CHAPITRE XVI
LA LOI HOMICIDE
Assise sur la table, la petite Isabelle leva les yeux vers Billy et éclata de rire, puis le rire s’acheva en demi-gémissement et Billy s’aperçut que ses doigts s’étaient crispés sur la petite épaule au point de lui faire mal. Il tirailla les cheveux de l’enfant pour ramener sa bonne humeur et la déposa par terre. Ensuite il se dirigea vers la porte entrebâillée. Il faisait calme dans la chambre obscure. Il écouta pour saisir un soupir ou un sanglot et n’entendit rien.
Un rideau était tiré devant l’unique fenêtre et il ne pouvait que voir à peine parmi l’ombre plus dense là où Isabelle était étendue sur le lit. Son cœur battit plus vite tandis que doucement il appelait le nom d’Isabelle. On ne répondit pas. Il regarda derrière lui. La petite Isabelle avait trouvé quelque objet sur le plancher et jouait. De nouveau il appela la mère et de nouveau il ne reçut pas de réponse. Il fut saisi d’une sorte de terreur. Il désirait s’avancer jusqu’à l’ombre opaque et s’assurer que la malade respirait, mais une main semblait le retenir. Alors, le transperçant comme un coup de poignard, lui arrivèrent de nouveau ces mots assourdis et plaintifs d’accusation:
--C’est vous... c’est vous... c’est vous!
Et dans ces mots, tout assourdis et gémissants fussent-ils, il reconnut quelque chose de la folie de Pelletier.
C’était le délire. Il recula d’un pas et se passa la main sur son front. Son front était humide, mouillé de sueur froide. Il sentait une douleur aiguë à l’endroit où il avait reçu le coup et un éblouissement passager le fit chanceler. Alors, d’un formidable effort, il se ressaisit et retourna vers la petite fille. Et comme il traversait le seuil pour porter l’enfant au dehors à l’air frais, les paroles délirantes d’Isabelle le poursuivaient:
--C’est vous... vous... vous!
L’air froid lui fit du bien et il se précipita vers la tente avec la petite Isabelle. Tandis qu’il l’y déposait parmi les couvertures et les peaux d’ours, il se rendit compte rapidement de la situation désespérée. L’enfant ne pouvait rester dans la cabane et pourtant elle ne serait pas à l’abri du danger sous la tente, car il devrait, lui, passer la moitié de son temps près de la mère. Un frisson le secoua en songeant ce que cela voulait dire.
Pour lui-même, il ne redoutait nullement la maladie terrible qui avait frappé Isabelle. Il avait couru le risque de contagion plusieurs fois auparavant et était demeuré indemne, mais son âme tremblait de peur à regarder les clairs yeux bleus de la petite Isabelle et il caressait tendrement les douces boucles encadrant sa figure. Si Croisset et sa femme l’avaient seulement emmenée, elle!...
En pensant à ces gens, il se redressa tout à coup.
--Allons, mon petit, vous allez rester ici, déclara-t-il. Compris? Je vais rabattre et boutonner la portière de la tente et vous n’allez pas pleurer. Que je ne m’appelle plus Mac Veigh si je n’attrape pas ce maudit métis, mort ou vif!
Il boutonna le flanquet afin qu’Isabelle ne pût s’évader et la laissa seule, tranquille et étonnée. L’isolement ne lui était pas chose nouvelle. L’isolement ne l’effrayait pas et, en écoutant l’oreille appliquée contre la tente, Billy entendit bientôt que la fillette jouait avec la brassée d’objets qu’il avait rassemblés autour d’elle. Il se précipita vers ses chiens qu’il attela au traîneau. Croisset et sa femme n’avaient pas plus d’une demi-heure d’avance sur lui... trois quarts d’heure au maximum. Il ferait la plus belle randonnée de toute sa vie pendant une heure ou deux, les rejoindrait et les ramènerait, revolver braqué. S’il devait y avoir lutte, il se battrait.
A un endroit où la piste pénétrait dans la forêt, il hésita, se demandant s’il n’irait pas plus vite en laissant attelage et traîneau derrière lui. L’entrain des chiens le décida. Ils flairaient l’odeur laissée sur la neige par l’attelage rival et attendaient impatiemment qu’on leur dît de continuer. Billy fit claquer son fouet au-dessus de leur tête.
--Vous désirez le combat, n’est-ce pas? mes enfants, s’écria-t-il. Moi aussi. Allons-y! Hue!... hue!...
Billy se mit à genoux sur le traîneau pendant que les chiens s’élançaient. Ils n’avaient pas besoin d’être dirigés; ils suivaient rapidement la trace de Croisset. Cinq minutes plus tard, ils abordaient un petit bois et débouchaient ensuite dans une clairière étroite garnie de broussailles rabougries à travers quoi coulait la rivière Castor. Là, la neige était molle et abondante. Billy courut derrière le traîneau, s’accrochant à la corde de remorque pour empêcher le traîneau de le lâcher si les chiens s’emballaient à l’improviste.
Il se rendait compte que Croisset avait fait tous ses efforts pour mettre bonne distance entre lui et la cabane pestiférée. Il fut tout à coup frappé par l’idée que quelque chose en plus que la peur de la mort rouge hâtait leur fuite. Il était évident que le métis était éperonné par la pensée de son mauvais coup dans la cabane. Il croyait probablement qu’il était un meurtrier et Billy sourit en remarquant que Croisset avait fouetté ses chiens pour les obliger à courir à travers les tas de neige amoncelée. Il mit son attelage au pas, persuadé que le métis avait perdu la tête et qu’il serait fourbu lui et ses chiens en moins de quelques milles. Il avait maintenant bon espoir de les atteindre quelque part dans la plaine.
Tandis qu’il pensait à cela, il ressentit de nouveau une brusque et lancinante douleur à la nuque. Cela ne dura qu’une minute mais, en ce moment, la neige se brouilla devant ses yeux et il dut étendre les bras pour se garder de tomber. La corde avait échappé de ses mains, et quand l’éblouissement fut passé, le traîneau était à vingt mètres en avant. Il le rattrapa et s’y accrocha, haletant comme s’il avait fourni une longue course. Il se mit à rire en reprenant ses sens, et regarda par-dessus les échines grises de ses chiens qui tiraient ferme, mais du même coup le rire s’éteignit sur ses lèvres.
On eût dit qu’une lame de couteau avait, d’une seule poussée brûlante, couru de son cou à son cerveau et il s’étala sur le visage en poussant un cri de douleur. Somme toute, le coup de Croisset avait fait son œuvre. Billy se rendit compte qu’il faisait effort pour crier aux chiens de s’arrêter. Pendant cinq minutes ils continuèrent indifférents à la demi-douzaine de faibles commandements qu’il leur jetait du fond du brouillard qui s’épaississait autour de lui. Quand enfin il releva la tête et que la plaine redevint blanche à ses yeux, les chiens avaient fait halte. Ils étaient empêtrés dans leur harnais et flairaient la neige.
Billy se leva. L’obscurité et la douleur le quittèrent aussi rapidement qu’elles étaient venues. Il vit devant lui la piste de Croisset. Puis il regarda les chiens. Ils s’agitaient presque à angle droit avec le traîneau dont l’extrémité était enfoncée profondément dans un tas de neige. En poussant un bref commandement, il les cingla de la lanière de son fouet et se dirigea à la tête du meneur. Les chiens s’aplatirent sur le ventre en montrant les crocs.
--Quoi diable!... commença-t-il et il s’arrêta.
Il examina la neige. Partant directement de la trace de Croisset, il y en avait une autre, une trace de raquettes. Pendant un moment, il crut que Croisset ou sa femme, pour une raison quelconque, s’étaient un peu écartés de leur traîneau. Un examen plus attentif lui démontra que sa supposition était inexacte. Le métis et sa femme portaient tous deux les longues et étroites raquettes de la brousse et cette seconde piste était tracée par les larges raquettes en forme de panier que chaussent les Indiens et les trappeurs de la steppe. En outre la piste était bien frayée. Qui que ce fut qui eût passé là récemment, y avait passé plusieurs fois déjà et Billy donna cours à sa joie par un cri contenu. Il était dans un secteur de pièges.
La cabane du trappeur ne pouvait être bien éloignée et le trappeur lui-même avait passé par là, il n’y avait pas longtemps. Mac Veigh examina les deux pistes et découvrit un endroit où l’extrémité émoussée et courbe d’une raquette avait recouvert une empreinte laissée par Croisset. A cette découverte, Billy se fit un porte-voix de ses mains gantées et poussa le long et plaintif «hallo» des forestiers. C’était un cri qui pouvait porter à un mille. Deux fois, il le poussa et, à la seconde fois, on répondit. Pas très loin. Et Billy répliqua par un troisième appel encore plus fort. Comme un éclair, il ressentit la terrible douleur à la tête et s’abattit sur le traîneau.
Cette fois, il fut tiré de son évanouissement par les aboiements et les grognements des chiens et par une voix d’homme. Lorsqu’il dégagea la tête de ses bras, il aperçut quelqu’un auprès des chiens. Il essaya de se lever et chancela sur ses pieds. Puis il tomba à la renverse et l’obscurité l’enveloppa plus épaisse encore que l’instant d’avant. Quand il rouvrit les yeux, il était dans une cabane. Il avait l’impression d’une bonne chaleur. Le premier bruit qu’il entendit fut le pétillement du feu et une porte de fourneau qu’on refermait. Et il entendit quelqu’un qui disait:
--Le diable m’emporte, si ce n’est pas Billy Mac Veigh.
Billy fixa le visage qui était penché sur lui. C’était un visage de blanc couvert d’une courte barbe rousse. La barbe était nouvelle, mais les yeux et la voix il les aurait reconnus n’importe où. Pendant deux ans, il avait, là-bas, mangé au mess avec Rookie Mac Tabb, à Norway et à Nelson House. Mac Tabb avait quitté le service à cause d’une jambe mauvaise.
--Rookie, bégaya-t-il.
Il se mit debout et les mains de Mac Tabb l’empoignèrent aux épaules.
--Le diable m’emporte, si ce n’est pas Mac Veigh! s’écria-t-il de nouveau, la surprise dans sa voix et sur son visage. Joë vous a ramené il y a cinq minutes et je ne vous avais pas bien regardé jusqu’à maintenant. «Billy Mac Veigh!... Hé bien! Je suis...» Il s’arrêta pour regarder le front de Billy où il y avait une tache de sang. «Blessé? demanda-t-il brusquement. Est-ce que c’est ce damné métis?»
Billy lui étreignait déjà les mains. En face, tout près du traîneau, encore agenouillé devant la porte close, il aperçut le visage sombre d’un Indien tourné de son côté.
--C’est Croisset, dit-il. Il m’a frappé avec le manche de son fouet, et ça m’a joué de drôles de tours depuis lors. Avant qu’il m’en arrive un autre, il faut que je vous conte pourquoi j’étais en route, Rookie. Mon Dieu! c’est une rude chance que je sois tombé sur vous à temps, écoutez!
Il fit rapidement à Mac Tabb le récit de la mort de Scottie Deane, de la fuite de Croisset de la cabane et de la situation là-bas.
--Il n’y a pas une minute à perdre, conclut-il, en serrant la main de Mac Tabb. Il y a, là-bas, la gosse et sa mère et il faut que j’y retourne, Rookie. Le reste est votre affaire. Il nous faut trouver une femme, sinon bientôt...
Il se leva et resta debout, regardant Mac Tabb et l’autre fit un signe d’assentiment.
--Je comprends, dit-il. Vous voilà dans un bel embarras, Billy. Il y a deux cents milles d’ici à la blanche la plus voisine là-bas, par delà le Brochet. Vous ne trouveriez pas un Indien pour s’approcher à plus d’un demi-mille d’une cabane atteinte par l’épidémie et je doute qu’une blanche consente à venir. Le seul moyen que j’aperçoive c’est d’envoyer à Fort Churchill ou à Nelson House et d’obtenir que les autorités expédient une infirmière. Cela prendra deux semaines.
Billy ébaucha un geste de désespoir. Joë, l’Indien, avait écouté attentivement et déjà il se levait tranquillement de son poste devant le fourneau.
--Il y a un camp indien passé le lac La Flèche, dit-il en regardant Billy. Je connais là une femme qui n’a pas peur de la contagion.
--Sûr comme le destin! s’écria joyeusement Mac Tabb. La mère de Joë est par là et je me demande ce qu’elle ne ferait pas pour Joë. Cet hiver, elle a accompli un trajet de cent cinquante milles, toute seule, pour le venir voir. Elle viendra. Va la chercher, Joë. Je me porte garant que Billy Mac Veigh lui payera ses services cinq dollars par jour à partir du moment de son départ. Il se tourna vers Billy. «Comment va votre tête?» demanda-t-il.
--Mieux. C’est cette course qui m’a fatigué, je pense.
--Alors nous allons partir pour la cabane de Croisset et je ramènerai le mioche.
Ils laissèrent Joë préparer son voyage de trois jours pour le Sud-Est et, hors de la cabane, Mac Tabb exigea que Billy montât derrière les chiens. Ils revinrent en arrière pour repérer la trace de Croisset et, quand ils l’eurent retrouvée, Mac Tabb partit d’un grand éclat de rire.
--Je gagerais qu’ils courent comme les lapins, dit-il. Que diable pensiez-vous faire si vous les aviez rattrapés, Billy? Ramener la femme en la traînant par les cheveux? Je suis content que vous ayez fait la culbute comme ça. Vous auriez plus vite battu un lynx que Croisset. Il vous aurait perforé de derrière un tas de neige, aussi sûr que vous vous appelez Mac Veigh.
Billy se sentait allégé d’un immense fardeau et se sentait un peu enclin à confier à son compagnon un peu plus que ce qu’il avait dit au sujet d’Isabelle et de lui-même. Cependant, il n’en fit rien. Tandis que Mac Tabb avançait à grandes enjambées devant lui et excitait les chiens, il supputait les chances qu’avaient Joë et sa mère de revenir avant une semaine. Pendant ce temps, il serait seul avec Isabelle et, malgré l’horrible crainte qui n’avait jamais quitté son cœur, il lui était impossible de ne point éprouver un frisson de plaisir à cette pensée. Ce seraient des jours d’agonie pour lui aussi bien que pour elle, et pourtant il serait tout près, tout près de la jeune femme qu’il aimait. Et la petite Isabelle serait en sécurité à la cabane de Rookie. Si un malheur arrivait...
Ses mains s’agrippaient aux rebords du traîneau à la pensée qui traversait son cerveau. C’était la pensée de Pelletier. Si un malheur arrivait à Isabelle, la petite fille serait à lui pour toujours, pour toujours. Il chassa de lui cette pensée comme si ç’avait été la peste elle-même. Isabelle vivrait. Il lui conserverait la vie. Si elle mourait...
Mac Tabb entendit le cri étouffé qui s’échappa des lèvres de Billy. Il n’avait pu le refouler. Bon Dieu! si elle partait!... comme le monde serait vide! Ne plus la voir jamais, après ces jours de terreur en perspective! Mais si elle vivait, s’il savait que le soleil brillait dans ses beaux cheveux, que ses yeux bleus se levaient encore vers les étoiles: et que dans ses tendres prières elle penserait quelquefois à lui en même temps qu’à Deane, la vie ne serait pas aussi solitaire pour lui.
Mac Tabb était revenu à son côté.
--Mal à la tête? demanda-t-il.
--Un peu, mentit Billy. La route est plane devant nous. Excitez les chiens.
Une demi-heure plus tard, le traîneau faisait halte devant la cabane de Croisset. Billy désigna la tente.
--La petite est là, dit-il. Allez faire sa connaissance, Rookie. Je vais jeter un coup d’œil à l’intérieur pour voir si tout va bien.
Il entra sans bruit dans la cabane et ferma doucement la porte derrière lui. La porte du fond était comme il l’avait laissée, à moitié ouverte, et il regarda dans la chambre avec un sauvage battement de cœur. Il ne pouvait plus hésiter. Il fit un pas en avant et prononça son nom:
--Isabelle!
Le lit remua et Billy fut surpris de la rapidité avec laquelle Isabelle sauta par terre. Elle écarta le lourd rideau de la fenêtre et se tint debout en pleine lumière. Pendant un moment, Billy vit ses yeux bleus remplis d’une flamme étrange tandis qu’ils le fixaient. Un vif afflux de sang colorait les joues de la jeune femme et il pouvait entendre son souffle rauque sortir de ses lèvres entr’ouvertes. Ses cheveux étaient encore épars et la couvraient d’un voile brillant.
--J’ai trouvé une cabane de trappeur, Isabelle, et nous allons y conduire le bébé, continua-t-il. Elle y sera en sécurité. Et nous avons envoyé chercher du secours, une femme...
Il s’arrêta muet d’horreur. Il vit plus complètement la folie fébrile dans les yeux d’Isabelle. Elle laissa retomber le rideau et ils furent dans l’obscurité. Et les mots qu’il entendit murmurer étaient plus terribles encore que la folie de son regard.
--Vous ne la tuerez pas! suppliait-elle. Vous ne tuerez pas mon bébé? Vous ne la tuerez pas!...
Elle recula en chancelant vers le lit, répétant et répétant ces mots. Ce ne fut que lorsqu’elle se fut recouchée que Billy fit un mouvement. Tout le sang de ses veines semblait s’être glacé. Il s’agenouilla près d’Isabelle et ses mains plongèrent dans la soie des cheveux, mais il n’en sentait plus le contact. Il essayait de parler, mais les mots ne sortaient plus de sa bouche. Et alors, tout à coup, Isabelle le repoussa et il put voir l’éclair de ses yeux dans la demi-obscurité. Pendant un moment elle parut lutter contre le délire.
--C’est vous, vous qui avez aidé à le tuer, haleta-t-elle. C’est la loi... et vous êtes la loi. Elle tue, tue, tue, et n’avoue jamais quand elle se trompe. Il était innocent, mais vous et la loi l’avez traqué jusqu’à sa mort. Vous êtes des assassins! Vous l’avez tué... Vous m’avez tuée... Et vous ne serez jamais punis, jamais, jamais, parce que vous êtes la loi et que la loi peut tuer, tuer, tuer!...
Elle se rejeta en arrière en gémissant et Mac Veigh, accroupi auprès d’elle, ses doigts ensevelis parmi ses cheveux, ne trouva pas un mot à dire. Presque aussitôt elle respira moins péniblement. Il sentait son corps se détendre. Il se releva et se dirigea en titubant vers l’autre pièce, fermant la porte derrière lui. Même dans son délire, Isabelle avait dit vrai. Pour toujours elle avait creusé entre eux un abîme sombre. La loi avait tué Scottie Deane. Et lui représentait la loi. Et pour la loi il n’y avait pas de châtiment, même si elle enlevait la vie à un innocent.
Il sortit. Mac Tabb était sous la tente. L’obscurité du soir s’appesantissait sur un monde désolé. Au-dessus de sa tête le ciel était bas et, tout à coup, en poussant un grand cri, Billy leva les bras vers le ciel et maudit cette loi qui ne pouvait être punie, la loi qui avait tué Scottie Deane. Car lui, Mac Veigh, était cette loi et Isabelle l’avait appelé assassin!