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CHAPITRE LXXV.

1356. EXPÉDITION D’ÉDOUARD III EN ÉCOSSE[205] (§§ 352 à 355).

[205] Cf. Jean le Bel, _Chroniques_, t. II, chap. XCI, p. 185 et 186.

Le roi d’Angleterre quitte Calais dont il confie la garde au comte de Salisbury, repasse en Angleterre et se dirige tout droit vers l’Écosse[206]. Gautier de Mauny, qui marche à l’avant-garde de l’expédition, parvient à reprendre le château de Berwick aux Écossais avant l’arrivée d’Édouard dans cette ville. P. 150 à 152, 368, 369.

[206] Édouard, qui repassa en Angleterre dans la seconde quinzaine de novembre, octroya, le 3 décembre suivant, à Westminster, des lettres de rémission à des seigneurs qui avaient chassé avec Édouard Baillol dans sa forêt d’Inglewod en Cumberland; dès le 22 décembre, il était à Durham où il convoqua à Newcastle-upon-Tyne, pour le 1er janvier 1356, au plus tard, tous les hommes valides entre seize et soixante ans; il était à Newcastle le 6 et le 9 janvier 1356 (Rymer, vol. III, p. 314 et 315). Le 13 janvier, il arriva devant Berwick où il rejoignit Gautier de Mauny qui l’avait précédé pour prendre le commandement du château et qui avait fait miner les remparts de la ville, dont les habitants se rendirent le jour même (Robert de Avesbury, p. 228 et 229). Les prélats et barons d’Écosse tenaient un grand conseil à Perth, le 17 janvier, pour traiter de la délivrance de Robert Bruce (Rymer, vol. III, p. 317). Trois jours plus tard, le 20 janvier, à Roxburgh, Édouard III se faisait céder solennellement par Édouard Baillol tous les droits de ce prétendant sur le trône d’Écosse (_Ibid._, p. 317 à 320).

Les Anglais occupent Édimbourg qui est une ville ouverte; le roi habite la maison d’un bourgeois auquel David Bruce avait promis naguère de le faire maire de Londres; il met le siége devant le château. P. 153, 154, 369, 370.

La famine menace bientôt les assiégeants[207]. On est au fort de l’hiver. Les Écossais, pour affamer les envahisseurs, ont emporté vivres et bétail de l’autre côté de la rivière de Tay; et une horrible tempête force la flotte qui apporte des provisions aux Anglais à rentrer dans le port de Berwick[208]. Édouard reçoit à Édimbourg la visite de la comtesse de Douglas qui habite le château de Dalkeith; à la prière de cette dame, il s’engage à ne pas brûler la capitale de l’Écosse. Pendant ce temps, Guillaume de Douglas[209], mari de ladite comtesse, garde avec cinq cents armures de fer des défilés par où les ennemis doivent passer pour retourner chez eux. P. 155, 156, 370, 371.

[207] D’après Robert de Avesbury (p. 235 et 236), l’armée anglaise se composait de trois mille hommes d’armes, de dix mille soudoyers, de plus de dix mille archers à cheval et d’un égal nombre d’archers à pied; elle avait un front de vingt lieues.

[208] «Plures naves, de Anglia versus ipsum regem cum victualibus venientes, adeo fuerant per tempestates maris horribiliter agitatæ quod quædam earum, ut dicebatur, perierunt; et quædam ad portus diversos Angliæ redierunt per tempestatem compulsæ, et quædam ad partes exteras transvehebantur.» Robert de Avesbury, p. 237.

[209] D’après Robert de Avesbury (p. 236 à 238), Guillaume de Douglas aurait sollicité et obtenu du roi de l’Angleterre une trêve de dix jours, en promettant d’attirer les prélats et barons d’Écosse dans l’obéissance d’Édouard; mais au lieu de tenir sa promesse, il n’aurait profité de cette trêve que pour faire transporter tous les vivres et approvisionnements dans ses places fortes ou dans des cachettes souterraines et pour se mettre en sûreté lui et les siens dans des forêts inaccessibles.

Aussi, les envahisseurs, à leur retour en Angleterre, sont attaqués à l’improviste par Guillaume de Douglas au moment où ils traversent, morcelés en petits pelotons, les défilés de Cheviot d’où sort la Tweed qui forme la limite entre les deux royaumes. Édouard ne se trouve pas dans le détachement qui est ainsi surpris et ne doit son salut qu’à cette circonstance; toutefois, les Écossais ne se retirèrent pas sans emmener des prisonniers parmi lesquels se trouvent six Brabançons[210]. P. 157 à 159, 371.

[210] Robert de Avesbury dit seulement que Guillaume de Douglas ne cessa d’épier les Anglais pendant leur retour d’Écosse en Angleterre et qu’il surprit un jour dans un manoir écarté Robert Erlee chevalier et vingt hommes de sa suite.