CHAPITRE XVI
LE KANEM
I. Aspect général. — II. Climat. — III. Flore. — IV. Culture et élevage du bétail. — V. Elevage des chameaux. — VI. Commerce et industrie. — VII. Aperçu géologique.
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« Ce Kanem dont le sol privilégié de la nature fournit de quoi nourrir une population sédentaire, ce Kanem, qui, jadis, dans l’histoire du centre de l’Afrique, a joué un rôle prééminent et qui a été le berceau de l’Etat bornouan. » (NACHTIGAL, p. 475.)
Cela rend rêveur ! JOALLAND, 30 ans plus tard, devait se tromper de même, car le Kanem est un pays excessivement pauvre.
I. — ASPECT GÉNÉRAL
Le Kanem est un pays vallonné où les dunes de sable alternent avec les ouadi et les cuvettes. Dans l’ensemble les dépressions communiquent souvent entre elles, mais il existe aussi de nombreux systèmes isolés. Il y a donc deux aspects principaux du pays : 1o Le _Gouss_ (arabe) ou _Kiri_ (Kanembou), grande steppe dénudée, aux rares touffes d’herbes à souches vivaces et au court gazon de plantes annuelles de juillet à la fin de septembre ; 2o le Ouadi, sillon un peu en contre-bas de la plaine, large de 100 mètres à plusieurs kilomètres, qui se nomme _Bela_ ou _Derib mogo_ (la « route de l’eau » en Kanembou), qui décrit des méandres nombreux, s’élargit en cuvette ou se rétrécit, et dans lequel il se forme parfois des lagunes en hivernage. A l’assèchement de ces lagunes le sol noir se fendille, ou bien une couche noirâtre de natron se dépose et donne l’aspect d’une boue gelée.
Du côté de Bir Alali et plus au N. du Kanem, d’après NACHTIGAL, les ouadi auraient une direction perpendiculaire à celle du Bahr el Ghazal et on rencontre des dunes sans herbes avec le _Leptadenia spartum_ (Asclépiadée) ; les Kanembous nomment _Bodou_ ce genre de formation.
Un aspect très spécial du ouadi remarqué à Ngouri est le _Kharim_, fourré épais d’arbres enlacés de lianes (Asclépiadées, _Capparis_, _Acacia pennata_. Ce genre de bosquets se trouve au fond même de certaines cuvettes dans lesquelles l’eau est douce.
A l’hivernage les arbres et arbustes des ouadi s’enguirlandent de lianes herbacées (Convolvulacées, Cucurbitacées, Asclépiadées et Légumineuses), dont les fleurs vont s’épanouir à la cîme des arbres.
On trouve l’eau à peu de profondeur (de 2 à 5 brasses) mais elle est rarement potable, et les seuls lieux habités sont les ouadi.
II. — CLIMAT
La saison des pluies a commencé vers le 20 juillet ; il y avait eu précédemment quelques petites tornades espacées, avec quelques gouttes d’eau. Elle s’est terminée le 15 septembre, soit une durée de deux mois environ. Du 15 au 25 septembre il y a eu une période de transition avec tornades sèches ou seulement accompagnées de quelques gouttes d’eau.
Le 25 septembre l’Harmattan ou vent du N.-E. a commencé à souffler. Il se fait sentir de 7 h. du matin à 6 h. du soir. Ce vent persiste jusqu’en avril, soulevant des tourbillons de sable qui va s’accumuler peu à peu dans les ouadi.
En résumé le climat du Kanem est sain, les Européens s’y portent bien. Les moustiques qui pullulent au Tchad y sont peu abondants.
III. — FLORE
La flore du Kanem est une flore sub-saharienne. Les _Acacias_ sont peu abondants sauf l’_Acacia Vereck_. L’_Acacia arabica_ est rare et n’existe en bouquets qu’auprès du Bahr el Ghazal. Le _Combretum glutinosum_ disparaît avant Ngouri, l’_Anogeissus leiocarpus_ n’existe plus, il disparaît avant Massakori. Près de Ngouri on rencontre encore le _Kigelia_ et une autre Bignoniacée, deux espèces de Capparidées dont l’une à rameaux étalés et blanchâtres forme parfois un arbre de 4 à 5 mètres de hauteur qui dans certains cas devient plus commun que la forme buissonneuse. Dans les ouadi domine une espèce de _Ziziphus_ pouvant atteindre 8 à 9 mètres de hauteur qui diffère du _Ziziphus orthocantha_ par ses feuilles qui sont vertes en dessous.
Le _Capparis sodada_ aphylle ou presque aphylle est très commun et forme des buissons impénétrables hauts de 0m,50 à 3 mètres. Ses fleurs d’un rouge vif décorent en octobre ces halliers du Kanem.
En certains endroits on ne voit pas un seul arbre ; ailleurs se détache la silhouette d’un _Acacia albida_ isolé, et visible à une grande distance, car il croît au sommet même des mamelons de sable. Les cuvettes ont des plantes spéciales, au fond surtout deux graminées recherchées par les chameaux, trois crucifères, un tamaris et le _Salvadora_. Sur le flanc, des Doums, en haut et s’étendant assez loin sur le Gouss, des Térébinthacées, des _Acacias_, des _Commiphora_ et des _Balanites_.
IV. — CULTURES ET ÉLEVAGE DU BÉTAIL
La principale culture est celle du _Penicillaria_ ou petit mil.
On peut dire qu’à surface égale cultivée, le petit mil donne un rendement quatre fois moins grand au Kanem que sous les 9e et 10e parallèles au Chari. La variété cultivée partout est dépourvue de barbes, alors que sa souche émet 20 chaumes fructifères au pays sara, elle ne donne que 3 à 5 tiges fertiles en moyenne. L’ensemencement se fait fin juin ou commencement de juillet. S’il survient quelques petites pluies le mil pousse, autrement à peine sorties de terre les germinations meurent et il faut recommencer l’ensemencement plusieurs fois. Si les pluies sont normales (dix à quinze centimètres pour tout l’hivernage) la production est assurée, à moins de circonstances spéciales (sauterelles, charançons[245], maladies). Au contraire si la saison pluvieuse est pauvre en chutes d’eau, ou si celles-ci cessent trop tôt, la récolte est manquée en beaucoup d’endroits. C’est ce qui est arrivé cette année à Mondo. Alors qu’il pleuvait partout dans les environs, Mondo recevait à peine quelques gouttes de pluie ; le mil a poussé, il a même fleuri, mais la graine n’a pu se développer. D’après les indigènes il eût suffi d’une petite pluie propice pour que la récolte réussisse, elle n’est pas venue, il n’y a pas de grain. Les épis se dressent comme s’ils étaient nouveaux, quelques pieds par hasard ont formé des graines, mais c’est l’exception.
La récolte du _Penicillaria_ commence au Kanem en septembre elle se poursuit jusqu’en octobre. Les femmes vont chaque matin couper les épis murs et les rapportent au village où ils sont entassés au soleil sur une aire de terre battue. Lorsque les graines sont bien sèches on les fait tomber.
Le mil sert exclusivement à la nourriture, sauf à Mondo où les Arabes en transforment une partie en mérissa. Les Kanembous en échangent aussi avec les Krédas, les Touaregs, etc.
Les officiers du territoire ont amené en 1903 les indigènes à étendre considérablement leurs cultures, mais les emplacements souvent mal choisis ont donné de faibles résultats. Les haricots (_Vigna_) occupent une surface assez étendue dans les cultures des Kanembous. Ils réussissent là où le petit mil ne donne rien. A Mondo par exemple, les _Vigna_ semés au milieu du _Penicillaria_ avorté ont donné des gousses, très petites mais contenant 3 à 5 graines, c’est là une précieuse ressource.
La culture du Dattier commence à Mao, et se poursuit dans toutes les oasis où l’eau affleure, jusqu’à Bir Alali où les dattiers sont nombreux et forment une véritable forêt. La récolte des dattes se fait en juin et juillet. Les dattes du Kanem sont peu estimées, la pulpe est sèche et peu sucrée, le noyau démesurément gros a souvent un développement anormal. Les Toundjers qui ne récoltent pas de dattes mais qui en consomment, échangent une mesure de dattes contre deux mesures de petit mil.
Les dattes sèches sont conservées dans des sacs en cuir de mouton, tanné avec le fruit de l’_acacia arabica_ (cuir rouge).
On rencontre encore quelques plantations très restreintes de Sorgho, et un peu de coton dans les ouadi ; le blé ne se cultive qu’aux îles du Tchad.
L’élevage du bétail (bœufs, moutons) est fait sur une assez grande échelle. Les bœufs appartiennent à une race forte, peu laitière. D’ailleurs le lait est de médiocre qualité, les indigènes ayant la fâcheuse habitude de laver leurs récipients avec l’urine des animaux pour empêcher la fermentation lactique. Un bœuf vaut de 5 à 6 thalers, une vache laitière 10 thalers, deux bons moutons valent 1 thaler.
A la saison sèche on mène les troupeaux pâturer au bord des bahrs orientaux du Tchad, spécialement autour des cuvettes natronnées, les animaux broutent avec délices les _Panicum_ à feuilles piquantes qui constituent le principal fourrage en toute saison.
Les chevaux et les ânes sont peu nombreux, les chameaux n’existent que chez les Touaregs, les Ouled Sliman et les Krédas. C’est partout le bœuf non châtré qui s’emploie comme animal porteur. Il résiste à ce travail beaucoup mieux qu’au Baguirmi et arrive à fournir des marches de 30 à 40 kilomètres par jour, en portant 50 à 60 kilogrammes, ainsi que le bouvier qui monte presque toujours l’animal pour le conduire. La charge d’un bœuf adulte peut être portée jusqu’à 80 et 100 kilogrammes, mais ce poids est excessif si l’animal a plus de 100 kilomètres à fournir et si l’on veut lui faire parcourir plus de 20 kilomètres par jour. On fait ordinairement marcher les bœufs porteurs (_tor_ en arabe) la nuit ou le matin, on les laisse reposer et pâturer à partir de 10 heures du matin, et on les recharge à partir de 2 heures seulement, en les arrêtant autant que possible un peu avant la fin du jour pour qu’ils puissent pâturer. Pour les longues étapes il est nécessaire de marcher la nuit.
V. — ÉLEVAGE DES CHAMEAUX
Il se pratique en grand chez beaucoup de confédérations Berbères et Arabes, situées entre le Tibesti, le Borkou, le Kanem et le Ouadaï. Les contrées traversées par le Bahr el Ghazal sont en effet très favorables, par leurs pâturages natronnés et l’absence de mouches venimeuses.
Les Kachirdas seraient de toutes les tribus celle qui s’adonne le plus à cet élevage et qui possède la plus belle race. Mais, toujours en course à travers le désert les animaux ne suffisent même pas à leurs besoins[246] ; ils achètent des chameaux au lieu d’en vendre[247]. Après les Kachirdas, les Borkous et les Bidéats sont les nomades qui possèdent le plus grand nombre de chameaux. On en trouve aussi un peu chez les Kardas, les Tourdas, les Tagourdas et les Gadouas. Les caravaniers (djellabahs) se procurent des chameaux au N. et au N.-E. du Dar Ouara dans les tribus arabes suivantes : Mohamed, Diahaténé, Naouala, Zabada, Messirié, Khozzam[248].
Le chameau atteint son développement en quatre années. S’il n’est point surmené et s’il reste constamment dans les régions désertiques, il peut continuer à rendre des services pendant dix ans, mais il demande des soins, des pâturages spéciaux et, après les traversées fatigantes, une nourriture réconfortante composée de mil pilé mélangé à du natron. Cette dernière substance, très prisée du chameau, doit lui être donnée fréquemment.
L’ennemi le plus redoutable du chameau est le lion qui en enlève un grand nombre chaque année le long du Bahr el Ghazal[249]. La maladie la plus dangereuse est nommée Guérap en arabe et Tourkom en kréda. Elle atteint de préférence les animaux qui ont enduré de grandes privations et effectué de longues traversées sans manger de natron. Le corps se couvre alors de plaies, qui se remplissent de vers. Si on ne sacrifie pas immédiatement l’animal, la maladie peut se communiquer à tout le troupeau. Il existe aussi des plantes vénéneuses redoutables. La plus dangereuse, le _Capparis tomentosa_ (Gouloum, en arabe), tue infailliblement, dit-on, les individus qui la broutent ou qui mangent ses fruits.
Le voyage des chameaux en hivernage dans les contrées pluvieuses, surtout aux environs du Tchad, dans le Dagana et le Khozzam, expose à de grandes pertes. Il paraît que ce sont exclusivement les mouches venimeuses qui occasionnent des maladies[250]. Les chameaux, de même que les bœufs et les chevaux, ne meurent pas immédiatement, mais ils dépérissent et ils succombent après l’hivernage sans qu’une bonne nourriture puisse les sauver. Dans les rahats sahariens ces mouches font défaut, les chameaux ne souffrent pas de l’humidité, bien qu’ils se roulent dans les mares. Ils ont si peu besoin de se désaltérer qu’au dire des indigènes, ils restent toute la saison des pluies sans boire.
De toutes les plantes, celle qu’ils mangent le plus avidement est la pastèque sauvage à fruit comestible non amer. Ils broutent aussi tous les arbustes épineux du S. saharien, _Acacia_, _Bauhinia_, _Capparis_, à fruits comestibles, _Combretum aculeatum_, _Balanites_, Jujubier. Ils semblent avoir une préférence marquée pour toutes les plantes piquantes. C’est ainsi qu’ils recherchent l’Askenit al Koulab, cette Tiliacée dont les écailles cotonneuses munies de poils recourbés se fixent aux vêtements comme les capitules des Bardanes.
VI. — COMMERCE ET INDUSTRIE
Le commerce du Kanem est nul depuis l’affaire de Bir Alali. Actuellement les Bornouans feraient passer par le S. du Tchad quelques étoffes, des aiguilles, du tabac, des oignons (on n’en cultive pas au Kanem), un poison spécial pour les flèches et les fers de lances ; les Kanembous donnent en échange des bœufs et des moutons.
La poterie se confectionne avec la terre des ouadi à laquelle on mélange un peu de tuf calcaire pulvérisé. Les gourdes sont suffisamment poreuses pour qu’on puisse rafraîchir l’eau. Ces gourdes sont entourées de tresses assez jolies, faites, comme les quelques autres objets de sparterie, avec les feuilles du Doum.
Il existe une caste spéciale de forgerons qui fabriquent les lances et les flèches, ces armes sont toujours empoisonnées. Les forgerons allaient autrefois chercher le minerai de fer au Chittati, région située au N.-O. de Bir Alali, ce minerai se recueillait à la surface du sol ; ils n’en tiraient ni du Dagana ni du Dar Kréda.
Le coton récolté se file, mais se tisse très rarement.
VII. — APERÇU GÉOLOGIQUE
Les terrains du Kanem, au moins ceux de la surface, diffèrent complètement de ceux du bassin central du Chari. Depuis 9° jusqu’à 13° N. des dépôts lacustres d’une très grande épaisseur, formés de sable et d’argile, ont nivelé presque complètement le sol en ne laissant subsister aucune dépression importante. C’est à travers ces alluvions que les fleuves actuels, sans thalweg distinct, se frayent un chemin plus ou moins tortueux. A partir des rochers d’Aouni et de Ngoura, on n’observe plus rien de semblable.
Des rides longues de 500 à 2.000 mètres alternent avec des cavités (ouadi) larges de 100 mètres à plusieurs kilomètres, dont l’ensemble forme un système de dépressions très allongées, parallèles, dont la direction générale est sensiblement S.S.E.-N.N.O. ; les parties saillantes sont elles-mêmes alignées dans la même direction. Cette topographie donne au paysage un aspect très spécial. La végétation arborescente est étroitement localisée dans les cavités ; les arbustes sont très rares sur les crêtes. Souvent même on découvre un horizon très vaste sans un seul arbre : c’est alors un immense désert de sable, nu en saison sèche, masqué à l’hivernage par des Graminées et des Légumineuses herbacées.
Cet aspect est commun au Bahr el Ghazal, où les ouadi sont peut-être plus nombreux que partout ailleurs, à tout le Kanem et au Tchad : les Bahrs ou parties lacustres du Tchad correspondent en effet aux ouadi et les « îles » du Tchad aux crêtes. En suivant les ouadi, l’eau du lac s’est étendue autrefois bien au-delà des rives actuelles. Nous avons vu à Clitoua, à environ 100 kilomètres du rivage actuel et en pleine région saharienne, au fond et même sur les talus des ouadi, des blocs de roches de plus d’un mètre cube formés de débris de roseaux fossilisés et agglutinés entre eux. Or ces roseaux ne vivent aujourd’hui que dans le lac même ou dans les parties inondées avoisinantes.
L’eau du Tchad qui pénètre dans les ouadi, de même que les eaux de pluie qui forment, aux alentours, des lagunes temporaires se saturent de sels de soude et laissent déposer en s’évaporant ces sels et des concrétions calcaires, ce qui fait supposer qu’un calcaire vraisemblablement crétacé existe en profondeur, recouvert par les couches argilo-sablonneuses[251] qu’il faut traverser pour aller chercher l’eau dans le lit des ouadi. Les puits creusés sur les rides ont rencontré constamment un sable très mobile plus ou moins roussâtre, à éléments très fins, semblable d’aspect à celui des Erg. Il m’a été impossible de savoir ce qu’il y avait au- dessous de ce sable. Dans le fond des Bahr il y a parfois une croûte de tuf calcaire dont l’épaisseur peut atteindre 1 mètre et qui forme à la surface des bombements en forme de champignons. Ce calcaire repose directement sur le sable et paraît déposé à la suite de l’évaporation des eaux. A Rédéma le calcaire existe sous forme de concrétions éparses dans une marne friable et verdâtre. Au fond de la plupart des Bahrs la terre est en outre très riche en natron et lors de l’assèchement des lagunes il se dépose une couche compacte de ce sel. L’eau des puits de Ngouri et de beaucoup d’autres localités est alcaline. Aucune roche ancienne n’affleure dans le Kanem[252].
[Note 245 : Les charançons dévorent parfois la récolte de mil sur pied.]
[Note 246 : Non seulement le chameau sert chez eux de Mehari et de bête de transport, mais la chamelle fournit du lait. On tue de temps en temps un animal pour le manger ; ceux qui meurent de maladie sont eux-mêmes consommés.]
[Note 247 : Au Bahr el Ghazal une belle chamelle suivie de son petit, s’échange contre trois bœufs ; un chameau en pleine force vaut deux bœufs. Le paiement en thalers est inconnu.]
[Note 248 : Dans les environs d’Abeschr seulement, chez les Khozzams du N. du Baguirmi il n’y a pas de chameaux.]
[Note 249 : Chose curieuse, il est au contraire extrêmement rare que le lion attaque le berger, et Djerma Térab m’a affirmé qu’il n’a jamais eu connaissance qu’un lion ait mangé un homme éveillé. A l’exemple de la grosse hyène, il peut étrangler un individu endormi ou même saisir les femmes et les enfants qui s’écartent dans la brousse, mais il n’inquiéterait jamais un homme armé.]
[Note 250 : Il y a cinq sortes de Diptères très dangereux pour les animaux domestiques au dire des indigènes : 1o les moustiques ; 2o l’abou daguig, moucheron beaucoup plus petit encore que l’_Anophèles_ ; 3o l’abou gadoum, qui ressemble beaucoup à la mouche domestique ; 4o le terr ou do, sorte de gros taon ; 5o enfin la _boguéné_, fort analogue à la tsétsé.]
[Note 251 : Le calcaire affleurerait dans le Sagarda, à 8 jours N.-E. d’Aouni (renseignement kréda). Le natron s’y trouve aussi en grandes tables.]
[Note 252 : Il y aurait des affleurements de rochers au Chittati situé au N.-O. de Bir Alali, on m’a rapporté de cet endroit un gros galet roulé de quartz.
Dans le pays des Krédas, les seuls rochers qu’ils connaissent pour venir camper à la saison sèche, sont ceux de Sayal, Ambichéré (22 kilomètres au N. d’Aouni), Rédéma, Hadjer Omer et Hadjer Djombo.
Il n’y a dans le pays Kréda, ni sel, ni nitrate, il faut aller chercher ces produits au N. d’Abeschr, à 15 ou 20 jours du Fittri. Le sel gemme et le natron se rencontrent chez les Mohamid à l’E. du Borkou, qui dépendent du Ouadaï et non du Borkou. Les nitrates utilisés pour faire de la poudre (Am Sabaka) se trouvent à 4 jours dans le N. d’Aouni, notamment au lieu dit Imakik. Enfin les Ouadaïens, qui savent fabriquer la poudre, vont les chercher du côté du Borkou, à 10 jours environ d’Abeschr.]