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CHAPITRE IV

=EN ROUTE POUR L’AÏR=

_5 janvier 1877._ — Après une longue et désagréable discussion, je paye l’homme qui avait fourni les chameaux supplémentaires, et j’exprime à Bidouma l’espoir que ces extorsions ne se renouvelleront plus. Nous campons aujourd’hui, ce qui nous fait du bien, car nous étions venus de Ghât à pied. Au point où nous sommes, la vallée est déjà plus resserrée entre le Tasili et l’Akakous. Partout les mêmes couches de grès.

_6 janv._ — Ce matin nous cherchons en vain les chameaux qui doivent nous servir de montures : Bidouma nous a tout simplement oubliés. Il laisse crier tout le monde, et se tient coi, car il sait bien qu’il est en faute.

Enfin, nous partons à 10 heures[99], en remontant la rive droite de l’ouadi encombré de sable. J’y note à plusieurs reprises des ocres, couleur de cinabre, d’une grande pureté. Nous montons toujours. Les deux berges sont dénuées de végétation. La hamada s’étend des deux côtés de l’oued.

_7 janv._ — Nous partons à 11 heures, ayant le versant abrupt de l’Akakous à notre gauche ; à 1 h. 1/2 nous avons dépassé ces hautes murailles. Nous faisons halte au bout d’une plaine du nom d’Akaouf. On trouve sur le versant sud de l’Akakous beaucoup de dunes de sable qui sont pour ainsi dire adossées à la montagne.

Le Tasili semble maintenant plus bas. Partout de la pierre noire ; très peu de plantes. Çà et là quelques dunes, toujours amoncelées contre une paroi de roc.

_8 janv._ — Ce matin l’eau limoneuse que nous avions laissée déposer dans une jatte était gelée. J’ai promis de la nourriture à un des Kel-Ouï qui mène nos chameaux, et son attitude s’est immédiatement modifiée. Nous montons un peu et passons sur le Tasili semé de roches. A midi, vaste plaine et à droite une forêt de piliers de pierre qui couvrent un large versant et affectent souvent la forme de ponts. Des schistes bigarrés, tout semblables à ceux de Tayta[100], affleurent le long des grandes parois.

Nous faisons halte à 2 heures dans une vaste plaine. A gauche, quelques huttes et jardins : cet endroit s’appelle Arikine. Jusqu’ici nous avons eu à gauche de hautes croupes de montagnes et à droite, tout près, la surface peu élevée du Tasili. L’horizon s’élargit.

Quelques Touareg viennent du village ; ce sont de pauvres gens inoffensifs. Ils me racontent que les habitants de Djanet sont amis des Hoggar, qui ne leur ont jamais rien pris.

_9 janv._ — Nous remontons un petit ouadi qui descend vers Arikine, à travers un désert de pierres absolument nu, plus aride même que la grande Hamada el Homra ; seulement l’impression est moins terrifiante, à cause des formes changeantes des montagnes. On m’a montré une piste qui, me dit-on, mène d’ici à Bilma. Le pays devient plus plat ; après une montée dans les roches, nous traversons une nouvelle hamada[101]. Au loin, droit au nord, nous voyons encore une terrasse supérieure de l’Akakous, sur le flanc sud de laquelle on aperçoit des dunes ; devant nous, une ligne dentelée de montagnes noires ; au contraire, la ligne de crêtes que nous avions à gauche a disparu. La roche qui prédomine est encore le schiste de Tayta.

Nous faisons halte dans l’oued Eseti, dans une plaine couverte de débris de schiste et où la _Fagonia arabica_ seule montre ses rameaux jaunâtres et desséchés[102]. Mon guide m’assure que l’oued Eseti suit la direction du sud-est.

_10 janv._ — Nous marchons d’abord vers l’ouest, sur une hamada complètement plane, puis nous tournons au sud. Nous allons vers cette ligne dentelée de montagnes que nous avons déjà vue hier. Derrière nous l’Akakous se dresse à pic. De ses pentes abruptes se détache une longue file de hauteurs qui se prolonge au loin à notre gauche vers le sud-est ; mais on ne voit nulle part de plateaux ; rien que des cimes isolées, séparées par des ouadi sableux.

A midi, nous touchons à ces hauteurs de couleur sombre, qui de loin nous faisaient l’effet de montagnes, et qui ne sont que des collines de 30 à 40 pieds couronnant le bord d’une hamada. Ce sont des masses de grès sombre, de forme régulièrement conique ou pyramidale ; les couches qui les composent sont horizontales. Il y a partout du sable dans l’ouadi, mais point de dunes isolées. La végétation est celle de la hamada ; aucune plante nouvelle. Le vent est fort sur ces hauteurs et le froid très sensible. A 2 heures, nous faisons halte au delà de cette ligne de hauteurs, dans l’ouadi Tounikanaham.

_11 janv._ — Nous restons campés aujourd’hui, car nous avons en perspective quatre jours sans eau et sans herbe ; aussi faut-il faire nos provisions, et tous les chameaux portent leur botte de fourrage.

_12 janv._ — Nous avons trouvé de la glace dans une grande écuelle qui était restée la nuit hors de la tente. Il a fallu la faire fondre au feu, tant la croûte était dure. Un brouillard épais couvre la contrée, et, vers le coucher du soleil, les lourdes brumes se lèvent lentement ; on se dirait en Allemagne. Nous avons traversé le plateau et atteint une seconde zone de collines ; c’est du granite. A 10 heures, nous voyons devant nous, droit à l’ouest, le cône élevé du mont Tisga. — Les Kel-Ouï ont une nomenclature des plus incertaines et sont en général de très mauvais informateurs ; les Touareg du Nord donnent des renseignements bien plus sûrs.

Nous cheminons en zigzag entre les hauteurs ; je note ici des exemplaires isolés de _Rhus dioïca_. Les versants sont couverts de sable granitique et de blancs cristaux de quartz. Tout ce pays n’est que granite. Nous traversons un ouadi couvert de talha, que les gens de la caravane dépouillent de leurs branches vertes pour les donner aux chameaux. Nous campons près du mont Tisga dans la vallée du même nom. Je trouve près d’ici le granite injecté de basalte.

_13 janv._ — Temps très froid. Le vent était tel, qu’on n’a pas pu dresser les tentes. L’eau était gelée ce matin ; voilà trois nuits que cela arrive.

Nous passons au pied du mont Tisga, qui est certainement un massif de granite. A 2 heures, nous descendons une longue paroi de granite nommée Eguefnerichine ; nous avons à nos pieds une vaste plaine, que domine à notre gauche la crête dentelée du mont Mariaou. Dans cette plaine en contre-bas, on voit de nombreux affleurements de ce basalte gris dont je n’avais observé jusqu’ici que des pointements isolés. La végétation fait entièrement défaut.

Nous nous arrêtons sur un plateau de sable granitique, sans une plante, sans un être vivant, à part les corbeaux, qu’on retrouve dans les plus arides solitudes.

_14 janv._ — L’eau était encore gelée ce matin. Nous traversons le plateau ; des blocs de basalte sont épars à sa surface. A 7 heures et demie nous faisons halte au milieu des dunes d’Eguéchine.

_15 janv._ — Devant nous, une vaste plaine entourée de dunes. A 3 heures et demie, nous franchissons une haute crête de sable, et l’oued Falezlez se déroule à nos pieds comme un ruban de verdure. Halte au puits du même nom, situé au milieu de l’oued.

_16 janv._ — La végétation de l’oued se compose uniquement de _hâd_[103], et cette plante ne croît que sur les buttes éparses dans le lit de l’oued. Nous gagnons une plaine de sable et de caillous. Descente dans un oued, où affleure une roche d’un gris rougeâtre, d’apparence schisteuse, peut-être le grès de Gâth[104], métamorphisé au contact du granite. A 4 heures nous passons d’une haute hamada de grès à une plaine de _reg_[105] en contre-bas, et nous retrouvons ici ce basalte gris dont j’ai signalé plus haut des filons dans le granite.

_17 janv._ — Départ à 8 heures. Plateau de grès, où ne pousse qu’un peu de _had_. Nous descendons dans le lit de l’oued _Tireren_[106], aussi profond et plus large que l’oued Falezlez. En escaladant l’autre rive, nous trouvons le granite, et immédiatement après, une hamada de grès à gros éléments. Point d’eau depuis l’ouadi Falezlez.

_18 janv._ — J’apprends que l’esclave d’Ibrahim a déjà été plusieurs fois dans l’Adamaoua et est tellement enchanté de ce pays, qu’il le préfère même à Kano. Ses caravanes y vont perpétuellement ; la sécurité est complète.

Nous allons vers l’ouest, croisant les ouadis qui viennent tous du nord. Le basalte traverse le grès et est lui-même injecté de filons d’une roche granitoïde. Les filons de quartz abondent partout où affleure le granite.

_19 janv._ — Nous marchons vers le sud entre de hautes croupes de granite ; à 11 heures, j’observe des schistes micacés. Le pays reste entièrement dénué de plantes. Nous croisons l’oued Touffok et faisons halte sur l’autre rive. Asiou[107] se trouve, me dit-on, à 5 jours de marche dans l’ouest. Les montagnes que nous avons franchies hier s’appellent Ereren. L’ouadi Touffok se prolonge dans le pays des Tibbous et des Aouélimiden[108].

_20 janv._ — Les montagnes sont devenues plus hautes et l’ouadi forme un gorge étroite, où les arbres sont nombreux. A 10 heures et demie nous voyons pour la première fois un arbre aux fortes branches hérissées d’épines, que les Touareg appellent _ebora_[109] et les Haoussa _adoua_. Ces vallées sont pleines de verdure ; les _talha_[110] sont aussi bien plus hauts et plus beaux. Nous faisons halte dans le large lit de l’ouadi Arokam.

_21 janv._ — Nous suivons le cours de l’oued. On coupe ici de l’herbe, car pendant plusieurs jours il n’y aura pas de fourrage pour les chameaux. Nous sommes rejoints par une caravane de Ghât.

_22 janv._ — Nous passons la journée dans l’ouadi Arokam, pour laisser paître les chameaux. On confirme la nouvelle que les Hoggar ont surpris une caravane près de Tadent[111] et l’ont entièrement dépouillée. C’est cette caravane des serfs Ihadanaren conduits par Ouinsig, avec laquelle je devais partir.

Je suis allé ce matin à la chasse aux gazelles, mais je n’ai vu que de nombreuses traces dans le sable. Les ouadis des environs sont riches en tamarix _éthel_, _ana_, _toullout_[112], _oum-el-leben_, _tanedfert_, _talha_, etc. Point de plante nouvelle. Partout du granite, souvent des schistes à hornblende (?). J’emporte des échantillons de cette roche cristalline de couleur noire. Nous nous préparons à de nouvelles fatigues. Ma provision de lait est malheureusement épuisée, et je n’ai pas davantage de viande. J’en suis réduit à la _mohana_ pour toute nourriture.

_23 janv._ — L’eau était de nouveau gelée ce matin. Nous partons à 7 heures et demie ; tous les chameaux portent des bottes de fourrage en sus de leur charge ordinaire. L’un d’eux ne peut plus marcher, et est tué sur place ; chacun accourt pour emporter un peu de viande. Nous traversons en biais le lit de l’ouadi Arokam, qui se prolonge vers le sud. Beaucoup d’herbe dite _ameo_[113] ; cette espèce constitue souvent à elle seule la végétation des oueds de la contrée. Nous dépassons des collines de granite ; beaucoup de traces d’antilopes.

A 10 heures un quart nous aboutissons par un terrain accidenté à un gorge profonde, qui nous mène à l’ouadi Tadonet. Nous sommes ici plus bas que nous n’avons jamais été ; nous voyons reparaître dans cette gorge les schistes à hornblende, au milieu du granite.

Nous débouchons dans la belle vallée d’un ouadi, que nous remontons à droite ; elle est littéralement semée d’_ana_[114] qui atteignent ici les dimensions d’un arbre, et de grands _talha_ qui rappellent les chênes, lorsqu’ils sont devenus de taille respectable. C’est la première fois que je rencontre des buissons d’_ana_ en aussi grand nombre.

A midi nous faisons halte dans une gorge latérale. Dans le voisinage campe une petite caravane, qui vient également de Ghât. On se précipite avec les chameaux vers le puits, qui est assez éloigné du campement pour que je n’aie pu aller le voir. Le soir nos gens reviennent avec très peu d’eau, si bien qu’il nous faudra demain aller à la recherche d’un autre puits.

_24 janv._ — On n’a pu recueillir hier que six outres d’eau ; cela tient à ce qu’il a plu très peu l’année dernière. Nous quittons donc l’oued Tadonet, et une heure après nous sommes sur le plateau couvert à perte de vue de monticules de granite. Je remarque ici par exception des _cassia odorata_[115].

Nous voici en face d’un faîte de granite dont la crête dentelée émerge d’un amas d’éboulis. Cette disposition est fréquente. Nous redescendons l’autre versant dans la direction du sud. Nous faisons halte dans un oued. Un puits du nom de Katelet est dans le voisinage.

J’ai noté du granite à gros cristaux de feldspath, de l’amphibole et des schistes amphiboliques. Le pays est d’une nudité effrayante.

_25 janv._ — Repos. Il a fallu creuser pour trouver de l’eau. J’ai revu ici ce petit vautour à pennes noires, _Neophron perenopterus_, que j’avais aperçu pour la première fois dans l’ouadi Touffok.

Je suis allé sans succès à la chasse aux gazelles ; partout le même paysage désolé de montagnes de granite à demi-ensevelies dans le sable. Ce sont généralement de longues croupes orientées N.W.-S.E., ou N.-S., et dont les flancs sont couverts d’un manteau de débris. La flore se réduit à quelques gommiers rachitiques ; pas un brin d’herbe ne croît ici.

_26 janv._ — Nous quittons enfin cette morne vallée de Katelet, après nous être bien pourvus d’eau, car les Kel-Ouï nous annoncent qu’on n’en verra pas une goutte d’ici sept jours. Nous descendons un ouadi dont les berges érodées laissent voir admirablement la structure des roches. Le granite forme ici des filons au milieu du gneiss, qui se désagrège comme du bois pourri ; en descendant l’oued, je rencontre dans ce gneiss un filon de basalte noir de 2 pieds d’épaisseur. On voit aussi des roches à hornblende avec injections de granite.

Nous voici de nouveau dans une plaine couverte de blocs de basalte, comme la région de l’oued Falezlez : on dirait qu’une zone de basaltes entoure le massif de granite. Des felso-porphyres à cristaux de feldspath rouges forment un amas de blocs arrondis, fortement désagrégés par l’atmosphère. Partout leur partie inférieure porte la marque du sable, charrié par le vent. Quelques-uns de ces blocs s’écaillent, et de grosses boules tombent de leurs alvéoles de pierre, qui semblent au premier abord des excavations faites de main d’homme.

Il y a dans la caravane deux esclaves noirs, l’un au service du marchand Ibrahim, l’autre de Bilkhou, qui connaissent l’Adamaoua, où ils ont coutume d’aller faire des achats de noirs. On les paye avec des _tobés_, au taux de deux ou trois par tête d’esclave. Ngaoundéré paraît être le marché principal. On me parle aussi beaucoup de Kontcha.

Vu des _Oum-el-leben_[116] en fleur. L’eau a encore gelé cette nuit.

_27 janv._ — Nous partons à 8 heures, tout grelottants de froid. Devant nous, trois cimes qu’on appelle Tinkeradès. Nous passons au milieu d’elles et campons dans une morne plaine de sable. Depuis que nous sommes sortis des montagnes, les basaltes dominent de nouveau.

_28 janv._ — Départ à 8 heures et quart. Des filons de basalte noir traversent le granite[117], tandis que le basalte gris est au contraire injecté de granite. Nous dépassons à notre droite une coupole granitique surmontée d’une haute pyramide de pierres : c’est le Tignoutine.

Plusieurs vautours suivent notre caravane, guettant le chameau qui tombera de fatigue. Nous en avons déjà abandonné plusieurs.

_29 janv._ — Journée glaciale ; le vent du nord souffle sans discontinuer. Les granites et les felso-porphyres alternent, ces derniers présentent des inclusions de roche grise.

_30 janv._ — J’aperçois, pour la première fois, des gommiers dans un ouadi sablonneux. On l’appelle ouadi Nkerat, il s’y trouve trois puits à sec.

Nous approchons d’un plateau formé des mêmes grès que le Tasili du Nord ; je revois également çà et là les schistes observés dans la plaine de Tayta.

_31 janv._ — Départ à 8 heures. Nous n’avons plus autour de nous que la homada de grès sombre, qui s’élève à mesure que nous avançons vers le sud. Nos chameaux sont exténués.

Vers le soir, nous croisons l’oued Immider qui va dans la direction de l’ouest et que nous descendons pendant une demi-heure, afin de trouver au moins un peu de fourrage pour nos bêtes affamées. Cet oued est le premier qui fasse partie de l’Aïr[118].

_1er fév._ — Nous montons toujours. A 10 heures, arrivée au puits de Tadera, dont l’eau salée n’en paraît pas moins délicieuse pour notre soif. Nous remplissons nos outres pour la première fois avec de l’eau de l’Aïr. On dit que ce puits ne tarit jamais. Le granite réapparaît à 8 heures, nous campons dans l’ouadi Zibel, où nos chameaux trouvent de l’herbe en quantité. Riche végétation de gommiers et d’_adjar_[119].

_2 fév._ — Jour de repos. J’ai une si forte envie de viande, que je tire deux petits oiseaux au plumage jaune et gris, nommés _keroukerou_. Mon serviteur m’en fait un bon potage.

_3 fév._ — Nous marchons dans l’ouadi. A 9 h. 1/2, halte près de l’ouadi Tiout[120] ; nous puisons de l’eau douce pour la première fois. Les _Maerua rigida_ et les gommiers dominent : les premiers sont en fleur.

_4 fév._ — Départ à 8 heures, les gommiers atteignent ici des dimensions extraordinaires. Je note en fait d’autres plantes : de l’_alouad_[121] en fleur, formant des touffes vertes de 2 à 3 pieds de hauteur, très recherchées des chameaux ; du _sbot_ en quantité[122].

Nous ne cessons de cheminer entre des montagnes de granite ; des cimes magnifiques se montrent à l’horizon ; la route monte toujours.

A 5 heures, nous campons dans un oued très vert, où se voient des traces de moutons. Il semble que des hommes soient dans le voisinage. Le nom de cet oued est Zerzou.

_5 fév._ — Nous quittons l’oued Zerzou à 8 heures, pour marcher vers le sud. Halte entre deux collines de granite nommées _Tchikedouen-ourach_ ou « montagnes de l’Or ».

_6 fév._ — Nous rencontrons un troupeau de chèvres, mais les jeunes filles qui le conduisent ne veulent rien nous vendre. Nous avons devant nous une véritable chaîne de montagnes, et deux fois déjà pour les éviter, nous avons dû faire un détour dans l’ouest. Je note des quartzites au voisinage de notre camp.

_7 fév._ — Nous faisons route au sud. A 4 heures, nous campons sur le versant occidental de la chaîne de montagnes. Demain nous serons dans la zone habitée de l’Aïr !

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