sylvarum et in locis siccis riparum Casamanciæ prope Maloum, _Perrottet_ (no 7) !
Casamance, _Perrottet !_
In sabulosis prope Maloum. Cap Rouge ; pays des Feloupes, _Leprieur !_
DISTRIB. GÉOGR. — Cette espèce se retrouve sur la côte de Guinée, sur les rives du Niger et au Congo.
OBSERVATIONS. — Nous avons cru devoir donner une description abrégée de cette espèce, qui a été méconnue par M. Bentham et décrite par cet auteur sous le nom de _X. acutiflora_ A. Rich. (voyez les observations au _X. acutiflora_.)
23. =X. dunaliana= Vallot. — _Unona acutiflora_ (fr. exclus.) Dun. _Anon._ p. 116, pl. 22 ; DC. _Syst. veget._ I, p. 498 ; DC. _Prodr._ I, p. 92. — _Cœlocline acutiflora_ (fr. exclus.) A. DC. _Mém. Anon._ p. 32, pl. 5, C. — _Xylopia acutiflora_ (fr. exclus.) A. Rich. _Fl. Cuba_, p. 55 (en note), (non Benth. _Linn. Trans._ t. XXIII, p. 478), (non Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 32). — _Xylopia parviflora_ (fr. exclus.) Benth. _Linn. Trans._ t. XXIII, p. 479 ; Oliver, _Fl. trop. Afr._ I, p. 31. — _Unona oxypetala_ DC. _Syst. veget._ I, p. 496 (ex descriptione) ; DC. _Prodr._ I, p. 91 (ex descript.). — _Cœlocline ? oxypetala_ A. DC. _Mém. Anon._ p. 33 (ex descript.). — Mann, _Exsicc._ no 914.