Chapter 12 of 15 · 3317 words · ~17 min read

CHAPITRE III

IKHENOUKHEN

21 août.

Dans la matinée vient me voir le petit brigand Ihemma ; il me raconte encore qu’il veut assommer un Targui qui s’est servi d’un de ses chameaux sans sa permission. Il m’annonce le premier qu’Ikhenoukhen est arrivé, avec très peu de monde et deux chameaux seulement.

Ikhenoukhen est arrivé d’un côté et Othman est parti de l’autre, de sorte qu’ils se sont croisés ; cependant Othman revient lui-même dans l’après-midi, et me dit que les nouvelles sont bonnes. Ikhenoukhen est très occupé ; il est encombré de visites ; le moudir va le voir et une foule de Ghadāmsia ; on traite l’affaire du vol des chameaux et puis celle du départ de la caravane du Touat. Il paraît qu’il n’est pas bien disposé pour les Hogar, et qu’il défend aux Ghadāmsia de prendre des chameliers Sakomaren qui sont ici (ils sont imrhad des Hogar) ; il veut que les chameliers soient Azgar ou Ifoghas[259] ; les Hogar sont ennemis. Il déclare qu’il brûlerait les charges des chameaux de la caravane si elle partait avec les Sakomaren. La nouvelle arrive de Rhat, que l’Aïr a envoyé deux députés à Rhat pour dire que la route du Soudan était de nouveau ouverte, ce qui cause grande joie aux Ghadāmsia, et fait espérer qu’il y aura cette année un marché à Rhat, ce dont on commençait à désespérer. On apporte en même temps la nouvelle que le Hadj Ahmed, frère de Si ’Othman et chef des Touareg Hogar, va arriver ici sous peu.

Othman vient me prier, de la part du cheikh Ali, de lui pardonner ce qu’il a fait avant-hier.

22 août.

Othman vient me prendre dans la matinée et me mène chez Ikhenoukhen. Le sultan des Azgar est campé au loin, hors des plantations, tant il craint la petite vérole qui règne à Ghadāmès. (quoiqu’elle ait beaucoup diminué). Je trouve Ikhenoukhen entouré de quelques Touareg, de deux Ouled Hamed, et de deux Ghadāmsia. Il me fait asseoir d’un geste imperceptible et, sans se mouvoir, me fait, ainsi qu’à Othman, les questions de politesse targuie : « Mattoullid ? Māni ouinnek ? » — Comment vous portez-vous par cette chaleur ? Grâce à Dieu vous êtes venu ici, et les circonstances m’y ont aussi amené, etc., etc.

Ensuite, Othman fait lire les lettres adressées au cheikh Ikhenoukhen lui-même, et les firmans de Tripoli et de Tunis que j’ai. On est obligé de traduire les passages importants, car Ikhenoukhen comprend à peine l’arabe et ne le parle pas. Après cette cérémonie, Ikhenoukhen, qui a montré tout le temps la plus grande réserve, me souhaite froidement la bienvenue, puis nous prenons congé de lui. Othman trouve que l’accueil qu’il m’a fait est bon, quoique j’aie presque été tenté d’abord de croire le contraire. Il me dit que l’habitude des Touareg est de paraître fuir d’abord une nouvelle connaissance, mais que les autres Touareg qui assistent à notre entrevue ont certainement dit en eux- mêmes : Ikhenoukhen se réjouit déjà du cadeau qu’il obtiendra de ce Français.

J’ai ensuite une très longue conversation avec Othman au sujet de mes projets ; je leur donne une plus grande extension et pense aller de Rhat à Insalah. Il me dit que cela se décidera à l’arrivée de son frère Hadj Ahmed[260].

Je demande à deux des Hamed d’El-Ouad, qui ont été trois fois d’El-Ouad à Rhat, ce qu’ils ont emporté. C’est des douros. Ils en ont rapporté des ânes touareg ; prix à Rhat, 6 1/2, 7 et 8 douros, et à El-Ouad 60, 61, 80 fr. Des chameaux (petites chamelles) achetés 100, 105, 110 francs et vendus à El-Ouad 150, 160 francs. — Zebed (civette), achetée l’once 26 fr. 50 et vendue 33 francs. Outres du Soudan achetées 3 fr. 40 à 4 francs et vendues 6 fr. Peaux de buffles (kelābo), achetées 10 fr. les grandes, vendues 11 fr. 40 et 15 fr.

23 août.

Aujourd’hui, pas d’événements ; je cause avec un Ghadamsi, Mohammed ben Mohammed, qui connaît très bien Rhat. Il m’explique plusieurs des particularités du commerce de Ghadāmès.

L’ivoire, et les principales autres denrées du Soudan qui viennent ici, ne sont jamais vendues sur place, mais sont dirigées sur Tripoli. Elles ne pourraient être obtenues ici que pour un prix très approché de celui de Tripoli, comme par exemple 2 % en moins. L’or est quelquefois vendu en petites quantités sur le marché, par des individus qui ont besoin d’argent immédiatement. Les peaux de panthères et les autres petits articles se trouvent aussi de temps en temps.

Les Ghadāmsia qui vont à Rhat donnent un cadeau de 10 douros[261] à Ikhenoukhen, et ils peuvent alors commercer comme bon leur semble. A Rhat même, les charges d’ivoire ne font que passer ; sauf dans de rares cas, par exemple quand un marchand du Soudan a besoin de quelques objets qui se trouvent sur le marché de Rhat, il envoie un peu d’ivoire qui se vend là et dont le prix sert à acheter ce dont il a besoin. La plupart des marchands Ghadāmsia du Soudan envoient leurs caravanes à des correspondants à Rhat et à Ghadāmès et leurs produits ne sont vendus qu’à Tripoli même. A Rhat, les maisons se louent 6 douros pour le temps qu’on y reste à la foire, soit 15 jours, soit un an.

Les Ghadāmsia ne prennent pas de commission entre eux, ils se rendent de petits services commerciaux sans exiger de rétribution.

Aujourd’hui, il est arrivé une petite caravane de Rhat avec un chargement d’ivoire. Les nouvelles qu’elle apporte sont bonnes, l’Aïr a fait la paix avec Rhat, et l’on espère avoir un marché cette année, ce dont on avait d’abord douté. Les Ghadāmsia confient leurs marchandises aux chameliers touareg, qui les transportent à destination avec le plus grand scrupule.

24 août.

Dans la matinée, je suis encore obligé de me fâcher « tout rouge » contre mes domestiques.

Je reçois la visite de quelques Touareg. Dans la soirée, je vais voir Ikhenoukhen. Il sort de sa tente seul et vient nous rejoindre dans la dépression où il campe, à part de toute oreille indiscrète, et nous nous asseyons. Il me salue, cette fois comme une vieille connaissance, et commence, en bon Targui, par des questions de politesse. « Comment allez-vous ? Comment trouvez-vous le temps ? Supportez-vous bien cette chaleur ? Êtes-vous rétabli de votre voyage dans l’Erg ? C’est là que nous voyions du merveilleux lorsque nous allions sur nos méhara piller les Chaanba et les Souâfa, etc. » Puis, après avoir rendu ces politesses, je commençai à parler ; Si ’Othman traduisait mes paroles en Temāhaght[262].

Je dis à Ikhenoukhen que le sultan d’Alger qui lui avait envoyé Si Ismail[263] était rentré en France, mais que son successeur, qui était mû par les mêmes idées, m’avait envoyé à lui comme gage de son amitié et de son grand désir de lier des relations amicales avec les chefs touareg et en particulier lui Ikhenoukhen. Je lui expliquai nos intentions de commerce avec le Soudan, et notre désir de le voir l’intermédiaire entre nous et les noirs. Je l’assurai que tous les Touareg qui viendraient chez nous seraient reçus avec honneur et empressement ; qu’on les traiterait selon leur rang et qu’on leur ferait de beaux cadeaux ; que, si lui-même Ikhenoukhen voulait se décider à faire le voyage d’Alger, il pouvait compter sur toute la sincérité, tous les égards et toutes les marques d’amitié qu’il pourrait désirer.

Ikhenoukhen me répondit qu’il était devenu vieux et qu’il ne pouvait s’absenter du milieu des siens, qu’il avait déjà tant de peines à les tenir d’accord et à apaiser leurs querelles naissantes, qu’il ne pouvait pas penser à s’éloigner d’eux. Puis, passant à un autre sujet, il causa pendant quelque temps à Othman en temahaght et je les vis rire ensemble. Ils ne voulurent pas me dire de quoi il s’agissait ; mais, plus tard, je le sus par Othman et j’en parlerai à l’occasion.

Se retournant vers moi, il me fit la question insidieuse : « Pourquoi les Anglais sont-ils bien reçus partout et pourquoi les Français, quand ils envoient même leurs domestiques, sont-ils en butte à toutes sortes de difficultés et toujours mal reçus ? » Je lui répondis : « Cette demande m’étonne, car j’aurais cru que vous saviez cette raison mieux que moi-même. Mais je vais vous l’expliquer brièvement. Vous ne connaissez les Anglais que comme marchands et voyageurs riches et prodigues ; vous ne les avez donc rencontrés que vous offrant des profits et des gains considérables ; il est naturel que l’accueil qu’on leur fait soit bon. Mais nous, Dieu nous a mis maîtres d’Alger, nous avons été sans cesse forcés de combattre, toujours malgré nous, et ce que vous savez de nous, la connaissance que vous avez de notre administration et de nos vues, vous l’avez reçue à travers une digue d’ennemis. Sans vous parler du chérif, la digue ennemie nous l’avons au milieu de nous, ce sont les Chaanba, ce sont les Souāfa, les Beni-Mezab et enfin tous ceux qui sont nos voisins. Moi-même, à El-Goléa, j’ai été menacé de la mort par des Chaanba qui avaient été faire leur soumission à Alger. Je crains plus les Chaanba que les Iboguelan[264]. »

Ikhenoukhen approuva énergiquement mon avis par un « hakk » significatif. Il me dit que c’était précisément là la différence, mais que pour lui il n’ouvrait pas son oreille à ces mauvais bruits, et qu’il s’était fait une ligne de conduite, dans toute sa vie, de ne faire que le bien, de ne jamais léser le faible et de redresser les torts ; que, puisque j’étais venu à lui, il me mènerait partout où je voudrais dans l’étendue de son commandement.

Pour persuader encore plus le chef de notre « non-ogrerie », je lui fis la remarque que le sultan de Constantinople, celui du Caire, celui de Tripoli, de Tunis et de Fez étaient nos amis, comme aussi celui des Anglais, qu’ils avaient la plupart des officiers et des industriels français chez eux, et que nous étions sur le meilleur pied ; que si réellement nous étions si mauvais, ces hommes puissants et éclairés ne manqueraient pas de se tenir éloignés de nous. Ikhenoukhen fit alors une allusion aux événements de Syrie qui me désappointa ; il me donna la nouvelle d’une intervention anglaise et française, mais je lui objectai que je n’avais pas de nouvelles aussi neuves. Il mentionna aussi l’entreprise du canal de Suez dont il ne comprenait pas le but. Je le lui expliquai en particulier au point de vue du pèlerinage de la Mekke et lui dis que le chef de l’entreprise était un Français et l’ami intime de mon père.

Passant à mon voyage, je dis à Ikhenoukhen que mon but était de voir le marché de Rhat et de revenir par In-Salah. Rhat, me répondit-il, c’est très facile, mais In-Salah, je ne peux pas mentir, ma puissance ne s’étend pas jusque-là ; les gens du pays même ne sont pas mes amis. Mais, ajouta-t-il : « Voilà le sultan d’In-Salah », et il me montra Si ’Othman. Othman se défendit de toutes ses forces, mais Ikhenoukhen revint au moins trente fois à la charge pour me faire comprendre que c’était lui qui pouvait me mener à In-Salah. Othman tint ferme.

En terminant, Ikhenoukhen me dit qu’il voudrait bien me voir recevoir de Tripoli un firman qui recommanderait qu’on me traitât bien et que le pacha y fît la remarque que ce qui serait fait pour moi serait fait pour lui. Je dis au chef targui : « Bien, je vais demander ce firman, mais je dois te dire, en toute franchise, notre amour-propre est blessé de voir que tu nous aimes pour un autre et non pas pour nous-mêmes ». Ikhenoukhen, prenant quelques pierres et les lançant négligemment de côté, dit : « Les Turcs, voilà le cas que nous en faisons, nous savons que ce sont vos esclaves ; partout où vient un conseil de vous, c’est lui qui gouverne réellement le pays et le gouvernement turc ne peut plus rien d’arbitraire ; nous autres, nous n’avons pas besoin du firman, mais nous serons bien aises de le montrer à d’autres. »

Je terminai en priant Ikhenoukhen de consentir à échanger un traité d’amitié. Il me répondit que cela ne pressait pas et que nous nous retrouverions encore souvent. Puis, je lui fis dire par Othman que je n’avais pas apporté de présents en nature, craignant de ne pas tomber sur ce qui lui plairait, mais que je lui destinais 100 douros et une bague, avec une pierre précieuse, que je lui laissais en souvenir. Il répondit que le profit n’était rien pour lui et qu’il agissait ainsi envers moi parce qu’il le trouvait bon (je compris plus tard que la somme offerte lui paraissait peut-être un peu faible[265] en comparaison des présents anglais), que du reste rien ne pressait et que ce que je remettrais à Othman lui parviendrait. Là-dessus, nous nous saluâmes amicalement et nous revînmes chacun de notre côté.

Dans la nuit, je prends des renseignements sur les exactions du kaïd Ali Bey[266] et de son cousin le khalifa.

25 août.

Hier au soir, en allant voir Ikhenoukhen, j’ai remarqué que le sol de la grande dépression où il est campé est composé, sauf une légère couche superficielle, de cette roche terreuse, blanche et savonneuse déjà notée dans les dunes, et j’y trouvai des planorbes et des limnées, ces dernières un peu plus fortes que celles rencontrées au puits de Zouait.

Visite de Telingui, qui vient avec son brigand de frère et sa vieille sœur. Telingui est toujours aussi belle et aussi gaie ; elle ne reste pas longtemps. Je lui donne une feuille de papier pour qu’elle me la remplisse de mots targuis en Tefînagh.

J’ai été obligé de rosser deux de mes serviteurs à coups de bâton ; ce sont de vrais sauvages et ils ont la tête dure ! J’ai été forcé de les menacer de mort dans le cas où ils s’en iraient. Ils trouvent le voyage dur et s’imaginent qu’ils peuvent me planter là et s’en retourner chez eux. Ahmed a repris la fièvre.

Les melons ont fini ; les pastèques sont à leur fin. J’achète aujourd’hui des citrons verts pour faire de la limonade. J’ai déjà dit qu’il y a un seul citronnier à Ghadāmès.

J’apprends que les pauvres Touareg, principalement les femmes, se retirent à Ghadāmès ; dans chaque maison où ils se présentent et demandent, on leur donne des vivres, de sorte qu’ils peuvent vivre sans rien faire. C’est une coutume très ancienne, et une obligation des Ghadāmsia qui rappelle les conditions de vie des habitants du Djérid.

L’eau d’ici est très lourde, les indigènes l’ont pesée comparativement à celle des endroits voisins. Le moudir, moi et mes domestiques, nous sommes à l’état permanent au _nec plus ultra_ de la diarrhée[267]. Mes domestiques trouvent aussi l’air lourd.

26 août.

Voici la raison pour laquelle, pendant ma conférence avec Ikhenoukhen, ce chef s’est entretenu avec Othman, à part, en targui et en riant. Ikhenoukhen a reçu la nouvelle qu’une lettre était arrivée ici, engageant la personne, à qui elle est adressée, à me _tuer, moi et Si ’Othman_ ou, au moins, à chercher quelqu’un qui exécutât la commission. Or, on a dit à Ikhenoukhen que la lettre vient de Sidi Hamza, ce qui déroute un peu Othman parce qu’il serait étonnant qu’il eût déjà reçu avis de notre départ _ensemble_. Othman, en homme fin, me fait part d’un soupçon que cela pourrait bien venir de Sidi Ali Bey qui aurait mis le nom de Sidi Hamza en avant pour cacher le sien. Cela me paraît aussi possible parce qu’Ali Bey doit savoir que j’ai donné avis à l’autorité de ses exactions dans le Souf. Mais alors pourquoi vouloir la mort de Si ’Othman ? Je noterai ici un fait qui m’apparaît significatif aujourd’hui : M. Margueritte, alors commandant supérieur de Laghouât, me dit à mon retour d’El Goléa[268], lorsqu’il eut connaissance de tous les détails de cette entreprise : « Écoutez, autant que je connais l’homme (Sidi Hamza), je ne trouverais pas impossible qu’il vous eût envoyé une lettre de recommandation pressante pour les gens d’El Goléa tout en les prévenant directement de vous traiter le plus mal possible afin d’ôter l’envie à tout autre de revenir. » En effet, il est très connu que Sidi Hamza voudrait que nous ne vissions le Sud que par ses yeux[269]. J’ai voulu écrire cette nouvelle, avant que son authenticité fût tout à fait établie, afin que, dans le cas où elle serait vraie et que je dusse succomber, l’on pût trouver dans mes papiers des indications pour tomber sur la vraie trace du crime. Toutefois, je le déclare, cette nouvelle m’a peu ému, et m’amuse plutôt qu’elle ne me chagrine.

On me raconte qu’Ikhenoukhen reste quelquefois deux jours sans manger par fantazia ; il affecte de se faire apporter de bons repas et invite ceux qui sont présents à s’attabler, refusant lui-même de rien prendre. De même, lorsqu’il alla chez les Hoggar, il resta deux jours et une nuit, accroupi à l’arabe, à recevoir des visites et sans demander le temps de se reposer. Toujours par fantazia.

Si ’Abd el Aziz, qui alla à Tombouctou avec le major Laing, me dit qu’ils prirent la route d’Inzize (partis d’Aqàbli) et que, de là, ils coupèrent le Tanezrouft obliquement sur Am Rannān où ils prirent de l’eau.

[Note 259 : Ceci indique que les tribus maraboutiques des Ifoghas ne font partie ni des Azdjer ni des Hoggar, mais sont en quelque sorte leurs intermédiaires.]

[Note 260 : Duveyrier songeait encore à explorer l’Ahaggar. Il l’avait écrit à Barth, qui l’encourageait en ces termes : « Votre lettre me remplit de joie ; elle me prouve que nous pouvons encore espérer vous voir explorer le massif si intéressant des Hoggar et combler cette lacune capitale de notre connaissance de l’Afrique du Nord... Mes vœux les plus sincères vous accompagnent dans cette tentative grosse de difficultés et de périls. » (Lettre du 11 juin 1860, retrouvée dans les papiers de Duveyrier.)]

[Note 261 : Le mot douro, en Tripolitaine, s’appliquait indifféremment à notre pièce de 5 francs, au douro d’Espagne (appelé aussi bou-medfa), et au thaler Marie-Thérèse (appelé aussi bou-tir). Le cours de ces monnaies variait d’ailleurs beaucoup par rapport à la monnaie de compte légale (le mahboub = 20 piastres turques).]

[Note 262 : Temahaght ou temahaq (_Les Touareg du Nord_, p. 317).]

[Note 263 : Ismaïl Bou-Derba.]

[Note 264 : Tribu traitée de brigands par les Touareg eux-mêmes.]

[Note 265 : Duveyrier dut finalement payer quatre fois autant (2.000 fr.).]

[Note 266 : Ali Bey, kaïd de Tougourt.]

[Note 267 : L’eau de la source de Ghadāmès renferme 2 gr. 54 de sels par litre, dont 0,38 de sulfate de magnésie et 0,90 de sulfate de chaux. Les indigènes y sont accoutumés, mais tous les étrangers en subissent les effets. (_Mission de Ghadāmès, Rapports officiels_, Paris, 1863, in-8, p. 260, 326.)]

[Note 268 : Voir entre autres, sur ce séjour, _Excursion à El-Golea’a_, _Nouv. Annales des voyages_, novembre 1859. p. 189-197 et _Bulletin Soc. de Géogr._ Paris, 1859, XVIII, p. 217.]

[Note 269 : De très intéressantes lettres du maréchal Randon et du général Durrieu (juin-juillet 1858) ont été publiées depuis par MM. Augustin Bernard et le commandant Lacroix (_Historique de la pénétration saharienne_. Alger, 1900, in-8, p. 34-37). Elles montrent quelle était alors l’opinion dominante à Alger. Dans une lettre adressée à Duveyrier le 27 mai 1861, le Dr Warnier donne la même note : « On sait ici à quoi s’en tenir. Dans votre mission, me disait-on hier après lecture de votre lettre, vous trouverez comme premier obstacle nos grands chefs indigènes... » (Papiers de Duveyrier.)]