Part 7
La vie de Claude Monet est un témoignage de l’homme au delà des récusations. J’ai dit qu’il y avait une leçon pour nous dans toute existence. Plus l’existence sera haute, moins elle trouvera d’accès auprès du nombre, qui sent et s’exprime nécessairement en des moyennes de médiocrités. Pour les intelligences cultivées, la leçon n’est peut-être pas moins difficile à dégager, en raison des résistances de la personnalité. C’est pourquoi je voudrais me borner à quelques considérations d’une philosophie simplifiée.
On me dit qu’au seul mot de philosophie, le lecteur, en général, ne se fait pas faute de tourner la page. Il se peut. Mais pourquoi le lecteur, à l’exemple de l’amateur de tableaux, n’en viendrait-il pas à comprendre que vivre, c’est changer? Toute philosophie ne doit être à l’épreuve, qu’une généralisation de généralisations vérifiées. Il n’est rien dans notre entendement qui ne puisse et ne doive prendre place dans les déterminations d’une coordination générale du monde et de l’homme qui prétend l’exprimer.
Ce qu’il y a de plus remarquable, dans le cas de Claude Monet, qui n’est jamais sorti de son cadre artistique, c’est que les naturels développements de ses sensations du monde se sont traduits en des manifestations du pinceau merveilleusement concordantes avec l’évolution moderne de nos connaissances physiques dans le champ des phénomènes lumineux. Pour employer une expression vulgaire, mais qui dit bien ce qu’elle veut dire: «Il était dans le train.» Sa vision personnelle, et les évolutions d’activités esthétiques qui s’en sont suivies, ont remarquablement concordé avec les données positives où la science moderne s’est installée dans l’ordre de l’expérimentation.
Cette coïncidence est probablement un phénomène unique. En tout cas, c’est la manifestation la plus «philosophique» de la vie de Claude Monet. Il semble que sa destinée fut de faire de l’art et de la science en même temps. Ce ne fut pas son programme parce qu’il n’avait d’autre programme que d’être lui-même. Ce fut, sans idée préconçue, le résultat et l’emploi désintéressé de sa vie. Il fut ainsi l’un des plus hauts représentants de son art où tant d’hommes justement célèbres se sont magnifiquement distingués. Mais il ouvrit encore des voies nouvelles (et sûres par les contrôles de l’observation) là où l’on pouvait croire qu’il n’y eût guère qu’à poursuivre obstinément l’œuvre du passé. Il a ainsi accru notre puissance émotive, c’est-à-dire agrandi l’homme lui-même, d’un nouveau bond dans sa marche, chancelante et merveilleuse, à l’infini.
Monet fut donc un créateur, au sens exprimé par le mot poète. Un poète de lyrique simplicité, un _poète en action_. Je conviens que ces mots, suscités par les glissements de l’étymologie, paraissent plus près de discorder que de se fondre pour résumer le caractère d’une personnalité. Un _lyrique_, c’est-à-dire un «superimaginatif», ne rencontre pas souvent dans l’acte personnel l’achèvement suprême de la simplicité. En prose, comme en vers, nous avons de très grands poètes. Ni Bossuet, ni Victor Hugo n’eurent la pensée d’être simples, ni ne l’ont été. Hommes d’action? Pas davantage. L’un a ses dragonnades où il était du mauvais côté, l’autre sa résistance au 2 Décembre. Des gestes de combat. Hommes d’activité constructive? Ils l’ont pu croire. Mais je ne crains pas de dire que ce ne sera pas le jugement de la postérité.
J’ai entendu Victor Hugo annoncer sérieusement qu’après sa mort il irait dans le soleil. A la requête de Mme Drouet, il lui promit même de l’y emmener. Monet, sans rien dire, dissocie les rayons de ce même soleil, au miroir de son étang de fleurs, et les recompose pour l’accroissement de nos sensibilités, pour l’exaltation de tout notre être, à notre place modeste et sublime, dans l’univers. Et, ce faisant, le grand ouvrier, par la conduite de sa vie, par l’incessant labeur de l’œil et de l’intelligence interprétative, par une immuable tension de volonté sans relâche, mérita pleinement le succès du _poète d’action_ quand il descendit dans la tombe, chargé d’ans, après l’œuvre accomplie.
Dans l’ordre du développement humain, aux origines de l’espèce pensante, _le poète des peuples_ a pu revendiquer de son public une dignité supérieure. Disant l’homme et le monde, il ne pouvait les construire qu’à coups de méconnaissances que rectifierait plus tard l’observation vérifiée. D’embellir l’absolu Monet n’a point fait son affaire. Il savait que l’art ne fera jamais aussi beau que le vrai, puisqu’il n’en peut réfléchir que des aspects de relativité. Mais pour une meilleure approximation du vrai, si ténue qu’elle pût être, pour un meilleur emploi de sa compréhension, de sa volonté, de sa vie, il donna tout de lui-même et mourut, jugeant que ce n’était pas assez.
On voit que l’effort de «philosophie» auquel je convie mes lecteurs, n’est au-dessus des moyens de personne. Ce n’est pas trop d’une pensée générale pour coordonner les aspects divers d’un bel exemplaire d’humanité. Au vrai, toutes ces notes, au courant de la plume, sont plutôt pour me faire revivre de belles heures au contact d’une inspiration servie par le plus noble effort d’une humanité achevée.
Encore faut-il que je cherche à me rendre compte des conditions du phénomène humain que j’admire. Je n’apporte ici aucune théorie de l’art de peindre. La pratique de Monet lui est venue directement de l’œil à la brosse, sans que jamais il ait prétendu doctriner. Il était peintre né: c’est la raison supérieure qui l’a irrésistiblement poussé à regarder toujours plus avant dans l’intimité des choses, jusqu’aux rencontres de visions auxquelles nul encore ne s’était arrêté.
Du point de départ au point d’arrivée, la vie de Claude Monet n’est qu’une évolution de rigoureuse conscience dans la conduite du plus beau drame d’humaine ingénuité. Diogène cherchait _un homme_, un homme achevé parmi les trop communs exemplaires d’amoindrissements que lui offrait la place publique. Il ne détourna pas la tête quand Alexandre vint parader dans son soleil. _L’homme_, que chercha vainement le cynique, ne vous semble-t-il pas que nous sommes bien près de l’avoir trouvé?
_L’homme_, au sens le plus complet du moment, pourquoi serait-ce donc une chose si rare que, pour la rencontre d’une telle merveille, nous soyons tout aussitôt requis de nous extasier? Plus l’organisme est élevé dans l’ordre des existences, plus légitime est notre droit d’en attendre davantage. Qu’en arrive-t-il donc? Hélas! Nous succombons sous le poids des épithètes admiratives qui ne nous viennent d’autrui que pour être congrûment retournées. Rien n’est plus propre à nous faire réfléchir sur l’aventure de notre vie, pour en réduire petitesses et grandeurs à leurs proportions véritables. Il se pourrait que le _surhomme_ ne fût pas beaucoup plus que le rêve d’un malade, et que, pour découvrir le _sous-homme_, il ne fût besoin que d’ouvrir les yeux. Il se pourrait aussi que, dans la médiocrité de sa condition cosmique, l’homme moyen, par la vertu du labeur, se trouvât capable de produire évolutivement des exemplaires d’une humanité supérieure. Que ne commençons-nous par faire confiance à notre propre effort? L’état social nous apporte des ressources de beaux développements. Il nous fournit, en même temps sans doute, des tentations d’en abuser à notre avantage. Et je crois pouvoir dire qu’il est plus tentant de vivre des ignorances de la foule que des connaissances positives ou des émotions naturelles laborieusement conduites à leurs fins organiques. Le plus beau de la vie ne peut être que de nous-mêmes, si nous sommes capables de nous gouverner.
Avec Claude Monet, le cas est d’évidence. Assez d’équilibre mental pour une bonne ordonnance des facultés convergentes vers les plus hautes fins d’activités humaines. Assez d’émotivités supérieures pour entraîner la somme des déséquilibres nécessaires à l’entrée de l’homme dans la dépense de lui-même à la mesure de ses moyens.
C’est ici que nous rencontrons en Claude Monet l’_homme d’action_, au sens le plus élevé du mot, l’homme qui se propose de mettre quelque chose du meilleur de sa vie dans celle de ses contemporains, et se lance, la flamme au cœur, dans la périlleuse aventure, sans s’arrêter aux déceptions. Notre humanité ne manquera pas de s’en faire honneur. Mais alors, d’où vient donc cet arroi des inintelligences moindres contre l’homme trop assuré de son personnage pour ne pas demeurer fidèle à sa pensée en dépit de toutes les résistances? Pourquoi faut-il que trop souvent, dans la folle mêlée, le cœur le plus résolu soit le plus tourmenté de lui-même et d’autrui? Les hommes sont ce qu’ils acceptent d’être. Des heurts de bons et de mauvais moments dans l’incompréhension de soi-même, qui permet à chacun de se surestimer, au risque de sous-estimer autrui. Il s’ensuit beaucoup de discours qui ne changent pas sensiblement les faits. Le plus sûr est de s’essayer personnellement, à tous risques, pour dégager, en fin de compte, les parties de défaites qui peuvent conditionner des parties de victoire et réciproquement.
Monet, humant le large, sur les quais du Hâvre, ne se tint certainement pas de tels discours. Mais il suffit de regarder la première image de sa jeunesse pour voir que ses yeux droits, en flèches vibrantes, faisaient déjà retentir de leur choc l’airain de l’avenir, et qu’il ne se contenterait pas du demi-succès. Avec le temps, la figure profonde va s’affirmer très vite dans le plein de l’action. L’œil n’est jamais satisfait. Il cherche la difficulté, et la trouve--heureux encore de penser qu’il va bander tous ses efforts contre l’obstacle--dût-il s’y briser.
Seulement, il ne s’y brise pas, et ce qu’on n’a pas deviné, ce que n’espérait pas Monet lui-même, ce qu’une minorité est encore seule à comprendre, c’est qu’il n’y a pas de «défaite», en cette aventure, qui ne soit une part de victoire. J’en ai vu le drame, en ses plus belles péripéties, se dérouler sous mes yeux, et ceux qu’il n’intéresse pas n’ont qu’à me laisser le plaisir de me le dire à moi-même, en feignant de m’adresser à eux. Il me suffit de la beauté de l’action pour n’avoir pas besoin de triompher trop haut du succès, car, pour l’idéalisme vrai, la vie est de la lutte, tandis que la victoire, trop prompte aux vanteries, peut être, en certaines circonstances, une source de diminutions. Monet mourut en doutant de lui-même. N’est-ce pas dire où il mettait le succès?
Soit cet exemple de la plus simple et de la plus haute vie, que j’aurais voulu faire apparaître dans l’incomparable grandeur de la plus simple vérité. L’homme n’aimait pas le bruit. Il ne voulut jamais rien connaître des joies factices de la renommée. Enivré de lumière, il se donna tout à la joie d’ouvrir sa fenêtre, et de regarder pour transposer ses frémissements du dehors, et jeter sur la toile, s’il était possible, quelque chose des voluptés les plus aiguës de la couleur.
Le monde se meut, malgré les conciles. Puisque nous sommes de simples planétaires, notre évolution nous meut nous-mêmes à de perpétuels changements d’harmonies en états d’interdépendance avec les mouvements du monde extérieur. C’est ce qu’a compris l’instinct artistique de Monet se refusant aux conventions de l’école qui veut accommoder le monde à notre puissance organique pour le _mieux_ exprimer, comme si la rétine, au contraire, n’était pas sous la domination des lois cosmiques. Culture d’émotivités, l’art se donne pour tâche le développement de la sensation. Voilà le programme de Monet qui le mène à la recherche d’une interprétation de plus en plus poussée du phénomène lumineux, et, par là, à des évolutions de sensibilités qui font l’accroissement de l’homme sentant et pensant.
Dès les premiers essais du Hâvre, notre homme, hanté des fluidités de la couleur, prétend déjà saisir l’insaisissable dont nous ne pouvons obtenir qu’un temps de fixation schématique pour exprimer l’universelle mobilité. Si l’entreprise est hors de son atteinte, au moins aura-t-il, à tous risques, gardé toute droite la volonté de tenter. Et comme il a résolu de ne jamais accepter la défaite, ne nous étonnons pas qu’aux heures douloureuses d’un doute irrépressible, après avoir senti passer le vent de la victoire, la crainte d’une insuffisance lui arrache des cris de colère et lui fasse lacérer des toiles où s’était magnifiquement inscrit son labeur. Monet connut l’âpre angoisse qui le portait à douter de lui-même, mais pour se redresser tout aussitôt devant l’obstacle et reprendre, sans trêve, sa course à l’au-delà.
Sait-on ce qu’un tel homme est appelé à donner de ses concentrations d’énergie pour garder intangible, au fond de son cœur, le droit d’espérer? Ce sont des palpitations de ses yeux, des frémissements de son cœur qu’il broie sur sa palette pour la vie ou la mort du plus beau de ses rêves. Ainsi le veut la loi même de notre idéal dont la dignité nous élève au-dessus de nous-mêmes dans les voies périlleuses où nous entraîne la course de l’inconnu.
Qui donc dira la juste mesure des aspirations chez les grands imaginatifs, et les désaccords des réalités? Il faut que tout cela vienne aboutir à des conclusions d’activités éphémères; quand nous prétendons stabiliser des temps de notre vie dans les cyclones de l’éternelle mobilité.
A quels moments, et en quelles formes, ces questions ont-elles pu se poser à l’œil de Monet? J’ai noté que ce n’était certainement pas des théories qui l’avaient mis à l’œuvre. Sa destinée voulut que la lumière l’impressionnât au plus profond dans tous les temps de la course solaire. Il essaya de faire ce qu’il voyait, sans rien concéder aux conventions de l’école. De là des renouvellements de facture, des trouvailles d’exécution qui auraient pu être sa perte et furent son salut. Il conquit ainsi une palette dont les essais se trouvèrent naturellement correspondre aux prestiges des réalisations de la couleur. Cette évolution conquérante de l’organe visuel, jusqu’à l’heureuse exacerbation des _Nymphéas_, fut l’incessant effort du peintre sur lui-même dans l’incessante anxiété de ne pouvoir dire si sa pente était d’insanité ou de génie.
--On dira que je suis fou, disait-il parfois.
En dépit de tels propos, il ne déserta pas la tâche. Toutefois il n’osa pas, de son vivant, risquer les _Nymphéas_. Leçon pour lui. Leçon pour nous.
L’éblouissante conquête de la lumière en symphonies suprêmes, aux champs des _Nymphéas_, ne pouvait apparaître qu’en coup de théâtre, même après les préparations d’un long labeur. Il n’y fallait pas moins que le plein accord de la double maîtrise de l’œil et de la main. L’œil, d’audace géniale, brûlé de tous les flamboiements des choses, affolé des prodiges du monde au point de jouer toutes les ambitions de sa vie sur un coup de pinceau à l’approche de la mort. La main, dans la pleine possession de ses agilités d’art, en état d’obéir aux élans de sa sensation, en les modérant, en les ordonnant, en les liant, en les transposant dans les enchaînements de la vie universelle. Encore fallait-il que chaque touche de la prétendue «fixité» nous engageât sur la pente de ce qui était tout à l’heure à ce qui sera dans un moment.
Des jours de fureur vertigineuse, des jours d’apaisement, des jours d’invincible obstination. Surtout l’immuable défiance d’un homme obsédé d’une idée dont il ne craignait rien tant qu’une insuffisance de réalisation. La crainte de rêver trop haut. La défiance d’un public cherchant le rêve aussi, mais un rêve dont l’envolée ne pouvait être de même envergure.
Ce que tenta de réaliser Monet, il n’est pas une de ses toiles qui n’en porte l’éclatant témoignage, parfois libéralement aidé des vifs commentaires de l’auteur. Car aucune critique ne le trouvait sans riposte, et le ton bourru et le mot à l’emporte-pièce montraient assez que cet homme, bienveillant et rieur, avait trop donné de lui-même à son art pour en pouvoir parler avec détachement.
Ce qu’il se proposait, c’était de suivre, en tous points, la nature d’aussi près que possible. Programme d’apparence modeste, mais d’une exaspérante ambition. Ce fut déjà la recherche des premiers artistes de nos cavernes, et il faut bien dire que quelques-uns, en des tentatives de moyens primaires, y ont assez remarquablement réussi. Je n’ai garde de me laisser aller à la critique des grands maîtres dont les siècles ont enrichi notre histoire. Tous se sont mis glorieusement à leur tâche, nous laissant le témoignage, à certains moments, d’un élan de tendance surhumaine. Grâces leur soient rendues! Il n’est besoin de diminuer personne pour essayer de grandir Monet, qui est venu à son heure et n’a fait que s’engager plus avant dans la voie glorieuse où tant d’admirables artistes l’avaient précédé.
La démonstration, heureusement, n’en est pas nécessaire. Toute aux formes mouvantes du corps humain, la Grèce en a cherché la réalisation dans les figures de la plastique où elle pouvait mettre en ligne une incomparable école de praticiens, qui ne sera probablement jamais dépassée. Ce que nous savons de la peinture hellénique et même hellénistique, par les traditions de l’Égypte et les fresques de Pompéi, ne paraît pas dépasser de beaucoup les communs essais de l’imagerie. Les tableaux de piété de nos primitifs, renforcés des explosions d’art de la Renaissance, qui chercha l’homme plus que la nature, tenue pour ennemie, ont fait éclater le cadre pour ouvrir le champ aux traditions du polythéisme, aussi bien que de la mythologie chrétienne. C’est un des prodiges de l’histoire. Les musées sont ouverts. Il n’est que de s’y promener.
Je prends donc Monet comme il se présente, dans son temps et dans son pays. Loin que les maîtres de son art lui aient inspiré des sentiments de critique, ils le ravissent. Il ne tarit pas sur eux en exclamations admiratives. Ils ont vu ce qu’il voit lui-même, mais en un moment donné des évolutions de leur sensibilité. Ils ont fait la peinture de leur temps, avec des parties de convention dont ils n’ont pu se détacher. Monet ne s’est proposé rien que de suivre leur exemple du plus près possible, au risque de les dépasser.
Sous l’influence des données préconçues qui formaient nécessairement le premier fonds de l’intelligence humaine, l’artiste des anciens âges a découvert tardivement la nature comme inspiratrice des émotivités supérieures. Monet veut s’emparer de notre sensibilité parce qu’il n’est plus maître de la sienne qui prétend s’imposer. Conquis ou conquérant. Au sort de prononcer. Et puisque la victoire, vaillamment disputée, est au bénéfice du vainqueur et des vaincus tout ensemble, félicitons-nous d’un combat grandiose où la conquête se réalise pour le plus grand bien de tout le monde. Honneur aux hommes de bonne volonté!
FIN
TABLE DES MATIÈRES
Pages.
I.--La Leçon d’une vie 7
II.--Claude Monet, peintre 15
III.--Le Monde, l’Homme, la Lumière 35
IV.--Le Jardin de Monet.--L’Étang du _Jardin d’eau_ 45
V.--Le Public 55
VI.--La Lutte à outrance 67
VII.--Révolution de cathédrales 75
VIII.--Les Nymphéas du Jardin d’eau 93
IX.--Le Critique critiqué 103
X.--Conclusion 113
NOTES:
[A] Il fut même blessé au creux de la main gauche, ce qui demanda beaucoup d’explications. Ce fut Pelloquet qui fournit à Émile Augier le type de Giboyer.
[B] A Giverny.
[C] Curieusement la nouvelle école en vint à inclure Édouard Manet, qui ne fut pas sans regimber d’abord. Il avait la dent pointue, et n’était pas homme à retenir un mot incisif. Quand on lui parla pour la première fois des offensives du pinceau de Monet: «Je ne sais pas, s’écria-t-il, si celui-ci me volera ma peinture. Voilà qu’en attendant, il essaye de me voler mon nom.»
[D] M. Georges Grappe a écrit: «Claude Monet traite les ondes lumineuses comme le musicien les ondes sonores. Les deux sortes de vibrations se correspondent. Leurs harmonies correspondent aux mêmes lois inéluctables, et deux tons se juxtaposent en peinture suivant des nécessités aussi rigoureuses que deux notes en harmonie. Mieux même: les différents épisodes d’une série s’enchaînent comme les différentes parties d’une symphonie. Le drame pictural se développe suivant les mêmes principes que le drame musical.»