CHAPITRE V. — Au pays d’Aïr 111
APPENDICE I. — Note géologique 197
— II. — Du caractère désertique de l’Aïr. 201
— III. — Registre météorologique 211
INDEX BOTANIQUE ET ZOOLOGIQUE 217
INDEX DES NOMS PROPRES 219
* * * * * Lyon. — Imp. PITRAT AINÉ, A. REY Succ., 4, rue Gentil. — 17697
NOTES :
[Note 1 : Publié en 1880 dans le même recueil, t. XV.]
[Note 2 : Voir Alf. de Bary, _Notice généalogique et historique sur la famille de Bary_, in-8, Colmar, 1877.]
[Note 3 : Je dois à une lettre de M. Arthur de Bary, consul général d’Allemagne à Tunis, les détails qui précèdent sur la carrière de son frère, antérieure à son exploration. Je le prie d’agréer l’expression de ma gratitude pour l’obligeance qu’il a mise à me communiquer ces renseignements.]
[Note 4 : Tounine est un village touareg, de fondation récente (Duveyrier), situé au voisinage de Ghât. Sur sa population, voir plus loin p. 24.]
[Note 5 : C’était le fils cadet d’un riche marchand du Touât et de la sœur du dernier Sultan berbère de Ghât. Il avait forcé son frère aîné, l’héritier légitime, à lui céder le commandement de la ville, et il travaillait en 1861 à la livrer aux Turcs pour consolider son usurpation. Il était naturellement le chef du parti antifrançais. (Duveyrier, _les Touareg du Nord_, p. 273.)]
[Note 6 : Deux mois plus tard, de Bary était bien revenu de son impression première. Voir plus loin ce qu’il dit de la faiblesse de l’autorité turque.]
[Note 7 : Richardson (_Travels in the Great Sahara_, Londres, 1848, t. I) nous a laissé un tableau très vivant de la vie de Ghât à cette époque.]
[Note 8 : Cette mesure a été la source d’interminables différends entre les Touareg et les Turcs, et les premiers ont fini par avoir gain de cause. En 1894, les Touareg disaient à M. Foureau : « Nous avons combattu parce que les Turcs avaient la prétention de nous empêcher d’entrer dans la ville en armes, et nous avons été vainqueurs. Nous le serions encore, le cas échéant. » (Foureau, _Ma mission au Sahara_, 1893-1894, p. 214.)]
[Note 9 : Il s’agit du thaler Marie-Thérèse, autrefois seule monnaie ayant cours au Soudan. Depuis l’occupation de Tombouctou, il cède la place à notre pièce de cinq francs.]
[Note 10 : Le commandant Mircher avait déjà publié la même information (_Mission de Ghadamès_ p. 52).]
[Note 11 : Les Kel-Ouï sont maîtres de couper tout commerce entre Ghadamès Ghât et le Sokoto, en interdisant le passage par leur oasis de l’Aïr. De là ce privilège dont ils jouissent à Ghât.]
[Note 12 : Cette prévision ne s’est pas réalisée. Aujourd’hui encore, les Touareg ne paient aucun impôt.]
[Note 13 : Ici, de Bary a pris au pied de la lettre ce qui n’était sans doute de la part des Azdjer qu’une simple bravade. Jamais, dans la suite, Ahitaghel ne les a réunis sous son commandement.]
[Note 14 : C’est le nom d’une famille de chefs politiques et religieux, qui, il y a deux siècles, régnaient en rois féodaux sur les Touareg Azdjer et les Touareg Hoggar. Détrônés par les Oraghen (la tribu d’Ikhenoukhen), les Imanan ne forment plus aujourd’hui que la moindre des tribus nobles azdjer. Déjà du temps de Duveyrier, cette famille ne comptait plus que cinq représentants mâles. (_Les Touareg du Nord_, p. 346.)]
[Note 15 : Ceci n’est pas tout à fait exact. Dournaux-Dupéré et Joubert avaient déjà dépassé la hamada de Tinghert ; ils furent tués au sud de l’oued Ohanet, sur la route suivie autrefois par Duveyrier, au moment de pénétrer dans la région des dunes d’Edeyen. Voir notamment la version plus exacte, donnée par le P. Richard, Voyage chez les Touareg Azgueurs (_les Missions catholiques_, janvier, juillet 1881, t. XIII, p. 161).]
[Note 16 : D’après le P. Richard, les assaillants étaient des Chambba dissidents. En tout cas, la complicité des guides ifoghas reste nettement établie : « les trois Ifoghas, dit le P. Richard, font demi-tour avec tous les chameaux et se mettent à distance, laissant les deux chrétiens seuls avec le razzi de Bou-Saïd. Dournaux-Dupéré et Joubert sont immédiatement saisis... Ifoghas et Chambba se rapprochent alors, et le partage du butin s’opère immédiatement. »]
[Note 17 : L’auteur fait allusion à la situation politique exposée par Dournaux-Dupéré (Lettre à H. Duveyrier, _Bull. de la Soc. de géogr. de Paris_, 1874, II, p. 161). Les Ifoghas s’étaient pour la plupart alliés à la tribu des Imanghasaten alors en guerre avec Ikhenoukhen. Khetama était le chef Imanghasaten, ennemi d’Ikhenoukhen, qui, après avoir vainement essayé de s’imposer à Dournaux-Dupéré comme protecteur et de le détourner de sa route, l’avait quitté en proférant des menaces. En somme, la version touareg confirme les déductions de Duveyrier en 1894 : Dournaux-Dupéré est mort victime de la jalousie d’ennemis d’Ikhenoukhen, à qui était réservé le bénéfice éventuel du passage de la caravane française.]
[Note 18 : Voir plus loin sur ce personnage, p. 26, 28 et 30.]
[Note 19 : En 1890, M. Foureau évaluait la force des Hoggar à 1200 hommes (_Une Mission au Tademayt_, p. 92).]
[Note 20 : Cette influence des chérifs du Touât se fait encore sentir chez les Azdjer. « Ces marabouts, écrivait M. Foureau en 1894, sont plus ou moins lettrés, et le plus souvent fort intelligents ; ils sont les secrétaires et les conseils des chefs ; ils ne perdent aucune occasion de réchauffer le fanatisme endormi des Touareg, en leur prêchant la haine de l’infidèle en général et du chrétien en particulier. Ce sont pour la plupart des émissaires secrets du gouvernement du Maroc, qui depuis quelque temps est en correspondance constante et directe avec les chefs des Ahaggar, et même avec ceux des autres fractions. » (_Mission chez les Touareg, d’octobre 1894 à mai 1895_, p. 162).]
[Note 21 : C’est la latitude la plus méridionale sous laquelle ces arbres aient été signalés au Sahara.]
[Note 22 : D’après Ascherson, ce nom désigne la _Calotropis Procera_ R. Br., appelée aussi _toreha_ par les Touareg, asclépiadée caractéristique du Soudan septentrional, et qu’on retrouve au Sahara jusqu’au Mzab et jusqu’à Tripoli (_Pflanzen des mittlern Nord-Afrika_, dans Rohlfs, _Kufra_, p. 483).]
[Note 23 : Il y a là sans aucun doute une erreur de transcription ; le journal de route ayant été écrit primitivement en sténographie. Erwin de Bary fait évidemment allusion à une espèce connue. D’après M. Locard, à qui nous avons soumis le cas, ce ne peut être que la _Melania tuberculata_ Müller, qui est répandue dans toute l’Asie méridionale et dans l’Afrique méditerranéenne depuis l’Egypte jusqu’au Maroc. Au Sahara, elle avait été signalée jusqu’ici par Duveyrier dans l’oasis de Mraïer près Touggourt, et par le Dr Marès à Ngouça (Bourguignat, _Malacologie de l’Algérie_, II, p. 253). La correction de M. Locard paraît d’autant plus justifiée, que M. Foureau vient de trouver dans l’Erg d’Issaouan, au nord-ouest de Ghât, les dunes et les dépôts quaternaires récents jonchés de coquilles subfossiles de _Melania tuberculata_ associées à des _Planorbis_, _Limnea_, _Physa_, _Corbicula fluminalis_ et _Succinea_ (_Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894_, p. 159, 156, 153, 67, etc.). Ces constatations, ainsi que celles toutes semblables faites par M. Foureau dans la région de Timassinine et de l’Erg de Constantine et par M. Flamand dans l’Erg oranais, sont une preuve de plus à l’encontre de l’hypothèse de la mer saharienne quaternaire et donnent à l’observation d’Erwin de Bary sa véritable portée. Elle indiquerait la survivance, au Sahara central, de représentants d’une faune d’eau douce quaternaire, qui grâce au régime éminemment aquatique d’une partie de cette période, se serait étendue de l’Atlas jusqu’au Tasili, et peut-être jusque dans le Sahara méridional.]
[Note 24 : Ce chiffre ne cadre pas tout à fait avec celui de soixante-seize ans que Duveyrier attribuait à l’émir en 1861. On conçoit qu’il soit difficile d’être fixé sur l’âge exact de ces nomades.]
[Note 25 : Voir plus loin, p. 28.]
[Note 26 : Ce renseignement concorde avec ceux de Barth.]
[Note 27 : Beyrich en avait déjà signalé parmi les fossiles recueillis par Overweg, entre Mourzouk et Ghât (_Zeitsch. deutsch. Geol. Gesellsch._, IV, 1852). Plus au nord, M. Foureau a trouvé des tiges de crinoïdes en grand nombre dans la région des dunes d’Issaouan et du plateau d’Eguélé, entre 27 et 28 degrés de lat. Nord (_Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894_, p. 233 et suiv.).]
[Note 28 : Montagne de l’Ahaggar, située au nord du Tifedest, sur l’Igharghar supérieur (carte Duveyrier).]
[Note 29 : C’est le cas de presque toutes les oasis bien arrosées. Nous avons résumé ailleurs ce qu’on sait des conditions sanitaires du Sahara (_le Sahara_, Paris, 1893, ch. XIII).]
[Note 30 : Voir plus loin, sur l’identité de ce personnage, p. 30.]
[Note 31 : Le marchand tripolitain qui avait amené de Bary à Ghât.]
[Note 32 : Duveyrier donne une version légèrement différente. D’après son informateur, Ghât aurait été fondée, il y a quatre ou cinq siècles, par les Ihadjenen, avec le concours des Kel-Rhapsa, des Kel-Tarat, des Kel-Telak et des Ibakammazen (_les Touareg du Nord_, p. 267).]
[Note 33 : Ce nom de Kel-Rhapsa (gens de Rapsa) a été mis en relation par Duveyrier avec l’oppidum de Rapsa cité par Pline, parmi les villes sahariennes dont le général Cornelius Balbus triompha. Nous pouvons signaler à l’appui de cette hypothèse une coïncidence bizarre. On lit dans le dictionnaire d’Étienne de Byzance : « Istos, île de la Libye, que les Grecs appellent Oudenoé, et les Phéniciens Kella-Raphsat. » Cette île d’Istos n’a jamais pu être retrouvée sur les côtes d’Afrique, et aucun commentateur n’a pu expliquer ce nom de Kella-Raphsat, qui n’a rien de commun avec la langue des Phéniciens. Il est certain qu’on se trouve en présence d’une information de source lointaine, inexactement rapportée : ce nom de Kella-Raphsat est le nom ethnique d’une tribu berbère, et le mot νῆσος s’applique non à une île, mais à une oasis de Sahara.]
[Note 34 : Il s’agit de la caravane de M. Largeau.]
[Note 35 : Allusion à l’enquête faite par Nachtigal à Mourzouk après le meurtre de Mlle Tinné, et qui attribuait au chef de l’escorte touareg le nom de Hadj-ech-Cheikh. Voir aussi Duveyrier, l’Afrique nécrologique (_Bull. Soc. géogr. de Paris_, VIII, 1874). En réalité, ce personnage, proche parent d’Ikhenoukhen, s’appelait Ech-Cheïkh-bou-Bekr ou Eg-Bekr (_Eg_ signifie _fils de_ en targui, comme _bou_ en arabe) ; mais on l’appelait souvent à Ghât ech-Cheïkh, « le cheikh » tout court. Erwin de Bary, qui a eu affaire à lui, emploie indifféremment l’un ou l’autre de ces termes.]
[Note 36 : Voir plus haut, p. 20.]
[Note 37 : Chez les Musulmans soupçonneux du Tafilelt, Rohlfs n’échappa point à une semblable visite, et ne dut la vie qu’aux traces d’une opération qu’il avait subie jadis.]
[Note 38 : Célèbre théologien du IXe siècle, dont le recueil de sentences est très connu dans le monde musulman.]
[Note 39 : Il s’agit de Tibbous croisés de nègres, comme ceux de l’oasis de Kaouar.]
[Note 40 : Autre chef des Imanghasaten. Lors des derniers voyages de M. Foureau, il a été un des chefs hostiles qui n’ont voulu avoir aucun rapport avec l’explorateur français. Dans une lettre écrite à Adjiro (Aïr), Erwin de Bary a fait de lui le portrait suivant, qu’il n’est pas sans intérêt de reproduire : « C’est le type du noble targui. Très blanc de teint, doué d’une vigueur exceptionnelle, il a une voix retentissante, dont la basse profonde, même dans la conversation, me frappait d’étonnement. A la moindre émotion, ses yeux noirs s’allument, et l’on devine un nez en bec d’aigle sous son litham. Il est violent et susceptible, de sorte qu’il n’est pas commode de traiter avec lui. Othman me disait d’ailleurs : Oufenaït a l’extérieur d’un lion, mais le cœur d’un enfant. — Ce qui veut dire : ménage son orgueil et son ambition, et tu auras bon marché de lui. J’ai vu plus tard qu’Othman avait raison. »]
[Note 41 : Droit de passage.]
[Note 42 : On était en 1876. C’est un exemple assurément peu ordinaire, que celui de ce vieux chef de nomades, qui du fond de son Sahara, se tenait si bien au courant de la situation de l’Europe, et « parlait beaucoup » des Français, lui qui depuis quinze ans n’en avait pas revu un seul ! Il est certain que Duveyrier, avec ses manières généreuses et chevaleresques, avait produit sur l’émir une impression profonde, et quelles que soient les preuves de duplicité que nous aient données les Touareg, nous n’avons pas de raison de croire qu’Ikhenoukhen ne nous soit pas resté fidèle jusqu’à la fin. Son intérêt nous répondait d’ailleurs de la sincérité de ses sentiments, puisque les taxes payées par les caravanes françaises devaient, d’après le traité de Ghadamès, ne profiter qu’à lui seul. Ainsi s’explique aussi son attitude presque hostile vis-à-vis d’Erwin de Bary, qui tout en se présentant comme médecin musulman, était le protégé des Imanghasaten. Malheureusement, l’autorité d’Ikhenoukhen n’était plus acceptée sans conteste, les Imanghasaten et les Ifoghas étaient en état de rébellion ouverte, et Dournaux-Dupéré était mort victime de ces rivalités des tribus azdjer.]
[Note 43 : Plante non déterminée.]
[Note 44 : Plus d’un voyageur européen s’en est aperçu. Ce sont des Imrhad qui en 1894 ont menacé par exemple la mission d’Attanoux et l’ont mise un instant dans une position critique.]
[Note 45 : Il y a encore une autre raison : comme le remarque M. Foureau, les nobles prennent chez les Imrhad ce qu’ils trouvent à leur convenance, et ceux-ci se dédommagent sur le passant (_Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894_, p. 261).]
[Note 46 : Voir Duveyrier, _les Touareg du Nord_, p. 165.]
[Note 47 : En Arabe _Chabrek_ ou _Chobrom_, en Touareg _afetazzene_ (Foureau, _Essai de catalogue des noms arabes ou berbères_, etc., p. 13). C’est le point le plus méridional où cette crucifère ait été observée jusqu’ici.]
[Note 48 : _Atriplex halimus_. Cette salsolacée est très recherchée des chameaux.]
[Note 49 : Ils sont généralement en peau d’antilope, et viennent pour la plupart de l’Aïr.]
[Note 50 : Tous les Touareg ne se coiffent pas de la même façon. De Bary signale plus loin une ancienne coutume qui a persisté chez les Kel-Fadé de l’Aïr et chez une partie des Ifoghas du Sahara méridional.]
[Note 51 : Déjà Duveyrier avait signalé l’identité probable de l’oléandre avec l’arbuste appelé _elel_ par les Touareg (p. 212). L’observation d’Erwin de Bary confirme l’existence, dans les hautes parties du pays Touareg, d’une petite flore méditerranéenne qui comprend sans doute le myrte et le thuya.]
[Note 52 : Ici le rapport donne une série d’indications topographiques pour la construction de l’itinéraire.]
[Note 53 : Il prend ici le nom d’oued Tafelamine.]
[Note 54 : Ascherson a identifié l’_Ana_ avec la _Leptadenia pyrotechnica_ (Asclépiadées). (_Pflanzen des mittlern Nord-Afrika_, dans Rohlfs, _Kufra_, p. 484).]
[Note 55 : Voir plus loin, p. 63.]
[Note 56 : Plante non déterminée.]
[Note 57 : Voir dans F. Foureau, _Rapport sur ma mission au Sahara 1893-1894_, p. 133, le tableau de la partie inférieure de l’oued Mihero. Les deux descriptions se complètent très bien.]
[Note 58 : « La paix ! la paix ! »]
[Note 59 : Tuer une femme serait une ignominie pour les Touareg, et les Hoggar eux-mêmes ne l’oseraient pas. C’est ce qui explique que le berger ait envoyé sa femme en se mettant lui-même à l’abri.]
[Note 60 : M. Foureau a trouvé des flaques d’eau jusque dans l’oued Mihero inférieur. Après la pluie, l’oued est, dit-on, impraticable. (Ouv. cité, p. 130.)]
[Note 61 : Erwin de Bary ayant étudié les sciences naturelles, on peut considérer l’observation comme acquise. L’oued Mihero est jusqu’ici le seul point où la survivance du crocodile ait été signalée dans l’immense espace qui sépare le Nil du coude du Niger. On sait qu’il a disparu également des pays de l’Atlas.]
[Note 62 : Depuis cette époque, un seul Européen a revu l’oued Mihero : c’est M. Fernand Foureau. Il fut malheureusement arrêté dans sa marche, à deux jours au nord des _Sebarbarh_, par un Targui fanatique, propriétaire du pâturage, qui lui interdit d’aller plus loin. (_Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894_, p. 134).]
[Note 63 : Il ne faudrait pas cependant inférer de ces expressions admiratives que ces oueds touareg soient des terrains de colonisation qui fourniraient à nos colons de vastes étendues cultivables. Au Sahara tout est relatif, et les oueds du Tasili, balayés de temps à autre par une crue torrentielle, qui les rend impraticables, constituent de bien piètres et bien insignifiantes parcelles cultivables au milieu de l’immensité du désert stérile et inabordable. Comme on l’a dit, ce sont des contrées « que l’on peut traverser, mais non pas mettre en valeur ». (Foureau, _Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894_, p. 13)]
[Note 64 : Plante non déterminée. Ce nom ne figure pas dans le _Catalogue des noms arabes et berbères relatifs_ à la flore saharienne publié récemment par M. Foureau.]
[Note 65 : Il ne faut pas s’étonner de cette épithète appliquée à des Touareg de la classe des nobles. Chez les Azdjer, il y a extrêmement peu de riches parmi les nobles ; ce sont les Imrhad (vassaux) qui possèdent. (Foureau, _Mission chez les Touareg, 1894-1895_, p. 74.)]
[Note 66 : On sait que les Touareg Taïtoq (ou Touareg de l’Ahenet) faits prisonniers en 1888 ont prétendu faire partie d’une confédération indépendante des Hoggar, mais que leur sincérité pouvait être mise en doute (voir Bissuel, _les Touareg de l’Ouest_, Alger, 1888). Ceci prouve, en tout cas, qu’en 1876 les Taïtoq comptaient encore parmi les Hoggar.]
[Note 67 : Tribu azdjer.]
[Note 68 : C’était, en réalité, un marabout de l’Aïr, nommé Toufik, et dont il sera question plus loin.]
[Note 69 : Ceci paraît une vanterie, à en juger par ce qui s’est passé plus tard. En 1894, un rhezi de 70 Tibbou « a pénétré dans le village de Taderamt, à 800 mètres de Ghât, y a tué trois hommes ; puis a volé une cinquantaine de chameaux à une caravane campée sous les murs de la ville, et est reparti tranquillement sans que la garnison turque ait même fait mine de se montrer ; il paraît, du reste, que cette garnison agit toujours ainsi. » (Foureau, _Mission chez les Touareg, 1894-1895_, p. 76.)]
[Note 70 : Celle des Megarha de l’oued Châti, qui infligèrent aux Hoggar une défaite sensible près du mont Tifedest.]
[Note 71 : Il y avait là, en effet, une indication précieuse, dont le colonel Flatters eût pu faire son profit. Le commandant Bernard, membre de la première mission Flatters, recommande également l’adjonction d’une trentaine de chevaux comme une des mesures les plus efficaces pour assurer le succès d’une mission transsaharienne (_Deux Missions françaises chez les Touareg_, Alger, 1896, p. 327). Il ne faut pas oublier que les chameaux touareg n’étant pas habitués aux chevaux manifestent à leur vue la plus grande terreur.]
[Note 72 : Les Kel-Ouï de l’Aïr sont des Touareg de teint très foncé par suite de leurs nombreuses unions avec des femmes nègres.]
[Note 73 : Cette offre curieuse montre bien à quel genre d’opposition la pénétration française s’est heurtée chez certaines tribus azdjer. C’était avant tout le dépit de voir une source de revenus nouvelle venir augmenter la force du chef d’un parti rival. La convention de Ghadamès avait fait des jaloux. Les Imanghasaten, antifrançais farouches, seraient devenus maniables s’ils avaient eu l’espoir d’avoir pour eux les droits de passe réservés à l’émir.]
[Note 74 : 500 francs. C’est la somme qu’ont payée Duveyrier et M. Foureau.]
[Note 75 : Chef de la zaouïa de Tounine. Ne pas confondre ce personnage avec le chérif arabe Moulay-el-Mahadi, marabout des Tidjaniya, à qui M. Foureau a eu affaire en 1895, et qui s’est montré fort bien disposé pour lui.]
[Note 76 : Abd el-Kader-Ould-Badjouda était chef de la tribu arabe des Ouled-ba-Hammou. Tant qu’il a vécu, il a été l’ennemi de l’influence française. Son fils a hérité de sa haine.]
[Note 77 : Dournaux-Dupéré et Joubert. E. de Bary a écrit plus tard : « Comme je l’ai appris de source certaine, chacun savait à Ghadamès que ces voyageurs allaient à la mort. Aucun de ces marchands jaloux de leur monopole n’eut l’idée de les avertir. En général, les Français doivent bien se persuader qu’ils n’ont pas, dans leurs tentatives commerciales, d’adversaires plus acharnés que ces Ghadamésiens faux et polis. Tous les efforts faits de ce côté échoueront tant que la France n’aura pas recours à des mesures plus énergiques. » (Lettre du 1er avril 1877, _Verhandlungen_ de la Soc. de géogr. de Berlin, 1877, p. 248).]
[Note 78 : Il est bien plus probable que le marabout n’a pas voulu le renseigner sur ce point. Il est extrêmement difficile d’obtenir des détails sur l’extension réelle des diverses associations religieuses ; comme on verra plus loin, les amis touareg d’Erwin de Bary se sont dérobés, lorsqu’il leur a demandé de lui servir de parrains pour s’affilier à deux de ces confréries.]
[Note 79 : Cette seconde supposition est invraisemblable. Bien des musulmans sont affiliés simultanément à plusieurs confréries.]
[Note 80 : Infidèle.]
[Note 81 : Les esprits.]
[Note 82 : On ne saurait s’en étonner. Les musulmans instruits se défient au Sahara des Européens convertis, et E. de Bary ne tenait nul compte de ce sentiment.]
[Note 83 : Oasis de l’Adrar méridional.]
[Note 84 : Barth (_Reisen_, I, p. 524, 542) a indiqué, d’après les renseignements fournis par les Kel-Ouï, les étapes de la route des pèlerins dans le Sahara méridional.]
[Note 85 : Les Tagama de Barth.]
[Note 86 : Chacun de ces oueds a son propriétaire qui ne laisse pâturer les chameaux des autres qu’en échange d’une redevance, et exige même un droit du voyageur qui ne fait que passer sur son terrain. C’est en vertu de ce droit de propriétaire qu’en 1894 le cheikh Mohammed a intimé à M. Foureau l’ordre de quitter l’oued Mihero, malgré la présence d’un envoyé du chef suprême des Azdjer.]
[Note 87 : Nom inconnu. N’y a-t-il pas erreur de transcription ?]
[Note 88 : L’émir des Hoggar.]
[Note 89 : Ce récit n’est jamais parvenu en Europe.]
[Note 90 : On peut se demander si cet incident n’a pas coûté la vie au voyageur.]
[Note 91 : Tribu de la confédération des Azdjer, campée d’ordinaire dans la plaine d’Admar. Duveyrier en fait un portrait des moins favorables.]
[Note 92 : Tous les voyageurs qui ont été en contact avec les Touareg ont eu à faire la même expérience. « Les Touareg, dit M. Foureau, sont avant tout mendiants, depuis les chefs jusqu’au dernier des esclaves ; tous viennent demander au passant de l’argent, des cadeaux et de la nourriture. C’est une véritable plaie, et nul ne peut se soustraire à cette déplorable coutume qui consiste à se faire donner du matin au soir, et à faire fournir par le voyageur la nourriture à tous les visiteurs. Les principales excuses à ce défaut sont : la pauvreté du pays, leur misère et la difficulté de se procurer du gain, l’habitude séculaire du pillage. Leurs instincts mendiants découlent aussi un peu de leur organisation. Il y a chez eux trois classes : les nobles, peu nombreux, les serfs et les nègres. Les nobles sont habitués à prendre chez les seconds, qui sont leurs vassaux, tout ce qui peut leur convenir ; ceux-ci rendent la pareille aux passants, quand les nobles ont d’abord exigé les droits d’usage. » (F. Foureau, _Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894_, Paris, 1894, p. 210.)]
[Note 93 : Nom probablement mal transcrit.]
[Note 94 : Par suite de leurs fréquentes unions avec des femmes achetées au Soudan, les Kel-Ouï parlent la langue haoussa aussi couramment que leur propre dialecte berbère. Ce dialecte est d’ailleurs mélangé d’une foule d’expressions haoussa. (Barth, _Reisen und Entdeckungen in Nord- und Central-Afrika_, I, p. 374).]
[Note 95 : Ceci dénote l’inexpérience d’Erwin de Bary. S’il avait eu sous la main l’ouvrage de Barth, par exemple, il aurait vu que ce taux qui lui paraissait exorbitant ne représentait même pas le bénéfice ordinaire que le négociant transsaharien retire de la vente de ses marchandises. Les risques étant très forts et les pertes nombreuses, il faut que le taux des bénéfices s’élève en proportion.]
[Note 96 : Il faut se rappeler qu’en cette saison les nuits du Sahara sont souvent très froides.]
[Note 97 : Il ne semble pas que cette caisse soit parvenue à destination. On en est ainsi réduit à la note géologique sommaire qu’on trouvera à la fin de ce volume.]
[Note 98 : Il y avait là, évidemment, une extorsion concertée. La caravane étant allée, selon l’usage, camper la veille de son départ loin de la ville, il fallait à tout prix la rejoindre avec les bagages le même soir.]
[Note 99 : Voir, pour cette partie du voyage, les feuilles 12 (Mourzouk) et 19 (Agadez) de la carte d’Afrique au 1/2.000.000 de M. de Lannoy de Bissy.]
[Note 100 : Erwin de Bary avait observé en dessous des couches de grès brun qui forment les terrasses supérieures du plateau de Tayta, au nord-est de Ghât, des affleurements de couches également horizontales de marnes et schistes argileux en feuillets très minces, de couleur jaune clair, rouge, brune ou grise, alternant avec des calcaires gris (_Zeitschrift der Gesellsch. für Erdkunde in Berlin_, 1877, XII, p. 77-79).]
[Note 101 : Nous avons supprimé ici et dans les pages qui suivent une série de lectures de boussole et autres indications qui n’ont d’intérêt que pour la construction de l’itinéraire.]
[Note 102 : En arabe _cheggaa_, en touareg _djemda_. (Foureau, _Essai de catalogue des noms arabes et berbères_, etc., Paris, 1896, p. 12.)]
[Note 103 : _Cornulaca monacantha_ Del. C’est une des plantes favorites des chameaux.]
[Note 104 : Nom inconnu. Il faut sans doute lire Ghât.]
[Note 105 : Nous employons le terme aujourd’hui admis de _reg_, bien que de Bary n’en use pas lui-même (il dit _Kiesebene_), pour désigner cette forme particulière de terrain à surface plane et ferme, constituée par des graviers roulés plus ou moins gros, auxquels se mêlent parfois de petits débris de roche.]
[Note 106 : L’oued Tarhareben de la carte de Barth (_Reisen_, I, pl. 5).]
[Note 107 : Groupe de puits où bifurquent les routes de l’Aïr à Ghadamès et de l’Aïr au Touât.]
[Note 108 : Erwin de Bary se plaint plus haut de l’incohérence des renseignements fournis par les Kel-Ouï, en voici un exemple. On sait que le pays des Tibbous est à l’est de l’Aïr, et que celui des Aouélimiden à l’ouest du même pays.]
[Note 109 : Le vrai nom de cet arbre est _teborak_ (Foureau, _Catalogue des noms arabes et berbères_, etc., p. 42). C’est le _Balanites aegyptiaca_ Del., en arabe _hadjilidj_, arbre caractéristique du Soudan septentrional. Barth, dont l’itinéraire reste un peu plus à l’ouest, a signalé son apparition sous la même latitude (_Reisen_, I, p. 294).]
[Note 110 : Acacias gommiers.]
[Note 111 : Campement des Touareg Azdjer situé dans l’Anahef, sur une route plus occidentale (carte de Barth).]
[Note 112 : Drine des Arabes (_Arthratherum pungens_).]
[Note 113 : _Pulicaria undulata_ L. (Foureau, _Essai de catalogue des noms arabes_, etc., p. 5).]
[Note 114 : _Leptadenia pyrotechnica_ R. Br.]
[Note 115 : Ne s’agirait-il pas du séné, _Cassia obovata_, dont Barth a noté la limite nord sur sa carte, presque sous la même latitude ? C’est ce qu’il est difficile de dire, attendu que, comme l’a déjà remarqué Ascherson (_Pflanzen des mittlern Nord-Afrika_. p. 474), de Bary n’a nommé nulle part le séné, qui existe cependant dans l’Aïr.]
[Note 116 : _Euphorbia calyptrata_ Coss.]
[Note 117 : Le voyageur a évidemment confondu avec des basaltes des roches éruptives anciennes, telles que des porphyrites.]
[Note 118 : C’est-à-dire : c’est là que finissent les terrains de parcours des Touareg du Nord, et que commencent ceux des Touareg d’Aïr. Barth, qui a passé plus à l’ouest, place cette limite à Asiou, sous la même latitude. Quant aux districts habités, ils sont situés bien plus loin au sud.]
[Note 119 : D’après Duveyrier et le _Catalogue_ Foureau, ce nom s’applique tantôt au _Maerua rigida_ R. Br., observé par Duveyrier à Ouererat, au nord de Ghât, tantôt un arbre différent, encore indéterminé. Ascherson ne cite pas le _Maerua rigida_ parmi les espèces de l’Aïr déterminées avec certitude. Mais de Bary nomme le _Maerua rigida_ en toutes lettres, et comme il avait avec lui l’ouvrage de Duveyrier, qui en donne la description détaillée, il n’est guère admissible qu’il ait pu s’y tromper.]
[Note 120 : Ici l’itinéraire de de Bary rejoint celui de Barth.]
[Note 121 : Sans doute l’_alouet_ du catalogue Foureau. Désigne probablement la _Moricandia suffruticosa_ Coss., en arabe _foul-el-djemel_, signalée comme fréquente dans l’Ahaggar et très recherchée des chameaux (v. Duveyrier, _les Touareg du Nord_, p. 150).]
[Note 122 : Semble être une variété de l’_Arthratherum pungens_, le _drine_ du Sahara algérien (Foureau, _Catalogue des noms arabes et berbères_, etc., p. 36).]
[Note 123 : Cette plante est répandue dans toutes les oasis du Sahara, jusqu’en Tripolitaine, mais nulle part, sauf au Soudan, elle n’atteint pareille taille.]
[Note 124 : E. de Bary le nomme plus loin : c’est Iferouane.]
[Note 125 : La véritable dénomination est _Serki-n-touraoua_, ce qui veut dire en langue haoussa « consul des blancs » (Barth). On appelle ainsi au Haoussa le fonctionnaire chargé de servir d’intermédiaire aux Arabes dans leurs rapports avec les sultans noirs.]
[Note 126 : Pièce de cotonnade blanche d’environ 22 mètres.]
[Note 127 : Cette observation a son importance. Elle prouve qu’à l’ouest des massifs que Barth a portés sur sa carte (Timgué, Boundaï, etc.), il en existe d’autres, non moins élevés peut-être, et que la zone montagneuse de l’Aïr est plus large qu’on ne se le figure généralement.]
[Note 128 : Plante non déterminée.]
[Note 129 : Il est visible que le chef de la caravane a évité les endroits habités, afin que le voyageur arrivât sans encombre jusqu’à la résidence de son protecteur, le hadj Bilkhou.]
[Note 130 : Le Boundaï de Barth.]
[Note 131 : Probablement l’Adjouri de Barth.]
[Note 132 : Les sangliers sont inconnus dans les autres oasis du Sahara. Ils représentent dans l’Aïr, comme les crocodiles dans le massif central, une faune de survivants, aujourd’hui isolés par le désert.]
[Note 133 : Les Stapélies appartiennent à la flore de l’Afrique du Sud ; c’est la première fois qu’une espèce de ce genre est signalée au Sahara, où d’autres plantes grasses de la famille des asclépiadées (ex. _Calotropis procera_) sont fréquentes.]
[Note 134 : Le jujubier (_Zizyphus lotus_ L.) est en effet un arbuste nettement méditerranéen, qui ne dépasse pas vers le Sud la hamada el-Homra. Par contre, on le retrouve dans le massif central du Sahara, où les Touareg l’appellent _tabaket_, _tazzougart_ (_Catalogue_ Foureau, p. 37).]
[Note 135 : Barth n’avait signalé dans l’Aïr que des cônes trachytiques.]
[Note 136 : Qui resta lettre morte, le serki étant parti faire un séjour à Sokoto.]
[Note 137 : Tribu touareg redoutée à cause de ses habitudes de pillage, et le plus souvent alliée aux Aouélimiden contre les Kel-Ouï (voir Barth, _Reisen_, I, p. 383). « Les Kel-Ouï, écrivait E. de Bary plus tard, sont en guerre continuelle avec les Aouélimiden et les Kel-Fadé, de sorte que, depuis des années, aucune caravane d’Agadès n’a pris la route de l’ouest. Des bandits recrutés chez les Kel-Guérès, les Aouélimiden et les Kel-Fadé infestent de même la route d’Agadès à Sokoto, et seules de très grandes caravanes peuvent s’y risquer. » (Lettre d’Adjiro, 1er avril 1877, publiée dans les _Verhandl. der Geselsch. für Erdkunde_, 1877, p. 246.)]
[Note 138 : C’est la première fois qu’il en est fait mention.]
[Note 139 : Barth dit au contraire que les Kel-Ouï sont venus du Nord-Ouest (_Reisen_ I, p. 372).]
[Note 140 : Il ne s’agit évidemment ici que de la partie de la région qui confine à Agadès.]
[Note 141 : Il y a là un renseignement à retenir. Il est vrai que la mode est changeante, et que tel article demandé en 1877 peut ne plus l’être aujourd’hui. Les agates ne figurent pas sur la liste des marchandises importées par les caravanes en 1862, d’après le rapport du commandant Mircher (_Mission de Ghadamès_, p. 39).]
[Note 142 : Au dire des Touareg Taïtoq faits prisonniers en 1889, Talabe est situé à quatre jours au nord-ouest d’Agadès. C’est un bas-fond, récepteur de plusieurs oueds venant de l’est, et couvert d’une véritable forêt d’arbres divers (Bissuel, _les Touareg de l’Ouest_, p. 191). Si l’information donnée à E. de Bary est exacte, l’oued Aouderas, dont Barth a traversé la vallée supérieure en allant à Agadès, se prolongerait donc dans la direction du nord-ouest sur une distance de plusieurs journées de marche.]
[Note 143 : Cette évaluation est plus forte que celle de l’informateur de Richardson, qui estimait les forces réunies du Gober et du Maradé à 1500 hommes (_A Narrative of a Mission to Central-Africa_, II, p. 104). Les autres renseignements cadrent parfaitement avec ceux de Richardson, Barth, Staudinger, et Monteil sur ce mystérieux peuple gober, ennemi acharné des peuples de Sokoto.]
[Note 144 : Voir plus haut.]
[Note 145 : Allusion aux Touareg Taïtoq de l’Ahenet, qui vont se ravitailler dans l’oued Telak. E. de Bary mentionne ailleurs encore un autre grief : « Depuis trois ans, aucun Hoggar n’est venu dans l’Aïr. Cela tient à leur refus obstiné de rendre des chameaux volés au marabout El-Bakkay de Tombouctou, et cela malgré les représentations du hadj Bilkhou, qui a pris fort mal la chose. » (Lettre citée, _Verhandl. der Ges. für Erdkunde_, p. 246). Les Hoggar pouvant se ravitailler au Touât se souciaient peu, évidemment, du mécontentement des Kel-Ouï.]
[Note 146 : L’autorité du sultan d’Agadès est purement nominale. « Tout son rôle, dit encore E. de Bary, se borne à faire percevoir un tribut sur les caravanes qui viennent du Nord. (De là ce nom de serki-n-touraoua, consul des blancs, que portait le malandrin qui avait dépouillé le voyageur.) Quant aux Kel-Ouï, ils ne paient de tribut ou de redevance d’aucune sorte, et chaque cheikh traite à sa guise les affaires intérieures de sa tribu. » (Lettre citée, p. 251.)]
[Note 147 : La même information a été recueillie récemment par le lieutenant de vaisseau Hourst (_la Mission Hourst_, Paris, p. 225, 1897).]
[Note 148 : Renseignement erroné, que le voyageur a rectifié plus tard (voir plus loin p. 139).]
[Note 149 : Et non en sténographie.]
[Note 150 : Cette nécessité d’aller chercher des vivres au Soudan n’était pas un fait anormal. L’Aïr ne suffit pas à nourrir la population qui l’habite. « Sans le commerce du sel, dit Richardson, la population se verrait dans l’alternative de périr ou d’émigrer au Soudan. » (_A Narrative of a Mission to Central-Africa_, II, p. 138).]
[Note 151 : Les rapports des Kel-Guérès avec les Kel-Ouï d’Aïr sont des plus curieux. « Bien qu’ils soient nominalement les uns et les autres sous la suzeraineté du sultan d’Agadès, ils sont très souvent en guerre, et ne font d’armistice que lorsque leurs intérêts commerciaux l’exigent. Alors les Kel-Ouï apportent le sel de Bilma à Agadès et l’échangent auprès des Kel-Guérès contre les produits du Soudan. Les Kel-Guérès ne restent que peu de jours à Agadès, et retournent ensuite dans leur région de l’Ader. » (E. de Bary, lettre citée, p. 251.)]
[Note 152 : Ce renseignement n’était pas plus exact que l’autre. Erwin de Bary découvrit plus tard qu’il n’y avait pas eu de successeur, par l’excellente raison que le sultan n’était pas mort. Il avait simplement fait un séjour à Sokoto pour recueillir la succession d’une de ses femmes.]
[Note 153 : La question de savoir d’où vient l’eau des salines de Bilma est actuellement insoluble.
Rohlfs mentionne un courant souterrain allant d’est en ouest (_Quer durch Afrika_, I, p. 249). Nachtigal et Monteil ne parlent que d’une nappe abondante, très proche de la surface du sol.]
[Note 154 : Richardson (_A Narrative of a Mission to Central-Africa_, p. 117) et Barth (_Reisen_, I, p. 572) nous ont décrit l’_Aïri_ ou caravane du sel que les Kel-Ouï organisent chaque année pour chercher le sel de l’oasis de Bilma. Mais on n’avait jusqu’ici aucun détail sur l’itinéraire suivi. Barth donne seulement un itinéraire d’Agadès à Bilma, par une route plus méridionale et plus pénible encore, puisqu’on y compte huit jours de marche sans eau (_Reisen_, I, p. 532).]
[Note 155 : Voir plus haut p. 124.]
[Note 156 : Cette décadence n’est pas récente : elle a commencé dès la fin du siècle dernier. Alors, dit Barth, la majeure partie des habitants émigra à Katsena, à Tessaoua, à Maradé et à Kano. Agadès, qui, d’après l’évaluation faite par Barth sur place, a pu contenir jusqu’à 50.000 âmes, n’en comptait plus qu’environ 7000 en 1850 (_Reisen_, I, p. 518-520).]
[Note 157 : On peut se demander si cette crainte était réelle. Voir p. 172, ce que dit l’auteur des rapports du hadj Bilkhou avec le sultan d’Agadès.]
[Note 158 : Infidèle.]
[Note 159 : Ce nom ne figure ni dans le _Catalogue_ Foureau, ni dans celui d’Ascherson.]
[Note 160 : On voit qu’en 1877 les esclaves continuaient à être un des articles principaux du commerce transsaharien à Ghât. Avant même d’arriver dans cette ville, E. de Bary en avait eu d’ailleurs la preuve. Le 3 octobre 1876, dans l’oued Lajâl, il avait vu passer un de ces convois d’esclaves, qui allait de Ghât en Tripolitaine. Le 1er septembre, son compagnon de voyage, le marchand tripolitain Mustapha Sammit, associé avec un Italien pour le commerce du Soudan, avait vendu un nègre sans en faire mystère. (Reisebriefe aus Nord-Afrika, _Zeitsch. der Gesellsch. für Erdkunde_, 1877, XII, p. 167 et XV, p. 56.)]
[Note 161 : Acacia gommier (_Acacia tortilis_, ou _Acacia Seyal_).]
[Note 162 : Evidemment le _tadjdjart_ de Duveyrier, qui le signale dans l’Ahaggar (_les Touareg du Nord_, p. 166).]
[Note 163 : Espèce non déterminée.]
[Note 164 : Située d’après Barth à cinq jours d’Agadès (_Reisen_, I, p. 527).]
[Note 165 : La Teguidda de Barth, située à trois journées de marche d’Ingal et à cinq journées dans l’ouest-sud-ouest d’Agadès. Barth dit également qu’on y recueille du sel de très bonne qualité et a cru pouvoir l’identifier avec la ville de Takedda, célèbre au XIVe siècle par ses mines de cuivre (Ibn-Batoutah). Mais ni Barth, ni Duveyrier, ni E. de Bary n’ont recueilli la moindre information au sujet de cette ancienne cité et de ces mines. Il y a là un intéressant problème réservé aux explorateurs de l’avenir.]
[Note 166 : Probablement Alimsar, qui, d’après les récentes informations du lieutenant de vaisseau Hourst, fut le prédécesseur de l’amenokal actuel des Aouélimiden (_la Mission Hourst_, p. 229).]
[Note 167 : Nom donné par les gens de l’Aïr aux Taïtoq de l’Adrar Ahenet.]
[Note 168 : Touareg du Fezzan.]
[Note 169 : Voir plus haut, p. 107.]
[Note 170 : Allusion à une information curieuse fournie à Duveyrier par des Tibbous. Il existerait à Anaï, sur la hamada, à peu près à mi-chemin entre la route de Ghât à l’Aïr et la route de Bilma, des traces de roues et des sculptures rupestres « représentant un convoi de chars traînés par des bœufs à bosse et conduits par des hommes » (_les Touareg du Nord_, p. 458). E. de Bary revient plus loin sur cette question.]
[Note 171 : On remarquera le changement d’humeur du cheikh, depuis que le voyageur avait décidé de retourner à Ghât, au lieu d’aller vers le sud.]
[Note 172 : Duveyrier avait signalé de même, d’après ses informateurs, des ruisseaux permanents dans le haut de l’Ahaggar (_les Touareg du Nord_, p. 88). On sait que la mission Flatters avait trouvé un filet d’eau et des poissons dans l’oued Amguid, sur le Haut-Igharghar (_Documents relatifs à la mission Flatters_, Paris, 1885, p. 330). Rien ne montre mieux l’action bienfaisante des montagnes, qui jouent le rôle de condensateurs dans le désert.]
[Note 173 : L’Aïr est jusqu’ici la seule oasis saharienne où le lion ait été signalé. On ne l’a retrouvé qu’au Soudan, au delà des plateaux arides qui séparent le Soudan de l’Aïr.]
[Note 174 : Observation de grande importance pour l’histoire des races de l’Afrique dans l’antiquité. En effet, sur un mur du temple de Medinet-Habou, près de Thèbes, on voit Ramsès III amenant devant Ammon et la déesse Moût, parmi d’autres vaincus, les représentants enchaînés des peuplades libyennes de l’ouest, lesquels ont tous, d’un côté de la tête, la longue tresse ou boucle recourbée, tombant sur le cou par-devant l’oreille (de Rougé). De tous les peuples dont les anciens Egyptiens nous ont conservé l’image, _ceux-là seuls sont ornés de cette coiffure singulière_. D’autre part, nous savons par Hérodote que les Maxyes, une des principales tribus libyennes, avaient coutume de tresser leurs cheveux sur le côté droit de la tête (_Histoires_, IV, chap. 191), et l’on s’accorde à reconnaître en ces Maxyes la tribu des Machouach, la principale de celles qui, sous Ramsès III, envahirent l’Egypte. La facilité avec laquelle les sons _s_, _z_, _ch_ se substituent l’un à l’autre dans les dialectes berbères, avait permis de se demander si ces Machouach, Maxyes, ces barbares de l’Ouest n’étaient pas tout simplement des Mazigh, des Berbères. Et le général Faidherbe remarquait à ce sujet que les Zenaga, restes d’une antique tribu berbère, qui occupait le Sahara occidental au moyen âge, ont conservé l’emploi de la tresse libyenne. D’autre part, la chronique mzabite d’Abou-Zakaria, publiée par M. Masqueray, nous montre le fils de l’imam de la vieille cité berbère de Tahert (Tiaret) occupé à faire tresser ses cheveux par sa sœur. Mais ces indices étaient trop peu nombreux pour qu’on en pût tirer une conclusion positive.
Jusqu’ici, on n’avait pu constater chez les Touareg la survivance d’une pareille coutume. L’observation d’Erwin de Bary, suivie d’une autre plus précise (voir le 6 juin), prend d’autant plus d’importance que les Kel-Fadé sont une des tribus touareg chez qui la pureté de la race n’a pas été altérée (Barth, I, p. 384). Erwin de Bary a vu un peu plus tard (13 août) des Ifoghas d’Es-Souk coiffés de même. Or, Es-Souk (Tadmekka), au nord-est du coude du Niger, est désignée comme un des endroits où les Touareg étaient primitivement établis. Il est assurément significatif de voir que l’usage de la tresse libyenne s’est conservé précisément chez les tribus touareg restées en place, ou indemnes de toute intrusion de sang étranger.]
[Note 175 : Tombeau de pierres brutes. Voir plus haut.]
[Note 176 : Il s’agit soit de la grande tribu des Beraber, qui a ses terrains de parcours dans le Sahara marocain, soit plutôt de la tribu arabe des Berabich, qui tient la route des caravanes entre Araouan et Tombouctou. Les Berabich sont en hostilité constante avec les Touareg Hoggar, et notamment avec les Taïtoq. La participation des Ifoghas à cette razzia est une nouvelle preuve des instincts pillards de cette tribu, dont Duveyrier avait fait trop exclusivement une communauté de marabouts pacifiques, qui ne portent les armes que pour se défendre.]
[Note 177 : _Tarakate_ du _Catalogue_ Foureau. _Grewia spec. ?_]
[Note 178 : Dans le Tibesti.]
[Note 179 : Nom inconnu.]
[Note 180 : _Balanites aegyptiaca_ Del.]
[Note 181 : M. Foureau cite en effet dans son vocabulaire une solanée (_Solanum sodomaeum_) qui porte le nom arabe de _tefah-en-noum_ (p. 43).]
[Note 182 : Barth a observé une crue semblable à la date du 1er septembre (_Reisen_, I, p. 356).]
[Note 183 : Le texte original ne permet pas de savoir si ces tresses pendent du même côté de la tête.]
[Note 184 : Barth écrit Arar dans son livre, Adar sur sa carte. Il parle également de la puissance de leur cavalerie (I, p. 388). L’Adar est situé au nord du Sokoto, et certains auteurs le mettent à tort au nombre des provinces de cet empire : les Kel-Guérès n’ont jamais cessé d’être parfaitement indépendants.]
[Note 185 : C’est une opinion courante dans l’Aïr, car Barth avait déjà recueilli la même information : « Toutes les vallées descendant vers l’ouest s’élargissent dès qu’elles sortent de la montagne, et se perdent peu à peu, sans se réunir (_Reisen_, I. p. 587). Mais il faut tenir compte de l’ignorance relative des habitants de l’Aïr, ayant peu ou point de rapports avec leurs voisins de l’ouest. Et si l’on considère que le cheikh Othman des Ifoghas avait donné à Duveyrier une version contraire (selon lui, l’oued Tafassasset recevait dans son cours inférieur de nombreux affluents venant de l’Aïr), on ne peut regarder la question comme tranchée.]
[Note 186 : Les Kel-Atarar de Barth. Barth dit seulement qu’ils habitent au voisinage d’Agadès et n’ont pas la meilleure réputation (_Reisen_, I, p. 382).]
[Note 187 : Richardson et Barth avaient dit la même chose : « La caravane du sel, écrit Richardson, est pour l’Aïr une question de vie ou de mort... Sans ce sel (qu’on échange contre les vivres du Soudan), la population se verrait bientôt dans l’alternative de périr ou d’émigrer au Soudan. » (_A Narrative of a Mission to Central-Africa_, II, p. 138). « On pourrait planter beaucoup plus de mil, mais la culture, restreinte aux fonds étroits des vallées, ne pourra jamais fournir assez de grains pour les besoins de ceux qui les habitent. » (Barth, I, p. 588.)]
[Note 188 : Espèce non déterminée.]
[Note 189 : Voir plus haut, p. 161.]
[Note 190 : _Rhezer_ n’est pas un nom propre. On appelle Kel-Rhezer ou Kel-Rhazar, « gens de la vallée », les habitants de la grande vallée de Seloufiet et Tintarhodé (Barth, I, p. 380).]
[Note 191 : C’est pour cela sans doute que Hadj Bilkhou empêcha le voyageur d’aller à Agadès.]
[Note 192 : En faisant dresser la note des vivres qu’on lui avait fournis, avec l’intention de la solder une fois revenu à Ghât, E. de Bary ne tenait nul compte des coutumes sahariennes, qui veulent qu’un homme bien élevé ne paye pas les vivres qu’on lui offre, mais réponde par un cadeau de valeur supérieure à ce qu’on lui a offert.]
[Note 193 : Ou Tekindouhir.]
[Note 194 : Voir plus loin, appendice I.]
[Note 195 : Il y a très peu de juifs au Sahara ; c’est à peine si l’on en trouve quelques-uns au Touât, et ce Touareg de l’Aïr n’en avait peut-être jamais vu.]
[Note 196 : Il eût été intéressant de savoir quels pouvaient être ces livres, qui avaient pénétré jusque dans l’Aïr.]
[Note 197 : _Acacia albida_ Del. Espèce du Soudan.]
[Note 198 : Ces hostilités entre Hoggar et Aouélimiden semblent fréquentes. Barth, en 1853, avait déjà entendu parler d’une grande razzia opérée par 400 Aouélimiden chez les Hoggar (_Reisen_, IV, p. 503). En 1862, Duveyrier apprenait qu’il y avait « en ce moment trêve d’hostilités, mais plutôt tendance à l’antipathie. » (_Les Touareg du Nord_, p. 371.) En 1881, Kenan-ag-Tissi, un des Taïtoq internés plus tard en Algérie, a fait partie d’une razzia dirigée contre les Aouélimiden, qui avaient précédemment razzié les Taïtoq (Bissuel, _les Touareg de l’Ouest_, p. 7). Aujourd’hui que nous sommes établis à Tombouctou, on pourrait essayer d’utiliser cette antipathie ancienne des Aouélimiden contre les Hoggar.]
[Note 199 : Emir des Hoggar.]
[Note 200 : Ceci prouve l’erreur de certains auteurs, qui transforment le sultan d’Agadès en vassal du sultan de Sokoto. Le chef d’Agadès ménage son puissant voisin, mais ne lui doit pas obéissance. E. de Bary a défini plus haut (p. 159) le genre de respect que les Touareg d’Aïr professent pour ce « commandeur des croyants ». En 1886, Staudinger a dit très nettement la même chose : « Le souverain de Sokoto ne possède aucune autorité réelle, ni même apparente sur la partie de l’Aïr où est située Agadès. En général, les farouches Touareg peuvent bien, il est vrai, lui payer une redevance commerciale lorsqu’ils vont commercer dans son royaume, mais ils sont aussi dangereux qu’indispensables, et les Haoussa ont intérêt à les ménager » (_In Herzen der Haussaländer_, Berlin, 1889, p. 518).]
[Note 201 : L’auteur l’appelle ailleurs Sidi-eg-Guerradji.]
[Note 202 : Erwin de Bary parle plus loin d’une de ces tribus (p. 181).]
[Note 203 : Les Touareg du Nord donnent d’autres explications. D’après eux l’institution des _Imrhad_ ou vassaux date de l’époque où le Sahara méridional était encore exposé aux invasions des rois noirs. C’est alors que des familles faibles auraient réclamé la protection des guerriers berbères, en se constituant leurs sujets. D’autres _Imrhad_, ceux de couleur, tirent leur origine d’esclaves noires, et comme, d’après la coutume targuie, l’enfant suit la condition de sa mère, la condition d’imrhad aurait été pour lui une sorte d’affranchissement. Enfin, les Touareg avouent que certaines tribus d’Imrhad blancs sont simplement des congénères asservis par la force des armes. (Duveyrier, _les Touareg du Nord_, p. 336-337.)]
[Note 204 : Barth cite la tribu des Kel-Aguelal, sans savoir qu’elle se confond avec celle des Kel-Rhazar (I, p. 380).]
[Note 205 : Il y a d’autres exemples de tribus arabes établies au milieu des Touareg, dont elles deviennent alors les vassales. C’est ainsi que les Sekakna et les Mazil, qui fournissent des chameaux aux caravanes entre le Touât et Tombouctou, sont des Arabes vivant sous la protection des Touareg Taïtoq (Bissuel, _les Touareg de l’Ouest_, p. 24.)]
[Note 206 : Nous avons supprimé ici et aux pages suivantes une série d’indications de route et d’informations sur l’Adamaoua, qui n’ont plus d’intérêt aujourd’hui.]
[Note 207 : _Calotropis procera_.]
[Note 208 : C’est la première fois qu’il est fait mention par un voyageur de razzias d’esclaves exécutées sur des populations de race blanche. On sait que le Koran défend formellement de réduire en esclavage les musulmans. Les serfs de cette partie reculée du Sahara seraient-ils encore regardés comme à demi païens ? Il n’y en aurait pas moins là une violation flagrante des coutumes touareg ; les _Imrhad_, dit Duveyrier, se transmettent par héritage ou donation, mais ne se vendent pas, c’est ce qui les distingue de l’esclave.]
[Note 209 : Cette occupation n’a jamais été réalisée. Lorsqu’en 1892 le colonel Monteil a passé à Bilma, l’oasis était toujours encore gouvernée par un chef Tibbou, sous la dépendance des Kel-Ouï d’Aïr.]
[Note 210 : Voir Barth, _Reisen_, I, p. 599. La coutume d’engraisser les femmes par une nourriture appropriée est un trait de mœurs nègres, et non berbères.]
[Note 211 : Cette information est certainement plus vraisemblable que celle relatée plus haut, p. 142.]
[Note 212 : Ceci semble indiquer que les phénomènes diluviens de ruissellement, qui ont été si intenses dans le Sahara septentrional, n’ont pas non plus fait défaut dans le Sahara méridional. Voir plus loin une observation analogue.]
[Note 213 : Il s’agit ici d’une fraction des Ifoghas, les N’Iguedadh, restée campée aux environs de son lieu d’origine Tadmekket ou Es-Souk, une des plus anciennes places de commerce du Sahara, aujourd’hui en ruines. Il est curieux de constater que ces Touareg restés en place sont de ceux qui ont gardé l’usage de la tresse berbère. (Voir plus haut, p. 157.)]
[Note 214 : Taxe de protection.]
[Note 215 : Cette déférence des nobles pour l’hôte du marabout est très digne de remarque. En somme, E. de Bary a eu affaire dans l’Aïr à trois sortes de pouvoirs différents :
1o Le _serki-n-touraoua_, représentant du sultan d’Agadès, homme peu estimé, dont le seul rôle était de percevoir la taxe des caravanes pour son maître, et qui, à l’égard du voyageur, s’est conduit en simple brigand ; le chef touareg dont il avait violé l’hospitalité lui aurait certainement fait rendre gorge, si le rusé compère n’avait quitté Agadès pour faire un tour au Soudan ;
2o Le cheikh Bilkhou, sans fonction officielle, mais qui, dans ce monde du désert, où la fonction n’est rien, et où l’ascendant personnel est tout, est devenu, en 1877, le chef le plus influent des Kel-Ouï d’Aïr ; c’est lui qui, en des circonstances critiques, les a menés à la guerre contre les Aouélimiden et les Ouled-Sliman (voir p. 127). Quant à l’_amenokal_ ou sultan légal des Kel-Ouï, qui déjà du temps de Barth n’était que l’ombre d’un prince (« _das Schattenbild eines Fürsten_ »), son rôle, en 1877, est tellement effacé, que de Bary ne le nomme pas une seule fois dans son journal de voyage ; c’est seulement par une de ses lettres que nous apprenons qu’il s’appelle Anastafidet et qu’il réside à Asodi (_Verhandl. der Gesellsch. für Erdkunde_, 1877, IV, p. 251) ;
3o Les marabouts Kel-Rhezer de Tintarhodé et de Tin-Telloust, qui semblent, en 1877, les personnages les plus influents de tout l’Aïr. C’est chez eux (p. 121) qu’on délibère, après le scandale causé par le _serki-n-touraoua_ ; chez eux qu’on trouve le bien-être et la richesse ; ce sont eux qui, de leur propre mouvement, vont négocier la paix entre Kel-Ouï et Hoggar, et même entre Hoggar et Azdjer. Il serait imprudent de juger la situation politique actuelle d’après ce qui s’est passé il y a vingt et un ans, mais il est probable qu’une mission transsaharienne aura à compter avant tout avec ces marabouts de l’Aïr.]
[Note 216 : Ce qui indique combien ces pillards invétérés attachent d’importance à rester en bons termes avec le Touât, qui est leur lieu de ravitaillement.]
[Note 217 : Les Azdjer de leur côté ne faisaient pas preuve de moins d’audace. En décembre 1876, une bande d’Oraghen et d’Imanghasaten alliés s’était avancée jusqu’aux portes d’Insalah, avait attaqué une caravane de Hoggar qui en revenait avec des vivres, tué 15 hommes et enlevé 400 chameaux. Le même mois, une autre bande avait pénétré par Dider dans l’Ahaggar, enlevé 200 chameaux des Taïtoq, et tué 5 hommes, dont un frère de Sidi-eg-Guerradji. Ces 5 hommes s’étaient trouvés en face de 150 Azdjer : ils n’en furent pas moins tués. Dans ces razzias, les vainqueurs ne font pas de prisonniers. (E. de Bary, lettre adressée au président de la Soc. de Géog. de Berlin, _Verhandl. der Gesellsch. für Erdkunde_, 1877, IV, p. 250.)]
[Note 218 : Allusion à une information recueillie par Duveyrier au sujet de cette ancienne route de Djerma à l’Aïr : « A Anaï, dit-il, la voie, _avec ses anciennes ornières_, est encore assez caractérisée pour que des Tébous, mes informateurs, qui en arrivaient, n’aient laissé dans mon esprit aucun doute à ce sujet. D’ailleurs, ajoutaient-ils, les anciens ont pris la peine de buriner dans le roc, sur une des berges de la voie, des tableaux représentant un convoi de chars, avec des roues, traînés par des bœufs à bosse et conduits par des hommes » (_Les Touareg du Nord_, p. 458.) Duveyrier en concluait que c’était la route carrossable suivie par l’armée romaine lorsqu’elle était allée de Garama à l’Agisymba. Malheureusement, la déclaration du cheikh des Ihadanaren ne permet pas de conclure d’une façon aussi nette. Les Tébous sont des informateurs sujets à caution, et il n’est pas impossible que, pressés de question, ils n’en aient dit plus qu’ils n’avaient vu. De Bary, pas plus que Richardson et Barth, n’a vu de trace du passage des Romains dans l’Aïr. En tout cas, l’exploration de cette route d’Anaï constitue un des plus intéressants desiderata de la géographie ancienne de l’Afrique.]
[Note 219 : Ce ne serait donc pas le léopard, qui est bien connu dans les pays du Soudan, et qui porte le nom de _damousa_ (pluriel _damissa_ chez les Haoussa du Sokoto). (Staudinger, _Im Herzen der Haussaländer_, p. 693.)]
[Note 220 : Sultan du Gober.]
[Note 221 : Il est impossible de rien déduire de cette description, qui rappelle par certains traits l’hyène, et par d’autres la panthère ou le serval. Staudinger dit qu’en dehors des peaux de léopard les Touareg d’Aïr apportent au Soudan des dépouilles d’autres félins, dont il n’a pas pu déterminer l’espèce : « Quelques-unes m’ont semblé avoir appartenu au lynx du désert, d’autres à une sorte de serval ou de guépard. » (Ouv. cité, p. 693.)]
[Note 222 : Overweg distinguait toutefois, entre l’oued El-Hassi et l’oued Châti, des grès bruns ferrugineux et des grès à cassure blanche, seulement revêtus d’une mince carapace noire, ferrugineuse, dans les parties exposées à l’air. (Geognostische Bemerkungen auf der Reise von Philippeville über Tunis nach Tripoli, und von hier nach Marzuk in Fezzan, _Zeitsch. der d. Geol. Gesellsch._ 1851, III, p. 101).]
[Note 223 : Il y en a de semblables au milieu de la large vallée d’érosion de l’oued Châti (Overweg, art. cité, p. 102).]
[Note 224 : Publiée par ce dernier dans la _Zeitsch. der Gesellsch. für Erdk._, 1878, XIII, p. 350. Cette lettre est en quelque sorte la conclusion des observations botaniques faites par l’auteur jusqu’au 11 avril. La netteté de ces vues donne la mesure de ce qu’il aurait pu faire, s’il avait eu le temps de mettre en œuvre ses autres matériaux. Le professeur Ascherson a enrichi le texte de quelques remarques précieuses, que nous reproduisons en les signalant par la lettre A.]
[Note 225 : D’après Duveyrier (_les Touareg du Nord_, p. 225) et R. Hartmann (_Zeitsch. der Gesellsch. für Erdk._, 1868, III, p. 56), _fehed_, _fehad_ est le nom arabe des guépards (_Felis jubata_). (A.)]
[Note 226 : Probablement un _Hyrax_. Klunzinger (_Bilder aus Oberägypten_, p. 241) et Schweinfurth ont signalé une espèce de ce genre (_Hyrax syriacus_ Schreb.) dans le désert arabique. (A.)]
[Note 227 : Je puis certifier la même chose. Jamais je n’ai été incommodé par cet insecte dans les oasis du désert libyque, tandis que c’était trop souvent le cas dans les demeures de la vallée du Nil. (A.)]
[Note 228 : Le sédra de la Tripolitaine et celui de l’Aïr représentent certainement deux espèces différentes du genre _Zizyphus_ : 1o _Zizyphus Lotus_ Lmk. ; 2o _Z. Spina Christi_ L., déjà connu au Fezzan sous le nom kanori de _korna_. (A.)]
[Note 229 : Probablement une _Boscia_ (_Boscia senegalensis_ Lmk. ?) _Cf._, Schweinfurth, _Zeitsch. für allg. Erdk._, 1865, XIX, p. 389 et suiv. (A.)]
[Note 230 : Sans aucun doute le palmier-doum (_Hyphaene Thebaïca_ Mart) dont Barth mentionne la présence dans l’Aïr (I, p. 349, 419). Ce voyageur remarque qu’il n’a pu savoir le nom indigène de l’arbre. Ce nom de _Faraoun_, qui rappelle d’une façon si évidente (tout au moins dans l’esprit des indigènes) l’origine égyptienne de la plante, est très digne d’attention. (A.)
Si l’on se rappelle, en effet, une autre tradition recueillie par Barth au coude de Bourroum sur le Niger, et d’après laquelle un Pharaon d’Egypte serait venu jusque-là (_Reisen_ V, p. 194), si d’autre part on considère, qu’à la différence des autres peuples nègres, les Sonrhaï établis dans ce coude du Niger embaumaient leurs morts à la manière égyptienne, avant d’être convertis à l’Islam (Ahmed-Baba, Tarikh-es-Soudan, _Zeitsch. der deutschen morgenländ, Gesellsch._, IX, p. 532) ; que le nom des Atarantes, connus des anciens Égyptiens pour habiter dans le désert à dix journées de marche des Garamantes, rappelle le terme haoussa _atara_ signifiant les « hommes assemblés » (Barth, _Sammlung und Bearbeitung central-Afrikanischer Vokabularien_, p. c-c II), et que d’après une ancienne tradition le peuple du Gober, premier occupant de l’Aïr, doit son origine à des Coptes d’Égypte (Denham, _Voyages et découv._, III, p. 202) ; qu’enfin le nom de Tagama, une des cités placées par Ptolémée sur le dix-septième parallèle, se retrouve chez la tribu des Tagama, établie au sud de l’Aïr, on ne peut s’empêcher de voir en ce nom de palmier Faraoun un indice de plus en faveur de l’ancienneté des relations de l’Egypte avec l’Aïr.]
[Note 231 : _Panicum turgidum_ Forsk., en arabe _bou-rekouba_ (Foureau, _Catal._, p. 2).]
[Note 232 : Une _Bucerosia_ ? (A.)]
Note du transcripteur :
Page 24, note 20, " des chétifs du Touât " a été remplacé par " chérifs "
Page 25, " hauteur d’envion " a été remplacé par " d’environ "
Page 84, " _19 déc._ " a été remplacé par " _10 déc._ "
Page 92, note 94, " _Reisen und Entdeckungen in Nord- und Central-Africa_ " a été remplacé par " _Central-Afrika_ "
Page 95, " _5 janvier 1897._ " a été remplacé par " _1877_ "
Page 98, " par de souadi sableux " a été remplacé par " des ouadi "
Page 105, note 115, " _Pflanzen des mittern Nord-Africa_ " a été remplacé par " _mittlern Nord-Afrika_ "
Page 106, " ou dirait qu’une zone " a été remplacé par " on dirait "
Page 141, " l’air moins satifait " a été remplacé par " satisfait "
Page 147, " bordées de de rouge " a été remplacé par " bordées de rouge "
Page 180, " _9 juil._ " a été remplacé par " _19 juil._ "
Page 186, " au nord de l’Aghelal " a été remplacé par " l’Aguelal "
Page 188-189 note 215, " » « (_das Schattenbild eines Fürsten_) " a été remplacé par " (« _das Schattenbild eines Fürsten_ ») "
Page 193, la référence à la note 220, après " très dangereux " à été changé à la note 219.
Page 202, la référence absente à la note 225, à été placé après " _fehed_ ".
Page 207, " Le _talba_ et le _sedra_ " a été remplacé par " _talha_ "
Page 219, " Aghelal, 181. " a été remplacé par " Aguelal "
Page 218, " Solanum sodomacum " a été remplacé par " sodomaeum "
De plus, quelques changements mineurs de ponctuation et d’orthographe ont été apportés.