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CHAPITRE XXIV.

Sidy et sa conduite. — Il refuse le service. — Querelle. — Bataille. — Conduite des autres laptots en cette occasion. — Je lui fais donner cinquante coups de corde. — Il s’échappe. — Ahmadou me le fait ramener. — Palabre du 10 août avec Ahmadou. — Je donne un nouveau délai de vingt- cinq jours. — Mari menace Faracco. — Maladresses d’Ahmadou. — Nouvelles du Macina. — Palabre du 10 septembre. — Mes relations avec Ahmadou se tendent. — Je me prépare à partir. — Inquiétudes et dispositions de mes hommes. — Entente parfaite avec le docteur.

Août 1864.

Les fâcheuses conséquences de cette expédition me décidèrent à tenter une nouvelle démarche pour rentrer à Saint-Louis, car je commençais à croire qu’on ne voulait pas m’envoyer au Macina, et ne soupçonnant pas les vraies raisons de ce mauvais vouloir, je crus, ce qu’on disait à Ségou, qu’El Hadj craignait la désertion de ses Talibés une fois la route ouverte. J’attendis cependant quelques jours, pendant lesquels il se passa un événement assez grave. Sidy, le laptot Khassonké, qui était chargé de ma cuisine, avait un mauvais caractère. Orgueilleux à l’excès et ne sentant pas le frein de la discipline, il s’était avisé depuis notre départ de se targuer du titre de prince. Diakhité[173] d’origine, il se rengorgeait chaque fois qu’à la mode des noirs on le saluait de son nom de famille. Ne s’était-il pas même avisé de se dire parent de Sambala de Médina, ce qui, après tout, pouvait être vrai, sans signifier grand’chose ? Jusque-là, il n’y avait rien de grave, mais il lui avait pris fantaisie, lui que je plaçais au dernier rang dans ma bande, de traiter les autres du haut de sa grandeur. Depuis son arrivée à Ségou, où il avait trouvé un parent, Sambala Khoy[174], il souffrait des infimes fonctions qu’il remplissait. Mais, après tout, ces fonctions, Samba Yoro, un capitaine de rivière, les avait remplies avant lui, et je faisais la sourde oreille, chargeant Samba Yoro, devenu mon intendant, de lui faire faire sa besogne. Ils se prirent de querelle ; ce n’était pas la première fois, mais ils se battirent et je fus averti par un roulement de coups de la nouvelle phase de leurs relations. Je vins pour mettre le holà, et voyant qu’on n’écoutait pas ma parole, j’empoignai Sidy d’une main encore vigoureuse et je dis à Samba Yoro de le lâcher. Comme Sidy ne se tenait pas tranquille entre mes mains et essayait de m’échapper, je lui administrai une vigoureuse correction, et comme je suis doué d’une certaine force musculaire, il dut la sentir : ne pouvant me résister, il se résigna. Je le lâchai alors, d’autant que les autres laptots venaient me le retirer des mains ; mais en ce moment, pris d’une fureur subite, il se précipita sur une baïonnette qu’il dégaina et allait s’élancer sur moi, quand Boubakary Gnian l’arrêta en lui enlevant au vol cette arme. Ce fut heureux pour Sidy, car, ayant vu son mouvement, j’avais saisi mon revolver pendu à la muraille, et il allait payer cher sa tentative, mais il n’en passa pas moins un vilain quart d’heure. Il ne voulut pas se tenir tranquille en dépit de Boubakar, de Bakary Guëye et de Déthié, qui le maintenaient et qui étaient plus furieux que moi. Alors Bakary lui administra dans un coin la plus solide raclée qu’un homme ait jamais reçue et on l’attacha par les pieds et par les mains.

Ce n’était pas tout, il fallait un exemple, car Sidy déjà une fois, à Makan Diambougou, avait fait une scène de ce genre, quoique moins violente, et, après l’avoir chassé, je ne l’avais réadmis au nombre des miens qu’après lui avoir fait demander pardon à genoux. Depuis, à propos de railleries à Yamina, il s’était battu avec Bara, et en le surprenant, j’avais dû le punir. Je me déterminai à le faire frapper régulièrement de cinquante coups de corde sur le dos, après quoi je le fis attacher de nouveau, et comme tout cela avait causé une émotion dans le quartier, surtout parmi les femmes de la case, dont une (la première femme de Samba N’diaye) était Khassonké et avait Sidy en grande considération, je le fis mettre sous le petit hangar de la cour intérieure où il se trouvait isolé.

La nuit, il parvint à s’échapper, se réfugia chez Sonkoutou, qui le conduisit chez Ahmadou ; mais ce dernier me le renvoya accompagné de deux sofas en me faisant dire par Samba N’diaye que mes affaires avec mes hommes ne le regardaient pas et qu’à l’exception de la mort, je pouvais leur infliger toute peine que je voudrais. Il me faisait toutefois demander grâce pour Sidy, demande que j’accordai, très-content que j’étais de la conduite d’Ahmadou dans cette affaire.

Néanmoins je demandai à parler à Ahmadou et il me fit prier d’attendre la rentrée de cette malheureuse armée. Elle ne tarda pas à revenir en partie ; quelques contingents étaient restés à Yamina avec une partie des blessés, et je me décidai à prévenir Ahmadou que je voulais partir pour Saint-Louis à la fin de la lune si je n’étais pas en route pour le Macina ; nous étions alors aux premiers jours de la lune.

Le 10 août, je parvins, non sans peine, et après avoir stationné vainement à sa porte toute la matinée, à le voir dans l’après-midi. Au premier mot que Samba N’diaye lui avait dit de notre présence, il avait cherché à éviter une entrevue qui devait forcément être orageuse. Il avait demandé ce que nous voulions ; Samba avait répondu : Partir d’un côté ou de l’autre. Ahmadou avait alors répliqué : « Mais je ne puis rien lui dire, je rassemble l’armée, » échappatoire que nous avions entendue si souvent, phrase qui semblait donner l’espérance que l’armée se rassemblait pour nous, et qui n’avait qu’une signification, qu’un but : c’était de me faire attendre.

Le palabre fut long, difficile. Je soutenais que j’étais obligé de retourner à Saint-Louis. Il chercha à me retenir. Nous insistâmes avec une ténacité égale. Je ne gagnai rien ni lui non plus, mais il se montra irrité, et, pour la première fois, chercha à nous inspirer quelques craintes sur notre départ et sur sa possibilité.

Mon dernier mot avait été : « Dans vingt-cinq jours je désire partir pour Saint-Louis, et, fût-ce à pied, je partirai. »

10 août 1864.

C’était le 10 août et les vingt-cinq jours nous menaient au 5 septembre. Pendant ce temps, les nouvelles continuaient à arriver. J’étais décidé à partir, et je m’inquiétais peu de ces bruits qui, du reste, avaient moins le caractère de véracité que ceux du passé. Je cherchais à entraîner quelques mécontents qui pussent me servir de guides, car il était évident qu’Ahmadou ne m’en fournirait pas plus que de chevaux. Un instant, je crus avoir réussi à décider l’envoyé du Guidimakha qui était dans notre case ; mais plus nous nous rapprochions de la date fixée, plus ses irrésolutions devenaient évidentes, et je vis que je ne pourrais compter sur lui.

[Illustration : Ahmadou recevant dans la cour de son palais.]

Septembre 1864.

Cependant les circonstances s’aggravaient. On disait que l’armée de Mari menaçait le village de Faracco, village de sofas de la couronne, commandé par un Kountigui nommé Coro, et il était à craindre que ce chef ne trahît Ahmadou en faveur de son ancien maître ; aussi Ahmadou faisait-il tous ses efforts pour faire sortir l’armée. Il y parvint ; mais l’état des choses ne s’améliora pas, et le 6 septembre l’armée sortait encore et campait sur la rive droite, pendant que les forces de Yamina arrivaient d’un autre côté. Ahmadou avait défendu d’attaquer sans son ordre, espérant prendre Mari entre deux feux et l’anéantir ; mais il mit tant de temps à ses préparatifs que Mari, sans doute effrayé, ne jugea pas à propos d’attendre et, remontant vers le nord, échappa au moment où on croyait le tenir. C’était une maladresse bien grande que d’agir ainsi envers lui. Si on eût attaqué immédiatement, au lieu de rester en présence de l’ennemi, comme on le fit, chaque armée se tenant retranchée dans un village, il est probable que Mari, dont les forces n’étaient pas grandes à ce moment, eût été battu. Quoi qu’il en soit, il disparut, emportant le maïs de Faracco, qui était presque mûr et que ses sofas ne voulurent sans doute pas laisser sur pied. Pendant que tout ceci se passait, je n’avais pas songé à me mettre en route ; je ne voulais pas partir sans voir encore Ahmadou, mais nous étions au 10 septembre ; j’avais fait demander à Ahmadou de le voir, et en réponse il m’avait envoyé une jarre de miel. Alors j’avais envoyé Samba Yoro lui dire que je désirais le voir le même jour ou le lendemain, et que, s’il le fallait, j’irais lui parler sous les arbres où il passe toutes ses journées. Il avait répondu que je pouvais venir, qu’il me dirait bonjour, mais que pour parler d’affaires il n’en avait pas le temps, que d’ailleurs il savait que c’était pour mon départ. En même temps que je recevais cette réponse, il arrivait des nouvelles du Macina par un Talibé qui, parti avec El Hadj, revenait à Ségou.

Je ne pus voir moi-même ce Talibé, mais voici le récit officiel de ses nouvelles :

« J’ai laissé El Hadj sur les montagnes (derrière Hamdallahi). Tidiani venait de rentrer avec l’armée. Balobo est chassé dans le Bourgou. Cheick Ahmed Beckay est à Tombouctou. Tout le pays sur la rive droite est soumis à El Hadj, et j’y ai passé tranquillement. J’ai remonté le Bakhoy en pirogue. Mais là j’ai été attaqué, ma pirogue a été pillée, et il m’a fallu redescendre jusqu’au village de Yamina (sur le Bakhoy) pour trouver un cheval, avec lequel je suis venu à travers les broussailles en trois jours. »

Samba N’diaye, sans doute pour ranimer notre espoir, affirmait que ce Talibé se faisait fort de nous conduire au Macina. Mais il ne put le décider à venir. Ahmadou lui avait fait de beaux cadeaux, sans doute en lui recommandant le silence, et il ne voulait pas se compromettre.

10 septembre 1864.

Enfin, le 10, je me décidai à faire une dernière tentative près d’Ahmadou, pour obtenir des chevaux, un guide et l’autorisation de partir.

D’abord il refusa de me voir, et Samba N’diaye, qui prévoyait un orage, alla se réfugier dans la maison d’El Hadj, afin que je ne pusse l’y joindre.

Cela, tout en me contrariant, ne m’arrêta pas ; j’allai avec le docteur et mes interprètes trouver Ahmadou sous les arbres. Dès le premier mot, je lui fis comprendre que je voulais absolument lui parler. Alors il fit appeler Samba N’diaye, et, pendant qu’on allait le chercher, il me dit que Samba lui avait parlé et qu’il avait répondu que dès qu’il aurait le temps il me ferait appeler.

« Oui, repartis-je, mais je ne puis attendre. Je n’ai pas grand’chose à te dire que tu n’aies entendu, mais il faut que je te le dise.

— Mais, répliqua Ahmadou, c’est une longue affaire.

— Non, dis-je, le délai que je t’avais fixé est passé. Je ne suis pas parti parce que j’ai attendu que ton armée fût rentrée, mais je vais me préparer, et dans dix jours je partirai. Je viens te prévenir. Si tu veux nous aider, tu le peux. Je n’ai pas de chevaux ni de guide. Je voudrais que tu m’en donnasses ; je voudrais surtout que tu te décidasses à arranger les affaires pour lesquelles je suis venu. »

Ahmadou se récria et recommença ses théories sur le devoir d’un envoyé, qui doit savoir attendre qu’on le renvoie et qu’on arrange ses affaires (et le fait est que dans les usages des noirs il en est ainsi).

Je lui dis alors fort sèchement que j’avais assez attendu, que je ne pouvais plus rester ainsi sans même savoir pourquoi je restais ; que je voulais partir.

J’avais un peu haussé la voix, et en réalité j’étais obligé cette fois encore comme cela m’était si souvent arrivé, de faire appel à tout mon calme pour ne pas me laisser aller à des explosions de colère provoquées par cette force d’inertie contre laquelle je luttais. Ahmadou me dit que je ne devais pas me fâcher, qu’on avait vu des envoyés attendre bien plus longtemps que je ne l’avais fait.

Ma cause était perdue, mais je ne voulais pas reculer ; je fus de plus en plus roide et j’en vins à lui dire (ce qui n’était pas vrai) : « Si tu me disais maintenant d’aller à Hamdallahi, je n’irais plus.... »

C’était une maladresse. Ahmadou en tira parti tout de suite.

« Alors, dit-il, tu n’es pas venu pour voir El Hadj, puisque tu ne veux plus aller vers lui. »

C’était trop fort. Je lui rappelai que j’attendais depuis sept mois ; que j’avais souffert, dans cet espoir, toutes les misères de la vie que je menais, vie impossible pour un blanc. « Mais, du reste, dis-je, il est inutile de te rappeler cela : tu le sais aussi bien que moi, et je n’ai plus qu’une chose à faire, c’est de m’en aller. Tu as encore dix jours, si tu veux te bien conduire avec nous ; sinon je partirai à pied. »

Il essaya encore de me désarmer, mais j’ajoutai :

« J’ai dit dix jours, je n’ai rien à changer. »

Ce fut mon dernier mot.

Dès que je fus levé, j’acquis par mes deux interprètes la conviction qu’un parti hostile poussait Ahmadou à m’empêcher de partir. Et en reprenant le palabre dans une conversation avec Boubakary Gnian, je vis combien il est difficile de ne pas faire d’erreurs avec de mauvais interprètes. C’est ainsi qu’à un moment où Ahmadou disait : « Il faut que tu restes, » ou : « Je veux que tu restes, » on me traduisait : « Je désirerais que tu restasses » (bien entendu l’interprète tourne ainsi : Il désire que tu restes).

Il est vrai que, chez les noirs, désir de prince est une loi que l’on transgresse rarement ; mais pour moi ces deux expressions avaient une signification bien différente.

Le docteur, qui ne voulait pas croire aux intentions malveillantes, demeurait persuadé qu’on nous laisserait partir. Quant à Samba N’diaye, il s’abstenait disant : « C’est une affaire entre Ahmadou et toi. »

En somme, j’étais dans une position bien délicate.

Une route difficile, pour ne pas dire impossible, sans guide, sans chevaux ; un violent désir de terminer ma mission en rapportant un traité au moins d’amitié et de commerce, et l’espoir d’arriver à ce résultat : telles étaient mes raisons pour rester.

L’inquiétude sur les événements ultérieurs du pays, la crainte pour ma santé et celle de mes compagnons ; un besoin d’échapper à la vie mortelle que nous menions depuis près d’un an : voilà quelles étaient mes raisons pour partir.

Dix jours nous restaient, et je commençais mes préparatifs. J’avais une forte réserve de cauris ; j’avais encore quelques marchandises. Je fis sortir mes harnais, j’ordonnai de les mettre en état ; je fis quelques provisions de route, et pris, en un mot, toutes les dispositions nécessaires au départ. Si on me laissait partir, une fois à Yamina, je trouverais certainement un guide en le payant ; mais il fallait partir, c’était là le difficile.

Sur ces entrefaites arriva une caravane de deux cents ânes, disait-on, mais dans tous les cas fort nombreuse, venant du Diafounou et du Diombokho. Les Diulas étaient tous Soninkés. Nous sûmes par eux que la route était praticable, quoique difficile, et qu’arrivés à Damfa, craignant d’être pillés par les Bambaras, il leur avait fallu demander une escorte à Yamina pour parvenir jusque-là sans courir les risques d’un pillage.

Les derniers jours se passèrent dans des alternatives de nouvelles qui n’étaient ni meilleures ni plus mauvaises. Le chef de la caravane, avec lequel j’avais causé longuement, me disait que, sans guide, il était impossible de passer entre Yamina et Nioro, parce que beaucoup de villages étaient révoltés et qu’il fallait les éviter.

Je sentais qu’au cas où nous partirions, une grande responsabilité allait peser sur moi. Si en route nous étions attaqués, que faire avec si peu d’hommes ? Abandonner les bagages, nos notes, journaux, cartes, perdre le fruit de tout notre travail et sauver nos corps ; revenir enfin les mains vides après avoir sacrifié plus d’un an pour ne rapporter aucun résultat, soit politique, soit géographique ?

Je méditais à ce sujet de longues heures, et il me semblait, plus j’y réfléchissais, que là n’était pas le vrai chemin, le chemin du devoir, que je m’efforçais de suivre en faisant sans cesse abnégation de moi- même.

Mais, d’un autre côté, faire de nouvelles concessions, attendre encore sans promesse de la part d’Ahmadou, et jusqu’à quand ? cela n’était pas admissible ; et quelles raisons eussé-je eu à donner pour avoir attendu ? Voilà ce que m’objectait Quintin, qui poussait au départ de toutes ses forces.

L’exposé que je viens de faire de nos deux manières de voir résume assez bien notre situation. Après avoir délibéré avec mon compagnon, je persistai dans mes préparatifs ostensibles de départ ; nous étions convaincus que cela amènerait une concession pour nous retenir, et, comme on va le voir, nous ne nous trompions pas.

Nos laptots, tout en se préparant aussi, étaient partagés d’opinion. Les uns obéissaient, mais semblaient désespérés de quitter Ahmadou sans qu’il nous y eût autorisés ; ils me faisaient entrevoir les beaux cadeaux que nous y perdions tous. Pauvres gens ! la manière dont ils ont quitté Ségou a été leur vraie punition, plus forte assurément que la plus grande peine que, dans un moment de colère, j’eusse osé leur infliger.

Ils se berçaient de l’espoir de partir tous montés à cheval, supérieurement vêtus de boubous lomas brodés, avec de beaux turbans[175] en Tamba Sembé ; et quant au docteur et à moi !!! C’était une fortune que nous devions emporter.

Quelques autres, espérant moins de la générosité d’Ahmadou, étaient indifférents. L’un, Boubakary Gnian, ayant un fort abcès, prévoyait des souffrances en route.

Enfin, d’autres encore pensaient qu’on ne nous laisserait pas partir. Ils s’en allaient quêter à ce sujet des renseignements en ville ; et soit que ce fût l’opinion générale, soit qu’on voulût m’intimider, ces bruits m’arrivèrent de plus en plus alarmants.

Or, si cela arrivait, que fallait-il faire ? Résister dix contre dix mille ? C’était risquer de perdre le bénéfice de tous nos sacrifices, d’être peut-être après cela traités en prisonniers au lieu de l’être en hôtes comme nous l’avions été jusqu’alors.

Nous en discutâmes donc encore Quintin et moi et, tout en reconnaissant la gravité de la situation, notre départ nous parut douteux, et nous convînmes d’aller en avant jusqu’au moment où l’ordre d’Ahmadou nous viendrait de ne pas sortir de la ville.

[Décoration]

[Note 173 : Diakhité, famille de Peuls du Khasso.]

[Note 174 : Sambala Khoy (Sambala Blanc).]

[Note 175 : Il ne faut pas oublier que le noir, quel qu’il soit, allie avec une propreté médiocre une grande vanité quant aux vêtements.]