Chapter 11 of 13 · 464 words · ~2 min read

partie d

'une campagne organisée... Après en avoir lu certains passages pour en démontrer le caractère séditieux, Sir Strangman poursuivit: «L'accusé est un homme qui possède une grande culture et d'après ce qu'il écrit, il est évidemment un chef. Le mal qu'il peut faire est considérable. Sans doute dans ses articles il a insisté sur la Non-Violence comme base de la campagne et de la doctrine. Mais à quoi peut servir de prêcher la Non-violence s'il prêche la désaffection envers le gouvernement ou pousse ouvertement les autres à le renverser? Il semble que Chauri-Chaura, Madras, répondent à cette question. Ce sont des événements dont le tribunal est prié de tenir compte en prononçant la sentence. La Cour devrait considérer ces circonstances qui méritent un châtiment sévère.

Quant au second accusé, son offense est moindre, quoique grave. Il s'occupe de la publication et n'écrit pas. L'accusé étant riche, Sir Strangman demande à la Cour de lui imposer une amende importante outre la peine que l'on jugera bon de lui infliger. Il s'appuie sur le paragraphe III de la loi sur la Presse qui traite des amendes, et déclare que 1000 à 10000 roupies sont exigées dans bien des cas.»

Le tribunal s'adressa alors à M. Gandhi et lui demanda s'il avait quelque déclaration à faire, se rapportant à la sentence.

M. Gandhi répondit qu'en effet il aurait une déclaration à faire. Le Tribunal lui ayant demandé s'il pouvait la remettre par écrit, afin de la joindre au dossier, Gandhi répondit qu'il la remettrait après l'avoir lue.

«Avant de lire cette déclaration, dit-il, je tiens à affirmer que j'approuve entièrement les remarques de l'Avocat général au sujet de mon humble personne. Je considère qu'il a été parfaitement juste à mon égard dans toutes les déclarations qu'il a faites; elles sont absolument exactes, et je n'ai pas le moindre désir de cacher à la cour que prêcher la désaffection vis-à-vis du gouvernement est presque devenu une passion chez moi. L'Avocat Général a tout à fait raison également, lorsqu'il dit que j'ai prêché cette désaffection bien avant de m'occuper de la _Jeune Inde_, et, dans la déclaration que je vais lire, ce sera mon pénible devoir d'admettre devant la Cour que j'ai commencé bien avant l'époque dont a parlé l'Avocat Général. C'est pour moi un devoir extrêmement pénible, mais qu'il me faut remplir, sachant la responsabilité qui pèse sur ma tête et voulant endosser tout le blâme que le savant Avocat m'a jeté, à propos des incidents de Chauri-Chaura et de Madras et de Bombay. Quand j'y réfléchis profondément et que nuit après nuit j'y songe, je ne puis me désassocier des crimes diaboliques de Chauri-Chaura ou des horreurs de Bombay. L'Avocat Général a raison, lorsqu'il dit qu'homme responsable, homme ayant reçu une part raisonnable d'éducation et possédant une bonne