CHAPITRE XI.
Visite au chef des Somonos. — Le chanvre des Bambaras. — Les pirogues du Niger. — Traversée du fleuve. — Fraîcheur de l’eau. — La rive gauche un jour de marché. — Quelques costumes. — Vente de marchandises. — Un tour au marché. — Visite au vrai chef de Yamina. — Cadeaux intéressés du chef des piroguiers. — Départ de Yamina. — Navigation en pirogue. — Peu de profondeur des eaux. — Relâche à Fogni le 27 février. — Navigation sur le fleuve.
23 février 1864.
En rentrant dans la case, je m’aperçus qu’il fallait songer à nous nourrir, et que nous n’avions pas de cauris. Je déballai aussitôt quelques marchandises que je priai Fahmahra de vendre, en lui assurant un bénéfice. Je lui fixai quelques prix assez peu élevés, et j’allai me reposer. J’en avais grand besoin ; je m’étais cru vaillant et les courses de cette journée m’avaient excédé.
Le soir, je demandai à Sérinté de me procurer une pirogue pour traverser le fleuve, afin de me baigner à l’abri des importuns ; je voulais en même temps sonder le fleuve et prendre un croquis de la ville. Il me dit que ce serait facile.
En effet, le lendemain de grand matin, nous allâmes avec lui chez un nommé Bakary Kané, Soninké, chef des piroguiers de l’endroit, qui sont désignés sous le nom de _somonos_ qui signifie pêcheurs. En entrant dans sa maison, je fus surpris de traverser un grand magasin d’engins de pêche de toute espèce, fabriqués dans le pays. Il y avait là des filets en grosse corde à mailles de un décimètre de côté, d’autres, en corde moyenne, en coton gros, fin, des lignes, des hameçons d’Europe et aussi d’autres en fer du pays. Les grosses cordes sont faites d’une espèce de chanvre indigène que j’ai eu lieu de voir travailler plus tard. Les Yoloff l’appellent _bissab-bouki_ ou _bissab sauvage_[61] ; il pousse en abondance sur les bords du fleuve, et fournit un chanvre gris très- solide, qui résiste surtout dans l’eau, où les cordes en écorce de baobab se pourrissent très-vite.
Au moment où j’entrai, Bakary peignait une perruque de ce chanvre avec un véritable peigne en bois fait dans le pays.
C’était un grand noir à barbe blanche, d’une physionomie douce et souriante. Il me reçut très-bien, nous fit visiter sa maison et voir même ses femmes, qui, je dois le dire, n’étaient pas très-belles : à notre entrée elles se sauvèrent tout d’abord, mais elles ne tardèrent pas à revenir sans trop de frayeur. Il fit disposer sans retard une pirogue et vint nous accompagner lui-même de l’autre côté du fleuve.
Il est temps de faire connaissance avec ces tristes machines que sur le Niger on appelle des pirogues.
Celle où nous montâmes avait 10 mètres de long sur environ 1 de large ; elle était composée de deux grandes pièces de bois ou demi-pirogues réunies par le milieu bout à bout, et fixées par un transfilage en grosse corde, fait assez artistement ; quelques herbes ou de l’étoupe du pays calfeutrent les trous avec un peu de terre glaise. De plus, comme généralement ces deux morceaux principaux sont plus ou moins troués, on y met force pièces de bois fixées absolument de la même manière. Quelquefois on met aussi sur les fentes des planches fixées au moyen de clous en fer fabriqués dans le pays. La forme de cet ensemble de pièces et de morceaux est relevée légèrement aux deux extrémités, mais plus fortement dans le centre. A mesure que la pirogue vieillit, les liens du milieu se détendent et les extrémités plongent, comme cela se voit dans les vieux navires européens. L’eau les envahit plus facilement alors, et il faut constamment un ou deux hommes pour vider la pirogue pendant qu’on est en marche ou qu’on pêche. De plus, sur un fleuve aussi large que le Niger, quand il vient une forte brise, les lames ont quelquefois jusqu’à 1 mètre de haut, et alors les pirogues, surprises avant d’avoir pu relâcher, coulent en quelques instants.
Elles sont généralement construites en bois de cailcédra, qui, dans le pays, atteint de très-belles dimensions. Si on voulait se limiter aux parties saines, on tirerait de ces arbres de jolies pirogues dont on pourrait réduire le poids, et qui, même au point de vue de la charge, porteraient plus que ne font ces informes bateaux, si lourds, et qui, par routine, depuis les plus grands jusqu’aux plus petits, sont tous en deux pièces au moins.
Pour nous éviter de faire la traversée les pieds dans l’eau, on nous fit mettre dans le fond de la pirogue un gros paquet d’herbe à chanvre ; mais bien que je n’estime pas à plus de 600 mètres la largeur à traverser, nous n’étions pas de l’autre côté que déjà nous prenions un bain de pieds. Deux hommes poussaient sur le fond, tandis qu’avec un bambou de 4 à 6 mètres de long, un autre homme se tenait à l’arrière, debout, le pied appuyé sur une traverse et gouvernait ainsi en poussant de fond.
Nous avancions lentement. Dès que nous fûmes de l’autre côté, le docteur se mit à l’eau pendant que je dessinais un croquis de la ville et de la pirogue qui venait de nous faire traverser le fleuve. Quand j’eus fini, le docteur était déjà sorti de l’eau, qu’il avait trouvée très-froide, et c’est une remarque que mes noirs firent constamment pendant leur séjour, que l’eau du Niger est bien plus froide que celle du Sénégal. Nous nous rembarquâmes, et en quelques instants nous regagnâmes l’autre rive. J’observai la profondeur de l’eau d’après les bambous qui servent à pousser ; dans l’endroit le plus profond, devant Yamina, elle dépasse à peine 2 mètres.
La rive droite du fleuve est, comme celle de gauche, bordée d’un grand banc de sable fin, recouvert aux hautes eaux. La berge, située bien plus loin, était très-déboisée. Il régnait là une assez grande animation, car c’était jour de grand marché à Yamina, et des villages voisins on voyait arriver hommes et femmes, lourdement chargés, qui venaient traverser le fleuve pour aller vendre leurs produits.
En général, les femmes étaient proprement vêtues de pagnes. Les Bambaras vont la plupart nu-tête, quelques Peuhls aussi, surtout les jeunes filles. Certaines femmes aisées portaient un boubou absolument pareil à celui des hommes ; mais en grande majorité elles avaient les seins nus ou couverts d’un simple pagne jeté en écharpe. J’en remarquai un certain nombre qui avaient sur le front une espèce de collier ou diadème en perles de couleur artistement assemblées, de manière à former des dessins, comme chez nous les petites filles en font sur des ronds de serviettes ou sur des bourses en perles ; des anneaux d’or ou de cuivre aux oreilles et au nez, de l’ambre et de la verroterie au cou ; chez quelques-unes, des anneaux aux bras, à profusion, et chez d’autres une chaînette à la cheville. Quant aux hommes, leur costume était le même que partout dans ce pays ; seulement, chez quelques-uns on voyait apparaître le bonnet bambara jaune ou blanc, fait en coton. C’est un bonnet dans le genre de ceux des pêcheurs napolitains, mais orné de deux pointes, dont l’une est ramenée de côté sur le front et l’autre tombe derrière la tête. Le sac formé par le bonnet est utilisé pour loger une masse de choses, mais en particulier les _gourous_ ou noix de kolats, qu’un bon Bambara s’empresse de mâcher dès qu’il peut s’en procurer.
[Illustration : Pirogues du Niger.]
En rentrant à la maison, j’y trouvai foule, car Fahmahra avait commencé la vente et le bon marché attirait. Je n’avais cependant exposé que peu de choses ; mais les _grenats du Brésil_ et le _corail rond_ attiraient les Mauresques, et l’ambre no 1 et no 2 attirait tout le monde.
Je n’étais pas alors aussi fort en commerce que j’ai pu le devenir par la suite. J’avais acheté les marchandises en gros contre argent ; il me fallait revendre en détail contre cauris, dont à cette époque je ne connaissais pas bien la valeur. Il n’est pas étonnant que j’aie commis quelques erreurs. Une des plus préjudiciables fut de vendre une demi- filière d’ambre no 1 prix coûtant, et j’avais commencé à en faire autant pour le corail ; mais heureusement que les Mauresques sont très- disposées à marchander, et j’arrivai à temps pour arrêter une vente à perte.
Ce qui se vendait le mieux est ce qu’ils appellent en peuhl le _niayé_ ou la verroterie très-fine ; petites perles de toutes couleurs.
Je réalisai, dans les journées du 24 et du 25, 54000 cauris, qu’il me fallut compter ; or, pour un débutant c’est fort pénible ; on commet des erreurs, et il faut au moins un mois pour s’y faire et arriver à calculer un peu rapidement.
Je retournai ensuite au marché. C’est vers trois heures de l’après-midi qu’il est le plus animé. Il y avait foule et on s’étendait dans toutes les rues qui aboutissaient à la place. Il s’y trouvait une assez grande quantité de sel par plaques de 1m,20 de longueur sur 0m,40 de largeur et 0m,10 d’épaisseur. C’étaient des plaques moyennes, dont la valeur dépassait déjà 10000 cauris[62]. Il y avait aussi une espèce de sel terreux bien meilleur marché, que l’on emploie en le mettant dans de l’eau à laquelle il abandonne le sel et qu’on verse dans les aliments.
Dans quelques boutiques on vendait des étoffes anglaises. A part l’animation, le marché était le même que la veille, mais mieux fourni. J’y remarquai aussi du tabac en feuilles par gros paquets : on en vend encore de tout préparé pour priser, et les noirs en font une très-grande consommation. Une feuille de papier écolier commun, que je marchandai, me fut faite 50 cauris. Depuis, je l’ai vendue plus du double.
Le soir, on vint me dire que le chef du village arrivait de Ségou. Je ne pus m’empêcher de m’écrier : Ah ! çà, combien y en a-t-il donc ? Cependant cette fois c’était le véritable chef. Nous allâmes aussitôt lui rendre visite. Il nous reçut devant la porte de sa maison, sous un auvent entouré d’un petit mur de terre haut de un pied et sablé très- proprement à l’intérieur. Sa tenue était très-simple, mais empreinte d’une assez grande dignité. Il nous demanda des nouvelles de notre santé, nous souhaita la bienvenue, tant en son nom qu’en celui d’Ahmadou. Je lui dis alors que je désirais partir le surlendemain pour Ségou, qu’il me fallait deux pirogues pour mes bagages, et que mes animaux suivraient par terre dès qu’ils auraient été amenés de l’autre côté du fleuve. Seulement, ayant pu juger le matin de l’état des pirogues, j’insistai pour en avoir deux grandes et neuves. Je lui demandai qu’on y fît une tente en nattes pour me mettre à l’abri du soleil, qu’on y mît des cuisines en terre, comme celles qui servent à tout le pays.
Il promit le tout, me dit qu’il irait lui-même chercher deux pirogues qui ne feraient pas une goutte d’eau. Et nous le quittâmes sur ces belles promesses.
Le chef des Sacco, que nous avions été voir la veille, nous avait envoyé une jambe de bœuf et un panier de riz.
Le chef du village, nommé Ahmar ou Fahmahra, m’envoya le lendemain matin, et à son tour, des vivres ; en même temps il me fit demander à acheter un boubou de coton blanc, que je lui promis en cadeau. Il vint à la vente marchander deux bonnets rouges qu’il voulait pour 4000 cauris au lieu de 6000[63], prix très-médiocre pour le pays. Encore Ahmar, sur 4000 cauris, donnait une tamba sembé très-fine pour payement de 3000 et 1000 seulement en cauris. Ce n’était pas mon compte, je n’étais pas venu faire des achats, mais bien me procurer des ressources en cauris, et tout d’abord je refusai ; mais voyant qu’il y tenait, je lui offris un bonnet en cadeau. Il le refusa avec assez de délicatesse en apparence, mais en réalité parce qu’il craignait que cela ne fût rapporté à Ahmadou, qui eût pu lui en vouloir. Enfin, je fus obligé, sous peine de me fâcher, d’en passer par le marché qu’il proposait.
Le soir, le chef des pirogues m’envoya un magnifique poisson nommé au Sénégal le _capitaine_, peut-être parce que c’est le meilleur des poissons du fleuve. Les Bambaras le nomment _baporé_. Il avait joint à son présent une calebasse de beau riz.
Le docteur lui ayant fourni des remèdes, je considérai le cadeau comme un payement ; mais je ne tardai pas à reconnaître mon erreur, quand ce vieillard me fit dire par Sérinté qu’on devrait lui donner quelque chose, et surtout quand le lendemain il vint se plaindre à Fahmahra qu’on ne lui donnait rien. Ce dernier le reçut fort mal, et moi qui venais, une demi-heure auparavant, de lui donner un petit couteau, je fis la sourde oreille, d’autant mieux que la veille, sur un marché d’ambre, je lui avais fait grâce de 1000 cauris.
Le soir, je fis porter à Sérinté, en le remerciant des soins qu’il avait eus de nous, un bonnet de velours brodé ; mais il me fit dire qu’il aimerait mieux un boubou de coton blanc. Je le lui envoyai. Sans doute il avait espéré les deux, car il vint me demander en suppliant un bonnet de drap rouge. Je le lui donnai, sans me faire prier, car en somme ce brave homme nous avait logés et s’était fort occupé de nous.
26 février 1863.
J’avais demandé à partir le 26 au matin, on me l’avait promis. Néanmoins, vers huit heures, rien n’était prêt. Je pris alors Fahmahra, et avec Sérinté nous allâmes choisir deux pirogues ou plutôt les reconnaître. L’une était un peu plus grande que l’autre ; elles étaient, du reste, également percées et rapiécées toutes deux : je comptais dans la grande neuf morceaux. Mais épuisé, et tenant d’ailleurs à bien voir le fleuve, je préférai encore la perspective de faire route dans cette machine, qu’à celle d’une route par terre.
Du reste, il n’y avait pas la moindre cuisine, pas un séco, pas une natte pour abri. Je fis tout de suite acheter deux cuisines[64], deux charges de bois pour faire un plancher, sur lequel je mis une bonne couche de paille. Pendant ce temps, Fahmahra alla chez le chef prendre presque de force deux sécos remarquablement bien faits et comme je n’en avais pas vu jusque-là. Enfin, je fis embarquer les bagages, tandis que la moitié des hommes faisait traverser le fleuve aux animaux, et après pas mal d’allées et venues, après avoir dépensé 2000 cauris, je fus prêt à deux heures et demie. Je fis pousser et nous commençâmes à descendre avec le courant.
Toute la navigation, comme lorsque j’avais traversé le fleuve, se fait à la perche, et les fonds sont assez réduits pour que cela suffise le plus souvent. Dans quelques endroits seulement on perd fond quelques minutes ; le patron prend alors la pagaye et franchit ce passage le courant aidant. Ces pagayes sont en bois de cailcédra, la pelle est ovale, de 30 centimètres environ de haut sur 15 ou 20 de large.
Cette navigation, malgré un courant qui peut dans certains endroits resserrés atteindre deux nœuds, est lente, car les piroguiers ne travaillent qu’à la mode des noirs, c’est-à-dire cinq minutes de bon travail pour un quart d’heure de repos.
Chacune de nos pirogues avait reçu un patron et deux hommes à Yamina ; en outre, à chaque village on prenait un équipage qui se relayait ainsi de station en station. Cette opération exigeait une certaine perte de temps, surtout la nuit, où il faut aller réveiller les piroguiers dans les villages.
Ce service, tout mal fait qu’il était, avait été, me dit-on, organisé par El Hadj pour ses besoins. C’était un commencement d’ordre auquel je ne pouvais m’empêcher d’applaudir. Mais j’appris plus tard qu’en cela, comme en tout, les conquérants se parent des dépouilles des vaincus, et que ce service avait existé de tout temps depuis la création des somonos. Si j’applaudissais à ce système, je doute qu’il fût du goût des pêcheurs, car ils ne fournissaient en général à cette corvée que des vieillards épuisés ou des enfants trop jeunes.
Cependant, nous étions entassés tant bien que mal dans nos pirogues ; j’installai mon compas sur une de mes cantines, en le fixant avec 4 épingles pour empêcher ses déviations, et je commençai à relever la route.
Nous passâmes tout d’abord devant quelques villages qui sont sur la rive droite ; mais je ne les vis pas, car ils sont un peu dans l’intérieur ; je ne pus les relever. On me nomma Diétébabougou, Mamanabougou et Boko, villages sans importance d’ailleurs. Plus tard, vers quatre heures, nous passâmes devant le village de Faléna, que nous vîmes, situé sur la rive gauche, et après avoir longé une île, on nous arrêta vers cinq heures et demie sur la berge, en face de Fogni, grand village où nous devions passer la nuit ; un grand banc s’étend devant ce village, et nous n’y parvînmes pas sans nous échouer. J’ai lieu de penser que nous n’étions pas dans la partie la plus profonde du chenal ; car, plus tard, ayant eu l’occasion, à la saison la plus sèche, au moment des basses eaux, de franchir les gués du fleuve réputés pour avoir le moins d’eau, j’en ai toujours vu au moins 0m,50 dans le chenal, et notre pirogue certes ne calait pas cela.
Quoi qu’il en soit, notre désillusion fut profonde en constatant que dès le 26 février, le fleuve n’était plus navigable pour le plus petit bateau à vapeur. Toutefois, des renseignements que je pris immédiatement il résultait que de Manabougou à Tombouctou toute l’année les pirogues circulaient, et comme quelques-unes calent autant d’eau que pourrait le faire un chaland de vingt tonneaux, il s’ensuit que le cabotage en chaland est possible en toute saison.
A Fogni on changea les piroguiers, et le soir le chef du village envoya le lack-lallo aux hommes, et à moi un peu de lait, donné, ainsi qu’un régime de rones, à la réquisition de Fahmahra. Malgré ce renfort, notre souper fut triste, car nous manquions de bois ; nous fîmes un feu de paille, et le lait, qui était du matin, tourna. Il nous fallut cependant nous en contenter, et dès que je sus que le convoi de mes animaux était rentré dans le village, je m’endormis du sommeil le plus confiant, sur la plage, ne me doutant guère que le village où nous passions ainsi était à la veille de disparaître.
Je me réveillai à quatre heures ; j’avais voulu partir un peu plus tôt, avec le clair de lune, qui m’était indispensable pour noter ma route, puisque je n’avais pas de fanal (le nôtre étant brisé depuis bien longtemps), mais la fatigue avait eu le dessus, et personne ne s’était réveillé. Il fallut recharger les bagages que j’avais fait déposer sur la berge, de crainte que les pirogues ne se remplissent d’eau, et cette précaution ne fut que trop justifiée ; car au jour elles étaient aussi pleines que possible, et sans la précaution qu’on avait eue de les échouer, on les eût trouvées au fond. En somme, nous ne fûmes en route que vers cinq heures et demie.
[Décoration]
[Note 61 : Cette herbe s’appelle _N’da-dou_ en bambara.]
[Note 62 : Par la suite, le sel étant devenu rare, ces mêmes plaques ont valu jusqu’à 60000 cauris, c’est-à-dire trois captifs.]
[Note 63 : 3000 chaque. Ils coûtaient 2 fr. 50 c. à Saint-Louis, soit 9 francs pour 2 fr. 50 c. Bénéfice, 300 pour 100.]
[Note 64 : Ces cuisines sont des sortes d’écuelles de terre dans lesquelles on allume le feu ; trois massifs en terre servent à poser les vases qu’on veut faire chauffer.]