CHAPITRE XX.
Voyage à Audjelah.
§ I.
_Grande Syrte._
La ville de Bérénice, je le répète, a presque totalement disparu sous la moderne Ben-Ghazi, et, d’après les faibles indices qui en restent, on ne peut se faire une idée exacte de son ancienne étendue. Quant au port qui occasionna la fondation des deux villes ancienne et moderne, il est un peu rétréci par l’envahissement des sables, sans être pour cela moins sûr. Il présente encore une belle rade abritée par deux promontoires, dont le méridional est plat et couvert de palmiers, et le septentrional plus élevé, correspond au _Pseudopenias_ de Strabon : un gros rocher que l’on aperçoit dans la mer à quelque distance de ce dernier promontoire, m’a paru être la petite île basse et noire servant dans l’antiquité à abriter les bateaux, ainsi que le rapporte le Périple anonyme[364].
Puisque je ne retrouve que de rares et insignifiants vestiges de l’ancienne Bérénice, m’arrêterai-je long-temps dans les murs de la ville moderne ? Dénombrerai-je ses maisons plates et bâties sur le sable ; ses habitants, Juifs, Mograbins et Arabes ? Parlerai-je de son commerce de bestiaux, de miel et de laine ? Ferai-je la description des jardins de la ville, de ces petits champs dans le sable, dont le pourpier et le poivre-long font ordinairement les honneurs, et qu’ombragent quelques palmiers aux maigres panaches battus par les vents ? Ou bien renonçant à ces vétilles, d’ailleurs à la connaissance d’une foule d’Européens qui visitent Ben-Ghazi, peindrai-je le souverain de la moderne Cyrénaïque, entouré de sa cour d’Arabes déserteurs, et tenant nonchalamment son divan dans une masure délabrée, décorée du nom de château ? A ce sujet, déroulerai-je la liste de ces seigneurs féodaux par la forme, et simples fermiers par le fait, qui, en vertu de pouvoirs accordés par le pacha Yousouf, viennent s’installer durant trois années consécutives à l’extrémité de la province de Barcah, et, n’osant pénétrer eux-mêmes dans ses forêts, y envoient de temps à autre des émissaires, pour retirer ou pour essayer de retirer de leurs hôtes le tribut annuel, dont la totalité ne doit pas s’élever à moins de cent soixante mille piastres d’Espagne ?
Mais à ces divers propos, il me semble entendre mon lecteur, justement fatigué de mes prolixes récits, se récrier et me dire qu’il est temps d’y mettre un terme. Tel est aussi mon dessein. Pour en atteindre plutôt le but, je me hâte de quitter Ben-Ghazi, ne pouvant toutefois me dispenser de prévenir les personnes curieuses d’aller visiter l’intéressante Cyrénaïque, qu’elles trouveront dans cette ville auprès de M. Rossoni, et à Tripoli auprès de M. Vattier de Bourville, des fonctionnaires dont le zèle cosmopolite pour les sciences, et l’obligeance pour ceux qui les cultivent, ajouteront de nouveaux charmes à leur pélerinage aux champs classiques de Cyrène. Cela dit, je plie ma tente, et me dirigeant au Sud vers le désert des Syrtes, je vais résumer en peu de mots ce qui me reste à dire sur mon excursion en Libye.
C’est apparemment aux bas-fonds qui avoisinent la côte de la grande Syrte, qu’il faut attribuer les traditions de l’antiquité sur les grands dangers que recélait ce golfe ; car de nombreuses observations ont prouvé de nos jours qu’il est généralement dépourvu d’écueils et presque partout navigable. La côte orientale est celle qui paraît avoir été de tous temps la plus inhospitalière : témoin les expressions dont se sert à ce sujet le Périple anonyme[365], et celles non moins caractéristiques de Méla qui la désigne par _importuoso littore pertinax_. Aussi ne doit- on pas être surpris que malgré la bonne qualité du sol et les belles prairies qui bordent toute cette partie de la côte, depuis Bérénice jusqu’aux deux tiers de distance du fond du golfe, les Cyrénéens n’y aient élevé aucune ville d’une grande importance. Il est même à remarquer, pour complément de ce fait, que _Borium_, la seule ville de ce canton qui ait acquis quelque illustration dans l’histoire de la Cyrénaïque, soit d’abord comme asile de la secte hébraïque dont elle renfermait un temple célèbre, soit, plus tard, comme boulevart de l’empire romain à Cyrène, loin d’avoir été élevée sur la côte, fut construite au contraire, d’après Procope, dans un étroit vallon[366], au pied du plateau cyrénéen, et vis-à-vis probablement du promontoire du même nom[367], qui en est distant de cinq ou six lieues. Des ruines surnommées par les Arabes _Massakhit_, comme celles d’Aphrodisias, sont indiquées à peu près dans cette localité ; quelque autre Européen pourra peut-être vérifier ce renseignement que je n’ai pu vérifier moi-même, et qui assurément n’est pas dépourvu d’intérêt.
Quant aux autres bourgs et villages que les divers géographes de l’antiquité placent sur ce littoral, il n’en est aucun, je le répète, qui ait eu quelque importance commerciale ou politique : Ils nomment successivement depuis le promontoire _Borion_ ou _Boreum_, _Diachersis_, _Mastoras_, _Heracleum_ ou la tour d’Hercule, _Drepanum_, simple promontoire selon les uns[368], et ville selon d’autres[369], enfin _Serapeum_, _Diaroas_ et _Apis_ qu’un observateur moderne a reconnu comme limite méridionale de la navigation le long de la côte orientale de la Syrte. Je ne parle point de _Charax_ situé au fond du golfe, ni des autels des Philènes dont les vents ont depuis bien des siècles dispersé les témoignages mobiles.
Mais par contraste, si ce canton n’attira que faiblement l’attention des Cyrénéens, on peut avancer que, si ce n’est à l’époque des Ommiades, du moins à celle des Fathimites, il fut préféré par les Sarrasins à la région montueuse. Les nombreux débris de bourgs et de villages appartenant à cette période qu’on rencontre dans toute l’étendue de ce littoral jusqu’aux étangs de _Berss_, dont j’ai parlé, et les traditions bien plus concluantes des historiens orientaux, en sont des preuves assez fortes. Les belles prairies qui forment au printemps, de cette côte spacieuse, une immense plaine fleurie, convenaient-elles mieux aux mœurs chevaleresques et aux habitudes primitives des nouveaux possesseurs de cette contrée, que les montagnes voisines ? c’est ce qu’on ne saurait affirmer. Il n’en est pas moins certain que ce canton devint, dans le sixième siècle de l’Hégire, le siége de l’empire de Barcah ; et tandis que les villes de l’ancienne Pentapole tombaient en ruines, que Barcé réédifiée par les Ommiades n’était plus elle-même qu’une petite bourgade, les villes de _Ladjedabiah_ et de _Sort_ florissaient aux bords de la Syrte, et étaient, au rapport d’Edrisi, les plus considérables du troisième climat[370], c’est-à-dire, de tout ce pays qui comprenait dans son vaste circuit la Marmarique et la Cyrénaïque. On trouve les ruines de la première de ces villes à treize lieues du cap _Carcora_, à trois des bords de la mer, et dans cette partie de la plaine qui sert de confins aux terres fertiles. Si l’on en juge par l’étendue qu’elles occupent, et les beaux débris qu’on y aperçoit, ce devait être en effet une ville assez considérable. Les mieux conservés de ces débris sont deux châteaux, dont un se fait remarquer par ses grandes dimensions, par les pierres colossales de ses assises et l’élégance moresque de l’ensemble de l’édifice[371]. Sur plusieurs voûtes en fer à cheval qui le décorent, on voit des inscriptions cufiques en grandes lettres très-frustes, dont un profond orientaliste pourrait tirer peut-être quelques lumières pour l’histoire obscure de Barcah.
Il n’est pas superflu d’ajouter que dans les assises de ces deux édifices, comme dans un grand nombre de ceux que nous avons rencontrés dans la Pentapole, on remarque plusieurs fragments d’inscriptions grecques tronquées et renversées. Cet indice, qui sert de nouvelle preuve au système de réédification adopté par tous les peuples qui ont successivement occupé cette contrée, peut servir aussi à retrouver dans ce lieu la situation de l’ancien _Serapeum_, éloigné, d’après l’Anonyme, de trois cent vingt stades de _Chersis_. _Ladjedabiah_ est à treize lieues du cap _Carcora_, ce qui correspond exactement à la distance citée ; et _Carcora_ paraît convenir à la situation de _Chersis_ auprès duquel était un port, à cause du mouillage qui existe auprès de ce cap, le seul ou du moins le meilleur de toute la côte orientale de la Syrte. De plus, en continuant à suivre les indications du même stadiasme, on pourrait aussi reconnaître, mais non sans un peu d’imagination, la tour d’Hercule située à cent stades au nord de _Serapeum_, dans une construction informe que l’on rencontre à peu près à cette distance sur une pointe rocailleuse qui serait par conséquent le promontoire _Drepanum_ décrit par le stadiasme[372]. Cette construction, demeure actuelle d’un obscur Mourabout, repose sur des fondements antiques ; et ses murs, malgré le profane mélange des blocs qui les composent, semblent trahir par leur grande vétusté une antique et vénérable origine.
Quant à la seconde ville, celle de _Sort_, qu’Aboulféda place à deux cent trente milles de Tripoli, et Edrisi à deux cents pas des bords de la mer ; je ne puis rien dire à son sujet, puisque je n’ai pas visité cette partie de la côte. Toutefois, si l’on en croit les récits des Arabes du canton, des ruines non moins considérables que celles de _Ladjedabiah_, et portant encore le nom remarquable de _Sort_, qui n’est, comme on s’en aperçoit, qu’une altération de celui de Syrte, se trouveraient au fond du golfe. Cette ville aurait-elle remplacé l’ancienne _Charax_, ainsi que _Ladjedabiah_ paraît avoir remplacé l’ancien _Serapeum_ ? C’est ce qu’un Européen plus persévérant que moi se plaira peut-être à vérifier.
Au sud de _Ladjedabiah_, le sol continue pendant quelque temps encore à être labourable, et présente çà et là de petits champs cultivés ; puis le voisinage de la région des sables s’annonce par leur empiétement sur les terres ; enfin à deux lieues de distance, terre et végétation disparaissent tout-à-fait, et l’on entre dans le désert des Syrtes, désert affreux s’il en est !
Sans doute que des traditions antiques et une imagination prévenue influent sur l’effet que produisent sur nous les objets physiques : les noms des Syrtes fabuleuses et de leurs innombrables reptiles, les tourments qu’y éprouva le vertueux Caton et sa stoïque persévérance, sont propres, il faut l’avouer, à préparer l’esprit du voyageur au tableau qui se déroule devant lui et à en augmenter l’horreur. Néanmoins, quelque indifférent que l’on puisse être au pouvoir des souvenirs, je doute qu’un Européen aventuré pendant la chaude saison dans ces immenses solitudes pour s’avancer dans les terres, quoique familiarisé avec le sol de Libye, n’en éprouve pas une impression pénible. Il tourne le dos à l’Europe, et son horizon se déroule à ses yeux en plaine mobile et sans bornes : Là, nulle végétation, quelque grêle et grisâtre qu’elle soit, ne fait hâter le pas du chameau, et n’interrompt la monotonie de sa marche ; nulle colline, quelque aride et calcinée qu’elle soit, ne coupe la nudité du désert et ne suggère au voyageur de vagues rêveries par ses formes fantastiques ; nul palmier solitaire, agitant au loin sa cime au gré des vents, ne provoque les chants de l’arabe par l’annonce de la source hospitalière ; nul troupeau de gazelles, se jouant dans la plaine, ne vient distraire la caravane attristée : l’hyène même et les autres fauves de Libye ne s’aventurent jamais dans cette zone brûlée, et le silence de ce tombeau de la nature n’est pas même troublé par leurs hurlements nocturnes. Un ciel de feu, un sol constamment uni, du sable, toujours du sable, rien que du sable sans eau, telle est la région qui s’étend du littoral des Syrtes jusqu’à la station de _Rassam_ ; et cet espace, en n’en parcourant qu’une ligne, forme au moins trente lieues d’étendue.
Et cependant une telle région non-seulement fut toujours habitée dans l’antiquité, mais les hommes s’en disputèrent même la possession. Pour concevoir de pareils faits, dont on ne peut douter d’après d’irrécusables renseignements historiques, il faut admettre que lorsque la civilisation occupait les montagnes voisines, et attirait par l’espoir des déprédations les peuplades de l’intérieur de l’Afrique, la région de la grande Syrte devait offrir des vallées habitables, et rendues telles par les efforts de ceux qui étaient venus s’y établir. Quelques puits creusés çà et là, quelques canaux semblables à ceux de la Marmarique, auront réuni les pluies de l’hiver dans les bas-fonds, et répandu un peu de végétation sur des plaines maintenant envahies par les sables. Cette supposition se change d’ailleurs en certitude, si l’on observe que les Psylles, premiers habitants de la Syrte, y avaient creusé des citernes, au rapport d’Hérodote, et que ce ne fut que par leur desséchement qu’ils se virent contraints d’abandonner leur pays, et d’aller faire cette guerre allégorique au vent du midi, auteur de leurs maux[373].
Quoi qu’il en soit, c’est dans ces lieux que les Nasamons, après le départ des Psylles, fixèrent leur séjour ; c’est là que, malgré les conditions indispensables de mon hypothèse, cette pauvre peuplade voyait de temps en temps ses rares moissons et ses champs mêmes emportés par les vents :
Regna videt pauper Nasamon errantia vento.
Aussi les usages des Nasamons paraissent avoir été appropriés à la nature du sol qu’ils habitaient. Ils n’occupaient point des tours comme les Libyens de la région montueuse ; ils ne se construisaient point des maisons comme les Maxyes leurs voisins ; ils n’avaient point des tentes commes les Scénites des environs d’Ammon ; mais ils se faisaient avec des asphodèles et des joncs entrelacés de petits logements qu’ils transportaient d’un endroit à un autre, et qu’ils pouvaient placer partout sur ces sortes de terrains mouvants[374]. On pourrait aussi attribuer aux mêmes causes le soin qu’ils prenaient de ne pas laisser expirer leurs proches couchés sur le dos, et de les tenir assis, de crainte peut-être que leur corps ne disparût sous les sables[375] ; et leurs chasses de sauterelles, mesquines mais nécessaires ressources, auxquelles ils étaient obligés de recourir en été, pour subvenir à leur nourriture[376]. La saison de l’automne leur était plus favorable : ils s’éloignaient alors de l’aride littoral où ils laissaient leurs troupeaux, et se rendaient à l’Oasis d’Augiles, dont les habitants hospitaliers leur permettaient de recueillir une partie des dattes qui croissaient abondamment dans leur canton[377].
L’excessive stérilité de la patrie des Nasamons, et la pauvreté qui en résultait pour eux, pourraient pallier en quelque sorte la mauvaise réputation que leur ont faite quelques auteurs de l’antiquité, à cause des déprédations qu’ils commettaient sur les navires jetés sur leurs côtes par les tempêtes, et au moyen desquels un d’entre eux dit ingénieusement qu’ils faisaient le commerce avec tout l’univers[378].
Cependant il paraît que ces déprédations devinrent si nuisibles au commerce de Cyrène, que, dès que les Romains furent possesseurs de la Pentapole libyque, ils cherchèrent à purger la grande Syrte de ces voisins plus dangereux pour leurs intérêts que ses propres écueils. A cet objet, Auguste ne dédaigna point de leur faire porter la guerre, et ce ne fut pas sans peine qu’il les contraignit à reculer devant les aigles de Rome ; il réussit néanmoins à leur faire quitter le littoral, et Denys le Periegète dit, en effet, que de son temps on n’y apercevait plus que leurs demeures vides, c’est-à-dire ces cabanes d’osier et d’asphodèles dont j’ai parlé. Toutefois, ils firent encore une tentative pour reconquérir leur misérable patrie, et ils y parvinrent ; mais les mêmes causes apparemment ayant provoqué les mêmes effets, Domitien, au rapport d’Eusèbe et de Josèphe, leur fit éprouver une nouvelle défaite, et les força à se retirer de nouveau dans l’intérieur des terres vers le sud-est, dont ils allèrent probablement peupler les petits îlots de terre qu’on y rencontre de nos jours.
Depuis ce temps-là ils ne reparurent plus le long de la côte, qui fut désormais occupée par les peuplades voisines, les agriculteurs Maxyes et les paisibles Aniches.
§ II.
_Oasis d’Augiles._
Après avoir traversé dans la direction sud-est la région de la grande Syrte, pour se rendre à l’Oasis d’Augiles, on arrive à _Rassam_, petite portion de terre cristallisée par le sel, où l’on trouve, parmi des bouquets de tamarix et de palmiers, les ruines d’un château sarrasin et un puits d’eau saumâtre.
De _Rassam_ à _Audjelah_ il faut parcourir encore vingt lieues de distance : une source d’eau douce nommée _Sibillèh_, située dans un champ de soudes, forme l’entrée de l’Oasis.
Vouloir dire l’effet que produit sur une caravane, venant en été des bords de la Syrte, le seul aspect de ce peu d’eau limpide dans le sable, et de ce champ couvert d’une pâle végétation, ce serait tenter une chose fort difficile. Comment peindre cette physionomie souffrante de l’homme, alors qu’elle est ranimée par l’espérance, qu’elle aperçoit le terme de ses maux ? Comment rendre ce murmure d’impatience et de plaisir mille fois plus agréable que les accents bruyants de la joie ? Il ne faudrait pas non plus oublier les soutiens de la caravane, les sobres et patients chameaux, à la seule odeur de l’eau, hâtant péniblement le pas, et, les yeux démesurément ouverts, balançant tous ensemble leur tête laineuse qu’ils dirigent chacun vers le même point. On arrive, on se désaltère, on remercie de mille manières le prophète. Viennent ensuite quelques habitants de l’Oasis, on se félicite, on se complimente de part et d’autre, et l’on reçoit les fruits de l’ineffable hospitalité.
_Audjelah_, l’Augiles des historiens, est loin d’offrir l’agréable aspect des Oasis voisines de l’Égypte : un village et une forêt de palmiers isolés dans une immense plaine de sable rougeâtre, tel est le triste coup d’œil que présente cette Oasis. On peut en dire autant de _Djallou_ et de _Lechkerrèh_, autres petits cantons habités qui dépendent de nos jours d’Augiles, comme il est probable qu’ils en dépendaient dans l’antiquité ; ils sont séparés l’un de l’autre par six ou sept lieues de distance.
Une quatrième Oasis censée aussi faire partie du groupe des précédentes, s’en trouve éloignée de trois journées environ de marche vers l’occident. Ce lieu caché au milieu d’un labyrinthe de monticules de sables mouvants, se nomme _Maradèh_ ; et soit que son aspect s’embellisse de la profonde horreur qui l’entoure, soit qu’une ceinture de collines schisteuses bariolées de grandes veines jaunes et bleues, délasse un peu la vue fatiguée de la monotonie de ce vaste désert, soit enfin que plusieurs sources d’eau douce, dont une thermale, raniment par leur agréable saveur l’estomac affadi par les eaux saumâtres, ce n’est pas sans plaisir que l’on arrive dans ce petit canton. Le sol, formé de terre rougeâtre comme celui des Oasis d’Égypte, offre avec celles-ci une analogie plus remarquable. De même que dans ces Oasis, on y trouve abondamment l’_hedisarum alhagi_, ce sainfoin du désert célèbre chez les écrivains orientaux, tandis qu’il ne croît, ni sur les terres trop grasses de Cyrène, ni dans les plaines argileuses de la Marmarique, ni à Augiles. Une belle forêt de palmiers en couvre la surface.
On se doute bien qu’un pareil canton, quoique peu spacieux, a dû attirer l’attention des Arabes. On y voit en effet les ruines de deux villages ; cependant, il est maintenant sinon tout-à-fait abandonné, du moins il reste inhabité durant la majeure partie de l’année. Les divisions des tribus qui s’en sont tour à tour disputé la possession, et plus encore les superstitions que la crédulité a attachées à ce lieu isolé, en sont, m’a-t-on dit, la cause. Toutefois, les Nomades des environs de la Syrte ne laissent pas que de venir chaque année y recueillir les dattes ; mais n’osant résider dans les villages ruinés, livrés au pouvoir des esprits, ils se sont construit séparément des habitations en branches de palmiers[379]. C’est là qu’ils viennent s’établir, en automne, avec leurs troupeaux ; et comme ce petit canton est, je le répète, sous la dépendance d’Augiles, ils sont obligés de payer à cet effet une redevance au gouverneur de ce groupe d’Oasis ; mais cette contribution plus que les autres est fort aventurée. Je retourne à Augiles.
Augiles fait partie des états du pacha de Tripoli ; et de même que la région de Barcah et celle du Fazzan, elle est affermée à un bey[380] qui lui paie annuellement la somme de dix mille piastres d’Espagne. Le prélèvement de cette contribution est uniquement fondé sur les palmiers, dont la taxe est de deux piastres de Tripoli par pied, c’est-à-dire, de huit sous environ, monnaie de France. Ceci ne donnerait qu’une idée fausse du nombre des palmiers d’Augiles, si l’on n’ajoutait pas que la moitié seulement de ce nombre est soumise à l’impôt ; l’autre moitié appartient aux mosquées et à leurs desservants.
Les villages épars dans les trois Oasis nommées, sont bâtis en blocs de pierre, tirés d’une épaisse couche schisteuse que l’on trouve sous les sables à six pieds environ de profondeur. La plupart des maisons ont une enceinte extérieure avec une hutte conique au milieu, faites l’une et l’autre en branches de palmiers : elles servent à renfermer les dattes et les troupeaux. Quant aux habitants, si l’on en croit leur propre rapport, ils peuvent fournir environ trois mille hommes armés, ce qui porterait la population totale sans distinction d’âge ni de sexe, à neuf ou dix mille ames.
_Sibillèh_, située à trois lieues et au nord du village principal, est la seule source de tout le canton. Ainsi point de ruisseaux, comme à Ammon et à l’Oasis de Thèbes, qui consolident autour d’eux le terrain, le parent de fleurs et de verdure, répandent la fraîcheur dans les airs, et vont enfin serpenter et se perdre au milieu de petits jardins où croissent en abondance les arbres fruitiers et les plantes potagères ; jardins d’autant plus agréables qu’ils sont, la plupart, remplis de citronniers et de grenadiers, dont les branches s’entrelacent ensemble, et forment d’épais ombrages, des voûtes fleuries et parfumées sous un soleil de feu et au milieu d’un désert sans ombre ; tel était un des plus doux attraits du jardin des Hespérides de la Cyrénaïque.
Au lieu de ces bienfaits accordés par la nature à ces Oasis, on ne voit à Augiles que des puits creusés à une vingtaine de pieds de profondeur, revêtus de troncs de dattiers, et d’où l’on extrait des eaux plus ou moins saumâtres. C’est avec ces seules ressources que les habitants s’efforcent d’alimenter la végétation de quelques champs, si l’on peut même donner ce nom à des bandes de sable, métamorphosées en humus, par les débris des palmiers et par de journalières et pénibles irrigations. Toutefois au moyen de cette lutte de l’industrie contre la nature, on parvient à faire croître l’orge et plus difficilement le blé ; le _doukhn_, espèce de millet dont se nourrissent en général les habitants de l’Afrique, est la plante qui se refuse le moins à cette ingrate culture ; le piment et le pourpier s’y montrent aussi peu rebelles ; on peut en dire autant de l’ail et de l’oignon qui occupent à eux seuls de petits champs entiers ; mais il n’en est pas de même des tomates, des melons d’eau et des gourmands _melloukhièhs_, dont on ne peut obtenir, à force de soins, qu’un petit nombre de plantes. Enfin, les seigneurs les plus riches du canton, ceux qui ont à entretenir un cheval, ce qui n’est pas une médiocre affaire dans cette pauvre Oasis, emploient plus de précautions encore pour faire germer dans le sable un peu de _bercim_, de ce trèfle symbole des gras pâturages de la vallée du Nil. Le bey _Abou-Zeith_ m’en montra avec orgueil auprès de sa demeure une prairie d’une vingtaine de pieds d’étendue.
Isolés au milieu des déserts, n’ayant dans leur triste patrie brûlée par le soleil aucune des compensations que les autres Oasis offrent à leurs habitants, ceux d’Augiles ont dû être essentiellement voyageurs. Ils se destinent dès l’enfance à cette carrière, et ils y deviennent fort habiles. Je dis habiles, puisque, par la situation du sol ingrat qu’ils habitent et par l’indispensable besoin d’en sortir quelquefois, l’art de parcourir les déserts doit être à ces hommes, ce que l’art de naviguer serait à des insulaires relégués sur de stériles rochers. La connaissance des astres est, comme on s’en doute, le point fondamental de cet art ; ils en conservent avec soin les principales notions qu’ils se transmettent de père en fils. Quant aux procédés de l’enseignement, ils sont peu compliqués : le seuil de leurs cabanes est leur observatoire, leurs télescopes sont leurs regards perçants qu’ils peuvent promener à l’aise sur l’immense pavillon qui se déroule, sans taches, au-dessus de leurs têtes.
Qu’un Européen aille assister aux séances pastorales de ces académies du désert ; l’objet en vaut la peine. Qu’il aille s’asseoir au-devant de la cabane rustique, sur le sable rafraîchi par les brises de la nuit, au milieu des vieillards, des femmes et des enfants ; et il verra l’ancien du village, dont la figure vénérable s’animera aux rayons de la lune, indiquer à l’assemblée de la voix et du geste les diverses constellations ; il l’entendra décrire les cercles et les ellipses des planètes, dénombrer les étoiles fixes, les nommer par leurs noms classiques quoique altérés par la langue et les traditions, et désigner par leur moyen les routes inaperçues sur les plaines unies du désert, mais tracées dans le firmament : il sera frappé de la patriarcale simplicité de ses paroles et de la religieuse attention de l’auditoire. Il entendra ensuite les jeunes gens répéter avec recueillement les leçons du vieillard ; il verra même de petits êtres tout nus, assis sur les genoux de leurs mères, lever leurs mains enfantines vers le ciel, et balbutier les noms des guides futurs de leurs lointains voyages ; puis, à une sévère réprimande, cacher leur figure honteuse dans le sein maternel. Le pétillant vin de palmier terminera la séance ; il répandra la gaieté parmi les assistants, et l’Européen en les quittant conservera une longue impression, je n’en doute point, de cette séance pastorale formée dans un coin du désert, et dont il ne pourra sûrement contester l’utilité.
Les approvisionnements de comestibles que les habitants d’Augiles sont obligés d’aller faire chaque année à Ben-Ghazi, commencent à mettre en pratique leur éducation voyageuse. Ces approvisionnements consistent en céréales, beurre et bestiaux contre lesquels ils échangent leurs dattes, dont la qualité exquise, de beaucoup préférable à celles des autres Oasis libyques, fut appréciée même dans la haute antiquité[381]. Le voyage de Tripoli, moins nécessaire pour eux, est aussi moins fréquent. Ils se rendent plus souvent à Syouah, mais ils ne font ordinairement que s’y arrêter quelques jours, pour continuer ensuite leur route vers la vallée du Nil, où ils apportent les peaux de chèvres et le miel des montagnes de Barcah, et un petit nombre de plumes d’autruche, fruit de leur propre chasse aux environs d’Augiles. Mais ces courtes excursions sont généralement abandonnées aux jeunes gens encore inexpérimentés, et à quelques vieillards leurs guides, qui terminent ainsi leur carrière comme ils l’ont commencée. Les grands déserts du sud, la spacieuse vallée du Soudan, en un mot les provinces centrales de l’Afrique et particulièrement la ville de Tombouctou, tels sont les lointains et productifs voyages qu’entreprennent les hommes dans la force de l’âge, et dont la durée atteint quelquefois plusieurs années : le commerce des esclaves en est malheureusement l’objet exclusif.
Ainsi des hommes patients, laborieux, sobres, entreprenants, et si fidèles à leur parole, que l’inviolabilité de leurs serments est passée en proverbe dans toute la Libye, de tels hommes, dis-je, emploient les plus belles années de leur vie, les fruits de leur utile expérience à aller arracher du fond de l’Afrique des essaims de jeunes nègres, pour les conduire aux marchés du Caire et de Tripoli. Ils mettent entre ces enfants et leur patrie des déserts immenses, les chassent nuit et jour devant eux comme de vils troupeaux, et, chose incroyable, si je n’en avais pas été le témoin, ils forcent, chemin faisant, leur douleur à chanter, de crainte que la mélancolie n’engendre parmi eux une funeste contagion, ce qui, malgré leurs cruelles précautions, arrive bien souvent. On avouera qu’il est fâcheux de voir tant de vertus péniblement acquises et plus péniblement exercées, employées à de pareils résultats.
Indépendamment des traditions de l’histoire, d’après la seule idée que j’ai donnée du sol et de la situation d’Augiles, on ne doit pas s’attendre à y trouver, de même qu’aux Oasis d’Égypte, les moindres vestiges de ces beaux monuments qu’un habile voyageur, M. Cailliaud, dévoila naguère au monde archéologue. Les seuls édifices antiques dont on puisse y apercevoir des traces témoignent mieux que mes paroles le peu de ressources que cette Oasis a dû offrir de tous temps à ses habitants. Ces édifices consistent en grands massifs de briques crues au nombre de trois, contenant chacun un puits au milieu. Il n’en reste, à peu de chose près, que les fondements ; mais, autant qu’on peut en juger par la disposition de l’ensemble, ce devaient être de grandes tours semblables à celles que j’ai rencontrées sur le plateau cyrénéen : c’est dire que je les crois aussi d’origine libyenne, puisque les Sarrasins n’ont jamais employé, du moins dans ces contrées, les briques crues pour leurs édifices. Les opinions des Arabes sur des monuments antiques ont sans doute une bien faible valeur ; mais il en est qui se distinguent par leur simplicité, et par conséquent par leur vraisemblance, et celles-là ne sont point à dédaigner : de ce nombre est le récit que je vais rapporter.
C’est le cadi d’Augiles qui parle ; il est placé sur un de ces monticules de ruines, et avec son long bâton il indique le village : « Avant qu’il fût bâti, dit-il, là où l’on voit maintenant ces maisons existait une plaine couverte de soudes et de roseaux ; et à l’endroit même où nous sommes s’élevait un château dont les murs se rétrécissant de la base au sommet le faisaient ressembler aux pyramides du Caire. Cette forêt de dattiers qui nous entoure n’a pas été plantée par les croyants ; de tous temps elle couvrit ce canton : elle forme maintenant nos richesses, auparavant elle était le prix des fatigues du voyageur. Néanmoins quelques familles de pasteurs de la côte venaient chaque année en recueillir les dattes, conduisant avec eux leurs troupeaux qui trouvaient un bon pâturage dans la plaine de soudes. Le château servait à renfermer la récolte, et à veiller à sa sûreté : à cet objet, le chef des pasteurs l’occupait. Si par hasard il apercevait dans l’horizon quelque caravane nombreuse, il faisait un signal, et ils accouraient tous vers le château avec leurs troupeaux, où ils s’enfermaient jusqu’à ce que les étrangers eussent quitté le canton. »
Quoi qu’il en soit des circonstances qui accompagnent cette tradition, le fond en paraît d’autant plus probable qu’il s’accorde avec d’autres à peu près semblables recueillies dans d’autres Oasis, qui semblent aussi n’avoir servi que de lieux de campements annuels durant cette période qui séparé la haute antiquité du moyen âge, c’est-à-dire, entre l’expulsion ou la retraite des Libyens ou des Éthiopiens, et la fondation des villages Berbères ou Arabes.
Il est toutefois certain que les villages actuels d’Augiles existaient au moins dès le quinzième siècle, d’après le témoignage de Léon l’Africain ; et, ce qui est plus intéressant, on voyait encore à cette époque les trois châteaux dont je viens de parler : quelques détails du voyageur arabe, à leur sujet, m’auraient épargné bien des paroles.
Quant aux époques de la haute antiquité, l’Oasis d’Augiles fut incontestablement habitée ; mais quoique Étienne de Bysance ait dit qu’il y existait une ville[382], je ne crois point qu’il faille prendre ce mot à la lettre, d’autant plus que ce géographe n’a pas été sobre de pareilles dénominations. Il me paraît plutôt probable que les Augilites[383] durent avoir des habitations semblables à celles des autres peuplades qui s’étendaient plus à l’ouest, c’est-à-dire, quelques excavations faites dans la roche ; c’est ce que l’on peut d’ailleurs inférer tant du silence de l’histoire sur cette prétendue ville, que de quelques traditions qui se rapportent aux Augilites et au pays qu’ils habitaient. Hérodote, auquel il faut toujours avoir recours, m’offrira les dernières, et je les trouverai tellement fidèles, qu’elles pourraient encore servir à décrire l’Augiles moderne.
Il a parlé de ses forêts de palmiers, de la qualité exquise de leurs dattes, et nous avons dit qu’elles sont la plus grande ressource que possède encore Augiles. La seule fontaine qu’on y trouvait de son temps, est la seule qu’on y trouve de nos jours ; c’est _Sibillèh_. La seule colline qui, d’après l’historien, existait dans ce canton, est la seule qui interrompe la monotonie de son immense plaine de sables : elle occupe la partie nord du village principal. De plus, il ajoute que cette colline, comme celles d’Ammon, était de sel[384] ; et dans le monticule de spath calcaire d’Augiles, comme aux collines d’Ammon, nous trouvons des masses de sel gemme. Ainsi vingt-trois siècles ont passé sur le canton d’Augiles, et les mêmes ressources qu’il offrait aux anciens habitants, il les offre aux habitants actuels ; exceptons-en les villages arabes, et c’est encore le même aspect. Cette idée ne déplaît pas au voyageur ; il aime à s’y arrêter, car le plus souvent ce qu’il a de mieux à faire dans ces déserts, c’est de chercher à ranimer sa pensée aux souvenirs des âges antiques. Le voilà donc parmi les Libyens d’Augiles ; que faisaient-ils dans ce triste pays ? Quels étaient leurs mœurs, leurs usages ? C’est ce qu’il se demande ; malheureusement l’histoire ne lui offre que bien peu de renseignements. Les seuls qu’elle ait transmis à ce sujet sont relatifs à leurs croyances religieuses, qui ne laissent pas que d’avoir quelque chose de particulier. Différemment des Libyens nomades, les Augilites, au lieu d’adorer les astres, n’avaient d’autres dieux que leurs mânes, ne juraient qu’en leur nom, les consultaient comme des oracles, et dans ces occasions ils dormaient sur les tombeaux, et prenaient leurs songes pour les réponses des mânes[385].
On peut observer en passant que ce n’est pas sans intérêt pour l’histoire de l’esprit humain que l’on voit cette bizarre croyance exister avec des caractères à peu près semblables, et peut-être dès la même époque, en des lieux fort éloignés de cette Oasis, dans les îles Mariannes, dont les habitants n’invoquent, comme les anciens Augilites, d’autres dieux que les esprits de leurs morts qu’ils appellent Anitis, et auxquels, dit Bernardin de Saint-Pierre, d’après le père Gobien, ils attribuent le pouvoir de commander aux éléments, de changer les saisons, et de rendre la santé[386]. Ce serait sans doute en pure perte que l’on chercherait à cette anomalie morale observée en des lieux si distants entre eux, d’autre fondement que la bizarrerie de l’esprit humain. Me bornant donc à mes seuls Augilites, je dirai que l’on trouve encore de nos jours dans leur Oasis des témoignages marquants de ce culte. Ces témoignages, du moins, j’ai cru les rencontrer auprès d’une excavation antique située à _Djallou_. On y pénètre par une entrée carrée taillée dans la couche de roche schisteuse que j’ai dit régner partout dans ces Oasis à six pieds environ au-dessous de la surface du sol. Latéralement à l’excavation sont deux escaliers qui du fond en atteignent le sommet : ses dimensions totales sont de sept mètres de chaque côté. Ce petit hypogée, découvert et déblayé il y a peu d’années par les habitants, n’offrirait par lui-même aucun indice des usages que j’ai rappelés, si d’autres circonstances ne s’y rattachaient. Le chef du village me montra une petite colonne en quartz de deux pieds six pouces de hauteur et de forme conique, que l’on avait retirée de la grotte lors du déblayement. Une autre pierre retirée aussi du même endroit, couronnait la tombe d’un Santon : celle-ci, à peu près de la même hauteur que la précédente, est de roche granitique et d’une forme différente : elle figure un bloc carré dont les deux côtés supérieurs seraient en angle rentrant[387].
Ces deux monuments ont quelque rapport avec certaines pierres votives des anciens ; et l’on avouera que s’ils sont dépourvus de caractères plus décisifs, le canton reculé où ils se trouvent, l’espèce de roche dont ils sont formés, qui lui est étrangère et qu’on a dû y apporter de loin, et surtout le lieu même dont ils ont été retirés, offrent par différentes raisons plusieurs points d’analogie avec les usages tumulaires des anciens Augilites. On sait combien le sable est conservateur : les antiquités extraites des catacombes de l’Égypte en sont d’assez fortes preuves. Ce ne serait donc pas émettre une conjecture dépourvue de fondement, si l’on supposait que ces petits monuments renfermés pendant une longue suite de siècles dans un hypogée sépulcral, et enterrés sous les sables, fussent des pierres votives que les Augilites auraient élevées à leurs mânes, et offrissent par conséquent des témoignages encore existants de la fidélité des récits de l’histoire, et du culte funéraire des anciens habitants d’Augiles.
Pendant que je suis encore aux portes de l’Afrique, entouré d’Arabes voyageurs, m’entretenant avec eux de leurs lointaines migrations, je pourrais m’amuser à traduire leurs récits, et à éclaircir peut-être de quelques faits nouveaux la géographie obscure des provinces centrales. Mais ce n’est pas sans plaisir que j’apprends à l’instant même que de pareilles notions puisées à de pareilles sources deviennent superflues. Un Européen vient de traverser la redoutable Afrique : seul, il s’est aventuré dans ses déserts dévorants, et il leur a échappé ; il a su tromper le fanatisme religieux par le fanatisme de la gloire ; il a séjourné à la mystérieuse Tombouctou, et il en est de retour. Gloire à vous, heureux voyageur ! Votre courage a dompté l’hydre gardienne ; et la pomme, vous avez l’honneur de l’offrir à la France.
J’abandonne donc sans regrets mes causeries d’Augiles ; mais en portant ma vue vers l’intérieur de l’Afrique, j’y ai rencontré involontairement des noms dont j’aimerais à orner ce fragment de géographie sur cette contrée, si ma faible voix pouvait ajouter la moindre chose à leur célébrité. Sans diriger mes regards loin de moi, la moisson serait abondante et les fruits en seraient variés. Je devrais en premier lieu nommer M. Jomard, puisque ce serait rappeler un savant depuis long-temps dévoué à la géographie de l’Afrique. Je saisirais ensuite cette occasion pour signaler à mon tour un bon résumé historique sous le titre modeste d’Essai ; je parcourrais avec lui les annales arides de l’Afrique, et je serais surpris d’y trouver du charme : telle est la magie du style lorsqu’il est uni au savoir, et M. Larenaudière est un de ceux qui connaissent le grand art de rendre l’érudition aimable par les prestiges d’un langage séduisant. Je ne pourrais aussi me défendre de citer les excellents travaux de MM. Brué et Lapie sur l’Afrique ; je contribuerais volontiers à mettre au jour cette scrupuleuse conscience qui, par des moyens différents, ne laisse apercevoir d’un amas de recherches que les sommités, et les sommités réelles. Poursuivant ma revue, je rencontrerais une foule de noms représentant chacun dans la science un caractère à part. Parmi ces derniers je choisirais ceux de MM. Walkenaër, Eyriès et Jaubert, dont le savoir orné d’une simplicité antique en acquiert plus de prix ; et si je voulais prouver que cette simplicité peut prendre une physionomie piquante, je joindrais à ces géographes M. de la Roquette, un des savants interprètes du grand Colomb. Je ne devrais non plus omettre, ni les profondes et ingénieuses expositions de M. Denaix, ni les philantropiques recherches de M. Dupin, ni les scientifiques tableaux de MM. Balbi, Moreau et autres : travaux d’autant plus importants à mes yeux, qu’indépendamment de leur propre but, ils peuvent aider le géographe philosophe à des développements d’un ordre différent.
Mais si l’apostille dont j’aurais voulu orner la fin de ce livre comme d’un cul-de-lampe géographique, aurait pu paraître au moins superflue, il n’en est pas de même de celle que je dois à la reconnaissance. Ainsi quelque fugitives que puissent être les observations dont j’ai composé mon récit, qu’il me soit permis en le terminant, sans parler de MM. Firmin Didot, auprès de qui les ouvrages de quelque utilité, quoique accompagnés de dessins explicatifs d’une publication fort dispendieuse, trouvent de véritables Mécènes, qu’il me soit permis, dis-je, d’offrir de nouveau mes remercîments à l’estimable négociant M. Guyenet, qui, par sa généreuse assistance, m’a mis à même d’en recueillir les matériaux les plus indispensables en des lieux difficiles à parcourir. Je ne saurais trop insister sur ce sujet, puisque, prêter un appui désintéressé à une entreprise scientifique, c’est, si elle est couronnée de quelques résultats, en avoir le principal mérite.
FIN DE LA RELATION.
[Note 364 : IRIARTE, p. 487.]
[Note 365 : IRIARTE, p. 487.]
[Note 366 : PROCOP. de Ædifi. l. VI, c. 2.]
[Note 367 : Ce promontoire fut nommé _Borion_ par les Grecs, dit Solin, parce qu’il était constamment battu par le vent du nord (SOLIN, Polyhist. c. 40). Il prit dans la suite les noms d’_Hypon_ et d’_Hyporegius_.]
[Note 368 : PTOLÉMÉE, l. IV, c. 4.]
[Note 369 : ÉTIENNE DE BYSANCE, au mot _Drepane_.]
[Note 370 : EDRISII Africa, ed. Hartm. p. 301.]
[Note 371 : Voyez pl. LXXXIX, XC.]
[Note 372 : IRIARTE, p. 487.]
[Note 373 : HÉRODOTE, l. IV, 173.]
[Note 374 : HÉRODOTE, l. IV, 190.]
[Note 375 : Id. ibid.]
[Note 376 : Id. ibid. 172.]
[Note 377 : Id. ibid. 172, 182. PLINE, Histo. natur. l. V, c. 4.]
[Note 378 : LUCAIN, Phars. l. IX, v. 443, 444.]
[Note 379 : Voyez pl. XCI.]
[Note 380 : On n’apprendra pas peut-être sans intérêt que ce bey, nommé _Abou-Zeith Abdallah_, est Français, et qu’il est né à Toulon. Il faisait partie, à l’âge de douze ans, de l’expédition française en Égypte, en qualité de tambour. Pris dans un combat par un corps de Bédouins, il fut vendu au pacha de Tripoli : son heureux physique fit sa fortune. Il resta long-temps attaché à la personne du pacha, comme mamelouk, et fut ensuite envoyé dans le Fazzan, avec l’armée de Mohammed le Circassien. La bravoure qu’il montra dans cette campagne, qui eut pour résultat la conquête totale du Fazzan, lui attira les bonnes graces de son souverain : celui-ci le récompensa en lui accordant le titre de bey et le gouvernement d’Augiles. _Abou-Zeith-Abdallah_ n’a conservé d’autres souvenirs de sa patrie, qu’une idée vague de la ville et des environs de Toulon, et d’autre usage de sa langue originaire, que quelques mots provençaux qu’il estropie avec une bonhomie charmante. C’est _Abou-Zeith_ lui-même que l’auteur tient ces détails. Il se plaît à ajouter qu’il en a reçu, outre l’hospitalité habituelle des mœurs orientales, l’accueil le plus cordial et les prévenances les plus délicates.]
[Note 381 : HÉROD. l. IV, 182.]
[Note 382 : _Voce Augila_.]
[Note 383 : Je me conforme à la dénomination d’Étienne de Bysance.]
[Note 384 : HÉROD. l. IV, 182.]
[Note 385 : POMP. MELA, l. I, c. 8. SOLIN. Polyhst. c. 44.]
[Note 386 : BERNARD. DE SAINT-PIERRE, Études de la Nature, 3e édit., t. III, p. 31, 32.]
[Note 387 : Voyez pl. XXV, fig. 6, 7.]
* * * * *
TABLE DES MATIÈRES.
* * * * *
A.
ABASSIDES (la dynastie des) succède dans la Cyrénaïque à celle des Ommiades, xxx.
ABOULFÉDA, cité, 269.
ABOUSIR, nom des ruines de la ville de Taposiris, 5, 6, 7.
ABOU-ZEITH-ABDALLAH, gouverneur du pays d’Augiles : son origine et sa carrière.
ACTIUM (la bataille d’) : ses résultats pour les destinées de la Cyrénaïque, xx.
ADICRAN, roi libyen, implore et obtient le secours des Égyptiens contre les Cyrénéens, 176.
ADRIANOPOLIS DE LIBYE : époque de sa fondation, et remarques sur le silence de plusieurs anciens géographes, relativement à cette ville, 189, 190.
ADRIEN (l’empereur) : ses bienfaits en Cyrénaïque et médaille qui les rappelle, xxvi, 189 et note. — Ses parties de chasse dans la Marmarique, 123.
AEDONIA, île, 51, 52, note.
AFRIQUE (l’) : moyens que les Cyrénéens auraient pu employer pour la civiliser, xxiii. — Opinion de l’auteur sur la manière la plus propre à la parcourir scientifiquement, 1, 2.
AGATHÉMÈRE, cité, 55, note.
AGIS, général de Ptolémée Soter, apaise une sédition à Cyrène, xix.
AGRIPPA protége les Juifs de Cyrène, xxvi.
AÏOUBITES (la dynastie des) succède dans la Cyrénaïque à celle des Fathimites, xxxi.
ALAZIR, roi des Barcéens, s’allie avec la famille royale de Cyrène, 176.
ALEXANDRE-LE-GRAND : son voyage au temple d’Ammon, xvi, 29, 30.
ALEXANDRIE : départ de l’auteur de cette ville, 1, 3.
ALIBACA, village, 106, note.
AMÉRICAINS (les) se sont emparés de Derne, 97.
AMMIEN-MARCELLIN, cité, 96, 177, 185.
AMMON (l’Oasis d’) : avantages qu’offre sa position pour le commerce méditerranéen de la Libye, xvi, 261.
AMMONIA, surnom de Parætonium, 30.
AMPÉLIOTES (les), peuple libyen : envoient une tige de silphium au temple de Delphes, 252 et note.
AMPÉLISQUE, personnage du Rudens de Plaute, 164.
AMROU-BEN-EL-AS, conquérant de l’Égypte : son propos sur les habitants de la Pentapole, xxx.
ANASTASE I (l’empereur) : un de ses rescrits gravé sur une caserne de Ptolémaïs, 179.
ANTHÉE (la ville d’), 85. — (Le géant), 86. — (Le royaume d’), 86.
ANTHIA, lac, 86, note.
ANTIDE (la Chersonèse), 85, 86.
ANTIPHRÆ, villages : leur situation, 18, note.
ANTIPYRGUS, ville : sa situation correspond à celle des ruines de Toubrouk, 48, 49.
ANTOINE (le triumvir) sépare la Cyrénaïque de l’empire romain, xx. — Donne force de loi au décret de César sur les Juifs, xxv. — S’enfuit avec Cléopâtre à Parætonium, 30.
ANTONIN (l’itinéraire d’), cité, 96, 125, 177, 188, 189.
ANVILLE (d’), cité, 23, 106, note, 126.
AOULÂD-ALY, nom collectif des tribus d’Arabes qui occupent la majeure partie de la Marmarique : dénombrement de ces tribus, 64, 65. — Total de la population qu’elles forment, 66. — Confins de leur territoire, 43. — Leurs mœurs et leurs usages, 67 et suivantes jusqu’à 81 inclusiv.
APHRODISIAS (l’île d’), 84, note, 116. — (La station maritime d’), 115.
APION, roi de Cyrène, lègue ses états aux Romains, xix.
APIS, ville : sa situation, 33, 55, note.
APOLLON : ses amours avec la nymphe Cyrène, xiii, 218. — Description de la fontaine qui lui était consacrée, 212, 213, 214, 215, 216, 217. — (Temple d’), 218, 219.
APOLLONIE, port de Cyrène et une des cinq villes qui formaient la Pentapole, 116, note, 142, 162, 163, 164, 165, 166, 189, 177, 178, 181, 191, 192.
APOLLONIUS DE RHODES, cité, 221, note.
APRIÈS, roi d’Égypte, fait une expédition contre les Cyrénéens en faveur des Libyens, 85.
APROSYLIS, un des anciens cantons de la Cyrénaïque, 240.
ARABES SCÉNITES (les) : leurs adieux lorsqu’ils se quittent, 4. — Leurs ateliers, 110, 111. — Leurs superstitions, 112, 133, 139. — Leurs camps et accueil qu’y reçoit l’auteur, 19, 20, 21. — Distinguent leurs tribus par des signes, et tracent ces signes sur les monuments qu’ils rencontrent, 26, note, 72, note. — Leurs tombeaux, 31, 32.
ARARAUCÈLES (les), Libyens : homonymie remarquée à leur sujet, xxii, 263.
ARCADIUS (l’empereur) : sous son règne, Cyrène tombait en ruines, xxviii.
ARCÉSILAS III, roi de Cyrène : ses tentatives pour détruire les institutions du législateur Démonax, et quel en fut le résultat, xv, 176.
ARDANAXÈS (le promontoire), 47.
ARGONAUTES (les) : influence présumée de leur expédition sur la colonisation grecque en Libye, xiii, 173.
ARISTÉE, fils de la nymphe Cyrène : son éducation pastorale en Libye occasionne ensuite la propagation des arts agricoles en Arcadie, xv.
ARISTIPPE (le philosophe), né à Cyrène : ses préceptes, autant qu’on peut les induire de la réunion des traditions anciennes, xxiv.
ARISTON, citoyen de Cyrène, excite une sédition contre le parti aristocratique, xvii.
ARMÉNIENS (les) : leur passage en Libye, 204.
ARRIEN, cité, 29, note, 239, 249, 282.
ARTÉMIDORE, cité, 140, note.
ARYANDÈS, gouverneur d’Égypte, envoie une expédition contre Barcé, en faveur de Phérétime, xvi, 8, 176.
ASBYTES (les), Libyens : lieux qu’ils occupaient, 185, note, 217. — Mangeaient le silphium, 253, 255.
ASIE MINEURE (l’) : relations des Cyrénéens avec les colons grecs qui en habitaient les côtes, xxii, 192.
ATHÉNÉE, cité, 256.
AUCHISES (les), peuple libyen qui habitait au sud de Cyrène, xxii.
AUGILES (l’Oasis d’), actuellement nommée Audjelah, fut un point de communication indispensable entre Cyrène et le Fazzan, 261. — Description qu’en a laissée Hérodote, 275, 276. — Son état actuel, 280. — Culte et usage des anciens Augilites, 280, 281, 282. — Mœurs et usages des habitants modernes, 276, 277, 278.
AUGUSTE (César) est reconnu souverain de la Cyrénaïque par les Cyrénéens, xx. — Confirme par un décret les priviléges que les Juifs avaient obtenus du sénat, xxv.
AZARIUM, port de Libye où débarqua Synésius, 86, note.
AZIRIS, Axilis, Nazaris, canton où séjournèrent les colons de Théra en quittant l’île de Platée, 53, 84, 85, 86, note, 96, note, 126, 217.
B.
BACCHUS (temple de), à Teuchira, 184. — A Cyrène, 223.
BACTRIANE (la) : les Libyens de Barcé y fondent une ville, 177.
BALACRIS, Balis, ville : est-elle d’origine phénicienne ? 170.
BALBI (M. A.), mentionné, 283.
BALEUS, Baal (le dieu), 170.
BANKES (M.), cité, 114.
BARCAH, ville : métropole de la Cyrénaïque sous la dynastie des Ommiades, xxx, 177, 178. — N’est plus qu’une petite bourgade sous les Fathimites, xxxi.
BARCÉ, une des cinq villes formant la Pentapole sous l’Autonomie : sa situation, son origine, et coup-d’œil sur ses annales historiques, 175, 176, 177, 178. — Les Barcéens donnent leur nom aux peuplades libyennes de la Cyrénaïque, xxi, 178.
BARETOUN, Berek, noms que donnent les Arabes aux ruines de Parætonium, 29, note.
BATRACHUS, port : cause de sa dénomination, 51.
BATTIA, un des anciens cantons de la Cyrénaïque : probablement le plus méridional, 240.
BATTIADES (le règne des) : ses principaux événements et sa durée, xv, xvi, xvii.
BATTUS I, fondateur et roi de Cyrène : son arrivée à la tête des colons de Théra auprès de la fontaine d’Apollon, xiii, 217. — Ses institutions religieuses et politiques, xiv, 217.
BELLEY (l’abbé), cité, 247.
BENAÏÈH-ABOU-SÉLIM, ruines d’un château romain, 16.
BÉNÉGHDEM (description des ruines de), 170, 171.
BEN-GHAZI, ville arabe : sa distance du plateau cyrénéen, 186. — Lieu de résidence des gouverneurs du pays de Barcah, 265. — Son port, 265, 266.
BENY-HASSAN, catacombes situées dans la Haute-Égypte, 5.
BERBÈRES (les) : s’ils ont habité la Libye avant la colonisation grecque ? xii, 8.
BÉRÉNICE, une des cinq villes qui formaient la Pentapole : l’opinion qui place le jardin des Hespérides auprès de cette ville, réfutée par sa situation sur une plage aride, 172, 173.
BERNARDIN DE SAINT-PIERRE, cité, 281.
BERSS (el), nom donné à des ruines de hameaux sarrasins et à des étangs salés, 188.
BETKAÂT, vallon : ruines d’anciennes fortifications qui le dominent, 108, 109.
BIBARS (le sultan) fait fortifier la côte libyque lors du débarquement de saint Louis à Tunis, 48.
BOMBA (le golfe de), fréquenté par les Maltais, 52. — (L’île de) est la seule de la Marmarique qui offre un bon mouillage, 52.
BOMBÆA, colline sépulcrale : sa situation, 50.
BOREUM, Borion, promontoire : sa situation et origine de son nom, 267.
BORIUM, ville : sa situation, 266.
BOU-CHAFFÈH, vallée où l’on rencontre des restes d’anciennes cultures, 140.
BOUMNAH, ruines d’un château, dans la Marmarique, 10, 11. — Dans la Cyrénaïque, 130, 157.
BOUN-ADJOUBAH, vallée où se trouvent les ruines de l’ancienne Apis, 32, 33.
BROUÈS (el), ravin de Derne : son aquéduc, 99.
BRUÉ (M.), mentionné, 283.
BRUTUS (le parti de Cassius et de) : son influence sur le gouvernement de Cyrène, xxv.
C.
CABALES (les), Libyens : homonymie remarquée à leur sujet, xxii. — Lieux qu’ils occupaient, 185, note.
CAILLÉ (M.), mentionné, 282.
CAILLIAUD (M.), mentionné, 278.
CALLIMAQUE, poète du sang royal de Cyrène, cité, 217, 218.
CAMBYSE (le roi) force Arcésilas III à lui payer un tribut, xv. — Son expédition en Libye, 8.
CARNÉADE, philosophe natif de Cyrène, 229.
CARPOCRATES, philosophe, chef de la secte carpocratienne, xxiii.
CARPOCRATIENS (les) : leurs préceptes, usages et prophètes, xxviii, 208. — Grottes consacrées à leur culte, 128, 129.
CARTHAGINOIS (les) : leur politique vis-à-vis des Libyens, 263, 264.
CATABATHMUS MAGNUS, montagne, séparait, du temps des Romains, l’Afrique de l’Asie, 39. — Antérieurement, la Cyrénaïque de la Marmarique, 55, note.
CATABATHMUS PARVUS, colline : sa situation, 19.
CATULLE, cité, 229, 249.
CELLARIUS, cité, 18, 19, 23, 43, 52, 142, note.
CÉSAR AUGUSTE (temple de), 218, 220. — (Statue de), 220, 221.
CHABROL DE VOLVIC (M.), cité, 5, note, 6.
CHAMMAMÈH (Kassabah-el-), ruines d’un monument égypto-grec, 13.
CHAMMÈS, ruinés de la tour d’Alchemmas, 34, 37.
CHENEDIRÉH, ruines d’un château romain : chapelle chrétienne qu’il renferme et à quel usage elle servait, 120, 121.
CHERSIS, village, 115, note, 141.
CHERSONÈSE (la petite) : sa distance d’Alexandrie, 3. — (La grande) : sépare les montagnes de Cyrène des plaines de la Marmarique, 83.
CHRÉTIENS (les) de la Cyrénaïque, 102, 114, 129, 161.
CHRONICON PASCALE, cité, 204.
CICÉRON, cité, 240.
CLAPPERTON, cité, 27, note, 113.
COBAD, roi de Perse, adopte les usages des Carpocratiens, xxviii.
CONCHYLIUM, lac : sa situation, 86, note.
COUMBOUSS : mélange de ruines de divers âges, 45.
CYRA, mont, 53, 85.
CYRÉ, fontaine, 85, note, 217.
CYRÉNAÏQUE (la) : formes diverses et successives de son gouvernement, ii. — Tombe au pouvoir de Rome, et jointe à la Crète elle devient province prétorienne, xx. — Plus tard elle est divisée en deux provinces, xxviii. — Son étendue et ses limites, 55, note. — Échelle végétative de sa campagne, xxiii, 235. — Descriptions de Synésius, 245, 246. — Dispositions, étendue et productions de ses terres, 235, 236, 239. — Différence de la partie maritime et de la partie méridionale des terres, 237. — Surnoms que lui ont donnés les poètes anciens, 238. — Ses animaux domestiques, 241, 242, 243. — Observation sur l’hygiène des Libyens à l’égard de la viande de porc, 244. — Analogie entre les usages des anciens Égyptiens, des Libyens, des Cyrénéens et des habitants actuels de Cyrène, au sujet de la viande et du lait de vache, 243. — Fléaux auxquels était exposée la campagne de la Cyrénaïque, 245.
CYRÈNE, métropole de la Cyrénaïque : époque de sa fondation, xi. — Lieu où elle était située, 235. — Forme qu’elle décrivait, 216. — Rues qu’on y voit de nos jours, 224, 225. — Place qu’occupait le marché public de la ville, et réfutation à ce sujet de l’opinion de Lemaire, 227, 228. — Bois que Battus y consacra aux dieux, 230. — Villes qu’elle fonda, xxi. — Divinités qui y recevaient un culte particulier, et leurs temples, 233. — Diversité des traditions sur l’origine du nom de Cyrène, 232.
CYRÉNÉENS (les) envahissent les terres des Libyens leurs voisins, 176. — S’adressent à Démonax, législateur de Mantinée, xv. — Envoient des ambassadeurs à Alexandre, xvi. — Leurs divisions les font tomber sous le joug de tyrans domestiques, xvii. — Recourent à Platon pour en recevoir des lois, xvii. — Attaqués et soumis par Ophella, xviii. — Se révoltent, xix. — Sont de nouveau soumis par Magas, xix. — Rome leur laisse la liberté, et ils n’en profitent point, xx. — Leurs relations, mœurs et usages, xxi, xxiii, xxiv, 206, 211, 260. — En quoi consistait principalement leur commerce, 261, 262, 263. — Cause de la situation méditerranée de leurs villes les plus anciennes, 116, 117, 258, 259. — Leur système de défense contre les attaques des Barbares, 108, 259. — Leur conduite impolitique à l’égard des Libyens fut la principale cause de leur décadence, 259, 263. — Parallèle entre les Cyrénéens et les Carthaginois, 263, 264.
D.
DAMANHOUR, ville d’Égypte, lieu où se rendent les Arabes de la Marmarique depuis que Mohammed-Aly a détruit leurs fortifications de Parætonium, 30, 31.
DAPHNÈH, vallée : accueil qu’y reçoit l’auteur, 44. — Canaux d’irrigation qu’on y trouve, 45.
DAR-FAYAL, canton, 46.
DARNIS, ville : époque de sa fondation, 96. — Le christianisme y a laissé des traces sur les monuments et dans les traditions, 97, 102, 103.
DELLA-CELLA (M.), cité, 123, 164, 172, 175, 179, 180, 181, 184, 185, 187, 188, 216, 222.
DÉMONAX, législateur, fait, d’après l’invitation des Cyrénéens, des changements à leurs institutions, xv.
DENAIX (M.), mentionné, 283.
DENHAM (le major), cité, 27, note, 113.
DERIS, port et promontoire : indices vagues de l’antiquité pour retrouver sa situation, 14, note, 18, note.
DERNE, ville : accueil qu’y reçoit l’auteur, 90, 91, 92, 93, 94. — Description de la ville et de ses environs, 95 et suivantes, jusqu’à 102.
DIANE (la déesse) : nom des fêtes instituées en son honneur à Cyrène, 207.
DIODORE de Sicile, cité, 163, 192, 217, 225, 237, 239, 243.
DIOUNIS (Ghabou-), ruines d’un château, 156.
DJABORAH, ruines d’un bourg, 155, 180.
DJALLOU, Oasis, voisine et dépendante d’Augiles.
DJAMMERNÈH (examen d’une citerne de), 17.
DJAUS, ruines d’un village : sa situation pittoresque, 157.
DORIENS (les), de même origine que les Cyrénéens, durent être en relation avec eux, xxii.
DREPANUM, promontoire : sa situation, 267.
DRESIÈH, ruines d’une petite ville, 13, 14.
DROVETTI (M.), mentionné, 94.
DUPIN (M. C.), mentionné, 283.
E.
ECCEUS, Tritonis, Lathôn, fleuve : conjecture sur le lieu de son ancien gisement, 186, 187, 188.
EDRISI, cité, 34, 268, 269.
ÉGYPTE (l’) : parallèle de ses anciens édifices et de ceux de la Marmarique, 8, 9.
ÉGYPTIENS (les anciens) ne paraissent pas avoir élevé de monuments dans la Marmarique avant Alexandre, 8.
ÉLIEN, cité, 123, 253.
ENSANA, ville : explication de la tradition d’Yacouti, 112, 114.
ÉPICURE, philosophe : au nombre des prophètes des Carpocratiens, xxviii.
ERASEM ou Ersen, fontaine : rapprochement que provoquent son nom et sa situation, 84, 85.
ERATOSTHÈNE, philosophe, né à Cyrène, xxiv.
ERYTHRA ou Erythron, ville, 106, 140, 141, 161, 164.
ESCULAPE (le temple d’), à Balacris, 170. — A Cyrène, 233.
ÉTHICUS, cité, 55, note.
ÉTIENNE DE BYSANCE, cité, 86, note, 116, 140, 146, 155, 163, 165, 170, 175, 176, 185, 189, 267, 279, 280.
EUPHÈME, un des Argonautes, souche présumée de la race des Battus, 217.
EUPOLE, cité, 260.
EUSÈBE, cité, 185, 189.
EUTROPE, cité, 177, 185.
EYRIÈS (M.), cité, 27, note, 216. — Mentionné, 264, 283.
F.
FATHIMITES (les) occupent les environs de la grande Syrte, et y fondent deux grandes villes, 267, 268, 269.
FAZZAN (le) : commerce de peaux que les Cyrénéens faisaient avec ce pays, 261.
FAYE, cité, 5.
FLORUS, cité, 30.
G.
GARAMANTES (les), peuple qui occupait le pays nommé actuellement Fazzan ou Fezzan, 189.
GATTERER, cité, 85, note.
GAUTHIER (M.), cité, 29, note.
GAZAL (Ain-el-), source sulfureuse : les eaux n’en sont potables que lorsque la mer est calme, 51.
GÉBELIN (Court de) : sa méprise sur les signes du mont Liban, 29, note.
GÉOGRAPHIE sacrée, citée, 95, 106, 114, 126, 140, 155, 163, note, 177, 190.
GERMA, ville du Fazzan, 27, note.
GHABAOUET, anciens tombeaux chrétiens, situés à l’Oasis de Thèbes, 161.
GHARAH, Oasis, 19.
GHERNÈS, ruines d’une ville, 159, 160, 161.
GHERTAPAULOUS, ruines d’une ville auprès du golfe Naustathmus : silence des géographes anciens à son égard, 146.
GUETTADJIAH, ruines d’une mosquée dans la vallée Maréotide, 11.
GHIRZA, ville ruinée : les sculptures qu’on y trouve sur un monument ont contribué à accréditer le bruit d’une ville pétrifiée, 113.
GIDANES (les), peuple Libyen, 71, note.
GILIGAMMES (les), Libyens, conduisent les colons grecs auprès de la fontaine d’Apollon, 217. — Lieux qu’ils occupaient, 84.
GODEFROI (le P.), cité, 113, 114.
GOLIUS, cité, 133, note.
GRENNAH, nom des ruines de Cyrène, 94, 104.
GRONOVIUS, cité, 86, note, 116, note.
GUYENET (M. C.), mentionné, 125, note, 283.
GYZIS, ville et port, 23.
H.
HADJIS, nom des pélerins qui se rendent à la Mecque : manière de voyager de ceux qui viennent de la Barbarie, 32, 34, 35, 36.
HAL-AL (ras-el-), cap et golfe, 134, 141.
HARÂBI, nom collectif des tribus d’Arabes qui occupent les montagnes de la Cyrénaïque : leurs mœurs et leurs usages, 147, 148, 149, 150, 151, 152, 166, 167, 168.
HAYER (el-), ruines d’un grand réservoir situé au milieu de la ville de Cyrène, 223, 224.
HERBELOT (d’), cité, 114, 128, 207, note.
HERCULE (temple d’), 53. — (Tour d’), 269.
HERMAN (M.), cité, 85, note.
HERMÆA EXTREMA, promontoire, 18, 19.
HÉRODOTE, cité, 16, 28, note, 51, 53, 54, 55, note, 60, 62, 63, 71, note, 84, note, 85, note, 86, note, 96, 116, 129, 165, 171, 173, 175, 176, 184, 185, 206, 217, 221, 233, 235, 242, 244, 245, 249, 260, 270, 271, 277.
HESPÉRIDES (le jardin des) : sa situation, 171, 172, 173, 174.
HESPÉRIS, ville, premier nom de Bérénice, xxi, 187.
HEYF (el-), cap, extrémité occidentale du golfe des Arabes, 18.
HIARAH, nom des collines qui dominent le golfe Naustathmus, 146.
HIÉROCLÈS, cité, 96, 163, 177, 188, 189.
HIÉRODULES (les), nom des prêtres du temple d’Ammon, embrassent la religion chrétienne, xxvii.
HIERÆA, un des anciens cantons de la Cyrénaïque : lieux qu’il occupait, 146.
HIPPOCRATE, cité, 221, note.
HÔCH (el-), colline couronnée d’une sanctuaire, 132, 133, 153.
HORACE, cité, 10.
HUDSON, cité, 116, note.
HYDRAX, village : sa situation déterminée par la description qu’en fait Synésius, 106, 141, 238.
HYPATIA, femme célèbre qui enseigna la philosophie à Alexandrie : elle compta Synésius au nombre de ses disciples, xxviii.
I.
ILOS, île voisine de Ptolémaïs, 178.
IRASA, canton, 84, 85, note, 86, note, 87.
ISIDORE DE SÉVILLE, cité, 55, note.
ISOCRATE, cité, 258.
ISRAÉLITES (les) : leurs institutions à Bérénice, xxvi. — Peinture attribuée à leur époque, 204, 205. — Situation des Juifs modernes à Derne, 100.
J.
JABLONSKI, cité, 162.
JAUBERT (M. A.) : sa traduction d’une inscription arabe, 12. — Mentionné, 283.
JÉRÔME (saint), cité, 176.
JÉRUSALEM (le temple de) recevait annuellement une capitation des Juifs de Cyrène, xxv.
JOMARD (M.), mentionné, 282.
JOSEPHE, cité, 17, 272.
JULIUS OBSEQUENS, cité, 245.
JUPITER LYCÉEN (colline de), 233.
JUPITER OLYMPIEN (le temple de) renfermait le trésor des Cyrénéens, 233.
JUSTIN, cité, xiii.
JUSTINIEN (l’empereur) propage la religion chrétienne dans la Cyrénaïque et à l’Oasis d’Ammon, xxvii. — Ses monuments et réédifications en Libye, 184.
K.
KAFFRAM, nom d’une petite colline percée en grottes sépulcrales, 117.
KANAÏS, cap, 18, 19.
KASSABA-ZARGHAH, ruines d’un monument attribué à l’époque des Lagides, 22.
KLEKAH, ruines, 49.
KOUBBÈH (vallée de), 109. — (Ruines de), 117.
KOURMAH (description du canton de), 58.
KOUROUMOUS, lieu situé aux confins de la Libye fertile, 105.
KRAÂT, nom d’un village ruiné, 117.
L.
LADJEDABIAH, ville sarrasine, xxxi.
LAMAÏD, château construit par le sultan Bibars, 11, 12, 13, 48.
LAMELOUDÈH, nom des ruines de la ville de Limniade : souterrain et réservoirs qu’on y trouve, 126, 127.
LANCRET, cité, 5.
LAPIE (M.), mentionné, 283.
LARENAUDIÈRE (M. de), cité, 27, note. — Mentionné, 283.
LEREÏTH, port, 33, 34.
LECHKERRÈH, Oasis dépendante d’Augiles.
LEMAIRE, cité, 112, 228.
LEMLEZ, ruines d’un château grec : sa situation, 137, 259.
LEMSCHIDI, ruines d’un château grec : sa situation, 137, 259.
LEPÈRE (M.), cité, 5.
LE QUIEN, cité, 96, 106, note, 161 ; note, 163, note, 177.
LETRONNE (M.), cité, 4, 142, note, 162, 179, 204, 216, 222. — Mentionné, 264.
LEUCE-ACTE, promontoire : cause de sa dénomination, 19, note.
LIBYE (la) inférieure, 96. — Supérieure, 153. — Aride, 106.
LIBYENS (les) : accueil qu’ils font aux colons de Théra, et leurs paroles, xiii. — Leurs campements retranchés, 237, 238. — Leurs dévastations dans la Pentapole, 121. — Introduisirent les chameaux de l’intérieur de l’Afrique dans les champs de la Cyrénaïque, 242. — Origine de l’égide de Minerve par les habillements des Libyennes, 221, note.
LIMNIADE, Lemnandus, Lemnandi, Lamponia, ville : séparait, sous les Romains, la Marmarique de la Cyrénaïque, 126.
LIMNIADES (les), nymphes, 127.
LIXOS, promontoire, 174.
LÆA, île, 116.
LOUIS (le roi saint), 48.
LUCAIN, cité, 86, 173, 271.
LUCULLUS est envoyé à Cyrène par Sylla, xx.
M.
MAÂRAH, ruines d’un château : ateliers arabes qu’il contient, 110, 111.
MACRIZY, cité, 10.
MAGAS, gouverneur de Cyrène, fait une expédition contre l’Égypte, xix.
MAGHARENAT-EL-HEABÈS, tombeaux égypto-grecs, 49, 50, 52.
MAGHARENAT, magasins souterrains situés entre Cyrène et Apollonie, 191, 192, 193, 194.
MAHADAH, nom actuel de l’ancien port de Zygis, 23.
MAKTAÉRAÏ, ruines : anciennes habitations de Troglodytes, 16.
MALÉE, promontoire, situé à la partie orientale de la côte du Péloponèse, et actuellement nommé Sant-Angelo, 173.
MALTE-BRUN, cité, 54, note.
MANNERT, cité, 29, 50, 52, note, 53, 96, 126, 171, 175, 176, 238.
MANTINÉE, ville d’Arcadie dans le Péloponèse, xv.
MARADÈH (description de l’Oasis de), 273, 274.
MARÉOTIDE (description de la vallée), 9, 10, 11, 14, 34.
MARÉOTIS, lac près d’Alexandrie, séparé de la mer par une petite chaîne de collines calcaires, 3, 6.
MARMARIDES (les) s’opposent à l’expédition de Magas contre l’Égypte, xix. — Sont repoussés par les Romains dans l’intérieur des terres, 17. — Diversité des anciennes traditions sur les limites du pays qu’ils occupaient, 55, note.
MARMARIQUE (la) : étendue progressive des limites de cette contrée, 55, note, 126. — Époque, durée et caractère de sa végétation, 42, 54, 59, 60, 61. — Principaux animaux et oiseaux qu’on y rencontre, 61, 62, 63, 64, 87. — Saison des pluies, 37. — Citernes anciennes et modernes, 55, 56. — Explication des signes empreints sur les rochers et les monuments de la Marmarique, 24, 25, 26, 27, 28, note.
MARONITES (les), auteurs de la géographie nubienne, cités, 207.
MASDACÈS, un des prophètes des Carpocratiens, répand ses préceptes en Perse, xxviii, 128.
MASSAGÈTES (les), peuple qui habitait la grande plaine à l’orient de la mer Caspienne, 129.
MASSAKHIT, ruines d’une ville : les nombreux fragments de statues qu’on y trouve sont une des causes de la tradition d’une ville pétrifiée, existant en Afrique, 111, 112, 113, 114.
MATTER (M.), cité, xxvii, 128.
MÈDES (les), leur voyage en Libye, 204.
MELLAH, cap, 47.
MÉNALIPPE, prêtre d’Apollon, périt par les ordres du tyran Néocratis, xvii.
MENDAR-EL-MEDAH, collines, 22.
MÉNÉLAS, port, ainsi appelé à cause du prince Grec de ce nom qui y aborda, 47, 53.
MICHAUD (M.), cité, 48.
MINERVE, enseigne aux Libyens à conduire les chars, 176.
MINUTOLI (M.), cité, 1, 31, 40.
MOHAMMED-ALY, pacha d’Égypte : ses institutions politiques sont le sujet des entretiens des Arabes du désert, 21. — Disperse les Aoulâd-Aly réunis auprès du port de Parætonium, et attire leurs chefs à sa cour, 30, 31, 66, 67.
MOHAMMED-BEY, fils du pacha de Tripoli, 90.
MOHAMMED-EL-GHARBI, envoyé des États barbaresques, auprès du pacha d’Égypte : obligations que lui doit l’auteur, 2, 94.
MONTAIGU, cité, 29, note.
MOREAU (M.), mentionné, 283.
MOUKHNI (le bey), gouverneur du pays de Barcah, 104, 147.
MÜLLER (M.), élève de l’école royale des langues orientales de Paris, compagnon de voyage de l’auteur, 2, 10, 22, 37, 40, 41, 89, 93, 104, 123, 124, 125.
MYRMEX, île, 178.
N.
NABATHÉENS (usages des), xxviii, 114, 129.
NASAMONS (les), Libyens, aidèrent au commerce de Carthage, xxii. — Lieux qu’ils habitaient, 271. — Leurs mœurs et leurs usages, 129, 271. — Furent attaqués, et repoussés dans l’intérieur des terres par les Romains, 272.
NATROUN, nom arabe de l’ancienne ville d’Érythron, 189, 140, 141, 143.
NAUSTATHMUS (le port et promontoire), 115, note, 141, note, 142, 146, 161, 162, note, 164.
NÉCROPOLIS (la) de Cyrène (coup d’œil extérieur de), 194, 195, 196, 197, 198, 199. — (Distribution intérieure et monuments des souterrains de), 201, 203, 204, 205, 206, 207, 208, 209, 210, 211.
NÉOCRATIS, tyran de Cyrène, xvii.
NEPTUNE enseigne aux Libyens à dompter les chevaux, 176.
NIL : situation de ce fleuve relativement à la Cyrénaïque, xi. — (Vallée du), 8, 9, 60, 68, 112.
NUBIE (la), 60, 67.
O.
OASIS (les) d’Égypte : cause de la situation, actuellement isolée, de la plupart de leurs anciens monuments, 11, note.
OLBIE, ville épiscopale, 114.
OMMIADES (les) s’emparent de la Cyrénaïque, xxx.
OPHELLA, général de Ptolémée, soumet les Cyrénéens, xviii. — Se révolte contre Ptolémée, fait alliance avec Agathocle et meurt, xix.
OROSE, cité, 245.
OSIRIS (temple d’), 7. — (Tombeau d’), ibid.
OUDNEY, cité, 27, 28, note.
P.
PALÆBISCA, village : sa situation, 106, 141, 238.
PALIURUS, rivière, 52, 53, 86, note.
PANORMUS, port, 43.
PARÆTONIUM, ville : capitale du nome libyque, 29, 30.
PAUL (saint), cité, 126.
PAUSANIAS, cité, 233.
PELLERIN, cité, 189.
PÉLOPONÈSE (le) : sa situation relativement à la Cyrénaïque, 174.
PENTAPOLE, nom collectif des cinq principales villes de la Cyrénaïque, xii.
PÉRIPLE ANONYME (le), cité, 18, 23, 51, 53, 86, note, 96, 115, 140, 141, 142, 146, 162, note, 189, 178, 181, 184, 188.
PÉTAU (le père), cité, 141, note.
PETRA, métropole des Nabathéens, 114.
PETRAS-PARVUS, ville : sa situation, 49, 51.
PEUTINGER, cité, 170, 189.
PHÉNICIENS (les) : leur association présumée avec les Berbères et les Libyens, xii. — Transportèrent des chevaux de l’Afrique en Grèce, 242. — (Port des), 173.
PHÉRÉTIME reçoit un présent dérisoire du roi de Salamine ; s’adresse à Aryandès ; tire une vengeance atroce de la mort de son fils, et périt misérablement, xvi, 8, 176.
PHILIPPES (la bataille de) eut des résultats favorables aux Juifs de Cyrène, xxv.
PHILLÈNES (les autels des) furent le point de démarcation des états de Cyrène et de Carthage, xvii, 55, note. — Étaient construits de sable, 267.
PHILLINE (la danseuse), xviii.
PHISCON ÉVERGÈTE, roi de Cyrène, fondateur de Ptolémaïs, 180. — Transmet à Apion la Cyrénaïque, comme royaume indépendant, xix.
PHYCUS, promontoire, 130, note, 141, note, 143, 163, 189, 172, 173, 174.
PINDARE, cité, xv, 85, 163, 185, 217, 218, 227, 229, 233, 235.
PINÈDE, cité, 170.
PLATEAU CYRÉNÉEN (le) : dénomination adoptée par l’auteur pour désigner toute la plaine qui s’étend sur les montagnes de la Cyrénaïque, 84, 86, note, 87.
PLATÉE, île où débarquèrent les colons de Théra : sa situation, 51, 52, note, 54, 86, note.
PLATON : sa réponse aux ambassadeurs Cyrénéens, xvii.
PLAUTE, cité, 116, note, 164, 165, note, 211, 239, 253.
PLINE l’ancien, cité, xxii, 55, note, 163, 165, 174, 175, 185, 236, 239, 240, 245, 248, 249, 252, 253, 256, 262.
PLINTHINE (le golfe de), 7, 18.
PLUTARQUE, cité, xvii.
POCOCKE, cité, 128.
POLLUX, cité, 261.
POLYBE, cité, 19.
POLYEN, cité, 225.
POMPONIUS MÉLA, cité, 16, 39, 55, note, 115, note, 129, 142, 185.
POSIRION, ville : la même que Taposiris, 7.
PROCOPE, cité, 6, 7, 30, 177, 181, 184, 185.
PROVENCE (la végétation de la Cyrénaïque septentrionale diffère peu de celle de la), 102.
PSYLLES (les), Libyens : lieux qu’ils habitaient, 271.
PTOLÉMAÏS, une des cinq villes qui formaient la Pentapole libyque : confondue par plusieurs géographes avec Barcé ; sa situation, 175. — (Aqueduc de), 181, 182.
PTOLÉMÉE (Claude), d’Alexandrie, cité, 55, note, 95, 96, 106, 115, note, 116, note, 126, 140, 141, 142, 155, 175, 178, 181, 183, 187, 188, 189, 249.
PYTHAGORE (le philosophe) : compris parmi les prophètes des Carpocratiens, xxviii, 128.
PYTHIE (la) ordonne à Battus d’aller fonder une colonie en Libye ; ses promesses sont réalisées, xiii, 217.
R.
RAOUL-ROCHETTE (M.), cité, 85, note.
RASSAM ou Ras-Sem, station dans le désert de la grande Syrte, 113.
REFFAH, ruines d’un château, 130.
ROMAINS (les) : moyens qu’ils employèrent pour défendre le littoral de la Marmarique contre les Marmarides, 17, — la Pentapole contre les Ausuriens, 121.
ROQUETTE (M. de la), mentionné, 183.
ROSSONI (M.), vice-consul d’Angleterre à Ben-Ghazi, mentionné, 104.
S.
SACY (M. S. de), cité, 12.
SAFFNÉH, ruines d’un ancien village : disposition de ses tombeaux, 158.
SAF-SAF, ruines d’un ancien bourg, 223.
SAHARAH (grand désert de), 160.
SALAMINE, ville située à la partie orientale de l’île de Chypre, appelée Constantia dans le moyen âge, xvi.
SALLUSTE, cité, 39, 86, note, 204.
SALT, mentionné, 94.
SAMOS, île de la mer Égée, xv.
SARRASINS (les), 48, 110, 159.
SATURNE, compris par les Carpocratiens au nombre de leurs législateurs ou prophètes, xxviii.
SCHOLZ (M.), cité, 11, 13, 27, 28, note, 39.
SCYLAX (le périple de), cité, 18, 51, 54, 55, note, 85, 86, note, 96, 115, 116, note, 142, 162, 165, 189, 171, 172, 175, 178, 185, 186, 187, 249.
SÉLIM I (l’empereur) s’empare de la Cyrénaïque, xxxi.
SENNIOU, ruines d’un château, 130.
SERAPEUM, bourg : sa situation, 268.
SERVIUS, cité, 175.
SÉSOSTRIS (voyage de) en Libye, 8.
SHAW, cité, 112.
SIBILLÈH, source située à l’Oasis d’Augiles : la même que celle dont parle Hérodote, 280.
SILPHIUM (le) : consacré à Battus, fondateur de Cyrène, xxiii, 252. — Son origine miraculeuse, 247. — Analyse qu’en ont laissée les anciens, 248. — Analyse de l’auteur, 250. — Contradictions des traditions à l’égard de localités qu’elles lui assignent, et lieux où il croît de nos jours, 249. — Suc que l’on en tirait ; autres propriétés qu’il avait dans l’antiquité, et celles qu’on lui retrouve, 250, 251. — Emploi que l’on en faisait et son haut prix, 252. — Observations sur sa disparition de la Cyrénaïque et sur sa réparition, 253, 254.
SMITH (M.), cité, 146.
SOLIMAN II (l’empereur) joint la Cyrénaïque à Tripoli et en forme un seul état, xxxi.
SOLIN, cité, 55, note, 253.
SOLOUM, port, 43.
SORT, ville, sa situation, xxxi.
SOUDAN (le), 160, 211.
SOUZA, nom arabe de Sozysa, 161, 166.
SOZYSA, nom que reçut Apollonie dans le moyen âge, 163.
STRABON, cité, xxviii, 3, 4, 10, 14, 18, 29, note, 30, 33, note, 47, 53, 55, note, 57, 96, 115, note, 129, 142, 146, 162, 165, 171, 175, 183, 185, 186, 187, 188, 236, 249, 253, 261, 262.
STRATONICUS LE RHODIEN, cité, 263.
SUIDAS, cité, 175.
SYLLA (le consul) cherche à concilier les différends des Cyrénéens, xx.
SYNÉSIUS, philosophe platonicien, évêque de Ptolémaïs : implore le secours d’Arcadius en faveur de Cyrène, xxix. — Sa description des dévastations des Barbares, _ibid._ — Cité, 50, 86, note, 96, 106, 114, 121, 126, 140, 141, 156, 163, 165, 189, 177, 178, 182, 185, 189, 206, 238, 240, 241, 242, 243, 245, 253, 262.
SYOUAH (l’Oasis de), 26, 30.
SYRTE (la grande), 50, 55, note, 59, 67, 71, note. — (La petite), 55, note.
T.
TACITE, cité, 233.
TAMMER, ruines d’un temple, 116, 117.
TAPOSIRIS (usages des anciens habitants de), 4. — (Situation de la ville de), 7, 96, note.
TARAKENET, vallée, 109, 110.
TEBELBÈH (ruines de la tour de), 138, 142.
TEGHEIGH (ruines du château de), 138.
TEMMIMÈH, vallée, 52, 53, 54.
TÉRENCE, cité, 211.
TÉRETH, ruines de la ville de Thintis, 154, 155, 157.
TETRAPYRGIA, bourg aux quatre tours, 49.
TEUCHIRA, autrement dite Arsinoé, une des cinq villes qui composaient la Pentapole libyque : discussion sur les deux noms qu’elle porta, 185, 186, 188, 189.
THAOUGHAT (ruines du château de), 156.
THAOUN (Ouadi-el-), la vallée du Moulin, 22.
THÈBES (l’Oasis de), 161, note.
THÉOPHRASTE, cité, 171, 233, 239, 247, 248, 251, 255.
THÉRA (l’île de) : une grande sécheresse qui y survint fut cause du départ de plusieurs de ses habitants pour aller établir une colonie en Libye, xii, xiii.
THESMOPHORIES (les), fêtes religieuses : emprunts que les Carpocratiens paraissent lui avoir faits, 128.
THESTÉ, fontaine située dans le canton d’Irasa, 85, note.
THIMBRON fait une expédition contre Cyrène, xvii, 185, 225.
THINTIS, Thestis, Thyne, Disthis, ville, 155.
THRIGE (M.), cité, 85, note, 171, 175, 228, 232, 233, 241, 243, 251, 252, 256, 261.
THYON (le), arbre, ne croît point à Ammon malgré l’assertion de Théophraste, 255, note. — Usages divers que l’on faisait de son bois, xxxii, 255, 256.
TOKRAH, nom arabe des ruines de la ville de Teuchira, 183.
TOLOMETA, nom arabe des ruines de la ville de Ptolemaïs, 178, 183.
TOMBOUCTOU (la ville de), 160.
TOUARIKS (les), peuple, 27, 28, 29, note, 242.
TOUBROUK, nom arabe des ruines d’Antipyrgus ; port, 46, 47, 48, 49, 51.
TOURBA, cap : l’ancien Zephyrium, 115.
TOURNEFORT, cité, 241.
TRIPOLI D’AFRIQUE (la ville de), xxxi, 30, 39, 94, 100, 104, 147.
TRITONIS (le lac) : auprès de la grande Syrte, 86, note. — Auprès de Bérénice, 188.
TROGLODYTES (les), 16. — (Le pays des), 55, note.
V.
VATTIER DE BOURVILLE (M.), vice-consul de France à Tripoli d’Afrique, mentionné, 266.
VÉNUS (îles et temples de) dans la Cyrénaïque, 115, 116 et note 3, 177, 188.
VIRGILE, cité, xxi, 10, 207.
VIVIANI (M.), cité, 62.
VOLNEY, cité, 29, note.
VOPISCUS, cité, 17.
VOSSIUS, cité, 86, 116, note.
W.
WALCKENAER (M.), cité, 232.
WESSELING, cité, 163, 232.
X.
XERXÈS (on comptait des dromadaires dans l’armée de), 242, note.
Y.
YAKOUTI, cité, 112, 114.
YOUSOUF, pacha de Tripoli, 3, 93, 124.
Z.
ZAOUANI, nom arabe d’un groupe de mausolés situés auprès du golfe de Naustathmus, 144, 156.
ZA’RAH (plateau de) : fêtes des Arabes auxquelles l’auteur assiste, 42, 43.
ZARINE, nom que le périple anonyme donne à un lieu qui parait correspondre à Darnis, 96, 115.
ZATRAH, nom d’un village ruiné, 117.
ZEITOUN, lieu qui paraît correspondre à Hydrax, 105, 106.
ZEMLÈH (puits de), 43.
ZEPHYRIUM (le port et promontoire) : leur situation, 115, note, 140.
ZOA ou ZŒS, nom donné par quelques auteurs à la ville de Cyrène, ou à une autre qui lui aurait été antérieure, 232.
ZOROASTRE, compris parmi les législateurs ou prophètes des Carpocratiens, xxviii, 128.
ZYGIS ou Zygren, petite ville et port de la Marmarique, 23, note.
FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.
APPENDICE AU VOYAGE DANS LA CYRÉNAÏQUE.
ITINÉRAIRE D’AUDJELAH A MOURZOUK, D’APRÈS UN HABITANT D’AUGILES[388].
* * * * *
D’Audjelah, en se dirigeant droit à l’ouest, après quatre journées de marche, on arrive à Zaltha, station où l’on trouve quelques bouquets de palmiers, et de l’eau potable, quoique saumâtre.
A quatre journées de distance, et dans la direction ouest, 9° nord, de Zaltha, est el-Ouabri, lieu où l’on trouve un bassin de grès qui contient de l’eau de pluie durant la majeure partie de l’année.
A quatre journées de distance, et à l’ouest, 9° sud de el-Ouabri, est Kannabah, petite Oasis produisant des dattiers, des tamarix, des aghouls (sainfoin du désert), et contenant de l’eau douce.
A une journée de distance, et à l’ouest de Kannabah, est Temsèh, village faisant partie du pays du Fazzan ; les habitants, dont le nombre est de trois ou quatre cents, cultivent, dans les sables et avec l’eau des sources et des puits, de l’orge, du bled, des melons d’eau, des figuiers et des grenadiers. Il n’y a point dans ce village d’agent du bey Hassan, gouverneur du Fazzan ; le Cheik-Beled retire les contributions, qui ne sont imposées que sur les dattiers : chaque cent pieds de dattiers paie une piastre forte d’Espagne.
A une journée de distance, et à l’ouest-nord-ouest de Temsèh, est Zaouilah, grand village au sud duquel sont les ruines de deux monuments construits en grandes assises (deux châteaux sarrasins). Les habitants portent le surnom de _Sarffah_. Leur nombre s’élève à quinze cents environ. Le terrain de Zaouilah est composé d’un mélange de terre salée et de sable. On y trouve un grand nombre de puits revêtus en troncs de dattiers, comme ceux d’Audjelah, et point de sources. On n’y cultive que le bled et l’orge : les palmiers y sont en grande quantité. Ce village et le précédent sont situés dans une plaine rase, où l’on ne voit ni colline ni la moindre élévation, et offrant le même aspect que le canton d’Audjelah. Ces sortes de plaines du désert sont nommées _Serrir_, par les Arabes. Zaouilah est la résidence d’un chaous du bey Hassan.
Après une journée de marche, à l’ouest de Zaouilah, et par une forêt non interrompue de dattiers, on arrive à Hammerah, village un peu moins considérable que Zaouilah. Au nord, et en vue d’Hammerah, est un hameau appelé Masséghaouin.
A deux heures de distance, et à l’ouest-nord-ouest de Hammerah, est Oum- el-Heranep, village à peu près aussi grand qu’Hammerah, et où l’on ne trouve aussi que des puits et, par conséquent, que la même culture. Le chemin qui sépare ces deux villages est parsemé de quelques palmiers.
A trois heures de distance et au sud ¼ ouest de Oum-el-Heranep, est Maghaouèh, petit village dont le terrain, quoique formé en majeure partie de terre salée, et couvert de plusieurs pieds de sable, contient néanmoins plusieurs sources d’eau douce.
A deux heures de distance, et à l’est de Magahouèh, est Taouillah, village borné au sud par une chaîne de collines.
A demi journée de distance et à l’ouest de Taouillah, est Teraghah, village aussi grand que Zaouilah, et dont le sol est arrosé par plusieurs sources abondantes, qui permettent d’y cultiver, outre les céréales, la vigne, le melon d’eau, le figuier et le grenadier. Au nord de Teraghah, on voit des cônes isolés, ou formés de roche schisteuse d’un rouge éclatant.
A une petite journée de distance, et à l’ouest de Teraghah, est Zezaouèk, hameau, en vue et au sud duquel on en trouve un second, qui prend son nom El-Ain, d’une belle source qu’il contient.
Enfin, à demi-journée de distance, et à l’ouest de Zezaouèk, est Mourzouk, ville capitale du Fazzan, située dans une plaine de sable et de terre salée. Cette ville, ainsi que tous les chefs-lieux des provinces centrales de l’Afrique, doit ses richesses et son activité à son grand marché, où les habitants des divers points du Fazzan viennent successivement vendre leurs récoltes, ou les échanger contre d’autres denrées. La branche la plus considérable de son commerce d’exportation consiste en peaux de chèvres pour outres et sellerie que l’on y fabrique avec un grand art. Les femmes de Mourzouk ont à peu près le même costume que les Égyptiennes, au voile près, dont elles partagent avec les Bédouines l’avantage d’être débarrassées. Leur corps est couvert d’une ample chemise bleue (mouktah), et lorsqu’elles sont mariées, elles se coiffent d’un schall (médaourah) d’étoffe de coton teinte en rouge. Il en est peu qui ne portent, outre ces vêtements, un (mellahièh) autre schall dont elles se couvrent la tête, et qui, retombant sur les épaules, leur sert à se draper de diverses manières. De même que les Égyptiennes, elles ont le front orné d’un bandeau de sequins ou d’autres pièces de monnaie ; à leurs oreilles pendent aussi d’énormes boucles d’argent, et il est rare que leurs pieds et leurs bras soient dépourvus d’un ou de plusieurs anneaux de verre de diverses couleurs. Hassan-Bey est le gouverneur actuel de Mourzouk ; ses forces consistent en cent cinquante cavaliers de Tripoli et trois cents fantassins recrutés parmi les Arabes du désert. Ce bey a remplacé Moustaffah, mort dans le Fazzan, de retour d’une expédition au Bournou, d’où il avait rapporté cinq mille esclaves.
* * * * *
[Note 388 : On a conservé exactement dans cet Itinéraire les distances données par l’habitant d’Augiles, quoiqu’elles soient généralement peu d’accord avec celles des cartes.]
LISTE DE QUELQUES MOTS EMPLOYÉS DANS CETTE RELATION, ET TRANSCRITS SUR LES LIEUX, EN CARACTÈRES ARABES,
PAR M. FRÉDÉRIC MULLER.
* * * * *
Dernah. درنه
Abiar el kelleh. ابيار الخلعه
Bousbekah. بوس بكه
Abousir. ابوسير
Ouadi mariout. وادي ماريوط
Bednat. بدنات
Sérenèh. سرنه
Bourden. البوردن
Boumnah. بومنه
Kasr ghettadjiah. قصر قطاجّه
El-Hammam. الحمّام
Kasr Amaïd. قصر عميد
Zhaher. ظاهر
Kassabat elchammamèh. قصبه الشمّامه
Dresièh. درزيه
Gebel-kouramah. جبل كرامه
Benaièh-Abou-sélim. بنية ابو سليم
Maktaérraï. مقطع الرّاي
Giamerneh. جامرنه
Asambak. اسمبك
Gephrah. جفره
Acabah-el-soughaier. عقبة الصغير
Mendar-elmedah. مندار المداح
Achebeat. الشبعات
Elkassébat zargah. القصبة زارغه
Berek marsa. برك مرسا
Boun Adjoubah. بون عجوبه
Kasr Abousouety. قصر ابو ثوتي
Argoub souf. عرقوب صوف
Marsa elbeït. مرسا البيت
Kasr chamès. قصر شامس
Choubbak. شبّاك
Kasr ladjédabiah. قصر الاجدابيه
Akaba-el-souloum. عقبه الصّلوم
Birzemleh. برزمله
El-zoroah. الذرعه
El-daraah. الدرعه
Daphnèh. دفنه
Kasr Djedi. قصر الجدي
Harâbi. حرابي
Habboun. حبّون
Mouraboutin. مرابطين
Coum boun. كوم بون
Toubrouk. طبروق
Kelekah. الكلكه
Magharat el-Habs. مغرات الحبس
Aïn elghazal. عين الغزال
Bombah. بومبه
Batrakah. بتركه
Themimèh. ثميمه
Ras-el-tin. راس الطين
Aïn Erzem _ou_ Erazem. عين ارزم
Hédjadj. حجّاج
Chaouch. شاوش
Dérias. درياس
Hadji-abd-el-Aziz. حاج عبد العزيز
Beled el-Sour. بلد الصور
Magharah. مغاره
Djebeli. جبلي
Abou Mansour. ابو منصور
El-Tahtani. التحتاني
El-Fokâni. الفوقاني
Brouès. البروس
Maarras-el-leben elftahiah. معرّس اللبن الفتايه
Grennah. قرنّه
Cheikh Aziz. شيخ عزيز
Kasr Ghardam. فصر قردم
Kourmous. كورموس
Chéhah. شهه
Kasr-Abou-hassan. قصر ابو حسن
Ouadi-Harden. وادي هردن
Ouadi Bethak. وادي بتحاق
Koubbèh. قبّه
El-Hey. الحيّ
Kraâth. كرعط
Kafram. كفرام
Zatrah. زطره
Tadenet تدنت
Massakhit. مسخيط
Ouadi el-Haradj. وادي الحرج
Khechm-rezk. خشم رزق
Ouadi el-Harran. وادي الحرّان
Kasr Harami. قصر حرامي
Lemlez. الاملز
Kasr iaden. قصر يادن
Tegheigh. تقيق
Aghtas. اغطاس
Natroun. نطرون
Ouadi-abou-scheffeh. وادي ابو شفّه
Ras-el-halal. راس الهلال
Menakiet. المناكات
Zaouani. زواني
Oumma-Bneib. ام بنيب
Gherthaboulous. قرطبولوس
Djaus. جوز
Ghabou-djaus. قبو جوز
Hiarah. ياره
Djoubrah. جوبره
Ghabou-Diounis. قبو ديونس
Safneh. صفنه
Ghernès. انقرنس
Thaougât. طاوقات
Abou Ebeilah. ابو ابيلح
Tereth. ترت
El-Gouafel. القوافل
Lameloudeh. الاملوده
Djaborah. جبوره
Souza. سوزه
Magharenat. مغارنات
Grennah. قرنّه
Safsaf. سفساف
El-Empharrah. الامفرّح
Kasr Scheghièh. قصر شقيه
Bou-Meliou. بو مليو
El Hayer. الحيّر
Moukfeif. مكفيف
Bou Bdeir. بو بدير
Hôch. حوش
Kasr-Abou-Rhaouèh. قصر ابو غاوي
Kasr-Abou ghadis. قصر ابو قادس
Maâthan chaeth. معطن شعط
El Keren. الكرن
Abou’l-ghadir. ابو الغدير
El Bagharah. البقره
El Nétechss. النتكس
El Mektelèh. المقتله
Tel-Ghazèh. تل غازه
Mouchedachièh. مشداشيه
Charah. شراع
Tegharrebou. تغارّبو
Ouadi Sammalous. وادي سمّلوس
Tkassis. تكسس
Kasr Sammalous. قصر سملوس
El-Maraouèh. المراوه
Bénéghdem. بنقدم
Tolometa. ثلمثه
Kasr-el-Asker. قصر العسكر
Taoukra. طاوكره
El Merdjeh. المرجه
Barcah. برقه
Sebkha-el-berss. صبخه البرس
Kassebat. قصبة
Ben-Ghazi. بن غازي
Tellemoun. تلمون
Djelid. جليد
Mourseff. مورسف
Ladjedabiah. الاجدابيه
Rassam. رسم
Sebilèh. سبيلة
Serir. سرير
Audjelah. اوجله
Zeghaghnèh. زقاقنه
Sebkhah. صبخه
El-Hâti. الحاطي
El-Sarranèh. السرّانه
El-Ghetaoui. القطوي
Kseb. قصب
Ghafouli. غفولي
Saouani. صواني
Doukhn. دوخن
Darfour. دارفور
Berber. بربر
Maradeh. مراده
Meyrighah. مهريقه
Ain sidi Mohammed. عين سيدي محمد
Aghoul. اغول
Ghour-djahenneim. غور جهنيم
Hayfath. حيفاط
Ain-el-Ball. عين البلّ
Ain el-Daba. عين الضبع
Zaghouth. زقوط
Zalah. زلعه
Zaouièh. زاوية
Djallou. جالو
Haragh. عراق
Lébé. لبه
Oum el-Messid. ام المسيد
El Heiry. الهري
Léchkherréh. الاشخرّه
Lagheiah. لقيه
Tarfayah. طرفايه
Faredghah. فردغه
Mogharah. مقرّه
Ouadi guatmir. وادي قطمير
Louéchkah. الوشكه
Ghéghab. ققاب
Taraknet. تركنة
Sirêh. سيره
Kasr maârah. قصر ماره
Beit tamar. بيت ثمر
Debek. دبكه
Melh-ar-rach. ملح الرش
Chenedirèh. شنديره
Elkaraschi. الكراشي
Ghelleb. جلّب
Oum ellaham. ام اللحم
Kasr seniou. قصر سنيو
Reffah. رفّعه
Boumnah. البومه
El Haudh. الحوض
Ouadi Tebelbèh. وادي تبلبه
Maâthen. معطن
Aoûd. عود
Lemchidi. الامشيدي
Chiathah. شياطه
Ghazelièh. غزليه
Maraghi. مرقي
Kamissah. خميسه
Maouêmet. ماوّمت
Gharah. قرعي
Oum-el-soughaier. ام الصغيّر
Abou’l-Gharadek. ابو الغرادك
Moqarrah. مقرّه
Kardasséh. كرداسي
* * * * *
_Nota._ M. Pacho, pour adoucir la prononciation de quelques noms arabes, et pour se conformer d’ailleurs à la prononciation rapide et contractée de cette partie de l’Afrique, a presque toujours supprimé l’_alef_ initial de l’article et du mot _abou_. On a cru devoir ici le réintégrer quelquefois, afin de rendre la transcription française plus conforme à l’orthographe arabe ; mais ce léger changement et quelques autres modifications peu importantes, n’empêcheront pas le lecteur de reconnaître l’identité des noms de cette liste avec ceux qu’il a déja lus dans le Voyage. M. Müller étant d’ailleurs absent au moment de l’impression, on s’est réglé le plus qu’il a été possible sur son manuscrit.
VOCABULAIRE DU LANGAGE DES HABITANTS D’AUDJELAH.
NOTA. Tous les mots marqués d’une astérisque sont ou arabes, ou dérivés d’une racine arabe.
VOCABULAIRE DU LANGAGE DES HABITANTS D’AUDJELAH,
RECUEILLI ET TRANSCRIT EN ARABE PAR M. FRÉDÉRIC MULLER, ANCIEN ÉLÈVE DE L’ÉCOLE ROYALE DES LANGUES ORIENTALES ;
REVU PAR M. AGOUB, PROFESSEUR DE LANGUE ARABE AU COLLÉGE ROYAL DE LOUIS-LE-GRAND.
* * * * *
A
ABAISSER. Hafra. حفره
ABATTRE. Thayah*. طيّح
ABATTU. Youayah. يوّايه
ABÇÈS. Doummeleh*. دمّلة
ABEILLE. Tement. تمنت
ABOIEMENT. Guerzen. قرزن
ABONDANCE. Daggout. دقّوت
ABOYER. Guerzeni. قرزني
ABREUVER. Yéchouaya. يشوّايه
ABRICOT. Michmech*. مشمش
ABSENCE. Yéghabah*. يغابه
ABSENTER (s’). Aghab*. اغاب
ABUSER (s’), se tromper. Yéghléthah*. يغلط
ACCOUCHER. Idjer. يجر
ACCOURCIR. Yerzaya. يرزيه
ACCROCHER. Yaallega*. يعلّقه
ACCROÎTRE. Daggat. دقّات
ACHEVER. Ammartet. عمّرتت
ACHEVÉ. Taammartet. تعمّرتت
ADOUCIR. Retteb*. رطّب
AGE. Ammagoua. اماقوع
AGILE. Féchouch. فشوش
AGILITÉ. Féchach. فشاش
AGRANDIR. Makkar. مكّار
AIDER. Yougheya. يوغيّه
AIGRE. Tehmeta*. تحمطه
AIGUISER. Sounnit*. سنّيت
AIMER. Yéghachtia. يغاشتيه
AINSI. Toudig. تودق
AISSELLE. Teghmert. تغمرت
ALLAITER. Iembeya. يمبيه
ALLÉGER. Fech. فشّ
ALLER. Youghera. يوغره
ex : Je vais. Nemadiakhr*. نمضياخر
ALLER devant. Djeghez. جقز
ALLUMER. Chelhamt. شلحمت
ALLONGER. Edgout. ادقوت
AMER. Mourr*. مُرّ
AMOLLIR. Retteb*. رطّب
AMPLE. Wourket. وركت
ANE. Azeit. ازيت
ANNONCER. Daynis. دينس
APLATIR. Khabatez. خبطز
APPELER. Naghy*. ناغي
APPORTER. Heggad. حقّاد
APPRENDRE, enseigner. Elmeida. الميدا
S’instruire. Yelmeida. يلميدا
APPROCHER. Yeddella. يدلّا
APPUYER. Thaft. طفت
ARAIGNÉE. Djekez. جكز
ARGENT, métal. Fedjrah. فجرة
ARGENT, monnaie. Barah, turk. بره
ARME. Selah*. سلاح
ARRACHER. Ekkech. اكّش
ARRÊTER (s’). Thafdhilin. طفضيلين
ARRIVÉE. Youchada. يوشاده
ARRIVER. Chada. شاده
ARTICLE. Edjijia. اجيجيه
ASSASSIN. Yanghia. ينغيه
ASSASSINER. Anghia. انغيه
ASSEZ. Aéssoud. عصّود
ASSOCIÉ. Mecharekina*. مشاركينه
ATTEINDRE. Yéouath. يوّاط
ATTENDRE. Sbordik*. صبرديك
AUTOMNE. Téghéricht. تغرشت
AUTRE. Akher*. اخر
AUTRUCHE. Naamet*. نعامة
AVALER. Yezarat. يظرات
AVARE. Ahach. احاش
ACCOUTUMÉ. Yehbéla. يهبلا
ACHETER. Yéségha. يسغه
B
BAIGNER (se). Yésiéfa. يسيفه
BAISER, v. Yammahessa. يمهسّه
BAISER, s. Yammahess. يمهسّ
BALLE. Taqileh. ثقيلة
BARBE. Taamert. تعمرت
BARBIER. Yezem. يزم
BAS. Elmaqtha*. المقطعه
BATAILLE. Yerouaha. يروَها
BATI. Hawir. هاوير
BATIR. Wir. وير
BATON. Tagharit. تغريت
BEAUCOUP. Doggout. دقّوت
BON-MARCHÉ. Ghaleika. غليكه
BŒUF. Akfik. اكفيك
BOUC. Zalaa. زلعه
BOUCHE. Amennes. امنّس
BOUCHER, v. Mernez. مرنز
BOUCHER, s. Yégharrech. يغرّش
BOUE. Témédghat. تمدغات
BOUILLIR. Yétawer. يتور
BOULANGER. Yennatthar. ينطّار
BOULE. Tahhallaq. طحلّق
BOURREAU. Yeghettem igiliouy. يغتّم يجيليوي
BOURSE. Tékissid. تكيسّيد
BOUT. Chethbath. شطباط
BOYAUX. Tchermin. تشرمين
BRAIRE. Neheq*. نهق
BRAISE. Teragghiat. ترقية
BÊCHE. Mashah*. مسحة
BLED. Yarden. ياردن
BÉNÉFICE. Elfaïdeh*. الفايده
BEURRE. Alida. اليده
BIENTÔT. Qaouama*. قوّما
BLANCHIR. Naddéfah*. نضّفه
BLESSÉ, être. Yéouathieh. يوّاطية
BLESSÉ. Ettaouéthah. اطاوّطه
BLESSURE. Tékattech. تكتّش
BLEU. Telazraq*. تلازرق
BOIRE. Yéchou. يشو
Ex. Donnez-moi à boire. Efkidi kachoua. افكيدي كشوه
BOIS. Sghaghin. صغاغين
BOÎTER. Aradj*. عرج
BOÎTEUX. Arradj*. عرّج
BORGNE. Delaaouar*, persan. دلاوار
BRAS. Afous. افوس
BREBIS. Geleb. جلب
BRIQUET. Zenad*. زناد
BRISÉ. Erzay. ارزاي
BRISER. Erzayeh. ارزايه
— (se.) Yerzayeh. يرزايه
BROUILLER. Echchera. اشّره
BRULÉ. Mahrouq*. محروق
BRULER. Haraq*. حرق
BROUILLARD. Demmeza*. دمّزه
C
CARRÉ. Yakareina. ياكرينا
CANON de fusil. Bondokat*. بندقات
CASSÉ. Erzay. ارزاي
CASSER (se). Yerzayeh. يرزايي
CAUSE. Damankouyenti. دامنكوينتي
CAVALIER. Elbeba. الببه
CE, CETTE. Douayeh. دوايه
CENDRE. Aghwel. اغول
CEPENDANT. Afioua. افيوه
CERTAINEMENT. Ezdaqa*. اصدقة
CERVEAU. Taqileh. ثقيله
CERVELLE. Taqileh. ثقيلة
CHACUN. Koulliounkesimani*. كلّ ينقسماني
CHAÎNE. Tedjiri. تجيري
CHAIR. Aksoum. اكسوم
CHANGER. Yenfela. ينفلا
CHANT. Yediz. يديز
CHANTER. Yaghlediz. يغلديز
CHARGER. Mertouf. مرتوف
CHARGE. Ammertouf. امّرتوف
CHARGÉ. Youseq*. يوسق
CHASSE. Khalleb. خلّب
CHASSEUR. Yekhalleb. يخلّب
CHAT. Thazerdaght. طزردغت
CHEMIN. Tabarouth. تبروط
CHEMISE. Tékabert. تكبرت
CHER. Yéghalayeh*. يغلايه
CHERCHER. Ghaleit. غليت
CHEVAL. Aghmar. اغمار
CHEVEU. Ezem. اذم
CHEVILLE. Errichet. ارّيشت
CHIEN. Eghzin. اغزين
CHIEN du fusil. Akadjet. اكاجت
CŒUR. Ouelnis. اوّلنس
COMBATTRE. Yérouahah. يرواها
COMBIEN. Samaghoua. صمغوه
COMPRENDRE. Fehmés*. فهمس
CONDUIRE. Fikez. فكز
COQ. Akadjet. اكاجة
CORDE. Édjeri. اجري
CORNE. Aghit. اغيت
COU. Agarat. اقارات
COUCHER (se). Ychayeh. يشايه
COUDE. Merfeq*. مرفق
COUP. Eioued. ايواد
COUPER. Yekthimeh. يقطيمه
COURBER. Aouedjeh*. عوّجه
COURBÉ. Mâouedjeh*. معوّجه
COURIT. Yétazzeh. يتازّه
COURT. Kasir*. قصير
COUTEAU. Tékhandjiart*. تخنجرت
COUTURE. Ezzoumak. ازّومك
COUVERCLE. Yendeltia. يندلتيه
COUVERTURE. Thalabah. طلابه
COUVRIR. Endetti. اندتّي
CRAINDRE. Yérouaha. يرواها
CRAINTE. Arouaha. اروها
CRASSE. Ousikh*. وسيخ
CREUSER. Négarad. نقاراد
CRIER. Enagha*. اناغه
CRU. Yérayah. يرايه
CUILLÈRE. Téféloucht. تفلوشت
CUIRE. Tchoummat. تشومات
CUISINIER. Échouman. اشومان
CUISSE. Thaghmay. طاغماي
CUIVRE. Anich. انيش
CULTIVER. Harits*. حرث
CULTURE. Haraseh*. حراثه
D
DAIM, gazelle. Adjem. ادجم
DANSE. Choua. شوة
DANSER. Echoua. اشوة
DANSEUR. Châoua. شاوَه
DATE. Tékartay. تكرتاي
DATTE, fruit. Lahbou. لحبو
DAVANTAGE. Dakket. دكت
DEDANS. Azkik. اذكيك
DÉFAUT. Aïb*. عيب
DÉGAT. Cherouath. شرواط
DÉLIÉ, mince. Daqaq*. دقاق
DÉLIVRER, sauver. Khallès*. خلّص
DÉMARCHE. Aroukh. اروخ
DENT. Sennou*. سنّو
DÉPLOYÉ. Methaoues. مطوّس
DÉPLOYER. Thaouès. طوَس
DÉPÔT. Imanet*. امانة
DERNIER. Edaniet. ادانية
DERNIÈREMENT. Ichfeldanieh. ايشفلدانية
DÉROBÉ. Méghattha. مغطّا
DÉROBER. Ghattha. غطّا
DESSÉCHÉ. Mikourah. ميكورة
DESSÉCHER. Ikourah. يكورة
DIFFICILE. Ouâar*. واعر
DIMINUER. Dérouch. دروش
DÎNER. Yetch. يتش
DISPUTE. Ouahleina. واحلينا
DIVISÉ. Mejnaneh. مجنانه
DIVISER. Yejnaneh. يجنانه
DOIGT. Ghed. قد
DONNER. Gharameh. غرامه
DORMIR. Ichayeh. يشايه
DOS. Ghezzer. قزّر
DOUCEUR. Moum. موم
DOUX. Moumeh. مومه
DRAP. Malf*. ملف
DRESSÉ. Mekerr. مكرّ
DRESSER. Kerr. كرّ
DROGUE. Doua*. دوا
DUR. Yékorah. يكوره
E
EAU. Imen. يمن
ECAILLE. Téserimt. تسريمت
ECHAPPER (s’). Yéréouel. يروّال
ECHELLE. Tahadit. تحاديت
ECLAIR. Barq*. برق
ECLAIRÉ. Menawouar*. منوّر
ECLAIRER. Nawouar*. نوّر
ECORCE. Taserimt. طسريمت
ECORCHÉ. Maslokh*. مسلوخ
ECORCHER. Aéslokh*. اسلوخ
ECRITURE. Arrab*. عرّب
EGAL, uni. Ouahed*. واحد
EGARER. Yétchouéddar. يتشوتدار
ELARGI. Kaouama. كوّما
ELARGIR. Yékaouema. يكوّما
ELEVÉ. Maïosk. مايوسك
ELEVER, hausser. Aïosk. ايوسك
EMPAN. Echber*. اشبر
EMPLI. Maëtker. معتكر
EMPLIR. Aëtker. عتكر
EMPRUNT. Miéfkes. ميفكس
EMPRUNTER. Yefkès. يفكس
ENCORE. Elikka. اليكّا
ENFANT. Yéréhou. يرهو
ENFLÉ. Menfekh*. منفخ
ENFLER. Nefekh*. نفخ
ENFUIR (s’). Yéréouel. يروّل
ENIVRER. Sekker*. سكّر
ENIVRANT. Mesekker*. مسكّر
ENRHUMÉ. Misterouh*. مستروح
ENRHUMÉ (être). Esterouh* استروح
ENTIER. Ekmeleh*. اكملة
ENTIÈREMENT. Bettemêm*. بالتّمام
ENTORTILLÉ. Ebrénah. ابرنه
ENTORTILLER. Brénah. برنه
ENTOURER. Édourah*. ادوره
ENTRÉE. Younaah. يونعة
ENVELOPPÉ. Mélouffi*. ملفّي
ENVELOPPER. Louffi*. لفّي
ENVOYÉ. Maïsen. معيسن
ENVOYER. Aïsen. عيسن
EPAIS. Azouar. ازوار
EPI. Tékadert. تكدرت
EPINE. Deri. دري
EPOUSE. Tekhtabeh*. تخطابة
EPOUSER. Atekhtabet*. اتخطابة
EPOUX. Tekhtab*. تخطاب
ESCALIER. Tahadit. تحدية
ESSUYÉ. Melouffeh. ملوفّة
ESSUYER. Louffeh. لوفّة
ESTOMAC. Maadeh*. معدة
ETAIN. Tildount. طلدونت
ETÉ. Ahoch. احوش
ETEINDRE. Chakka. شكّة
ETEINT. Echka. اشكة
ETENDRE. Afous. افوس
ETERNUER. Esenser. اسنسر
ETOILE. Negmet*. نجمة
ETRANGER. Estamesna. اسطمسنه
ETROIT. Qarez. قارز
F
FACHER (se). Yéghattah. يغطّا
FACILE. Derouch. دروش
FAIM. Loza. لوزه
FAIT. Anighah. انيغة
Tout-à-fait. Ekmella*. اكملّه
FALLOIR. Yéghally. يغلّي
FANGE. Témédghat. تمدغات
FARINE. Newroun. نورون
FAUTE. Edno. ادنو
FAUX, instrument. Emker. امكر
FEMELLE. Temighni. تميغني
FEMME. Tétoutah. تطوطه
FENDRE. Charreit*. شرّيط
FENDU. Mecharreita*. مشرّيطه
FER. Zel. زل
FERMÉ. Makkecha. مكّشه
FERMER. Yékkecha. يكّشه
FESSE. Almagâad*. المقعد
FÊTE. Aid*. عيد
FEUILLE. Teserrim. تصرّيم
FÈVE. Éwéouen. اوّون
FIEL. Andal. اندال
FIENTE. Tamakocht. تمكشت
FIGUE. Thellakh. طلاخ
FIGURE. Andiouan. انديوان
FIL. Ezzeloum. ازّلوم
FILLE. Thériout. طريوت
FINI. Tamartet. تامرتت
FINIR. Amartet. امرتت
FLAIRER. Yénéki. ينكي
FLAMME, Afou. افو
FLEUR. Sahar*. زهر
FOIE. Aul. اول
FOLIE. Cheithaneh. شيطانه
FONDRE. Yédabah. يدبه
FONDU. Médabah. مدبه
FORCE. Degoud. دقود
FORCÉ. Msimanès. مسيمانس
FORCER. Simanes. سيمانس
Par force. Yéghlebah*. يغلبه
FORT. Zor. زور
FOUDRE. Gaouy. قوي
FOUR. Lésikh. لسيخ
FOURCHETTE. Déri. دري
FOURMI, Tékétfi. تكتفي
FRAÎCHEUR. Nada*. ندا
FRAIS. Saouad. صواد
FRÈRE. Oumak. اومك
FROID. Esaqqua. اسقّي
FROMAGE. Temlid. تمليد
FRONT. Djebeheh*. جبهه
FROTTÉ. Échéred. اشرد
FROTTER. Châred. شارد
FRUITS. Elkhodret. الخضرة
FUIR. Yérouel. يروّل
FUSIL. Bondokat*. بندقات
G
GAI. Méfreha*. مفرحه
GAÎTÉ. Farha*. فرحه
GALLE. Thamasoud. طماصود
GARDE, prendre garde. Thouah. طوَه
GARROTTER. Kant. كنت
GENOU. Afoud. افود
GORGE, gosier. Khandjart. خنجرت
GOUTER. Efkik. افكيك
GOUVERNER. Mekellid. مقلّيد
GOUVERNEUR. Kellad. قلّاد
GRAIN. Eftéhou. افتَهوه
GRAISSE. Eddind. ادّيند
GRANDE. Mokar. مكار
GRAS. Gaouy*. قَوي
GRAVÉ. Ménégrech. منقرش
GRAVER. Négrech. نقرش
GROS. Tenou. تنو
GUÉRIR. Yénézah. ينزه
H
HABILLER. Kesoud. قسود
— (s’). Ankesoud. انقسود
HABIT. Tékébert. تكبرت
HABITANT. Yakimeh. يكيمة
HABITÉ. Diléouan. ديلاوان
HABITER. Echfera. اشفره
HABITUER (s’). Bekkoul. بكّول
HACHER. Enjarat. انجرات
HALEINE. Ekammel. اكمّل
HAUSSER. Erfâa*. ارفع
HAUTEUR. Alouéh*. علوه
HERBE. Ekéghast. اكغست
HEURE. Afioua. افيوه
HIBOU. Boum*. بوم
HIER. Yed. يَد
HIRONDELLE. Tharned. طرند
HIVER. Téghéricht. تقرشت
HOMME. Amaden. امادن
HONTE. Aïb*. عيب
HUILE. Zeit*. زيت
I
ICI. Ela. الا
IMMOLÉ. Magharich. مغارش
IMMOLER. Gharich. غارش
IMMONDE. Efkis. افكيس
IMPAIR. Eiouana. ايوانه
IMPARFAIT. Hhach. حاش
IMPUR. Efkis. افكيس
INTERROGER. Neghaka. نغاكه
J
JAMBE. Emédjer. امجر
JAUNE. Kamezar. كمزار
JAUNIR. Kamzar. كمزر
JEUNE. Métchik. متشيك
JEUNER. Edouf. ادوف
JOIE. Méfreha*. مفرحه
JOLI. Mari. ماري
JOUE. Fich. فيش
JUREMENT. Efed. افد
JURER. Yéfed. يفد
L
LA. Diliou. ديليو
LAISSER. Yédji. يجي
LAITUE. Mézalem. مذالم
LANGUE. Elsou. الصو
LARGE. Emten. امتن
LARME. Yémannes. يمانّس
LAS (être). Yéfella. يفلّا
LÉCHÉ. Meksaha. مكسها
LÉCHER. Eksaha. اكسها
LENTILLE. Ads*. عدس
LETTRE. Tékhartey. تخارتي
LEVAIN. Khamired*. خميرد
LÉZARD. Elfennak. الفنّك
LIEN. Oulo. اولو
LIN. Slad. صلاد
LIT. Thaoues. طَوس
LORSQUE. Lamma*. لمّا
LOUP. Akidaf. اكيداف
LOYER. Thâfedh. طافض
LUNE. Ayour. ايور
M
MACHÉ. Mahlimeh. محليمه
MACHER. Halimeh. حليمه
MAIGRE. Aïan*. ايان
MAIGRIR. Dhaaf*. ضعف
MAIN. Edaqel. ادكل
MAISON. Ichaëh. يشايه
MAL, opposé à bien. Yaammarla. يعمّرله
Douleur. Afaudah. افوده
MANCHE. Onfos. انفوس
MARIÉ. Métézaouedj*. متزوّج
MARIER. Zaouêdj*. زوّج
MARMITE. Elgadir. القادر
MAUVAIS. Yaammarla. يعمّارله
MÊCHE. Ichaya. يشايه
MÊLÉ. Makhlouth*. مخلوط
MÊLER. Khalath*. خلط
MEMBRE. Hessoud. حسّود
—VIRIL. Eghezor. اقزور
MENER. Ouaddi*. ودّي
MENTON. Dagn*. ذقن
MENU. Rghig*. رقيق
MÉPRIS. Tenebret. تنبرت
MÈRE. Omm*. اُم
MEUNIER. Téfed. تفد
MINARET. Éouadden*. اوذّن
MINCE. Rgig*. رقيق
MOISI. Menfaéker. منفكر
MOISIR. Enfaéker. انفكر
MONTRER. Eddecheh, ادّشه
MORDRE. Édded*. عضّض
MORVE. Egattar. اقّطار
MOUCHE. Doubban*. دبّان
MOUCHER (se). Esansar. اسانسار
MOUCHOIR. Abaquieh. اباقيه
MOUILLÉ. Mélouachoun. ملواشون
MOUILLER. Elouachoun. الواشون
MOURANT. Ifaâ. يفعه
MOURIR. Djénazet. جنازة
MOUTON. Haoli. حولي
MOUTON. Yakkecheh. يكّشه
N
NAGER. Yemin. يمين
NAÎTRE. Erro. ارّو
NATTE. Hasir*. حصير
NAVET. Aghzar. اغزار
NÉ. Nerro. نرّو
NET. Elharrer. الحرّر
NETTOYÉ. Mecharrer. مشرّر
NEVEU. Omak. امك
NEZ. Téréouet. تروة
NIÈCE. Tenzert. تنزرت
NIÉ. Mielghoun. ميلغون
NIER. Yelghoun. يلغون
NÔCE. Echkoum. اشكوم
NOIR. Echthaf. اشطاف
NOIRCIR. Asoued*. اسوّد
NOM. Semennas. سمنّاس
NOMMÉ. Mesemmas*. مسمّاس
NOMMER. Semmas*. سمّاس
NOUVEAU. Athar. اطار
NOYAU. Meknéouak. مكنواك
NOYÉ. Mougharred. مغرّد
NOYER. Yougharred. يوغرّد
NU. Youdenah. يودنه
NUAGES. Thadegnech. طادقنش
NUIT. Awed. اود
Passer la nuit. Ebat*. ابات
O
OIGNON. Bazalim*. بصليم
ŒIL. Athi. اطي
OMBRE. Tilly*. ظلّي
ONCLE. Ammis*. عمّس
ONGLE. Khanis. خانس
OR. Oro. اورو
ORDURE. Ousikh*. وسخ
OREILLE. Esem. اسم
OREILLER. Thachoum. طاشوم
OS. Aghazt. اغازت
OUTRE pour l’eau. Addi. ادّي
P
PAIN. Thaouegt. طاوقت
PAIR. Méchathi. مشاطي
PAILLE. Echil. اشيل
PALMIER. Azouan. ازون
PANIER. Abazart. ابازارت
PANTALON. Seroual*. سروال
PAPIER. Karthayah. كارطايه
PAREIL. Aouaoued. اواود
PARENT. Nesib*. نسيب
PARFAIT. Kamel*. كامل
PARFAITEMENT. Beltamam*. بالتمام
PARLER. Echérouy. اشروي
PARTAGÉ. Magsoum*. مقسوم
PARTAGER. Gasem*. قسم
PAYER. Aghiz. اغيز
PEAU. Eglim. اقليم
PEIGNE. Aghewezt. اغوزت
PELURE. Taserimt. تسريمت
PENCHANT. Koras. كراس
PENDRE. Efkest. افكست
PEPIN. Errast. ارّاست
PERCÉ. Makhras*. مخرص
PERCER, trouer. Kharras*. خرّص
PERDRE. Dhayaa*. ضيّع
PERDRIX. Ghethat. قطاط
PÈRE. Akhfcha. اخفشه
GRAND-PÈRE. Oudelghay. اودلغاي
PERMISSION. Oqchir. اوقشير
PERTE. Khiçarah*. خساره
PESANT. Ezzag. ازّق
PESER. Teguibibi. تقيبيبي
PESTE. Ayyaneh. ايّانه
PEUREUX. Yerouaha. يرواها
PEUT-ÊTRE. Afcho. افشو
PIED. Athar. اطار
PIERRE. Dératha. درطه
PIERRE à fusil. Souaneh*. صوانه
PIEU. Cherian. شريان
PILÉ. Mekmaya. مكمايه
PILER. Kamaya. كمايه
PILLAGE. Tazch. تازه
PILLÉ. Yétazeh. يتازه
PIQUER. Garaz*. قرص
PISTOLET. Béchatil. بشاتيل
PLAIRE. Eïouathy. ايواطي
PLANCHE. Louh*. لوح
PLEIN. Etkerreh. انكرّه
PLEURER. Yéwella. يوّله
PLOMB. Taqileh. ثقيله
PLONGEUR. Eghathas*. اغاطّس
PLUME. Richeh*. ريشه
POCHE. Djibennous. جيبنوس
POIDS. Meizan*. ميزان
POIS. Djelban*. جلبان
POISSON. Samak*. سمك
POIX. Erkan. اركان
POMME. Teffah*. تفّاح
PONDRE. Tésiouy. تصيوي
POSÉ. Mécherech. مشرش
POSER. Chérech. شرش
POTENCE. Echnag*. اشناق
POU. Thaouellekt. طاوّلّكت
POUCE. Thaght. طاغت
POUDRE. Barout*. بارود
POULE. Tékadjet. تكاجت
POULET. Edjijiau. اجيجيو
POULIE. Sebah. سباح
POURRI. Yekmiya. يخميه
POURRITURE. Ekhmiya. اخميه
POURSUIVI. Melhaq*. ملحق
POURSUIVRE. Lahaq*. لحق
POURVU QUE. Gharilon. غريلون
POUSSIÈRE. Melan. ملان
PRAIRIE. Témourt تمورت
PRENDRE. Foukez. فوكز
PRÉSENT. Erech. ارش
PRÉSENT, cadeau. Illahouehez. الاهوهز
PRESSER (se). Istaadjel*. استعجل
PRÊTÉ. Martal. مرتل
PRÊTER. Artal. ارتل
PRIER. Yemout. يموت
PRIÈRE. Erekka. اركّه
PRIX, valeur. Elakkenes. الكّنس
PROMPTEMENT. Fisaâ*. فيسعه
PUCE. Barghout*. برغوث
PUITS. Aouénou. اونو
PUNAISE. Bagh*. باغ
PUS. Elmed*. المد
PUTRÉFACTION. Façadeh*. فساده
PUTRÉFIER (se). Taaffen*. تعفّن
PUTRIDE. Maafoun*. معفون
Q
QUADRUPÈDE. Afounas. افوناس
QUENOUILLE. Ezd. ازد
QUEUE. Azif. ازيف
QUITTANCE. Chiouad. شيواد
QUITTE. Achiouad. اشيواد
QUITTER. Dgi. جي
R
RABATTRE, diminuer. Naqqas*. نقص
RACCOURCIR. Qassar*. قصّر
RACE. Sah. ساح
RACLER. Hakk*. حكّ
RADOUCI. Meleyyin*. مليّن
RADOUCIR. Leyyin*. ليّن
RAFRAÎCHIR. Essiaf. اسياف
RAISIN. Aneb*. عنب
RAPPROCHER. Djighez. جيغز
RAPPROCHER (se). Djighezeh. جيغزه
RASER. Hezam. هزام
— (se.) Hezameh. هزامه
RASOIR. Khandjar*. خنجر
RASSASIÉ. Eïyouaneh. ايوانه
RASSASIER. Eïouan. ايوان
RAT. Éghzert. اغزرت
RATISSER. Hakk*. حكّ
RAVE. Lift*. لفت
RECULER. Atchiglat. اتشيغلات
RÉFROIDIR. Barred*. برّد
RÈGLE. Eddiouah. ادّيواه
RÈGLES des femmes. Demen. دمن
RENCONTRER. Lamlagh. لملاغ
RENDRE. Aïkri. ايكري
RENTE. Gharameh. غرامة
RENVOYER. Entharad*. انطرد
RÉPANDRE. Qalab*. قلب
RÉPANDU. Meqleb*. مقلب
REPOS. Yaugharr. يوغرّ
REPOSER (se). Miaugharr. ميوغرّ
REPTILE. Taghardim. طغرديم
RÉSERVOIR. Haudh*. حوض
RESPIRATION. Ténaffos*. تنفّس
RESPIRER. Ténaffès*. تنفّس
RESTE. Ettabaq. اتّبق
RESTER. Laouada. لواده
RETARD. Athaouel*. اطاوّل
RETARDER. Thaouel*. طوّل
RETENIR. Thaff. طافّ
RETOUR. Kéri. كري
RETOURNER. Afioua. افيوه
REVENIR. Ékeri. اكري
RÊVER. Tewerquiat. تورقيات
RÉVOLTÉ (être). Tégharit. تغريت
RHUME. Ésenser. اسنسر
RICHE. Etkeira. اتكيره
RIRE. Etsa. اثه
ROBUSTE. Yéouéna. يوَّنه
ROND. Tahallaqat*. تحلّقت
RONFLER. Kharr*. خرّ
ROSEAU. Tagasibat*. تقصبة
ROSÉE. Nada*. ندا
ROTI. Meggaça. مقّسه
ROTIR. Eggaça. اقّسه
ROUGE. Nézouagh. نزواغ
ROUGIR. Zouagh. زواغ
ROUILLE. Séda*. صدا
ROUILLER. Sadda*. صدّي
ROULER. Dar*. دار
RUDE. Ezaouar. ازاوار
S
SABLE. Hemlal. هملال
SABRE. Hauch. حوش
SAC. Thaghrart. طاغرارت
SAGE. Harech. حرش
SAIGNÉE. Aadjem*. عجم
SALAIRE. Rédjar. رجار
SALE. Ousikh*. وسيخ
SALÉ. Tessan. تسّان
SALIR. Ouassakh*. وسّخ
SALIVE. Talqomt. تعلقمت
SALUER. Sad. صاد
SALUT, conservation. Sah. صاح
SAUVER. Khallas*. خلّص
SCIE. Monchar*. منشر
SCIÉ. Ménachchar*. منشّر
SCIER. Néchchar*. نشّر
SCORPION. Téghardim. تغرديم
SEC. Yakkaora. يكّوره
SÉCHER. Akkaora. اكاوره
SECOUÉ. Miaharrek*. ميحرّك
SECOUER. Yéharrek*. يحرّك
SEMAINE. Djéméêt*. جمعة
SEMBLABLE. Meçaouy*. مساوي
SEMER. Hammay. حمّاي
SENTIR. Chemm*. شمّ
SERPENT. Tekéchilt. تكشلت
SERRER. Thaf. طاف
SERVIETTE. Aleghna. الغنه
SERVITEUR. Atteghad. اتّغاد
SEUL. Yéouénan. يونان
SEULEMENT. Bess*. بسّ
SIFFLER. Yénassek. ينسّك
SIGNE. Laalam*. العلم
SINGE. Guird*. قرد
SOIF. Yéfouyé. يفويه
SOMMEIL. Eneddem. اندّم
SOULEVER. Asekt. اسكت
SOULIER. Bolghah*. بلغه
SOUPÉ. Menacharq. مناشرق
SOUPER, v. Etch. اتش
SOURCE. Tiouen. تيون
SOURCIL. Hadjeb*. حاجب
SOURD. Eslalodah. اسلالوده
SOUVENIR (se). Makti. مكتي
SUCER. Emben. امبن
SUER. Etahed. اتحد
SUEUR. Aareqy*. عرقي
SUFFIRE. Dakout. دكوت
SUFFISAMMENT. Dakou. دكو
SURPLUS. Baqy*. باقي
SURTOUT. Afkoul. افكول
T
TABAC. Thabgha. طبغه
— à priser. Ennekeh. انّكه
TABATIÈRE. Khastimt. خستيمت
TABLE. Thaouélest. طاولست
TALON. Arkou. عركو
TAMARIX. Temmet. تمّت
TAN. Elarg. الارق
TANNER. Arg. ارق
TANNEUR. Iarrag. يراق
TANTE. Attak. اتّك
TAPIS. Thaoues. طاوس
TAUREAU. Afounas. افوناس
TEINDRE. Echtaf. اشتاف
TEINT. Méchtaf. مشتاف
TEINTURE. Echtafeh. اشتافه
TEINTURIER. Méchtaf. مشتاف
TÉMOIGNER. Aghil. اغيل
TÉMOIN. Agghileh. اغّيله
TEMPE. Dmerneh. دمرنه
TEMPS. Aouamah. اوامه
TENDRE. Enjerr*. انجرّ
TENTE. Tekhimet*. تخيمة
TÊTE. Taqileh. ثقيله
TÉTER. Yembeya. يمبيه
TÉTON. Anebbi. انبّي
TIBIA. Afoud. افود
TIGRE. Nemr*. نمر
TIRER. Djikez. جيكز
TOILE (pièce de). Magthaa*. مقطعه
TOIT. Thasiout. طاسيوت
TOMBEAU. Atcha. اتشه
TOMBER. Yéfaâ. يفعه
TONDRE. Ghessas*. قصّص
TONNER. Raad*. رعد
TORDRE. Yébren. يبرن
TORTU. Yauthérah. يوطره
RENDRE TORTU. Mayauthera. مايوطره
TOUR, circonférence. Qaïminet. قايمينت
TOUT. Koullou*. كلّ
TOUX. Koha. كوهه
TRAHIR. Yahras. يحرس
TRAHISON. Khaunah*. خونه
TRAVERSER. Azzal. ازّال
TREMBLER. Etertâad*. اترتعد
TRISTE. Yahreza. يهرزه
TROMPER. Yéghauf. يغوف
TROU. Mokhrem*. مخرم
TROUPEAU. Thafal. طفال
TROUVER. Laqa*. لقا
TUÉ. Mauta*. موته
TUER. Yémauta*. يموته
TURBAN. Achchal*. اشّال
U
UNI. Mettebaya. متّبايه
UNIR. Attébaya. اتّبايه
UTILE. Ennefâa*. النفعه
— (être.) Néfâa*. نفع
UTILITÉ. Nafaat*. نفعة
— Profit. Elfaïdeh*. الفايده
V
VACHE. Aqfiqeh. اقفيقه
VAIN, inutile. Dérouch. دروش
VALLON. Négred. نقرد
VALOIR. Laal. لعل
VEAU. Warimeh. واريمه
VEILLER. Endem. اندم
VENDRE. Yédjidj. يجيج
VER. Thaqouq. ظاقوق
VÉRITÉ. Kaouamah. كوامه
VÉROLE (petite). Habéba. هببه
VERRE Qézazteh*. قزازته
VÉTÉRINAIRE. Founaséh. فوناسه
VIDE. Qélodah. قلوده
VIDER. Ghara. غره
VIGNE. Temmedeh. تمّده
VILLAGE. Echal. اشال
VINAIGRE. Khall*. خلّ
VISER. Thaouez. طاوز
VISITER. Yégoult. يغولت
VOIR. Eghzart. اغزارت
VOISIN. Anergh. انرغ
VOIX. Aïat. ايات
VOL. Yénagha. يناغه
VOL d’un oiseau. Aghtah. اغطه
VOLER. Méchan. مشان
—Dérober. Yousek. يوسك
VOLEUR. Ghazi. غازي
VOULOIR. Ewehau. اوّهو
VOYAGER. Yaad. يعد
VOYAGEUR. Youchad. يوشاد
VRILLE. Barrimeh*. برّيمة
VUE. Yéghzart. يغزارت
* * * * *
ERRATA.
Page 320, lignes 7 et 8, lisez, sans astérisque, les mots AMMARTET et TAAMMARTET.
Page 336, lig. avant-dernière, _Elsuo_, lisez : ELSOU.
Page 343, lig. 5, _Thaouellekh_, lisez : THAOUELLEKT.
Page 344, lig. 8, _Maafoun_, lisez : MAAFOUN*, avec un astérisque.
REMARQUES SUR LE VOCABULAIRE D’AUDJELAH.
* * * * *
Les habitants d’Audjelah ont fait de nombreux emprunts à la langue arabe : plus du quart de leur vocabulaire appartient à cette origine. En parcourant le manuscrit de M. Müller, j’ai pu d’abord m’apercevoir que les mots arabes ou dérivés d’une racine arabe, n’avaient pas été tous indiqués par l’astérisque. J’ai cru, dans l’intérêt des études philologiques, devoir réparer ces omissions : le nombre des mots désignés, n’était dans le manuscrit que de 150 ; quelques-uns même, marqués seulement au crayon, annonçaient une incertitude ; j’ai porté ce nombre à 219.
Je dois aux savants de mettre ici sous leurs yeux la série de ces mots que j’ai ramenés à l’origine arabe :
Lang. d’Audj. Arabe[389].
AIGRE. تحمطه حمض
ALLER, je vais. نمضياخر نمضي اخر
BIENTÔT. فوّما قوامًا
BLEU. تلازرق الازرق
BORGNE. دلاوار الاعور
BROUILLARD. دمّزه دمس
CANON de fusil. بندقات بندقيّة
CHACUN. كل ينقسماني كلّ قسم
CERTAINEMENT. اصدقه صدق
CHARGÉ. يوسق وسق
CHER. يغلايه غالي
COMPRENDRE. فهمس فهم
COUTEAU. تخنجرت خنجر
CRIER. اناغه ناغي
DÉLIÉ. دقاق دقيق
DENT. سنّو سنّ
DROGUE. دوا دوا
ECORCHER. اسلوخ سلخ
ECORCHÉ. مسلوخ مسلوخ
ECRITURE. عرّب عرّب
EGAL, uni. واحد واحد
EMPAN. اشبر شبر
ENTIER. اكمله كامل
ENTOURER. ادوره دور
ENVELOPPER. لفّي لفّ
ENVELOPPÉ. ملفّي ملفوف
EPOUSER. اتخطابه خطب
EPOUX. تخطاب خطيب
EPOUSE. تخطابة خطيبة
FENDRE. شرّيط شرط
FENDU. مشرّيط مشرّط
FESSE. المقعد المقعد
FORCÉMENT. يغلبه غلب
FRAÎCHEUR. ندا ندا
FRONT. جبهه جبهة
GRAS. قوي قوي
HIBOU. بوم بوم
LEVAIN. خميرد خميرة
MINARET. اودّن ماذنة
MORDRE. عضض عضّ
NOMMER. سمّاس سمَّي
NOMMÉ. مسمّاس مسمَّي
OIGNON. بصليم بصل
OMBRE. ظلي ظلّ
ONCLE. عمّس عمّ
PLONGEUR. اغاطّس غطّاس
POTENCE. اشناق مشنق
PUS. المد المادّة
RASOIR. خنجر خنجر
RÉPANDRE, renverser. قلاب قلب
RÉPANDU. مقلب مقلوب
ROND. تحلّقت حلقة
ROSEAU. تقصبة قصبة
REMUER. يحرّك حرّك
REMUÉ. ميحرّك محرّك
SEULEMENT. بسّ بسّ
SINGE. قرد قرد
TENDRE. انجرّ جرّ
TENTE. تخيمة خيمة
TOUT-A-FAIT. اكمله كاملًا
TRAHISON. خونة خونة
TREMBLER. اترتعد ارتعد
TROU. مخرم خرم
TUER. يموته موّت
TUÉ. موته ميّت
TURBAN. اشّال الشّال
UTILE, adj. النفعه النافع
UTILE (être). نفع نفع
VERRE. قزازته قزاز[390]
On voit, par ce seul tableau, qu’en adoptant un mot arabe, les habitants d’Audjelah l’ont quelquefois détourné de son acception primitive : ainsi, ils emploient dans le sens d’_épouser_, le verbe arabe خطب, qui ne signifie que _fiancer_. Le mot قوي signifie _fort, vigoureux_ ; ils lui donnent, par extension, le sens de _gras_. C’est par euphémisme sans doute, qu’ils nomment مقعد la partie postérieure du corps, sur laquelle on s’assied. Le mot لفت est en arabe le nom du _navet_ ; chez eux il s’applique à la _rave_ dont la véritable dénomination est فجل. Semblable à toutes les langues des nombreuses peuplades de l’Afrique, la langue d’Audjelah n’est pas écrite ; on n’y connaît d’autre écriture que celle des Arabes, et chez eux le mot _écrire_ est synonime d’_écrire en arabe, mettre en arabe_ ; ce qu’ils expriment fort bien par le mot عرّب, qui répond ici au mot _écriture_. Mais dans tous ces exemples, il n’y a, à vrai dire, qu’extension de sens. Il est des mots qui s’éloignent encore plus de leur signification primitive et que, par cette raison, je n’ai point marqués d’un astérisque, quoiqu’ils appartinssent évidemment à la langue arabe. Je citerai, entr’autres exemples, les suivants :
Le mot الخضرة ne signifie en arabe que _la verdure_ ; les habitants d’Audjelah l’emploient dans le sens de _fruits_.
En arabe, on appelle جنازة une _pompe funèbre_ ; chez eux il signifie _mourir_.
Le mot غازي _aggresseur_, prend, dans leur vocabulaire, le sens de _voleur_.
Ils nomment قلاد un _gouverneur_ ; le verbe arabe قلد (2me conj. dériv.) qui a donné naissance à ce mot signifie en effet _investir d’une charge, d’une dignité, d’un commandement_ ; mais la _forme_ adoptée par les habitants d’Audjelah, aurait plutôt en arabe une signification _transitive_.
شيطانه _folie_ n’est qu’un emploi métaphorique du mot شيطان _démon_. En français on dit quelquefois c’est un _possédé_, pour dire, c’est un fou.
Le verbe arabe طوي signifie _ployer_ ; les habitants d’Audjelah l’emploient dans le sens contraire : _déployer_ طوس _thaouas_.
Je profiterai de l’occasion qui m’est offerte par ce dernier mot, pour signaler le س final qu’ils ajoutent quelquefois à la racine arabe, comme dans فهمس pour فهم, سماس pour سمي, عمس pour عم. Outre ce crément, ils en ont un autre qui accompagne ordinairement les _noms_, et qui est presque toujours un ت initial, comme on le voit par les mots تلازرق, تخيمة, تحمطه, تقصبة.
Il faut maintenant passer à quelques observations sur l’usage qu’on a fait de l’alphabet arabe pour représenter la prononciation des mots d’Audjelah. Il y a tout lieu de croire, et cela est d’ailleurs annoncé en tête même du vocabulaire, que les mots ont été d’abord recueillis en lettres françaises et transcrits ensuite en arabe : dans ce passage, tardif peut-être, d’une écriture dans une autre, ils ont dû éprouver quelques altérations : la prononciation des Naturels n’étant plus là pour déterminer le choix des consonnes arabes, les méprises étaient inévitables ; à moins qu’on ne se fût muni d’avance de cet alphabet, si inutilement célèbre, dont Volney rêva vingt ans l’application européenne, et qui, une fois enfin, eût été appliqué avec fruit. Malheureusement, en composant son vocabulaire, l’auteur ne paraît pas s’être d’abord attaché à un système fixe de transcription ; de manière que lorsqu’il a fallu ensuite convertir les lettres françaises en lettres arabes, il a souvent confondu les sons simples avec les sons emphatiques ou gutturaux, c’est-à-dire les ت avec les ط, les س avec les ص, les ك avec les ق, et quelquefois même les ا avec les ع. Rien n’est plus propre à mettre ce fait en évidence, que la différence d’orthographe dans un même mot répété en deux ou trois endroits du vocabulaire, pour représenter des significations analogues ou identiques. Cherchez, par exemple, le mot ECAILLE, vous trouverez تسريمت _taserimt_ ; cherchez ensuite le mot ECORCE, vous trouverez طسريمت commençant par un ط ; cherchez encore le mot PELURE, vous retrouverez تسريمت avec un ت. Il est évident que les mots _écaille, écorce, pelure_, sont employés ici comme synonimes, quoiqu’il n’y ait entre eux que de l’anologie ; mais quelle est la véritable prononciation du mot _taserimt_ ? faut-il un ت ? faut-il un ط ? la critique ne fournit à cet égard aucun moyen de solution : il faudrait retourner sur les lieux. Cette irrégularité de transcription se reproduit fréquemment et de diverses manières ; en voici d’autres exemples, fidèlement copiés du manuscrit :
ACHEVER. Ammartet. عمّرتت
FINIR. Amartet. امرتت
BOULE. Tahhallaq. طحلّق
ROND. Tahallaqt. تحلّقت
ECHELLE. Tahadit. تحاديت
ESCALIER. Tahadit. تحادية
SCORPION. Téghardim. تغرديم
REPTILE. Taghardim. طغرديم
PAPIER. Kartayah. كارطاية
LETTRE. Tékhartey. تخارتي
DATE. Tékartay. تكرتاي
J’ajouterai un dernier exemple : le mot BŒUF est traduit dans le manuscrit par _akfik_ qu’on a transcrit اكفيك ; en cherchant le mot VACHE, on trouve _akfiqeh_, qui n’est que le féminin d’akfik ; mais cette fois deux ق ont pris la place des deux ك, et l’on a transcrit اقفيقه[391].
Si cette inexactitude de transcription, ne m’avait pas été démontrée par les synonimes, je l’aurais bien plus facilement encore reconnue dans les mots qui appartiennent à une racine arabe. C’est ainsi que j’ai rendu à leur véritable origine les mots : شرّيط _fendre_, dérivé de l’arabe شرط qui a la même signification ; يوسق _chargé_, participe irrégulièrement formé du verbe وسق _charger_ ; عضض _mordre_, dont la racine arabe est le verbe sourd عض. Dans le manuscrit, ces trois mots étaient orthographiés ainsi : يوسك, اضض, شريت.
Le mot _aïan_, MAIGRE, quoique désigné comme arabe dans le vocabulaire, est transcrit ايان ; il faut certainement عيان, qui en arabe signifie _faible, maladif, fatigué_.
_Delaaouar_, BORGNE, était indiqué au crayon comme persan ; je ne vois dans ce mot que la transcription de l’arabe الاعور, _le borgne_, précédé d’un د ajouté. Dans le vocabulaire, on a écrit دلاوار.
مسحه, BÈCHE, est un mot arabe, mais il faut le lire مسحاة ; car la suppression de l’_alef_ le ferait dériver du verbe sain مسح, tandis qu’il a pour racine le verbe _défectueux_ سحا.
Le son du ق a été représenté tantôt par un _q_, tantôt par un _g_, tantôt par les deux lettres _gh_, qui répondent assez bien au son que les Arabes d’Afrique donnent au ق, qu’ils prononcent en effet comme un _g_ dur et guttural. Mais comme les lettres _gh_ ont été aussi employées dans le vocabulaire pour représenter le غ, il en est résulté quelques méprises : le mot _bagh_, PUNAISE, en est un exemple ; c’est incontestablement le mot arabe بق qui a la même signification. Dans le vocabulaire, on a transcrit _bagh_ par باغ.
Je bornerai là mon examen ; et je dois me hâter de dire que, malgré les imperfections que j’ai signalées, le vocabulaire de M. Müller n’en est pas moins un document utile et important. C’est un travail tout fait pour le premier voyageur qui visitera, après lui, l’Oasis d’Audjelah : il n’y aura plus qu’à l’étendre et à le régulariser. Des hommes dévoués à la science ont déja sillonné l’Afrique dans tous les sens ; ils ont rapporté de leurs courses avantureuses des vocabulaires recueillis sur divers points de ce vaste et inexplicable continent. Mais M. Müller est, à ma connaissance, le premier voyageur qui aît publié un vocabulaire de la langue parlée à Audjelah ; et, à une époque où toute notion acquise sur l’Afrique est accueillie comme une conquête, l’auteur me paraît avoir bien mérité des savants, et s’être préparé, pour l’avenir, des titres à leurs suffrages.
AGOUB.
[Note 389 : Lorsque le mot de la langue d’Audjelah a conservé dans sa dérivation les formes régulières de la langue arabe, j’ai écrit à côté le mot arabe tout _formé_ ; dans les cas contraires, j’ai quelquefois préféré n’écrire que la racine.]
[Note 390 : Pour زجاج, qui est moins employé dans l’arabe usuel.]
[Note 391 : Le manuscrit portait même افقيقه, mais j’ai corrigé cette transposition.]
FRAGMENT D’UN VOCABULAIRE DU LANGAGE DES HABITANTS DE L’OASIS DE SYOUAH.
RECUEILLI PAR M. FRÉDÉRIC MÜLLER.
* * * * *
PAIN. Khobz, Rgif. خبز, رغيف
VIANDE. Aksoum. اكسوم
HARICOTS. Loubieh. لوبيا
VIN. Khamar, Laguebi. خمر, لاقبي
LENTILLES. Ténifé. تنيفه
MOUTON. Hhaoli. حاولي
EAU. Aman. امان
COUTEAU. Tekhouset. تخوصة
PLAT, ASSIETTE. Thaza. طاظا
HOMME. Aogguit. اوقّيت
PIERRE. Adrha. ادغا
PALMIER. Tazoutat. تزوتات
FEU. Temsa. تمسه
FUSIL. Tabandact. تبانداقت
OUI. Eioua. ايوا
NON. Oula. اولا
JOUR. Asfa. اصفا
AUJOURD’HUI. Asfabidous. اصفا بيدو
ENCRE. Lemdad. لمداد
PLUME pour écrire. Laqalam. لاقلم
PLUME d’oiseau. Tericheh. تريشه
Donne-moi de l’encre. Aghat lemdad. اغاة لمداد
HERBE. Lealef. لهالف
BLED. Iarden. ياردن
ORGE. Teumzen. تومذن
DÉSERT, MONTAGNE. Adrhar. ادغار
MAISON. Abgguin. ابغين
TABAC. Tabrha. تبغا
NUIT. Ietaa. يتعا
CHAMEAU (le). Alrhoum. الغوم
ŒUF. Tébétoue. تبتوع
LE MANGER. Atchou. اتشو
LE BOIRE. Tesoua. تسوه
PAILLE. Loum. لوم
LAIT. Akhi. اخي
FÈVES. Yéouawoum[392]. يوواون
TURBAN. Alfaf. الفاف
COUVERTURE DE BÉDOUIN. Ahram. اهرام
PLACE, ENDROIT. Ankan. انكان
FIÈVRE. Tazaqt. طزقت
LONG. Athouïl. اطويل
SOULIERS. Zarabin. زربين
PEU. Ahibba. اهيبّا
BEAUCOUP. Koma. كوما
RASOIR. Terhosat. تغصات
HUILE. Dahan. دهان
OLIVIER. Azemmour. ازمّور
RAISIN. Tezrhaine. تزغاين
BOIS. Sarharhine. سغاغين
DATTES VERTES. Ghaouene. غاوين
DATTES MURES. Tena. تنا
PIED. Thar, pl. Techka. طار طشكا
LIVRE. Tekhtemet. تختمت
TAISEZ-VOUS. Sisem. سسم
ÉCOUTE. Sell. سلّ
TÊTE. Akhfi. اخفي
CHEVAL. Agmar. اقمار
JUMENT. Tegmert. تقمرت
NOUVEAU. Atrar. اترار
POUSSIÈRE. Ejdan. ازدان
NEZ. Tanezert. تنزرت
VOIS, REGARDE. Hommar. حمّار
HABIT. Kebraouêne. كبراوين
BRAS, COUDÉE. Fous. فوس
ŒIL. Thoth, pl. thaouene. طوط طاوين
FEMME. Taltan. تلتان
PÈRE, MÈRE. Abba, Omma. ابَّ امَّ
* * * * *
[Note 392 : Pour la conformité des deux orthographes, il faudrait remplacer la lettre _m_ par un _n_, ou le ن par un م ; mais nous n’avons rien voulu changer au manuscrit de M. Müller. Si ce _Fragment_ eût été plus étendu, il aurait été l’objet d’un travail semblable à celui que nous devons à M. Agoub sur le _Vocabulaire d’Audjelah_ ; il suffit de dire ici qu’il contient une vingtaine de mots arabes et que le غ y est presque toujours représenté par les lettres _rh_.]
* * * * *
EXPLICATION DES PLANCHES QUI ACCOMPAGNENT CETTE RELATION.
* * * * *
_Carte de la Marmarique et de la Cyrénaïque, comprenant les Oasis voisines de ces contrées, dressée par l’auteur, d’après ses observations astronomiques et ses itinéraires, et appuyée en plusieurs points sur les cartes et les observations les plus récentes._
Privé durant son voyage de garde-temps, l’auteur n’a pu déterminer la position des lieux en longitude, qu’en suivant les rumbs de vent de la boussole, et en supputant les heures de marche. Quant à la fixation de la latitude de ces lieux, et relativement à ceux situés dans l’intérieur des terres, il s’est servi d’un octant et d’un horizon artificiel, avec lesquels il a pu faire de fréquentes observations, mais seulement jusqu’au mois de février, c’est-à-dire, jusqu’à ce que la hauteur du soleil n’eût pas dépassé quarante-cinq degrés. Les principaux lieux observés sont :
Noms des lieux. Latitude septentrionale.
Boumnah (ruines d’un château), vallée Maréotide 30° 51′ 35″
Ghattadjiah (ruines de Marée) 30 40 50
Abousir (ruines d’) 30 57 40
Lamaïd (château), fond du golfe des Arabes 30 52 00
Abdermaïn, puits 30 45 57
Dresièh (ruines de la ville de) 30 54 00
Maktaéraï, bourgade troglodyte 30 59 00
Puits d’El-Heyf 31 9 50
Djamernèh (ruines de), bourgs d’Antiphræ 31 6 00
Mahadah (port de) 31 11 57
Zarghah-el-Ghublièh, tombeau 31 7 40
Parætonium (extrémité orientale du port de) 31 18 00
Boun-Adjoubah, ruines de l’ancienne Apis 31 20 35
Chammès, tour d’Alchemmas 31 30 35
Zemlèh, puits au-dessus du plateau de Za’rah 31 38 00
Djédid, ruines dans la vallée des Lauriers 31 45 30
Combous, ruines 31 50 00
Toubrouk (côté septentrional du port de) 32 5 30
Klekah, ruines 32 4 50
Ain-el-Gazal, source située à l’extrémité orientale 32 10 30 du golfe de Bomba
Ersen ou Erasem, source située à l’extrémité 32 31 20 orientale du plateau cyrénéen
Derne 32 47 30
Ghardam, ruines d’Hydrax, ancien village situé sur 32 35 55 les confins méridionaux des terres fertiles
Bou-Hassan, tour 32 37 5
Koubbèh, ruines d’anciens thermes 32 46 10
Maârah, château 32 49 00
Massakhit, ruines d’une ville 32 50 5
Lameloudèh, ruines de Limniade 32 46 15
Natroun, ruines d’Erythron 32 55 00
Village au fond du golfe Naustathmus 32 54 00
Hal-Al, extrémité du promontoire Naustathmus 32 56 20
Boumnah (château de), Cyrénaïque 32 44 20
Lemlez, château 32 50 30
Téreth (Thintis) 32 46 00
El-Hôch, sanctuaire 32 49 20
Ouma-Bneib, ruines d’un village 32 51 50
Zaouani (mausolées de) 32 53 50
Ghernès, ruines d’une ville 32 46 2
Saf-Saf, ruines 32 47 30
Cyrène 32 47 30
Magharenat, magasins souterrains 32 50 00
Apollonie 32 54 25
Ptolémaïs 32 44 00
Teuchira 32 34 00
Ben-Ghazi (Bérénice) 32 8 5
_Carte de la partie orientale de la Pentapole libyque, dressée par l’auteur._
La lisière blanche, qui suit les sinuosités de la côte, doit représenter la petite plaine d’un quart de lieue environ de largeur qu’on y rencontre partout, entre les bords de la mer et les premiers escarpements de la montagne, depuis Derne jusqu’au cap Phycus. Le travail topographique de la partie septentrionale donne une idée de la disposition des terrasses boisées qui s’élèvent en échelons depuis le littoral jusqu’au sommet des montagnes ; et celui de la partie méridionale représente une portion du plateau cyrénéen, ondulé en tous sens de vallées peu profondes.
_Plan des ruines de Cyrène, levé en 1825._
Ce plan a été dessiné et réduit au 8000e, sous la direction de M. le chevalier Lapie, par M. Dufour, que recommandent déja plusieurs importants travaux géographiques. Le dessin répond exactement aux mesures géométriques prises à Cyrène, et explique suffisamment la disposition du petit nombre de débris qui existent encore de cette ville célèbre. Il suffit d’ajouter que la partie inférieure du plan représente le point le plus culminant du plateau cyrénéen, la plaine sur laquelle fut bâtie la ville ; et que la partie supérieure, sillonnée par les eaux de la fontaine d’Apollon, doit figurer un terrain inégal, rocailleux, couvert çà et là de quelques genévriers, qui s’étend au bas de la Nécropolis. Quant à la Nécropolis elle-même, presque totalement taillée dans le revers de la montagne, on a essayé d’en indiquer le gisement et la disposition par des ombres, selon la méthode adoptée pour la cartographie.
PLANCHE I[393].
VUE D’UN TEMPLE ANTIQUE SITUÉ A ABOUSIR.
Ces ruines se trouvent sur une crête rocailleuse, couverte de sables, à quelques pas des bords de la mer, et au nord de l’ancienne ville de Taposiris, dont elles font partie. Les dimensions générales du mur d’enceinte sont de quatre-vingts mètres de chaque côté ; celui qui forme la façade dans le dessin est tourné vers l’orient. Selon toutes les apparences, elles sont les débris d’un temple égypto-grec. MM. de Chabrol, Lanout, Faye et Lepère, qui ont visité ce monument, y ont trouvé dans l’intérieur des chapiteaux d’ordre dorique.
PLANCHE II.
FIG. 1.
_Ruines d’une mosquée située aux environs du lac Maréotis._
Ce petit édifice, construit avec les débris de monuments plus anciens, est situé sur la lisière qui sépare les terres labourables de la vallée Maréotide du désert de sables. D’après une assez grande quantité de ruines parsemées aux environs de cette mosquée, et portant la plupart des signes de réédification, on pourrait croire que ce lieu offre l’emplacement de la ville de Marée, capitale du nome Maréotide.
FIG. 2.
_Vue d’un ancien phare, à Abousir._
Ce monument, vulgairement appelé _Tour des Arabes_, sert aux marins actuels, à défaut d’autre élévation sur cette côte, à reconnaître la position d’Alexandrie. Sa situation sur une petite colline qui domine les ruines de _Taposiris_, plus que sa propre élévation, lui donne cette utilité qui, d’ailleurs, fut sa véritable destination dans l’antiquité. La plaine qui forme le second plan du dessin, peut donner une idée de l’aspect de la vallée Maréotide, en y ajoutant toutefois plus de végétation fruticuleuse que n’en offre la planche.
PLANCHE III.
VUE DU CHATEAU LAMAÏDE.
Ce château est situé sur les bords de la mer, au fond du golfe des Arabes, et auprès d’une dune de sables qui côtoie une grande partie du littoral de la Marmarique. Entre les frises de l’ogive en relief qui décore la façade, on voit une inscription en grands caractères sculptés en relief, par laquelle on apprend que cet édifice fut construit par le sultan Bibars, contemporain de saint Louis. (_Voyez_ la traduction de cette inscription, par M. A. Jaubert, insérée dans la _Relation_, p. 12.)
PLANCHE IV.
FIG. 1.
_Vue d’un édifice antique, à Kassaba-Zarghah el-Baharièh._
Ce mausolée fut construit, ainsi que le dessin l’indique, sur un petit plateau calcaire, éloigné de deux portées de fusil environ des bords de la mer. Le côté septentrional du plateau contient des excavations sépulcrales ; et sa surface, si ce n’est en totalité, du moins en partie, fut pavée en larges blocs de pierres équarris. Ces divers tombeaux faisaient infailliblement partie du cimetière de la petite ville de Zygis, dont les débris sont épars sur la plaine, couverte de flaques d’eau salée, qui sépare ces monuments des bords de la mer, et dont le port, actuellement nommé Mahadah, se retrouve aussi à peu de distance vers l’est.
FIG. 2.
_Vue d’un édifice antique, à Kassaba-Zarghah el-Ghublièh._
Quoique ce petit monument, qui servit comme le précédent de tombeau, en soit éloigné d’une heure vers le sud, sa situation sur le point le plus élevé du canton, et son isolement, portent à croire qu’il fut de même construit par les habitants de Zygis, mais probablement à une époque antérieure, ce que semble attester la diversité du style de leur architecture. Les rangées de pierres disposées en forme elliptique, que l’on voit auprès de cet ancien édifice, donnent une juste idée de l’architecture de la plupart des tombeaux bédouins.
PLANCHE V.
PLANS, COUPES ET DÉTAILS DE DIVERS MONUMENTS DE LA MARMARIQUE.
FIG. 1, 2.
Places de deux grottes sépulcrales du mont Bomboa, décrit par Synésius.
FIG. 3.
Coupe et distribution du fond d’une pièce d’une des précédentes grottes sépulcrales.
FIG. 4.
Place de la mosquée, dite Ghettadjiah, située dans la vallée Maréotide.
FIG. 5.
Coupe de la façade d’un tombeau égypto-grec, nommé Kassaba el-Chammamèh, situé aux environs du golfe des Arabes.
FIG. 6.
Côté intérieur des murs de l’enceinte de la ville de Toubrouk.
PLANCHE VI.
VUE DU CÔTÉ ORIENTAL DE LA VILLE DE DERNE.
Le village qui occupe la majeure partie du dessin est Mansour-el- Tahatâni, un des cinq qui composent collectivement la ville de Derne. C’est sur la plaine qui règne au bas de ce village que se trouve le cimetière général de la ville. Il est remarquable que les habitants choisissent l’opuntia pour orner leurs tombeaux préférablement au cyprès, si commun dans le pays, et que les Orientaux ont l’habitude, comme on sait, de placer auprès de leurs sépultures. Le château, flanqué de quatre tours, qui domine, la ville, fut construit par les Américains durant le court espace de temps qu’ils furent maîtres de Derne.
PLANCHE VII.
GROTTES SÉPULCRALES, DITES KENNISSIÈH, SITUÉES AUPRÈS DE L’ANCIENNE DARNIS.
On parvient à ces grottes par des marches taillées dans les endroits les plus abrupts d’un ravin situé aux bords de la mer. Les grandes niches creusées aux côtés de l’entrée principale, et les emblêmes du christianisme qu’on y trouve dans l’intérieur, justifient le nom d’église que leur donnent les Arabes.
PLANCHE VIII.
VUE D’UN PONT, DANS LE VALLON DE DERNE.
Le principal objet de ce pont est de servir d’aquéduc au ruisseau Bou- Mansour, dont le cours actuel, à travers les petites terrasses cultivées du vallon de Derne, était interrompu par le ravin el-Brouis, représenté dans cette planche. Cet édifice a été élevé, il y a peu d’années, par les ordres et aux frais de Mohammed-el-Gharbi, envoyé des États barbaresques auprès du vice-roi d’Égypte ; ce qui peut donner une idée du goût pour la civilisation et les établissements utiles, que Mohammed Aly communique à ceux qui l’entourent, lors même qu’ils sont indépendants de son pouvoir.
PLANCHE IX.
RUINES DE KOUROUMOUS. — INTÉRIEUR DU CHATEAU EL-HARAMI.
FIG. 1.
Ce monument, situé aux confins méridionaux des terres fertiles de la Cyrénaïque, faisait partie des tombeaux de l’ancien village d’Hydrax.
FIG. 2.
Le nom de ce château sarrasin répond à l’usage auquel il servit pendant long-temps. Situé à dix lieues de Derne, et à l’extrémité des gorges étroites et boisées de Maârah et de Tarakenet qui conduisent à cette ville, il offrait aux bandits un lieu de repaire très-favorable pour dépouiller les voyageurs qui se rendaient à Derne. Les tribus des environs se sont réunies, il y a peu d’années, et en démolissant le château elles ont rendu leur contrée plus praticable.
PLANCHE X.
VUE, COUPE ET PLAN D’ANCIENS THERMES SITUÉS DANS LA VALLÉE DE KOUBBÈH.
Il paraît qu’indépendamment des différentes pièces dont ces thermes étaient subdivisés, ils contenaient un nombre considérable de cuves monolithes qui en faisaient le tour, et étaient situées sur un plan inférieur à celui du reste de l’édifice ; apparemment pour recevoir plus facilement les eaux par des rigoles. Celles de ces cuves qu’on tailla dans le roc même y existent encore à leur place ; et d’autres, formées séparément de blocs détachés, se trouvent dispersées çà et là au milieu des ruines, et servent aux Arabes d’abreuvoirs pour leurs troupeaux.
FIG. 1.
Coupe d’une galerie intérieure des thermes, adossée contre la colline, et se trouvant actuellement à découvert. En confrontant cette élévation avec la vue en perspective, on reconnaîtra les parties qui ont été restaurées.
FIG. 2.
Plan de la même galerie : la grotte que l’on voit dans le massif d’ombres est taillée autour de la source qui alimentait les thermes, et dont les eaux passaient au-dessous de la galerie par un canal souterrain.
PLANCHE XI.
FIG. 1.
Vue de deux hypogées funéraires, situés dans la vallée de Koubbèh : les niches de formes diverses qui en entourent les entrées, indiquent qu’ils ont servi aux chrétiens de la Cyrénaïque.
FIG. 2.
Plans des deux hypogées précédents : leur position sur la planche relativement au dessin de perspective, désigne l’hypogée auquel ils appartiennent.
FIG. 3.
_Plan du château de Chenedirèh._
_a._ Chapelle chrétienne.
_b._ Entrées voûtées du château.
_c._ Mur de revêtement décrivant un talus, et arrondi à chaque angle.
_d._ Communications intérieures par de petites portes carrées.
_e._ Corridor.
_f._ Puits comblé.
FIG. 4.
_Plan des ruines du temple de Vénus, situé auprès de l’ancienne station d’Aphrodisias._
_a._ Entrée du temple, située au sud.
_b._ Grand corridor qui paraît avoir régné tout autour de l’enceinte générale.
_c._ Porte de ce corridor formée de deux pilastres d’ordre dorique.
_d._ Colonnes accompagnées d’un mur d’entre-colonnement.
_e._ Ouverture qui conduit à un réservoir souterrain.
PLANCHE XII.
VUE DES GROTTES SÉPULCRALES DE MASSAKHIT.
Tel est l’aspect qu’offrent un grand nombre de petites Nécropolis des anciens bourgs de la Cyrénaïque : une falaise irrégulière dans laquelle sont creusées en tous sens des grottes sépulcrales. Sur le devant, comme dans celle-ci, s’étend ordinairement un beau tapis de verdure ou un champ de céréales ; et sur le sommet sont épars les débris du bourg. Le grand nombre de niches de toutes formes que l’on voit, soit dans les métopes et les entre-colonnements de la façade, soit isolément sur le mur de la falaise, appartiennent au moyen âge.
PLANCHE XIII.
PLAN ET INTÉRIEUR D’UN HYPOGÉE CHRÉTIEN, A MASSAKHIT.
Ce tombeau fait partie de la même Nécropolis. Les emblèmes chrétiens et le arabesques qu’il contient, confirment évidemment l’opinion émise relativement à l’époque à laquelle on vient d’attribuer les niches qui couvrent la falaise sépulcrale de la planche précédente.
PLANCHE XIV.
VUE D’UN CHATEAU ANTIQUE, SITUÉ DANS LA PLAINE DE CHENEDIRÈH, ENTRE LES ANCIENNES VILLES D’ERYTHRON ET DE LIMNIADE.
Tel est le coup d’œil que présentent constamment, à plus ou moins de conservation près, ces nombreux châteaux romains que l’on trouve sur chaque élévation qui avoisine la moindre bourgade de la Cyrénaïque. Les Arabes les désignent tous indistinctement par le nom de _Sirèh_, mot remarquable qui offre une analogie palpable avec celui de _Cyré_ ou _Cyra_, que les anciens Libyens donnaient à la montagne sur laquelle fut bâtie Cyrène, et qui signifiait peut-être dans leur langage _montagne_ ou _élévation_.
PLANCHE XV.
VUE DU KASSR SENNIOU. — CIMETIÈRE ANTIQUE A SAFFNÈH.
FIG. 1.
Ce château fut construit par les Sarrasins avec les débris d’un ancien monument. Le souterrain dont on aperçoit l’entrée sur la planche, contourne une partie de l’édifice, et fut destiné à contenir des tombeaux. Cette disposition se rencontre souvent dans la Cyrénaïque auprès d’autres ruines semblables à celles-ci, telles que Maârah, Chenedirèh et autres.
FIG. 2.
Ce cimetière, malgré l’ogive des voûtes, appartient à une époque antérieure à l’invasion des Sarrasins dans la Cyrénaïque. On sait d’ailleurs que les monuments sarrasins de cette période contiennent des voûtes en fer à cheval : les ruines de Ladjedabiah (Voy. _Planche_ LXXXIX) nous en offrent des preuves, même dans cette contrée.
PLANCHES XVI, XVII, XVIII.
VUES DES MAUSOLÉES SITUÉS DANS LA PLAINE DE ZAOUANI, AUX ENVIRONS DU GOLFE NAUSTATHMUS.
Ces tombeaux, les plus élégants et les mieux conservés de tous ceux que l’on trouve dans la Cyrénaïque, joints à un grand nombre d’autres en partie détruits et à de belles grottes sépulcrales ornées de façades doriques, formaient la Nécropolis d’une ville très-considérable, inconnue des anciens géographes. Les ruines de cette ville ont même conservé chez les Arabes une désinence grecque : elles sont appelées _Ghertapoulous_ ; on les rencontre à un quart d’heure de distance des tombeaux vers le nord, et au sommet d’un profond ravin qui correspond au fond du golfe Naustathmus. Il faut aussi faire remarquer que, de même que la plupart des ruines des villes et villages de la Cyrénaïque, celles-ci offrent des témoignages marquants du séjour qu’y ont fait les Chrétiens. On est donc en droit d’être surpris que les auteurs de cette dernière période aient, comme ceux de la haute antiquité, négligé de parler de cette ville, qui, d’après sa situation auprès de la plus belle rade de la Cyrénaïque et ses magnifiques débris, dut infailliblement jouer un rôle important dans l’histoire de cette contrée.
PLANCHE XIX.
COUPES, PLANS ET DÉTAILS DES MAUSOLÉES DE ZAOUANI.
FIG. 1.
_Coupe de la façade du mausolée de la_ PLANCHE XVI.
1. _a._ Plan de ce mausolée.
1, _b._ Détail des sculptures de la façade du même monument.
FIG. 2.
_Coupe de la façade du mausolée de la_ PLANCHE XVII.
2. _a._ Plan de ce mausolée.
2, _b._ Détail des sculptures de la façade.
FIG. 3.
_Coupe du Mausolée, formant un carré rectangle, de la_ PLANCHE XVIII.
L’intérieur de cet élégant édifice est subdivisé en trois cloisons, sans ouverture extérieure, et remplies chacune d’ossements d’enfants en bas âge.
PLANCHE XX.
VUE D’UN ÉDIFICE ANTIQUE NOMMÉ GHABOU-DJAUS.
Ces ruines, pittoresquement situées sur le penchant d’une belle colline, faisaient partie d’un monument plus considérable, et un des plus anciens de la Cyrénaïque parmi ceux dont il existe encore des débris, mais dont il serait difficile d’assigner la véritable destination.
PLANCHE XXI.
RUINES DU CHATEAU DIOUNIS, SITUÉ DANS LA PLAINE DE L’ANCIENNE THINTIS.
Ce château offre un exemple du système qui paraît avoir été adopté de tous temps en Cyrénaïque pour la construction des châteaux, consistant dans une double ou triple superposition de pièces voûtées. Le témoignage des ruines actuelles permet de dire que ce système fut établi par les Grecs, adopté par les Romains et imité par les Sarrasins. Les châteaux évidemment grecs de Lemschidi et de Lemlez auprès du golfe Naustathmus ; ceux de Chenedirèh, d’Ay-Thas, de Tebelbèh, de Thaoughat, de Boumnah, de l’époque romaine, caractérisée par les voûtes en plein cintre ; et enfin, ceux de Mouchedachieh, d’El-Harâmi, de Bénéghdem et de Diounis, évidemment sarrasins, offrent des preuves encore existantes de ce système de superposition adopté successivement par les divers peuples qui ont occupé la Cyrénaïque.
PLANCHE XXII.
VUE DES RUINES DE DIABORAH.
Le mur d’enceinte dessiné sur le premier plan de cette planche appartient à un vaste édifice funéraire, le seul de ce genre que l’on trouve dans la Cyrénaïque. Les tombeaux qui l’entourent sont la plupart taillés dans le roc vif, et peuvent donner une idée de l’aspect qu’offrent en Cyrénaïque un grand nombre de petites Nécropolis dépendant des villes ou des villages situés dans les plaines, dépourvues d’élévations suffisantes pour y creuser des grottes sépulcrales.
PLANCHE XXIII.
VUE DE LA PARTIE SEPTENTRIONALE DES RUINES DE GHERNÈS.
Le principal édifice que renferme cette planche paraît être d’anciens thermes, dont les voûtes en plein cintre indiquent l’époque romaine. Les petits soupiraux que l’on voit à la partie supérieure des voûtes, offrent une analogie marquante avec la disposition des bains actuels de l’Orient.
PLANCHE XXIV.
VUE D’UN TOMBEAU CIRCULAIRE, SITUÉ SUR UNE COLLINE AUPRÈS DE GHERNÈS.
Les mausolées de forme circulaire sont très-rares dans la Cyrénaïque ; et il est à remarquer qu’ils furent ordinairement construits sur des élévations et presque toujours isolément, de manière qu’on pût les apercevoir de très-loin. La grande excavation que l’on voit au-dessous de ce mausolée fut destinée à servir également de tombeau : l’avenue taillée dans le roc qui en précède l’entrée se retrouve auprès de toutes les grottes sépulcrales, toutes les fois que les localités l’ont permis.
PLANCHE XXV.
PLANS ET COUPES DE DIVERS MONUMENTS DE LA CYRÉNAÏQUE ET DE L’OASIS D’AUGILES.
FIG. 1.
Plan des bains de Ghernès.
1, _a._ Mur construit par les habitants actuels, qui ont métamorphosé cette partie des bains en tombeaux.
FIG. 2.
Plan du tombeau circulaire situé auprès de Ghernès.
2, _a._ Coupe du même tombeau.
FIG. 3.
Coupe de la porte d’un édifice de la ville de Ghernès.
FIG. 4.
Plan d’un souterrain de la ville de Limniade.
_a._ Entrée et descente par un escalier taillé dans le roc.
_b._ Extrémité comblée du souterrain.
FIG. 5.
Plan d’un réservoir de la ville de Limniade.
FIG. 6.
Monuments trouvés à l’Oasis d’Augiles, et appartenant probablement au culte funéraire des anciens Augilites.
PLANCHE XXVI.
VUE DE MARSAH-SOUZA, ANCIEN PORT DE CYRÈNE.
Le massif de ruines attenant au premier plan de ce dessin est un rocher subdivisé intérieurement en plusieurs salles sépulcrales envahies par la mer ; il se trouve à l’extrémité occidentale du port. Les deux îlots que l’on voit aussi dans cette planche sont couronnés de débris d’anciennes fortifications, et durent, dans l’antiquité, former l’entrée du port de Cyrène.
PLANCHE XXVII.
COLONNES ET CHAPITEAUX DE DIVERS TEMPLES DE LA CYRÉNAÏQUE.
FIG. 1.
Colonne de marbre pentélique faisant partie des ruines d’un temple d’Apollonie.
FIG. 2.
Colonne de marbre blanc appartenant à une église d’Apollonie. Le socle quadrangulaire, orné d’une croix sculptée en relief, qui est placé dans la planche au bas de cette colonne, fait partie des ruines du même édifice.
FIG. 3, 4.
Chapiteaux de marbre blanc trouvés parmi les ruines de Beit-Tamer, ancien temple de Vénus, situé auprès de la station d’Aphrodisias.
FIG. 5.
Chapiteaux faisant partie des ruines du temple de Ptolémaïs.
FIG. 6.
Chapiteau d’un édifice de Teuchira.
NOTA. On a oublié de mettre sur cette planche l’échelle de proportion des monuments qu’elle contient. La colonne de la _fig._ 1 a 6 mètres 2 décimètres de hauteur, y compris la base et le chapiteau ; le diamètre du fût est de 7 décimètres. On peut se servir de cette donnée pour connaître comparativement les dimensions et proportions de l’autre colonne et des divers chapiteaux contenus dans cette planche : ils ont été dessinés sur une échelle commune.
PLANCHE XXVIII.
RUINES DU QUAI D’APOLLONIE.
Ce quai, dont il ne reste à peu près que les trois quarts, fut construit en demi-cercle composé de trente à quarante marches ; il formait par conséquent un vaste et magnifique amphithéâtre, sur les gradins duquel on montait les marchandises pour les introduire dans la ville. La situation d’Apollonie sur des rochers taillés en falaises motiva cette belle construction, qui devait dans l’antiquité présenter un coup d’œil fort agréable. Les édifices, qui entouraient le quai et le quart au moins de ses propres gradins, se sont écroulés à ses pieds et ont comblé le bassin semi-circulaire autrefois occupé par les eaux, dont il ne reste plus que de petites flaques. Les figures placées, dans la planche, au sommet de cet édifice, peuvent servir d’échelle comparative pour en connaître les dimensions.
PLANCHE XXIX.
GROUPE D’HYPOGÉES, SITUÉS ENTRE CYRÈNE ET APOLLONIE.
Cette façade est remarquable en ce qu’elle offre une disposition architectonique qu’on ne retrouve point ailleurs en Cyrénaïque, même parmi la Nécropolis de Cyrène. Cette disposition consiste dans une série de cadres monolithes, ornés de pilastres et d’une frise en triglyphes, placés chacun au-dessus de l’entrée d’un caveau sépulcral, et figurant ensemble un grand entablement. Ces cadres, dont il ne reste qu’un seul debout, étaient destinés à contenir des inscriptions relatives aux personnes ensevelies dans le caveau qu’ils surmontaient ; quelques lettres très-frustes s’aperçoivent encore sur ceux de ces cadres qui sont renversés au-devant du monument.
PLANCHES XXX, XXXII, XXXIII, XXXV, XXXVII, XL, XLII, XLIII.
VUES DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
Ces dessins offrent collectivement la réunion des divers styles d’architecture employés successivement par les habitants de Cyrène à orner leurs tombeaux. Le dorique en forme le type principal, et l’imitation de l’architecture égyptienne s’y rencontre souvent, mais toujours dans les détails et jamais dans l’ensemble du monument. Le style propre à chacune des façades dessinées dans ces planches se trouve exactement répété, dans cette belle et vaste Nécropolis, sur une infinité d’autres façades de grottes sépulcrales plus ou moins détruites : il a paru suffisant de dessiner séparément les mieux conservées.
PLANCHES XXXI, XXXIV, XXXVI, XXXVIII, XLI, XLIV.
COUPES ET DÉTAILS DES FAÇADES DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
Ces coupes, ainsi que les profils d’architecture qui les accompagnent, correspondent aux dessins en perspective des planches précédentes. Leur titre indique suffisamment celles des grottes auxquelles ils appartiennent, pour rendre toute autre explication superflue.
PLANCHES XXXIX, XLIII.
COUPES DE QUELQUES AUTRES FAÇADES DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
Quoique ces façades soient d’un style différent de celles des planches précédentes, et qu’elles en complètent même la série, il a paru suffisant d’en donner un simple dessin au linéament, sans augmenter le nombre des vues en perspective qui offrent entre elles, dans cette Nécropolis, trop de monotonie de situation.
PLANCHE XLV.
VUE D’UN TOMBEAU, SITUÉ A L’EXTRÉMITÉ EST DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
Même observation que pour la XXXIXe et la XLVIIe planche.
PLANCHE XLVI.
1. Coupe du tombeau situé à l’extrémité orientale de la Nécropolis de Cyrène.
2. Façade d’un autre tombeau.
PLANCHE XLVII.
Voir à la XXXIXe.
PLANCHE XLVIII.
Plans de diverses grottes de la Nécropolis de Cyrène.
PLANCHE XLIX ET L.
PEINTURE TROUVÉE DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
Elle est taillée dans le flanc d’un ravin de la Nécropolis de Cyrène ; elle offre plus de richesses monumentales à elle seule que toutes les autres ensemble. Cette grotte, sans niches ni sarcophages, contient au milieu un puits sépulcral, et ses quatre parois sont couvertes de peintures qui paraissent représenter des jeux funéraires. La mieux conservée, comme la plus remarquable, est celle-ci : elle occupe toute la longueur d’une paroi : elle est composée d’une série de figures dont les unes, revêtues de riches costumes, exécutent une marche solennelle, et les autres, divisées en plusieurs groupes et couvertes d’une simple draperie, donnent l’idée du peuple de Cyrène qui assiste à la cérémonie et s’attroupe auprès des principaux personnages. En tête du tableau est une espèce de meuble, auprès duquel des jeunes gens sont occupés à préparer des mets, emblème sans doute des repas qui suivaient, dans l’antiquité, les fêtes populaires ; une table couverte de couronnes et de palmes le termine. Là se trouvent trois personnages mitrés, debout chacun sur un piédestal. L’un d’entre eux est appuyé sur une massue, l’autre paraît consacrer les palmes et les couronnes, et le troisième, dans l’attitude d’orateur, semble attirer l’attention du peuple groupé auprès de lui.
Tel est l’effet, qu’indépendamment de toute induction scientifique, produit au premier coup d’œil cette peinture intéressante.
PLANCHE LI.
PEINTURE TROUVÉE DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
Un berger y est représenté la houlette à la main, entouré d’un troupeau, et portant un mouton sur les épaules. On reconnaît bien là le bon pasteur de la chrétienté, d’autant plus que la roideur des draperies et le mauvais goût du dessin indiquent le moyen âge, époque de la décadence des arts. Mais voici encore autour du tableau des poissons de différentes espèces posés en offrande, intention tellement évidente, qu’ils sont trois fois au moins plus grands que les moutons et le berger, et que l’artiste les a détachés du fond du tableau par une forte ombre, comme s’il avait voulu les y représenter suspendus en _ex-voto_.
PLANCHE LII.
PEINTURES TROUVÉES DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE. 1 Paroi D ; 2 Paroi DX.
Elle représente une chasse et un cirque. La première surprend au premier aspect, à cause du cerf qui en forme le principal sujet, et contre lequel un chasseur anime le soulouc, qu’il retient d’une main par un lien, et de l’autre agite un fouet pour stimuler son ardeur. Or, le cerf, comme Hérodote a pris soin de l’affirmer, et malgré l’erreur commise par les Maronites dans la géographie nubienne, ne se trouve nulle part en Afrique. Il fut donc apporté par les Grecs dans la Pentapole libyque ; cette peinture semble l’attester, de même que la cause de la naturalisation dans cette contrée peut être expliquée par d’autres monuments. Il faut sans contredit l’attribuer au culte de Diane, une des principales divinités des Cyrénéens.
La seconde est fort bizarre, en ce qu’on y voit confondus des animaux féroces, tels que le lion, le léopard s’élançant sur un taureau, avec un bouc, des gazelles et des chiens lévriers, que l’on reconnaît de suite pour les souloucs indigènes de l’Afrique septentrionale.
PLANCHE LIII.
PEINTURES TROUVÉES DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE. 1 Paroi _c_ ; 2 Paroi _a_.
On y remarque une scène représentant la lutte et le pugilat. Certes voilà des formes athlétiques bien prononcées, et exposées dans tout leur jour : pas même une simple feuille de vigne ! D’une part les efforts, et de l’autre l’aplomb, sont assez bien indiqués. Le sang coule des blessures et rougit le sol ; une des malheureuses victimes gît étendue sur l’arène ; du moins c’est là l’intention de l’artiste ; car, bien que l’athlète soit peint au-dessus du tableau comme s’il nageait dans les airs, il est censé placé sur un plan horizontal ; mais cette inexpérience de perspective est trop connue dans les peintures antiques, pour que nous soyons surpris de la retrouver ici. La même réflexion s’applique à la position aérienne de deux vases contenant l’huile et les pinceaux qui servaient à oindre le corps : ces détails n’offrent aussi rien que de très-connu. Il n’en est pas de même d’un scorpion suspendu à une main isolée, et ainsi représenté à côté du tableau. J’ignore si ce reptile dépourvu de venin peut devenir, comme tant d’autres, l’antidote du mal ; mais il est remarquable que les habitants actuels de la Cyrénaïque se servent, disent-ils, du scorpion pour arrêter la putréfaction des blessures.
La paroi suivant celle décrite plus haut était entièrement occupée par un combat de gladiateurs dont il ne reste malheureusement qu’un fragment. Les combattants, couverts de cuirasses, ont la figure garantie par un masque, et la tête ornée de grands panaches de diverses couleurs. Cette dernière particularité est remarquable en ce qu’elle n’existe, que je sache, dans aucun des sujets antiques analogues à celui-ci ; ce qui permet de croire que cet usage était local. Un homme à tête découverte, sans armure, et ayant seulement une baguette à la main, arrête le vainqueur ; tout porte à croire que ce personnage représente un héraut du camp. Quant aux détails de cette peinture relatifs aux diverses parties de l’armure et des gladiateurs, ils n’offrent rien qui ne soit connu par d’autres monuments anciens funéraires de l’antiquité, et notamment par les sculptures du tombeau de Scaurus, découvert aux ruines de Pompéi.
PLANCHE LIV.
PEINTURES TROUVÉES SUR LA FRISE D’UN TOMBEAU, A CYRÈNE.
Ces peintures sont dans une petite salle dont les parois, très-unies et peintes d’un vert tendre, lui donnaient plutôt l’air d’un riant cabinet aérien que d’une excavation sépulcrale. Le fond de cette jolie grotte en rappelle seul la destination ; il est occupé par un sarcophage creusé dans le roc, et couronné d’une frise en triglyphes, contenant dans chaque métope une peinture élégamment miniée, et d’une conservation parfaite. Mais ce qui augmente la surprise, c’est de reconnaître dans la série de ces petits tableaux les principales phases, ou les diverses occupations de la vie d’une esclave noire ; du moins telle est l’induction que j’ai tirée de ces charmantes peintures. J’ai cru y distinguer successivement les entretiens de l’amitié, l’éducation de jeune fille, l’ambition de la parure, les délassements figurés par l’exercice de la balançoire, le bain si nécessaire dans la brûlante Libye, et enfin le triste lit de mort sur lequel la négresse est étendue, les yeux éteints, et paraît être regrettée de son maître, le blanc Cyrénéen, que l’on voit à côté d’elle dans une attitude de douleur.
La coiffure et le costume de ces miniatures ne sont pas moins remarquables, tant par la forme que par la couleur. Les longues robes bleues sans agrafes, et les schalls rouges entrelacés avec les cheveux, ou couvrant la tête en guise de turban, offrent une analogie frappante avec l’habillement des modernes Africaines, et principalement avec celles qui habitent le Fezzan.
PLANCHE LV.
INTÉRIEUR D’UNE GROTTE SÉPULCRALE CHRÉTIENNE : NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
Lors même que les peintures qui en couvrent les parois n’offriraient pas le témoignage certain de cette époque religieuse, une inscription cursive, précédée de la croix, la prouverait irrécusablement. Mais il convient de donner auparavant une idée de l’architecture et de la distribution de ce nouvel hypogée. Le fond a un aspect vraiment monumental : un sarcophage s’y trouve creusé avec un art infini dans la paroi ; il est orné de guirlandes et de têtes de bouc, et couronné d’une petite voûte en plein cintre, sculptée en coquille : latéralement au sarcophage sont deux niches décorées chacune d’un vase d’une forme très- élégante. Les autres côtés de l’hypogée qui forment angle droit avec celui du fond, contiennent aussi des sarcophages et des cintres, dont les uns sont couverts de peintures, et les autres offrent les mêmes détails que le précédent. Ces irrégularités qui choquent dans la description, ne déplaisent pas à la vue du monument, puisqu’elles en varient l’aspect, et qu’elles correspondent d’ailleurs symétriquement entre elles. Quant aux peintures qui le bariolent bien plus qu’elles ne l’embellissent, voici quels en sont les emblèmes.
Celui qu’on y a le plus souvent reproduit est la vigne du Seigneur ; mais ce symbole des premières époques de la chrétienté, n’imite pas mal ici, par sa disposition, le thyrse de Bacchus. La voilà avec ses longues lianes, ses grappes pourprées, et ses larges feuilles grimpant autour de longs bâtons placés à côté des sarcophages. Autre part elle couvre des treillages figurés dans l’intérieur des cintres, ou bien elle forme une frise de festons tout autour du monument. Après cet emblème, le paon, accompagné de poissons, est celui qui frappe plusieurs fois les yeux. Dans d’autres grottes de la Nécropolis, je l’ai rencontré quelquefois peint isolément au-dessus de sarcophages, et je le vois ici formant le sujet principal d’un tableau qui occupe toute l’étendue d’un cintre. Il est placé dans un panier à anses, déployant circulairement la queue au milieu de bouquets de fleurs, parmi lesquelles il n’est point superflu de nommer des soucis et des pensées, qu’on aperçoit parmi des touffes de roses. L’oiseau de Cérès est sans doute représenté dans ces lieux funèbres en guise d’offrande ; j’en ignore la cause allégorique.
PLANCHE LVI.
VUE D’UN SARCOPHAGE, DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE A CYRÈNE.
Elle est située à l’ouest de la Nécropolis de Cyrène ; le sarcophage qui s’y trouve est magnifique, il est en marbre blanc avec son couvercle. Cette grotte, dont l’entrée et l’intérieur sont très-détériorés, formait une pièce ayant trois subdivisions, dont deux latérales à l’entrée, et la troisième au fond. Elles contenaient chacune un sarcophage en marbre de styles différents. Celui-ci est le seul conservé ; il a sur sa façade quatre cariatides, dont deux figures de filles et deux de garçons. Ces figures, ainsi que tous les autres dessins, sont sculptées en bas- relief ; elles soutiennent des guirlandes composées de feuilles de différentes espèces, de fleurs et de fruits. Au milieu et entre la guirlande soutenue par les figures de filles, est une tête de grandeur naturelle ; au milieu du cou est un nœud avec deux ganses. Entre les deux autres guirlandes, soutenues de chaque côté par deux cariatides de deux sexes, sont des têtes d’enfant. Les figures sont d’un bon style ; les draperies sont bien ménagées, et nouées à la grecque au-dessous du sein. Des trous ont été pratiqués en différents endroits sur cette façade, par les Arabes, dans le but de connaître ce que contenait le sarcophage avant qu’ils aient pu remuer le couvercle, qui se trouve maintenant un peu détourné. Aux deux côtés qui forment les extrémités du sarcophage est un simple réseau, au milieu d’une guirlande de même nature que celles de la façade, mais le dessin est brut. Il a sept pieds cinq pouces de long sur trois pieds huit pouces de large ; la hauteur de la caisse est de trois pieds trois pouces, et celle du couvercle d’un pied trois pouces.
PLANCHE LVII.
FRAGMENTS DE SARCOPHAGES EN MARBRE.
Dans une chambre voisine de celle où j’ai trouvé le sarcophage décrit plus haut, je fis déblayer différents blocs de marbre ; un beau fragment m’offrit un guerrier armé de sa cuirasse, paraissant prêt à immoler une mère dont le fils est étendu à ses pieds. Ce même fragment, qui est la base mutilée du sarcophage, offre à son grand côté des restes d’une scène de même nature, des chevaux et des chiens pêle-mêle, fuyant précipitamment. Ce bas-relief permet de croire que le sarcophage a dû contenir un guerrier, ou une victime des fureurs de la guerre.
PLANCHE LVIII.
SARCOPHAGE SITUÉ DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE, PRÈS DE LA FONTAINE D’APOLLON, A CYRÈNE.
Il est en marbre blanc, ayant deux griffons sur un des grands côtés en bas-relief. Ils appuient une pate sur une espèce de vase long ou candelabre, d’où sort de la flamme ; les trois autres côtés du même dessin ont une frise en guirlandes, au sommet, suspendue à des têtes de bouc ; à leur base est une autre guirlande, et au fond un dessin en lignes contournées en S.
PLANCHE LIX.
TORSE COLOSSAL EN MARBRE, PARMI LES RUINES DE CYRÈNE.
Il se trouve à soixante et dix mètres, vers l’ouest, du temple de César. Il est d’une grandeur colossale, en marbre blanc, représentant un guerrier. La cuirasse, enrichie de sculptures d’un travail fini, est d’une belle conservation ; on y distingue les emblèmes suivants : au milieu du poitrail une figure de femme ailée, la tête couverte d’un casque, et tenant d’une main un glaive, et de l’autre un bouclier, se tient debout sur une louve : il est presque inutile de dire que c’est là l’emblème de Rome la guerrière, portée par l’animal qui allaita son premier roi. Deux autres figures également ailées, sculptées latéralement à la précédente, paraissent représenter les génies qui présidaient aux destins de la ville héroïque. Les écailles semi- sphériques de la cuirasse, qui couvrent les bandelettes libyennes, contiennent aussi chacune des sculptures en relief, disposées symétriquement, parmi lesquelles on remarque des dauphins, les têtes de Mercure et d’Apollon, les aigles de Rome, et autres symboles qui contribuent à orner ce beau torse sans trop le charger.
Si l’on se rappelle maintenant la situation de ce précieux monument, si l’on observe ses dimensions colossales et le fini du travail, il est hors de doute qu’on ne manquera pas de reconnaître en lui la statue de l’empereur César, que les Barbares, en dépit de son apothéose, ont chassée de la superbe enceinte, et fait rouler dans ce champ avec les colonnes et les voûtes qui en relevaient autrefois l’éclat.
PLANCHE LIX.
(_Portant par erreur le no LIX à double._)
FIG. 1.
_Plan des ruines d’un temple situé à Ptolémaïs._
_a._ Pronaos qui contient encore trois colonnes debout avec leurs chapiteaux (_Voyez_ pl. LXVIII).
_b._ Ouvertures qui communiquent à un souterrain voûté, divisé en neuf corridors, et destiné probablement à contenir de l’eau, usage qu’il offre encore maintenant.
FIG. 2.
_Plan d’une ancienne caserne de la même ville._
_a._ Côté du mur où se trouve le rescrit d’Anastase Ier. _Voyez_ Relat., page 179.
_b._ Pièce contenant encore les anciens fourneaux de la caserne.
_c._ Escalier pratiqué dans l’intérieur du mur et tout le long de l’enceinte.
_d._ Entrées voûtées.
_e._ Soupirail.
FIG. 3.
_Plan d’un château sarrasin, situé sur la route qui conduit de Cyrène à Ptolémaïs._
PLANCHE LX.
BAS-RELIEF ET TÊTES EN MARBRE, PARMI LES RUINES DE CYRÈNE.
Parmi les débris du temple d’Apollon, on trouve ce bas-relief en marbre, représentant une jeune femme nue jusqu’à la ceinture, sans attribut de déesse, et paraissant couronner un buste dont il manque la tête.
Ces deux têtes ont été trouvées parmi les ruines de Cyrène ; elles sont de marbre blanc. L’une est d’une dimension colossale, et l’autre de grandeur naturelle.
PLANCHE LXI.
PLAN D’UN HYPOGÉE, DIT KENNISSÈH (LES ÉGLISES) FAISANT PARTIE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
C’est au fond de cet hypogée que se trouvent les deux grottes de la planche XXXIX. Il est situé à peu près au milieu de la Nécropolis de l’Est, et est le plus remarquable de tous par sa grandeur et ses distributions.
PLANCHES LXII et LXIII.
INSCRIPTIONS TROUVÉES A CYRÈNE.
PLANCHE LXIV.
INSCRIPTIONS TROUVÉES DANS L’INTÉRIEUR D’UN SANCTUAIRE, A CYRÈNE.
PLANCHES LXV et LXVI.
INSCRIPTIONS TROUVÉES A CYRÈNE.
PLANCHE LXVII.
VUE DU CHATEAU DE BÉNÉGDEM, SITUÉ SUR LA ROUTE DE CYRÈNE A PTOLÉMAÏS.
Il est situé à l’ouest de Cyrène, et à une journée de chameau de la mer ; il a vingt-deux mètres et vingt centimètres de longueur, sur quarante-trois mètres quatre-vingt-cinq centimètres de largeur, formant un carré oblong. Sa longueur est de l’Est à l’Ouest. Ses deux grands côtés ont au milieu de leur longueur une tour carrée de six mètres quarante-cinq centimètres de largeur. Ces tours attenantes au mur d’enceinte forment deux ailes au monument, se projetant en dehors ; elles ont chacune une pièce voûtée ; le tout construit en dalles calcaires, liées entre elles par du ciment.
PLANCHE LXVIII.
VUE DES RUINES D’UN TEMPLE A PTOLÉMAÏS.
Le premier plan de cette vue représente le parvis du temple, formé par une espèce de stuc, dans lequel sont enchâssés des cailloux roulés. Plusieurs ouvertures sont pratiquées sur la surface du parvis, qui en quelques endroits conserve encore des restes d’une mosaïque grossière, dont il était généralement revêtu. Les trois colonnes encore debout sont probablement le reste du propylée. On voit sur le massif de construction qui leur sert de base générale, deux inscriptions grecques dont une est renversée.
PLANCHE LXVIII.
(_Portant par erreur le no LXVIII à double._)
VUE DES RUINES DE LA PORTE OCCIDENTALE DE PTOLÉMAÏS.
Deux grands massifs d’une égale dimension, ayant à leur côté Est une ouverture carrée à mi-distance de leur hauteur, portent à croire qu’ils peuvent être les restes de l’ancienne porte de Ptolémaïs, à l’extrémité Ouest de laquelle ils se trouvent. Les ruines du temple, qui est l’objet de la vue précédente, se voient à l’Est.
PLANCHE LXX.
VUE DES MONUMENTS FUNÉRAIRES, SITUÉS A L’OUEST DES RUINES DE PTOLEMAÏS.
Le principal de ces tombeaux est construit sur un rocher taillé carrément. Il est orné à son sommet d’une frise du même style que celles que nous avons observées dans la Nécropolis de Cyrène. Il forme intérieurement une galerie, ayant de chaque côté cinq caisses ou caveaux dont les entrées sont ornées de frises simples, mais d’un bon goût. Au- dessus des caveaux est un second étage divisé en plusieurs pièces. Les autres tombeaux ou masses carrées que l’on aperçoit auprès de celui dont nous venons de parler, sont formés par des rochers isolés, dans l’intérieur desquels on a taillé une ou plusieurs chambres. L’extérieur est taillé à peu près en carré d’une manière assez grossière.
PLANCHE LXXI.
PLAN, COUPE INTÉRIEURE ET DÉTAILS DU GRAND TOMBEAU, SITUÉ A L’OUEST DE PTOLÉMAÏS.
_Voyez_ Relation, pages 180 et 181.
PLANCHE LXXIII.
INSCRIPTION GRAVÉE SUR UNE CASERNE ANTIQUE A PTOLÉMAÏS.
PLANCHES LXXIV, LXXV, LXXVI, LXXVII, LXXVIII.
(_Cette dernière porte par erreur le no LXXIX._)
INSCRIPTIONS DE PTOLÉMAÏS.
PLANCHE LXXIX.
INSCRIPTIONS GRAVÉES SUR LES TOMBEAUX DE PTOLÉMAÏS.
PLANCHES LXXX, LXXXI, LXXXII, LXXXIII, LXXXIV, LXXXV, LXXXVI.
INSCRIPTIONS TROUVÉES A TEUCHIRA.
PLANCHE LXXXVII.
ENCEINTE DE L’ANCIENNE VILLE DE TEUCHIRA.
Les ruines de cette ville sont entourées d’une muraille d’enceinte, formant un carré irrégulier de deux milles environ de circonférence. Cette muraille, d’une belle conservation, et flanquée de tours à ses angles, a été redressée avec des matériaux d’édifices anciens.
_a._ Bassins taillés dans la roche et creusés à leurs parois en grottes sépulcrales.
_b._ Grande tour au centre de laquelle est un puits.
_c._ Tours quadrangulaires qui servaient à défendre la ville.
_d._ Côté de l’enceinte qui côtoie les bords de la mer ; il est presque totalement détruit.
PLANCHE LXXXVIII.
VUE D’UNE GROTTE SÉPULCRALE, APPARTENANT AU MOYEN AGE, ET FAISANT PARTIE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
PLANCHE LXXXIX.
RUINES D’UN GRAND MONUMENT SARRASIN A LADJEDABIAH.
PLANCHE XC.
VUE D’UN CHATEAU SARRASIN A LADJEDABIAH.
On trouve ces ruines à treize lieues du cap Carcora, à trois des bords de la mer. _Voyez_ Relation, pages 268 et 269.
PLANCHE XCI.
VUE D’UN VILLAGE EN BRANCHES DE PALMIERS, A L’OASIS DE MARADÈH.
A peu près au centre de Maradèh proprement dite est un rocher sur lequel sont les ruines d’un village, ayant un mur d’enceinte, et construit en pierres et terre : de ce point, on aperçoit toute l’étendue de l’Oasis au Nord de ces ruines ; derrière une petite chaîne de monticules ou rochers, qui divisent cette Oasis en deux parties, sont les ruines d’un autre hameau construit de la même manière que le précédent, ayant au milieu une espèce de tour carrée, comblée maintenant, et qui a dû servir de lieu de défense aux anciens habitants. Les nomades des environs de la Syrte viennent chaque année y recueillir les dattes ; mais n’osant résider dans les villages ruinés, livrés au pouvoir des esprits, ils se sont construit séparément des habitations en branches de palmiers.
PLANCHE XCII.
VUE DE L’OASIS DE LECHKERRÈH, VOISINE D’AUGILES.
Dans cette Oasis, de même qu’à Maradèh, il n’y a point de village bâti, ce sont des huttes en branches de palmiers, entourées d’une enceinte de même nature. Les Arabes de Barcah y viennent séjourner en été avec leurs bestiaux, y sèment un peu d’orge, et recueillent les dattes, pour lesquelles ils paient un tribut au pacha de Tripoli. Je n’y ai trouvé qu’une dixaine d’hommes qui y sont domiciliés, et dont les ressources consistent en quelques chèvres. Ces habitants sont loin d’offrir l’aspect malheureux de ceux de Maradèh. On voit à Lechkerrèh un grand carré, ou enceinte fermée par un mur peu élevé, construit en pierres et terre, et ayant intérieurement à chaque angle une espèce de tour dont l’entrée est au-dessus du niveau du sol. Cette bâtisse et une autre d’une moins grande dimension qui est à côté, quoique toutes les deux fort ruinées, m’ont paru avoir été faites par les Arabes.
PLANCHE XCIII.
NÉGRESSE DU SOUDAN.
Cette planche représente un groupe de jeunes négresses du Soudan, contrée de l’Afrique intérieure, avec lesquelles j’ai eu l’occasion de traverser des zones de sable : la régularité de leurs traits, la douceur animée de leurs grands yeux noirs, et la svelte souplesse de leur taille sont loin de présenter ces difformités du nez et des lèvres qui caractérisent la plupart des africaines.
PLANCHE XCIV.
DROMADAIRE BICHARIÈH, AVEC SES HARNAIS NUBIENS.
PLANCHE XCV.
_Céraste._
PLANCHE XCVI.
_Geranium uniflorum_ (n. s.).
_Ornithogalum sessile_.
PLANCHE XCVII.
_Senecio orientalis_.
_Echium cyrenaïcum_.
PLANCHE XCVIII.
_Stachis latifolia_.
_Euphrasia cyrenaïca_.
PLANCHE XCIX.
_Ranunculus asiaticus_.
PLANCHE C.
_Nouveau genre de la famille des cyprès ; il croît auprès de la fontaine d’Apollon._
FIN DE L’EXPLICATION DES PLANCHES.
[Note 393 : L’auteur de la Relation n’a d’autre mérite, pour la plupart des planches, que d’avoir pris sur les lieux, aussi fidèlement qu’il lui a été possible, les croquis qui ont servi, sous sa direction, à MM. Courtin et Adam fils à faire les dessins qui composent cet Atlas.]
NOTES SUR LES INSCRIPTIONS DE LA CYRÉNAÏQUE,
=PAR M. LETRONNE.=
* * * * *
Parmi les inscriptions rapportées par M. Pacho, il n’en est qu’un petit nombre qui présentent de l’intérêt sous le rapport de l’histoire ou de la langue. Le reste n’offre que des noms propres. Un travail assez étendu sur ces inscriptions, que j’avais remis à M. Pacho, quelque temps avant sa mort, ne s’est point retrouvé. Dans les instans de trouble et d’égarement d’esprit qui ont précédé cette horrible catastrophe, cet infortuné voyageur a brûlé indistinctement, à ce qu’il paraît, un grand nombre de papiers, et mon manuscrit y a passé avec d’autres choses sans doute plus importantes. N’en ayant pas gardé de copie, je devrais le recommencer ; mais le temps me manque. On ne trouvera donc ici que le fragment que j’en avais détaché et publié dans le Journal des Savans, mars et mai 1828, et qui heureusement concerne les plus intéressantes de ces inscriptions. Pour les autres, comme elles ne renferment le plus souvent que des noms propres, on voudra bien se contenter d’une indication sommaire. Il en est même que je passerai tout-à-fait sous silence, parce que les copies de M. Pacho m’ont paru pouvoir suffire au lecteur instruit : on aura donc à peu près tout ce que mon travail pouvait offrir de réellement utile ; on ne perdra que quelques rapprochemens paléographiques ou chronologiques d’un médiocre intérêt.
CYRÈNE.
PL. LXII.
No 1. Cette inscription est la seule qui soit en vers ; c’est une épitaphe en vers élégiaques qui, par son sujet et son mérite, peut enrichir l’anthologie grecque.
En voici le texte restitué et la traduction[394] :
L. ~ΚΘ~. Τῖτος Πετρώνιος
Καπίτων, ἐτῶν ~ΔΚ~.
Βαιόν σοι τὸ μεταξὺ βίου θανάτοιό τ’ ἔθηκε
καὶ τύμβου, Καπίτων, καὶ θαλάμοιο, Τύχη,
Νύκτα μίαν ψεύϛιν, καὶ ἀνηλέα, τὴν ἄνις αὐλῶν,
τὴν δίχα σοι παϛῶν, τὴν ἄτερ εἰλαπίνης·
Αἲ, Αἲ τὴν ἐπὶ πέπλα, καὶ εἰς ἀμύριϛα πεσοῦσαν
ϛέμματα, καὶ βίβλους σεῖο, πρόμοιρε, τέφρην.
Οἲ θρήνοισι βοητὸν ὑμήναον· οἲ προκελεύθους
λαμπάδας ὑϛατίου καὶ κενεοῖο λέχους.
L’an XXIX. Titus Petronius Capiton, âgé de 24 ans.
La Fortune, Capiton, n’a mis pour toi, entre la vie et la mort, entre l’hymen et la tombe, que l’intervalle d’une seule nuit, trompeuse, impitoyable, sans instrumens de fête, pour toi sans lit nuptial, sans festin. Infortuné jeune homme ! La poussière est tombée sur tes vêtemens de noce, tes bandelettes non encore parfumées, tes couronnes de biblus. Ah ! des gémissemens ont été ton chant d’hyménée ! Ah ! Hélas ! les flambeaux t’ont conduit à la couche dernière, que personne ne doit partager.
Selon l’usage des inscriptions funéraires qu’on trouve en Cyrénaïque, on a exprimé la date de la mort en années du règne du prince, mais sans indiquer le nom de ce prince. Cet usage singulier, et dont je ne puis m’expliquer le but, jette beaucoup d’obscurité sur l’époque de ces monumens. Ici, il n’y a point d’incertitude ; les noms Titus Petronius annoncent l’époque romaine, et l’année 29 ne peut convenir qu’à Auguste, puisque le règne d’aucun autre empereur n’a duré 29 ans. Le monument est donc de l’an 3 de notre ère.
L’épitaphe suit l’énoncé de la date. Les lettres numérales ~ΔΚ~ sont placées en sens inverse, comme dans les inscriptions de Syrie. J’en ai vu plusieurs exemples parmi celles de la Cyrénaïque ; je n’en connais pas un seul sur les monumens de l’Égypte. Si j’en ai bien compris les détails, Titus Petronius Capiton est mort la nuit même qui devait être celle de ses noces. De là une opposition assez touchante entre les cérémonies nuptiales et les cérémonies funèbres. Il y a dans l’Anthologie une épigramme de Méléagre sur une jeune fille, morte aussi la veille de son mariage[395] ; elle l’emporte en grace et en correction ; mais je ne sais si l’inscription de Cyrène n’est pas d’une tournure plus ingénieuse.
Il n’y eut qu’une _seule nuit_ (νὺξ μία), faible intervalle (βαιὸν τὸ μεταξὺ) entre l’hymen et la tombe (θαλάμου καὶ τύμβου) : les épithètes ψεύϛιν [_trompeuse_] et ἀνηλέα [_impitoyable_] semblent convenir mieux à la _fortune_, auteur du mal, qu’à la _nuit_, qui n’en a été que le témoin. La forme ψεῦϛις, pour le féminin de ψεύϛης, n’est pas connue ; on ne trouve que ψεύϛρια ou ψεύϛειρα. Cette nuit malheureuse fut ἄνις αὐλῶν _sine tibiis_, c’est-à-dire, qu’on n’entendit pas retentir le son des flûtes (αὔλημα τὸ γαμήλιον) qui accompagnait la marche des jeunes époux le jour de la noce[396] ; aussi la veille de ce jour s’appelait- elle προαύλια[397] ; et c’est pour cela que Philippe de Thessalonique dit de Vénus qu’elle aime λιγυρῶν αὐλῶν ἡδυμελεῖς χάριτας[398].
Τὴν δίχα σοι παϛῶν. Le παϛὸς était proprement l’alcôve du lit, ou l’ensemble des rideaux qui l’enveloppaient[399] ; ce mot est ici pris comme synonyme de θάλαμος ; et δίχα παϛῶν est pour δίχα παϛοῦ : le pluriel est commun en ce cas. Ainsi, Méléagre, dans son épigramme déja citée : καὶ θαλάμων ἐπλαταγεῦντο θύραι[400] ; dans une adespote, on lit : πρόσθεν ἐμῶν θαλάμων[401] ; dans une de Persès : ὡραίους ἤγαγεν εἰς θαλάμους[402] ; ailleurs les deux mots sont réunis : ἐκ δ’ ἐμὲ παϛῶν νύμφην κἀκ θαλάμων ἥρπασ’ ἄφνως Ἀΐδας[403] ; enfin, dans une épigramme d’Agathias le scholastique : οὐδ’ ἐπὶ παϛοὺς ἠγάγετο[404]. C’est ce vers qui montre que Capiton était mort avant d’avoir conduit sa nouvelle épouse au domicile conjugal où se donnait le banquet de noces.
Αἲ, αἲ τὴν... τέφρην. Ainsi Méléagre : Αἲ, αἲ τὰς μαϛῶν ψευδομένας χάριτας[405] ; et Philippe de Thessalonique : αἲ, αἲ πέτρον ἐκεῖνον[406]. Les leçons πεσοῦσαν et βίβλους pour βίβλου me semblent certaines ; et le pronom σεῖο se rapporte aux mots qui précèdent, et non pas à τέφρην.
Voilà pour la syntaxe de ces deux vers ; mais les mots et le sens présentent plus d’une difficulté. Qu’est-ce que la _cendre_ TOMBÉE _sur ses voiles, ses bandelettes ou guirlandes_, etc. Cela se rapporte-t-il à quelque usage inconnu ! Je ne le pense pas. Il n’y a là, je crois, qu’une impropriété d’expression.
D’abord, il me semble que πέπλα, ϛέμματα et βίβλοι σεῖο, désignent les vêtemens et les ornemens que portait Capiton. Nous voyons dans Chariton[407], que Callirhoé, nouvelle mariée, fut mise dans la tombe, couverte de toute sa parure de noce et de la couronne qui avait orné son front le jour de son mariage ; ce qui rappelle l’usage encore subsistant en Épire, où les époux sont parés, le jour de l’enterrement, de leurs couronnes nuptiales, quand ils n’ont pas changé de lien[408]. C’est, je pense, la parure de noce de Capiton que désignent les mots πέπλα, ϛέμματα et βίβλοι. Le premier désigne, par une expression spécifique, le vêtement en général, la ϛολὴ ou ἐσθὴς νυμφικὴ de Chariton, la γαμικὴ χλανὶς d’Aristophane[409], la robe préparée pour la noce, et que Chariton n’avait pu revêtir. Admète, dans Euripide, emploie le même mot, quand, après les funérailles d’Alceste, il rentre seule dans son palais : il compare les habits de deuil, μέλανες ϛολμοὶ, qu’il porte maintenant, aux vêtemens blancs, λευκὰ πέπλα, qui le paraient le jour qu’il y conduisit son épouse chérie[410]. Les ϛέμματα pourraient être des guirlandes ; je crois plutôt que ce sont les _bandelettes_ (λημνίσκοι, _infulæ coronarum_) des couronnes qui devaient parer la tête de Capiton ; et βίβλοι doit désigner ces couronnes elles-mêmes : les mots ταινίαι et ϛέφανοι se trouvent souvent ensemble[411]. Il y avait une espèce de _biblus_ appelée ϛεφανωτρὶς, dont on tressait des couronnes. Agésilas, en Égypte, s’en était servi au témoignage de Théopompe[412] ; et Appien dit de Pharnace : βίβλον τις πλατεῖαν φέρων ἐξ ἱεροῦ ἐϛεφάνωσεν αὐτὸν ἀντὶ διαδήματος[413]. La fleur du biblus était-elle, en Cyrénaïque, employée spécialement aux couronnes nuptiales ? je l’ignore. Βίβλοι signifie donc ϛέφανοι ἐκ βίβλου, comme λωτοὶ, dans Méléagre[414], signifie des _flûtes_, αὐλοὶ ἐκ λωτοῦ, parce qu’on faisait avec le lotus une espèce de flûtes qu’Euripide appelle λίβυς λωτὸς[415], et qu’il nomme ailleurs λίβυς αὐλός[416]. L’épithète ἀμύριϛα jointe à ϛέμματα annonce qu’on n’avait pas eu le temps de parfumer ni les bandelettes, ni les couronnes ; ce qui s’explique par un passage d’Aristophane, où l’on voit qu’on ne les parfumait qu’au moment de conduire la mariée.... οὔτε μύροισιν μυρίσαι ϛακτοῖς ὁπόταν νύμφην ἀγάγησθον[417].
Maintenant que signifie : « Hélas ! la cendre _tombée_ sur les vêtemens, les bandelettes, etc. ! » Cela ferait-il allusion à quelque usage inconnu, pour nous, de jeter de la cendre sur le linceul et les ornemens du mort ! L’expression πεσοῦσα me fait croire que τέφρη, cendre, par une impropriété d’expression peu surprenante dans cette épitaphe, a le sens de κόνις, employé souvent pour γῆ ou χθών. Ainsi : κούφη τοι γὰρ ἐμοὶ πέλεται κόνις[418] ; et ἀλλὰ τὰ [sc. ὀϛέα] μὲν κεύθει μικρὰ κόνις ἀμφιχυθεῖσα[419]. Le mot κόνις étant un synonyme de τέφρη, dans l’acception de _cendre_, le poète a cru que τέφρη pouvait se prendre pour un synonyme de κόνις dans le sens de _poussière_. Si τέφρη est pris ici pour κόνις, on voit que ἡ ἐπὶ πέπλα πεσοῦσα τέφρη revient à ἡ ἐπὶ π. πεσ. χθὼν ou γῆ et se rapporte à la _terre_, à la _poussière_ qui _tombe_, que l’on _jette_ sur le cadavre du mort, ce qui est exactement analogue à l’expression d’Euripide : κούφα σοι | χθὼν ἐπάνω ΠΈΣΕΙΕ, γύναι[420] ; et à cet autre du même : κακοῖς δ’ ἔφ’ ἔρμα ϛερεὸν ῈΜΒΆΛΛΟΥΣΙ γῆς[421]. Je crois que c’est là le sens que notre poète a donné à ces deux vers.
Οἲ θρήνοισι βοητὸν ὑμήναον : le poète, ayant besoin d’un dactyle, a suivi ; pour ce mot, une orthographe singulière, en écrivant ὑμήναον au lieu de ὑμέναιον. On peut citer, pour son excuse, un passage de Sapho, cité par Héphestion, où de bons critiques ont laissé ὑμήναον[422]. On ne connaît que les composés ἀμφιβόητος, διαβόητος, ἐπιβόητος, περιβόητος et ἀβόητος[423]. Le simple βοητὸς ne s’est encore trouvé nulle part ; mais il n’a rien d’illégitime. L’expression rappelle le βοάσατ’ εὖ τὸν ὑμέναιον, ὦ, | μακαρίαις ἀοιδαῖς | ἰακχαῖς τε νύμφαν d’Euripide[424]. Quant à la pensée, on en retrouve l’équivalent dans le θρῆνος ὀ ὑμέναιος d’Achilles Tatius[425], le εἰς δὲ γόους ὑμέναιος ἐπαύσατο de Parménion[426] et le θρῆνος δ’ εἰς ὑμέναιον ἐκώμασεν de Philippe[427]. Mais ici la tournure est plus vive et plus expressive. L’_hyménée_ se chantait surtout après le festin de noce, lorsque les deux époux étaient conduits dans l’appartement conjugal[428] ; et de là, cette ingénieuse expression, dans l’épitaphe d’une jeune fille : οὐ δ’ ὑμέναιον | ᾖσέ τις οἰνοχαρὴς πρόσθεν ἐμῶν θαλάμων[429]. Capiton, conduit, non pas au lit nuptial, mais à la tombe, a eu des gémissemens pour chant d’hyménée.
Il y a encore dans la dernière phrase une dilogie ingénieuse qui repose sur ce que la marche des jeunes époux, comme le cortége funéraire, était précédée par des flambeaux, désignés ici d’une manière pittoresque par les mots προκέλευθοι λαμπάδες λέχους. Les flambeaux d’hymen conduisaient au lit nuptial ; les flambeaux funèbres, à la couche dernière, idée exprimée dans l’épigramme de Méléagre : αἱ δ’ αὐταὶ καὶ φέγγος ἐδᾳδούχουν παρὰ παϛῷ | πεῦκαι, καὶ φθιμένᾳ νέρθεν ἔφαινον ὁδόν.
Il se pourrait que κενὸν (λέχος) signifiât simplement _vain, inutile, stérile_, comme κενεαὶ ὠδῖνες dans Méléagre[430], et κενεὸς τάφος dans Grégoire le théologien[431]. Mais je crois que l’auteur lui a donné le sens propre de _vide, désert, solitaire_ ; Euripide fait dire à Admète : πέμπουσί μ’ ἔσο λέκτρων κοίτας ἐς ἐρήμους[432] ; et à la place du mot ἔρημος, il emploie κενὸς, un peu plus bas, γυναικὸς εὐνὰς εὖτ’ ἂν εἰσίδω κενάς[433]. Au lieu d’être conduit au lit nuptial, où devait se trouver la jeune mariée, Capiton est porté au lit funèbre qu’il occupe tout seul. D’ailleurs, s’il avait été marié, ce lit funèbre aurait été partagé un jour par sa femme, parce que la femme et le mari étaient le plus souvent renfermés dans le même tombeau : mais la couche dernière de Capiton est et sera toujours solitaire. C’est ce double sens qui me paraît compris dans le mot κενός.
No 2. C’est la seule peut-être de toute la collection qui soit antérieure aux Lagides ; elle ne contient malheureusement que des noms propres, sans même qu’on sache à quelle affaire ils se trouvent liés, et quel est l’objet du monument.
PL. LXIII.
No 1. Fragment d’inscription latine destinée, à ce qu’il paraît, à mentionner la dédicace ou l’érection d’un portique faisant partie d’un _Cesareum_, ou monument consacré à Jules César : l’inscription doit être du règne d’Auguste. (V. le voyage, p. 219 et suiv.)
No 2. Cette inscription est placée au-dessus d’une fontaine d’Apollon ; il faut la lire :
L. ~ΙΓ~ Διονύσιος Σώτα, ἱερειτεύων[434] τὰν κράναν ἐπεσκεύασε. « L’an XIII. Dionysius, fils de Sotas, exerçant la prêtrise, a réparé la fontaine. »
Cette fontaine est tout près de ruines considérables qui ont appartenu à un temple. Ce sont la fontaine et le temple d’_Apollon_, si célèbres à Cyrène[435] ; les doutes à cet égard sont levés par le fragment de dédicace impériale. (no 10 de cette même pl.) M. Pacho l’a copié d’après sur une bande de marbre blanc, courbée comme l’arc d’un hémicycle et dont il occupe la courbe intérieure. Je soupçonne que ce bloc faisait partie du dossier d’un _exèdre_ qui a dû être fort grand ; car le bloc qui a deux pieds de long, est très-légèrement courbé. Cet édifice fut élevé en face du temple d’Apollon, avec l’argent fourni par les prêtres, comme le dit l’inscription dont il ne reste que ceci.
·------------------------------------------------+ · ΤΩ ΣΕΒΑΣΤΩ ΑΡΧΙΕΡΕΩΣ ΣΩΤΕΡΙΑΣ ΚΟΙΝΤΟΣ ΛΟΥΚΑΝΙΟ | · | · ΤΟ ΣΕΚΤΑΣΙΩΝ ΤΩ ΑΠΟΛΛΩΝΟΣ ΙΕΡΕΩΝ ΕΠΙΔΟΣΙΟ | · | · ΑΝΕΘΗΚΕΝ. | ·------------------------------------------------+
Les mots ΤΩ ΣΕΒΑΣΤΩ ΑΡΧΙΕΡΕΟΣ qui commencent la seconde ligne annoncent qu’il s’agit d’Auguste. La place du mot ἀνέθηκεν qui a dû correspondre au milieu de l’inscription indique qu’il manque aux deux lignes précédentes trente-deux à trente-quatre lettres. Ces indications suffisent pour rétablir la première ligne ; quant à la seconde, cela est tout-à-fait impossible, puisque la lacune a dû être remplie par les titres de Quintus Lucanus qu’on ignore, et par le nom de l’édifice qu’on ne connaît pas davantage. Voici la lecture de ce qui existe encore, et la restitution de ce qu’il est possible de rétablir sans arbitraire.
+-------------------------------------+--------------------------------+ |Ὑπὲρ τῆς αὐτοκράτορος Καίσαρος, θεῶ ὑ|ιῶ, Σεβαϛῶ, ἀρχιερέως, σωτηρίας,| | |Κόϊντος Λουκάνιος | | | | |. . . . . . . . . . . . . . . . . . .|. . . ἐκ τᾶς τῶν Ἀπόλλωνος | | |ἱερέων ἐπιδόσιος | | | | | |ἀνέθηκεν. | +-------------------------------------+--------------------------------+
« Pour le salut de l’empereur César, fils du dieu [César], Auguste, grand pontife, Quintus Lucanius [. . . . . . . . a élevé ce . . . . . . . .], avec la contribution fournie par les prêtres d’Apollon. »
Le seul changement que je me sois permis, c’est de faire un ι du τ au commencement de la première ligne, pour avoir la fin du mot υἱῶ (dor. pour υἱοῦ). Le mot ἐπίδοσις a le sens de _erogatio publicè facta_.
No 3. Κλαυδία Βενόστα Κλαυδίου Καρτισθένους Μελίορος θυγάτηρ τὰν Κόραν καὶ τὸν ναὸν ἐκ τῶν ἰδίων ou bien ἐκ τῶν ἰδίων καὶ τὸν ναόν. « Claudia Venusta, fille de Claude Cartisthène Melior, [a élevé] à ses frais [la statue de] Proserpine en ce temple. »
Inscription du temps de l’empereur Claude ou de Néron. L’expression τὰν Κόραν pour τὸ τᾶς Κόρας ἄγαλμα a été expliquée ailleurs[436]. Claudia Venusta avait fait élever à ses frais et _la statue et le temple_. Ainsi dans une inscription de Syrie[437] ... τὸν ναὸν καὶ τὸ ἄγαλμα ἐκ τῶν ἰδίων ἀνέθηκεν. Ce qui distingue celle de Cyrène, c’est que le verbe manque, sans qu’il en résulte la moindre équivoque.
La même observation s’applique à celle du No 4, qui constate que la même _Claudia Venusta_ avait élevé une _statue et un temple_ à Bacchus. Κλαυδία Βενόστα Κλαυδίου Καρτισθένους Μελίορος θυγάτηρ Διόνυσον ἐκ τῶν ἰδίων σὺν τῷ ναῷ.
Νo 5. Κλαυδίαν Ἀρατὰν Φιλίσκω θυγατέρα, φύσει δὲ Εὐφάνους, ματέρα Κλαυδίας Ὀλυμπιάδος, αἰωνίω γυμνασιαρχίδος, ἀρετᾶς ἕνεκα, Κυραναῖοι. « Les Cyréneens [ont honoré par ce monument], à cause de sa vertu, Claudia Arété, fille de Philiscus par adoption, d’Euphanès par nature, mère de Claudia Olympias gymnasiarque perpétuelle. »
Cette inscription est du même temps que les deux précédentes. Ἀρατὰ pour Ἀρετή, dorisme comme Ἄρταμις, τράχω, ἅτερος pour Ἄρτεμις, τρέχω, ἕτερος.
Φύσει δὲ, _par nature_, ce qui indique que Philiscus n’était que père adoptif. La même formule se lit ailleurs[438]. D’autres fois, on nommait le premier le père naturel, comme ἐπὶ ἱερέως Μέμονος τοῦ Ὀρεστείδου, κατὰ δὲ ποίησιν Εὐωνύμου[439].
La fonction de gymnasiarque était aussi exercée par les femmes[440] ; mais la forme γυμνασίαρχος sert ordinairement pour les deux genres.
No 7. Le nom propre est estropié : il paraît être celui d’une femme, Σαλυΐα, _Salvia_. L’inscription n’est remarquable que par le monogramme qu’on pourrait prendre pour celui du Christ, puisqu’il offre réellement les lettres ΧΡ, ce qui, avec les trois autres lettres ΑΙΝ, donne le mot χάριν (εὐνοίας). C’est le seul exemple que j’en connaisse.
No 8. Fragment de l’inscription funéraire de Lucius Vibius Cattabus, fils de Lucius (Vibius Cattabus) ; il paraît y avoir eu [_faciendum_] _coeravit_ (pour _curavit_) : la même inscription était répétée en grec au bas. Il paraît y avoir Λεύκιος ὁ ὑὸς Λευκίου Κάτταβος... ὃς ἐποίησε. Ce n’est pas la seule fois que _faciendum curavit_ a été rendu par ἐποίησε.
No 9. Inscription chrétienne d’un bas temps, pleine de fautes d’orthographe : κῖτε pour κεῖται, est fréquent dans les monuments de cette époque, de même que κὲ pour καὶ, τέθικαν pour τέθεικαν, iotacisme ; θεῶ pour θεοῦ, reste de dorisme.
Διμιτρία θυγάτηρ Γαίου τοῦ ὠνησαμένου τὸ μνῆμα τοῦτο ἐνθάδε κῖτε μετὰ τοῦ υἱοῦ αὐτῆς θεῶ δούλου· οὗτοι ἐτελεύτησαν ἐπὶ.... Μαξίμου γενομένου· τέθικαν αὐτοῖς Κάλλιππος ὁ ἀνὴρ αὐτῆς κὲ υἱὸς αὐτοῦ Γαῖος κὲ γαμβρὸς αὐτοῦ Πανύβουλος καὶ μνήθητο αὐτῶν· ἐντὸς πηχῶν.
Démétria, fille de Gaius, qui a acheté ce monument, repose ici, avec son fils, serviteur de Dieu.
Ils sont morts sous . . . . ., Maxime . . . . . et y ont été déposés par Callippe, son mari ; par Caïus, fils de ce dernier, et Panybule, son gendre. Accordez-leur un souvenir . . . . . coudées en dedans.
PL. LXIV.
No 1. Tombeau avec deux noms propres estropiés ; il semble que ce soit Κοῖρος ou Κοῖτος Ἀριϛοκλίδα. « Cœrus ou Cœtus, fils d’Aristoclide. »
Au-dessous Ἰάσονος τόπος. « Lieu de sépulture de Jason. »
No 2. Ces inscriptions, trouvées dans un sanctuaire, ont été écrites par les gens qui venaient le visiter : ce sont des noms, ou tout seuls, ou suivis de ἥκω ou de ἦλθε.
Διοσκουρίδης.
Δίων ἥκω.
Ἕλεξ ἥκω.
Πρόθυμος ἥκω.
Ἴασος (?) ἥκω.
Ἀγαθοκλέα. Ἀγαθοκλῆ.
Σωσιϛρατίου. Ἀγαθοκλέους.
Ἰδουμαῖος.
ἦλ θε.
D’autres _Iduméens_ y ont écrit leurs noms, probablement à la même époque ; ce sont :
Κοσβάρακος (?) puis........
Μαλίχου[441]. Κράτερος.
Ἰδουμαῖος. et Σύμμαχος.
Ἰδουμαῖος.
On lit dans une autre : Τιβέριος Κλαύδιος Ἴϛρος τοῖς θεοῖς ἀπέδωκε θυσίαν. « Tibère Claude a fait un sacrifice aux dieux [adorés dans ce sanctuaire]. »
On pourrait à la rigueur lire : πρὸς τοῖς θεοῖς, et entendre ici πρὸς dans le sens de παρὰ, si fréquemment employé dans ces sortes de locutions προσκύνημα παρὰ τῷ θεῷ ἐποίησε. Mais il manque un nom après _Tibère Claude_ ; je ne doute pas que M. Pacho n’ait passé deux lettres, et qu’il faille lire : Ἴστρος.
PL. LXV.
Inscriptions sans intérêt, ne renfermant que des noms propres.
Le No 3 est un fragment de _dédicace_ romaine ; on y distingue PONT. MAX. TRIB. [POTEST.]
Le No 9 seul mérite quelque attention.
Καλῇ τύχῃ. L. ~Ν.~ _à la bonne fortune_. L’an LV. (καλῇ τύχῃ, pour ἀγαθῇ τύχῃ).
Πυραμαῖος Πυραμαίου, Pyramée, fils de Pyramée. Ἰλῖνε καλοκαγαθὲ Σέκονδε..... _Adieu, vertueux..... Ilinus secondus_.
La même un peu plus haut.
Ἀριϛοτέλης Σώσιος Ίαρεὺς Ἀπόλλωνος· μηθένα ἐντίθῃ.
« Aristote, fils de Sosis, prêtre d’Apollon. Qu’on ne mette personne [dans ce tombeau]. »
La formule μηθένα ἐντίθη est elliptique : il faut entendre sans doute la défense, si souvent répétée, d’enterrer dans le tombeau une autre personne qu’Aristote fils de Sosis. ΤΑΡΕΥΣ doit être ΙΑΡΕΥΣ pour ΙΕΡΕΥΣ, dorisme, comme ἱαρὸς pour ἱερὸς dans les tables d’Héraclée, et Ἱάρων pour Ἱέρων dans l’inscription du Casque trouvé à Olympie.
PL. LXVI.
Noms propres.
PTOLÉMAÏS.
PL. LXXIII.
Cette inscription qui commence par ces mots : Αὐτοκράτωρ Καῖσαρ Ἀναϛάσιος ἀνίκητος..... σεβαστὸς Αὔγουστος[442], est un rescript de l’empereur Anastase relatif au service militaire. Ce rescript mérite d’occuper les loisirs d’un philologue exercé : mais la restitution en est bien difficile. (voir le voyage, page 178.)
PL. LXXIV.
Il n’y a sur cette planche que trois inscriptions qui offrent de l’intérêt et méritent quelque attention.
Les deux premières sont intéressantes surtout par la place qu’elles occupent. En effet, les pierres sur lesquelles elles sont gravées font partie du soubassement d’un temple ; l’une d’elles est même dans une situation renversée, et même tronquée, pour donner à la pierre les dimensions dont on avait besoin. Il est évident que ces pierres ont servi comme matériaux dans la construction de l’édifice. Avant de connaître cette particularité, et à la seule vue du dessin représentant les ruines de ce temple (Pl. LXVIII.) j’avais dit à M. Pacho que cet édifice n’était pas antérieur à la domination romaine. La présence de ces inscriptions met le fait hors de doute, comme on va le voir.
Celle qui est dans une situation renversée est disposée ainsi :
+----------------------------+ |ΒΑΣΙΛΙΣΣΑΝ ΑΡΣΙΝΟΗΝΘΕΑ | | | |ΤΗΝ ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ ΚΑΙ ΒΕΡΕΝΙΚΗΣ| | | | ΗΠΟΛΙΣ | +----------------------------+ [Note du transcripteur : Cette inscription entière est à l'envers dans la source]
Il est facile de voir que les deux premières lignes ont été tronquées, par le motif indiqué plus haut : il serait impossible de les rétablir si l’on ne pouvait savoir quelle a été leur longueur. Heureusement cette circonstance capitale se déduit de la position des mots Η ΠΟΛΙΣ qui forment à eux seuls la troisième leçon, puisqu’on ne peut douter qu’ils n’occupassent à très-peu près le milieu de l’inscription. On en conclut avec certitude qu’il manque seulement de huit à dix lettres aux deux lignes tronquées.
Maintenant, si nous cherchons, dans la série des princes lagides, quelle est la _reine Arsinoë_, fille de Ptolémée et de Bérénice, nous ne trouverons que la seconde femme de Ptolémée Philadelphe, et sa sœur, fille de Ptolémée Soter et de Bérénice. L’inscription entière était donc :
+-----------------------------+ · · · · · · · | Βασιλίσσαν Αρσινόην, θεὰ|ν Ἀδελφὴν · | | · | τὴν Πτολεμαίου καὶ Βερενίκης|θεῶν Σωτήρων · | | · | ἡ πόλις. | · +-----------------------------+ · · · · · · ·
« La ville [de Ptolémaïs honore par ce monument] la reine Arsinoë, déesse sœur, fille de Ptolémée et de Bérénice, dieux sauveurs. » C’est une dédicace qui fut probablement placée entière sur la base d’une statue, érigée peut-être à l’époque et à l’occasion du mariage d’Arsinoë avec son frère, en 276 avant J. C.
L’autre inscription est entière, sauf quelques erreurs de copie faciles à corriger. La voici :
+-----------------------------------+ | ΒΑΣΙΛΕΑ ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΝ ΤΟΝ ΒΑΣ...Ε. Σ | | | | ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ ΚΑΙ ΒΑΣΙΛΙΣΣΗΣΚ.. ΕΟ | | | | ΠΑΤΡΑΣ ΑΔΕΛΦΟΝ,ΘΕΟΝ ΟΙΛΟΜΗΤΟΡΑ | | | | ΗΠΟΛΙΣ | +-----------------------------------+
Βασιλέα Πτολεμαῖον, τὸν βασιλέως
Πτολεμαίου καὶ βασιλίσσης Κλεο
πάτρας ἀδελφὸν, θεὸν φιλομήτορα
ἡ πόλις.
« La ville [de Ptolémaïs honore par ce monument] le roi Ptolémée frère de Ptolémée et de la reine Cléopatre, dieux Philométor. »
C’est la première fois, à ma connaissance, qu’un roi lagide est désigné, dans une inscription, par les mots FRÈRE _de tel et de telle_, au lieu de FILS _de tel roi et de telle reine_. Mais cette désignation s’explique facilement, ce me semble, et sert à donner la date précise de l’inscription.
Le roi dont Philométor est ici qualifié le frère, est Évergète II, fils comme lui de Ptolémée Épiphane. La reine Cléopâtre ne peut être que la Cléopâtre, sœur de tous les deux, d’abord femme de Philométor, et qui, après la mort de son premier mari, en 147, fut épousée, en 146, par son autre frère Évergète II, et partagea le trône avec lui. Il est donc certain que l’inscription est postérieure à la mort de Philométor, en 146. Mais comme on est également sûr que, l’année suivante, Évergète II répudia cette _sœur_ Cléopâtre, pour épouser la fille de cette princesse et de son frère[443], on a l’année précise de la dédicace, c’est-à-dire, l’an 145 avant notre ère. Cette dédicace est donc un hommage rendu à Philométor par les habitants de Ptolémaïs, peu de temps après la mort de ce prince. Sans doute la ville lui avait décrété une statue de son vivant : mais sa mort étant survenue avant qu’elle ne fût terminée, on dut le désigner nécessairement par le titre de _roi_, de _dieu Philométor_, en y ajoutant celui de _frère_ des deux princes qui occupaient alors le trône.
Il est clair que des statues en l’honneur d’Arsinoë Philadelphe et de Ptolémée Philométor n’ont pas été détruites tant qu’a duré la dynastie des Lagides. Ce ne peut être qu’après leur domination que ces statues, ainsi que les dédicaces qui contenaient le nom des princes, ont pu être renversées, et les fragments des piédestaux employés dans la construction d’un édifice. Cette observation, indépendamment du caractère de l’architecture, prouve donc que le temple de Ptolémaïs dont M. Pacho a dessiné les ruines, appartient au temps de la domination romaine.
La troisième est un fragment gravé sur une pierre encastrée dans le mur de Kasr-el-Askar à Ptolémaïs :
----------------------- · ΕΒΑΣΤΟΣ ΑΝΤΟΝΙΑΚΑΛΥ · · · · ΚΑΙΣΑΡΟΣΘΜ · -----------------------
Ce fragment n’est que le milieu d’une inscription en deux lignes. Il s’agit d’en retrouver le commencement et la fin ; quelque hardie que puisse paraître la restitution que je vais hasarder, je crois cependant que, comme elle satisfait aux conditions qu’exige l’état du monument, elle porte un assez grand caractère de certitude.
D’après ce qui a été dit plus haut, la petite ligne qui commence par ΚΑΙΣΑΡΟΣΘΜ a dû se trouver au milieu de la grande ; c’est la principale condition que devra remplir la restitution de l’une et de l’autre.
Et d’abord, le mot ΚΑΙΣΑΡΟΣ, dans les inscriptions impériales, est toujours suivi du mot ΣΕΒΑΣΤΟΥ, à moins qu’il ne s’agisse d’Auguste, le seul empereur qui ait été désigné par le simple mot ΚΑΙΣΑΡ : or, les lettres ΘΜ qui viennent après prouvent que le mot ΣΕΒΑΣΤΟΣ n’a pu le suivre. Cette dédicace appartient donc certainement au règne d’Auguste.
Il devient vraisemblable que le nom ΑΝΤΩΝΙΑ qu’on lit à la première ligne, désigne _Antonia_, nièce d’Auguste, mère de Germanicus et de Claude, épouse de Drusus l’Ancien. S’il en est ainsi, son nom a dû être suivi de ceux de Claude Drusus, et en effet les lettres ΚΛΑΥ paraissent bien appartenir à ΚΛΑΥ [ΔΙΟΥ], nom qui était suivi de ΝΕΡΩΝΟΣ ΔΡΟΥΣΟΥ..... ΓΥΝΗ ou ΓΥΝΑΙΚΙ. Les noms de ce prince se présentent ordinairement dans un autre ordre (Nero Claudius Drusus) ; mais cette différence ne peut nous arrêter : bien des exemples de ce genre la justifieraient au besoin.
En troisième lieu, les lettres ΕΒΑΣΤΟΣ, qui précèdent et qui proviennent évidemment de ΣΕΒΑΣΤΟΣ, ne peuvent cependant désigner Auguste ; car le nominatif en un tel endroit serait inexplicable. On peut encore regarder comme à peu près certain que c’est le reste du titre de φιλοσέβαστος, titre analogue à celui de φιλορώμαιος, que prennent souvent des particuliers et des villes, comme ceux de Carrhes, sur les médailles, et surtout à ceux de φιλοκαῖσαρ[444], φιλοτιβέριος, φιλοκλαύδιος[445], etc., épithètes de flatterie qui se trouvent sur des monuments écrits de différents genres. Ici φιλοσέβαστος désigne, dans le même sens, le dévouement du peuple de Ptolémaïs envers l’empereur Auguste. Il y avait donc, avant le mot Ἀντωνίᾳ, les mots Πτολεμαιέων ὁ δῆμος ὁ φιλοσέβαστος.
Le mot ΚΑΙΣΑΡΟΣ, de la troisième ligne, doit dépendre de la date exprimée ἔτους ou Γ., selon l’usage : dans ce cas les lettres ΘΜ ne pouvaient être guère autre chose que le commencement d’un des mois égyptiens, les seuls qu’on trouve dans les inscriptions grecques de la Cyrénaïque : ces lettres ne conviennent à aucun autre mieux qu’à ΦΑΜΕΝΩΘ. Ainsi la date était exprimée comme dans ces inscriptions d’Égypte et de Nubie, ἔτους ΛΑ Καίσαρος, Θωϋθ[446], ou bien ἔτους ~ΛΒ~ Καίσαρος, φαωφὶ[447], ou enfin L. ~ΛΑ~ Καίσαρος Παῦνι ΙΒ[448].
Il est impossible de savoir si le quatrième du mois a suivi le nom φαμενὼθ, ce qui importe peu, puisqu’il ne s’agit que d’une seule lettre ou deux au plus. Les mots Καίσαρος φαμενὼθ devant correspondre au milieu de la première ligne, il doit se trouver autant de lettres avant celle qui correspond à la première de Καίσαρος, ou des deux lettres numériques qui ont pu suivre ce mot, c’est-à-dire, après celle qui est au-dessus de la dernière de φαμενὼθ ; or, cette condition importante est exactement remplie par la restitution suivante fondée sur les observations qui précèdent.
· · · · · · · · · · · · · · +--------------------+ · · · · · · · · · · · · ·Πτολεμαιέων ὁ δῆμος ὁ φιλοσ|έβαϛος Ἀντωνίᾳ, Κλαυ|δίου Νέρωνος Δρούσου · · | |Γερμανικοῦ γυναικὶ. L..· · | | · · | Καίσαρος φα|μενὼθ... · · · · · · · · · · · · · · · +--------------------+ · · · · · · · · · · · ·
« Le peuple philosébaste de Ptolémaïs, à Antonia, femme de Claude Néron Drusus Germanicus. L’an... de César, au mois de phaménoth. »
PL. LXXV.
Inscriptions funéraires sans intérêt.
Contentons-nous de citer : Ἰουλία Πρόκλα, ἐπόησεν ἑαυτῇ καὶ τοῖς αὑτῆς.
PL. LXXVI.
Même observation que ci-dessus. On ne peut remarquer que celle-ci.
Γ. Ἰούλιος Στέφανος ἐπόησεν ἐξ ἀρχιδίων τὸν σηκὸν καὶ τὰν ἐξέδραν καὶ τὸν περίβολον ἐξ ἰδιᾶν δαπανᾶν, ἑαυτῷ καὶ τοῖς τέκνοις.
Caius-Julius-Stéphanus a fait construire des fondements ; le sécos, l’exèdre et l’enceinte à ses frais pour lui et ses enfants.
Ἐξ ἀρχιδίων, locution inconnue, doit avoir le sens de ἐξ ἀρχῆς, ἐκ θεμελίων : elle annonce la corruption de la langue.
PL. LXXVII.
Même observation.
PL. LXXIX (_bis_).
Tombeau où l’on distingue les mots L ~ΙΒ~ Φαρμουθὶ ~Δ~ Πραξαγόρα Θεανοῦς. « An XII, 4 de Pharmuti [tombeau] de Praxagoras fils de Théano. »
On remarquera la ligature qui, dans le mot Φαρμουθὶ, représente les deux lettres Φ Α.
Autre tombeau, sur la base duquel on lit cette inscription d’un style qui décèle un très-bas temps.
Κλα. Γαιανῷ καὶ συμβίῳ μου. Ἀπαγορεύω δὲ ἕτερόν τινα μὴ ἀνύξαι, μηδὲ θάψαι, ἐκτὸς εἰ μὴ παιδὶ αὐτοῦ· εἰ δ’ οὐ ἐκτείσει τῷ ταμείῳ ~Χ~ ~Α Φ~.
« A Claude Gaïanus et à mon épouse [ce tombeau appartient] : je fais défense à personne d’ouvrir ce tombeau, ni d’y enterrer quelqu’un, excepté mon fils : si non, il paiera au trésor 1500 deniers. »
Ἀνύξαι, pour ἀνοίξαι. On remarquera la faute ἐκτὸς εἰ μὴ, et le solécisme παιδὶ pour παῖδα. ϹΙΔΟΥΝ ne peut être que εἰ δ’ οὐ : le Ν est une faute du graveur.
No 1. Σήστιος Κάρπος καὶ Σηστία...... υνις ἐποίησαν ἑαυτοῖς καὶ τοῖς ἰδίοις τέκνοις.
« Sestius Carpus et Sestia.... ynis ont fait [ce tombeau] pour eux et leurs enfants. »
No 2. Tombeau d’une jeune fille de deux ans.
. . . . . . . . . . . ἐτῶν δύο ἐνθάδε κεῖται
ταύτης ὁ πατὴρ ἀπαγόρευε ταῦτα λέγων, ὃς ἂν ἀνύξῃ
τὸ λαρνάκιον τοῦ τόπου, καὶ θάψῃ τινὰ, εἰσοίσει τῷ
ἱερωτάτῳ ταμείῳ δηνάρια πεντακόσια· θάρσει
ἡρωΐς ! οὐδεὶς ἀθάνατος.
« . . . . . . . . . . . . . agée de deux ans, repose ici. Son père fait défense à qui que ce soit d’ouvrir la tombelle de cette sépulture, et d’y enterrer quelqu’un, à peine d’une amende de 500 deniers payables au trésor très saint.
Ne t’afflige pas, héroïne : personne n’est immortel. »
ὁ τόπος est le terrain concédé pour la sépulture, et τὸ λαρνάκιον, diminutif de λάρναξ, _la tombe_, comme on dit, le _sarcophage_, où le corps était renfermé. (ce diminutif manque aux lexiques.) ἀνύξη doit être par iotacisme pour ἀνοίξῃ de ἀνοίγειν, _ouvrir_ ; la formule θάρσει...... οὐδεὶς ἀθάνατος, est connue.
No 3. Μ. Οὔλπιος Ἐπίνικος αὑτῷ καὶ τοῖς ἰδίοις· καὶ Ὀλπία Ἀθηναῒς ἑαυτῇ καὶ τοῖς ἰδίοις.
« Μ. Ulpius Epinicus pour lui-même et les siens ; et Ulpia Athénaïs pour elle-même et les siens. »
No 4. ~LΒ~. Παοινὶ ~ΚΒ~. ἐτελεύτησε Κλαύδιος Δράκων. L. Κ Δ μηνῶν ~Γ~ ἁμερᾶν ~ΙΕ~.
L~Ε~ Ἀθὺρ ~ΚΕ~ ἐτελεύτησε Κλαύδιος Ἀχιλλᾶς L. ~ΚΔ~ μηνῶν ~Ι,~ ἁμερᾶν ~Ε.~
« L’an II, le XXII de Payni, est mort Claude Dracon, âgé de 24 ans, 3 mois, 15 jours.
L’an V, le 25 d’Athyr, est mort Claude Achillas, âgé de 24 ans, 10 mois, 5 jours. »
No 5. Δ. Πετρώνιος Ἐπαφρόδιτος ἑαυτῷ καὶ τοῖς ἰδίοις.
« L. Petronius Épaphrodite, pour lui et les siens. »
No 6. Sur le grand tombeau. Τελεσίδοτος Φλαβίου Ἀντωνίου Σύλλας.
« Télésidote Sylla fils de Flavius Antonius (Télésidote.) »
No 7. L’inscription doit se lire : Αὔλου Καττιλίου Καπίτωνος.
« tombeau d’Aulus Cattilius Capiton. »
No 15. Probablement. L ~ΙΕ~ χοιακ ~K~ Γναῖος Σαβεῖνος ἐτῶν ~KB~.
TEUCHIRA OU ARSINOE.
PL. LXXX à LXXXVI.
Les Inscriptions recueillies à Teuchira ne donnent que des noms propres. La seule qui mérite quelque attention est sur la PL. LXXXVI.
C’est un fragment d’un distique funéraire fort mutilé, qu’on pourrait essayer de lire ainsi :
Θευπρόπιος ἐνθάδε κεῖμαι, ὃς ἐν θνητοῖσιν ἄριστος,
ὀκτωκαιδεκέτης, ζῆσεν ἅπαντα σοφός·
Θευπρόπιος pour Θεοπρόπιος, orthographe fréquente dans les inscriptions du pays, reste de dorisme ; nom de trois syllabes par synérése.
Le milieu du vers est bien incertain ; ἐν θνητοῖσιν ou bien ἐν ζωοῖσιν ἄριστος est plus sûr. Dans une adespote on dit d’un jeune homme (ἀκμὴν νέος) qu’il était ἀγαθὸς ἐν ἅπασιν. (no 6956 ou bien _Anthol. Palat._, 11.817.) ὀκτωκαιδεκέτης est certain.
Le reste est problématique ; on pourrait lire ζῆσεν ἅπαντα σοφῶς, dont le sens serait meilleur encore ; ainsi ζήσας ὡς δεῖ ζῆν. (même épigramme.)
FIN.
[Note 394 : Les observations suivantes ont paru dans le Journal des Savans, mars, 1828.]
[Note 395 : CXXV, _Anal._ 1, 38. _Anth. Pal._ VII, 182. Il y en a encore une d’Érinne (no 3), une de Philippe de Thessalonique (no 79), et une de Parménion (no 13), qui ont quelque analogie avec celle-ci.]
[Note 396 : Villois _ad Long._ p. 303.]
[Note 397 : Pollux, III, 39.]
[Note 398 : N. LIV, _Anal._ II, 194. = _Anth. Pal._ tom. II, p. 679.]
[Note 399 : Pollux, III, 37.]
[Note 400 : V. 4.]
[Note 401 : _Adespot._ 703. = _Anth. Pal._ VII, 407.]
[Note 402 : No VI. _Anal._ II, 5. = _Anth. Pal._ VII, 487.]
[Note 403 : _Adesp._ 710, a. = _Anth. Pal. append._ 229. = Jacobs, _ad Anthol._ XII, p. 286.]
[Note 404 : _Anth. Pal._ VII, 567.]
[Note 405 : CXXIV, 6. _Anal._ I, 36. = _Ant. Pal._ VII, 468.]
[Note 406 : LXXVIII. _Anal._ II, 234. = _Anth. Palat._ VII, 554.]
[Note 407 : I, p. 13, l. 20. = III, p. 66, l. 8. Lips.]
[Note 408 : Pouqueville, _Voyage de la Grèce_ ; II, p. 53, 2e édit.]
[Note 409 : _Aves_, 1692.]
[Note 410 : _Alcest._ 925.]
[Note 411 : D’Orvill. _ad Chariton_. p. 258. Lips.]
[Note 412 : _Ap._ Plut. _in Agesil._ § 36. Athen. XV, p. 676, D. Conf. Boettiger’s _Sabina_, I, p. 228. Leipz. 1806.]
[Note 413 : _Mithrid._ § III.]
[Note 414 : _Anal._ I, p. 38 ; et Jacobs, t. VI, p. 139.]
[Note 415 : _Troad._ 544. = _Helen._ 170.]
[Note 416 : _Alcest._ 347. = _Herc. fur._ 684.]
[Note 417 : _Plut._ 528.]
[Note 418 : _Adespot._ 715. = _Anth. palat. app._ no 310. Agathias, à propos d’un enfant mort dans le ventre de sa mère, joue sur cette expression : χούφη σοι τελέθει γαϛὴρ, τέκος, ἀντὶ κονίης (ep. 78).]
[Note 419 : _Adesp._ 722. = _Anth. palat. app._ no 212.]
[Note 420 : _Alcest._ 462.]
[Note 421 : _Helen._ 860.]
[Note 422 : Hermann, _Elem. doctr. metr._ p. 28. = Neue _ad_ Sapph. _fragm._ p. 80, Berol. 1827.]
[Note 423 : _Adespot._ 692.]
[Note 424 : _Troad._ 335-337. Barn. = _Cf._ Seidler ad h. I.]
[Note 425 : I, 13, p. 74, édit. Boden.]
[Note 426 : No XIII, _Anal._ II, p. 203. = _Anth. Palat._ VII, 183.]
[Note 427 : No LXXIX, _Anal._ II, p. 234. = _Anth. Palat._ VII, 186.]
[Note 428 : Xénoph. Ephes. I, 8, p. 13, l. 14 : ἦγον τὴν κόρην εἰς τὸν θάλαμον, μετὰ λαμπάδων, τὸν ὐμέναιον ᾄδοντες.]
[Note 429 : _Adespot._ 703. = _Anth. Pal. app._ 225.]
[Note 430 : _Epigr. suprà laud._]
[Note 431 : _Anth. Palat._ VIII, 229.]
[Note 432 : Euripid. _Alcest._ 925.]
[Note 433 : V. 945.]
[Note 434 : Forme inconnue pour ἱερατεύω : on connaît déjà ἱερείτης et ἱερεῖτης.]
[Note 435 : Thrige, _Res Cyren._ p. 95. Hafn. 1828. — Pacho, _Voyage_, p. 217, 218.]
[Note 436 : _Rech. pour servir à l’hist. de l’Égypte_, etc., pag. 414.]
[Note 437 : Burckhardt, _Trav. in Syria_, pag. 115.]
[Note 438 : _Marm. Oxon._, no IX, l. 2.]
[Note 439 : Ap. Jos. _Ant. Jud._, XIV, 10, 23.]
[Note 440 : Vandale, _Dissert._, p. 627.]
[Note 441 : C’est le _Malchus_ syriaque ; l’autre nom est-il dans le même cas ?]
[Note 442 : Sur la réunion des mots σεβαστός et Αὔγουστος, voyez ce que j’ai dit dans l’analyse des Inscriptions de Vidua, p. 8.]
[Note 443 : Recherches pour servir à l’histoire de l’Égypte, p. 153.]
[Note 444 : Philo _ad Caïum_, p. 772 D, 778 D. — Inscr. dans Koehler, _Mon. de la reine Comosarye_, p. 68, 69.]
[Note 445 : Spanh. _Præst. num._ p. 52, 477, 520, 524.]
[Note 446 : Recherches, etc., p. 162.]
[Note 447 : Les mêmes, p. 164.]
[Note 448 : Les mêmes, p. 166.]
VOYAGE DANS LA MARMARIQUE, LA CYRÉNAÏQUE ET LES OASIS D’AUDJELAH ET DE MARADÈH,
=PAR M. J.-R. PACHO.=
* * * * * Planches. * * * * *
* * * * *
PARIS, LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT, PÈRE ET FILS, RUE JACOB, No 24. * * * * * 1828.
[Décoration]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Marmarique.
Pl. I.
VUE D’UN TEMPLE ANTIQUE À ABOUSIR.
_Pachò del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Marmarique.
Pl. II.
1.
RUINES D’UNE MOSQUÉE SITUÉE AUX ENVIRONS DU LAC MARÉOTIS.
2.
VUE D’UN ANCIEN PHARE À ABOUSIR.
_Pachò del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Marmarique.
Pl. III.
VUE DU CHATEAU LAMAÏD.
_Pachò del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Marmarique.
Pl. IV.
1.
VUE D’UN ÉDIFICE ANTIQUE À KASSABA ZARGHAH-EL-BAHARIÈH.
2.
VUE D’UN ÉDIFICE ANTIQUE À KASSABA ZARGHAH-EL-GHUBLIÈH.
_Pachò del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Marmarique.
Pl. V.
PLANS, COUPES ET DÉTAILS DE DIVERS MONUMENTS
_Pachò del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. VI.
VUE DU CÔTÉ ORIENTAL DE LA VILLE DE DERNE.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. VII.
GROTTES SÉPULCRALES, DITES KÉNNISSIÈH, SITUÉES AUPRÈS DE L’ANCIENNE DARNIS.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. VIII.
VUE D’UN PONT, DANS LE VALLON DE DERNE.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. IX.
1.
RUINES D’UN MAUSOLÉE, SITUÉ AUPRÈS DE L’ANCIEN VILLAGE D’HYDRAX.
2.
INTÉRIEUR DU CHÂTEAU EL-HARÂMI, SITUÉ DANS LA VALLÉE DE TARAKENET À L’OUEST DE DERNE.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. X.
RUINES D’ANCIENS THERMES SITUÉS DANS LA VALLÉE DE KOUBBÈH. 1, 2. COUPE ET PLAN DU FOND DE L’ÉDIFICE.
_Pachò del. Courtin min._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XI.
1, 2 ; VUE ET PLANS DE DEUX HYPOGÉES FUNÉRAIRES, SITUÉS DANS LA VALLÉE DE KOUBBÈH. 3, PLAN DU CHÂTEAU DE CHENEDIRÈH. 4, PLANS DES RUINES D’UN TEMPLE DE VÉNUS, SITUÉ AUPRÈS D’APHRODISIAS.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XII.
VUE DES GROTTES SÉPULCRALES DE MASSAKHIT.
_Pacho del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XIII.
PLAN ET INTÉRIEUR D’UN HYPOGÉE CHRÉTIEN, SITUÉ AUPRÈS D’APHRODISIAS.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XIV.
RUINES D’UN CHÂTEAU ANTIQUE, SITUÉ DANS LA PLAINE DE CHENEDIRÈH, ENTRE LES ANCIENNES VILLES D’ERYTHRON ET DE LIMNIADE.
_Pacho del. Courtin min._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XV.
1.
VUE DU KASSR SENNIOU.
2.
CIMETIÈRE ANTIQUE À SAFFNÈH.
_Pachò del._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Cyrénaïque.
Pl. XVI.
VUE D’UN GRAND MONUMENT FUNÉRAIRE, SITUÉ DANS LES ENVIRONS DU GOLFE NAUSTATHMUS.
_Pachò del. Courtin min._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Cyrénaïque.
Pl. XVII.
VUE DES MONUMENTS FUNÉRAIRES SITUÉS DANS LA PLAINE DE ZAOUANI.
_Pachò del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XVIII.
VUE D’UN PETIT MAUSOLÉE, SITUÉ DANS LES ENVIRONS DU GOLFE NAUSTATHMUS.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XIX.
COUPES, PLANS ET DÉTAILS DES MONUMENTS SÉPULCRAUX DE ZAOUANI.
_Pacho del. Courtin min._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XX.
RUINES D’UN ÉDIFICE ANTIQUE NOMMÉ GHABOU-DJAUS.
_Pacho del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXI.
RUINES DU CHÂTEAU DIOUNIS, SITUÉ DANS LA PLAINE DE L’ANCIENNE THINTIS.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXII.
VUE DES RUINES DE DJABORAH.
_Pacho del._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Cyrénaïque.
Pl. XXIII.
VUE DE LA PARTIE SEPTENTRIONALE DES RUINES DE GHERNÈS.
_Pachò del. Courtin min._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXIV.
VUE D’UN TOMBEAU CIRCULAIRE, SITUÉ SUR UNE COLLINE AUPRÈS DE GHERNÈS.
_Pacho del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXV.
PLANS ET COUPES DE DIVERS MONUMENTS DE LA CYRÉNAÏQUE ET DE L’OASIS D’AUGILES.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXVI.
VUE DE MARSAH-SOUZA, ANCIEN PORT DE CYRÈNE.
_Pacho del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXVII.
COLONNES ET CHAPITEAUX DE DIVERS TEMPLES DE LA CYRÉNAÏQUE.
_Pacho del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXVIII.
RUINES DU QUAI D’APOLLONIE.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXIX.
VUE D’UN GROUPE D’HYPOGÉES FUNÉRAIRES, SITUÉS DANS UNE VALLÉE, ENTRE CYRÈNE ET APOLLONIE.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXX.
PREMIÈRE VUE DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXXI.
COUPES ET DÉTAILS DES FAÇADES DE LA PLANCHE XXX.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXXII.
DEUXIÈME VUE DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXXIII.
TROISIÈME VUE DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Pacho del. Courtin min._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Cyrénaïque.
Pl. XXXIV.
COUPES ET DÉTAILS DES FAÇADES DES PLANCHES XXXII ET XXXIII.
_Pacho del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Cyrénaïque.
Pl. XXXV.
QUATRIÈME VUE DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Pachò del. Courtin min._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXXVI.
COUPES ET DÉTAILS DE LA FAÇADE DE LA PLANCHE XXXV, ET D’UN TOMBEAU, SITUÉ DANS LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Pachò del. Courtin min._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXXVII.
CINQUIÈME VUE DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXXVIII.
PLAN ET COUPE DES HYPOGÉES DE LA PLANCHE XXXVII.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XXXIX.
COUPE DE L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
COUPE DE L’ENTRÉE DES GROTTES DITES KENNISSIÈH ; NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Pacho del._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XL.
SIXIÈME VUE DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Pacho del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XLI.
COUPES ET DÉTAILS DES FAÇADES DE LA PLANCHE XL.
_Pacho del._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Cyrénaïque.
Pl. XLII.
SEPTIÈME VUE DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Pachò del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Cyrénaïque.
Pl. XLIII.
HUITIÈME VUE DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Pachò del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XLIV.
COUPE ET DÉTAILS DE L’INTÉRIEUR D’UNE DES GROTTES SÉPULCRALES DE LA PLANCHE XLIII.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XLV.
VUE D’UN TOMBEAU SITUÉ À L’EXTRÉMITÉ ORIENTALE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Pacho del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XLVI.
1, COUPE DU TOMBEAU, SITUÉ À L’EXTRÉMITÉ ORIENTALE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE ; 2, FAÇADE D’UN AUTRE TOMBEAU.
_Pacho del._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Cyrénaïque.
Pl. XLVII.
COUPES DE DEUX FAÇADES DES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Pachò del. Courtin min._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Cyrénaïque.
Pl. XLVIII.
PLANS DE DIVERSES GROTTES DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Pachò del. Courtin min._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XLIX.
PEINTURE TROUVÉE DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE ; PAROI b.
_Pacho del._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. L.
CONTINUATION DE LA PEINTURE TROUVÉE SUR LA PAROI b D’UNE GROTTE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Pacho del._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Cyrénaïque.
Pl. LI.
PEINTURE TROUVÉE DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Pachò del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LII.
1.
2.
PEINTURES TROUVÉES DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE : 1, PAROI d ; 2, PAROI d, x.
_Pacho del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LIII.
1.
2.
PEINTURES TROUVÉES DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE : 1, PAROI c ; 2, PAROI a.
_Pacho del._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LIV.
PEINTURE TROUVÉE SUR LA FRISE D’UN TOMBEAU, À CYRÈNE.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LV.
INTÉRIEUR D’UNE GROTTE SÉPULCRALE CHRÉTIENNE : NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Cyrénaïque.
Pl. LVI.
VUE D’UN SARCOPHAGE, DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE À CYRÈNE.
_Pachò del._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LVII.
FRAGMENTS DE SARCOPHAGES EN MARBRE.
_Pacho del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LVIII.
SARCOPHAGE, SITUÉ DANS L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE, PRÈS DE LA FONTAINE D’APOLLON, À CYRÈNE.
_Pacho del._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LIX.
TORSE COLOSSAL EN MARBRE, PARMI LES RUINES DE CYRÈNE.
_Pacho del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LIX.
1, PLAN DES RUINES D’UN TEMPLE, SITUÉ À PTOLÉMAÏS ; 2, D’UNE ANCIENNE CASERNE DE LA MÊME VILLE ; 3, D’UN CHÂTEAU SARRASIN, SITUÉ SUR LA ROUTE QUI CONDUIT DE CYRÈNE À PTOLÉMAÏS.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pachò ; Cyrénaïque.
Pl. LX.
BAS-RELIEF ET TÊTES EN MARBRE, PARMI LES RUINES DE CYRÈNE.
_Pachò del._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXI.
PLAN D’UN HYPOGÉE SÉPULCRAL, DIT KENNISSIÈH (_LES ÉGLISSES_) FAISANT PARTIE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXII.
INSCRIPTIONS TROUVÉES À CYRÈNE.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXIII.
INSCRIPTIONS TROUVÉES À CYRÈNE.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXIV.
INSCRIPTIONS TROUVÉES DANS L’INTÉRIEUR D’UN SANCTUAIRE, À CYRÈNE.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXV.
INSCRIPTIONS TROUVÉES À CYRÈNE.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXVI.
INSCRIPTIONS TROUVÉES À CYRÈNE.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXVII.
VUE DU CHÂTEAU DE BÉNÉGDEM, SITUÉ SUR LA ROUTE DE CYRÈNE À PTOLÉMAÏS.
_Pacho del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXVIII.
VUE DES RUINES D’UN TEMPLE, À PTOLÉMAÏS.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXIX.
VUE DES RUINES DE LA PORTE OCCIDENTALE DE PTOLÉMAÏS.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXX.
VUE DES MONUMENTS FUNÉRAIRES, SITUÉS À L’OUEST DES RUINES DE PTOLÉMAÏS.
_Pacho del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXI.
PLAN, COUPE INTÉRIEURE ET DÉTAILS DU GRAND TOMBEAU SITUÉ À L’OUEST DE PTOLÉMAÏS.
_Pacho del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXIII.
INSCRIPTION GRAVÉE SUR UNE CASERNE ANTIQUE À PTOLÉMAÏS.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXIV.
INSCRIPTIONS DE PTOLÉMAÏS.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXV.
INSCRIPTIONS DE PTOLÉMAÏS.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXVI.
INSCRIPTIONS DE PTOLÉMAÏS.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXVII.
INSCRIPTIONS DE PTOLÉMAÏS.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXVIII.
INSCRIPTIONS DE PTOLÉMAÏS.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXIX.
INSCRIPTIONS GRAVÉES SUR DES TOMBEAUX DE PTOLÉMAÏS.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXX.
INSCRIPTIONS TROUVÉES À TEUCHIRA.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXXI.
INSCRIPTIONS TROUVÉES À TEUCHIRA.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXXII.
INSCRIPTIONS DE TEUCHIRA.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXXIII.
INSCRIPTIONS DE TEUCHIRA.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXXIV.
INSCRIPTIONS TROUVÉES À TEUCHIRA.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXXV.
INSCRIPTIONS DE TEUCHIRA.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXXVI.
INSCRIPTIONS TROUVÉES À TEUCHIRA.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXXVII.
ENCEINTE DE L’ANCIENNE VILLE DE TEUCHIRA.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXXVIII.
VUE D’UNE GROTTE SÉPULCRALE, APPARTENANT AU MOYEN ÂGE, ET FAISANT PARTIE DE LA NÉCROPOLIS DE CYRÈNE.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. LXXXIX.
RUINES D’UN GRAND MONUMENT SARRASIN, À LADJEDABIAH.
_Pacho del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XC.
VUE D’UN CHÂTEAU SARRASIN À LADJEDABIAH.
_Pacho del. Courtin min._
_Adam sculp._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Audjelah.
Pl. XCI.
VUE D’UN VILLAGE EN BRANCHES DE PALMIERS, À L’OASIS DE MARADÈH.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Audjelah.
Pl. XCII.
VUE DE L’OASIS DE LECHKERRÈH, VOISINE D’AUGILES.
_Courtin del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XCIII.
NÉGRESSES DU SOUDAN.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Audjelah.
Pl. XCIV.
DROMADAIRE BICHARIÈH, AVEC SES HARNAIS NUBIENS.
_Adam fils del._
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Audjelah.
Pl. XCV.
CÉRASTE.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XCVI.
GERANIUM UNIFLORUM (_n. s._)
ORNITHOGALUM SESSILE.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XCVII.
SENECIO ORIENTALIS. – ECHIUM CYRENAICUM.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XCVIII.
STACHYS LATIFOLIA. – EUPHRASIA CYRENAICA.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. XCIX.
RANUNCULUS ASIATICUS.
_Adam sc._]
[Illustration :
Voyage de M. Pacho ; Cyrénaïque.
Pl. C.
NOUVEAU GENRE DE LA FAMILLE DES CYPRÈS. _Il croit auprès de la Fontaine d’Apollon._
_Adam sc._]
Note du transcripteur :
Dans le tome du texte :
Le Yāʾ sans points ى a été transcrit comme Yāʾ ي.
Les caractères surlignés dans la source sont ici entourés de ~.
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Page xvii, " dévouement des deux frères Philœnes " a été remplacé par " Philænes "
Page 41, " à monter l’_Akabah_ et _Soloum_ " a été remplacé par " l’_Akabah el Soloum_ "
Page 57, " 27° 34″ 30″ jusqu’au 20° 49″ de longitude " a été remplacé par " 27° 34′ 30″ jusqu’au 20° 49′ "
Page 75, " _bammièh_ et les _melloukhièk_ " a été remplacé par " _melloukhièh_ "
Page 106, note 124, " carte de l’empire romain de Danville " a été remplacé par " d’Anville "
Page 128, note 155, " Specimen Hist. arab. ed. Vhite " a été remplacé par " White "
Page 146, " d’_Hiarah_[174] " a été remplacé par " [175] "
Page 155, note 180, " ORIENS, Christ. t. II, p. 630. " a été remplacé par " Oriens Christ. "
Page 161, note 183, " ORIENS, Christ. " a été remplacé par " Oriens Christ. "
Page 179, note 222, " Voyez pl. LXVIII ; LIX, fig. 1 ; LXXII. " a été remplacé par " LXXI. "
Page 184, " Parœtonium " a été remplacé par " Parætonium "
Page 184, " la belle enceinte de _Teuhira_ " a été remplacé par " _Teuchira_ "
Page 218, " au temple d’Apollon[273] " a été remplacé par " [274] "
Page 229, " marbre richement sculpté[287] " a été remplacé par " [286] "
Page numérotée 232 après la page 233 changée en 234.
Page 242, Deuxième ref. à note 312 et ref. à note 313 changées à 313 et 314, respectivement.
Page 243, " Barcah s’abtiennent de boire " a été remplacé par " s’abstiennent "
Page 249, " de Libye _siphifère_ " a été remplacé par " _silphifère_ "
Page 252, " les Cyrénéens à l’emperenr Néron " a été remplacé par " l’empereur "
Page 281, note 385, " SOLIN. Polysth. " a été remplacé par " Polyhst. "
Page 285, 286, 288, 291, " Parœtonium " a été remplacé par " Parætonium "
Page 286, " ANTIPHRŒ " a été remplacé par " ANTIPHRÆ "
Page 286, " APOLLONIUS DE RHODES, cité, 281, " a été remplacé par " 221 "
Page 288, " BOMBŒA " a été remplacé par " BOMBÆA "
Page 293, " de la ville de Cyrène, 322, 224. " a été remplacé par " 223, 224. "
Page 293, " HERMŒA EXTREMA " a été remplacé par " HERMÆA "
Page 294, " HIERŒA " a été remplacé par " HIERÆA "
Page 295, " LŒA " a été remplacé par " LÆA "
Page 299, " PLATÉE [...] 54, 36, note. " a été remplacé par " 54, 86, note. "
Page 300, " même qne celle dont parle Hérodote " a été remplacé par " que "
Page 309, " considérable de son commmerce d’exportation " a été remplacé par " commerce "
Page 371, " l’aspect qu’offrent en Cynéraïque un grand " a été remplacé par " Cyrénaïque "
Page 383, " _Cette dernière porte par erreur le no LXXVIII._ " a été remplacé par " LXXIX "
Page 385, " ils paient un tribu au pacha de Tripoli " a été remplacé par " tribut "
Page 391, note 427, " p. 234. — _Anth. Palat._ " a été remplacé par " p. 234. = _Anth. Palat._ "
Page 396, Ajouté ) après " ἀγαθῇ τύχῃ "
Page 401, " Γερμανικου " avec un accent circonflexe sur omicron a été remplacé par " Γερμανικοῦ "
L'ERRATA pour le VOCABULAIRE DU LANGAGE DES HABITANTS D’AUDJELAH a été appliqué.
De plus, quelques changements mineurs de ponctuation ont été apportés.
Autrement, la plupart des variations orthographiques ont été laissées telles quelles.
Dans le tome de planches ou atlas :
Dans la planche IX la Fig. 1 est devenue la Fig. 2 et viceversa.
La première planche numérotée LXXIX a été changée en LXXVIII.