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CHAPITRE XX.

Le bruit court que Sansandig va se rendre, qu’El Hadj est vainqueur au Macina. — On bat le tabala. — Extrait du journal de voyage. — Deux types de griots : Diali Mahmady et Sontoukou. — Menaces des Bambaras sur divers points. — J’obtiens de faire partir mes courriers. — Envoi d’une lettre au gouverneur. — Les parents chez les Toucouleurs. — Tierno- Abdoul. — Alpha Ahmadou.

Avril 1864.

Pendant ce mois, Ahmadou passait toutes ses journées sous les arbres de la maison de son père.

Il palabrait. De tous côtés arrivaient des renseignements. Le 4 avril des villages bambaras de la rive droite venaient faire leur soumission. Le même jour on apprenait que des Maures de Tichit, retournant dans leur pays après avoir vendu leur sel à Yamina, avaient été attaqués et pillés par les Bambaras révoltés ; on disait cette fois que l’armée de Nioro était rassemblée à Touroungoumbé et qu’elle attendait des contingents de Koniakary.

Le 5 avril, une femme arrivée de Sansandig annonçait qu’une foule de gens du Macina étaient venus s’y réfugier, et qu’on avait palabré pour renvoyer à Ahmadou tous les captifs qu’on avait pris sur lui, et que Boubou Cissey (le chef du village) s’y était seul opposé.

Le 6 avril on commença à faire des razzias. Cinq cavaliers allèrent du côté de Sansandig et ramenèrent un troupeau de cent bœufs et quatre prisonniers. Les bœufs furent réclamés par des villages qui s’étaient rendus ; mais ils n’étaient pas près de les avoir. Quant aux hommes, deux furent immédiatement décapités par ordre d’Ahmadou. Ils étaient de Sansandig. C’étaient des keffirs : c’est tout dire.

Le 7 avril, trois cavaliers de Koghé prirent sept femmes près de Sarrau et tuèrent deux hommes. Le soir on les interrogea ; elles confirmèrent le bruit des succès d’El Hadj au Macina et dirent que Mari, le frère d’Ali, était à Holocouna près de Sarrau ; elles affirmèrent qu’il n’avait que peu de monde et que ce village n’avait pas voulu le laisser entrer dans ses murs.

Le 8 avril on annonça que les cavaliers de Koghé, au nombre de cent vingt, avaient pris quarante personnes aux environs de Sarrau : on leur avait tué deux chevaux.

Enfin, le 9 avril, on battit le tabala à la mosquée, et les griots parcoururent la ville en criant à l’armée de sortir, d’aller à Koghé, que l’armée de Sansandig était sortie et avait traversé le fleuve.

En effet, un assez grand nombre de Talibés sortirent. Quant à Samba N’diaye, qui, aux termes des ordres d’El Hadj, ne devait jamais quitter Ségou, il avait depuis quelques jours envoyé un de ses captifs, Diatourou, rejoindre l’armée ; mais il ne croyait pas à cette nouvelle de la sortie de l’armée de Sansandig, et était convaincu qu’Ahmadou disait cela pour faire sortir les Talibés, qui ne se souciaient pas d’aller à l’armée.

Comme je plaisantais à ce sujet, il me dit : « Ce n’est pas manque de courage, mais nous sommes fâchés contre Ahmadou ; nous manquons de tout ; il ne donne rien, pas même des fusils. Il y a beaucoup d’hommes qui n’en ont pas, et quand ils vont en demander, Ahmadou, qui en a plus de mille dans ses magasins, répond : Qu’as-tu fait du tien ? — Je l’ai vendu pour manger, pour nourrir ma femme. — Eh bien, vends ta femme, tu achèteras un fusil ! répond Ahmadou. » Or, bien qu’il s’agisse de femmes esclaves, cela blesse ; car chez les noirs il est rare qu’une fois qu’une esclave a eu les faveurs du maître, il la chasse ou la vende si elle ne se conduit pas mal, et depuis le moment où elle devient mère, sa liberté lui est acquise et elle ne peut plus être vendue. Elle peut en revanche être battue, et cela lui arrive.

En résumé je reconnus, d’après cette conversation, qu’il y avait un mécontentement assez vif contre Ahmadou, une jalousie contre ses sofas qu’il soigne bien, et surtout contre ses intimes, Mohammed Bobo, Sontoukou, Sidy Abdallah et autres, qu’il comble de cadeaux et qu’on accuse de toutes les fautes qu’il fait.

Samba N’diaye me disait : « Si Ahmadou voulait, avec un seul des toulons d’or ramassés dans les magasins de son père, il pourrait faire vivre l’armée pendant dix ans. Au lieu de cela, il nous laisse mourir de faim, et tous les six mois à peu près il fait un présent qui, une fois partagé, donne à chacun six cents cauris au plus et un morceau de sel. Que veux-tu qu’on fasse de cela ? Ce n’est pas ainsi qu’El Hadj agissait, il était très-généreux, et quant à moi, sans ce qu’il m’a donné, je ne sais comment je vivrais. »

En effet, Samba N’diaye, qui touchait la ration, comme il dit (c’est-à- dire cent moules de mil par mois et une pierre de sel tous les deux mois), ne se donnait pas la peine d’aller faire sa cour et ne recevait que fort peu de cadeaux d’Ahmadou.

10 avril 1864.

Le 10 avril, on apprenait que l’armée n’était pas sortie de Sansandig, mais qu’elle existait toujours ; et comme preuve, quand on la croyait dans l’Est, elle passait dans l’Ouest et allait piller Faracco.

Le même jour on exécutait sept prisonniers au marché, et je m’écriais : Si l’armée de Nioro ne nous dégage pas, que devenir ? Tout autour de nous la guerre, et pour nous protéger un pouvoir mal établi.

Comme on le voit, il ne pouvait plus être question de partir.

11 avril 1864.

Le 11 avril, on apprenait que l’armée de Nioro approchait.

13 avril 1864.

Le 13 avril, on expédiait en toute hâte trois cents hommes à Yamina qui avait voulu se révolter. On disait que cette troupe devait envoyer au- devant de l’armée de Nioro pour faire hâter son arrivée.

14 avril 1864.

Le 14 avril, on ramenait cent cinquante captives ; la plupart des hommes pris avaient été exécutés. Ces malheureux avaient tous été ramassés aux environs de Sarrau. Sept hommes pris vivants furent tués. On disait qu’un courrier d’El Hadj était en route.

15 avril 1864.

Le 15 avril, des prisonniers affirmaient que l’armée d’El Hadj s’était avancée jusqu’auprès de Sarrau, où elle avait brûlé un petit village. L’armée de Koghé avait reçu l’ordre de suspendre ses razzias, et tout le monde disait, même Samba N’diaye, qui jusqu’alors s’était tenu sur une grande réserve, que, dès que l’armée de Nioro arriverait, nous partirions.

Ce même jour, je reçus la visite de Diali Mahmady, avec toute sa troupe de griots ; il s’était mis en grande toilette.

Diali Mahmady était un griot dans toute l’acception du mot, capable de chanter pour n’importe qui, de faire de la musique sur la grande guitare mandingue pendant toute une journée pour obtenir un cadeau.

Combien de fois ne l’avons-nous pas vu aller donner une bamboula (fête et danse nègre) à la porte d’Ahmadou, accompagné de ses sept femmes et de toutes ses griotes ou amies de la maison, et cela pendant six et sept jours de suite, pour obtenir un bambou richement brodé en soie, ou quelque autre chose qu’il convoitait !

Dès mon arrivée, il avait voulu me faire de la musique ; mais Ahmadou, qui avait placé une garde à ma porte pour empêcher qu’on m’importunât, le lui avait défendu. Cette fois il venait me faire une visite.

Il portait un bonnet de drap vert de la forme ordinaire des bonnets mandingues, par-dessus lequel il avait enroulé un turban de soie du Levant brochée d’or. Un manteau de soie rouge et jaune, sur un boubou de soie jaune et bleue brochée, complétait ce costume. Il demeura longtemps assis, et voyant que je ne lui faisais pas de cadeau, il finit par me demander un bonnet de velours brodé d’or. J’en avais déjà donné deux à Ahmadou ; je m’empressai de le satisfaire et je le renvoyai content : j’étais sûr qu’il ne me serait pas hostile.

Diali Mahmady était, du reste, un homme intelligent, qui avait voyagé sur toute la côte ; il avait été à Sierra Leone, où il avait séjourné. Il comprenait un peu l’anglais, il avait le goût du luxe très-développé, et sa maison en témoignait. Il était libre ; mais c’était le plus riche des griots libres, parce qu’il gagnait beaucoup à donner ses fêtes.

Lorsque je quittai Ségou, il me confia vingt-huit gros d’or[150] pour lui envoyer une paire d’épaulettes, un chapeau à claque, un habit d’uniforme, un pantalon et des souliers vernis. C’était une preuve de confiance bien peu commune de la part d’un noir.

J’avais reçu le matin même la visite de Sontoukou, qui, quoique griot et esclave, est vraiment le plus grand seigneur de Ségou. Non-seulement sa maison, située près de celle d’Ahmadou, étonne, mais il y a un cachet de propreté et même de luxe dans son habillement, et de douceur dans ses manières, qui surprend de la part d’un noir qui n’a jamais vu de blancs. Il ne demandait jamais de cadeau, mais (pour un griot c’est extraordinaire) il donnait beaucoup et ne venait jamais chez moi sans m’apporter quelques gourous ; quand j’allais le voir, il m’offrait aussi, soit une poule grasse, soit autre chose. Je ne manquais pas, en retour, de lui faire quelques cadeaux d’ambre ou d’argent. En somme, il ne perdait pas au change, mais, je le répète, il n’agissait pas dans des vues intéressées et donnait beaucoup à tout le monde. C’était, du reste, un de mes plus gros acheteurs, et il payait à terme, très-régulièrement pour Ségou.

16 avril 1864.

Le 16 avril, on annonçait que l’armée de Nioro approchait, qu’une armée de Dinguiray était en train d’opérer dans le Foula Dougou, et en même temps que les Bambaras venaient d’attaquer, dans le sud de Ségou, deux petits villages de Bambaras soumis, Minianka et Nagassola ; mais on ajoutait que les Talibés, accourus au secours, avaient tué trente-cinq hommes. Le 17, on disait que l’armée de Nioro avait dû passer Damfa, et en même temps que des courriers envoyés par Tidiani, neveu d’El Hadj et chef de son armée, arrivaient de Say.

Le lendemain, ces courriers n’étaient plus que des Diawandous qui arrivaient de la frontière du Macina.

J’envoyai Samba N’diaye demander à Ahmadou ce qu’il en était ; et en même temps, rappelant que la saison des pluies était venue, je demandais à partir.

En effet, les orages et tornades étaient arrivés.

[Illustration : Maison du griot Sontoukou, à Ségou-Sikoro.]

Samba N’diaye revint avec une troisième version. Ahmadou lui avait répondu que, d’après ses nouvelles, El Hadj serait sorti d’Hamdallahi avec une armée, et qu’il aurait battu l’armée du Macina à Mopti ; les Touaregs Bourdamé seraient venus le trouver en ce lieu pour dire qu’ils cernaient Cheick Ahmed Beckay de Tombouctou, et qu’il pouvait envoyer une armée, qui le prendrait. Alors il aurait envoyé Tidiani avec une armée, accompagné du fils de Galadjo[151]. Ils auraient remporté une victoire, et Cheick Ahmed Beckay serait pris ou mort. El Hadj serait à Conna où il attendrait.

Voilà les nouvelles que m’apportait Samba N’diaye ; mais, pour mon départ, rien. Il ajoutait qu’au Macina on avait fait un grand massacre de prisonniers, de Peuhls particulièrement, et que dans une seule journée on en avait exécuté mille.

Ici, écrivais-je alors, on est plus modeste ; on ne les tue que par petit nombre, et ce matin encore quatre ont succombé. Je ne prévoyais pas alors à quels massacres j’assisterais.

Le même jour, on battait le tabala à la mosquée, et une armée allait en toute hâte secourir Dougassou, qu’on disait attaqué par l’armée de Mari, qui avait abandonné Holocouna et était de l’autre côté du Bakhoy, à Touna.

19 avril 1864.

Le 19 au soir, je reprochai à Samba N’diaye, qui me faisait des protestations de dévouement aux blancs, l’apathie qu’il montrait pour nos affaires ; je récapitulai tout ce qui s’était passé, et lui montrant que l’hivernage était arrivé, qu’on pouvait passer sans grand danger dans les broussailles, je demandai au moins à faire partir mes courriers pour Saint-Louis : d’autant plus que l’armée de Nioro étant en route, si ce qu’on m’affirmait était vrai, elle devait laisser un chemin ouvert.

Samba N’diaye promit de s’en occuper, et en effet, dès le lendemain, il obtenait d’Ahmadou une promesse de départ pour les courriers et une audience pour le lendemain.

Mais le lendemain Ahmadou était occupé sous ses arbres. On apportait des nouvelles de révolte dans le Birgo. On disait Mourgoula pris. Voyant que je ne pouvais lui parler, je lui fis dire par Samba Yoro que s’il voulait seulement me donner un guide j’allais expédier mes courriers moi-même. A mon grand étonnement, il y consentit, et dit que le lendemain il fournirait le guide et le laissez-passer. Je mis alors mes lettres au courant, j’y ajoutai quelques post-scriptum, et, après bien des allées et des venues, le 23 avril au soir mes courriers étaient prêts à partir. Seulement l’un d’eux, Ibrahim, étant malade et surtout effrayé de l’état du pays, avait refusé le service, et je l’avais remplacé par Yssa, l’un de mes hommes. A partir de ce moment Ibrahim, qui non-seulement avait refusé de marcher, mais avait même cherché à détourner de son devoir Seïdou, son compagnon, cessa de compter parmi les miens. Je le chassai et défendis qu’il entrât dans ma maison.

Dès que j’eus l’assurance que mes courriers partiraient, je fus content, car j’allais enfin donner de mes nouvelles à ma famille, et quelle que fût l’incertitude qui planait sur l’époque de mon retour, ce seul fait de me permettre d’écrire témoignait une certaine confiance de bon augure. Je résumai ces impressions dans ma lettre au Gouverneur, dont je reproduirai un passage qui mieux que ce que je pourrais ajouter aujourd’hui, montrera quelle était alors ma situation d’esprit.

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« Il me devient impossible, dans l’état actuel du pays, de rien vous dire relativement à mon retour ; je crois que je serai forcé de passer ici presque toute la saison des pluies. Cette idée m’effraye bien un peu, mais j’y gagnerai de compléter une foule de renseignements et peut- être d’entrer au Macina en qualité d’Européen, ce qu’on n’a jamais pu faire jusqu’ici.

« Quoi qu’il en soit, je me hâte de profiter de la permission d’expédier les courriers, de peur qu’une mauvaise nouvelle ne fasse changer d’avis. Quoique la position d’El Hadj ne soit pas aussi belle qu’on voudrait me le faire croire, il dispose encore de forces considérables, et je ne mets pas en doute qu’il n’ait la possibilité de réunir quarante mille fusils[152]. En outre, il a à Ségou-Sikoro un trésor, c’est tout l’or ramassé par les rois bambaras, sur lequel il a fait main basse, et qui, même en faisant la part de l’exagération très-large, dépasserait une valeur de vingt millions[153], sans compter les marchandises et cauris, le sel, etc. En outre, il a à Koundian tout l’or amassé dans les divers pillages du Bambouk. Vous voyez, Monsieur le Gouverneur, qu’il est loin d’être aux abois.

« Toutes mes demandes pour aller en avant échouent devant la protection dont on me couvre. « Nous ne voudrions pas qu’il t’arrivât rien, me dit- on ; s’il t’arrivait du mal en route, El Hadj serait bien en colère, » etc., etc. Mais quand je leur dis que l’inaction me rend malade, eux qui ne conçoivent pas de plus grand bonheur que de ne rien faire, ne répondent rien et se mettent à rire. En somme, personne de nous n’est sérieusement malade[154]. Il est impossible de se dissimuler l’affaiblissement que nous ressentons, qui est l’effet de plusieurs indispositions et d’une trop grande fatigue jointe à de grandes privations. Il y a quatre mois aujourd’hui que nous sommes privés de lit, de pain et de vin !

« Une chose que j’oubliais de vous dire, c’est que je crains fortement que nous ne soyons à tout jamais retenus ici, si le bruit venait à se répandre que l’on construit un fort à Bafoulabé. Plusieurs fois on m’en a parlé avec inquiétude, et cependant je suis très-convaincu qu’El Hadj, quand je l’aurai vu, n’y fera pas d’opposition, tandis qu’actuellement vous auriez certainement l’armée de Koundian et celle de Kouniakary contre vos projets. »

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24 avril 1864.

Le 24 au matin le vieux Tierno-Abdoul, qui avait été, comme chef des Peuhls, chargé de nous fournir le guide de nos courriers, termina enfin cette grande affaire, et, vers midi, mes hommes étaient en route.

Je pouvais à peine le croire, tant j’étais habitué à la lenteur des noirs pour les moindres choses ; il me semblait que cette affaire avait marché avec une rapidité effrayante.

Dès que Seïdou et Yssa furent en chemin, chacun se vanta de m’avoir aidé, mais en somme, avec Samba N’diaye, il n’y avait eu que Tierno- Abdoul dans cette affaire, ainsi que quelques vieux Toucouleurs, entre autres Alpha Ahmadou, cousin germain d’El Hadj par sa mère, qui demeurait dans notre voisinage. Il était, bien entendu, désigné sous le nom de frère d’El Hadj, et Ahmadou l’appelait son père ; c’est à la mode des noirs, qui ne connaissent que fort peu de degrés de parenté. Voici comment on les désigne en Peuhl :

Père, _ba_ ; mère, _né_ ; frère aîné, _maono_ ; frère cadet, _minié_ ; sœur du père, _gourgoul_ ; grand-père, _mama_ ; frère de la mère _kaw_.

En dehors de ces parents (_legniol_, tous les parents) les cousins et oncles se désignent sous le nom de grand frère, petit frère, petit père, etc.

Cet Alpha Ahmadou ne jouissait pas d’un grand crédit auprès d’Ahmadou, vis-à-vis duquel il ne se gênait pas beaucoup pour exprimer son opinion, avec cette indépendance de caractère qui est le propre des Toucouleurs dans les relations de famille ; mais ses avis, s’ils n’étaient presque jamais écoutés, étaient souvent désagréables, et alors Ahmadou s’en vengeait à sa manière habituelle. Il faisait la sourde oreille, quand son vieux cousin venait lui demander un captif ou une _bafal_[155] de sel pour nourrir sa maison. Le vieux était du reste assez mendiant, j’en ai eu souvent la preuve, et il m’a fallu quelquefois répondre par des refus à ses demandes un peu trop indiscrètes. Néanmoins nous étions bien ensemble.

[Décoration]

[Note 150 : Le gros vaut environ 12 fr. 50 c.]

[Note 151 : Galadjo, chef du Macina avant la conquête de Mohammed Amat Labbo.]

[Note 152 : Je le croyais alors ; mais mon opinion à cet égard a été complétement changée depuis.]

[Note 153 : C’est encore aujourd’hui, suivant moi, une estimation très- restreinte.]

[Note 154 : Le docteur Quintin relevait de maladie.]

[Note 155 : Pierre de sel de Tichit, décrite plus haut.]