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CHAPITRE PREMIER

DE PARIS A SAINT-PÉTERSBOURG.

En chemin de fer. -- Berlin. -- Difficultés à la douane russe. -- Aspect de la Petite-Russie. -- Soirée sur la Néva.

Je me décidai en l’année 1873 à passer mon hiver en Sibérie, et à gagner Pékin par la Mongolie et le désert de Gobi au printemps de l’année suivante. Bien des personnes, je me l’imagine, seront tentées de me demander: Pourquoi cette décision? Pourquoi ce choix de la saison d’hiver? Pourquoi..... pourquoi? A ces curieux je répondrai: J’avais vu la Nubie et la mer Morte en été; je voulais voir la Sibérie sous son manteau de glace. J’aime à visiter chaque pays dans sa saison typique, comme on désire voir chaque homme dans l’exercice de sa spécialité. Un pays chaud, l’hiver, ou un pays froid, l’été, font songer à un officier de hussards transporté sur le pont d’un bateau, ou à un marin en fantaisie d’équitation.

Une pareille décision prise, on peut dire que le voyage commence immédiatement. La toile se lève, le spectacle apparaît. Chacun vous accoste avec une question différente relative à ses idées ordinaires, à ses occupations habituelles. Le médecin vous demande: Avez-vous bonne santé? Le pharmacien: Avez-vous de la quinine? D’autres, suivant leur caractère: Avez-vous un passe-port, un revolver, des cartes, une lorgnette, des lettres de crédit, une ceinture à or, de bonnes valises? que sais-je? de quoi n’affublerait-on pas le voyageur!

Le 25 octobre, à huit heures du matin, je quittai la gare du Nord. Je ne voudrais pas faire en ce moment une description de Saint-Denis, de Chantilly, de Compiègne, et pourtant je le devrais si j’étais sincère. J’avais souvent traversé ces villes, mais mes impressions ce jour-là étaient toutes neuves. J’étais déjà touriste et je les regardais en touriste, tandis qu’autrefois je ne les regardais pas du tout.

Ces observations prématurées furent interrompues par l’embarras que me causa la question d’un voyageur bavard. Ce voyageur était un Belge (rien n’est liant comme un Belge): «Où allez-vous, monsieur? Vois-tu, moi je vais jusqu’à Cologne; c’est un très-long voyage, savez-vous? et j’aime assez causer pour faire passer ces douze longues heures de wagon. -- Moi aussi je vais à Cologne. -- Ah! vous allez à Cologne? Est-ce pour acheter des chevaux? Moi j’y vais pour cela. J’ai l’habitude d’acheter mes chevaux en Prusse. -- Je n’y vais pas pour cela. -- Pourquoi alors? -- Mon Dieu, pour en repartir, car je vais à Berlin. -- Ah! vous allez à Berlin; pourquoi donc allez-vous à Berlin? Personne ne va là, ni les touristes ni les gens d’affaires. -- J’y vais pour en repartir encore, car de là j’irai à Pétersbourg».

Ses questions se succédèrent ainsi jusqu’au moment où, d’étape en étape, nous eûmes achevé le tour du monde. Sa bonne face flamande prit alors une expression de grotesque ébahissement. Il ne retrouva la parole qu’après quelques instants, pour s’écrier en laissant tomber son poing sur l’appui de la banquette et ouvrant une large bouche: «Ah! tu fais le tour du monde! -- C’est pourquoi, lui ajoutai-je, ce n’est pas à Cologne que je compte acheter des chevaux».

Cette conversation et la distraction qu’elle me causa m’empêchèrent de saluer du regard une petite demeure qui me fut souvent hospitalière: dernier souvenir de la famille et de l’amitié. J’étais dès lors bien décidément errant et isolé.

Je ferai grâce au lecteur d’une description de la Prusse, de ce pays-caserne, négation de tous les arts, de toutes les grâces, de tous les charmes.

Dès qu’on a dépassé Cologne et le Rhin, petit coin privilégié de cette triste contrée, on parcourt un plateau indéfini sans pittoresque et sans intérêt. Berlin ne rachète par aucune beauté artistique son ingrate situation. Les rues sont mal pavées. D’énormes fossés qui séparent la chaussée des trottoirs offrent aux voitures un danger permanent, et exhalent une odeur infecte, remplis qu’ils sont d’eau sale et de détritus de toutes sortes.

Ce qui saisit dans cette ville, c’est une impression générale de tristesse. On a cherché dans tous les monuments à imiter le grec dorique et on n’y a que trop réussi. Je ne m’explique pas que les Prussiens aient adopté ce style froid et plus sépulcral encore que le style égyptien, sous un climat terne et presque aussi brumeux que celui de la vieille Angleterre.

Le ciel même est lugubre comme les monuments. Dans les lieux de réjouissance, dans la salle de l’Opéra par exemple, ils ont remplacé le style dorique par le style corinthien, c’est-à-dire le deuil par le demi-deuil. Les couleurs nationales, blanches et noires, répandues partout à profusion, complètent le caractère funèbre.

On est tenté de dire à tous les passants: Frère, il faut mourir! J’ai préféré dire en m’adressant à moi-même: Ami, il faut partir. C’est la grande force des voyageurs: on s’ennuie, on s’en va.

Je n’ai remarqué que le péristyle du musée, sorte de mausolée peint à fresque par Schinkel, et deux statues en bronze placées à l’entrée de ce monument.

Une grande avenue, appelée les Tilleuls, conduit du musée à la promenade extérieure. C’est la plus belle voie de Berlin, mais je n’aime pas la couleur mêlée de fer et de safran qui revêt toutes les maisons de ce boulevard. On dirait un double rang de charbonniers mal débarbouillés et affectés de la jaunisse.

Je ne veux pas blâmer le monument élevé par les Prussiens en souvenir de leurs dernières victoires, pour ne pas être accusé de partialité. Je dirai seulement que les canons employés comme trophées sont suspendus trop haut dans les cannelures de l’immense colonne qui les supporte. Ils paraissent si petits vus d’en bas qu’il est impossible de les prendre pour ce qu’ils sont. Je ne peux mieux comparer ce monument quant à l’effet général qu’à un porte-cigares incomplètement garni.

Je ne veux pas quitter cette capitale sans dire un mot de l’agréable soirée que j’ai passée à l’ambassade de France. J’ai eu l’honneur d’être reçu par M. le vicomte de Gontaut-Biron dans les anciens salons de Talleyrand et de Chateaubriand. Habité par M. de Gontaut, ce palais hospitalier peut à bien juste titre porter la dénomination de maison de France sous laquelle il est populairement connu. J’y trouvai la légendaire courtoisie française, représentée par le plus aimable des grands seigneurs. Je respirai là pour la dernière fois jusqu’à Pékin l’atmosphère de mon pays, car lors de mon passage à Pétersbourg, l’ambassade y était un peu en désarroi.

Le lendemain, le train express m’emporta vers la frontière russe.

Il y a en ce monde bien des frontières, matérielles ou morales, définies ou vagues, gardées ou libres. A la frontière de chaque État est une douane, et le caractère de cette douane dénote ordinairement celui du peuple chez lequel on pénètre.

Dans la libre Angleterre, l’accès est facile: aucune mesure vexatoire.

En France, les gardiens de la frontière s’occupent surtout du nom qu’on porte: pays de la révolution, pays de la police.

Dans la pittoresque Espagne, indulgence des douaniers en faveur de la contrebande pour plus de couleur locale.

A la douane d’Italie, terre classique du brigandage, l’agent du fisc vide consciencieusement les caisses, et n’y replace pas tous les objets..... au moins à la même place.

Aux douanes orientales, il suffit pour éviter bien des ennuis de donner dix francs à l’employé qui parfois réclame davantage: c’est la région de l’arbitraire.

Mais à la douane de cet empire colosse, au budget si chargé, le fisc est surtout préoccupé de remplir la caisse publique.

L’arrivant y doit d’abord prouver son identité par la production d’un passe-port visé à tous les consulats des lieux qu’il a traversés. Ce passe-port lui est rendu portant un mot tracé par derrière. Ce mot laisse tout voyageur novice dans la plus complète indécision: il est écrit en russe, et mal écrit en russe, dans cette langue qu’il est permis, je dirai plus, qu’il est de bon goût, même en Russie, de ne pas connaître.

Quand je reçus mon passe-port, taché du mot fatal, mon embarras fut grand. Je me promenai de long en large dans la salle d’attente, montrant mon mot à tous les passants. Ceux-ci me regardaient avec étonnement et s’éloignaient sans me donner la moindre explication. -- J’entendis enfin parler français, près de moi, par un monsieur chez lequel des moustaches démesurément longues et des favoris noirâtres à pointes blanches, semblables à la fourrure du renard bleu, dénotaient une nationalité septentrionale. Je m’empressai de le questionner, et j’appris que ce mot fatal était le nom du douanier chargé de visiter mes malles. Non sans peine je trouvai mon homme, qui heureusement parlait français. «Monsieur, me dit-il, qu’avez-vous à déclarer? -- Rien, répondis-je avec toute la franchise de l’innocence; ce que j’emporte sert à mon usage personnel, et si vous me voyez de gros bagages c’est que je pars pour longtemps et pour un lointain voyage. -- Veuillez ouvrir.» J’ouvre, convaincu que tout allait se bien passer. «Ce sont mes effets, lui dis-je, je n’ai que des habits dans celle malle. -- Voici un pantalon qui paraît neuf. -- Je l’ai depuis trois ans. -- Cependant il paraît neuf. -- Cela fait mon éloge; vous voyez que j’use peu, lui répliquai-je avec gaieté. -- Mais il paraît trop neuf; nous allons le peser; ça paye.» Mon supplice commença. Il plaça dans les balances tous les habits qui n’étaient pas usés. «Qu’est ceci? -- Des cahiers de notes. -- Il n’y a rien d’écrit? -- Rien encore.» Et paf! dans les balances. Le misérable ne s’en tint pas là. Je dus ouvrir la caisse où j’avais fait emballer à Paris, avec le plus grand soin, tout mon gréement de chasse et les objets dont je ne comptais me servir qu’en Sibérie. Constatant ses implacables intentions, je le suppliai de mettre la caisse tout entière dans la balance, préférant payer plus cher et ne pas porter le désordre dans un si artistique rangement. Ah! bien oui! Ce monsieur était trop oriental pour renoncer au plaisir d’examiner des objets parisiens. Tout fut déplié, déballé, et placé dans la fatale balance. J’enrageais.

Au milieu de ce tourment j’eus un éclair de joie mauvaise. J’avais emporté une boîte énorme de poudre insecticide pour les besoins d’un voyage prolongé en Asie. La boîte s’ouvrait difficilement. Le douanier s’efforce inutilement d’abord; enfin le couvercle cède brusquement: la poudre lui saute au visage, lui entre dans les yeux, dans la bouche, dans les narines et se répand sur ses habits. «Qu’est cela? me dit-il. -- Un poison très-violent, lui répondis-je avec un effroi simulé.» Il pâlit et fixa immédiatement l’entrée de mes effets au maximum de la taxe. Je tirai de ma poche des louis d’or.

Mais, hélas! la Russie, le pays qui produit à présent le plus d’or, est celui où il a le moins cours comme monnaie. Je dus aller changer mes pièces de 20 francs contre des roubles en papier; et je payai ainsi à cette douane plus de 100 francs pour qu’on laissât entrer mes vieux habits auxquels je ne croyais plus de valeur, et mes cahiers de notes que je n’eus pas le courage d’abandonner, parce qu’ils étaient pour moi les seuls compagnons auxquels je pusse confier mes impressions de voyage.

Avant de remonter dans le train, je m’adresse à un marchand de journaux: Avez-vous le _Figaro_? -- Oui, monsieur. -- Combien? -- Trente copecks (vingt-cinq sous). -- Alors donnez-moi un journal du pays imprimé en français. -- Voici, monsieur, le _Journal de Pétersbourg_. -- Combien? -- Quinze copecks (douze sous). -- Mais pourquoi est-il si cher, imprimé en Russie? -- C’est que, monsieur, il y a chez nous des droits énormes sur la fabrication du papier. «Franchement, ce genre d’impôt est à mon avis assez appréciable. Les Russes doivent être ainsi préservés de la démangeaison de paperasser, qui est, hélas! si répandue chez nous. Et puis, plus tard, quand le suffrage universel apparaîtra en Russie, qui sait si le prix exorbitant du papier n’empêchera pas les candidats de distribuer des bulletins de vote, et les électeurs de s’en procurer à leurs frais? L’exercice de cette souveraineté moderne sera alors la cause d’une dépense.

Un pareil état de choses fera peut-être succomber et disparaître le suffrage universel, si juste et si séduisant en théorie, mais qui, sans contredit, paraît plus que grotesque à ceux qui ont eu l’occasion de le voir fonctionner de près, surtout dans les campagnes. Cette première aventure me réconcilia avec l’administration de cet immense pays, presque avec sa douane, et je grimpai dans mon wagon où deux poêles entretenaient une température sénégalienne, bien qu’il ne gelât pas encore; je m’installai dans un des immenses fauteuils dont ils sont garnis et qui, à l’aide d’une mécanique, deviennent la nuit des sortes de lits où l’on n’est pas trop mal, et j’attendis le signal du départ pour me rendre compte de l’aspect du pays et des opinions de mon journal.

L’existence du _Journal de Pétersbourg_ en Russie est à la vérité chose incompréhensible. Cette feuille rêve la République universelle. A son dire, ce genre de gouvernement pourrait seul sauver la France, fortifier le commerce en Angleterre, rétablir les finances italiennes, rendre la paix à l’Espagne, organiser une armée en Turquie, peut-être même faire naître la gaieté en Prusse. Il est vrai que ce journal défend à grands cris la monarchie russe; car lorsque le nom d’un prince de la famille régnante figure dans ses colonnes, ce n’est que précédé de titres et d’appellations interminables et pompeuses. Le _Journal de Pétersbourg_ et _l’Indépendance belge_ sont, à mon avis, deux feuilles indignes de la langue qu’elles parlent; d’abord à cause de leur attachement pour l’Allemagne, qui leur dicte en français des opinions contraires aux intérêts français, et ensuite parce qu’ils prêchent la République française, quand ils sont témoins tous les jours des bienfaits prodigués à leurs pays respectifs par des gouvernements monarchiques. Hélas! ce n’est ni aveuglement ni manque d’intelligence qui les fait agir de la sorte; c’est, il faut bien le reconnaître, jalousie et haine contre notre pauvre pays. Je déchirai la feuille en quatre et, maudissant les hommes, je me mis à considérer la nature.

La nature, elle aussi, semble témoigner des sentiments: la dureté ou la bienveillance; la douleur ou la gaieté; la passion ou le calme; elle peut être accessible ou impénétrable, plaintive ou résignée. La partie de la Russie qui sépare Wilna de Pétersbourg n’offre aucun de ces caractères; elle est seulement mélancolique. Quand je la traversai, l’absence de neige, de soleil, de feuilles aux arbres, lui imprégnait encore davantage cette physionomie qui lui est propre: des forêts indéfinies qui ne sont plus taillis sans être encore futaies, rendues impénétrables, surtout en automne, par la nature marécageuse du sol; de longues ondulations de terrain semblables à ce que serait une houle monstrueuse dans un océan sans bords, et qui reculent l’horizon à des distances énormes; l’apparition à de très-rares intervalles de quelques habitations dont la présence en pareil lieu serre le cœur plus encore qu’une solitude absolue; voilà ce qui s’offre à la vue du voyageur à son entrée en Russie: immensité, impénétrabilité, silence.

Il est vrai que l’automne est la saison la moins favorable pour visiter la Russie; c’est en quelque sorte la période d’inertie pour toute cette race répandue sur une immense étendue et dont le caractère particulier est le besoin d’une locomotion rapide et continuelle. Le terrain est devenu en automne trop marécageux pour les voitures à roues et le traînage n’est pas encore établi. Bientôt la neige tombant en abondance permettra le mode de transport préféré des Russes, et le froid intense, dissipant les nuages, donnera au grand manteau blanc un brillant et un éclat tout particuliers.

Hâtons-nous d’arriver à Pétersbourg, dont je parlerai peu ainsi que de Moscou, parce que j’ai à décrire des choses plus éloignées et beaucoup moins connues: quand on a une longue route à parcourir, il ne faut pas s’attarder dans les premières étapes, de peur de trop sentir les difficultés de l’entreprise et de renoncer à son projet. Je descendis à l’_hôtel de France_, et presque aussitôt je sortis à pied sans but. Il était six heures du soir. Le jour était tout à fait tombé. Une température douce et fraîche invitait à la marche. Le ciel était serein et la lune brillait d’un vif éclat. C’était une de ces belles soirées décrites par Joseph de Maistre, bien que nous fussions en novembre. Le hasard me conduisit vers la Néva. Je m’en réjouis, car je pus contempler d’un pont de bateaux jeté sur elle un spectacle vraiment magnifique. Ce n’est pas un fleuve, c’est plutôt un bras de mer. Large comme quatre ou cinq fois la Garonne à Bordeaux, elle fait un coude au milieu de la ville, qui a la coquetterie d’exposer à ses regards ses plus belles richesses architecturales. Le palais de l’Empereur, le Sénat, la forteresse, l’Ermitage, l’Académie des beaux-arts sont bâtis sur ses bords, ainsi qu’une quantité énorme d’églises dont chacune est surmontée de cinq ou six dômes byzantins.

Au moment dont je parle, les rayons de la lune rejaillissaient sur tous ces dômes dorés, et ce beau feu d’artifice se reflétait dans l’eau; la coupole aussi dorée et majestueuse de la cathédrale d’Isaac dominait toutes les autres et les surpassait en éclat. Des barques noires, rappelant un peu, à cette heure de la nuit, les gondoles vénitiennes, passaient et repassaient dans les longues traînées lumineuses répandues sur le fleuve: tout ce grand déversoir du lac Ladoga coulait à plein bord, avec rapidité mais sans bruit, car rien ne s’opposait à son passage. Seules, des cloches, qu’on pressentait énormes à cause de leur son grave, majestueux et prolongé, rompaient le silence religieux de cette nature par un appel à la prière. C’était grandiose et c’était pieux. Dans cette soirée de Pétersbourg, Dieu se montrait à l’homme par l’éclat de son ciel et le silence des nuits; l’homme se rappelait à Dieu par la hauteur de ses églises et le cri plaintif de ses clochers.

Je savais devoir peu jouir de la Russie sous cet aspect de la saison tempérée. Peu après, la Néva devait être arrêtée par le froid; les dômes des églises devaient être recouverts d’une épaisse couche de neige; bientôt je ne devais plus pouvoir considérer ce pays que sous son linceul d’hiver. Je restai donc longtemps à contempler ce spectacle, qui, en outre, de sa beauté réelle avait encore à mes yeux la valeur d’une chose de peu de durée.