Chapter 18 of 23 · 3077 words · ~15 min read

CHAPITRE XVIII

L’ACCOMPLISSEMENT D’UNE PROMESSE

Durant le silence qui suivit les mots murmurés par Isabelle, s’offrit à Billy un moyen de résoudre la crise à laquelle il assistait. La pensée de s’abandonner à sa première impulsion et de prendre la place de Deane pendant ces heures de fièvre d’Isabelle l’emplit aussitôt d’une répulsion qui le fit s’éloigner du lit, les poings tellement serrés que ses ongles blessèrent ses paumes calleuses.

--Non, non, ce n’est pas David, commença-t-il, mais les mots expirèrent dans sa gorge.

Lui dire cela, lui faire connaître la vérité--que son mari était mort--pouvait la tuer maintenant. L’espoir et la croyance qu’il était vivant et près d’elle pourrait contribuer à la rendre à la vie. Plus promptement qu’il n’aurait pu l’exprimer, la situation lui apparut comme dans un éclair. Si Deane était vivant et près d’elle, sa présence la sauverait. Et si elle croyait que _lui_ était Deane, il la sauverait. En fin de compte, elle ne saurait jamais.

Il se souvint que Pelletier avait oublié bien des choses qui lui étaient arrivées pendant son délire. Quant à Isabelle, lorsqu’elle s’éveillerait guérie, cela ressemblerait à un rêve au pis aller. Quelques mots de lui, dès lors, achèveraient de l’en convaincre. S’il le fallait, il lui dirait qu’elle avait beaucoup parlé de Deane pendant sa fièvre et qu’elle s’imaginait qu’il était auprès d’elle. Elle ne soupçonnerait point le rôle que lui, Mac Veigh, avait joué.

Isabelle avait attendu une minute, mais maintenant elle murmurait de nouveau comme si elle était un peu effrayée du mutisme qu’il gardait:

--David... David...

Il se rapprocha vivement du lit et ses mains rencontrèrent celles qui se tendaient vers lui. Elles étaient brûlantes et sèches et les doigts d’Isabelle s’enlacèrent aux siens presque farouchement et attirèrent ses mains sur sa poitrine. Elle soupira comme si elle allait reposer plus à l’aise maintenant que ses mains la touchaient.

--Je vous ai préparé un peu de bouillon, lui dit-il, osant à peine parler. Voulez-vous en prendre un peu, Isabelle? Il le faut... et dormir.

Il sentit la pression des mains de la jeune femme et elle lui parla d’un ton si calme que, pendant un instant, il crut vraiment qu’elle avait repris conscience.

--Je n’aime pas l’obscurité, David. Je ne puis vous voir. Et je désire relever mes cheveux. Voulez-vous apporter de la lumière?

--Pas avant votre guérison, murmura-t-il, la lumière vous ferait mal aux yeux. Je vais demeurer avec vous... près de vous...

Elle leva dans les ténèbres une de ses mains qui lui caressa le front. Dans cet attouchement, il y avait tout l’amour et toute la douceur qu’elle avait témoignés à l’homme qui n’était plus et cette caresse fit frissonner Billy au point qu’il lui sembla que le tréfonds de son cœur allait éclater dans un sanglot. Brusquement sa main quitta son visage et il entendit Isabelle qui s’agitait.

--Mes cheveux... David...

Il avança une main qui toucha le doux nuage de sa chevelure. Elle tombait en désordre autour de sa figure et de son cou, et il souleva doucement la malade, pendant qu’il retirait les lourdes tresses. Il n’osait parler, tandis qu’il lissait les boucles superbes et les nattait. Isabelle soupira, soulagée, lorsqu’il eut fini.

--Je vais maintenant apporter le bouillon, dit-il.

Il se rendit dans l’autre chambre où la lampe était allumée. Ce ne fut qu’en prenant la tasse de bouillon qu’il remarqua que sa main tremblait. Un peu du liquide se répandit sur le sol et il fit tomber un morceau de pain grillé. Lui aussi passait au creuset de la douleur, comme Isabelle Deane.

Il retourna près d’elle et la souleva de façon que sa tête s’appuyât contre son épaule et la tiédeur des longs cheveux couvrit ses joues et son cou. Obéissante, elle mangea une demi-douzaine de morceaux de pain rôti qu’il avait trempés dans le bouillon et but quelques gorgées de liquide. Elle serait restée là ensuite, son visage tourné contre le sien, mais Billy, voyant qu’elle allait s’y endormir, la recoucha doucement sur l’oreiller.

--Maintenant, il faut dormir, conseilla-t-il doucement. Bonne nuit.

--David!

--Oui.

--Vous... vous ne m’avez pas embrassée.

Il y avait une plainte enfantine dans sa voix et Billy, réprimant un sanglot, se pencha sur elle. Pendant une minute, les bras d’Isabelle entourèrent son cou. Il sentit le doux, le frémissant contact de ses lèvres brûlantes, puis il recula et un «bonsoir, David» le suivant jusqu’à la porte, il rentra dans la première chambre. En poussant un sanglot entrecoupé, il se laissa tomber sur le petit lit où Croisset avait passé la dernière nuit.

Il demeura une heure avant de soulever son visage des couvertures. Cependant, il n’avait pas dormi. Pendant cette heure et la demi-heure qui l’avait précédée dans la chambre d’Isabelle, des rides s’étaient creusées sur sa figure qui le vieillissaient. Une fois, Isabelle l’avait embrassé et il avait gardé ce baiser comme le plus précieux trésor qu’il eût possédé de toute sa vie. Et ce soir, elle lui avait donné plus qu’un baiser, car il y avait eu de l’amour et non plus seulement de la reconnaissance dans la chaleur de ses lèvres, dans la caresse de ses mains et de ses bras, dans le frôlement de son visage fiévreux contre le sien. Mais ils ne lui procuraient pas le plaisir de ce baiser qu’Isabelle lui avait donné dans la steppe.

Accablé de douleur, il se leva et se dirigea vers la porte. Malgré qu’il sût qu’il n’y avait pour lui d’autre alternative, il se considérait aussi coupable qu’un voleur. Profiter de pareille situation le remplissait de dégoût pour lui-même et il aspirait après l’heure où renaîtrait la conscience, bien qu’elle dût ramener chagrin et désespoir qui s’égaraient maintenant dans l’oubli de la fièvre.

Il y a toujours dans les contrées du Nord, quelque part, la trace sinistre de la mort rouge--la petite vérole--et Billy connaissait bien le cours de la maladie. Il croyait que la fièvre avait frappé Isabelle trois ou quatre jours auparavant et qu’il y aurait encore trois ou quatre jours pendant lesquels la jeune femme aurait le délire. Puis viendrait la réaction, Isabelle se réveillerait à la certitude que son mari était mort et que lui, Billy, était demeuré avec elle, seul, tout ce temps-là.

Il écouta un moment à la porte. Isabelle reposait tranquillement et il sortit de la cabane sans faire de bruit. La nuit était devenue plus sombre et plus dense. Pas une éclaircie dans les mornes ténèbres là-haut. Le vent s’était levé du Nord-Est, tout juste assez de vent pour faire se lamenter les cimes des arbres et emplir d’un bruit inquiet l’horizon borné qui enveloppait Billy. Il alla vers la tente où avait été la petite Isabelle et il y avait dans l’air quelque chose qui l’oppressait. Il regrettait d’avoir envoyé tous les chiens avec Mac Tabb. Une immense solitude l’accablait. C’était comme une main visqueuse étouffant son cœur sous son étreinte et lui donnant la nausée. Il se retourna et regarda la lumière de la cabane. Isabelle était là et il avait cru que là où elle était il ne serait jamais plus solitaire. Mais il savait maintenant que s’était creusé entre eux un abîme qu’une éternité ne pourrait combler. Il frissonna, car en même temps que le vent nocturne il lui semblait sentir de nouveau la présence de Scottie Deane. Il serra les poings et plongea les yeux égarés au puits des ténèbres.

On eût dit qu’il avait entendu les «Cavaliers sauvages» passer par là, haletant et chevauchant à travers les cimes des sapins, les cavaliers sauvages envoyés pour rassembler les âmes des morts. Deane était avec lui, comme son fantôme avait été avec lui, la nuit qu’il s’en retournait vers Pelletier après avoir planté la croix sur la tombe de Scottie. Et pendant quelques instants, le sentiment de cette obscure présence parut alléger le fardeau étouffant qui pesait sur son cœur. Il savait que Deane comprendrait et sa présence le réconfortait. Il alla regarder dans la tente, bien qu’il n’eût rien à y voir.

Il retourna ensuite à la cabane. Le souvenir de la tombe et de la croix de bouleau le ramena à la pensée de son devoir à l’égard de la jeune femme. De sa pochette de caoutchouc il tira un bloc-notes et un crayon.

Pendant plus d’une heure ensuite, il travailla sans répit à la lueur vacillante de la lampe. Il savait qu’Isabelle irait revoir Deane. Bientôt peut-être... ou dans longtemps; mais elle irait. Et pas à pas, il traça sur une carte la route qui conduisait de la petite cabane à la lisière de la steppe. Après quoi, de sa large et rude écriture, il écrivit les sentiments qui débordaient de son cœur.

«Que Dieu vous ait toujours en sa garde! Je voudrais donner ma vie pour vous le rendre. Je ne veux pas que sa tombe demeure ignorée. J’y retournerai un jour et j’y planterai des fleurs bleues. Je suppose que vous ne connaîtrez jamais ce que j’aurais voulu faire pour vous le ramener et vous rendre heureuse.»

Il savait qu’il n’avait point fait une promesse qu’il ne pourrait tenir. Il retournerait à la tombe solitaire à la lisière de la steppe. Un vague appel l’y attirait maintenant, un appel qu’il ne pouvait comprendre et qui venait du fond de sa tristesse. Il plia le papier, l’enveloppa dans une feuille blanche et, à l’extérieur, il écrivit le nom d’Isabelle Deane. Puis il plaça le paquet avec les lettres sur la planchette au-dessus de la table. Il était certain qu’elle dût le trouver là.

* * * * *

Ce qui se passa durant la terrible semaine qui suivit cette nuit-là, nul autre que Mac Veigh ne le saurait jamais. Pour lui, ce furent sept jours de lutte dont il garderait le souvenir jusqu’à la fin de sa vie. Nuits sans sommeil et journées sans sommeil. Lutte amère, presque sans repos, avec l’horrible fantôme qui planait toujours dans la chambre du fond. Lutte qui émaciait ses joues et creusait des rides profondes sur son visage, lutte pendant laquelle la voix d’Isabelle lui parlait tendrement et en s’excusant pendant une heure, avec amertume pendant l’heure suivante. Il sentit la caresse de ses mains. Plus d’une fois elle l’attira vers le doux frémissement de ses lèvres fiévreuses. Et puis, à des moments plus terribles, elle l’accusa de pourchasser à mort l’homme qui gisait sous la croix de bouleau.

Les trois jours de torture s’allongèrent en quatre et le quatrième jusqu’au septième. Au plus intime de son être, Mac Veigh souffrait, car il comprenait la signification que tout cela prenait pour lui. Et le troisième, le cinquième et le septième, il alla jusqu’à la cabane de Mac Tabb; Rookie sortit et lui parla de loin, à l’aide d’un porte-voix d’écorce de bouleau. Le septième jour, on n’avait pas encore de nouvelles de Joë l’Indien ni de sa mère. Et ce jour-là, pour la dernière fois, Billy joua son rôle de Deane.

Il entra dans la chambre d’Isabelle avec le bouillon, des rôties et un bassin d’eau; quand elle eut mangé un peu, il la souleva et mit pour la soutenir des couvertures derrière elle, afin de pouvoir peigner et tresser ses magnifiques cheveux. Il faisait plus clair dans la chambre, malgré le rideau qu’il avait tiré étroitement. Au dehors, le soleil brillait et sa lueur pâle traversait le rideau et éclairait les somptueuses nattes qu’il brossait.

Lorsqu’il eut fini, il recoucha doucement Isabelle sur l’oreiller. Elle le regardait d’une façon singulière. Alors d’un coup qui lui fit froid au plus secret de l’âme, il lut ce qui était dans ses yeux: la guérison et le retour à la conscience. Il vit brusquement reparaître en eux l’ancienne frayeur, le vieux chagrin, la renaissance de sa véritable personnalité! Il n’attendit pas de l’entendre parler, mais il se détourna comme il avait fait cent fois déjà et quitta la chambre.

Dans la pièce voisine, il resta un moment debout en silence, rassemblant son courage pour l’épreuve qui approchait. La fin était venue pour lui. Il surmonta sa faiblesse et, un instant après, se dirigea vers la porte du fond. Mais cette fois-ci il n’entra point, comme il faisait auparavant. Il frappa. C’était la première fois. Et la voix d’Isabelle lui cria d’entrer. Une douleur aiguë traversa soudain le cœur de Billy lorsqu’il vit que la convalescente s’était installée de manière à détourner de lui son visage. Il se pencha sur elle et dit doucement:

--Vous êtes mieux. Le danger est passé.

--Je suis mieux, et... et... est-ce que c’est fini? l’entendit-il murmurer.

--Oui.

--Et... le bébé?

--Il se porte bien, oui.

Il y eut un moment de silence. La chambre, eût-on dit, frémissait. Puis Isabelle dit faiblement.

--Vous étiez seul?

--Oui, seul, pendant sept jours.

Elle tourna complètement sas yeux vers lui. Il pouvait voir leur éclat dans le demi-jour. Il lui sembla que leur regard descendait jusqu’aux arcanes de son âme et qu’en ce moment Isabelle savait. Elle savait qu’il avait assumé le rôle de David et, tout à coup, elle détourna sa face avec un étrange sanglot, un sanglot de honte. Il la sentit qui tremblait. Elle semblait avoir peine à respirer et à rester ferme et il entendit de nouveau les mots terribles:

--Vous... vous... vous...

--Oui, oui, je sais, je comprends, dit-il, et son cœur lui faisait mal. Vous pouvez être tranquille désormais. Je vous ai promis que si vous guérissiez je partirais. Et je vais partir. Personne ne saura jamais. Je vais partir.

--Et vous ne reviendrez jamais plus?

Sa voix était terriblement calme et froide.

--Jamais, dit-il. Je le jure.

Elle s’écarta de lui au point qu’il ne pouvait déjà plus distinguer d’elle que l’éclat de ses larges tresses dans un rayon de lumière. Mais il pouvait entendre son souffle sanglotant. Elle sut à peine quand il quitta la chambre, tant il s’en alla doucement. Il referma sur lui la porte et, cette fois, il mit le loquet. La porte extérieure était ouverte et, tout à coup, il entendit ce pourquoi il avait attendu et prêté l’oreille: le bref et sec aboiement des chiens et une voix d’homme.

En trois bonds, il fut dehors. A mi-chemin, dans l’étroite clairière, Joë l’Indien avait fait halte avec l’attelage. Un coup d’œil vers le traîneau convainquit Billy que la mère de Joë ne l’avait pas déçu. Une petite vieille, maigriote et ratatinée, se dégageait d’un tas de peaux d’ours, tandis qu’il courait vers elle. De ses yeux enfoncés et vifs, elle le regardait approcher, et ses mains étaient si décharnées qu’elles ressemblaient à des serres. Mais, malgré son aspect peu engageant, Billy l’aurait presque embrassée à son arrivée.

Elle s’appelait Maballa, avait dit Rookie, et elle comprenait l’anglais qu’elle pouvait parler mieux que son fils. Billy lui expliqua la disposition de la cabane et, quand il eut terminé, elle prit un petit paquet sur le traîneau, gloussa quelques mots à Joë l’Indien et suivit Mac Veigh sans une seconde d’hésitation.

Qu’elle n’eût point peur de la contagion ajoutait au soulagement de Billy. Aussitôt qu’elle fut débarrassée de son capuchon et de sa lourde couverture, elle entra sans crainte dans la chambre du fond et, une minute après, Billy l’entendit qui parlait à Isabelle.

Rassembler les quelques objets qui lui appartenaient et les empaqueter lui prit quelques instants. Puis il sortit et leva sa tente. Joë l’Indien était déjà parti et il suivit sa trace. Une heure après, Mac Tabb, averti par l’appel de Billy, apparaissait à la porte de sa cabane. Il fit le tour de la hutte et prit le vent jusqu’à ce qu’il fût à moins de cinquante pas de Mac Veigh.

Billy lui dit ce qu’il allait faire. Il allait partir à Churchill; il lui confiait Isabelle et le bébé. De Fort Churchill, il enverrait une escorte pour ramener la jeune femme et l’enfant vers le pays habité. Il désirait des vêtements nouveaux, quelque chose du moins qu’il pût mettre. Ceux qu’il portait, il serait forcé de les brûler. Il suggéra qu’il pourrait mettre un des complets de Joë, si ce dernier en avait de rechange. Et Mac Tabb rentra dans la cabane pour revenir, quelques instants plus tard, avec une brassée de vêtements.

--Voilà tout ce dont vous avez besoin, sauf une chemise et des caleçons, dit Mac Tabb en déposant le tout en tas sur la neige. Je vais attendre un peu que vous vous soyez changé. Il vaut mieux brûler ces vêtements-là tout de suite. Le vent pourrait tourner et il ne faut pas que je sois pris dans les bouffées de fumée.

Il s’éloigna à distance rassurante pendant que Billy ramassait les vêtements et entrait sous bois. D’un bouleau il détacha un tas d’écorce et, au fur et à mesure qu’il se déshabillait, il y jetait ses vieux vêtements. Mac Tabb pouvait entendre le crépitement et le craquement du feu, lorsque Billy reparut vêtu du pantalon en peau de daim, numéro deux, de Joë l’Indien, d’un paletot de fourrure usé et dépenaillé, d’une casquette en peau d’anguille et d’une paire de mocassins trop étroits pour lui.

Pendant un quart d’heure, les deux hommes bavardèrent, Mac Tabb se tenant toujours à cinquante pas de la démarcation dangereuse. Puis il s’en alla et ramena les chiens et le traîneau de Billy.

--J’aurais aimé vous serrer les mains, Billy, s’excusa-t-il, mais je pense qu’il vaut mieux pas. Je ne suppose pas que nous osions sortir le mioche?

--Non, dit Billy. Au revoir, Mac. Je vous reverrai plus tard. Allez seulement la chercher et apportez-la jusqu’au seuil, voulez-vous? Il ne faut pas qu’elle sache que je suis ici et je la regarderai de loin. Elle ne comprendrait pas, n’est-ce pas? si elle savait que je suis ici et que je ne suis pas venu la voir.

Il se dissimula parmi la sapinière, tandis que Mac Tabb pénétrait dans la cabane. Peu après, ce dernier reparaissait. Isabelle était dans ses bras et Billy réprima un sanglot. Pendant une minute elle tourna son visage vers lui et il put voir qu’elle montrait du doigt la direction que Rookie lui avait indiquée. Puis l’instant d’après le soleil illumina la chevelure de l’enfant d’une flamme d’or, comme Billy l’avait vu la première fois, en ce jour mémorable à Fullerton. Il voulait lui crier un mot, au moins un mot, mais ne sortit de sa bouche que le sanglot qu’il s’efforçait de refouler.

Il se tourna vers la forêt. Et cette fois il savait qu’il s’en allait pour toujours.